Marco laissa échapper un soupire lasse en poussant les portes du commissariat. Inspecteur de police depuis vingt longues années, il était connu en ville et respecté de tous. Il avait la réputation de toujours faire son travail avec le plus grand sérieux. Il avait rapidement gravi les échelons, mais les charges de travail ont augmenté en même temps. Il s'était couché très tard la veille, et il était présentement très fatigué. Mais son service commence et s'est de mauvaise humeur qu'il se rendit à son travail. Il fut presque immédiatement abordé par Thatch, son collègue et meilleur ami.

-J'ai besoin de ton aide, déclare-t-il.

-Bonjour à toi aussi.

-Désolé… Je n'ai pas fait de pause depuis des heures…

Marco acquiesça. Thatch était en service cette nuit, il a dû être débordé. Ils se dirigèrent ensemble vers la machine à café, Marco décidant d'en prendre un aussi pour le brun. Thatch le remercia avec un grand sourire enjoué, ravie d'avoir enfin le temps de boire quelque chose de chaud. Il poussa une soupire de bienêtre.

-Tu as besoin de moi pour quoi ?

-Un interrogatoire. Le gars refuse de parler.

-Donne-moi plus de précision.

-C'est un jeune homme de vingt ans. Il s'est introduit dans la maison d'un couple cette nuit. Chez Hiroto et Seiko Satoshi

Marco fronça les sourcils. S'il s'agit d'un cambriolage, pourquoi organiser un interrogatoire ? Parce qu'il n'a pas agi seul ? Avait-il des complices qui auraient échappé aux équipes de police ? A moins qu'il ne soit pas question d'un cambriolage… Dans ce cas, pourquoi être entré par effraction dans une maison ? Il fit signe à Thatch se poursuivre ses explications.

-Il n'a rien volé. Pourtant, ils étaient sacrément riches.

-Il a cherché à s'en prendre à eux ?

-Non plus. Il n'a même pas résisté quand on l'a embarqué.

-Mais il refuse de coopérer ?

-Une vraie tombe ! Il n'a pas dit un mot. Je me disais que tu arriverais peut-être à le convaincre.

-Je vais voir ce que je peux faire…

Thatch le remercia silencieusement, et ils se dirigèrent ensemble vers la salle d'interrogatoire. Un policier se tenait debout devant la porte, saluant poliment ses supérieurs lorsqu'ils s'approchèrent. Il leur affirma que le jeune homme n'avait pas tenté de partir. Thatch ouvrit la porte et Marco entra juste après lui, son regard se posant immédiatement sur celui qu'il devra ensuite interroger. Le jeune garçon avait la tête baissée, ne leur accordant qu'un bref coup d'œil quand ils sont entrés.

-Voici l'inspecteur Marco, le présente Thatch.

Pas de réponse, mais le blond ne s'en formalisa pas. Il prit place sur une chaise face au jeune homme. Thatch resta debout à côté de lui, les bras croisés sur son torse. Marco détailla l'apparence du jeune homme tout en lui laissant le temps de se rassurer avant de commencer à parler. Il avait les cheveux noirs, mi-longs jusqu'aux épaules. Il pu apercevoir des tâches de rousseurs sur ses joues et son nez. Il n'avait pas l'air d'un voleur, habillé simplement d'un jean et d'un sweat-shirt orange. D'une voix douce il demanda.

-Quel est ton nom ?

-Ace, répondit-il sans hésiter. Portgas D Ace.

-Tu as vingt ans, c'est bien ça.

-Hm.

-Tu sais pourquoi tu es ici ?

Le jeune homme se contenta cette fois d'un hochement de tête. Il avait l'air très mal à l'aise, jetant de temps à autres des coups d'œil à Thatch. « Il l'a traumatisé ou quoi » pense Marco en se tournant vers son collègue. Ce dernier haussa les épaules. Il ne s'était pas montré particulièrement agressif avec le jeune homme. Peut-être qu'il se sentait mal parce que Thatch est celui qui lui a passé les menottes. Marco se pencha en avant, posant une main sur l'épaule du jeune homme, le faisant sursauter.

-Détends-toi, lui dit-il. Nous ne te ferons aucun mal.

-Je sais… C'est juste que…

-Écoute… Tu n'as rien volé, rien fait de mal et tu t'es laissé emmené sans rien dire. Pour ma part, je considère que tu ne peux être accusé en rien.

-On veut juste comprendre ce qui s'est passé, ajoute Thatch.

Ace se mordit la lèvre inférieure, et les deux hommes craignirent un instant qu'il se renferme de nouveau dans son mutisme. Mais le brun finit par lever la tête, plongeant ses yeux sombres dans ceux de Marco. Il avait l'air déterminé, et Thatch ne put s'empêcher de soupirer de soulagement. Ils étaient enfin parvenus à faire parler l'enfant. Marco se redressa, adoptant une posture professionnelle, puis fit signe à Ace de parler.

-Je suis rentré chez eux parce que je me posais des questions. J'avais besoin de réponse.

-A quel sujet ?

-Hiroto Satoshi et moi… On a eu une relation…

-Vous vouliez savoir pour qui il vous a quitter, demande Thatch.

-Non vous ne comprenez pas ! Je suis son amant ! On avait une relation alors qu'il était marié !

Les deux policiers furent surpris. Ils échangèrent un regard, comme pour s'assurer qu'ils avaient bien entendu la même chose. Il y avait tellement d'histoire de trahison et d'aventure extra-conjugale, mais là ils avaient face à un cas peu commun. Ace leur expliqua qu'il avait rencontré Hiroto à son travail, et qu'ils étaient tombés amoureux l'un de l'autre. Ils s'étaient mit ensemble, sans qu'il ne sache un seul instant qu'il était déjà marié.

-Je suis juste bêtement tombé dans ses bras. Il m'a fait découvrir des choses… Il semblait sincère, et je l'aimais pour ça. J'ai été bien stupide…

-Vous n'êtes jamais allé chez lui ? Il n'y a rien qui vous a alerté ?

-Le soir, je ne pouvais pas l'appeler. Mais quand je lui posais la question, il changeait de sujet et je n'ai pas insisté.

« Un beau parleur et un sacré manipulateur » pensa Marco. Il avait su utiliser les bons mots pour détourner tout soupçon qu'Ace aurait pu avoir à son encontre. Il lui avait suffit de belles promesses d'avenir et le gamin était devenu accro à lui. Et il avait su en profiter, bien évidement. Ce genre de type, Marco ne pouvait les supporter. Ceux qui faisaient le mal autour d'eux pour se faire du bien. Et ce sont les gens comme Ace qui se retrouvent en salle d'interrogatoire à leur place.

-Je ne pensais qu'à lui. Je savais qu'il me mentait, qu'il inventait des histoires. Mais je lui ai tout pardonné.

-Qu'est-ce qui vous a amené à vous rendre chez lui ?

-Il recevait des appels d'une femme, son épouse. Il me disait que c'était son ex, qu'il allait lui dire de ne plus l'appeler, mais elle recommençait et il répondait toujours.

Ace jouait nerveusement avec ses doigts, gêné. Il était très difficile pour lui de parler de ce qu'il lui est arrivé. Il ne s'était pas encore remit de ce qu'il s'est passé ce soir. Il prenait difficilement conscience de la trahison qu'il a subi. Marco lui proposa de faire une pause, mais il refusa. Il voulait en finir au plus vite avec cet interrogatoire, pour pouvoir ensuite rentrer se coucher.

-Je l'ai suivi jusque chez lui et je suis entré dans la maison. Je n'ai pas vraiment réalisé ce que je faisais.

-Que s'est-il passé ensuite ?

-Je suis tombé sur sa femme. Elle m'a dit… Que je n'étais pas la première personne avec qui il s'amusait. Il est arrivé, mais je n'avais pas la force de dire quoi que ce soit.

-C'est là que Seiko nous a appelé, devine Thatch.

Ace acquiesça et baissa à nouveau la tête. Il avait fini, et il se sentait misérable. Marco ressentit un pincement au cœur en le voyant aussi malheureux. Il posa une main sur celles jointes du brun, lui offrant un sourire rassurant.

-Merci pour ces aveux. Je vais me charger personnellement de votre dossier.

-D'accord… Merci.

-Ne vous inquiétez pas. Il y aura quelques formalités mais je doute que vous encourriez la moindre peine.

Thatch fixait Marco, intrigué. Le blond devait simplement l'aider pour l'interrogatoire, pourquoi avoir décidé de prendre l'affaire en charge ? Il avait sûrement eu de la peine pour le gamin et avait voulu gérer lui-même. Il n'allait pas s'en plaindre, ça lui faisait du travail en moins. On toqua à la porte et elle s'ouvrit sur un policier qui jeta un regard à Ace, parlant d'une voix douce.

-Votre famille est venue vous chercher.

-Nous avons terminé, annonce Marco en se levant. Tu peux rentrer chez toi.

Ace se leva à son tour, un peu tremblant. Thatch lui prit précipitamment le bras, ayant peur qu'il ne s'effondre brusquement. Mais le brun se dégagea de son emprise, lui assurant qu'il allait bien. Ils quittèrent tous les trois la pièce et se rendirent à l'accueil où deux personnes attendaient. En les voyant arrivé, elles se levèrent et vinrent immédiatement à leur rencontre. Il y avait un adolescent aux cheveux et aux yeux noirs, avec une cicatrice sous l'œil. Il prit Ace dans ses bras sans se soucier des policiers. La deuxième personne avait les cheveux blonds et une marque de brûlure sur l'œil gauche. Il saluant poliment Marco et ses collègues.

-Je suis Sabo et voici Luffy. Merci de nous avoir appelés.

-Vous êtes frères, demande Thatch.

-Pas de sang, mais oui. On habite ensemble.

Il fit ensuite face à Ace, le regardant sous tous les angles à la recherche d'une éventuelle blessure. Le jeune Luffy ne cessait de lui poser des questions pour savoir ce qu'il s'est passé, s'il s'est battu ou s'il s'est fait agresser. Ace leur assura qu'il n'était pas blessé et que personne n'a cherché à lui faire du mal, bien que cette dernière phrase fût prononcée d'une voix incertaine. Sabo et Luffy échangèrent un regard inquiet.

-Explique nous ce qu'il s'est passé, le supplie Sabo.

-Tu n'as pas l'air bien, ajoute Luffy.

-Je veux juste rentrer à la maison…

Voyant qu'ils n'obtiendraient rien de plus de leur frère, Sabo sortit les clés de la voiture et les donna à Luffy, lui disant d'emmener Ace et qu'il les rejoindrait bientôt. Luffy hocha la tête et prit Ace par les épaules, saisissant les clés de l'autre main. Ils s'éloignèrent tous les deux vers la sortie, sous le regard protecteur de Sabo, qui porta son attention sur les policiers qu'une fois les deux bruns hors de vue.

-Il a besoin de se reposer, lui dit Marco. Il est en état de choc.

-Je vais gérer, ne vous inquiétez pas. Aurez-vous encore besoin de lui pour la suite ?

-C'est possible, malheureusement.

-Dans ce cas, je vous laisse mon numéro. Ace aura besoin de rester un peu seul et je préfère m'occuper de toute cette histoire.

-Entendu.

Le blond nota rapidement son numéro sur une feuille qu'il tendit à Marco, avant de leur dire au revoir et de se précipiter dehors rejoindre ses frères. Marco ne perdit pas de temps et glissa le papier dans sa poche, se tournant vers Thatch pour lui donner ses directives.

-Appelle le couple, dit-leur devenir demain pour nous donner leur version.

-Oui !

-On les interrogera séparément. Je m'occupe de madame Satoshi. Tu te chargeras de Monsieur.

-Pourquoi, demande Thatch d'un air taquin.

Il s'agissait d'une blague bien sûr, visant à taquiner son meilleur ami sur ce choix. Il pensait que le blond allait rougir, ou du moins l'envoyer balader avec du travail à faire. Il ne s'attendait pas à la réponse très sérieuse qu'il a obtenu. Le regard de Marco s'est durci d'un coup alors qu'il déclara d'une voix froide, presque haineuse.

-Je risque de le frapper si c'est moi qui l'interroge.


Dès qu'il eut terminé son récit, Ace baissa les yeux. Il était incapable de regarder ses frères en face maintenant qu'ils sont au courant de ce qu'il a fait. Ils étaient rentrés du poste de police il y a une heure, et ses deux frères ont insisté pour savoir ce qu'il s'est passé pour qu'il soit arrêté comme ça en plein milieu de la nuit. Il ne leur avait pas parlé de sa relation avec Hiroto, voulant attendre que ça devienne vraiment sérieux entre eux. Maintenant, il a juste l'impression d'être un gamin qui a fait une bêtise. Sabo lui fit un sourire rassurant.

-Nous ne sommes pas en colère contre toi Ace.

-Tu as le droit d'aimer qui tu veux, ajoute Luffy.

-Voilà où ça m'a mené, marmonne le brun.

-Ne te laisse pas abattre Ace ! Ce type est une ordure, mais ce n'est pas ta faute !

Luffy fit un grand sourire, mais ça ne suffit pas à faire retrouver à Ace le sien. Le jeune homme était déprimé, encore troublé par les derniers évènements. Luffy regarda Sabo, lui lançant un appel à l'aide silencieux. Le blond prit les mains d'Ace dans les siennes, les pressant doucement. Il a toujours su trouver les mots pour réconforter son frère. Ace avait besoin d'eux plus que jamais.

-Tu n'as pas à t'inquiéter Ace. Je vais gérer la situation et tu n'entendras plus parler de cet enfoiré.

-Il ne te méritait pas de toute façon, s'exclame Luffy.

-Luffy a raison. Tu trouveras quelqu'un de mieux, tu verras !

-Merci… Je ne sais pas ce que je ferai sans vous deux.

Ace retira doucement ses mains de l'emprise de Sabo puis se leva, se dirigeant sans un mot vers sa chambre. La porte claqua et les deux frères se regardèrent tristement. Il faudrait du temps pour qu'Ace se remette de ce qu'il a vécu. Luffy poussa un soupire lasse, s'étalant sur la table comme s'il n'avait plus aucune force. Sabo ne put s'empêcher de rire au comportement de son frère. Même si Luffy avait dix-sept ans, il agissait encore comme un enfant.

-Je suis inquiet pour Ace, gémit-il.

-Je sais. Moi aussi je suis inquiet. Mais on ne peut rien faire d'autre que de lui laisser du temps.

-Ce connard a vraiment fait du mal à Ace !

-La police va régler ça. Ne te prend pas la tête là-dessus.

Le blond ne voulait pas mêler leur petit frère à cette histoire compliqué. Il espérait plutôt que cela soit vite régler, qu'ils puissent passer à autre chose. Il déclara alors qu'il était l'heure d'aller se coucher, et d'arrêter de penser à ce qu'il s'est passé cette nuit. Luffy hocha la tête, mais au fond de lui il avait déjà pris sa décision.

Il était hors de question qu'il laisse cet homme approcher encore une fois son frère.


S'il devait être tout à fait honnête, Marco n'avait aucune envie de faire cette maudite interview. Rien qu'en voyant le couple entrer, il se sentait déjà agacé. Hiroto avait l'air troublé, refusant de croiser le regard de quiconque. Il paraissait presque désespéré, mais le blond ne pouvait s'enlever de la tête l'expression abattue d'Ace la veille, qui l'empêche de ressentir la moindre pitié pour cet homme. Bien loin de cet état d'esprit, Seiko avait l'air parfaitement à l'aise, demandant même que l'interrogatoire soit fait au plus vite car elle voulait partir.

-Elle a un sacré culot, murmure Thatch.

Marco ne pouvait qu'être d'accord. Thatch fit signe à Hiroto de le suivre, l'emmenant dans une salle pour faire son travail. Le blond quant à lui, salua poliment Seiko, même s'il ne pu empêcher la colère de transparaitre dans sa voix. Pourtant, la jeune femme ne s'en formalisa pas et le suivit dans une autre pièce. Ils prirent place chacun d'un côté de la table.

-Je voudrais vous posez des questions à propos de l'incident d'hier soir.

-Je m'en doute, mais pour ma part il n'y a pas grand-chose à dire.

Prenant sur lui pour contrôler sa colère, Marco s'excusa de l'avoir dérangé et promit que ce ne serait pas très long. L'un des inconvénients de son travail est souvent le manque de coopération des gens. Il ne pouvait malheureusement pas les forcer, sous peine que cela lui soit reproché. Les policiers n'ont pas toujours bonne réputation, il ne voulait pas contribuer à cela.

-Étiez-vous au courant de la liaison entre votre mari et Portgas D Ace ?

-Oui. Enfin, je ne connaissais pas le nom du jeune homme, ni a quoi il ressemblait. Mais j'ai deviné qu'il voyait encore quelqu'un.

-Encore ?

-Ce n'est pas la première fois qu'il entretient une pauvre âme en manque d'amour.

Marco tiqua au mot « entretient ». Que représente Ace aux yeux de cette femme sans cœur ?! Un objet ?! Un jouet pour son mari ?! Il serra les poings sous la table, comptant lentement dans sa tête. Il ne devait pas se laisser emporter. Lui qui pensait que s'occuper de l'interrogatoire de cette femme serait plus facile. Il se demanda un instant comment les choses se déroulaient du côté de Thatch. Seiko se pencha en avant, mettant en valeur son énorme poitrine, probablement obtenue chirurgicalement.

-Je n'ai pas l'intention de porter plainte pour ce qui s'est passé. Je préfère oublier cette histoire.

-Ce choix vous appartient.

-En fait, j'ai pitié pour ce gamin trop crédule. Il s'est bêtement fait embobiner par mon mari.

-Je remarque que les tromperies de votre mari ne vous dérangent pas…

-Je ne suis avec lui que pour l'argent. Tant que nous sommes mariés, il peut bien jouer avec qui il veut. Et nous sommes loin du divorce.

Marco acquiesça. Thatch lui a appris que le couple avait eu un enfant, et que Seiko était enceinte depuis peu. Sûrement pour elle il s'agissait là d'une garantie qu'il ne la laisserait pas tomber. D'après les dates, elle était d'ailleurs tombée enceinte alors que Hiroto et Ace étaient « ensemble ». Le blond avait brisé en deux le stylo qu'il tenait dans sa main à cette nouvelle. Jusqu'où cet homme comptait aller ? Si Ace ne s'était pas montré un peu curieux, combien de temps leur couple aurait duré ?

-Puisque je n'ai pas l'intention de porter plainte, puis-je partir.

-Bien sûr Madame Satoshi.

L'entretien dura plus longtemps du côté de Thatch et Seiko fut contrainte d'attendre le retour de son mari. Elle tapa sur les nerfs de l'ensemble des policiers, faisant des commentaires acerbes et se plaignant sans cesse. Chacun lui jetait un regard noir en passant près d'elle, prenant sur eux pour ne pas lui balancer ses quatre vérités en face. Elle se sentait privilégier par sa richesse, mais aux yeux de Marco elle avait moins de valeur que ceux qui travaillent dur pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. Puis, soupire de soulagement général lorsque Thatch revient avec un Hiroto complètement déboussolé.

-Ce n'est pas trop tôt, marmonne Seiko.

-Désolé. Votre mari avait beaucoup à dire.

-Sachez que je ne suis pas satisfaite de votre travail !

-Pour ma part, je suis satisfait de la coopération de monsieur. Par ailleurs, notre boulot n'étant pas de vous satisfaire, votre remarque n'a que peu d'intérêt pour nous.

La jeune femme devient brusquement rouge comme une tomate, alors qu'autour d'eux les policiers tentent d'étouffer leurs rires. Marco lui-même ne put s'empêcher de sourire. Voici l'une des raisons pour lesquelles il adorait Thatch : il pouvait vous dire ce qu'il pense de vous de manière gentille et professionnelle, alors qu'il s'agit d'une insulte. Et il n'avait pas peur d'être honnête. Seiko voulu se plaindre mais son mari posa une main ferme sur son épaule.

-Rentrons. Je ne veux pas que tu fasses une scène ici.

-Bien sûr mon amour !

Elle tourna les talons, remuant ses cheveux dans un geste prétentieux, faisant claquer ses chaussures sur le sol alors qu'elle marche. Hiroto se tourna vers Marco, le saluant d'un hochement de tête, puis il emboite le pas de sa femme. Lorsqu'ils sortirent, tout le monde commença à se plaindre de ce couple vraiment désagréable. Marco fit signe à Thatch de le suivre dans son bureau pour parler tranquillement.

-Alors, demande le brun en fermant la porte.

-Une croqueuse d'or, soupire Marco. Elle n'est avec lui que pour son fric.

-Ça ne m'étonne pas. Quand tu vois le personnage…

-Elle n'a pas voulu porter plainte, c'est déjà ça.

-Tu savais qu'elle ne le ferait pas.

-Pas exactement, mais j'avais prévu de la convaincre de ne pas le faire si toutefois elle y pensait.

Il y avait tellement de chose à gérer, de personne à juger… Ça ne valait pas la peine de s'occuper d'un cas comme ça. Ace n'avait aucune mauvaise intention, n'a rien fait de mal, et rien ne pouvait lui être reproché. Il n'a même pas cassé une fenêtre pour entrer, car la porte arrière était ouverte. Cette histoire l'ennuyait et l'agaçait plus qu'autre chose. Thatch se laissa tomber sur l'une des chaises installées devant son bureau.

-Elle était au courant de leur liaison alors ?

-Ouais. Mais elle estime que tant qu'ils ne divorcent pas, il peut faire ce qu'il veut.

-Elle risque de vite déchanter…

-Pourquoi ?

-Monsieur Hiroto a confirmé la version d'Ace, mais il a ajouté que cette fois c'était différent d'avec ses autres amants.

-Il ne voulait quand même pas…

-Si. Monsieur a juré qu'il était prêt à quitter sa femme pour lui.

Marco fronça les sourcils, peu satisfait de cette nouvelle. Cet homme n'a-t-il pas assez fait de mal comme ça ? Il espérait sérieusement qu'il ne serait pas assez stupide pour vouloir récupérer Ace. Si tel est le cas, il se chargera personnellement d'éloigner ce type et de lui faire comprendre son point de vue sur ses agissements. Une fois Thatch partit, il sortit le bout de papier sur lequel Sabo a marqué son numéro, appelant le blond dans l'espoir qu'il répondrait rapidement.

-Allo ?

-Bonjour, inspecteur Marco à l'appareil. J'appelle au sujet de votre frère.

-Du nouveau ?

Il avait l'air sincèrement inquiet et Marco s'empressa de le rassurer.

-Le couple a décidé de ne pas porter plainte. Vous pouvez laisser cette histoire derrière vous.

-C'est une bonne nouvelle. Merci sincèrement inspecteur !

-Je n'ai fait que mon travail.

-Ace va être soulagé. Il n'aura plus besoin de penser à ce salaud !

-Transmettez-lui un bon rétablissement de ma part.

-Entendu. Encore merci !

Le jeune homme raccrocha et Marco posa son téléphone avec un soupire. Même si c'était fini, il ne pouvait s'empêcher de penser encore à Ace. Comme s'il pouvait se remettre aussi facilement d'une telle trahison. Marco n'était pas naïf au point d'y croire. Il s'efforça de ne pas y penser et se plongea dans la paperasse. Il devait se sortir ce garçon de la tête.


-Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, bredouille Sabo.

-Ça fait deux jours maintenant, réplique Ace. Je dois passer à autre chose.

-Tu devrais peut-être attendre quelques jours de plus…

-Je ne suis plus un gamin Sabo. Arrête de t'inquiéter pour moi.

Le brun quitta la maison sans un mot de plus, et Sabo sursauta lorsque la porte d'entrée claqua. Son frère n'aimait pas que l'on prenne soin de lui, parce qu'il a toujours pensé qu'il ne le méritait pas. C'est ce qui rendait parfois leur relation difficile. Il ne supportait pas quand Luffy et lui s'inquiétaient ou voulaient l'aider. Dans ces moments-là, il pouvait se montrer méchant, et il les rejetait sans cesse. Sabo avait beau s'accrochait, il finissait par céder et laisser Ace faire ce qu'il voulait. Cette fois ne fut pas une exception.

-Peut-être que j'ai tort, soupire-t-il.

Il essayait de se convaincre lui-même qu'il se prenait la tête sans raison. Ace voulait juste retourner au travail. Il était serveur dans un café pas très loin de leur maison. Un travail simple avec un patron sympa et il n'avait jamais eu de problème jusque-là. Ce qui inquiète Sabo, c'est qu'Ace n'a pas vraiment prit le temps de se reposer. Il pleurait beaucoup la nuit, bien qu'il l'ait nié, et Sabo était sur qu'il ne dormait pas non plus quand il s'enferme dans sa chambre la journée. Mais il ne pouvait pas le forcer à rester ici. Peut-être qu'un peu de travail l'aidera à penser à autre chose.

-Luffy, cri-t-il. Je dois aller au boulot ! Fait attention !

-D'accord, répond l'enfant.

Ace retient de justesse un bâillement. Peut-être qu'il avait surestimé son état. Il était plus fatigué qu'il ne le pensait. Il regarda l'horloge, soupirant de soulagement en constatant que son service était bientôt terminé. Son patron et ses collègues avaient été mit au courant de ce qu'il lui est arrivé par Sabo, et ils lui avaient limite interdit de venir travail. Mais Ace avait affirmé qu'il en avait besoin, alors ils l'ont laissé, uniquement parce qu'il y avait très peu de client aujourd'hui. Prenant un plateau, Ace s'approcha d'une table.

-Votre café monsieur.

-Merci jeune homme.

-Ace !

Le brun se figea en reconnaissant la voix. Il avait envie de disparaitre sous terre. Le client se pencha pour voir qui s'approchait alors qu'Ace se retourne lentement. Hiroto se fraya un chemin entre les tables pour le rejoindre. En arrivant à sa hauteur, il tendit la main pour prendre celle d'Ace, mais le brun recula vivement, refusant tout contact de sa part.

-Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Je dois te parler.

-Je n'ai rien à te dire ! Va-t'en !

-Ça ne prendra que quelques minutes, s'il-te-plaît !

Le client toussa fortement, jetant un regard mauvais à Hiroto. Il se tourna ensuite vers Ace, lui demandant le plus naturellement du monde s'il pouvait lui apporter quelque chose à manger. Le brun acquiesça et s'éclipsa précipitamment vers la cuisine, remerciant mentalement le client de lui avoir donné une excuse pour partir. Il se réfugia dans la cuisine, et en voyant son état paniqué, l'un de ses collègues se rapprocha de lui, alarmé.

-Ace, ça ne va pas ?!

-Hiroto… Il est là…

Son collègue ouvrit la porte, jetant un rapide coup d'œil dans la salle. Il remarqua Hiroto et jura à voix basse avant de sortir de la cuisine. Il rejoignit son patron dans son bureau, lui expliquant la situation. Ce dernier se rendit dans la salle, s'approchant d'Hiroto qui n'avait toujours pas bouger. Le client l'aperçut et s'exclama, d'un air outré.

-Vous voilà enfin !

-Quel est le problème ?

-Ce jeune homme importune les employés.

-Monsieur, je vais devoir vous demander de sortir.

Ne voulant pas se retrouver avec la police sur le dos, Hiroto s'excusa pour le dérangement et quitta le café sans un mot. Ace pu sortir de la cuisine et remercia son patron quand ce dernier lui promit d'interdire à Hiroto de revenir ici. Il remercia également le client, lequel lui assura que ce n'était pas grand-chose. Malheureusement, Ace n'était pas tiré d'affaire. Quand il quitta le café pour rentrer chez lui, il se fit aborder par Hiroto qui l'avait attendu.

-Ace, j'ai vraiment besoin de te parler.

-Je ne veut pas te voir ! Tu ne comprends pas ?!

-Donne-moi une chance de m'expliquer.

-Il n'y a rien à expliquer ! Laisse-moi tranquille !

Il voulut partir mais Hiroto lui saisit le poignet fermement. Ace se débattit pour lui faire lâcher prise, mais la fatigue qu'il a accumulée l'a vidé de ses forces et il ne parvient pas à se libérer. Hiroto insista pour lui parler, prenant son autre main en essayant de l'immobiliser. Le brun cessa de s'agiter, espérant qu'il relâcherait suffisamment son emprise pour qu'il puisse s'enfuir. Au lieu de ça, Hiroto l'attira contre lui.

-Donne-moi une autre chance, s'il-te-plaît.

-Hors de question ! Lâche-moi !

-Je ferais tout ce qu'il faut pour me faire pardonner et te rendre heureux !

-Je ne veux pas ! Laisse-moi partir !

-Hé toi !

Ace se stoppa alors qu'Hiroto tournait la tête. Il n'eut pas le temps de comprendre qu'il se reçu un coup de poing en plein visage. Il lâcha Ace et s'effondra au sol. Le brun peina à retrouver son équilibre mais il parvient à se reculer rapidement, levant les yeux vers son « sauveur ». Il reconnut rapidement l'adolescent qui fixait Hiroto avec un regard de tueur comme étant le petit-ami de son frère : Roronoa Zoro.

-Zoro, qu'est-ce que tu fais là ?

-J'étais en route pour aller voir Luffy quand je t'ai entendu crier.

Hiroto se releva, frottant sa joue déjà rouge. Il voulu crier sur Zoro mais le vert le regardait si mal qu'il n'osa pas. Il se tourna vers Ace, lui promettant de revenir discuter avec lui plus tard. Puis il s'enfuit en courant. Zoro le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il tourne au coin de la rue, voulant s'assurer qu'il n'allait pas revenir.

-Qu'est-ce qu'il te voulait, demande-t-il.

-Que je revienne vers lui, soupire Ace. Que je lui pardonne et lui donne une autre chance.

-Il m'a l'air plutôt insistant… Tu veux que je…

-Ça va ! Merci de m'avoir sauvé mais je n'ai pas besoin de ta protection.

Le brun ne voulait recevoir l'aide de personne. Il était fatigué, et c'était là la seule raison qui fait qu'il n'ait pu se défendre seul. Mais il n'a certainement pas besoin d'un garde du corps. Zoro n'insista pas, mais il resta très proche d'Ace tout le temps que dura le trajet jusqu'à la maison. Ace savait que Sabo devait travailler tard. Il avait obtenu le job d'assistant dans l'entreprise de Monkey D Dragon, le père de Luffy, et il était par conséquent très occupé. Il était sûr de ne pas avoir à lui expliquer la situation en rentrant et était plutôt content de pouvoir éviter cette conversation.

-Je suis rentré, cri-t-il.

-Luffy, appelle Zoro.

L'adolescent arriva en courant, ravi de voir son frère et son petit-ami de retour à la maison. Pourtant il s'arrêta à quelques mètres d'eux, sans dire un mot, son sourire disparut. Zoro ferma la porte derrière lui, ne quittant pas Ace des yeux comme s'il avait encore peur qu'il ne lui arrive quelque chose. Le brun était plus dérangé par l'attention que reconnaissant. Puis Luffy parla.

-C'est quoi sur ton poignet ?

Ace cacha par réflexe les marques déjà bleues sur son poignet. Hiroto l'avait vraiment tenu fort, mais il avait espéré que Luffy ne remarquerait rien. Son petit frère était incroyable pour voir les plus petits détails, mais les trucs les plus évidents lui semblaient inaccessibles. Par exemple cette fois où Usopp s'est déguisé en super-héros, se faisant appeler Sogeking. Aujourd'hui encore, Luffy pense toujours qu'il s'agit de deux personnes différentes.

-Ce n'est rien, rassure Ace.

-Hiroto est venu le voir au travail, explique Zoro.

-J'en étais sûr ! Cet enfoiré !

Ace jeta un regard noir au vert, mais ce dernier ne paraissait pas déranger. Il estimait que Luffy devait savoir ce qu'il s'était passé, parce que ce type pouvait devenir une menace pour Ace et ses proches. Il raconta à Luffy ce qu'il avait pu voir de l'altercation entre Ace et Hiroto, lui disant ce que ce dernier voulait. Luffy était vraiment énervé et envisagea même d'appeler Sabo pour le mettre au courant, avant de finalement décider qu'il serait préférable d'attendre qu'il rentre pour cela.

-Je vais aller lui régler son compte !

-Pas question, proteste Ace. Tu n'iras pas le voir !

-Tu veux le laisser te harceler ?!

-Je ne prendrai pas le risque de te laisser seul avec lui ! Ni toi, ni Sabo !

-Mais Ace…

-Pas de mais ! Il finira par se calmer. Je t'interdis d'aller le voir !

Luffy et Ace se défièrent du regard longtemps, avant que le plus jeune ne cède. Il promit à Ace de ne rien faire. Le brun le remercia puis alla dans sa chambre, prétextant être fatigué et disant à Luffy qu'il pouvait commander des pizzas s'il a faim. Zoro prit son petit-ami dans ses bras, lui assurant que tout aller s'arranger et qu'Ace avait sûrement raison en disant que Hiroto allait se calmer et abandonner. Luffy acquiesça, mais il avait des doutes.

Cette nuit-là, il alla dormir avec Ace.


Ace se tendit quand il entendit le bruit caractéristique de la réception d'un message. Depuis ce matin, Hiroto n'arrêtait pas de lui envoyer des messages, bien qu'Ace n'ait répondu à aucun d'eux. Le brun regarda son message, mais il ne s'était pas trompé il venait d'Hiroto. Il a voulu bloquer son numéro, mais Hiroto avait juste utiliser un autre téléphone et a continué. Une semaine est passé depuis qu'il l'a revu à son travail, sans nouvelle de lui, et il pensait être tranquille, mais le voilà replonger dans le cauchemar.

-Ne veut-il pas me laisser tranquille…

S'il s'agissait de quelqu'un d'autre, Ace serait juste aller lui régler son compte, mais il connaissait suffisamment Hiroto pour savoir qu'il devait garder ses distances. Il avait l'air gentil et naïf, mais en réalité il était autoritaire, voire même dominant. Il pouvait s'énerver très vite et il ne supportait pas qu'on lui refuse ce qu'il veut. Mais Ace ne voulait pas céder, même si ce type lui faisait peur. Agacé par un autre appel, Ace décrocha.

-Arrête de m'appeler et ne m'envoie plus de message !

-Ace, nous devons parler.

-Je ne veux rien avoir à faire avec toi ! Laisse-moi tranquille putain !

-Je n'arrêterai pas tant que tu n'auras pas accepter de me parler à nouveau !

-Je ne reviendrai jamais vers toi, tu entends ! Jamais !

Il raccrocha, mettant fin à la discussion. Mais les messages se succédèrent, Hiroto se montrant plus têtu que jamais. Il lui affirma que s'il ne décrochait pas il viendrait le voir chez lui et le forcerait à parler. Ace vit rouge et, de rage, il jeta son téléphone contre le mur. L'appareil se brisa et les morceaux tombèrent au sol. Ace fixa les bouts de l'écran brisé, la respiration haletante. Il fut ramené à la réalité par des coups à sa porte, qui s'ouvrit sur Sabo.

-C'était quoi ce bruit ?

Pour toute réponse, le brun désigna son téléphone. Le blond vit l'objet en mille morceaux et fronça les sourcils. Il était rare qu'Ace perde son calme comme ça. Il ferma la porte pour ne pas que Luffy entende leur conversation et s'approcha de son frère, s'asseyant sur le lit près de lui.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Hiroto me harcèle de message.

-Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?! Je vais appeler la police et…

-Je ne veux pas de l'aide de la police ! Ni de qui que ce soit !

-On ne peut pas laisser les choses comme ça !

-Je suis assez grand pour gérer…

Ace fut soudain prit d'un haut-le-cœur et il plaqua une main sur sa bouche. Sabo le regarda sans comprendre, et alors qu'il voulait lui demander ce qu'il avait, Ace se leva d'un bond et courut dans la salle-de-bain. Le blond le suivit et le vit se jeter à genoux devant les toilettes pour vomir. Sabo se plaça derrière lui, lui frottant le dos dans un geste réconfortant, avant de prendre une serviette pour lui donner une fois qu'il eut fini. Ace le remercia d'un regard, s'essuyant la bouche. Il avait un goût horrible persistant sur sa langue.

-Ace, la situation est grave.

-Je vais bien…

-Non ! Tu vois bien que tu te rends malade à stresser à cause de lui ! Tu en arrive à vomir !

-Je n'ai pas besoin de tes inquiétudes. Je peux me gérer seul.

-Je t'en prie Ace ! Accepte que Luffy et moi, nous t'aidions !

Le brun l'ignora, jetant sa serviette dans le panier à linge sale avant de se diriger vers sa chambre. Il a juste besoin de repos, et ensuite ça ira mieux. Il n'était certainement pas stressé et effrayé au point d'être malade. Sabo a toujours exagéré les choses. Alors qu'il allait fermer la porte, Sabo bloqua l'entrée avec sa main et se glissa à l'intérieur, fixant Ace d'un regard désapprobateur.

-Cette fois je ne cèdera pas Ace.

-Pourquoi tu insistes ?!

-Tu as besoin d'aide.

-Je n'ai jamais voulu qu'on m'aide ! Je n'ai pas besoin qu'on s'occupe de moi !

-Tu peux mentir à qui tu veux Ace, mais pas à moi ! Pas alors que je me suis toujours tenu à tes côtés depuis que nous sommes petits !

Ace se tut à ces mots, baissant la tête honteusement. Il s'était peut-être un peu emporté contre Sabo. Le blond poussa un soupire et s'approcha, prenant Ace dans ses bras. Le brun se laissa faire, appréciant le contact de son frère. Sabo le força ensuite à s'allonger sur le lit et ramassa les morceaux du portable brisé. Il se demanda ce que Hiroto avait pu dire pour énerver Ace à ce point, quand le brun parla, le tirant de ses pensées.

-J'ai peur Sabo.

-Peur de Hiroto ?

-Je ne veux pas qu'il vous fasse du mal à toi et Luffy. Je voudrais juste… Passer à autre chose.

Sabo sourit et rejoignit son frère, le prenant à nouveau dans ses bras. Ace n'était pas très câlin, mais ça restait le meilleur moyen de le réconforter quand il se sentait mal. Il lui promit de s'occuper de tout, qu'il n'aurait rien à faire et que bientôt il n'entendra plus parler d'Hiroto. Ace ferma les yeux, bercé par les paroles de Sabo et les caresses dans ses cheveux.

-Je te promet de tout arranger, souffle le blond.


C'était inacceptable, mais c'était plus fort que lui. Marmonnant contre sa propre faiblesse, Marco tapant nerveusement des doigts sur le volant de sa voiture. Il ne s'est écouler que deux semaines depuis qu'il a rencontré Ace, mais il ne parvenait pas à s'empêcher de penser au jeune homme. Quoi qu'il fasse, il revoyait son visage abattu et il ne compte plus le nombre d'objet qu'il a cassé sans s'en rendre compte. Thatch lui avait clairement fait comprendre qu'il devrait soit revoir le garçon, soit s'attendre à devoir dire adieu à son salaire. Le blond avait bien sûr choisi la première option.

-Je m'assure qu'il va bien, et je rentre. Ce sera suffisant.

Cet attachement sortit de nulle part ne devait pas devenir permanent. Une fois sûr qu'Ace s'est remit de cette histoire, il pourra revenir à sa vie d'avant. Il ne voulait même pas penser à ce que cette inquiétude pour le brun pouvait signifier pour lui. Son travail est fini, bon sang ! Ce qu'il fait maintenant est déjà hors de tout ! Il s'arrête à proximité de la maison, se félicitant d'avoir prit sa propre voiture plutôt qu'un véhicule de police.

-Une petite visite rapide, ça ne va tuer personne…

Il sortit de la voiture, claquant la portière dans sa propre frustration. Il aurait dû envoyer Thatch ! Le brun était plus accueillant que lui ! Enfin, si c'était pour attendre son retour en stressant dans son bureau, autant y aller lui-même… Il fut tiré de ses pensées par des éclats de voix et il s'approcha d'un pas rapide. Comme il le pensait, ça venait de la maison des trois frères. Sabo était à la porte, les bras écartés, coupant l'accès à Hiroto, qui n'avait pas l'air très content.

-Je n'arrive pas à le joindre ! Laisse-moi le voir !

-Écoute, Ace souffre. Il doit se reposer. Il n'a pas besoin de ça ! Arrête de chercher à le voir !

-Juste cinq minutes !

-Non ! Je ne te laisserai pas entrer chez nous, et encore moins voir Ace !

Marco fronça les sourcils, se sentant agacé par l'insistance d'Hiroto. Lui qui pensait que c'était fini, il s'était trompé. Apparemment il avait décidé de revoir Ace coûte que coûte. Il n'avait pas menti à Thatch en disant qu'il voulait d'Ace dans sa vie. Voyant qu'Hiroto se faisait plus menaçant, s'approchant dans l'intention d'entrer de force à l'intérieur, Marco se dirigea rapidement vers eux. Sabo le remarqua en premier, ne cachant pas sa surprise de le voir ici. Hiroto remarqua son trouble et fit volte-face, blêmissant en reconnaissant Marco.

-Inspecteur, bredouille-t-il.

-Je peux savoir ce qu'il se passe ici ?

-R… Rien ! Je voulais juste…

Il jette un coup d'œil à l'intérieur de la maison, visiblement déçu de ne pas avoir réussi à entrer. Sabo ne bougea pas, au cas où il chercherait à rentrer malgré la présence de Marco. Ce dernier posa une main ferme sur l'épaule d'Hiroto, la serrant assez pour le faire grimacer. Il espérait que le message serait clair ainsi.

-Je vais vous demander de rentrer chez vous Monsieur Satoshi.

-Bien sûr inspecteur.

Tournant les talons, Hiroto disparu en quelques secondes. Marco le suivit des yeux jusqu'à ce que sa voiture tourne au coin de la rue. Il se retourne ensuite pour faire face à Sabo. Le jeune homme ne cacha pas son soulagement. Bien qu'il ait gardé son sang-froid et se soit fermement opposé à Hiroto, il avait peur qu'il ne parvienne à entrer dans la maison et s'en prenne à ses frères. Il jeta un regard reconnaissant à Marco.

-Qu'est-ce qu'il voulait, demande ce dernier.

-Voir Ace. Ça fait plusieurs jours qu'il essaie de l'appeler.

-C'est la première fois qu'il vient en personne ?

-Oui. Heureusement que vous étiez là… Ce sont les voisins qui vous ont appelés ?

Marco secoua négativement la tête et expliqua qu'il était venu de sa propre initiative afin de voir Ace. Il demanda si c'était possible et Sabo jeta un regard nerveux derrière lui, sans quitter sa position, bloquant l'accès à Marco. Il essaya de rester le plus calme en parlant, mais le policier ne douta pas que s'il se montrait insistant, Sabo n'hésiterait pas à le repousser plus durement.

-Mon frère à besoin d'être seul et de se reposer. Je ne peux pas vous laisser entrer.

-Je comprends, et je ne le forcerai pas à me voir.

-Merci de votre compréhension…

Marco le salua poliment et tourna les talons, se dirigeant vers sa voiture. Si Hiroto était prêt à forcer pour voir Ace, alors il devrait se méfier de lui. Peut-être qu'il devrait organiser des patrouilles dans le quartier, au cas où il reviendrait. Il devra mettre tout cela en place en retournant au poste, ça l'occupera. Alors qu'il tendait la main vers la portière avant, il fut stoppé par une voix l'interpelant.

-Inspecteur…

Il jette un coup d'œil derrière lui, surprit d'apercevoir Ace sur le pas de la porte, à côté de Sabo. Il avait l'air fatigué, le fixant d'un regard vide. Marco rétracta son bras, se tournant complètement pour faire face au brun. Ils se regardèrent longtemps dans les yeux, avant qu'Ace ne lui fasse signe de venir, faisant volte-face pour entrer dans la maison.

-Venez, dit-il.

-Ace, proteste Sabo.

-C'est bon. On va juste parler.

Hésitant, Marco revient sur ses pas et entre dans la maison. Sabo ferma la porte derrière lui. Il aperçu Luffy qui se tenait un peu à l'écart, le fixant comme s'il se demandait s'il devait le foutre dehors ou non. Marco soutient son regard et le brun jugea que c'était bon puisqu'il se détourna de lui. Ace emmena Marco dans sa chambre, fermant la porte pour être sûr que ses frères ne les dérangent pas.

-Pourquoi vous êtes là ?

-M'assurer que vous allez bien. Je constate que ce n'est pas le cas.

-Ce n'est pas votre problème…

Marco l'ignora, observant la chambre. Elle était plutôt normale. En dehors des photos d'Ace avec ses frères, elle était plutôt impersonnelle. Ace se laissa tomber sur son lit, laissant Marco finir son inspection et attendant qu'il parle. Il avait sûrement des questions à lui poser. Ça ne manqua pas et le blond posa bientôt ses yeux sur lui, le regard sérieux et la posture professionnelle, comme s'il était à l'affut de tout danger.

-Il vous harcèle ?

-Non.

-Votre frère m'a dit qu'il vous a appelé régulièrement.

-Il veut juste qu'on parle et je refuse.

-Vous comptez les choses en l'état ?

-Vous préférez quoi ? Que j'appelle la police ? Ne vous préoccupez pas de moi, je peux gérer.

Ace avait l'air ennuyé par son insistance, mais Marco s'en moquez bien. Parce que pour lui, il était plus qu'évident que le brun ne pouvait pas gérer la situation. Il était épuisé malgré le temps passé, apparemment encore déranger pour cette histoire, et Hiroto se montrait insistant, ce qui ne pouvait décemment pas l'aider. Parce qu'il est policier et qu'il s'agit de son travail, mais aussi parce que sa conscience ne le laissera pas tranquille sinon, Marco se fit la promesse de tout faire pour arranger les choses et de protéger Ace.

-Je refuse de vous laisser, déclare-t-il.

-Ça ne vous concerne pas !

-Peu importe. Cet homme est une menace et je veux vous protéger. Vous pouvez compter sur moi.

-Je ne peux faire confiance à personne ! Je suis trahi à chaque fois…

La douleur était évidente dans la voix d'Ace lorsqu'il prononça ces mots. Marco voulait lui retirer cette douleur, mais le brun était têtu, décidé à n'accorder sa confiance à personne. C'était compréhensible après ce qu'il lui était arrivé, mais Marco aurait voulu qu'il accepte son aide. Il eut beau insister, Ace ne céda pas. Finalement, le blond se résigna et déclara qu'il le laisserait tranquille. Ace hocha simplement la tête. Marco sortit un stylo de sa poche et prit un morceau de papier qui trainait sur le bureau, notant rapidement son numéro dessus avant de le tendre à Ace.

-Je vous donne tout de même mon numéro personnel.

-Je n'en ai pas besoin.

-J'insiste. Je veux que vous m'appeliez si Hiroto tente quelque chose contre vous. Je serai plus rassuré si vous l'avez.

Ace fit la navette entre lui et le papier, puis accepta. Marco fit de son mieux pour ignorer le frisson qui l'a parcouru quand leur doigt se sont frôlés. Il remercia Ace d'avoir accepté, puis quitta la chambre en lui souhaitant un bon rétablissement. Il s'arrêta dans le salon, où Sabo et Luffy se trouvaient, avachis tous les deux sur le canapé. Leurs regards se tournèrent vers lui et il s'inclina respectueusement.

-Merci de m'avoir laissé entrer.

-Pas de problème, sourit Luffy.

-Je vous demanderai de m'appeler si jamais vous avez le moindre problème.

-Entendu, répond Sabo. Merci de votre aide.

-Ce n'est rien.

Marco quitta la petite maison. Alors qu'il s'installe au volant de sa voiture, il se rendit compte qu'il repartait d'ici sans avoir atteint son objectif principal. Son but à la base était de ne plus penser à Ace, mais finalement il devait le protéger de loin. Il allait encore plus penser à lui maintenant. Il posa son front contre le volant, gémissant. Il s'attachait beaucoup trop au gamin. Il sentait les conséquences venir vers lui, aussi grosses qu'un camion poubelle.

-Tu n'as pas le droit de tomber amoureux Marco, se réprimande-t-il mentalement en s'éloignant.


Thatch était de plus en plus inquiet. Marco était hors de son comportement habituel depuis quelques temps, ça en devenait effrayant. Il perd en concentration il regarde sans arrêt son téléphone et il semble soit en colère, soit inquiet, soit désespéré. Depuis le temps qu'il fait ce métier, Marco avait connu des situations difficiles, mais jamais il ne s'était comporté ainsi. Un mois est passé depuis qu'il est allé voir Portgas D Ace chez lui, et au lieu d'arranger les choses, cette visite les a empirés. Thatch décida de faire quelque chose et s'approcha de son meilleur ami.

-Marco, tu es sûr que ça va ?

-Oui pourquoi ?

-Tu t'es servi un café il y a une heure, mais tu ne l'as pas bu.

Le blond baissa les yeux vers sa tasse, qu'il n'a pas lâché depuis qu'il l'a rempli du liquide brûlant. Enfin, son café était froid et dégoutant maintenant. Avec un soupire lasse, il posa la tasse sur son bureau, l'éloignant de lui. Thatch s'installa sur une chaise en face du blond, lui ordonnant de lui expliquer ce qui n'allait pas. Marco savait qu'il ne pouvait rien lui cacher, alors il abdiqua.

-J'ai découvert que Hiroto essayait de contacter Ace.

-Et ?

-Il le harcèle. J'ai demandé à Ace de m'appeler s'il recommençait, mais il ne l'a pas fait.

-C'est que tout va bien alors.

Marco secoua la tête. Le problème était là, justement. Il avait reçu plusieurs appels des personnes vivant dans la même rue que les trois frères. Tous les appels avaient le même sujet : une voiture inconnue vient tous les matins se garer à proximité de la maison. La voiture ne bouge pas de la journée, repart en début de soirée et revient chaque lendemain, sans que personne ne sorte du véhicule. Marco était persuadé qu'il s'agissait d'Hiroto, mais il n'avait pas de preuve solide, ni de mobile pour arrêter qui que ce soit.

-Tu veux qu'on fasse suivre la voiture ? Je peux envoyer quelqu'un…

-Non. Je préfère m'en occuper personnellement.

-Tu es sûr ? Je préfèrerai que tu sois accompagné…

-S'il nous remarque, il pourrait nous échapper. J'agirai mieux seul.

-Si tu le dis…

-Ce que j'aimerai comprendre, c'est pourquoi il ne m'a pas appelé.

Thatch haussa les épaules. Peut-être qu'Ace ne voulait pas avoir la police près de lui à surveiller chacun de ses faits et gestes. Ce n'était pas très agréable de se retrouver dans ce genre de situation. Ou alors, il ne voulait pas mêler quelqu'un d'autre à ses problèmes. Ou alors, il trouvait Marco particulièrement collant et ennuyeux, et dans ce cas le blond est le souci. Quand il exposa ses théories, il se reçu un coup de pied dans le tibia sous le bureau.

-Aïe !

-Ne remet pas en question mon travail Thatch.

-Je n'ai pas dit que tu faisais mal ton travail ! Juste que tu étais parfois un peu chiant… Aïe !

Alors que Thatch se frottait la jambe en grimaçant, Marco se leva et enfila sa veste. Il devrait s'assurer lui-même que Hiroto n'était pas une menace immédiate pour les trois frères, et que cette voiture était bien la sienne. Il salua Thatch, lui demandant de s'occuper de quelques papiers à sa place, avant de quitter le poste de police pour grimper dans sa voiture. Thatch le regarda partir, se demandant si le si sérieux Marco venait vraiment de lui demander, pour la première fois en vingt ans de carrière, de faire un travail à sa place.

-Je ne l'ai jamais vu comme ça… Qu'est-ce qu'il lui arrive ?

Marco regarda sa montre. Ace devait être sortit du travail à cette heure. Sabo était probablement encore au bureau (il n'a jamais réussi à retenir ses horaires car elles changeaient constamment) et Luffy devait sûrement sortir du lycée. Il se félicita d'être si bien renseigné. Il s'apprêta à allumer le moteur lorsque son téléphone se mit à sonner. Il grogna de mécontentement mais il décrocha néanmoins.

-Inspecteur Marco, j'écoute.


Luffy ne put s'empêcher de pousser un cri de joie quand la sonnerie de la fin des cours retentit. Ses camarades et son professeur ne réagirent pas, trop habitués à son caractère enjoué. Il rangea précipitamment ses affaires dans son sac, quittant la salle avec ses amis sur les talons. Il avait hâte de rentrer retrouver ses frères. Alors qu'ils s'éloignaient du lycée, Nami s'approcha pour l'interroger.

-Alors, Ace va mieux ?

-Pas vraiment. Il déprime toute la journée.

-Il faut le comprendre, déclare Usopp. Il a vécu un moment difficile.

-Ce type l'appelle encore, demande Robin.

Luffy secoua la tête négativement. Ace s'était acheté un nouveau téléphone et avait demandé à changer de numéro. Hiroto n'avait plus aucun moyen de le contacter. Zoro entoura sa taille d'un bras, montrant par là qu'il restait malgré tout inquiet. Luffy lui sourit et l'embrassa sur la joue. Zoro voulu lui rendre le geste mais Sanji repoussa sa tête en arrière, l'empêchant de le faire.

-Hé, grogne Zoro.

-Calme marimo. Je veux demander un truc à Luffy.

-Ça ne pouvait pas attendre…

-Qu'est-ce qu'il y a, demande le petit brun.

Sanji sortit une cigarette de sa poche, l'allumant. Maintenant qu'ils étaient en dehors du lycée, il pouvait se le permettre. Il désigna ensuite du pouce une voiture noire garée à quelques mètres derrière eux. En l'observant, il n'y avait rien d'anormal avec cette voiture, mais tous avaient apprit à faire confiance en l'instinct de Sanji. Le blond souffla un nuage de fumée puis expliqua.

-Elle nous suit depuis qu'on est sorti.

-Tu es sûr, s'inquiète Usopp.

-Ouais. Je me suis dit que tu devais savoir pourquoi Luffy.

-Elle se gare tous les jours devant chez nous depuis un moment.

Zoro fronça les sourcils et jeta un coup d'œil à la voiture. Il se rappela le jour où il a rencontré Hiroto, devant le café où travaille Ace. Cet homme paraissait gentil, mais il avait laissé des marques sur la peau du brun, signe qu'il avait de la force et qu'il n'était pas du genre à se priver de l'utiliser. Il n'était peut-être qu'un voyeur, se postant devant la maison pour les observer tous les jours. Mais s'il se met à suivre Luffy, alors c'est qu'il a autre chose en tête. Zoro ne pouvait pas laisser quoi que ce soit arrivé à son petit-ami.

-Luffy, je pense que tu devrais prévenir la police.

-Pourquoi ?

-Ce type n'est pas net, il pourrait te faire du mal.

-Ace dit qu'il va se lasser. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter.

-S'il-te-plaît Lu, je préfère que tu préviennes la police.

Devant l'insistance de Zoro, dont la demande fut appuyée par ses amis, Luffy céda. Il sortit son téléphone et composa le numéro de Marco. Sabo lui avait demandé de l'enregistrer dans ses contacts pour être sûr de l'avoir quand il aurait besoin d'aide, surtout s'il s'agit d'une urgence. Il ne faisait pas confiance à son petit frère pour retenir un numéro, ou pour garder le papier sur lequel il est inscrit dans sa poche.

-Inspecteur Marco, j'écoute.

-C'est Luffy. Il y a une voiture louche qui me suit partout.

Marco fut surpris du franc parler du gamin. Ses amis poussèrent un soupire exaspérer. Leur Luffy ne changera jamais… Se reprenant, Marco prit un ton sérieux alors qu'il répondit au jeune lycéen.

-Je suis au courant. Je suis en route pour aller chez vous. Ne rentrez pas à la maison, je vais m'en occuper.

-D'accord.

Marco raccrocha. Zoro proposa alors à Luffy de venir chez lui pour attendre d'avoir le feu vert de la police pour rentrer. Le brun hésita, mais reconnaissant que c'était la meilleure chose à faire il finit par accepter.

-Je peux venir aussi, demande Usopp.

-T'es pas menacé toi.

-C'est pour protéger Luffy !

-Bien sûr… Je vais te croire.

-Je vous protègerai ! Nami-san ! Robin-chan !

-On n'est pas en danger Sanji-kun…

Finalement, ils se retrouvèrent tous ensemble chez Zoro.


Ace était sur le chemin pour rentrer à la maison lorsqu'il reçut un message de Luffy disant qu'il était chez Zoro. Ace sourit, content que son frère cesse de s'inquiéter et s'autorise à passer plus de temps avec ses amis et son petit-copain. Il arrive bientôt chez eux mais se stoppa dans l'allée, fronçant les sourcils. La porte d'entrée a été enfoncée, laissant le passage à quiconque voudrait entrer dans la maison.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

Son premier réflexe est de s'assurer que ses frères ne sont pas à la maison. Luffy lui a dit qu'il était chez Zoro, mais Sabo ? Il envoya un message au blond pour savoir où il était. Il reçu rapidement une réponse, son frère lui assurant qu'il était encore au travail car Dragon lui avait donné un gros dossier à gérer. Rassuré de savoir ses frères hors de danger, Ace replaça son téléphone dans sa poche, s'approchant silencieusement de la maison.

S'il s'agit d'un voleur, il ne faisait pas dans la finesse. Avec un peu de chance, il sera seul et Ace pourra le maitriser. Il hésita à appeler Marco. Le blond est policier et saura mieux gérer la situation que lui. Mais le brun pouvait-il vraiment se permettre d'attendre qu'il vienne ? Si ça se trouve, le voleur n'est même plus à l'intérieur. Il devrait vérifier avant… Résigné, Ace enjamba la porte d'entrée, regardant autour de lui. Il n'y avait personne à proximité, alors il s'enfonça davantage dans la maison, arrivant dans le salon.

-Il s'est déjà enfui, pense-t-il.

Alors qu'il allait revenir sur ses pas dans l'intention de remettre la porte en place, il sentit une présence dans son dos. Il voulut bouger, mais la personne fut plus rapide, lui attrapant les poignets d'une seule main, les tirant vers le bas. Un torse se plaqua contre son dos et l'autre main de l'homme vient saisir son menton, le forçant à l'immobilité. Il se reprocha mentalement de s'être fait avoir, alors que l'homme souffle dans son oreille.

-Je ne te veux aucun mal, Ace.

-Hi… Hiroto…

-On va parler et ensuite je te relâcherai. D'accord ?

Ace s'efforça de rester calme. Il devait réfléchir posément et attendre qu'une occasion de s'enfuir se présente. Ensuite, il pourra appeler Marco. Il regretta de s'être montré trop impulsif avant et de ne pas avoir contacté le blond plus tôt. Maintenant que c'est fait, il ne peut qu'essayer de s'en sortir rapidement. Voyant qu'Ace ne proteste pas, Hiroto fut soulagé et commença à parler.

-Je veux vraiment que tu me donnes une deuxième chance.

-Pourquoi je ferais ça ?

-Je suis prêt à divorcer pour être avec toi Ace. J'ai préparé les papiers. Je veux juste être sûr que tu resteras avec moi ensuite.

-Comment je peux être sûr que tu ne me trahiras pas à nouveau ?!

Ace tira sur ses mains pour se libérer, mais la prise d'Hiroto se resserra. Son autre main lâcha son menton, descendant lentement le long de ses bras avant d'entourer sa taille. Cette proximité le rendait malade. Il ne voulait pas être si proche de celui qui l'a utilisé sans remords. Et il devrait retourner dans ses bras ?! Comment être sûr que ses sentiments sont sincères, alors qu'il a menti si souvent, à tant de personne avant lui ?!

-Je sais que c'est difficile pour toi, mais réfléchit au moins…

-Il n'y a même pas à réfléchir. Je ne te le pardonnerai jamais !

-Ace…

-Je n'étais qu'un jouet pour toi ! Un passe-temps parce que tu t'ennuyais ! En quoi les choses seront-elles différentes ?!

Hiroto se pencha, voulant l'embrasser sur la joue, mais Ace s'éloigna autant que leur position enlacée le lui permit, refusant une telle marque d'affection. Ça ne lui ferait que plus mal. Il voulait qu'il le lâche, qu'il le laisse tranquille et abandonne cette idée ridicule de faire sa vie avec lui. La prise de ses mains sur son corps se resserra, le faisant grimacer. Les prochains mots d'Hiroto furent prononcés avec un ton dur et froid.

-Tu refuses d'être avec moi, malgré tout ce que je te promets.

-Je ne peux plus te faire confiance ! Tu as trompé ta femme plusieurs fois ! Pourquoi tu ne ferais pas la même chose avec moi ?!

-Parce que je t'aime !

-Je ne te crois pas.

-Tu m'as remplacé, c'est ça… Tu vois quelqu'un d'autre, avoue-le !

Il s'écarte un peu d'Ace et le brun saisit sa chance. Il lui donna un coup de coude dans le ventre, et fut libéré de son emprise. Il se précipita vers la sortie, sortant son téléphone pour appeler Marco. Mais Hiroto lui donna un coup de pied qui le fit tomber. Son portable lui échappa. Ace tendit la main pour l'attraper, mais Hiroto lui prit les poignets, le plaquant au sol.

-On n'a pas fini de parler !

-Lâche-moi !

Hiroto attrapa le portable du brun, regardant le numéro affiché. Ses yeux se plissèrent de colère en reconnaissant le nom. Il jeta le téléphone plus loin, hors de porter d'Ace. Le brun tressaillit lorsqu'Hiroto se pencha, rapprochant sa bouche de son oreille, parlant d'une voix pleine de mépris et de rage.

-Avec le policier, alors.

-Ce n'est pas ce que tu crois !

-Tu oses douter de mes sentiments, alors que tu m'as oublié si vite.

-Il n'a rien à voir avec ça !

-Je devrais te rappeler à qui tu appartiens.

Ace sentit un frisson de dégoût le traverser quand une main froide passa sous ses vêtements, lui caressant le torse. Il se débattit de plus belle, mais Hiroto s'appuyait de tout son poids sur lui pour l'empêcher de bouger. Il était complètement bloqué. Il sentit la main descendre vers son ventre, puis plus bas. Il écarquilla les yeux, comprenant ce qu'il avait l'intention de lui faire. Les larmes lui montèrent aux yeux.

-Non ! Arrête ! Pas ça, s'il-te-plaît !

-Tiens-toi tranquille, se sera moins douloureux pour toi.

-Ne fait pas ça ! Je t'en prie, ne me fait pas ça ! Arrête !

La main se glissa dans son pantalon et il ferma les yeux. Il se mit à trembler, continuant à crier et supplier Hiroto pour qu'il s'arrête. Puis, il y eut un bruit et le poids sur lui disparut. Ace n'osa pas bouger, même s'il se sentait soulagé de la disparition des mains sur lui. Il risqua un coup d'œil et il fut surprit de voir Marco à genoux à côté de lui, le regard braqué sur quelque chose derrière lui, son arme dans la main.

-Marco…

-Je te déconseille de t'approcher de lui à nouveau.

Le blond parlait d'un ton menaçant. Il était complètement différent de d'habitude. Ace ne l'avait pas vu beaucoup, mais le blond lui été apparu comme quelqu'un de calme et réfléchit, qui ne s'énervait pas même si les choses n'allaient pas comme il le voulait. L'homme qui est près de lui était complètement différent, en position pour attaquer comme un soldat guidé par la haine. Ace vit Hiroto allongé quelques mètres derrière lui, une main ensanglantée qui tenait son nez. Il jetait un regard noir à Marco, mais il devait savoir qu'il n'avait aucune chance. Ace essaya de se relever, mais son bras lui faisait mal et il retomba. Marco s'empressa de le rattraper, la colère dans son regard faisait place à l'inquiétude.

-Ace, ça va ?!

-Ouais… A peu près…

Hiroto en profita pour se lever, courant dehors en passant par la fenêtre. Marco se redressa, près à lui courir après, mais il était sûrement trop tard. Il ne pourra pas le rattraper. Et il ne voulait pas laisser Ace seul. Il préféra s'occuper d'abord du brun, et chercher Hiroto ensuite. Il prit le jeune homme dans ses bras, le soulevant facilement avec une main sous ses genoux et l'autre dans son dos.

-Désolé, souffle-t-il. J'aurais dû venir ici plus tôt.

-Je… Je suis content que tu sois venu…

-Je n'aurais pas dû te laisser seul en premier lieu. Je ne referai pas cette erreur.

Lentement, pour ne pas secouer le brun, il sortit de la maison pour aller jusqu'à sa voiture. Il ne voulait pas laisser Ace seul dans cette maison tant qu'Hiroto court encore. Le brun pourra passer la nuit chez lui. Ils s'arrangeront ensuite avec ses frères pour que le brun ne soit plus seul. Il fera aussi sécuriser la maison. Marco secoua la tête. Il devait se concentrer sur l'instant présent. Le reste pourra attendre.

-Il t'a blessé, demande-t-il.

Ace secoua négativement la tête.

-Tu es sûr ? Je peux t'emmener à l'hôpital si…

-Non ! Pas l'hôpital ! Mon père travaille là-bas et…

Ace se tut, cachant son visage contre le torse de Marco. Le blond s'immobilisa, regardant le brun qui tremblait dans ses bras. Puisqu'il n'est pas blessé, il n'allait pas insister s'il ne voulait pas. Il le posa sur le sol le temps d'ouvrir la portière et Ace se laissa tomber sur le siège, la tête baissée, ses cheveux empêchant Marco de voir l'expression qu'il arborait. Le blond se dépêcha de se mettre au volant, vérifiant qu'Hiroto n'était vraiment plus dans les parages puis il mit en route le moteur.

-On va chez moi, déclare-t-il. C'est bon pour toi ?

-Ouais… Désolé du dérangement.

-Il n'y a pas de mal. Je préfère te savoir en sécurité avec moi.

Il lui fallu quelques secondes pour comprendre le double sens de sa phrase et il rougit. Ace ne fit cependant aucune remarque, soit parce qu'il ne l'a pas écouté, soit parce qu'il n'y accorde pas d'importance. Le blond envoya un message aux frères d'Ace pour leur dire qu'il emmenait Ace chez lui, leur donnant son adresse et leur promettant de tout leur expliquer plus tard. Heureusement, il n'habitait pas très loin de chez eux.

-Pourquoi es-tu venu, demande soudain Ace.

-On m'a prévenu qu'une voiture venait devant chez moi tous les jours. Luffy m'a aussi appelé car quelqu'un le suivait partout.

-J'aurai dû te prévenir…

-Je ne te ferai pas de reproches. Mais j'aimerai que tu m'appelles vraiment si jamais cela vient à se reproduire.

Ace serra les poings sur ses genoux, l'air coupable. Sans quitter la route des yeux, Marco tendit le bras et recouvrit ses mains de la sienne, dans un geste réconfortant. Il pensait qu'Ace le repousserait, ou se dégagerait, mais le brun ne bougea pas. Ils arrivèrent bientôt chez le blond et ils sortirent tous les deux de la voiture. Marco prit la main d'Ace dans la sienne, le guidant doucement à l'intérieur. Le brun se laissa faire docilement, et ils se rendirent dans une chambre. Marco l'attira vers le lit, le forçant à s'y allonger.

-Repose-toi, d'accord.

-Et toi ?

-Je reste près de toi, promit. Je ne te quitterai pas.

Ace sentit ses paupières devenir lourdes, mais il voulu lutter contre le sommeil. Marco n'avait pas lâché sa main, serrant cette dernière. Le blond ne fit rien d'autre que lui répéter plusieurs fois, en murmurant, qu'il devait dormir. Ace ne put bientôt plus rien faire, et il ferma les yeux, sombrant dans l'inconscience.


Quand Ace rouvrit les yeux, ses frères étaient autour de lui. D'un coup d'œil il comprit qu'il était encore dans la chambre de Marco. Il se redressa en position assise, se frottant les yeux. Luffy lui sauta presque immédiatement dessus, le serrant dans une étreinte étouffante. Sabo le fixait avec inquiétude et Ace su que Marco leur avait raconté ce qu'il s'était passé. Il baissa la tête.

-Comment tu te sens, demande Sabo.

-Misérable…

-Je n'aurais pas dû te laisser seul…

-Ça va. Tu ne pouvais pas savoir. Je ne peux pas passer ma vie à être surveillé.

Il leur offrit un sourire, mais il était faux. Luffy se décolla de lui, le fixant comme s'il essayait de lire en lui, de comprendre ce qu'il ne disait pas. Il pouvait se montrer plus perspicace qu'on ne le croit parfois. Sabo voulut relancer la conversation pour briser le silence gênant.

-Grand-père a paniqué quand il a su ce qu'il t'était arrivé.

-Tu lui a dit ?!

-Il était à côté de moi quand Marco m'a appelé. Il a crié qu'il allait tuer Hiroto et il a renversé tout ce qui se trouvait sur son chemin.

-Même papa, ajoute Luffy.

-Je l'ai convaincu de se calmer. Il a ordonné à Marco de retrouver Hiroto.

Ace sourit légèrement, puis tourna son regard sur la fenêtre. Hiroto avait réussi à s'enfuir à cause de lui, parce qu'il a foncé tête baissée dans le piège sans réfléchir, au lieu d'appeler Marco pour qu'il vienne. Si le blond n'avait pas eu à s'inquiéter pour lui, ils n'en seraient pas là maintenant. Il voulait rentrer chez lui, car rester ici n'allait qu'embêter encore plus Marco. Du moment qu'il n'est pas seul, ça allait. Il voulut demander à ses frères pour rentrer, et il remarqua qu'ils fuyaient tout les deux son regard. Il fronça les sourcils.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Rien, s'exclame Sabo.

-Tu me caches quelque chose.

-Non ! Bien sûr que non ! Pourquoi te mentirais-je ?

Ace se tourna vers Luffy. Le plus jeune était incapable de mentir et il finissait toujours par tout avouer. Luffy refusa pourtant de le regarder, sifflant maladroitement, signe qu'il cache quelque chose. Ace plisse les yeux, plaquant ses mains sur les joues de son petit frère pour le forcer à le regarder.

-Luffy, dit-moi ce qu'il se passe !

-Ri… Rien !

-Je dis à Zoro que tu suçais encore ton pouce à douze ans ?

-Marco veut rester vivre avec nous !

Ace relâcha son frère, qui s'étala sur le lit en gémissant. Il fit volte-face, dévisageant Sabo en exigeant des explications. Le blond fixait Luffy comme s'il l'avait trahi. Il ne pouvait pas lui en vouloir, il aurait dû savoir qu'il ne pouvait pas compter sur lui pour ne rien dire. Mais il aurait voulu qu'il se retienne au moins cette fois, qu'il ait le temps de préparer Ace à ce qu'il allait apprendre ensuite. Tant pis, il allait essayer de convaincre son frère autrement.

-Hiroto est introuvable, explique-t-il. Il pourrait s'en prendre à toi n'importe quand.

-Quel est le rapport avec Marco ?

-Il a proposé de vivre chez nous et de t'accompagner où que tu ailles pour te protéger. Juste le temps que la police retrouve Hiroto et ne l'arrête.

-Je refuse ! Je ne veux pas qu'il…

-J'ai déjà accepter.

-Sans m'en parler ?!

-Ta sécurité passe avant ton consensus.

Ace serra les poings, énervé et vexé que Sabo n'ait pas prit la peine de lui demander son avis avant de prendre une décision. Derrière lui, Luffy essaie de comprendre ce que veut dire « consensus ». Sabo s'attendait à ce que son frère n'accepte pas facilement l'arriver de Marco chez eux dans le seul but de le protéger. Il ne voulait pas que quiconque veille sur lui, et encore moins qu'un policier le suive partout. Dire oui sans lui en parler n'était pas sympa de sa part, mais il sait que jamais le brun n'aurait été d'accord.

-Je suis désolé de ne pas t'en avoir parler, mais je sais que tu aurais refusé.

-Évidemment ! Je ne veux pas de son aide !

-Pourquoi ?! Doute-tu encore de lui ?!

Ace baissa la tête. Pouvait-il même expliquer la raison à ses frères ? Pouvait-il leur répéter ces mots qui refusent de quitter son esprit ? « Tu vois quelqu'un d'autre, avoue-le ! Avec le policier, alors. Je devrais te rappeler à qui tu appartiens. ». Hiroto était persuadé qu'il était avec Marco. Et si le blond était blessé à cause de lui ? Après tout ce qu'il a fait pour lui, il n'avait pas le droit de le mettre en danger comme ça.

-Je ne veux pas de lui près de moi !

-C'est pour ta sécurité…

-Je m'en fou ! Il ne doit pas rester près de moi !

-Ace, intervient Luffy. Il t'a sauvé la vie. Il est fort et digne de confiance. Crois en lui !

Les deux bruns se dévisagèrent, mais cette fois-ci Ace du s'incliner. Luffy avait raison de dire que Marco était fort, mais ça ne le rendait pas invulnérable. Cependant, Marco était déterminé à le protéger, Sabo a déjà accepter et même s'il refuse ça n'empêchera pas le blond de le suivre partout. Alors il céda.

-Entendu. Puisque vous insistez…

-Merci Ace, soupir de soulagement Sabo.

-Mais une fois cette histoire finie, je ne veux plus le revoir !


Marco entendit la jeune femme arriver avant de la voir. Seiko entra dans au commissariat en hurlant son prénom, et s'il avait envisagé de faire semblant d'être absent pour ne pas la voir, toutes les têtes se sont tournées vers lui, indiquant à la jeune femme où il se trouvait. Il devait partir chez les trois frères et n'avait que moyennement envie d'être retardée par une furie. Il envisagea de la confier à Thatch, et ce dernier avait eu la même idée, mais quand il s'approcha Seiko l'envoya bouler, précisant qu'elle voulait parler à Marco uniquement.

Pourquoi a-t-il si peu de chance ?

-Je suis assez débordé madame Satoshi, avoue-t-il.

-Ce n'est pas mon problème, réplique-t-elle. J'ai un besoin urgent de vous parler !

-N'importe qui aurait fait l'affaire, grogne Thatch.

-Je ne veux point m'adresser à un rustre comme vous !

Se sentait-elle encore vexé par la remarque de la dernière fois ? Probablement. N'ayant pas trop le choix, Marco la guida le plus gentiment possible vers son bureau. Il pouvait deviner la raison de sa visite, son mari ayant disparu. Il prit place à son bureau alors qu'elle s'asseyait sur une chaise en face. Elle ouvrit la bouche, sûrement pour se plaindre du confort de la chaise, mais se ravisa.

-Quel est le problème, demande Marco.

-Je pensais que vous l'auriez deviné.

-Je ne suis pas devin madame. Pour votre mari, nous faisons notre possible pour…

-Il reviendra quand il en aura marre. Je ne m'inquiète pas pour ça. Je suis là à cause du gamin !

Marco fut plutôt surpris. Ace aurait-il fait quelque chose ? Non, il ne serait pas aller dans cette maison qui lui rappelle tant de mauvais souvenir… De plus, il n'a rien à y gagner en s'en prenant à Seiko. Alors qu'a-t-elle à lui reprocher ? Elle avait l'air vraiment en colère.

-Qu'est-ce qui ne va pas avec Ace ?

-Je veux changer ma déposition ! Je veux porter plainte !

Bon, Marco s'attendait à tout sauf à ça. Il sentait déjà la migraine venir. Se frottant les tempes, il essaya de parler le plus calmement possible, expliquant à la femme avec des mots simples que ce n'était en fait pas réalisable.

-Vous ne pouvez pas porter plainte.

-Pourquoi ?!

-Vous avez déjà dit que vous ne le ferez pas. Vous ne pouvez pas revenir dessus, parce que vous n'avez plus d'accusation.

-Il m'a volé mon mari !

-Aux yeux de la loi, ça ne vaut rien madame. D'autant plus que vous le saviez, et qu'ils ne sont pas ensemble aujourd'hui.

Furieuse, Seiko sortit de son sac les papiers de divorce, affirmant qu'il s'agissait là d'une preuve suffisante. Le blond s'étonna qu'elle fût si crédule. Il faut croire que l'argent avait un impact vraiment néfaste sur elle. Elle hurla que c'était son travail d'œuvrer pour la justice, et que ce tord devait être réparé. Si quelqu'un ici devait se plaindre d'une injustice, c'était Ace, mais Marco eut l'intelligence de garder cette remarque pour lui.

-Je ne fais pas de miracle madame. Je suis désolé, mais c'est trop tard.

-Allez-vous le laisser impuni ?!

-Insister ne changera rien. Si vous voulez porter plainte, revenez avec un vrai mobile, et des preuves.

Seiko le regarda avec une rage sourde dans le regard. Au vu de sa posture, Marco devina qu'elle voulait le gifler, mais elle ne le fit pas et quitta son bureau précipitamment, sous les regards de tous les policiers. Thatch passa sa tête dans le bureau, interrogeant son meilleur ami du regard sur ce qu'il venait de se passer.

-Je n'ai pas la force de t'expliquer, soupire Marco.

-Elle avait l'air vraiment en colère…

-Comme chaque riche qui n'a pas ce qu'il veut.

Il ne parlait pas que de Seiko en disant cela… Les images de la veille étaient encore bien présentes dans son esprit. La panique qu'il a ressentit en arrivant, en apercevant la porte enfoncée et en distinguant les cris d'Ace. La fureur et l'inquiétude quand il est entré pour voir le brun au sol, sur le point d'être violé, de voir l'état dans lequel cet acte l'a laissé. Hiroto était un homme égoïste, mais Marco n'allait pas le laisser continuer ses caprices. Il se leva, attrapant sa veste.

-Je suis en mission pendant un certain temps, dit-il à Thatch.

-En mission ?

-Je t'expliquerai plus tard. J'ai déjà trop traîné.

Il quitta à son tour le poste de police, et ses collègues se regardèrent entre eux. D'abord madame Satoshi qui part comme une furie, puis leur chef qui disparait sans donner d'explications. Resté dans le bureau, Thatch cligne des yeux plusieurs fois, l'information ayant du mal à atteindre son cerveau. Il avait l'air vraiment pressé… Il regarda la porte, murmurant pour lui-même.

-Il ne serait pas… Tomber amoureux ?


Une routine s'est installée et a duré un mois. Chaque fois qu'Ace se rendait quelque part, Marco venait avec lui. Au travail, en expliquant la situation au patron du café, Marco a obtenu le droit de rester pour surveiller le brun. Il lui arrivait aussi de donner un coup de main en remerciements. Parfois, Ace était clairement agacé par le fait d'être suivit où qu'il aille, mais il ne dit jamais rien. Il avait conscience que c'était pour sa sécurité. Mais Hiroto n'a rien tenté en un mois, et il avait vraiment l'impression que c'était devenu inutile.

Mais tant qu'il n'a pas été retrouvé, Marco a refusé de le lâcher. Peu importe combien Ace a insisté, même s'il lui a parfois crié dessus, le blond ne s'est jamais énervé et ne l'a jamais quitté. Sabo et Luffy s'inquiétait de le voir perdre ses moyens, et ils eurent raison, bien qu'ils ne le virent pas arriver. C'était un soir comme les autres, et Ace était resté particulièrement silencieux toute la journée, jusqu'à ce qu'il fasse la remarque.

-Tu ne penses pas que ça a assez duré ?

-Non, répond Marco, sans même demander de quoi il parlait.

-Tu n'as plus besoin de rester avec moi maintenant ! Il a abandonné !

-On ne peut pas en être sûr.

-Je suis capable de me défendre.

-Excuse-moi de dire ça, mais je ne pense pas comme toi.

Ace lui jeta un regard mauvais, mais le blond l'ignora. Ils avaient eu cette discussion si souvent récemment, mais s'il n'a pas lâché l'affaite jusque-là, il ne commencera pas maintenant. Luffy observait la scène sans comprendre, et Sabo poussa un soupire exaspéré. Ils étaient aussi têtus l'un que l'autre, ça en devenait agaçant.

-Tout ce que tu y gagneras à rester, ce sont des problèmes, insiste Ace.

-Mon travail est de veiller sur toi.

-Je te demande d'arrêter ! Je ne mérite pas d'être protégé !

-Ace, intervient Sabo. Je te déconseille de continuer.

Il savait où cela mener. Il avait entendu ces mots si souvent dans leur enfance, avant qu'Ace n'accepte son amour et celui de Luffy. Il avait toujours détesté entendre son frère dire cela. Ils s'étaient si souvent disputés à ce sujet tous les deux, et il pensait que le brun cesserait d'en parler. Il s'était trompé. Ace l'ignora et parla d'une voix dure, les poings serrés et le regard braqué sur Marco, agacé par son calme à tout épreuve.

-Je suis un poids pour tout le monde. Tu ferais mieux de m'abandonner, comme l'ont fait les autres !

-Ace, proteste Sabo.

Mais avant qu'il ne puisse en dire plus, Luffy claqua sa main sur la table, les yeux plein de colère, braqués sur son frère. Sabo le fixe, surprit de sa réaction. Marco et Ace cessent leur bataille de regard pour se tourner vers le plus jeune. Luffy prit un ton autoritaire lorsqu'il s'adressa à son frère.

-Ce n'est pas vrai. Arrête de penser comme ça. Tu n'es un poids pour personne, on te l'a déjà dit.

La tension dans la pièce devient palpable. Sabo voulait intervenir, mais il était comme figé, incapable de parler. Luffy avait la main tremblante d'une rage contenue. Il ne voulait pas se battre contre Ace. Ce fut finalement Marco qui brisa le silence, faisant preuve de calme malgré ce qu'il vient de se passer.

-Les problèmes dans lesquels je me jette ne regardent que moi.

-Toi, peste Ace.

-Tu serais surprit de savoir qu'aucun de mes hommes n'est plus obstiné que moi. Tu ne te débarrasseras pas de moi.

-Espèce de…

Ace fut pourtant coupé dans sa phrase par une sensation qu'il connaissait bien. Il devient soudain très pâle, plaquant une main sur sa bouche. Il courut ensuite dans la salle-de-bain, se jetant à genoux devant les toilettes pour vomir. Sa gorge le brûlait d'avoir crié, et les nausées n'arrangent rien. Il entendit des pas mais il ne se retourne pas, pensant qu'il s'agissait de Sabo. Il resta les mains crispées, la respiration haletante et la vision brouillée par les larmes de longues minutes. Puis ça se calma et il put se reculer, s'essuyant la bouche.

-Depuis combien de temps tu vomis comme ça, demande Marco.

Ace sursauta, relevant la tête pour voir le blond dans l'embrasure de la porte, le fixant. Jusqu'à présent, les nausées d'Ace étaient assez peu fréquentes, et il a toujours réussi à le cacher à Marco. Mais là, avec leur dispute, il a été pris au dépourvu. Détournant le regard, Ace demanda d'un ton moqueur.

-Tu me suis même aux toilettes maintenant ?

-Répond.

-Je ne sais pas. Un peu plus de deux mois peut-être…

-Et tu n'as rien fait ?!

-Ça va passer. Je ne suis pas malade.

Marco serra les poings, mais ne dit rien de plus et retourna dans le salon, où les deux autres frères attendaient. Il avait sous-estimé la situation, parce que malgré ce qu'il s'est passé la première fois qu'Ace lui ait caché des choses, le brun ne lui a rien dit à nouveau. Sabo et Luffy le dévisagèrent lorsqu'il revient.

-Ce n'est pas normal qu'il vomisse comme ça depuis si longtemps. On doit l'emmener à l'hôpital.

-Ace ne veut pas y aller, explique Luffy.

-Ce n'est pas à lui de décider.

Il se tourna vers Sabo dans l'espoir d'obtenir son aide pour forcer Ace à aller voir un médecin. Le blond avait l'air hésitant. Marco ignore la relation compliquée qui lie Ace à son père. Sabo le sait et c'est ce qui le bloque. Son frère n'a pas besoin de devoir faire face à Roger alors que la situation est déjà bien compliquée.

-Sabo, insiste Marco.

-Il n'a pas d'autres symptômes. Il est juste stressé…

-Je ne sais pas ce qui le bloque, mais sa santé est la priorité ! Tu aurais déjà dû réagir avant !

-Je fais ce que je peux ! Mais je ne voulais pas aggraver les choses !

-Si on ne fait rien, il pourrait être en danger !

-Tu…

-Sabo ! Luffy !

Les deux blonds cessèrent leur dispute lorsqu'Ace arriva, complètement paniqué. Il était torse nu, mais il tenait encore son tee-shirt dans sa main. Ils ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait. Luffy observa son frère de la tête aux pieds, et écarquilla les yeux brusquement, la bouche ouverte sous la surprise. Sabo fit un pas en avant, parlant d'une voix douce mais néanmoins inquiète.

-Qu'est-ce qu'il y a Ace.

-Je… Je ne suis pas malade…

Ses yeux se remplirent de larmes, et il posa une main sur son ventre. Les deux blonds suivirent son mouvement des yeux et c'est là qu'ils le remarquèrent. Une légère rondeur difficilement perceptible mais bien présente. Une rondeur anormale, caractéristique, que Marco reconnut immédiatement. Il se figea, incapable de croire ce qu'il avait en face des yeux. Une telle chose ne pouvait normalement pas se produite.

-C'est impossible, murmure-t-il.

-Ace, souffle Sabo. Tu es… Tu es enceinte…

Le brun hocha la tête, incapable de parler à cause de sa gorge nouée par les larmes. Luffy fut le premier à bouger, attrapant les clés de la voiture pour les jeter à Sabo. Le blond les attrapa par réflexe, mais il les fixa sans comprendre, encore perdu. Luffy s'approcha d'Ace, lui prenant les mains en lui murmurant que tout allait bien se passer. Il l'aida à se rhabiller, le tenant ensuite contre lui en le rassurant. Voyant que Sabo n'avait toujours pas bougé, il s'écria.

-Sabo, reprend-toi ! Cette fois on ne se pose pas la question, on l'emmène !

-Ah… Oui, je… Je me dépêche !

Le blond quitta la pièce en courant. Marco observait la scène, impuissant. Qu'est-il en train de se passer ? Comment est-ce même possible ? Pourquoi agissent-ils comme si c'était normal ? Comme si Ace pouvait… Il secoua la tête pour se reprendre, se précipitant vers les deux frères. Ace était dans un état pire que lui. Il n'avait pas le temps de se poser des questions. Il devait l'aider. Marco prit un bras d'Ace, le passant autour de son cou alors qu'il tenait le brun par la taille.

-Je te tiens, affirme-t-il. Je ne te lâche pas.

Luffy se précipita dehors pour ouvrir la portière de la voiture. Marco aida Ace à s'installer, grimpant à l'avant avec Sabo. Durant tout le trajet jusqu'à l'hôpital, Luffy parlait avec Ace, l'aidant à se calmer. Le brun finit par se détendre, même s'il appréhendait cette visite à l'hôpital. Il avait encore espoir de s'être trompé, mais la réaction de Sabo et Marco ne laissaient pas de place au doute.

La situation ne pouvait pas être pire.


Après l'examen d'Ace, Luffy était au téléphone avec Dragon, et Sabo discutaient avec le médecin. Marco décida donc d'aller voir le brun en premier. Il entra dans la chambre silencieusement, prenant tout de même soin de signaler sa présence à Ace. Ce dernier ne se retourna pas pour le regarder, comme s'il voulait ignorer sa présence. Surement aurait-il aimé que Marco ne soit pas au courant de ça. Le blond s'approcha, s'arrêtant à un mètre du lit dans lequel Ace est allongé.

-Tu te sens bien, demande-t-il.

-Comme si je pouvais…

-Ouais… Question stupide.

Il voulait juste lui prendre la main, lui promettre que tout irait mieux, qu'il ne devait pas avoir peur. Mais ça lui paraissait inutile, faux. Comment Ace pourrait être rassuré dans cette situation ? Alors qu'il porte un bébé ? Inutile de se demander qui est le père… Ça ne pouvait lui faire que plus mal. Marco s'en voulait de devoir demander, mais il posa tout de même la question.

-Tu n'as pas eu l'air surprit. Tu savais que c'était possible.

Le brun lui fit enfin face, les yeux rouges parce qu'il a pleuré. Il prenait sur lui pour ne pas montrer qu'il était désespéré, mais ça ne marchait pas avec Marco. Il voulait que le blond parte, l'oubli, le laisse tranquille. Mais en même temps, il ne voulait pas être seul, et la présence du blond l'a toujours rassuré, peu importe combien de fois il a affirmé le contraire. Il ne pouvait s'attacher, mais c'était plus fort que lui.

-C'est… Une mutation génétique de naissance. Je peux enfanter, avec un taux de réussite plus faible que pour une femme.

-Et tu le lui as dit ? Hiroto est au courant ?

-Non.

-Que… Pourquoi ?!

Ace ne répondit pas, parce qu'il n'avait pas envie d'expliquer. Il n'a jamais accepté son état. Les hommes ne peuvent porter d'enfant, mais lui le peut. Il n'est pas normal. Il est horrible, un monstre, une erreur qui ne devrait pas exister. Il savait que si quelqu'un apprenait son secret, il serait rejeté. Il aimait Hiroto sincèrement, plus que tout, et il ne pouvait supporter d'être insulté et abandonné par lui alors il n'a rien dit. Il a été trahi d'une toute autre manière.

-Ace, insiste Marco. Pourquoi tu ne lui as pas dit ?!

-Ça ne te regarde pas.

-Tu savais que ça pouvait arriver ! Tu aurais dû en parler avec lui. Vous auriez dû vous protéger.

-Tais-toi ! Tu ne sais pas ce que je ressens ! Tu ne sais rien ! Ne parle pas comme si tu me connaissais !

Il serrait les poings de colère. Il s'en voulait assez de sa négligence, pas besoin d'en rajouter.

-J'avais peur, d'accord ! Je ne voulais pas qu'il m'abandonne à cause de ça !

-Tu préfères la situation telle qu'elle est ?!

-Tu crois que j'ai voulu ça !

D'un bond, Ace fut debout. Les deux mains sur le torse de Marco, il essayait de pousser le blond à sortir. Il ne voulait plus le voir, ni lui ni personne. Comme il ne bougeait pas, il essaya de le frapper, donnant de pathétiques coup de poing sans grande conviction. Marco se laissa faire sans rien dire, comprenant la frustration et la colère du brun. Il aperçut des larmes sur les joues d'Ace alors qu'il parlait.

-Je ne veux pas de cet enfant ! Je n'en veux pas ! Ça me fait peur !

-Ace…

-Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas…

Rapidement, Marco attrapa ses poignets. Ace eut un mouvement de recul, mais avant qu'il n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, il fut tiré contre le torse du blond. Ses bras s'enroulèrent autour de lui, plus protecteur que possessif. Il aurait dû le repousser, mais l'idée ne lui a même pas traversé l'esprit. Au lieu de cela, Ace s'est blotti contre lui pour pleurer. Marco glissa ses doigts dans les cheveux bruns, les caressant doucement.

-Désolé… Je n'aurais pas dû te faire de reproches…

-Je… Je… J'ai peur…

-Je sais, je sais. Pardonne-moi. Je vais t'aider, d'accord ! On va t'aider. Tu n'es pas tout seul.

Ils restèrent enlacés de longues minutes. Marco attendit patiemment que les pleurs d'Ace se calment, sans cesser les caresses dans ses cheveux. Il ne relâcha pas un seul instant son emprise sur le lui, le tenant contre lui comme pour lui dire « je te tiens et je ne te lâcherai pas », pour lui prouver son soutien. Le brun se sentait bien dans cette étreinte, mais il ne pouvait pas rester dans les bras de Marco pour toujours.

-C'est bon, murmure-t-il. Ça va maintenant…

-Combien ?

Ace leva les yeux, pour voir l'expression de Marco. Il ne le regardait pas, fixant un point invisible au loin. Il n'avait pas besoin de lui demander de quoi il voulait parler. Il posa distraitement sa main sur son ventre.

-Un peu plus de trois mois.

-Trop tard pour avorter, pense Marco.

Il resserra inconsciemment son étreinte, mais Ace ne dit rien. Le blond devait réfléchir, trouver une solution. Il en avait une, mais est-ce qu'il osera le proposer à Ace ? Il allait sûrement dire non… Mais il ne pouvait s'empêcher d'y penser, de le vouloir. Il choisit d'être honnête avec le brun.

-J'ai une proposition.

-Laquelle ?

-Je vais m'occuper de cet enfant avec toi.

Ace se recula brusquement de lui, le regardant comme s'il était fou. Il ouvrit la bouche pour lui crier dessus, mais Marco avait l'air si sérieux qu'il ne put rien dire. Il ne comprenait pourtant pas pourquoi le blond avait proposé ça. Pourquoi il voulait s'occuper d'un enfant avec quelqu'un qu'il ne connait que depuis peu. Il secoua vivement la tête.

-Non ! Non je ne peux pas accepter ! Pourquoi tu…

Il fut stoppé dans sa phrase par des lèvres sur les siennes. Marco était en train de l'embrasser, les bras autour de sa taille. C'était un baiser chaste, rapide mais Ace pouvait le sentir. Les sentiments de Marco étaient devenus clairs à ses yeux. Le blond se recula, caressant sa joue du bout des doigts. Cette décision n'était pas prise sur un coup de tête, parce qu'il se sentait obligé. Il le voulait vraiment. Il le sait lui il pourra offrir à Ace l'amour qu'il mérite vraiment, et pas un semblant de relation comme lui a donné Hiroto.

-Je suis prêt pour ça, affirme-t-il. Ne pense pas que tu deviendras un poids pour moi.

-Marco, je ne peux pas. Je ne peux pas donner ma confiance et mon cœur à quelqu'un à nouveau.

Il pensait que le blond serait triste que ses sentiments ne lui soient pas rendu. Il pensait même qu'il allait se mettre en colère contre lui, comme l'a fait Hiroto. Mais Marco ne fit ni l'un ni l'autre. Il se contenta de sourire, sincère.

-Ça n'a pas d'importance. Je ne te le demande pas.


-Moi qui pensait que le stress te couperait l'appétit, ricane Zoro.

Il était assis à la table de la cuisine avec Luffy, lequel s'empiffre d'un copieux petit-déjeuner. La veille au soir, en revenant de l'hôpital, le brun avait appelé son petit-ami, lui demandant s'il pouvait venir à la maison car il avait besoin de compagnie. Zoro avait accouru et Luffy lui a expliqué la situation d'Ace. Ce dernier est resté à l'hôpital pour des tests supplémentaires et ses deux frères se sont inquiétés à son sujet toute la nuit.

-Au contraire, répond Luffy, la bouche pleine. J'ai encore plus faim !

-Comment ça se fait que tu ne grossis pas ?

-Papi dit que je dépense tout en énergie.

-Ouais, ça doit être ça…

Sabo entra alors, l'air très fatigué. Il a à peine fermé les yeux et a dû dormir au total trois heures cette nuit. Il se servit un café en saluant d'un ton morne Luffy et Zoro, lesquels lui rendirent son bonjour. Luffy lui proposa un morceau de son déjeuner, mais le blond refusa. Il se sentait trop barbouillé pour manger. L'inquiétude ne lui réussi pas… Il n'osait même pas imaginer l'état d'Ace en ce moment.

-Je vais retourner à l'hôpital après, dit-il. Vous voulez venir avec moi ?

-Les médecins vont croire que tu es malade, fait remarquer Zoro.

-Tu ressembles à un zombie, ajoute Luffy.

-J'irai seul.

-Pardon ! On retire ce que l'on a dit ! On veut venir !

Sabo ne put s'empêcher de sourire. Faites confiance à Luffy pour vous remonter le moral quand ça ne va pas. Zoro tendit la main pour voler un morceau de bacon à son petit-ami, mais ce dernier attrapa l'assiette et la vida intégralement dans sa bouche, mastiquant bruyamment.

-Hé ! J'en voulais !

-Ah, désolé Zoro… Au fait Sabo !

-Quoi ?

-Qu'est-ce qu'il va arriver à Ace maintenant ?

Sabo mit un moment à comprendre la question. Il est vrai qu'ils avaient beaucoup trop tardé à se rendre compte de son état. Ce qu'ils ont prit pour une réaction au stress était en fait une preuve que leur frère attendait un bébé. Le blond se sentait coupable. S'il avait forcé Ace à se rendre à l'hôpital, ils n'en seraient pas là aujourd'hui. Maintenant, il ne leur restait plus qu'une chose à faire.

-On va devoir l'aider et le soutenir Luffy. En tant que frère.

-Bien sûr ! Mais… Ça va aller pour lui ?

-C'est le temps qu'il l'accepte. Ensuite, on retrouvera le Ace qu'on connait !

Luffy acquiesça, tout en volant la crêpe que Zoro s'apprêtait à engloutir. Ils commencèrent immédiatement une petite bagarre, mais le brun arriva à manger tout ce que son petit-ami essayait de prendre. Ayant un peu pitié de lui, Sabo réussi à substituer quelque chose et à le lui donner. Zoro le remercia vivement, se cachant de Luffy pour manger ce qu'on lui a donné. Soudain, le portable du blond vibra, signe qu'il avait reçu un message. Il le lu rapidement et devient pâle.

-Merde…

-Quoi, demandent d'une même voix Zoro et Luffy.

-C'est ton père. Il vient de me dire que Roger à apprit pour Ace !


En entrant dans l'hôpital, Marco espérait que sa fatigue ne se voyait pas trop. A peine les visites furent-elles autorisées qu'il fut là, prêt à convaincre Ace d'accepter sa proposition d'hier. Le brun lui avait demandé du temps pour réfléchir, lui promettant de donner une réponse le lendemain. S'il n'avait pas dit non, alors c'est que Marco a une chance qu'il accepte. Il se dirigea rapidement vers sa chambre, mais il fut surpris d'entendre des voix à l'intérieur.

-Hiroto, pense-t-il.

Il ouvrit précipitamment la porte, mais Hiroto n'était pas là. Au lieu de ça, c'est un médecin qui le fixait, apparemment pas très content de s'être fait déranger. Marco n'eut aucun mal à reconnaître Gol D Roger, et il se sentit soudain gêné de son intrusion. Il tourna son regard vers Ace, lequel le regarde avec un mélange de soulagement et d'inquiétude. Soit Marco a une tête plus horrible qu'il ne le pensait, soit Ace ne voulait pas qu'il entre ici maintenant.

-Je peux savoir qui vous êtes, demande le médecin.

-Inspecteur Marco Newgate, monsieur.

-Vous êtes le père ?

-Papa, s'exclame Ace. Laisse-le !

Marco écarquilla les yeux, faisant la navette entre Ace et Roger. D'accord, il y a une petite ressemblance entre eux, et il aurait peut-être dû la remarquer avant… Donc en plus d'avoir déranger un médecin, il passait pour un con devant le père d'Ace. Il aura réussi sa journée… Ace lui fit signe de partit, alors que Roger attendait toujours une réponse. Gardant un maximum le contrôle de lui, Marco déclara.

-Je ne suis pas le père, mais l'actuel copain de votre fils.

Peut-être que si Ace n'avait pas eu l'air aussi surprit, son père l'aurait cru. Au lieu de ça, Roger le fixait, méfiant, comme s'il jugeait s'il devait appeler la police ou non. Manquerait plus que Thatch débarque pour arrêter son collègue sur un malentendu. Finalement, Roger se détourna de lui pour parler à son fils.

-On reparlera plus tard. Repose-toi.

-Oui.

-Au revoir monsieur Newgate.

-Au revoir.

Roger quitta la pièce. Dès que la porte fut fermée, Ace jeta un regard de reproche à Marco. Le blond l'ignora, prenant une chaise pour s'assoir près de lui.

-Pourquoi tu as menti, s'emporte Ace.

-Ce n'est pas un mensonge si je prends soin du bébé avec toi.

Le brun ricana, moqueur. Il pensait que le blond aurait réfléchit lui aussi pendant la nuit et aurait abandonné cette idée risible. Mais il avait effectivement sous-estimé la ténacité de Marco. Sans doute essaiera-t-il de le convaincre si jamais Ace venait à dire non. Croisant les bras sur son torse, Ace lui jeta un regard ennuyé.

-Tu ne renonceras pas.

-Non.

-Ton obstination est ridicule.

-C'est gonflé de la part de quelqu'un qui a refusé d'aller à l'hôpital.

Ace parut réellement outré par la remarque de Marco, faisant éclater de rire le blond. Malgré tout, le brun dû reconnaitre qu'il avait gagné cette fois. Il était aussi têtu que lui, et il n'avait pas le droit de critiquer Marco après ce qu'il s'est passé hier. Alors il céda une nouvelle fois.

-Fais ce que tu veux. Si tu as à ce point envie de gâcher ta vie avec moi, alors reste.

-C'est à moi de juger si ma vie sera gâchée ou non.

-As-tu réponse à tout ?!

-C'est mon principal défaut.

Ace fit la moue et Marco lui fit un sourire narquois. Il préférait largement pouvoir taquiner le brun, et que celui-ci lui réponde, plutôt que de devoir à nouveau se disputer avec lui. Un silence confortable s'installa ensuite. Au bout d'un moment, Ace tendit la main vers Marco. Le blond le regarda un moment, surprit, avant de sourire en remarquant les rougeurs sur les joues du jeune homme. Il entrelaça leurs doigts, posant leur mains jointes sur le lit entre eux.

-Quel est le problème avec votre père, demande-t-il.

Ace se tendit, mais il ne retira pas sa main, ce que Marco interpréta comme étant un point pour lui.

-Il ne s'est pas occupé de moi. Il m'a confié au grand-père de Luffy. Lui non plus ne voulait pas de moi…

Ace a fini chez une amie de Garp appelé Dadan. Il s'est lié d'amitié avec Luffy et Sabo, au point de les considérer comme ses frères, et malgré des débuts difficiles et il était très proche de Dadan. Mais il ne pouvait oublier qu'il n'était pas désiré. Il lui a fallu si longtemps pour accepter que quelqu'un pouvait tenir à lui, parce qu'il a toujours eu l'impression d'être un inconvénient.

-J'ai toujours été un fardeau, un enfant rejeté. Au point de me demander si c'est une bonne chose que je sois né.

-La naissance d'un enfant n'est jamais une mauvaise chose, proteste Marco.

-Tu crois ?! J'aurais aimé penser comme toi…

Un sourire triste s'étire sur les lèvres d'Ace alors qu'un petit reniflement amusé lui échappe.

-Qui pourrait aimer un monstre comme moi ?

-Moi.

Marco pressa plus fort la main d'Ace dans la sienne, résigné. Le brun le regarda, les yeux écarquillés, ne s'attendant pas à réponse si franche. Parce qu'il n'y avait que de la sincérité dans les yeux de Marco. De la sincérité, et un amour profond.

-Marco…

-Moi, je peux. Tu n'as jamais été un fardeau pour moi.

Il ne l'a pas dit clairement, mais les mots ont résonné dans la chambre. « Je t'aime »


-La première chose à décider, déclare Sabo, c'est où on va le mettre.

-S'il faut libérer une chambre, intervient Zoro, Luffy peut venir chez moi !

-Calme-toi Don Juan, on a une chambre d'ami.

-Tu peux prendre les meubles de la chambre cependant, dit Luffy.

-Ce n'est pas avec les meubles que je veux dormir…

Sabo leva les yeux au ciel, mais ne commenta pas. Il avait dressé une liste très précise de tout ce qu'il fallait faire pour accueillir son neveu (ou sa nièce) dans leur foyer. Parce qu'il est parfaitement hors de question qu'Ace déménage ! Il aurait pu aller chez Marco, mais Ace n'était pas trop tenté à l'idée de partir et le blond avait insisté pour dire que si c'est à lui de venir, ça ne le dérangeait pas. Comment son frère a pu trouver quelqu'un de si parfait ?! Ah ouais, il s'est fait arrêter…

-On va devoir jeter les meubles, marmonne Sabo.

-On peut les revendre sinon, propose Zoro.

-Pourquoi tu ne t'installerais pas avec nous aussi Zoro, demande Luffy.

-Ce n'est pas le sujet là…

-Luffy, reste concentré !

Ace soupira. Ses frères étaient beaucoup trop excités par l'arrivé de ce nouveau bébé. Dès qu'il était revenu de l'hôpital, il y a deux jours, Sabo avait commencé à tout planifier. Il a prévenu tous leurs proches (il y en a tellement) et a fait quantité de liste pour soi-disant ne rien oublier. Ace n'avait même pas encore accepté qu'il portait un bébé qu'il devait déjà décider la couleur des murs de la chambre. Son frère allait décidément bien trop vite.

-On va l'appeler comment, demande Luffy.

-C'est à Ace de choisir, rit Marco.

-Je voudrais l'appeler « Meat » !

-Ce n'est pas un prénom Luffy, explique Sabo.

-Zoro, on pourra appeler notre enfant « Meat » ?

-Non.

-T'es pas drôle Zoro…

-Le prénom d'un enfant n'est pas un jeu !

Marco sourit, amusé par le comportement de Luffy. Il n'était pas du tout concentré sur ce qu'ils étaient en train de faire, se plongeant dans ses propres réflexions. Malgré tout, il lui arrivait de faire de temps en temps une remarque intelligente, avant d'enchaîner avec une question complètement conne. Au début, ça l'a surpris, d'autant plus que Sabo et Zoro agissait comme si de rien n'était, trop habitué. Il était vraiment tombé sur une famille originale.

-J'y pense, s'exclame Sabo. On devrait appeler l'hôpital. Normalement tu aurais déjà dû avoir fait une échographie.

-On va voir le bébé, hurle Luffy.

-Toi tu ne viendras pas.

-Pourquoi ?!

-T'es trop excité.

-Mais je veux voir le bébé !

-Tu le verras sur la photo de l'échographie, le réconforte Zoro.

Marco jeta un coup d'œil à Ace. Le brun n'écoutait la conversation que d'une oreille, regardant dehors. Il était silencieux depuis qu'ils avaient commencé cette réunion de planification. Sabo avait beau tenté de lui demander son avis sur certaines choses, Ace ne répondait que par des phrases courtes ou des grognements. Le blond aurait voulu lui dire d'être plus concentré, mais il était trop absorbé par le fait que, sans s'en rendre compte, Ace caressait son ventre légèrement arrondit.

-Ace, l'interroge Sabo. Ça va ?

Le brun tourna la tête pour le regarder. Il remarqua que toute l'attention était sur lui et il rougit.

-Désolé… Vous pouvez continuer.

-Tu devrais parler avec nous, soupire le blond. Je ne veux pas décider pour toi.

-Je… Je suis fatigué, je n'ai pas trop la tête à ça. On peut remettre ça à plus tard ?

-Si tu veux. On a encore le temps.

Ace se rendit donc dans sa chambre, soulagé d'avoir pu se soustraire cette fois. Il devra faire un effort la prochaine fois, sinon Sabo va lui taper sur les doigts. Qu'il le veuille ou non, cet enfant est là et il fallait prévoir son arrivée prochaine. L'ignorer plus longtemps n'aura que de terribles conséquences. Même s'il n'a pas voulu être enceinte, il n'allait pas faire grandir son bébé dans un mauvais environnement. Alors qu'il se laissa tomber dans les oreillers, on frappa à sa porte.

-Oui ?

La porte s'ouvrit et la petite tête de Luffy apparut. Ace hésitait à lui demander de le laisser, lorsqu'une assiette de crêpes lui fut présenter. C'était la méthode Luffy pour entrer dans la chambre quand Ace ne veut pas le voir. Méthode qui ne marche qu'avec Luffy, car Sabo eut beau essayé, casser la porte pour entrer de force était plus efficace dans son cas. Ace tapota l'espace près de lui et Luffy le rejoignit, la moitié des crêpes englouties en chemin.

-Ce n'était pas pour moi ?

-Tu peux partager.

-Tu es très mauvais en négociation…

-Pourquoi tu es parti ? Je sais que ta fatigue n'est qu'une excuse.

Ace prit une crêpe, la mâchant pensivement. Luffy termina l'assiette, le regardant réfléchir avec de grands yeux curieux. Finalement, Ace décida de tout lui raconter et lui rapporta la discussion qu'il avait eu avec Marco à l'hôpital quelques jours plus tôt. Il termina par sa confession d'amour implicite mais pourtant si évidente.

-Quel est le problème, s'étonne Luffy.

-J'aurais dû me douter que tu ne comprendrais pas…

-Même si tu ne voulais pas du bébé, c'est quand même un cadeau, non ?

Vision enfantine du bébé, n'est-ce pas. Pour Ace, c'était juste une source de stress en plus. Dès qu'il y pense, un flot de question envahie son esprit. Des inquiétudes dont il ne parvient pas à se défaire malgré ses tentatives pour relativiser.

-Qu'est-ce qui te fait peur, insiste Luffy.

-Un bébé, c'est beaucoup de responsabilités. Je ne suis pas sûr d'être capable de m'en occuper. J'ai peur d'être un mauvais père…

-Tu es gentil. Je pense que tu seras bon.

-Comment tu peux affirmer ça si sérieusement ?

-Tu as pris soin de moi, alors je le sais.

Luffy continua à expliquer que de toute façon il sera là pour aider, et que Sabo aidera aussi car il sera un tonton trop gaga, et que Zoro ferait un super oncle aussi à condition qu'il boit moins mais Ace n'écoutait plus. La déclaration innocente de son jeune frère l'avait chamboulé plus qu'il ne l'aurait cru. Ses yeux se remplirent de larmes, bien qu'il ne soit pas ému à ce point.

-Foutus hormones, maugréé-t-il.

-Il y aura Marco aussi ! Il a l'air content d'avoir un enfant, même si ce n'est pas le sien.

-Tu penses vraiment que Marco devrait rester avec nous ? Il n'a rien à voir avec mes problèmes…

Luffy le regarda l'air de dire « mais tu es con ou comment ça se passe ». Est-il le seul ici à penser que c'est égoïste de demander à Marco de renoncer à sa vie pour s'occuper d'un bébé qui n'est pas le sien ?! Parce que tout le monde à l'air de trouver ça normal, Marco le premier ! Il y a quand même des limites à la gentillesse !

-S'il t'aime, grogne Luffy, où est le problème ?

-Il y a une grosse différence entre aimer quelqu'un et élever un enfant avec lui.

-Il n'a pas l'air de regretter. Il arrêter pas de te regarder caresser ton ventre avec un sourire niais et stupide.

Attendez, il a caressé son ventre ?! Non attendez, Marco l'a vu faire ?! Non, le plus important… Il avait un sourire niais ?! Ace hésitait entre la gêne et le bonheur intense. Est-il devenu une collégienne immature ?! Foutu hormones, à nouveau ! Ça le rendait heureux, mais il ne devrait pas ressentir ça ! Il fut tiré de son débat intérieur lorsque Luffy se blottit contre lui, fermant les yeux.

-Ace… Je voudrais savoir…

-Quoi ?

-A propos de Marco. Pourquoi tu ne lui donne pas une chance ?

Il s'endormit aussitôt sa question posée. Ace le regarda ronfler contre son épaule, ne sachant quoi penser. Pourquoi il ne voulait pas donner une chance à Marco ? Non, en fait il le voulait. La vraie question est : pourquoi il ne sent pas capable de le faire ? Sans doute a-t-il peur que Marco se révèle être comme Hiroto. Penser ça lui faisait mal. Il ne voulait pas croire que Marco pouvait être comme ça. Alors qu'est-ce qui le retient ? Il devra résoudre ce mystère plus tard.

Pour le moment, dodo !


-Tu devrais peut-être arrêter de travailler, souffle Marco.

-Je ne suis qu'à trois mois, calme-toi.

-Ce n'était qu'une proposition…

-Je te connais. Les propositions n'en sont jamais avec toi.

-Pas faux…

Ace leva les yeux au ciel, néanmoins amusé par le comportement du blond. Il avait tenu à continuer de travailler encore un peu, voulant mettre de l'argent de côté pour prendre soin de son bébé quand celui-ci sera né. Tous ses collègues ont applaudi à la nouvelle et son patron a même pleurer. Ses horaires ont été modifiés pour qu'il travaille moins et Ace a sentit le regard de Marco sur lui toute la journée. Plus mère poule que ça, tu meurs ou tu t'appelles Sabo. Le blond ne voulait même pas qu'il sorte de la maison à la base !

-Je pense qu'autant de précautions ne sont pas nécessaires…

-Hé toi !

Les deux hommes firent volte-face, se demandant qui les avait appelés et lequel des deux cette personne a interpelé. Seiko Satoshi se tenait là, droite comme un poteau, lançant à Ace un regard plein de mépris alors qu'elle le regardait de haut. Le brun retient une plainte de franchir ses lèvres. Il n'avait vraiment pas envie de faire face à cette femme.

-Qu'est-ce que vous voulez ?

-Comment oses-tu être aussi heureux après ce que tu m'as fait ?!

-Hein ? Je ne vous ai rien fait.

-Ne fait pas l'innocent ! Tu m'as volé mon mari et tu as brisé notre couple pour ensuite le jeter et le remplacer par quelqu'un d'autre !

Elle posa une main sur sa poitrine dans un geste théâtrale, le visage tordu dans une grimace de douleur. C'était surjoué, mais ses cris eurent le mérite d'attirer l'attention des passants. Marco essaya de calmer les choses en lui demandant d'arrêter de crier et d'en discuter, mais elle darda sur lui son regard furibond, le pointant d'un doigt fraichement manucuré et peint du plus horrible verni jeune fluo que le blond ait vu de sa vie.

-Ne vous mêlez pas de cette histoire ! Je suis sûre que vous avez rejeter ma plainte par amour pour lui !

-C'est quoi cette histoire de plainte, demande Ace.

-Je vous l'ai expliqué madame. Vous avez refusé de porter plainte contre lui pour l'intrusion. Vous n'avez pas de motif…

-Il m'a volé mon mari !

-Ce n'est pas valable…

Il était épuisé à force de devoir lui répéter encore et encore les mêmes choses. Il a appris de la part de Thatch qu'elle est revenue à plusieurs reprises au commissariat pour porter plainte contre Ace, parfois en affirmant qu'il lui avait porter atteinte physiquement, sans succès. Marco était la preuve qu'Ace et Seiko ne se sont pas revus depuis le soir de son arrestation, puisqu'il l'a suivi partout. Thatch s'est emporté contre elle et lui a dit de revenir avec des preuves concrètes sinon il serait obligé de lui coller une amende pour fausses accusations.

-C'est une honte, hurle Seiko. Vous privilégiez vos proches, ce n'est pas professionnel !

-Avec tout le respect que je vous dois, commence Marco.

-Arrête de dire de tels mensonges devant moi, sale garce, crache Ace.

Marco et Seiko le fixèrent tout deux, bouche bée. Le brun ne s'était encore jamais emporté comme ça. Le blond était un peu flatté que ce soit pour le défendre, mais il se reprit bien vite. Ce n'était ni le moment, ni l'endroit pour se disputer, surtout avec cette femme. Il prit le bras d'Ace pour le tirer.

-Ace, on devrait partir.

-Comment oses-tu me parler de la sorte, morveux !

-Retire ce que tu as dit, ordonne Ace.

-Ace !

Le brun se dégagea de l'emprise de Marco, jetant à Seiko un regard noir. La jeune femme recula, effrayé. Elle parut hésitante un instant, puis elle baissa les yeux et aperçut la rondeur du ventre d'Ace. En voyant qu'elle le fixait, le brun entoura immédiatement son ventre de ses bras pour le protéger. Le visage de Seiko se transforma, son sourire devenant un rictus mauvais, ses yeux brillants d'une lueur méchante alors qu'elle prenait un air dégoûté.

-Tu es une erreur, encore plus que je le croyais. Comment mon mari a-t-il pu tomber amoureux d'une horreur telle que toi.

-Ferme-la !

-Je suis sûr que cet enfant sera aussi horrible et misérable que toi. Ce ne serait pas étonnant avec un père pareil !

-Ferme-la, je te dis ! Tu ne me connais pas !

-Comment quelqu'un peu t'apprécier, je me le demande…

-Ça suffit maintenant, intervient Marco d'une voix dure.

Tous les regards se posèrent sur lui, même ceux des passants qui voulaient pourtant s'écartés pour ne pas gêner, essayant d'ignorer la dispute car ça ne les regardait pas. Marco se plaça entre Ace et Seiko, de sorte à empêcher la jeune femme de voir le brun. Il lui jeta un regard mauvais et elle tressaillit.

-Je vous conseille de partir et de ne plus approcher Ace.

-Vous n'avez pas le droit de…

-Ne me cherchez pas, car je peux vous assurer que vous le regretterez.

Remarquant que la situation n'était pas à son avantage, et que c'est désormais elle qui se tapait la honte devant des dizaines de personne, Seiko se détourna et partit aussi vite que ses talons aiguilles le lui permettaient. Une fois sûr qu'elle soit suffisamment loin, le blond se mit face à Ace, le regard désapprobateur. Le brun avait la tête baissée, tenant toujours son ventre dans un geste protecteur.

-Pourquoi tu ne m'as pas écouté quand je t'ai dit de partir ?

-Je ne pouvais pas la laisser dire ça !

-Tu n'as fait qu'empirer les choses ! Elle cherchait juste à te provoquer pour avoir une raison de porter plainte contre toi ! Qu'est-ce qu'on aurait fait si tu lui avais fait du mal, hein ?!

Ace se sentit honteux, et il fut incapable de répondre autre chose qu'un faible « désolé ». Marco soupira, encore sur les nerfs. Il aura besoin de plus de temps pour se calmer cette fois. Il prit la main d'Ace le tirant doucement mais fermement pour empêcher toute protestation.

-On rentre maintenant.

Ace acquiesça, se laissant emmener sans rien dire. Même s'il était en colère, Marco ne lui a pas fait mal. Il tenait sa main sans serrer, marchant en vérifiant qu'il n'allait pas trop vite pour lui. Même si Ace était désagréable et n'en faisait qu'à sa tête, même s'il a fait une grosse connerie, Marco était gentil avec lui, même trop gentil.

Ace ne méritait pas quelqu'un comme lui.


-Ace, cri Luffy. Vient, le dîner est servi !

Pas de réponse. Depuis que Marco et lui sont rentrés, il s'est enfermé dans sa chambre sans prononcer le moindre mot. Le blond leur a expliqué ce qu'il s'est passé avec Seiko, disant qu'Ace avait sûrement besoin de temps pour réfléchir. Alors personne n'est allé le déranger. Mais Ace étant enceinte, il avait impérativement besoin de se nourrir correctement. Finalement, Luffy décida d'aller le chercher en personne.

-C'est inhabituel de sa part, marmonne Zoro.

-Pourquoi tu es là, demande Sabo. On dirait que tu habites ici.

-Luffy m'a invité.

-Ouais, il y a trois jours. T'es pas rentré chez toi depuis.

-Il m'a proposé de rester dormir.

-Tu devrais accepter d'emménager, ça ira plus vite…

-Ace ne veut pas venir, gémit piteusement Luffy en revenant.

Marco fronça les sourcils. Ace avait décidé de se comporter comme un enfant à nouveau. Sabo se leva dans l'intention d'aller essayer à son tour, mais Marco lui fit signe de ne pas y aller, affirmant qu'il allait lui parler et le convaincre. Il alla devant la porte de la chambre, toquant fortement pour montrer son impatience. Il n'eut pas de réponse.

-Ace, ouvre-moi !

Il attendit quelques secondes, puis il y eut des bruits de pas. La porte s'ouvrit et Ace apparut, renfrogné. Il s'écarta pour laisser Marco entrer dans sa chambre. Le blond s'exécuta rapidement et Ace claqua la porte avant de croiser les bras sur son torse.

-Pourquoi tu continues de faire l'enfant, lui reproche Marco.

-Je n'ai pas faim.

-Arrête de te donner des excuses. Si tu as un problème avec moi, dit-le. Mais ne te prive pas de manger.

-C'est la vérité. Je n'ai pas faim.

-Écoute, tu as un bébé qui grandit en toi. Tu dois manger.

Ace secoua négativement la tête, restant sur sa position. Il cherchait clairement à le provoquer, à le faire se mettre en colère, et malheureusement ça marchait plutôt bien. Marco passa la main dans ses cheveux nerveusement, cherchant un moyen calme d'amener Ace à arrêter de faire l'idiot et de céder. Finalement il se dit qu'interroger Ace sur ce qui n'allait pas était la meilleure chose à faire, plutôt que de le convaincre.

-Qu'est-ce que tu as ?

-Pourquoi tu penses toujours que quelque chose ne va pas ?

-Parce que tu n'es pas un idiot qui se prive de nourriture sur un coup de tête, uniquement par plaisir.

Ace resta silencieux, mais Marco su qu'il avait vu juste.

-C'est à cause de cet après-midi ?

-Pourquoi tu insistes ?! Tu ne veux pas accepter que je n'aie pas faim ?!

-Arrête avec cette excuse et explique-moi ce qu'il se passe !

-Je ne suis pas obligé de tout te dire !

Ace sentit qu'il avait réussi quand le regard de Marco se durcit. Il l'avait mis en colère. Le blond savait maintenant ce que ça voulait dire être avec lui. Ace voulut partir, mais Marco lui attrapa le bras, le forçant à lui faire face. La douceur de son geste agaça encore plus Ace.

-Pourquoi tu fais ça, cri Marco. Pourquoi tu tiens à m'éloigner de toi ?! Pourquoi tu dois être aussi énervant ?!

-Avoue-le, tu ne me supporte plus.

-Ace…

-Je t'avais prévenu non ? Je t'ai dit que tu allais gâcher ta vie en restant avec moi. Maintenant tu le regrettes n'est-ce pas.

Il pensait que Marco le lâcherait, reconnaitrait qu'il avait eu tort puis qu'il partirait. Il pensait que le blond cesserait de l'aimer, que ce serait pour le mieux même si c'était douloureux. Mais Marco se rapprocha de lui, plaçant leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, plongeant ses yeux dans ceux d'Ace avec une détermination qui laissa le brun sans voix. Le blond était sûr de ce qu'il ressent, et pour rien au monde il ne renoncera à ses sentiments, peu importe combien Ace le repousse.

-Je t'aime Ace. Ce n'est pas près de changer.

-Mais… Tu vas regretter de…

-Le seul qui regretteras à la fin, Ace… C'est toi.

Le contact disparut et Ace ne pu s'empêcher de sursauter quand la porte de sa chambre claqua. Marco était parti, et jamais il n'aurait cru que ça lui ferait aussi mal. Les larmes dévalèrent ses joues alors qu'il plaque une main sur sa bouche pour étouffer ses sanglots. Son autre main vient serrer son tee-shirt au niveau de son cœur. Cette douleur dans la poitrine l'empêchait de respirer. Il avait tout gâché, et cette fois Marco ne lui pardonnera pas.

Il est parti pour de bon.

Dehors, Marco prit une profonde inspiration. Il devrait aller faire un tour pour se changer les idées. Une fois qu'il aura retrouver un semblant de calme, il essaiera de parler à nouveau avec Ace. Le brun a sûrement compris qu'il faisait quelque chose de mauvais pour lui et pour son entourage. Ils vont réfléchir chacun de son côté une petite heure et ensuite régler le problème. Il ne voulait pas laisser Ace seul trop longtemps malgré tout. D'ailleurs, en y réfléchissant, il a peut-être été un peu dur avec lui…

-Je devrais m'excuser auprès de lui…

Il traversa l'allée pour rejoindre sa voiture lorsqu'il l'aperçu. Un véhicule noir, stationné de l'autre côté de la rue. Il démarra en trombe lorsque Marco apparut, et il eut juste le temps de voir Hiroto à l'intérieur avant que la voiture ne s'éloigne. Immédiatement, il grimpa au volant de son propre véhicule, se lançant à sa poursuite.

-Cette fois, je ne te laisserai pas t'en tirer !


Zoro et Luffy étaient à nouveau en train de se battre pour une tranche de bacon, lorsque Marco passa dans le couloir, quittant la maison précipitamment. Tous trois se regardèrent entre eux, ne sachant pas quoi en penser. Finalement, ils décidèrent d'aller demander à Ace s'il était au courant de la raison pour laquelle Marco est partit si vite. D'un pas prudent, ils se rendirent à la queue-leu-leu jusqu'à la chambre.

-Ace, appelle Sabo.

-Tu as faim maintenant, demande Luffy.

-Ce n'est pas vraiment le genre de question à poser dans ces moments-là, soupire Zoro.

-Ce n'est quand même pas une raison pour pleurer Zoro.

-Je ne pleure pas.

-Sabo ?

-Moi non plus…

Prudemment, le blond ouvrit la porte et se figea en apercevant son frère à genoux au sol, le visage entre les mains alors que son corps est parcouru de tremblements. Il sanglotait et gémissait de douleur. Sabo pensa en premier qu'il était arrivé quelque chose au bébé, mais comme Marco était partit de la maison en courant sans les prévenir, il pensa qu'il s'agissait plutôt d'une dispute. Il se précipita vers son frère, Luffy et Zoro sur les talons.

-Ace, qu'est-ce qu'il se passe ?

-Je… J'ai foiré… J'ai tout foiré…

-Qu'est-ce que tu racontes ?

Ace se jeta dans ses bras, pleurant contre lui. Sabo lui frottant affectueusement le dos, essayant de le calmer. Si Ace continu de pleurer, ils ne pourront rien apprendre de la situation. Voulant aussi témoigner son soutien à son frère, Luffy parvient à lui prendre les mains, lui murmurant qu'il devait se calmer et qu'ils étaient là pour lui. Ça fonctionna car bientôt Ace avait arrêté de pleurer. Sa gorge lui faisait mal, mais ce n'était rien comparé à la douleur de son cœur.

-Raconte-nous ce qu'il s'est passé, l'encourage Sabo.

-On s'est disputé. J'ai dit des choses que je n'aurais pas dû dire… Il s'est mit en colère et il est partit… Il me déteste, j'ai tout gâché !

-Je ne pense pas que Marco te déteste, intervient Zoro.

Les trois frères le regardèrent comme s'ils attendaient qu'il continue. Gêné parce qu'il n'avait en fait rien d'autre à dire, Zoro prétexta aller chercher des mouchoirs et il quitta la pièce presque en courant. Luffy se moqua de lui en disant que Zoro n'était pas doué pour parler ou attirer l'attention sur lui. Ace essuya ses yeux encore pleins de larmes en attendant que Zoro vienne avec des mouchoirs.

-Ne t'inquiète pas Ace, s'exclame Luffy. Je suis sûr que Marco va finir par revenir !

-Il ne devrait pas… Je lui ai dit des choses horribles…

-Pourquoi tu ne veux pas le laisser être avec toi, l'interroge Sabo. Tu le repousses encore après tout ce temps.

Zoro revient à ce moment, les bras chargés de boîte de mouchoirs. Sabo lui fit remarquer qu'ils n'avaient pas besoin qu'il ramène tout leur stock, et Luffy accompagna cette remarque d'un joli et gentil « t'es con Zoro ». Ce dernier rougit et dit au plus jeune de la ferme, faisant de son mieux pour ouvrir une boîte et donner un mouchoir à Ace sans le déchirer. Le brun le remercia, s'essuyant le nez. Il avait l'air misérable maintenant, pour ne rien arranger…

-J'ai peur de m'attacher aux autres.

-Pourquoi ?

-Je leur attire toujours des problèmes. Parce que Marco a voulu m'aider, Hiroto voulait s'en prendre à lui. Seiko aussi. Il arrive malheur à ceux que j'aime…

Luffy lui donna un coup sur la tête. Sabo et Zoro écarquillèrent les yeux, ne parvenant pas à croire qu'il avait vraiment fait ça. Puis ils lui crièrent dessus, car frapper quelqu'un qui était triste n'était définitivement pas la chose à faire. Ace se contenta de les regarder étrangler Luffy en clignant des yeux, se frottant d'une main là où il s'est fait frapper.

-On peut savoir pourquoi tu as fait ça, s'emporte Sabo.

-Parce que ce qu'il dit est faux !

-Il y a d'autres façons de le signaler, réplique Zoro.

-Il fera encore style de ne rien comprendre ! Moi je t'aime Ace ! Tu m'aimes aussi ! Pourtant je vais bien ! Il ne m'est rien arrivé !

-Luffy…

-Au contraire, Zoro m'aime encore alors que j'ai dit qu'il était con, et que je vole sa nourriture !

-Ça, plaisante Sabo, ça relève du miracle…

-Je suis dieu, déclare Zoro, le visage impassible.

-Rêve pas trop Zoro…

-Embrasse-moi au lieu de détruire mes espoirs !

Luffy n'eut pas le temps de l'embrasser, car un éclat de rire les fit s'arrêter tous les trois. Surprit, ils fixèrent Ace qui riait à gorge déployé. Ils ne l'avaient pas vu aussi heureux depuis des mois. Finalement, Luffy se mit à rire à son tour, entrainant ensuite Sabo et pour finir Zoro. Ça dura plusieurs minutes, car ils avaient tous besoin d'évacuer le trop plein de sentiments de ces derniers jours. Une fois calmés, Ace attira ses frères contre lui.

-Je ne sais pas ce que je ferais sans vous… Merci.

-C'est normal, sourit Luffy. On est frère !

Ils se remirent debout et Luffy se jeta sur Zoro pour l'embrasser, parce que le vert en avait vraiment marre d'être interrompus à chaque fois. Alors qu'ils se dirigeaient vers le salon, ils furent arrêtés à nouveau par Ace.

-Ça vous dérange de m'emmener quelque part ?

-Non. Mais tu veux aller où ?

Ace sourit, un magnifique sourire plein de joie qui avait beaucoup manqué à ses frères.

-Chercher Marco.


Il n'avait aucune idée du temps qu'il s'est écoulé, trop concentré à suivre la voiture d'Hiroto. Il a beaucoup tourné, signe qu'il voulait certainement le semer avant de retourner devant la maison. Un plan de débutant, qui n'a aucune chance de marcher avec un policier ayant la carrière de Marco. Ce n'était pas sa première course-poursuite. Finalement, la voiture s'arrêta sur un terrain vide. Le blond sortit de sa voiture, s'approchant prudemment de l'autre, prêt à revenir en arrière si Hiroto décidait finalement de redémarrer.

-Sortez de cette voiture, ordonne-t-il.

La portière s'ouvrit mais Marco n'eut pas le temps de réagir. Il y eu une détonation, suivit d'une vive douleur dans l'épaule. Il grimaça et tituba en arrière, plaquant automatiquement sa main sur la blessure. Du sang coula sur ses doigts, mais il l'ignora. Hiroto sortit du véhicule, tenant à deux mains un pistolet qu'il gardait pointé sur la poitrine de Marco.

-Je te déconseille de bouger, crache-t-il.

-Vous ne devriez pas jouer avec une arme, répond Marco.

-Tais-toi ! J'ai l'occasion de t'éliminer, je vais la saisir !

Hiroto s'approcha rapidement de lui, sans se méfier. Une fois qu'il fut suffisamment proche, Marco lui donna un coup de pied dans le ventre, le faisant tomber à la renverse. Hiroto lâcha le pistolet et le blond s'en saisit. Les rôles venaient de s'inverser. Il posa son pied sur le torse d'Hiroto, braquant l'arme sur son front avec son bras valide.

-Tu n'aurais pas dû me sous-estimer.

-Et toi tu n'aurais pas dû bouger.

-Tu es désarmé. Qu'espère-tu faire ?

Malgré tout, Marco était sur ses gardes, analysant la posture d'Hiroto pour prévenir chaque mouvement. Il allait probablement essayer de le faire tomber pour récupérer son arme. Compte tenu de leur posture, un coup de pied était le meilleur moyen de surprendre Marco, puisqu'il se tenait au-dessus de lui et ne pouvait voir ses jambes. Comme il l'avait pensé, c'est ce que fit Hiroto. Il leva sa jambe mais Marco se retira de la trajectoire, tirant une balle qui lui érafla la jambe. Hiroto laissa échapper un hurlement de douleur.

-C'est toi qui ne devrais pas bouger.

-Tu es trop gentil… Pour un flic… Tu devrais m'éliminer tout de suite…

-Pourquoi ça ?

-Pendant que tu es occupé avec moi, un de mes potes à sûrement récupérer Ace.

L'inquiétude saisit Marco à la poitrine. Ace était en danger ! Pourquoi n'a-t-il pas pensé qu'ils pourraient être deux ?! Il envisagea de courir jusqu'à sa voiture, donnant sa priorité à Ace, mais il n'eut le temps de rien. Quelques secondes durant lesquelles il réfléchissait suffirent à Hiroto pour le pousser au sol. Il s'assit sur son torse, lui arrachant le pistolet des mains et le plaquant sous son menton.

-Trop facile, ricane-t-il. Il a suffi que je te parle de lui pour que tu perdes tes moyens.

-Espèce de…

-J'étais sûr qu'il y avait quelque chose entre vous. Je vais te régler ton compte, ensuite j'irai récupérer Ace. Je lui dirai ce que je t'ai fait et il comprendra qu'il m'appartient.

-Ace n'est pas un objet ! Et il ne t'appartient pas !

-Tu n'as pas dans une bonne position pour parler.

Il posa le bout du canon sur le front de Marco, un sourire mesquin aux lèvres. Le blond sentit la panique monter en lui. S'il meurt ici, il ira récupérer Ace. Si jamais il tue Sabo et Luffy, Ace ne s'en remettra pas. Et qui sait ce que cet enfoiré va lui faire une fois qu'il aura réussi à lui mettre la main dessus ? Il ne pouvait pas laisser Ace souffrir à nouveau de ses mains. Il se débattit de toutes ses forces, faisant grogner Hiroto de mécontentement.

-Ce serait plus facile si tu te laissais faire !

-Va crever…

-Tu m'exaspère. Je vais en finir vite avec toi.

Il lui asséna un violent coup de poing dans l'estomac. Marco retient un gémissement de douleur de traverser la barrière de ses lèvres. Les coups s'enchaînèrent les uns après les autres, frappant tous les endroits qu'ils pouvaient atteindre. Quand il jugea cela suffisant, Hiroto repositionna son arme où elle était avant et déclara d'un ton moqueur.

-Adieu.

Il appuya sur la gâchette, mais il y eu juste un petit clic, et rien n'en sortit. Le chargeur était vide. Rapidement, Hiroto sortit une boîte de sa poche dans l'intention de remettre des balles dans son pistolet. Marco se tortilla et il parvient à se dégager une main sans qu'Hiroto ne le remarque. Il fouilla dans sa poche, faisant mine de vouloir se soustraire à son emprise. Il toucha ce qu'il cherchait du bout des doigts et sourit.

-Arrête de t'agiter, bon sang !

-Hé… Tu as commis une grave erreur…

-Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ? Quelle erreur ?

-Celle de croire que je n'étais pas armé.

D'un rapide mouvement il sortit son taser et enfonça le bout dans les côtes d'Hiroto avant de l'activer. En quelques secondes, le jeune homme perdit connaissance. Bon, sur le coup ça semblait être une très bonne idée, mais en pratique Marco se rendit compte qu'il avait oublié un détail : Hiroto était au-dessus de lui. Il s'est donc effondré sur lui de tout son poing, appuyant malencontreusement sur sa blessure à l'épaule.

-Putain de…

Il parvient difficilement à pousser le corps d'Hiroto sur le côté. Ça faisait vraiment mal ! Il avait perdu beaucoup de sang aussi. Il allait perdre connaissance très bientôt sûrement. S'il réussi à attraper son téléphone qui est dans la voiture, et a appelé les secours, il a une chance de s'en sortir. Il essaya de se relever, mais son épaule lui fit perdre l'équilibre. Il n'arrivait pas à supporter son poids sur une seule main, son corps était trop affaibli. Il se laissa retomber sur le sol avec un rire nerveux.

-Si je meurs ici, j'aurais vraiment des regrets…

-Marco !

Le blond tourna la tête à l'entente de son nom. Il aperçut plus loin la voiture de Zoro. Ace en sortit et vient vers lui en courant, ses deux frères sur les talons. Le vert suivit peu de temps après, mais il ne jeta qu'un coup d'œil à Marco avant de prendre son téléphone pour appeler une ambulance. Ace se jeta à genoux à côté de Marco, inquiet. Il parcourut le corps du blond des yeux, effrayé par le nombre de blessures qu'il put apercevoir.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé, s'exclame-t-il.

-On s'est battu, explique Marco en désignant Hiroto d'un coup de tête.

-Tu l'as tué, demande Luffy.

-Taser.

Sabo s'approcha d'Hiroto, soulagé de constater qu'il était toujours inconscient. Pendant que Zoro était toujours au téléphone pour avoir une ambulance, le blond décida d'appeler la police pour qu'ils viennent s'occuper d'Hiroto. Ace avait le regard braqué sur ce dernier, jusqu'à qu'une caresse sur sa joue ne le ramène à la réalité. Il baissa les yeux vers Marco, qui avait tendu sa main pour lui effleurer la peau. Il lui sourit pour le rassurer.

-Désolé, je t'ai inquiété.

-Bien sûr idiot ! Qu'est-ce qu'il t'a pris de te battre avec lui.

-Il attendait devant la maison mais s'est enfui en me voyant. Je ne voulais pas lui donner une autre occasion de s'enfuir.

-Montre-moi où tu es blessé !

Marco désigna son épaule et assure au brun que c'était sa seule blessure en dehors de ça il n'a reçu que des coups. Ace retira sa veste pour faire un point de compression, espérant ainsi stopper l'hémorragie. Marco ferma les yeux un instant, la respiration difficile, lorsqu'il sentit une goutte d'eau lui tomber sur le visage. Mais il ne pleuvait pas. Il sourit tristement.

-Pardonne-moi. Je t'ai fait pleurer.

-Non, ne t'excuse pas. C'est moi qui dois te demander pardon. Je n'aurais pas dû te dire toutes ces choses ! La vérité c'est que…

Ace renifla, essuyant ses yeux avec un juron. Marco tendit à nouveau la main, retirant les gouttes d'eau salé avec son pouce. Ace attrapa sa main, la pressant. Le blond sourit et parla d'une voix douce, son pouce caressant la peau en cercle pour l'apaiser.

-Je sais ce que tu veux me dire. Mais ne le fais pas tout de suite.

-Pourquoi ?

-Je vais perdre connaissance. Je ne veux pas rater ça.

-Marco. S'il-te-plaît… Ne meurs pas !

-Promit. Maintenant… arrête de stresser. Ce n'est pas bon… pour le… bébé…

Sa main retomba et sa vision devient floue. Il avait atteint sa limite. Il eut juste le temps de voir Ace qui lui criait quelque chose, les lumières de l'ambulance derrière lui, avant de sombrer dans l'inconscience. Il lui sembla entendre quelque chose aussi, mais il ne le comprit pas.

« Reste avec moi, Marco ! »


Assit dans la salle d'attente, Ace fixait ses mains jointes. Sa veste ensanglantée était posée sur le dossier de sa chaise. Les traces ne pourront être enlevées, mais ça lui importait peu. Il ne voulait plus la mettre. A côté de lui, Sabo et Luffy essayaient de le réconforter, lui assurant que tout irait bien pour Marco. Zoro revient bientôt avec des boissons pour tous les trois.

-Merci Zoro, s'exclame Luffy.

-Tu devrais boire aussi Ace, l'encourage Sabo.

Le brun acquiesça et prit un verre. Zoro proposa d'aller demander aux infirmières si elles avaient des informations, mais Ace refusa. Il ne voulait pas entendre une réponse négative. Le médecin viendra les prévenir quand ils auront fini avec Marco. Il fini son verre, puis le fit tourner distraitement entre ses doigts. Il caressa son ventre, se rappelant la dernière chose que le blond lui ai dites.

« Arrête de stresser. Ce n'est pas bon pour le bébé. »

-Même dans ces moments-là il ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour nous, pense-t-il.

Pour l'instant, ce n'était que très peu visible qu'il attendait un enfant. Mais il avait accepté qu'un petit être grandisse en lui, et il se sentait obligé de le protéger. Il veut parler de « nous » maintenant. Du bébé, de Marco et de lui. Il fut tiré de ses pensées lorsque quelqu'un s'approcha. Il reconnut immédiatement l'autre policier qui l'a interrogé ce soir-là, avec Marco.

-Inspecteur Thatch, se présente-t-il. Je viens vous donner les dernières nouvelles.

-A propos d'Hiroto, demande Sabo.

-Il est en cellule dans l'attente de son procès. Je peux vous assurer qu'il va recevoir une sacrée peine !

-Merci de nous avoir prévenu…

-C'est ce qu'il mérite, déclare Luffy. Après tout ce qu'il a fait !

Thatch aperçut Ace qui gardait obstinément la tête baissée. Alors c'était pour lui que Marco s'est démené comme un fou ces derniers mois ? C'est sans doute lui qui lui a prit son cœur. Il s'approcha d'Ace, s'accroupissant devant lui pour attirer son attention. Le brun le regarda avec un air coupable, mais Thatch lui fit un sourire rassurant.

-Il n'a reçu qu'une balle dans l'épaule. Il va s'en remettre.

-Je sais, mais… Je ne peux pas m'empêcher d'être inquiet.

-Je pourrais te raconter beaucoup d'histoires dans lesquelles Marco a connu pire ! Toutes vraies à 100 %, je le jure !

-Moi ça m'intéresse, s'exclame Luffy.

-Une fois, il s'est fait mordre par des chiens ! Dix points de suture… Par morsure.

-Trop fort !

Ace ne put se retenir de sourire, et Thatch se félicita de cet exploit. Roger arriva alors vers eux avec un grand sourire, leur affirmant que Marco était vivant et bien réveillé. Il leur explique qu'il n'était normalement pas autorisé à recevoir des visites, mais qu'il pouvait faire une exception s'ils promettent d'être calme. C'est en hurlant le nom du blond que Luffy entra dans la chambre.

-Il n'écoute rien, remarque Roger.

-Désolé, souffle Sabo.

-Je vais le réprimander, l'imite Zoro.

-C'est vrai que tu as eu 10 points de suture par morsure de chien, entendirent-ils Luffy crier.

Sabo, Zoro et Thatch le rejoignirent dans la chambre du blond. Ace voulu les suivre mais Roger le retient par le bras, l'air inquiet. Il l'a vu entrer complètement paniquer dans l'hôpital peu après que Marco a été amené. Lui qui pensait que cette histoire de couple était un mensonge, son fils avait l'air de beaucoup tenir au blond malgré tout. Il lui demande d'une voix calme, pour ne pas le faire se braquer.

-Fils, raconte-moi ce qu'il s'est passé.

Ace le dévisagea, mordillant sa lèvre inférieure nerveusement. Puis il décida de tout lui avouer. Il lui parla de sa relation avec Hiroto, de la nuit où il est entré chez lui par effraction, de l'interrogatoire et donc sa rencontre avec Marco, du harcèlement, de l'agression, du temps passé sous la surveillance du blond, de la découverte de sa grossesse, de leur dispute et pour finir de ce qui est arrivé à Marco quelques heures plus tôt. Roger écoute tout sans l'interrompre, hochant la tête de temps en temps. Ace a aperçut un éclair de colère dans ses yeux quand il a parlé de la tentative de viol. Quand il eut fini, Roger resta silencieux un moment.

-Je suppose que tu dois être déçu… J'ai vraiment merdé…

Il voulut partir, mais deux bras l'enlacèrent et il se retrouva plaqué contre le torse de son père. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il ne s'attendait pas à une telle marque d'affection. Son père ne l'a pris dans ses bras qu'une fois ou deux quand il était petit. Mais là, c'était différent. Son père essayait de le réconforter, de le rassurer.

-Je ne peux pas être déçu de toi Ace. Tu es formidable.

-C'est faux, je…

-Tu n'as pas le droit de penser que tu es un monstre. Tu es quelqu'un de merveilleux, qui a su donner plus d'amour qu'il n'en a jamais reçu. Je sais que tu voulais juste protéger Marco.

Roger s'écarta, gardant néanmoins ses mains sur les épaules de son fils. Un vrai sourire fier étire ses lèvres et suffit à faire pleurer Ace à nouveau. Roger tendit la main pour essuyer les larmes et il déclara, d'un ton un peu amusé.

-Pourquoi tu ne penserais pas à toi pour une fois ?

Ace n'eut pas le temps de répondre car Thatch arriva, toussant pour signaler sa présence. Il montra ensuite la chambre de Marco du doigt, au moment où Sabo, Luffy et Zoro en sortaient. Roger incita Ace à s'avancer d'une pression dans le dos.

-Marco demande à te voir, rit Thatch.

-Vas-y, l'encourage Roger.

Sans hésitation, Ace remercia tout le monde et se précipita vers la chambre.


Dès qu'Ace passa la porte, Marco se redressa dans son lit. Il était soulagé de le voir, et avait presque envoyer bouler les autres, insistant pour parler avec le brun en privé. Il avait dû montrer à Luffy les cicatrices laissées par les chiens avant de pouvoir obtenir ce qu'il voulait. Ace s'approcha du lit, prenant une main de Marco dans les siennes, comme pour s'assurer qu'il était bien là devant lui, vivant.

-Vous allez bien toi et le bébé, demande Marco.

-C'est à moi de m'inquiéter pour toi !

-Tu l'as déjà assez fait.

-Parce que toi, non…

-Je ne cesserai jamais de m'inquiéter pour vous. C'est plus fort que moi.

Ace ne put s'empêcher de sourire, amusé. Il savait que Marco faisait ça pour le détendre et lui assurer qu'il allait bien. Mais il avait des choses importantes à lui dire. Il ne pouvait pas se laisser distraire par les plaisanteries du blond. Il demande à Marco de l'écouter sans l'interrompre. Inquiet, il fronça les sourcils mais accepta. Ace prit une profonde inspiration et se mit à parler.

-Je suis désolé pour ce que je t'ai dit. Je n'aurais jamais dû essayer de te repousser. En faisant ça je t'ai blessé et j'ai piétiner tes sentiments.

-Je te pardonne Ace. Je sais que tu ne voulais pas vraiment dire tout ça.

-Je n'ai pas pu te dire la vérité tout à l'heure. Alors je veux te le dire maintenant.

Marco se rapprocha de lui, posant son autre main sur la joue du brun pour le forcer à le regarder. Ace se laissa faire, luttant contre les larmes. Il ne voulait pas pleurer maintenant, parce qu'il avait encore tellement de choses à dire.

-La vérité c'est que je ne veux pas que tu partes. Je veux rester avec toi. Je veux qu'on élève cet enfant ensemble. Je t'aime et je suis prêt à te donner ma confiance et mon cœur si ça signifie que tu ne me quitteras pas ! Alors… S'il-te-plaît, reste avec moi Marco !

Le blond sourit et le tira lentement vers lui, le forçant à grimper sur le lit à ses côtés. Ace se laissa allonger, la tête posée sur le torse de Marco alors que ce dernier l'entoure de ses bras. L'une des mains de Marco vient se poser sur son ventre, caressant la peau doucement. S'il devait être honnête, Marco dirait qu'il avait envie de faire ça depuis longtemps. Il déposa un baiser sur la tempe d'Ace, laissant le brun se blottir un peu plus contre lui.

-Tu n'avais même pas à me le demander. Je t'ai déjà dit que je ne te quitterai jamais.

-Je voulais que tu saches que je le veux aussi.

-Alors… Tu es d'accord pour former une famille avec moi ?

Ace leva la tête vers lui, et lui offrit le plus beau sourire que Marco ait pu voir de sa vie. Le cœur du blond fit un grand bond dans sa poitrine. Ace se rapprocha de lui pour l'embrasser sur la joue, avant de donner sa réponse.

-Oui. Je veux fonder une famille avec toi, Marco.

Alors qu'ils s'embrassaient, Marco pensa qu'il n'existait personne sur terre d'aussi chanceux que lui.


Un mois plus tard se déroula le procès d'Hiroto Satoshi. Il prit trente ans de prison de prison ferme ainsi que trente milles d'amende pour harcèlement moral, tentative de viol et tentative d'homicide. Son divorce avec Seiko fut reporté à après sa libération, ce qui ne dérangea pas cette dernière. L'ensemble des collègues de Marco laissèrent éclater leur joie en apprenant qu'ils n'allaient plus recevoir la visite de cette folle furieuse.

Quelques mois après, Ace accoucha d'une petite fille qu'il décida d'appeler Aoi. Peu importe combien il a stressé, combien il a eu peur et combien il a douté de lui quand il a tenu son bébé dans ses bras il se sentait capable de tout et n'importe quoi pour elle. Par chance, elle était son portrait craché, hormis ses yeux bleus qu'elle tenait de son deuxième parent. Mais tout le monde s'en moquait parce qu'elle était vraiment trop mignonne avec les yeux bleus.

Toute la famille est venue voir la petite princesse bien sûr. Sabo et Luffy les premiers. Ils ont tous les deux fondus en larmes en la voyant. Après ça, il était très difficile de faire sortir Luffy de la chambre. Roger était venu lui aussi, devenant complètement gaga devant sa petite-fille. Marco l'a surpris en train de pleurer au détour d'un couloir, mais il n'a rien dit. Les amis de Luffy vinrent aussi, dans un concert de cri enjoué et de pleurs. Franky et Brook s'étaient serrés mutuellement dans les bras l'un de l'autre. Nami avait tenu à la prendre dans ses bras, s'émerveillant de sa beauté Robin et Chopper autour d'elle. Sanji avait montré son amour pour les enfants, refusant de s'éloigner de la petite et restant des heures à l'observer sans parler. Usopp lui racontait déjà des histoires, et tout le monde à rit quand la petite à fait un sourire à l'une d'elles. Quant à Zoro… Il se faisait harceler par Luffy, qui exigeait d'avoir un enfant aussi mignon avec lui.

-En attendant, je vais pourri gâter ma nièce !

-Je te l'interdis, proteste Ace.

Garp était venu lui aussi, accompagné de Dragon. Les deux hommes firent les fiers en entrant dans l'hôpital, mais le premier n'arrêtait pas de câliner l'enfant, et le deuxième pleurer comme une fontaine. Thatch vient leur rendre visite lui aussi affirmant que, tout comme Luffy, il allait gâter cet enfant. Marco dû le menacer pour qu'il se calme. La même scène se reproduit avec chacun des autres frères du blond (et il en a beaucoup). Ace fut surprit lorsque Dadan vient elle aussi, accompagné de toute sa bande. Si elle se montra peu aimable au début, elle sortit un mouchoir gigantesque de son énorme décolleté pour essuyer ses larmes. Ace lui proposa de la tenir, et elle manqua de s'évanouir.

-Tu as une très grande famille ma chérie, avait dit Ace en riant.

-Tu ne risque pas de te faire embêter, avec autant de monde pour te protéger.

-Déjà, avec ton papa poule…

-Je ne peux pas te contredire là-dessus.

Après toute l'histoire avec Hiroto, Ace et Marco avaient prit le temps de réfléchir et ils avaient finalement décidé que ce serait au brun d'emménager chez son amant. Pour réconforter Sabo, ils lui ont laissé organiser et préparer la chambre du bébé. Aoi étant arrivé un peu plus tôt que prévu, le blond s'était dépêché de tout finir pour que sa nièce ait un endroit confortable ou dormir. C'est avec fierté qu'il montra au couple le résultat de son travail.

-Tu es le meilleur Sabo, s'exclame Ace en faisant le tour de la chambre avec Aoi dans ses bras.

-Tu me flattes, rougit le blond.

-Je te laisserai organiser notre mariage, murmure Marco pour qu'Ace n'entende pas.

-Compte sur moi…

Le soir, ils ont tous fait la fête pour célébrer l'arrivée d'Aoi dans ce monde. La maison fut remplie de bruit, mais les quelques voisins qui sont venus se plaindre se sont vu présenté l'invité d'honneur et ils ont tous fondu devant sa bouille adorable et potelée de petit bébé. Aucun des collègues de Marco ne reçu d'appel pour tapage nocturne. Une fois tout le monde partit (sauf Sabo, Luffy et les amis de ce dernier qui s'étaient endormit un peu partout dans la maison), Ace et Marco sont allés dans la chambre de leur bébé pour le regarder dormir.

-Jamais je n'aurais cru vivre ça un jour, sourit Ace.

-Moi non plus. Mais je suis content de connaitre ce bonheur avec toi.

-Que dirais-tu de profiter de ça en privé…

-Ace, tu sors de l'hôpital.

Mais qui est Marco pour résister au charme aguicheur de son amant… Quelques secondes plus tard, ils étaient tous les deux dans leur chambre, s'embrassant comme si le monde allait s'écrouler demain. Marco s'assura de prouver à Ace à quel point il l'aimait, toute la nuit. Et le brun lui rendit son amour sans hésitation et sans compter.

Le lendemain, c'est la voix innocente de Luffy qui les a réveillés.

-Vous avez fait un autre bébé ?

Il se fit poursuivre par Ace dans toute la maison, sous le regard amusé de Marco.


Cet OS a été inspiré de la chanson et du clip "Il avait les mots" de Sheryfa Luna.

J'ai passé énormément de temps à l'écrire parce qu'il est vraiment très long. Je n'avais pas prévu qu'il le soit autant quand j'ai rédigé le plan... J'espère qu'il vous a plus malgré tout !