Note de l'auteur : Bonjour/Bonsoir à vous ! Voici ma seconde partie de l'épisode 1 où je passe en point de vue interner et varier (mais principalement celui de Naos) et ce jusqu'à la fin de cette fanfiction ! Cette partie est assez … sentimental, et j'ai beaucoup de mal à la rédiger, pour vous dire ce qu'il faut sans tout déballer non plus sinon vous perdiez le cours du récit … je prévois trop de détailles à l'avance et pour que l'histoire me paraisse plus crédible et compréhensible, j'imagine la vie passé des personnages, que j'aimerais beaucoup intégrer mais là … c'est le désordre. Il y a tout de même des précisions importantes.

Je vous promets d'améliorer un peu tout ça par la suite et que nous rentrerons bientôt dans un scénario plus dynamique !

Bonne lecture à vous ! Et à très vite.

Disclamer : l'univers et les personnages de STAR TREK ne m'appartiennent pas et je gagne aucune rémunération sur mes écrits.

Enterprise - Point de vue Spock :

Le pont principal était calme. Aucune alarme et un effectif réduit. Je m'étonnais de voir un nombre conséquent de sièges vides ce matin. Celui du capitaine en faisait bien entendu partir. Il arrivait qu'il y ait quelques retards, deux ou trois postes tout au plus, mais c'était bien la moitié du pont qui était absents.

Il me paraissait certain qu'il s'agissait d'absences volontaires. C'était l'explication la plus pertinente quand à ce fait particulier mais qui touchait trop de monde d'un coup sans que le docteur McCoy ne m'ait avertit de quoi que ce soit comme une possible épidémie. Après la raison même leur était personnelle et je n'étais pas devin.

La porte côté couloir s'ouvrit et laissa paraître le brouhaha d'individus qui se précipitaient dans une même direction.

Au travers de cette agitation, l'enseigne russe Chekov entra, un air paniqué sur le visage.

« Commander ! » m'appela-t-il à bout de souffle.

« Oui enseigne, que se passe-t-il ? »

« C'est … le Capitaine Kirk … il se bat avec la nouvelle à l'étage du dessous ! »

Je levai un sourcil, surprit d'une telle affirmation. Aussi aberrante était-elle, étant donné que la veille même ils semblaient plus qu'heureux de se revoir.

Je le suivis d'un pas rapide dans le labyrinthe que formait le vaisseau. Arrivé au niveau inférieur, le vacarme était bien plus important et au tournant d'un couloir, un attroupement m'apparut où bien plus d'une cinquantaine d'officiers de toutes catégories étaient présents.

Je glissais avec un maximum de souplesses entre les chandails multicolores pour enfin atteindre tant bien que mal le premier rang et voir mon ami au t-shirt jaune reculer de quelques pas, le souffle court. A l'opposé du cercle que formait l'équipage, l'enseigne Myers relevait la tête et passa la main sous son nez pour essuyer le sang qui s'y écoulait.

Chekov de mentais pas. Ils étaient vraisemblablement ne train de se battre.

Un tel comportement était inacceptable. Il me fallait les arrêter au plus vite, ou je me verrais dans l'obligation de les suspendre de leurs fonctions. Je devinais d'avance la réaction du conseil de Starfleet après avoir lu mon rapport sur l'incident. Mais à peine avais-je fait un pas qu'une main à la manche bleu stoppa mon élan.

« Laissez-lez s'amuser un peu. » dit McCoy sans lâcher le spectacle des yeux. « Si ça peut vous rassurer, je me porterais garant de leur conneries. »

« Je ne vois pas en quoi cela me rassurerais docteur. Je … »

Un rire interrompit ma phrase. Naos était debout, fixe sur ses deux jambes et faisait signe à son adversaire d'approcher.

« L'échauffement est terminé. Je t'en prie attaque. » dit-elle avec un sourire presque enfantin peint sur le visage.

Le capitaine semblait tout aussi ravi de cette confrontation et se précipita sur elle le point prêt à frapper. Quand il fut à son niveau, Myers se pencha sous le bras de Jim en une fraction de seconde et tendit une jambe. Avec l'élan du blond, le croche-patte le déséquilibra totalement et son visage vint s'écraser contre un mur dans un bruit fracassant.

Il se retourna maladroitement en grognant de douleur et regarda l'enseigne totalement dépité par son geste.

« Tu vas me la payer … » grommela-t-il.

« Bien. Promis je parerais ton attaque cette fois-ci. Tu viens ? »

Elle affichait une assurance hautaine à la limite de l'irrespect qui avait le don de mettre Jim hors de lui, mais qui, dans les circonstances actuelles amusait beaucoup le reste de l'équipage, et me divertissait un peu, je devais l'avouer.

Jim réitéra son approche et, parfaitement stable dans sa position, la red-shirt bloqua son poing d'une prise du serpent. Il tenta l'autre côté mais elle le l'immobilisa également. Sans attendre elle claqua de ses mains sur chaque oreille de Kirk pour l'étourdir. Et cela eut l'effet escompté. Mon ami tituba d'un pied sur l'autre. Tout en se décalant sur la droite de Jim elle saisit son haut et le tira vers le bas en percutant son thorax d'un puissant coup de genoux à lui en faire cracher ses poumons. Il appuya fermement contre sa propre poitrine pour soulager la douleur mais un coude impitoyable s'abattu entre ses omoplates, l'obligeant à s'effondrer au sol.

« Et bah … Tu as perdu en efficacité Jim. Je t'avais dit de continuer les cours d'art martiaux et de combats. » ria Myers en s'accroupissant à ses côtés. « Tu as quelques chose à dire ? » énonça-t-elle comme une possible dernière parole.

« Va te faire voir. » répondit le capitaine un sourire sournois aux lèvres.

Il leva brusquement la main pour l'attraper mais elle esquiva, s'assit lourdement sur son dos et attrapa ses jambes pour le plier en prise de soumission. Il gémit de douleur mais ne voulait pas abandonner tout de suite.

« Je répète … Tu as quelque chose à dire ? » insista l'enseigne en tirant d'avantage.

Il eut un long silence qui se brisa soudainement par les craquements alarment du dos de Jim.

« Aah ! T-t'as gagné ! Tu as gagné … » siffla-t-il à bout de force.

Naos se retira d'un coup et se pencha sur le blond pour l'aider à se redresser avant de le laisser au docteur.

« C'est bon McCoy, vous pouvez l'emmener. Je crains que son nez et son dos en aient pris un coup. »

Le brun explosa d'un fou rire que je trouvais déplacé et non professionnel. Il soutenu Jim tout en félicitant Myers. Mais cette dernière avait échangé son sourire pour une moue inquiète et songeuse.

Je m'approchai d'elle sans perdre le blesser des yeux, intrigué qu'il ne tente rien de plus contre la jeune femme … même pas une parole.

« Enseigne. »

« Commander. » dit-elle le plus naturellement possible.

« Vous savez que ce qu'il vient de se passer est passable de sanctions très lourdes ? » lui rappelais-je surpris par son absence de réaction.

« Ce … ça n'était qu'un jeux entre nous. Rien de sérieux. En souvenir du bon vieux temps. Léo-… heu, le docteur McCoy était avec nous quand nous avons commencé. Il vous le dira. En revanche … » Elle hésita mais poursuivit d'un air confus : « Le battre était bien trop simple. Même sans avoir continué l'entrainement il devrait être plus fort et plus résistant, surtout en tant que capitaine de ce vaisseau. Et je sais qu'il ne se retenait pas, ça se voyait … alors pourquoi … ? »

« Cela est due à sa résurrection. »

Je lui avais répondu soudainement pour clore ses interrogations et analyses qui semblaient la troubler fortement.

Sa peau palie aussi tôt et son expression faciale s'aggrava. Ses lèvres tremblaient alors qu'elle voulait prononcer des mots qui ne sortaient pas. Refermant la bouche, elle dégluti difficilement.

« Sa – résu-rection … ? »

Sa voix mélangeait les sentiments de peur, d'inquiétude, de crainte et la seule chose qui me vint à l'esprit fut que si l'anxiété avait un visage, à cet instant ce serait le sien.

/… /

Après lui avoir raconté notre aventure contre l'Augment Khan, nous nous dirigeâmes vers l'infirmerie pour retrouver nos amis.

Le capitaine Kirk avait un mouchoir sous les nez tandis que Léonard désinfectait les égratignures laissées par le mur sur son visage.

La jeune femme prit un siège et s'assit près du lit médical.

« Tu vas bien ? Tu en tire une tête pour une vainqueur. » Taquina Jim.

« Le commander m'a expliqué pour ta résurrection. Elle n'est pas mentionnée dans les dossiers. »

« Starfleet a préféré garder ça secret. Mais je vais bien, regarde. Alors arrête de faire cette bouille ! » la rassura-t-il tout souriant.

McCoy installa un dernier pansement sur l'arcade sourcilière de son premier patient et enchaîna avec les soins de Naos qui n'était pas non plus sortie indemne de leur affrontement.

« Vous allez peut-être bien mais il est indéniable que vos capacités physiques ont fortement diminué, capitaine. » précisais-je. « Votre actuelle défaite en est la preuve. »

« Le gobelin au sang vert à raison. Et combien de fois je t'ai dit de reprendre des exercices réguliers à la salle d'entrainement. » Gronda Léonard en tirant un léger sourire satisfait aux coins des lèvres. « Il faut que je te le prescrive sur ordonnance ? »

Je dévisagea le docteur une fraction de seconde pour deux raisons : la première, qui avait également réussit à faire rire l'enseigne, était à cause de ce surnom idiot qu'il me donnait de temps à autres et la seconde raison était que je ne m'habituerais jamais à ce qu'il exprime ainsi son accord avec moi, alors qu'il cherche à me contredire en permanence.

Jim marmonnait des mots incompréhensibles en grimaçant et secouant la tête en s'énervant d'avantage sur son médecin.

Leurs voix commençaient à monter de plus en plus.

« Je peux y aller avec toi ? » les interrompit net l'enseigne Myers.

« Tu veux vraiment t'entrainer avec cet enfant ? Je me demande même comment tu peux vouloir l'aider ! » railla McCoy dans un excès de rage.

« On s'entrainait souvent ensemble avant. Je sais comment le motiver. Je pense que pour un premier partenaire … je devrais lui suffire. Je présume qu'il récupèrera rapidement. »

Les idées de Naos étaient cohérentes et pertinentes. Son plan me parut logique et bien fondé.

« C'est certain. De plus il se peut que le sang Augment lui ai transmis quelques propriétés favorables à sa santé et à ses capacités physiques.» Concluais-je alors.

Les deux anciens amis étaient visiblement enjoués par ce projet.

« Il faudrait simplement les stimulées, comme les anticorps avec un vaccin. » précisa McCoy.

Il reconsidéra tout de même la chose un instant et fut bien obligé d'approuver avec la majorité. Mais restait cependant insatisfait. Pour le rassurer, je proposai de superviser les entrainements de temps à autres et il m'en remercia, comme si une angoisse avait été ôtée de son esprit.

La discussion close et les soins terminés, chacun retourna enfin à son poste et ce le plus hâtivement possible ou je me serait vu contraint de rompre l'accord fait il y avait à peine deux minutes, de ne pas faire de rapport sur l'incident de ce matin.

/… /

Point de vue Naos :

La fin de mon quart sonnait. Mon remplaçant arriva presque aussi tôt et je lui fis le compte rendu de la dernière heure comme le veut le protocole afin qu'il puisse reprendre le flambeau plus facilement.

J'allais entrée dans le turbo-lift mais resta immobile devant la porte ouverte. La cabine me paraissait vide et glaciale. Un frisson à peine perceptible me parcourut. Quelque chose me dérangeait. Je m'étais senti ailleurs toute la journée, mal à l'aise, le ventre noué. J'allais faire un pas que mon supérieur m'appela.

« Naos ? Tout va bien, on dirait que tu as vu en fantôme ? » me demanda-t-il en scrutant la cabine. « Dis-moi, tu aimes ton boulot ici ? »

« Oui ! bien sûr ! Ce vaisseau est surprenant comme tout ce que tu as pu lui apporter. » essayais-je d'être la plus convaincante.

Mais l'homme écossait n'était pas dupe et même très perspicace.

« Merci mais … J'insiste. Tu m'as paru bien triste aujourd'hui, comparé à hier. Tu te sens bien ? »

On s'était mis d'accord dès le premier jour de se tutoyer mutuellement : « Grands esprits que nous sommes, évitons les formalités prout-prout et travaillons ensembles ! » m'avait-il dit d'un ton qui m'avait autant touché qu'amusé.

J'avais moi-même encore quelques difficultés à définir mon mal-être, mais me doutait tout de même que c'était lié à la révélation de ce matin. Ma réflexion me dépourvu de parole.

« Si tu ne veux pas m'en parler je peux comprendre. Mais essais au moins d'aller voir le docteur McCoy. Il parait qu'il est assez fin psychiatre. » proposa-t-il en ricanant, ce qui réussit à me faire sourire.

« J'en prend note. » lui répondis-je simplement.

Il me tapota l'épaule amicalement et tourna les talons me laissant rappeler l'ascenseur qui avait été demandé ailleurs entre temps.

Seule dans le turbo-lift, le calme me permit de réfléchir assez rapidement. Je décidais de suivre les conseils du lieutenant et demanda le pont 5.

/… /

Léonard m'accueillit d'un air surpris qu'il s'empressa de justifier.

« Je ne m'attendais pas à te revoir de sitôt ici. Quelque chose ne va pas ? »

« Pas tout à fait. »Avouais-je directement. Il était inutile de tourner autour du pot avec lui. « Je peux te poser une question ? »

« Je t'en prie. »

« Comment as-tu réagit à la mort de Jim ? »

Un lourd silence tomba soudainement. Bones m'observa un instant et comprit alors ce qui me tourmentait. D'un simple mouvement de tête il m'invita à entrer dans son bureau personnel. Je le suivis et chacun s'assit d'un côté de la table. Il baissa la tête quelques secondes en bougeant rapidement des yeux comme s'il faisait un puzzle mental de la réponse qu'il voulait me donner.

Mon angoisse s'accentua d'avantage.

« On … m'a apporté le corps du capitaine. C'est en ouvrant le sac mortuaire que j'en pris vraiment conscience. Je me suis senti … vidé de toute énergie et j'avais le tournis. Mon meilleur ami était mort mais à cet instant je n'arrivais ni à le pleurer, ni à prononcer le moindre mot. C'était étrange et effrayant. »

« Je n'ai pas pu m'empêcher d'y penser toute la journée. » repris-je tout de suite. « C'est perturbant de savoir qu'il était mort alors qu'aujourd'hui, il se tient bien debout sur ses deux pieds. Mort … sans vie, inerte, aucune fonctionnalité corporelle ou cérébrale … »

« Je t'en prie, je suis médecin, Naos ! Je sais ce que c'est que la mort. » ironisa McCoy.

« Je … je n'arrive pas à m'ôter cette idée de la tête et je l'imagine comme un zombie ou un robot, mais humain … »

Je frissonnais de peur, de dégout, de psychose. Léonard me fixa avec des yeux ronds avant d'exploser de rire, la main plaquée sur son visage.

« Crois-moi qu'il est tout autant que toi et moi ! »

« Léonard ! J'ai grandi avec lui. Passé de lourdes étapes à ses côtés ! » m'emportai-je offusqué par son hilarité qui se coupa alors, nette. « Et j'apprends comme ça, du jour au lendemain que … » ma voix dérailla à ma propre surprise me coupant dans mon élan.

« Je comprends parfaitement que cela te déstabilise autant, mais il est plus vivant que jamais et en bonne santé. Je le suis de très près depuis son réveil. Spock t'as expliqué comment nous l'avons sauvé ? »

« Grâce au sang du surhomme qui avait infiltré Starfleet … je connais l'histoire. Figure-toi que si je n'avais pas pris congé … je serais morte dans la première explosion avec mes collègues. Des années de travails parties en fumée. »

« Oh … je suis navré. » murmura-t-il à la fois triste et soulagé. Mais il se reprit très vite, en gardant un esprit professionnel. « Quand nous l'avons capturé, sa régénération cellulaire était impressionnante. Je lui ai donc prélevé du sang et en a implanté dans un tribbule inerte. Le même qui ronronne dans l'infirmerie en ce moment. » m'expliqua-t-il.

Le résonnement à suivre me parut si évident qu'une ampoule aurait pu se former au-dessus de ma tête.

« Donc même sur un être décédé, la régénération cellulaire ce fait au point de … »

« Au point de pouvoir réactiver les fonctions vitales de son hôte. Oui. Tu sais qu'il est fréquent dans un hôpital qu'on soit obligé de réanimer un patient ? »

« Quand même, Léon. » grondais-je.

« Disons qu'avec Jim c'était la même chose, mais avec un technique différente. Sauf que la petite bête avait mis du temps à se réveiller. C'est après m'être assis à cause de mes vertiges qu'elle daigna bouger. Comme le corps de Jim était encore tiède et frai, la première idée qui m'étais venu pour conserver ses cellules, avant de pouvoir retrouver Khan et son « sang magique », et en vue de l'efficacité que ça avait eu sur lui, était de le cryogéniser à la place d'un des surhommes artificiellement gardé en vie.

« Je vois. »

Mon regard était planté dans la table et les paroles de mon ami résonnaient en boucle dans ma tête. Cet homme avait le don de trouver les mots pour me calmer. Pour calmer tout le monde en fait. Je m'en étais déjà rendu compte à l'académie.

Finalement ça n'était pas étonnant que lui et la capitaine soient devenus si proches : Le premier malgré sa quasi constante mauvaise humeur est d'autant plus attachant, sincère et loyal. Et l'autre est le meilleur ami que l'on pouvait avoir quand il nous accordait ce statu aussi exaspérant puisse-t-il être.

Le docteur me rappela sur terre et s'assura que mon mal était passé. Ce qui était le cas. Et j'étais bien contente de ne plus voir un Jim zombifié dès que je pensais à lui.

« Tu sais … » m'arrêta-t-il alors que je m'apprêtais à sortir. « Je vous connais tous les deux. Et je pense que ta présence sur le vaisseau pourrait faire du bien à Jim. Du moins je l'espère. »

Je ne sue quoi lui répondre.

J'hésitais encore quant à mon lien avec Kirk. Et le tournant que pourrais prendre notre relation. Je n'arrivais même pas à définir celle que nous avions actuellement. Un simple ex-petit-ami, un ami … autre chose ?

Ne voulant m'attarder là-dessus je fis un petit sourire à Léonard et m'en alla regagner ma chambre.

/… /

Le jour suivant passa sans encombre. L'équipage avait eu peu de travail, aucune attaque, un voyage calme. La veille, les ingénieurs avaient fini tous les réglages techniques pour adapter le vaisseau au cadrant dans lequel nous venions d'arriver. Nous devions être tranquilles pendant au moins une semaine.

Durant ma pause déjeunée, j'avais croisé l'officier en Second. Le vulcain me proposa une première séance d'entrainement le soir même à 20h après le repas. Naturellement j'avais accepté, mais j'avais dans l'optique de manger après l'entrainement. Ça ne changerait rien de toute façon.

Il était 19h35 et je terminais mon rapport du jour sur mon PADD. Après avoir reposé ma tablette sur mon bureau, je réfléchis droite sur mes pieds sur mes pieds devant ma buanderie électronique à me demander quelle tenue serait le plus appropriée pour un exercice au corps à corps.

La brassière de sport : c'était certain que je la prenais. Et j'y ajoutais un jogging et un débardeur.

Sur terre j'étais restée 9 ans dans le même club, avec d'autres amis et collègues de Starfleet. A la fin nous nous étions accoutumés à ne porter que le strict nécessaire, dans cette salle qui devenait très vite étouffante. Mais ici je ne connaissais presque personne et même devant Jim je n'oserais me mettre à mon aise tout de suite.

Le tout fourré dans un sac avec une serviette et un savon –éventuellement-, je pris le chemin en direction des salles de sports en faisant une halte au mess pour prendre une collation.

J'arrivais dix minutes à l'avance. Tout juste le temps de me changer et j'entrai dans la pièce grandement animé pour une heure aussi tardive. On entendait claquer les corps contre le sol lorsqu'ils chutaient, on voyait des frappent partir dans tous les sens, des positions affirmés et stables, de la justesse dans les mouvements, des travaux de précisions et de perfections, des exercices plus relaxants, des personnes s'étirer seules ou en duo. Ça faisait un moment que je ne m'étais pas entrainée et j'appréhendais positivement cette séance qui me ferait le plus grand bien.

« Je vois que vous êtes ponctuelle. C'est une bonne chose. » La voix du commande me fit sauter franchement, ne l'ayant absolument pas entendu arriver, bien qu'il se tenait juste à côté de moi. « Pardonnez-moi. Je n'avais pas pour intention de vous surprendre. » s'excusa-t-il en s'avançant vers un carré de tapis libre.

Je lui suivis en lui assurant qu'il n'y avait aucun mal. Il s'était vêtu d'un pantalon de sport semblable au mien, simple, ni trop ample, ni moulant, contrairement à son débardeur qui lui collait à la peau, comme s'ils ne faisaient qu'un. Je le savais puissant. Tous les vulcains sont naturellement plus forts que les humains. Mais je devais avouer qu'il était … plutôt très bien moulé. Presque tous les membres sur l'Enterprise était plus ou moins musclés, mais son corps dégageait une aura et une harmonie avec sa musculature que j'aurais qualifié –sans mauvais jeux de mot- d'aliène, qui semblait irréelle et qui le mettait tout à fait en valeur.

Des vulcains j'en avait déjà vu, j'avais travaillé avec eux à Starfleet. Ils portaient toujours leurs tenues traditionnelles tout à fait neutres. Et en voir un ainsi était presque comme découvrir un de leur secret.

J'avais du traîner mon regard un peu trop longtemps sur lui car Spock me fixait avec un de ses sourcil relevé.

« Vous chercher quelque chose peut-être ? » me demanda-t-il d'un ton légèrement sarcastique.

« Tiens, celui-là savait faire utiliser des sous-entendus ? » pensai-je.

Surement s'attendait-il à ce que je rougisse, me sentant prise la main dans le sac En employant se terme qui ne pouvait convenir à l'action de regarder un corps ainsi … mais au lieu de ça je vis une perche pour me rattraper.

« Une faiblesse visible physiquement. » répondis-je immédiatement avant de me retourner et de me concentrer sur un petit échauffement.

Jim arriva peu de temps après, légèrement e retard. Remarque que se permit de faire Spock en guise de d'avertissement. Ignorant totalement le vulcain il s'attarda sur moi et sourit.

« Tu sais à quoi tu me fais penser ? »Lança-t-il alors que je révisais mes positions et appuis au sol. « Une Ninja japonaise des vieilles BD de mon frère. Toujours gracieuse et tellement puissante. »

Il accompagna ses paroles d'un clin d'œil en posant ses affaires non loin.

En discutant avec le lieutenant Scott j'avais appris que mon vieil ami était devenu un coureur de jupon sans limites. En soit quand on le regarde ça n'est pas très surprenant. Il était beau, tout simplement, et avait un charisme quasi inégalable. Même pour des extra-terrestres, le spécimen James Tiberius Kirk était tout bonnement un canon universel très attirant. Mais je n'aurais pas pensée qu'il puisse s'en amuser autant et ça me décevait un peu de sa part. À l'époque il n'était pas comme ça … bien au contraire.

Je me contenta de lui mettre une petite tape derrière la tête et il explosa de rire.

L'entrainement dura presque trois heures et me fut plus que bénéfique. Au fur et à mesure que je bougeais, je sentais mes muscles ses détendre et l'effort évacuait, par la chaleur et la transpiration que dégageait mon corps, toutes les mauvaises ondes que j'avais pu accumulée depuis mon intégration.

Sous les instructions … du commander Spock, les exercices s'enchaînaient rapidement. Mais c'était tout aussi rapidement que Jim et moi trouvions efficacement nos marques, et réussissions chaque épreuve donnée.

Notre concentration était sans faille. Jim ne cilla à aucun moment. Ni pour sourire, ni pour faire une pause et encore moins pour sortir une réflexion comique ou déplacer comme il avait l'habitude de faire. Qu'il prenne cet exercice au sérieux était un point positif. Mais son regard fit réapparaître dans mon esprit, une image similaire : son visage tendu et concentré mais cette fois-ci jeune et couvert de sang. La dernière fois que je l'avais vu ainsi, un homme de la trentaine avait fini à l'hôpital. Alors que lui n'avait que quinze ans.

En fin de séance Kirk avait réassimilé ses bases et affiné sa réactivité. Il esquivait presque toutes mes attaques, même surprises. Le vulcain quant à lui, avait l'air satisfait de notre travail et termina le cours en proposant que la prochaine fois il participe à « l'échange physique » -ce sont ses mots.

Je me ruais dans les vestiaires pour me changer –comme c'était la fin de journée je préférais me doucher dans mes quartiers. Je m'assis sur un banc, une serviette sur les épaules et déboucha ma bouteille. Jim termina la sienne en quelques secondes et se posa à côté de moi.

« Ah ~ … Tu m'impressionnes. Je vois que tu n'as pas chômer ces dernières années. »

« Je suis persuadée qu'en temps normal tu n'es pas mal non plus. » dis-je en lui adressant un petit clin d'œil.

« Je ne veux pas me vanter mais j'ai quand même tenue tête à un vulcain et à un surhomme de 300 ans ! » précisa-t-il fièrement.

« Et tu as gagné combien de fois ? » demandais-je peu convaincue.

Il ouvrit la bouche pour parler mais son visage se décomposa.

Aussi, quel humain pouvait rivaliser avec ses armes vivantes ?

Pour le réconforter je lui mis un petit coup dans l'épaule en ricanant et il répondit à mon rire. Le calme retomba assez rapidement - un peu trop même à mon goût - avant qu'il ne se tourne hâtivement vers moi.

« Au fait comment va ta famille ? »

Sa demande me glaça le sang comme si un vent polaire avait soufflé sur mon âme.

« J'ai entendu dire que ta sœur avait intégré Starfleet. Que devient-t-elle ? »

A contrario de sentir mes joues rougir de chaleur, je me sentis pâlir, baissa les yeux et l'ambiance bascula soudainement. Un nœud se forma dans ma gorge. Ma respiration s'accéléra silencieusement … il avait vraiment posé cette question ?

Je pris difficilement une profonde inspiration.

« Jim … Eta est morte il y a un an. »

Ces quelques mots gelèrent à nouveau mon esprit, rien qu'en les entendent. Et c'était encore plus douloureux de devoir les prononcer de ma propre voix.

Quand j'osai enfin relever le regard sur mon ami, il avait blanchit comme neige et semblait s'être décomposé sur place.

« C-comment ? … » bégaya-t-il d'une voix totalement déraillé, alors que d'habitude elle sonnait téméraire et confiante.

Il me fixa avec peine, ses yeux bougeant successivement de droite à gauche dans les miens, impatient d'avoir ma réponse. Je déglutis une fois, pour hydrater ma bouche devenu sèche mais surtout pour ravaler les larmes que je sentais monter. Le nœud se fit plus serrer et mon cœur me piquait. C'était tout juste si ma tête ne tournait pas.

Jim m'appela tout bas. Je clignais rapidement des yeux et observa tout autour de moi. J'étais assise et seule avec lui … une situation stable et sans crainte. Cette pensée me permit de me calmer un peu et de pouvoir lui expliquer convenablement :

« Tu as entendu parler de l'accident du Hardi 5.2 ? »

Il opina du chef pour répondre. Je repris une nouvelle bouffée d'air, en espérant ne pas flancher dans mes paroles.

« Elle y avait été affectée pour un dernière mission. La dernière avant qu'elle n'ait cette promotion dont elle me parlait sans cesse. C'était son rêve. Il ne lui restait que trois mois … et elle aurait pu intégrer l'Enterprise. » -l'expression du capitaine s'aggrava. - « Mais comme tu le sais, l'expédition ne s'est pas déroulée comme prévus. Et elle était sur ce vaisseau.' Aucun survivant', c'est ce que nous a annoncé Starfleet. »

Jim était vouté comme un chien battu. Son regard fouillait le vide, anxieux, comme s'il prenait conscience d'avoir perdu quelque chose d'important. Ou comme s'il se sentait coupable, responsable de cette perte.

Il est vrai qu'à l'époque où l'on était ensemble, Jim et Eta s'était rapproché et formais un véritable duo fraternel. Le blond avait toujours été un modèle pour ma petite sœur plus jeune de quatre ans que nous. Elle lui vouait une véritable admiration et avait juré, tout comme moi, de le rejoindre dans son équipage. C'était son rêve bien plus que le mien en fait. Eta était une fille très précoce. Elle avait toujours eut de l'avance sur les gens de son âge. Et ce fut encore plus flagrant lors de son entrée en Classes Supérieures pour Starfleet. Ayant suivi mes cours quand je rentrais à la maison, elle avait sauté ses deux premières années après avoir réussi à 200% les examens d'entrée pour passer directement aux épreuves pratiques. Et quelques mois après la voilà entrée en troisième année. Un allé simple pour l'Académie où j'y étais en seconde année. Elle était un véritable géni, promise à un avenir riche et éclatant. La fierté de toute la famille …

La main de Jim se posa sur ma joue et me tira de ma nostalgie. C'est alors que je sentis l'humidité de mes joues sous sa caresse.

Je pleurais encore …

Je grogna contre moi-même, agacée. Larmoyer dès que je pensais à elle ou à mon père était insupportable –car oui, mon père aussi était mort, quand j'avais treize ans, et je remercie le ciel d'avoir mis le jeune Kirk à mes côtés à ce moment-là.

Les bras de ce dernier s'enroulèrent autour de mes épaules et je ressentis la même chaleur qu'il y avait presque 9 ans au paravent. Mais aujourd'hui elle était bien plus puissante et musclée que dans mes souvenirs.

« Je suis sincèrement désolé. » murmura-t-il en resserrant son étreinte. « Ça aurait été une joie pour moi de la recevoir à bord. Sache-le. »

Il y eut un certain silence… puis il me lâche et me regarde plus sérieusement. Je tentai de lui sourire et il me rendit mon attention. Non sans un air peu convaincue sur le visage. Ses yeux bleu étaient depuis toujours la seule étendue d'eau dans laquelle je n'avais pas peur de plonger. Et actuellement son regard doux et scintillant me rassurait étrangement. C'était comme une mer étoilée, étrange et beau à la fois. Si McCoy avait les mots pour réconforter, Jim n'avait besoin de n'en prononcer aucun avec moi.

Après un instant de réflexion il reprit la parole.

« Je présume que parmi les promesses que tu devais tenir en venant ici, l'une était adressée à Eta ? » prononça-t-il doucement, craintif quand à ma possible réaction.

« Oui. » répondis-je d'une voix plus affirmé.

« Et ta mère ? »

Le sujet des mamans veuves n'étaient jamais très apprécié par mon ami. Sa mère avait eu beaucoup de mal à assumer la mort de son mari et la naissance de son second fils, le même jour. Par la suite ça ne c'était pas vraiment arrangé dans la famille, encore moins après qu'elle se soit remarier avec Frank, le frère de George Kirk. C'est en grande partie à cause de ces soucis que nous nous étions rapprochés. Et bien cela me surprit qu'il prenne l'initiative de lui-même, je me devais de lui répondre honnêtement, me rappelant de ce que ma mère avait fait pour lui et de l'affection qu'il avait eu pour elle.

« Elle était totalement accablée et elle en est tombée malade. Pourtant, après ça elle m'a encouragée à partir alors que j'y avais renoncé à la dernière minute. » Jim écarquilla les yeux surpris. «Et ne voulant pas la laisser toute seule, pour son moral comme pour sa santé, on a réussi à faire venir sa sœur et ses enfants à la maison. Je crois que ça se passe … plutôt très bien pour elle en ce moment. » dis-je si légèrement qu'un rictus m'échappa.

« Voilà qui est rassurant au moins. » répondit-il en élargissant son sourire. « Je fais le serment à ta mère que j'empêcherais, par tous les moyens, qu'elle ne perde sa dernière fille. »

Cette déclaration manqua de me faire fondre en larmes à nouveau. Mais il se releva d'un bon avant de s'exclamer d'une voix enjouée.

« Et tu peux compter sur Bones et moi-même pour nous assurer que tu sois à l'aise et comme chez-toi sur ce vaisseau ! »

Je ris spontanément face à sa tête de conquérant, alors qu'intérieurement j'étais persuadé qu'il m'attirerait plus d'ennuis qu'autre chose. Mais je me risquais tout de même à lui faire confiance.

Jim m'adressa un clin d'œil et m'aida à me relever avant de ma souhaiter une bonne soirée, et mon conseilla de me reposer si je ne voulais pas avoir à faire avec Léonard, puis il s'en alla.

Mon cœur me paraissait bien plus léger à présent. Seulement j'avais vu que cette nouvelle affectait profondément affecté mon capitaine. Surement plus qu'il ne voulait le montrer. Ma famille avait accueilli Jim à bras ouverts quand il était au plus bas, et le considéraient comme l'un des nôtres. Son cœur n'avait finalement pas changé … et il n'avait rien oublié de notre passé.