- Cette fanfic est en trois chapitres, avec deux focalisations internes et une focalisation externe. Donc, si vous n'aimez pas les changements de points de vue, vous êtes prévenus.

- Les personnages centraux sont des romuliens, forcément si vous êtes fan de Picard, Seven, Soji ça va piquer un petit peu.

- De façon générale, cette histoire est du point de vue des antagonistes.

Bonne lecture.

Vocabulaire romulien:

klivam (insultant, péjoratif)= Klingon

Mnhei'sahe = Concept d'honneur romulien.


J'avais déjà vécu cette sensation plusieurs fois au cours de ma vie. Ma chute semblait infinie et mon combat avec l'humaine borg m'avait affaibli. J'avais une fracture sur le côté ainsi qu'une plaie au crâne. Tandis que je tombais, j'espérais que mon incapable de frère s'était acquitté de la simple tâche que je lui avais confié. J'étais bien incapable de mourir en paix en ignorant si ma mission avait été achevée.

Je tentais brièvement de réfléchir à plan mais la sensation de la chute me distrayait. Combien de secondes avant que je ne percute le sol de ce maudit cube ? Tout d'un coup, je me souvenais de l'existence du dispositif de téléportation sur mon poignet et sans hésiter je l'activais. Je fus téléportée dans mon repaire secret au sein du cube borg, celui qui avait une vue sur la mer de cette planète.

Mon dos percuta brutalement le sol de mon repère secret. J'entendis un craquement sinistre provenant d'une de mes phalanges dorsale. Je grimaçais, à l'inverse des espions cardassiens, je ne possédais aucun dispositif antidouleur implanté dans mon cerveau. Des larmes roulèrent sur mes joues et tout d'un coup mon corps fut secoué par des sanglots. Un afflux d'émotions diverses me montaient au cerveau tandis qu'un rire dément s'échappa de mes lèvres. Si un vulcain se trouvait dans les parages, il aurait été sans doute horrifié de voir un tel déferlement d'émotion. Mon rire redoubla d'intensité alors que j'imaginais un vulcain m'observant de son air qu'il pensait supérieurement impassible.

Mon estomac se contracta brutalement tandis que ma voix déraillait. Est-ce que les borgs peuplant ce cube pouvaient m'entendre ? J'étais surprise que personne n'ait découvert ma cachette. Toujours allongée sur le sol, je balayais la pièce du regard. Quelques jours plus tôt, je l'avais montré à mon frère Narek. Il ne semblait pas être revenu et cette planète ne semblait pas avoir été rayée de la surface de cette galaxie. L'existence de ces êtres synthétiques me rendait physiquement malade.

Je tentais de reprendre le contrôle de ma respiration tandis que je roulais sur le sol. J'étais sur le ventre, le corps toujours secoué d'une crise de fou rire tandis que des larmes continuaient à couler. J'étais vivante. Je n'avais sans doute jamais été aussi vivante de toute ma vie. Tremblante, je tentais de me relever. Je rampais vers le mur le plus proche pour m'appuyais dessus afin de me relever. Cela me prit une dizaine de minutes ou peut-être plus. Je me tenais à présent debout en dépit de mes jambes flageolantes.

Ma crise de fou rire continuait tandis que je me dirigeais vers une petite table contenant une trousse de secours noir. Celle-ci contenait deux boîtes d'analgésique dont j'allais avoir besoin. Sitôt le produit injecté de mon organisme, toute douleur cessa et ma crise de fou rire prit fin. Soulagée, je me dirigeais vers mon ordinateur spécial pour consulter le collectif de renseignement que le Tal Shiar et le Zhat Vash ont collecté et mis à disposition de leurs agents.

Première surprise, j'avais été déclarée morte. Cette imbécile de borg avait tiré des conclusions inexactes alors qu'elle n'avait même pas vu mon cadavre. Tant mieux pour moi. Deuxième surprise, moi et Narek avons été déclarés traître à l'empire par le commodore Oh. J'étais très bien placée pour savoir ce qui arrivait aux traîtres à l'empire. Une interrogation en règle suivie d'une exécution. Qu'avait donc fait mon imbécile de frère ?

Le problème, c'est que je ne trouvais rien. Une intervention militaire avait bien eu lieu. Il semblait que Picard ait trouvé un moyen de faire intervenir la Fédération. Selon les dossiers mon frère était détenu par les synthétiques et son sort était en suspend. C'était répugnant de voir des créatures artificielles revendiquaient un statut et une société. Elles n'étaient pas mieux que l'ordinateur que j'utilisais actuellement.

Je fermais ma session, j'ignorais si le Tal Shiar avait repéré ma présence ou s'ils pensaient avoir été piratés par des borgs voir même la Fédération. Je me fichais complètement de ce qu'ils pensaient, dans quelques heures toute possibilité de me connecter dans leur base de données serait sans doute bloquée. J'étais coincée. Même si je m'échappais vivante de cette situation, je n'avais nul part où allait. J'étais une traîtresse aux yeux de mon peuple et une meurtrière aux yeux de la Fédération.

J'étais douée pour suivre les ordres et mettre en oeuvre des assassinats. J'étais une combattante et un soldat très efficace, meilleure que Narek. Je n'étais pas stupide mais je préférais la force brute plutôt que de recourir à la manipulation et la ruse. Je détestais l'admettre mais Narek était meilleur que moi dans ce domaine. Je le méprisais pour cette raison. Il était l'image du parfait romulien, manipulateur et vicieux à souhait. Face à lui, je me sentais parfois pas mieux qu'un klivam. Il aurait pu faire un très bon politicien.

Je retenais une grimace, imaginer mon frère comme sénateur n'allait pas améliorait mon humeur et ne me sortirait pas de cette situation. J'avais besoin de lui. Il saurait quoi faire. Il avait toujours un plan. Mais je devais d'abord sortir de ce cube sans être vue. Je ne savais pas sous quelle influence étaient les borgs et le fait que Ramhda soit parmi eux ne me rassurait pas. J'allais sortir par la sortie et je tuerais tout ceux qui se mettront à travers mon chemin.

Un sourire s'étira sur mes lèvres lorsque j'imaginais le regard désespéré que me lancerait Narek. D'ailleurs, si je devais penser comme lui, que devrais-je faire ? Ecarter les jambes au moindre borgs que je croisais et prier pour qu'ils restent silencieux ? J'étais sûre que Narek aurait adoré l'idée. Se servir de sa libido comme d'une arme c'était sa spécialité. Ca m'avait toujours dégoûté.

Je possédais divers couteaux militaires ainsi que deux disrupteurs lorsqu'une idée me vint à l'esprit. En construisant ce repaire, j'avais pris soin d'y mettre de la nourriture, de l'équipement médical ainsi que des combinaisons de dissimulation. Je me précipitais pour ouvrir une autre boîte noire et j'en sortis la combinaison. La tenue paraissait légère et possédait même un masque de protection. Les borgs avaient la capacité de détecter ce genre de dispositif mais ce n'était pas forcément le cas des synthétiques. Les tueurs que j'avais envoyé avait réussi à venir à bout d'un des leurs.

J'enfilais la combinaison. Pas question de laisser mon frère aux mains de la Fédération. A moins que la synthétique qu'il avait séduit n'ait choisit de se venger ? L'attirance de Narek pour cette chose restait un mystère. Personnellement, je n'avais jamais été excitée à la vue des ordinateur de bord de nos vaisseaux de guerre mais parce que l'un de ces appareils prenait la forme d'une femelle attirante, ça devait être différent ?

Tout en essayant de comprendre le raisonnement débile de mon frère, une douleur fulgurante traversa les entrailles de mon estomac et me fit vomir. Le sol était tapissé d'un fluide vert... du sang. Je vomissais du sang. Peut-être que je ne devrais pas penser à Narek et cette chose. C'était répugnant. J'humidifiais mon visage avec l'aide d'un spray se trouvant également dans ma trousse de secours que je rangeais dans un sac avec de la nourriture et une autre combinaison pour Narek.

Le coeur battant, je quittais la sécurité de ma cachette pour me confronter au monde extérieur. Tandis que j'arpentais les couloirs du cube borg, je remarquais que tout semblait chaotique voir désert. Ma gorge se noua lorsque je pensais à nouveau à Ramdha. Je n'avais aucun moyen de la sauver maintenant ou de la ramener avec moi. Son état risquait de compromettre le sauvetage de Narek. Les borgs que je croisais m'ignoraient. J'ignorais si c'était parce que le dispositif de dissimulation fonctionnait et donc que j'étais invisible à leurs yeux ou s'ils s'en fichaient. Il n'y avait plus aucun reflet vert, les couloirs du cube étaient sombres et métalliques. Ils étaient aménagés en spirales et en hauteur, reliés par des rampes les uns aux autres.

Le vertige n'était pas un état connu chez les romulien. En fait, il n'existait aucune traduction pour ce mot mais j'avais découvert que certains humains pouvaient en être atteint. Au cours d'un interrogatoire, je m'étais amusée pendant des heures à en laisser un dans une cage transparente et accrochée en hauteur. La façon dont il se recroquevillait et tremblait était très drôle. Je me demandais comment la Fédération avait pu accepter un tel incompétent dans ses rangs. Mais Narek avait tout gâché ce jour-là. Il avait rendu visite au prisonnier, l'avait nourri et l'avait même soigné. Bon, il avait aussi drogué sa nourriture. Pourtant, d'une façon ou d'une autre il aurait parlé mais Narek détestait l'usage de la violence sur les prisonniers. Il n'aimait pas non plus les exécuter. Il aimait les collectionner et les réutiliser plus tard. Pour le commodore Oh, c'était un gaspillage de ressources mais Narek était inventif et doué pour retourner les prisonnier et les transformer en espion.

Tandis que je continuais à me frayer discrètement un chemin au seing du cube, une idée me vint à l'esprit. Je décidais de faire un petit détour et de rendre visite à ma tante Ramdha. Elle se trouvait toujours inconsciente sur ce lit et complètement à la merci de nos ennemis. Maintenant que moi et Narek étions considéré comme des traîtres, j'étais sûre qu'elle ne survivrait pas longtemps. Elle se trouvait à ma merci, inconsciente sur ce lit, ses cheveux épaix étaient étalés sur l'oreiller et ses yeux toujours clôts.

Je sortais mon poignard, mon honneur me commandait de mettre fin à ses jours par amour pour elle. La main crispait sur le poignard, j'hésitais. La Fédération ne s'embarrasserait pas de prendre en charge une romulienne. Peut-être devrais-je juste me concerter avec Narek ? C'était après tout une histoire de famille. Mais si j'échouais, je n'aurais pas d'autre occasion de la sauver. Pourtant, j'étais fatiguée, je voulais juste retrouver Narek au plus vite et discuter de notre situation.

- Mnhei'sahe est reporté pour plus tard, soupirais-je en rangeant mon couteau.

Je repris mon chemin vers la sortie en veillant à ne pas attirer l'attention des borgs. J'étais peut-être invisible mais cela ne voulait pas dire qu'ils ne pouvaient pas me détecter. Pourtant, j'avançais vers la sortie et la franchissait sans problème. Il faisait nuit, je savais qu'il devait existe quelques kilomètres de marche avant d'arriver à la ville de mes ennemis. Tandis que je m'enfonçais dans la nuit éclairée par les deux lunes rouges de cette planète, j'espérais que ce trajet ne serait pas pour rien.