Après la pluie

Cela fait maintenant 3 mois que les événements surnaturels de la deuxième semaine du mois de janvier se sont produits. Depuis, la routine s'est de nouveau installée dans ma vie. Après m'être fait confisquer mon arme ainsi que les autres médias intentionnellement rangés dans ma chambre, on m'a envoyé dans une cellule de redressement. J'ai subi nombres d'interrogatoires. Car en effet, l'affaire du 25ème arrondissement à fait beaucoup de bruit chez les médias. Les influenceurs de notre classe furent arrêtés pour tentative de meurtre, dégradations de l'espace publique et usurpation d'identité, pour les causes principales. Ironie du sort, leur culpabilité a été prouvée par les caméras de l'entreprise du père de Kirigaya, qui sont en fonctionnement dans toute cette partie de la ville.

Je ne suis plus le souffre-douleur de qui que ce soit dans mon établissement scolaire. De nombreuses rumeurs se sont propagées à mon sujet à propos de l'explosion d'énergie inconnue qui a complètement détruit le secteur. Aucun mort n'a été à déplorer, aucun blessé : un miracle.

Moi-même, je me pose énormément de questions au sujet des pouvoirs de Hina. Et puis au fond, qui est-elle vraiment ? L'origine de ces pouvoirs reste inconnue, la presse et la population ignorent même son existence.

Mais la vie poursuit son cours dans la capitale nippone, le tourisme a d'autant plus augmenté dans la région du Kantō. Enfin, ma vie reste une énigme, comme si la moitié de moi-même était partie dans l'au-delà. Je la retrouverais, un jour de pluie, au coin d'une rue. Enfin, je l'espère.

La sonnerie de fin des cours retentie dans le lycée Koyama.

— C'est le week-end !

— On va au karaoké ce soir ?

La bonne humeur se lit sur de nombreux visages, le mien reste neutre. Bien que ma situation sociale ait changé, je n'en reste pas moins un boulet pour tous les groupes d'amis du lycée. Sauf Hikari, qui m'attend sans doute à la sortie du l'établissement. Je franchis le couloir principal, où la rentrée des secondes a eu lieux ce matin. Des tas d'affiches publicitaires de clubs en tout genres jonchent le sol crasseux. Le ciel, toujours aussi gris, symbolise à la perfection mon humeur quotidienne.

— Ah te voilà Lodaka ! Tu viens au ciné ? J'y retrouve quelques amis, ce sera l'occasion de t'en faire !

J'acquiesce sans grande prétention.

— Tu sais, à propos du la chaise volante d'hier, je pense avoir trouvé l'explication ! En fait, selon la deuxième loi de Newton, valable dans un repère supposé galiléen, et bien la somme des forces extérieures appliquées(1)…

— Elle était suspendue à un fil transparent, le coupais-je avec désinvolture.

— … moui c'est plausible.

Nous continuons à marcher dans le quartier d'Akihabara. Les bandes annonces de dramas japonais impressionnent mon camarade.

— AH OUI JE CONNAIS ! Même qu'à la fin, y'a Han solo qui-

— STOP ! Tu veux spoiler tout le monde ou quoi ?

— Ah oui désolé… ce ciel me rend dingue, c'est fou quand même, il n'y avait pas eu d'éclaircies depuis 3 mois…

— Une éclaircie ?

Il me fait signe de lever la tête. En une fraction de seconde, j'ai compris.

— Eh, où tu vas ?! Pourquoi tu rebrousse chemin ?

| Juuryoku ga nemuri ni tsuku sennen ni ichido no kyou |

| En ce jour si particulier, où la gravité s'endort |

Le moment est arrivé. Je cours de toutes mes forces, bousculant les gens sur mon chemin. Le bâtiment dont nous avons provoqué l'effondrement de sa partie supérieure est en vue.

| "See no" de daichi wo kette koko de wa nai hoshi e |

| À trois, quittons la terre et partons pour une autre planète |

— Tiens c'est drôle, d'après le magazine, ce serait l'œuvre de… oui c'est ça ! L'éveil d'une Hare-onna(2) ! Comme c'est intrigant. Très intrigant. Bon quel film choisir ?

J'arrive enfin en haut de la partie encore debout de l'immeuble. Une lumière éclatante provient de la ligne de Shinkansen située en face de la maison de Hina. J'attendais ce moment depuis longtemps, trop longtemps. Toutes sortes d'émotions inconnues m'emplissent et me comblent de bonheur, Tokyo se pare de ses plus belles couleurs. Il est temps d'y aller.

— Ikou !

| Yume ni bokura de ho wo hatte |

| Nous allons déployer ces voiles ensemble, avec tous nos rêves |

| Kitaru beki hi no tame ni yoru wo koe |

| Et nous traverserons la nuit pour atteindre un jour que nous savons incontournable |

Iza kitai dake mantan de

| Nos seuls espoirs ont suffi pour remplir nos réserves |

| Ato wa dou ni ka naru sa to kata wo kunda |

| Et nous avons mis nos bras autour de l'autre, sachant que nous nous en sortirions d'une manière ou d'une autre |

| Kowakunai wake nai demo tomaranai |

| Ce n'est pas que nous n'ayons pas peur, mais nous ne cesserons pas pour autant. |

| Pinchi no sakimawari shitatte bokura ja shou ga nai |

| Même si les difficultés nous guettent, C'est quelque chose que nous ne pouvons pas changer |

| Bokura no koi ga iu koe ga iu |

| Notre amour nous parle - une voix nous parle |

|"Ike" to iu|

Elle dit, ''Go!''

THE END


1 Vé-ri-di-que je vous assure.

2 « Fille-soleil »


Postface:

Merci à tous les courageux d'avoir lu ma fanfiction ! C'est avant tout un essai, il s'agit en effet de ma toute première fiction EVER. Peut être que j'en referais une plus tard, je n'en sais rien du tout.

Juste une précision concernant la timeline, Hodaka et Hina ne se rencontrerons JAMAIS dans la rue de Love Hotels, Lodaka ayant trouvé l'arme dans la poubelle « avant » Hodaka, ce dernier n'aura pas le courage d'arracher Hina aux individus louches du film (voir la scène où Hodaka touche sa sacoche avant de courir, comme pour se rassurer dans le film).

Le texte bleu correspond aux paroles de la chanson thème du film « Grand Escape », certaines phrases ont été coupées, la lecture du passage concerné se faisant avec la chanson dans les oreilles.

Tous les droits reviennent à Shinkai Makoto, réalisateur du Film « Tenki no Ko », d'où je tire nombre d'éléments.