Ombre et Lumière

Scribouillarde : Shakes Kinder Pinguy

Mail : Mei_Fanel@hotmail.com

Couples : A venir : 2+1/1+2 acquis : 3+4+3 Solo+H+Solo 5+M+5 D+R+D

Genre : Romance/général, tapage sans raison sur Hee-chan AU

Rating : PG-13 pour le moment, mais le rating augmentera radicalement. Un lemon est prévu, et ne sera pas mis en ligne sur FF.net. Je ferais probablement une version édulcorée.

Disclaimer : les beaux yeux d'Heero sont pas à moi…ni ceux des autres, d'ailleurs. .

Avertissement : Cherchez pas, j'écris cette fic pour m'amuser…C'est une succession de clichés, de kawai en tube comme dirait Lelia-chan, avec prenage de tête minimum…Un peu quand même paske je peux pas m'en empêcher. :p J'espère quand même que vous prendrez du plaisir à la lire. ^^;;

***

Chapitre 1

Odin Lowe était de très bonne humeur. Il faisait un temps splendide en cette moitié du mois de juin. La maison où il venait de s'installer avec sa famille était un petit bijou, la ville de campagne était vraiment le trou perdu de ses rêves, dans le creux d'une vallée.

Et, la cerise sur le gâteau, son fils n'avait pas fait de difficultés lorsque Odin lui avait déclaré qu'ils allaient l'inscrire au lycée cet après-midi, et qu'il venait avec eux, un point c'est tout.

Odin soupira de satisfaction en regardant par la fenêtre, jetant un coup d'œil affectueux au garçon en question, qui, un sac sur l'épaule, sortait du jardin calmement.

Puis Odin fronça les sourcils, sûrement, son fils savait que la voiture se trouvait de l'autre côté ?

Un rire le fit sursauter, et il se tourna vers son père, Ji Lowe, un vieil homme qui ne savait que faire des remarques sarcastiques et apprendre des choses inutiles à son unique petit-fils.

_ Je ne suis pas sûr que le petit soit parti pour t'accompagner au lycée cet après-midi, Odin. Il a pris son Sac.

Odin Lowe jura comme ça ne devrait pas être permis et se précipita à la poursuite du fugueur. Hikari Yuy sortit la tête d'une chambre pour voir son mari dégringoler les escaliers.

_ Que se passe-t-il ?

_ Pas grand chose, ma chère. Ce pauvre Odin vient juste de réaliser que le petit n'avait pas l'intention de l'accompagner à l'inscription.

Hikari se mit à rire et refit la queue de cheval qui retenait ses cheveux. " Comme si ce n'était pas à prévoir… "

***

Duo Maxwell sortit de l'eau avec un sourire de bienheureux et s'étira comme un grand chat. Il faisait chaud pour un jour de juin, et la rivière était vraiment ce qu'il y avait de mieux. On entendait au loin le bruit des chutes un peu plus en amont.

Ce n'était pas encore tout à fait les vacances, mais il ne restait plus qu'une semaine avant la fin des cours, et plus personne, ou presque, n'y assistait...et certainement pas lui.

Il jeta un coup d'œil autour de lui, mais Trowa et Quatre s'étaient déjà éclipsés, probablement en train de rattraper les deux heures qu'ils avaient passées dans l'eau à ne pas se toucher alors qu'ils ne portaient qu'un maillot de bain.

Pathétique.

Duo sourit et se tourna vers les arbres pour prendre sa serviette, lorsque quelqu'un en émergea en courant, regardant derrière lui comme s'il était poursuivi. Duo n'eut pas le temps de prévenir que l'étranger lui rentra dedans, le faisant basculer en arrière. Duo chercha à se rattraper à l'autre et l'entraîna dans sa chute.

La demi-seconde suivante, Duo se retrouva cloué au sol par deux grands yeux bleus un peu sonnés. L'étranger se redressa légèrement et Duo put l'admirer à son aise.

Un visage aux traits fin avec quelque chose d'asiatique, peut-être, des lèvres un peu boudeuses, des cheveux bruns coiffés type je-sors-d'une-nuit-très-très-mouvementée, une peau un peu mate…

Certains prétendent avoir eu le coup de foudre, Duo était en train de subir un coup de désir dans toute sa splendeur.

Leur position n'aidait pas non plus, l'étranger était à moitié allongé sur lui, une jambe entre les siennes, et leurs visages étaient si proches que Duo pouvait sentir son souffle sur ses lèvres.

Jamais du genre à laisser passer une opportunité, Duo posa une main sur la nuque de l'autre garçon et appuya brutalement, collant leurs lèvres ensemble et se mettant à l'embrasser comme si c'était la fin du monde.

La stupéfaction de sa victime aidant, il eut tout le loisir de dévorer les lèvres tentatrices avant qu'une voix lointaine ne le dérange.

_ HEERO YUY-LOWE !!!!!

Son inconnu, semblant se réveiller, bondit sur ses pieds et se précipita en direction de la rivière. Duo se redressa un peu pour le voir s'arrêter devant la berge, hésitant, mais un homme d'une quarantaine d'années, aux cheveux châtain clair presque blonds, jaillit du couvert des arbres à son tour.

_ Heero ! Reviens ici tout de suite !

Le garçon aux yeux bleus haussa les épaules, puis sauta tout habillé dans l'eau froide, maintenant au-dessus de sa tête son sac à dos. Il ne nageait qu'avec les jambes, et malgré le courant, ne fut pas déporté très loin.

" Quel coup de rein ! ", admira Duo, appréciateur.

L'inconnu se hissa sur la berge, alors que l'homme s'arrêtait au bord de la rivière, à côté de Duo. Il paraissait relativement essoufflé et furieux.

_ Heero ! cria-t-il. Je te promet que WuFei saura que tu as fui comme une fille !

La menace ne parut pas impressionner le garçon qui, serrant son sac à dos contre lui, disparut sous les arbres. L'homme croisa les bras et fronça les sourcils.

_ Maudit soit ce sale gamin, marmonna-t-il.

_ En tout cas il nage bien, fit Duo d'un ton impressionné.

L'homme se tourna vers lui comme s'il venait seulement de le remarquer.

_ Je suis Duo Maxwell, se présenta l'adolescent à celui qu'il considérait déjà comme son futur beau-père. Je cours, je me cache, mais je mens jamais !

L'homme le fixa un instant avec stupéfaction, avant de sourire d'un air amusé.

_ Odin Lowe, fit-il.

_ Le père d'Heero, c'est ça ? Je vous ai entendu crier son nom.

_ C'est ça, répondit Odin en se passant une main fatiguée sur le visage. Le père d'Heero. Il court, il se cache, et il parle pas assez pour pouvoir mentir…

Duo éclata de rire.

_ J'ai tout de suite su qu'on était fait pour s'entendre, fit-il en lançant un regard énamouré vers l'autre côté de la rivière.

Odin eut un sourire sceptique, avant de lui dire au revoir et de repartir par là où il était arrivé. Quatre et Trowa émergèrent du bois presque tout de suite après, intrigués par le bruit. Ils s'arrêtèrent brutalement, jetant un coup d'œil inquiet à l'air rêveur de Duo. Uh oh. Ça promettait des ennuis.

Quatre enfila un tee-shirt pour dissimuler les traces rouges suspectes qu'il avait sur le torse, puis s'approcha prudemment de son ami.

_ Qu'est-ce qu'on a loupé ? demanda-t-il.

_ Quatre, Trowa, je vais me marier, annonça Duo comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Tu veux bien être mon témoin, Q-man ?

Quatre et Trowa échangèrent un regard consterné.

_ Euh, mais bien sûr Duo…

_ On peut savoir qui est le second parti ? demanda Trowa calmement en se rhabillant.

Depuis le temps qu'ils connaissaient Duo, peu de choses pouvait vraiment les surprendre. Mais ça, c'était nouveau…

_ Il s'appelle Heero Yuy-Lowe, mais bientôt ce sera Heero Maxwell, donc vous pouvez oublier le reste. J'ai déjà rencontré son père, j'ai quasiment sa bénédiction. Il reste plus qu'à retrouver Heero, et à le convaincre…

Quatre prit Duo par un bras, et Trowa s'empara de l'autre. " Duo, tu vas te rhabiller, aller manger quelque chose, te coucher, et quand tu auras bien récupéré, tu nous raconteras ça, d'accord ? "

Fermement et sans laisser le temps à Duo de protester, ils prirent les affaires qui restaient et partirent, bien décidés à ne pas se faire entraîner dans la nouvelle lubie de leur ami.

***

Heero s'éloigna le plus vite possible de la berge jusqu'à ne plus entendre son père, puis se mit à frissonner. L'eau était froide, il était trempé, heureusement que le soleil de juin était chaud… Il secoua la tête pour se débarrasser de l'eau qu'il avait dans les oreilles, puis s'assit dans l'herbe au soleil et déballa son Sac pour s'assurer que le matériel à dessin n'avait pas été endommagé. Les pastels avaient légèrement changé de place, et Heero les remit dans l'ordre avec précaution.

Il se ferait proprement disputer par son père lorsqu'il rentrerait, mais il n'avait absolument pas l'intention de faire un effort.

Odin avait décidé de déménager, d'atterrir ici, et de l'inscrire pour sa dernière année dans un lycée local sans lui demander son avis, Heero ne voyait pas pourquoi il ferait d'efforts.

L'adolescent regarda autour de lui d'un air appréciateur. Pour être honnête, le coin était vraiment beau et rien que d'être assis ici lui donnait des idées de dessins.

Il n'avait rien contre Sank, ni la Terre en général, mais il avait toujours vécu dans les Colonies, et ce changement brutal et sans explications lui laissait un goût amer dans la bouche.

Le pire étant que son père voulait l'obliger à entrer au lycée. Il suivait des cours par correspondance depuis sa quatrième, pourquoi changer ? C'était bien plus facile d'être à la maison s'il faisait une crise !

Et puis, sérieusement, qu'est-ce que c'était que ce coin où les habitants sautaient sur des étrangers pour les embrasser sans retenue ?

/Personne/ ne l'avait jamais embrassé comme ça !

Deux taches rouges sur les pommettes, Heero s'essuya consciencieusement la bouche, se jurant de ne jamais raconter ça à WuFei ni Meiran. Ils ne le laisseraient jamais tranquille avec sinon et en parleraient encore lorsqu'ils auraient 80 ans…

Il n'y avait plus qu'à prier pour ne plus jamais croiser l'inconnu.

Puis Heero sortit une feuille de dessin et son support, sembla hésiter avant de choisir les crayons plutôt que les pastels. Il avait bien envie de tenter ça à l'aquarelle plus tard.

Après un regard critique à toutes les couleurs, il prit un bleu pas trop clair, et un violet vif. Voilà, avec ça, il arriverait peut-être à capter l'exacte nuance des yeux de son agresseur…

Dans un coin de la feuille, il mélangea les deux couleurs, fit plusieurs essais avant d'être enfin satisfait.

Heero attrapa un crayon à papier, et concentré, commença à esquisser rapidement un paysage, quelques arbres, une rivière, l'ombre d'un rocher.

Et perché sur ce rocher…Avec lenteur et attention, Heero entreprit de dessiner un corps humain. Une jambe qui tombait dans l'eau, le genou de l'autre ramené sur sa poitrine, entouré par les deux bras… Corriger les proportions…

Tourné vers le spectateur, un visage aux traits fins. Heero décida d'esquisser les cheveux d'abord, de longues mèches qui tombaient dans l'eau, entraînées par le courant.

Puis seulement le visage…la bouche, assez grande.

Après réflexion, il en fit un sourire malicieux, presque narquois…Le nez fin, les pommettes hautes.

Enfin les yeux. Il redoubla de précautions, cherchant à donner au regard une certaine expression, quelque chose de vivant. Un regard pareil au sourire, même un peu plus pointu, un peu plus provoquant.

Enfin satisfait après plusieurs essais au brouillon, Heero reprit ses couleurs et commença à donner vie à son dessin.

Lorsqu'il termina, l'après-midi était bien avancé, il devait être autour de cinq heures et ses vêtements étaient secs. Heero regarda de nouveau autour de lui, décida qu'il aimait l'endroit. Il rangea ses affaires avec précaution, dans le même ordre, puis se leva. Il s'étira, tourna le visage vers le soleil et sourit.

Il fallait qu'il trouve un moyen de traverser sans passer dans la rivière. Ce n'était pas que nager le dérangeait, au contraire, mais l'eau était froide, et il n'avait pas l'intention de rentrer à la maison tout de suite. Heero retourna près de la rivière et la longea en remontant, découvrant les chutes un peu plus haut avec émerveillement. On ne voyait pas ça, dans les Colonies…Il s'arrêta un instant pour faire un croquis rapide des cascades avant de prendre le chemin qui montait.

Il arriva enfin en haut, un peu essoufflé mais ravi du paysage. Son agacement d'avoir déménagé de force ou presque s'évanouissait face au spectacle. Il faudrait qu'il prenne des photos aussi pour WuFei et Meiran.

Un peu plus loin on voyait la ville de Saint Gabriel. Ce n'était qu'une grosse bourgade qui se mêlait bien au paysage, une ville presque blanche, classique de Sank.

Et le pont était, bien sûr, en aval des chutes. Heero haussa les épaules. La vue valait bien la montée ! Il redescendit et revint sur ses pas, dépassant sur deux cent mètres l'endroit qu'il avait traversé à la nage, et rejoignit le pont.

Il avait envie de voir un peu la ville, et accessoirement son futur lycée. Plutôt mourir que d'avouer à son père qu'il était allé jeter un coup d'œil, par contre…

Après étude de l'itinéraire, il n'avait en fait qu'un bus à prendre, le lycée était à une dizaine de minutes de chez lui. Les jours de beau temps, il pourrait peut-être faire le chemin à pied…

Et voilà qu'il s'habituait déjà, et ça ne faisait pas deux jours qu'ils étaient là. Heero se renfrogna un peu, et s'assit dans le bus, regardant par la fenêtre pour voir les rues défiler. Oui, une jolie ville. Pas étonnant qu'elle plaise à son père.

Heero descendit à l'arrêt du lycée Saint-Gabriel, et remonta un peu avant d'atteindre le portail. Il donnait directement sur un parc, et Heero se risqua à remonter un peu l'allée jusqu'à voir un immense bâtiment qui avait dû être un ancien manoir. Alors c'était ça.

Il y avait apparemment encore cours, on voyait des élèves par les fenêtres.

Pas mal, pensa Heero à contrecœur avant de faire demi-tour. Il allait bientôt être six heures et demi. Il était temps d'aller subir les remontrances de son père.

Heero prit son temps, remontant à pied, et nota au passage avec satisfaction qu'il y avait plusieurs magasins d'art. Le lycée avait probablement une section spécialisée…Du moins il l'espérait.

Il mit une bonne demi-heure avant d'arriver devant chez lui. Son père avait vraiment choisi la maison la plus en bordure de la ville…

_Heero !

L'adolescent leva les yeux vers sa mère qui se dirigeait vers lui, l'air soulagé.

_ Heero, s'il te plait, ne sors pas si longtemps sans ton téléphone portable ! Nous ne sommes plus sur L5, d'accord ? Comment je saurais, s'il t'arrive quelque chose ?

Heero hocha la tête. Il avait eu tord, il le savait, mais parfois l'envie d'être tranquille l'emportait sur la prudence.

_ Ton père est furieux. Rentre vite prendre une douche, et descends pour dîner. Ce sera bientôt prêt.

Heero obéit immédiatement et monta vers sa chambre, croisant son grand-père dans l'escalier. Le vieil homme lui fit un sourire amusé.

_ T'as découvert des choses intéressantes, gamin ?

_ Jolie ville qui cache des pervers sans scrupules, répondit Heero sans un battement de cil.

Ji émit un petit rire rauque. " Allez, gamin, dépêche-toi d'aller faire ce que t'as à faire. J'ai faim, ne retarde pas le dîner. "

Heero continua son chemin, un petit sourire sur les lèvres.

Il aimait beaucoup son grand-père. C'était le seul à le traiter normalement, à ne pas le considérer comme une petite chose fragile.

Sa mère était toujours inquiète, voulait toujours savoir où il était et le couvait comme une poule son œuf.

Quant à son père, ses efforts répétés pour l'inciter à être normal, et le forcer à socialiser lui donnaient en fait vraiment l'impression d'être différent.

Ji par contre ne semblait jamais être particulièrement inquiet pour lui, le laissait tranquille, et lui apprenait des choses intéressantes.

Comme grimper aux arbres, hacker un programme informatique, jouer et tricher au poker, se déplacer sans un bruit pour pouvoir faire le mur tranquillement, lire les tarots pour que les cartes donnent toujours une réponse dramatique, tirer à l'arc de manière à couper une pomme en deux avec la flèche, ou passer très vite la pointe d'un couteau entre ses doigts écartés.

C'était Ji aussi qui lui avait offert son premier coffret à dessiner.

Heero aimait beaucoup son grand-père.

***

_ …et je lui ai roulé le patin du siècle, et ça en valait la peine !

Hilde s'effondra de rire sur la table et dut s'accrocher à Trowa pour ne pas atterrir par terre. Quatre avait un sourire amusé sur les lèvres, ça faisait quand même la troisième fois qu'il entendait l'histoire de Duo et Heero Yuy-Lowe-bientôt-Maxwell.

_Toutes mes félicitations, frangin ! s'exclama dans un rire Solo, le futur beau-frère d'Heero Yuy-Lowe-bientôt-Maxwell.

_ Et il a rien fait ? demanda Catherine, perplexe, en remplissant son verre de coca.

_ Je suis même pas sûr qu'il ait encore réalisé, répondit Duo, rigolant tout seul. C'est là que son père est arrivé, et il a sauté à l'eau pour traverser à la nage, son sac sur la tête. Et il nageait rien qu'avec les jambes, comme si c'était la chose la plus facile du monde dans le courant des chutes. 'de Dieu, j'vais en rêver pendant au moins dix ans, de son coup de rein !

_ Pas de détails, merci ! fit Relena en secouant la tête, le sourire aux lèvres.

_ Oh, si, des détails ! réclama Dorothy d'un air pervers.

_ Désolé, les filles, répondit Duo. Pour l'instant y'a pas grand chose à dire à part ça. Mais dès que je l'aurais enlevé et enchaîné à mon lit, je vous fais signe !

_ Comme si t'étais déjà pas capable de faire d'un baiser un film X, rétorqua Hilde en essuyant des larmes de rire.

_ Tu as dû le terroriser, fit Trowa.

_ C'est déjà positif qu'il ne soit pas mort d'une crise cardiaque sur le coup, ajouta Quatre. Tu devrais être plus diplomate, Duo…

_ Qu'est-ce que tu voulais que je fasse, avec ses lèvres si près des miennes ? Et puis, c'est pas comme si vous pouviez me donner des leçons de sang-froid, les lapins…

_ Nous, au moins, on se connaît, répondit Quatre en s'installant confortablement sur les genoux de Trowa.

Le reste du groupe leva les yeux au ciel. Hilde regarda sa montre.

_ Je sais pas pour vous, mais moi va falloir que j'y aille ou le paternel va me faire une crise.

_ Je te raccompagne, dit Solo en se levant. Ça ira, frangin ?

_ Chuis un grand garçon, Solo, sourit Duo. J'arriverai à atteindre le bout de la rue sans que tu me tiennes par la main.

_ Sale gosse. Tu dis à Maman que je reviens tout de suite après, 'k ?

_ Ça marche. Bonne nuit, Hilde !

_ Salut tout le monde !

Duo se leva.

_ Bon, bah du coup j'y vais aussi. Tu bouges ou pas, Quat ?

_ Non, fit Trowa tout de suite.

Les autres éclatèrent de rire.

_ Je reste alors, répondit Quatre.

Catherine marmonna quelque chose qui ressemblait vaguement à " Je vais pas encore pouvoir dormir ". Depuis que son frère et Quatre s'étaient décidés à se jeter l'un dans les bras de l'autre après cinq ans d'amour platonique à se regarder d'un air de merlan frit, ils semblaient vouloir absolument rattraper tout ce temps perdu, et le surnom de " lapins " que leur donnait Duo était largement mérité, sinon en dessous de la vérité…

_ On rentre avec toi, déclara Dorothy. J'ai juré à sir Darlian de ramener la petite avant minuit.

Relena leva les yeux aux ciel, mais ne protesta pas. Son père était maire de Saint Gabriel, et député de la région.

_ Salut, Cathy. Merci pour le dîner, fit Duo. Et passez tous une bonne nuit !

Le sourire de Quatre et Trowa lui assurèrent que la nuit serait très bonne pour eux, mais Catherine grimaça d'un air misérable, et les trois autres sourirent avant de partir.

_ Sérieusement, Duo, fit Relena une fois qu'ils furent dehors. Tu comptes vraiment lui courir après, à ton inconnu ?

_ Qu'est-ce que tu veux, Lena, répondit Duo en haussant les épaules. Depuis que ton frère et le proviseur se sont mis ensemble, y'a quasiment plus de mecs potables sur Saint Gabriel, quant aux filles bien, elles sont toutes prises, sauf Cathy mais c'est comme ma sœur. Faut bien que je soulage mes hormones une fois de temps en temps !

_ Parfaitement compréhensible, compatit Dorothy en mettant son bras autour de la taille de Relena.

_ Tu veux que je demande à Papa de me donner quelques infos sur lui ? demanda la jeune fille châtain.

_ Tu ferais ça ?

Relena lui donna une tape légère sur le haut du crane.

_ Non, je te le propose pour rien, répliqua-t-elle. Je t'amène ça demain.

Duo l'embrassa sur la joue.

_ Merci, Lena, t'es la meilleure !

_ Et elle est prise, l'informa Dorothy.

Duo leva les yeux au ciel avec un sourire. " Je vous laisse là, les filles. Bonne nuit ! " " A demain ! " " Bonne nuit à toi aussi. "

Duo rentra chez lui, sa mère dormait déjà. Il n'attendit pas Solo et monta directement se coucher. En se glissant dans son lit, Duo sourit. Il allait faire de beaux rêves, peuplés d'yeux bleu profond et de coups de rein magnifiques…

***

Heero monta dans sa chambre en réprimant un bâillement. Comme prévu, son père lui avait fait un sermon, mais rien de nouveau.

Il ouvrit la porte et la referma derrière lui, s'étirant avec paresse. Il se frotta les yeux, sentant son regard se troubler, et se dirigea vers sa table de nuit. Il sortit un petit étuis du tiroir, l'ouvrit et en tira une paire de lunettes fines.

Valait mieux prévenir que guérir. Il enfila ses lunettes et bailla de nouveau.

Sa chambre était encore celle d'un inconnu, aux murs blancs. Les meubles étaient encore presque tous vides. Il fallait qu'il termine de vider les cartons et la personnalise, qu'il pose ses marques. La première chose qu'il avait installé étant son ordinateur.

Heero l'alluma et s'assit en face. Il scanna le dessin et les croquis, avant de les envoyer à l'adresse e-mail commune de WuFei et Meiran.

From : Nouvel Exilé hyl@intercolony.com

To : Futurs divorcés meifei.chang@intercolony.com

Object : la Terre vue de la Terre

Quelques paysages du coin, et le genre d'autochtones qu'on trouve dans les rivières d'ici…c'est dangereux de se promener sans arme !

Heero en exil.

Il n'eut que le temps d'enfiler son caleçon et tee-shirt de nuit avant de recevoir la réponse.

From : Futurs divorcés meifei.chang@intercolony.com

To : Nouvel Exilé hyl@intercolony.com

Object : C'est plus beau ?

Si * tous * les autochtones sont de ce genre, je déménage tout de suite te rejoindre ! Sont-ils accueillants, au moins ?

Bises,

Meiran triste sans son amant.

P.S : WuFei te fait savoir que j'ai un comportement tout à fait déshonorant pour une femme bientôt mariée. Il ne sait pas encore que tu dois m'enlever avant la cérémonie. M.

Je te l'offre de bon cœur, Heero. Elle est encore plus insupportable depuis ton départ. Ton lieu d'accueil a l'air plutôt agréable, attends-toi à ce qu'on vienne faire un tour. Pas de panique, ce ne sera pas pour le voyage de noce. Le Dieu Dragon me protège. Tu as déjà vu le lycée où ton père t'envoie étudier ?

WuFei persécuté.

Heero sourit et répondit rapidement.

From : Nouvel Exilé hyl@intercolony.com

To : Futurs divorcés meifei.chang@intercolony.com

Object : …c'est moins bleu ! mais au fait, qu'est-ce que vous fichez tous les deux ensemble à cette heure-ci ???

Je ne sais pas si tous les autochtones sont comme ça, mais tu es la bienvenue. Et si tu veux mon avis, ils sont beaucoup * trop * accueillants.

J'ai vu le lycée. Ça a l'air pas trop mal, mais il y a trop de monde. -_-

J'oserai pas te prendre ta fiancée, Fei. Peur de son caractère. Tu as toute ma compassion ! Sans offense, Mei, ce serait dommage que tu perdes l'occasion de taper sur lui un peu plus que de coutume.

Heero toujours en exil et va se coucher. Bonne nuit !

From : Futurs divorcés meifei.chang@intercolony.com

To : Nouvel Exilé hyl@intercolony.com

Object : on brise les traditions !! c moins drôle sans toi, cette proposition de threesome tient toujours ! p

Pas d'enlèvement, alors ? Dommage, ça aurait fait scandale dans tout le clan. Mwawa.

Trop accueillants ? Tu m'intrigues…Que dis-je, tu *nous* intrigues, Hee-chan ! Nous cacherais-tu quelque harcèlement sexuel dont tu serais l'objet à moins de 48h de ton arrivée ??

Evite de te défendre à coups de katana, je ne sais pas si les autorités locales acceptent la castration comme argument d'autodéfense. :p

Courage pour lutter contre la foule, si il faut on viendra défendre ta virginité. Tu nous appartiens ! èoé

Bises et bonne nuit,

Meiran toujours triste sans son amant et WuFei dignement mortifié.

Heero sourit de nouveau et éteignit son ordinateur. En voulant se coucher, il découvrit posée sur son oreiller une enveloppe qui lui avait échappée jusque-là. Il l'ouvrit sans attendre.

Dedans se trouvaient diverses brochures sur le lycée Saint-Gabriel, sans aucun doute déposées là par son père. Heero, curieux, les feuilleta.

" Premier lycée de Sank pour la section artistique et la section littéraire "

" Possibilité d'avoir quatre langues différentes "

" Club d'escrime et de kendo en activité extrascolaire, possibilités de tournois."

Heero esquissa un sourire et ferma les yeux. " Arigatou, otou-san… "

Il faudrait qu'il se fasse pardonner. Son père faisait vraiment tout ce qu'il pouvait, et Heero comprenait enfin pourquoi c'était ici qu'ils avaient emménagé, et pas ailleurs.

Après un moment d'hésitation, Heero prit une feuille, et, directement aux pastels, sans même faire un brouillon, il dessina de mémoire le spectacle de la chute, rendant les couleurs comme si elles étaient imprimées dans son esprit, comme s'il y avait une photo en face de lui. Ça lui prit un moment, mais il savait exactement ce qu'il voulait faire.

Son dessin terminé, il alla le glisser sous la porte de ses parents. C'était sa manière à lui de dire qu'il était désolé, et qu'il appréciait ce qu'ils faisaient pour lui, même s'il n'était pas très démonstratif. Ils comprendraient…Ils comprenaient toujours.

Il rentra dans sa chambre, retira ses lunettes et se glissa dans les draps, se jurant d'être plus coopératif la prochaine fois que ses parents lui demanderaient de participer à quelque chose.

Sauf si sa mère se mettait en tête de réunir les voisins pour faire connaissance.

Il y avait des limites à toute bonne volonté…

Heero bailla à s'en décrocher la mâchoire, se replia sur lui-même et ferma les yeux, s'endormant presque aussitôt.

La journée avait été mouvementée.

TBC…

Shakes : Mwawawawa.

Zinnok : -_-"