Bonjour à tous et merci de votre intérêt pour cette histoire.

Je prends le temps d'écrire ce petit préambule (parce que les caractères sont limités dans le résumé) pour vous prévenir de certaines choses:

Déjà, le ton de cette histoire va quelque peu changer. Les personnages principaux entrent de plein pieds dans l'âge adulte et les enjeux sont, du coup, un peu plus sérieux. Cette histoire est plus sombre aussi.

Je tiens à prévenir les lecteur/trices que cette histoire contiendra des scènes de violence explicites (voire de torture) en plus des scènes de sexe (bien séparées, il n'y aura pas de scène de viol ou d'agressions sexuelles). Je dois aussi vous annoncer (à regret) la mort de plusieurs personnages principaux dans cette histoire. J'ai donc classé cette histoire M.

J'espère que ces petits avertissements ne vous auront pas dégoûté. Je vous promets que la qualité sera toujours au rendez-vous.

Encore un énorme merci à vous tous qui me suivez et pour votre soutien.


1

PÉRIODE DE CRISE


Il était près de minuit et Hermione Weasley, née Granger , les mains surchargées de dossiers épais, déambulait, à petites foulées, les couloirs sombres et déserts, du Ministère de la Magie. En choisissant cette carrière, elle était loin d'imaginer les heures interminables à passer sur son lieu de travail lorsqu'une crise éclatait on-ne-sait-où. Elle en avait passé des nuits blanches à rédiger des rapports sur les différentes revendications des Gobelins; à discuter pendant des heures avec des elfes de maisons qui avaient encore du mal à comprendre pourquoi on leur octroyait des droits et qui menaçaient de se suicider dès qu'on parlait salaire; ou à convaincre un Ministre moldu de ne pas mêler ses forces de police à une simple rencontre diplomatique entre deux nations magiques.

Hermione ne l'avait montré à personne mais elle avait regretté de ne pas être plus là pour ses enfants. Elle avait pleuré un nombre incalculable de fois contre son oreiller lorsque Ron lui racontait les premiers pas de Rose ou les premiers mots d'Hugo. Elle avait fait de son mieux et avait prouvé qu'une sorcière pouvait très bien allier maternité et carrière. Hélas, il demeurait toujours une petite voix dans sa tête, lorsqu'elle se retrouvait à son bureau tard le soir, devant une montagne de parchemins, qu'elle aurait plutôt préféré être aux côtés de ses deux enfants à se faire dorloter par son mari.

Heureusement, depuis quelques années, les choses s'étaient radicalement améliorées. Hugo entrait dans sa dernière année à Poudlard et Rose était devenue auror et était entrée, de plein pied, dans la vie active. Hermione était contente que sa fille ait trouvé sa voie après ses années difficiles à Poudlard et son enthousiasme pour cette carrière faisait plaisir à voir, bien que Ron lui ait mille fois répété que c'était bien trop dangereux.

Essoufflée et en nage, Hermione arriva enfin devant la double porte, recouverte d'un épais cuir vert à bouton. Contre toute attente, elle s'ouvrit et la tête de son secrétaire apparut, légèrement pâle et terriblement nerveux.

— Madame! Ils attendent…

— Oui, je suis là!

Elle lui fourra ses dossiers dans les bras et lissa sa jupe. En reprenant une certaine contenance, Hermione Weasley fit son entrée qui ne manqua pas de se faire remarquer. La salle du nouveau sénat (celui instauré pendant la reconstruction), était aussi grande et haute de plafond que les atrium pour rendre la justice. Les gradins de bois neuf faisaient le tour de la salle de marbre, richement décorés. En entrant, Hermione fut aussitôt engloutie par une océan de murmures et de toges d'une multitude de couleurs. Elle se fraya un chemin entre deux estrades, bousculant le représentant des êtres de l'eau qui pataugeait dans son petit bassin. Son secrétaire la suivait de près, s'excusant auprès des sénateurs, à la place d'Hermione, à qui ils lançaient des regards noirs.

Toutes les races jugées comme 'intelligentes' étaient représentées dans ce sénat. Bien sûr, il y avait une majorité de sorciers de convictions politiques diverses. Mais les elfes de Maisons (qui n'avaient toujours pas compris leur rôle dans cette assemblée), les gobelins, nains, vampires, loup-garou, troll et même géants (représentés par un métisse comme Hagrid), tous siégeaient avec les sorciers pour la démocratie du Monde Magique. Hermione faisait souvent remarquer qu'il ne manquait plus que les moldus et on la raillait pour ça.

L'ambiance était électrique dans la salle. Les sénateurs et émissaires s'échauffaient entre eux. Le ton se haussait de partout. Hermione entendit, à quelques rangs plus bas, une violente dispute entre un gobelin et un sorcier.

Hermione se laissa tomber sur la place à côté d'un vieil homme grisonnant qui portait, pour l'occasion, une redingote d'un pourpre très prononcé et un haut-de-forme noir qu'il portait de travers. Affublé ainsi, il ressemblait à ces moldus des siècles derniers.

— Auguste! Qu'est-ce que j'ai manqué?

— Très peu de choses ma chère. Nous en sommes encore aux présentations.

La sénatrice leva les yeux au ciel. Cette tradition exigée par les gobelins leur prenait à chaque fois trois heures. Et si par malheur, l'annonceur oubliait l'un des sénateurs d'une race particulière, le lésé demandait à ce que toute la cérémonie recommence depuis le début.

— On en est où?

— Au duc de Gloucester, membre du parti "Du sang pour tous les vampires".

— Très bien, ça me laisse le temps de relire mes notes. Stephen?

Le secrétaire, assis à côté d'elle mais d'une transparence effarante, lui tendit l'un de ses dossiers sans l'ombre d'une hésitation. Hermione le remercia et parcourut, par-dessus ses lunettes de lecture, le rapport qu'elle venait de rédiger, tôt ce matin.

— J'espère que vous êtes prête, sénatrice. Ils ne vous feront pas de cadeaux. Les gens ont peur.

— Je le sais bien, Auguste.

Le crieur, un homme avec des allures de croque-mort et munis d'un lourd brigadier, frappa trois coups pour amener le silence. Aussitôt, les cris, les discussions et les murmures s'estompèrent pour laisser place à un silence de mort. La séance extraordinaire pouvait commencer. Hermione serra ses notes dans ses mains, soudain, devenue très anxieuse.

— Messieurs, Dames, le Ministre de la Magie.

Toute l'assemblée se leva pour saluer l'arrivée du ministre. Kingsley Shacklebott, qui devait avoisiner les soixante-dix ans, fit son entrée, entouré de deux jeunes aurors dont Hermione ne se souvenait plus de leurs noms. L'ancien auror n'avait rien perdu de sa superbe même en prenant de l'âge. Toujours aussi grand, toujours aussi imposant, il avait entamé un deuxième mandat extraordinaire, après de longues années de retraite bien méritée. Son charisme imposait toujours autant le respect. Il était l'homme qui avait combattu Voldemort pendant la Grande Guerre et l'homme qui les avait sorti des ténèbres avec son premier mandat et ses réformes révolutionnaires. Il avait rempilé en ces temps de crises et tous voyaient en lui le nouvel espoir d'une politique en déclin. Quelques applaudissements admiratifs ponctuèrent ses pas. Vêtu d'une belle robe magenta, il avança d'un pas sûr vers l'estrade au milieu de la salle et demanda à l'assistance de bien vouloir se rasseoir, de sa voix chaleureuse et grave.

— Messieurs, Mesdames, sénateurs et représentants, je vous remercie d'avoir répondu à l'appel de cette assemblée extraordinaire. Vous me connaissez, je vais toujours droit au but et je ne changerai pas aujourd'hui. Les temps sont graves. Nous vivons actuellement une crise sans précédent et nous devons agir vite.

Un murmure approbateur parcourut la salle.

— Il y a une semaine, vers neuf heure trente du matin, l'ensemble de la communauté magique ainsi que moldue a assisté à l'explosion de la Grotte de Merlin, l'un des bastions de notre culture magique, qui est aussi l'un des sites touristiques les plus prisés des moldus pour ses légendes. L'incident a causé pas moins d'une vingtaine de victimes, toutes moldues. Grâce à la Brigade des réparations des accidents de sorcelleries, nos oubliators ont pu réduire l'impact de cette catastrophe par un tremblement de terre. Nous avons dû cependant prévenir le Premier Ministre moldu de la vraie nature de cette explosion qui n'a pas apprécié les conclusions inexistantes de cette affaire.

Hermione en savait quelque chose. Depuis quelques années, elle avait été nommée agent de liaison entre le Monde Magique et les moldus. C'était elle qui avait dû franchir la cheminée du Premier ministre pour lui expliquer que ce n'était pas un tremblement de terre qui avait détruit la mythique Grotte de Merlin. Le vieil homme empaté n'avait pas apprécié les longs silences gênés d'Hermione lorsqu'elle n'avait pas pu lui donner plus d'explications.

— Malgré l'enquête de la Brigade de la police magique et même des aurors, aucune conclusions convaincantes n'a pu expliquer ce qui a provoqué cette explosion. Cependant, il y a trois jours, le Département des Mystères a tenu à présenter son propre rapport sur l'affaire.

Les membres du Sénat se mirent à chuchoter. Certains s'esclaffèrent même. D'autres étaient agacés, ou d'autres encore légèrement effrayés. Auguste se pencha un peu plus en avant, soudain toute ouïe et Hermione se posa mille questions, comme à son habitude. Le Département des Mystères était le plus spécial de tout le Ministère. Presque à part, il n'était régit sous aucune autorité, pas même celle du Premier Ministre, ce qui en agaçait plus d'un. Les employés du Ministère préféraient de pas parler de ceux qui y travaillaient, les Langue-de-plomb. Lorsqu'on en voyait un, vêtu de sa robe noire, on ne pouvait s'empêcher d'être intimidé ou effrayé par les secrets qu'ils devaient détenir. Hermione en avait eu une vague idée lorsqu'elle avait accompagné Harry dans la salle des Prophéties pour sauver Sirius. Certaines choses qu'elle avait vu là-bas, la hantait encore, comme une question qui ne trouvait pas de réponse.

— Je vous demande d'accueillir, Wulfric Gelbero, la Langue-d'or du Département des Mystères.

Kingsley se mit à applaudir en s'écartant de l'estrade mais peu de gens l'imitèrent ou dans des tentatives lamentables de claquements faiblards. La Langue d'or, directeur du Département des Mystères, s'avança dans la salle d'un pas serein, vêtu d'une longue robe d'un noir d'encre, l'air parfaitement calme. Son crâne dégarni luisait à la lueur des torches tandis qu'il parvenait à la hauteur de Kingsley qui lui tendit la main. Le vieil homme prit place devant l'estrade et affronta le sénat d'une voix douce et tranquille.

— Je souhaite la bonne soirée aux membres de l'Inter-racial sénat magique, commença-t'il. Tout d'abord, je tiens à vous présenter mes excuses pour la lenteur de notre intervention. Nous n'avons pas l'habitude d'agir sur le terrain. Nous faisons plus office de bibliothécaire que d'enquêteur.

Il émit un petit rire qui ne trouva pas d'échos dans l'assemblée. Loin de s'en vexer, il poursuivit son discours.

— Plusieurs de nos meilleures Langues-de-Plomb se sont rendus sur les lieux et ont émis les conclusions suivantes: la source de la Grotte de Merlin a explosé.

Il y eut à nouveau des murmures parmi les sénateurs. Beaucoup fronçaient les sourcils pour exprimer leur réprobation. Hermione réfléchissait à toute vitesse. Kingsley dût intervenir pour ramener le silence dans la salle.

— Je sais que bon nombre d'entre vous ne croient pas à l'existence des sources magiques sous nos pieds. Mais il est important pour la suite que vous admettiez au moins l'hypothèse de son existence. Les sources magiques existent bels et bien. Notre département en est en charge depuis de longs siècles. Ces sources ont causé beaucoup de débats et recèlent encore biens des mystères, même pour nous.

— C'est quoi cette histoire de source? marmonna Auguste dont les épais sourcils argentés étaient plus froncés que jamais.

— Ce sont des points telluriques qui regorgeaient toutes la magie qui anime les êtres vivants, répondit Hermione à mi-voix.

— Ne me dites pas que vous y croyez! s'étrangla Auguste.

Hermione haussa les épaules. Il était inutile de convaincre Auguste, un vieu sorcier encore bien ancré dans les vieilles traditions. Elle-même avait eu du mal à y croire. Mais après avoir écouté le récit de ses enfants à Poudlard, il y avait trois ans de cela, elle avait bien dû admettre l'existence de ces sources magiques.

— Il existe une quantité de sources sous nos pieds, dans notre pays, continua Gelbero. Elles sont toutes connectés entre elles en une sorte de réseaux souterrains qui refait surface de temps en temps sur notre terre. L'un de ces points se trouvait à la Grotte de Merlin et un autre à Poudlard.

Des éclats de voix suivirent la déclaration de la Langue-d'or qui ne s'en formalisa pas. Il devait avoir l'habitude de ce genre de scepticisme grossier. Plusieurs rangées le huèrent. Un gobelin se leva de son banc et brandit le poing en pestiférant contre le vieil homme.

Au deuxième rang, un petit sorcier courtaud avec un chapeau melon noir se leva en demandant la parole.

— Vous insinuez que c'est une sorte de source mystique qui donnerait tout le pouvoir à l'école de sorcellerie la plus connue au monde?

— Nous le pensons, en effet…

Les huées s'amplifièrent et plusieurs boulette de papier furent jetées sur le pauvre sorcier qui n'essaya même pas de se défendre. Hermione contempla le spectacle, navrée. Kingsley dut hausser la voix pour calmer l'assemblée.

— C'est une pure farce! cria un sorcier, plus haut dans les gradins.

— J'étais comme vous, répliqua Gelbero d'une voix plus dure. Certains d'entre nous avaient avancé l'hypothèse d'une énergie magique émise par la terre. Je ne l'ai pas cru. Mais il y a trois ans, nous avons reçu le rapport de la Directrice de Poudlard, le professeur McGonagall qui nous a rapporté la découverte d'une source d'énergie à Poudlard, jadis protégée par les quatre fondateurs.

Au nom de la directrice de Poudlard, tout le monde se tut soudain. Hermione avait la gorge serrée. Elle connaissait cette histoire. Ses enfants y avaient été impliqués et avaient même risqué leur vie. L'affaire avait eu peu d'échos. Minerva avait préféré protéger les enfants. Hermione n'avait jamais su qu'elle avait envoyé une lettre au Ministère. Elle ne sut si elle avait eu raison ou non, vu la réaction de ses collègues.

— Nous avons procédé à une étude approfondie de cette découverte incroyable. D'après le témoignage de plusieurs acteurs majeurs de l'événement, quelqu'un aurait eu vent de l'existence de cette source et aurait cherché à la détruire avec les reliques de la mort.

— Vous êtes sérieux? intervint une sorcière blonde, bien coiffée, la cinquantaine. Vous vous rendez compte de ce que vous nous racontez? Une source...et maintenant les Reliques de la Mort! Ce sera quoi la suite? Le complot du Père Noël?

— Les Reliques de la Mort existent…, dit une voix dans les plus hauts gradins, plongés dans l'ombre.

Toutes les têtes se tournèrent vers le mystérieux intervenant dont la voix était connue de tous. Hermione n'eut même pas besoin de se dévisser la tête pour reconnaître son meilleur ami. Le Grand Harry Potter, fraîchement nommé à la tête des aurors, se leva pour toiser l'assemblée. Hermione ne savait pas qu'il assisterait à cette réunion. Elle fut heureuse de le voir mais aussi incroyablement inquiète par ce qu'il venait de révéler. Mais la plupart des reliques avaient disparu dans la source, il y avait de cela trois ans. Il n'avait plus besoin de cacher leur existence.

— Mr Potter a eut la gentillesse de nous renseigner sur le sujet, informa Gelbero en désignant Harry.

— Excusez-moi, continua la petite sorcière replète. Mais j'ai encore du mal à croire que ces reliques n'aient jamais existé. Il s'agit d'une légende véhiculée par le mythe de Dumbledore. Tout le monde a lu le livre de Rita Skeeter.

— Dites-vous que le Ministère de la Magie ne m'a pas cru non plus quand j'ai annoncé le retour de Voldemort, voyez où ça les a menés, répliqua Harry sur un ton sec.

La sénatrice ravala sa salive et se rassit lentement dans un silence de mort. Hermione eut un sourire amusé. Personne ne pouvait avoir oublié l'avènement de Voldemort après le fiasco du Ministère. Même plus de vingt ans après, cette période hantait les sorciers et sorcières de tout le pays; et Harry était bien placé pour le savoir.

— Mes experts ont pu émettre une théorie sur ce qui s'est passé dans la Grotte de Merlin. Il semblerait que lorsque les Reliques de la Mort ont été dissoute dans la source de Poudlard, il y ait eu comme une sorte de surplus d'énergie magique qui a dû se déverser quelque part, dit Gelbero d'une voix mal assurée.

Ce fut au tour d'Auguste de se lever. Hermione contempla son collègue se redresser de toute sa hauteur. Il émanait de lui une grande puissance et un charisme que peu de gens pouvait égaler, si ce n'était Kingsley ou Harry. Auguste McSullivan avait résisté pendant la Grande Guerre en faisant passer un maximum de familles de sorciers hors des frontières. Il luttait, à présent, aux côtés d'Hermione pour réduire le fossé entre le monde magique et les moldus. Il était respecté de tous et tout le monde l'écoutait.

— Vous êtes en train de dire, dit Auguste sur un ton réticent, que cette énergie magique résiduelle a explosé dans la Grotte de Merlin, ce qui a provoqué ce cataclysme?

— Oui, nous pouvons dire que nous avons eu de la chance, dit Gelbero. Elle aurait pu exploser sous une maison de sorciers.

— Vingt-sept moldus sont morts ce jour-là, répliqua sèchement Auguste. Ne me parlez pas de chance!

Gelbero encaissa le propos d'Auguste mais il ne put masquer sa surprise. Des huées s'élevèrent encore. Cette fois-ci, elles visèrent autant Gelbero que Auguste. Tout le monde n'avait pas la même affection pour les moldus… Auguste répondit à ses opposants par des insultes grossières et Hermione dut insister pour qu'il daigne se rasseoir, rouge de colère et la veine du front ridé palpitante.

— Je suis navré de ces pertes, se corrigea Gelbero. Mais il ne s'agit pas de débattre sur la condition sorcier ou moldu. Il s'agit de vous prévenir. L'explosion de la Grotte de Merlin a complètement bouchée sa source. Ce genre d'incident n'est pas anodin. Nos premières études sont claires… Le réseau est perturbé et cela peut entraîner des conséquences navrantes.

— Quelles genres de conséquences? demanda une voix perdue dans la salle.

— Une perte des capacités magiques.

Il eut un brouhaha ambiant. Plusieurs sorciers se levèrent, outrés en mugissant des paroles incompréhensibles. Le représentant des vampires se leva à son tour. Son teint blafard était plus pâle que d'habitude.

— Même pour les créatures intelligentes? demanda-t'il en espérant faire partie des exception.

— Cela touchera chaque être vivant et créatures qui utilisent de la magie.

Le chaos fut total. Entre ceux qui ne croyait pas un mot de ce que disait la Langue- d'Or et ceux qui se lamentèrent sur une baisse de magie, on aurait dit que la salle venait de subir une explosion acoustique. Les parchemins volèrent dans les airs, des sorciers enjambaient des collègues pour se frayer un chemin vers la sortie. Seul les trois coups du brigadier purent ramener un semblant de calme dans la pièce.

— J'aimerais vous rassurer, sénateurs, dit Gelbero quand il put se faire entendre. Je vous parle d'une baisse de magie provisoire. Nous venons de vivre le plus dur. Après cette explosion, le réseau est perturbé mais il va très certainement se stabiliser dans les mois qui viennent.

— Vous n'en êtes pas sûr! cria une voix.

— En supposant que tout cela soit vrai! cria un autre.

— Il n'est cependant pas inutile d'oublier, et je terminerai là-dessus, haussa-t'il la voix, que cet incident déplorable doit nous rappeler notre responsabilité et notre humilité envers la magie. Oui, messieurs dames, la magie ne se transmet pas essentiellement par le sang et je suis peiné que cette nouvelle vous déplore. Nous devons agir en conséquence et respecté cette découverte qui ne nous a pas encore révélé tous ses secrets. Je demande à cette assemblée d'opter pour une ligne de conduite qui mettrait tout en oeuvre pour recenser et protéger ces sources, fondement de notre civilisation.

Gelbero cria ses dernières conclusions pour s'entendre au-dessus des discussions animés de l'assemblée. A la fin de son discours, il rassembla ses notes, salua le Ministre et se dirigea vers la sortie en évitant de croiser le regard des premiers rangs.

— SILENCE! cria Kingsley de sa voix puissante. Vous avez entendu les conclusions du Département des Mystères et je tiens à préciser qu'il ne s'agit que de théories. Nous attendons encore le rapport des Brigades d'enquêtes qui pourront nous fournir plus d'informations concrètes.

Cet argument fit mouche parmi l'assistance. Beaucoup se calmèrent immédiatement en entendant les mots 'théories' et 'concrètes'. Kingsley se tut et un silence poli répondit à ses paroles rassurantes. Hermione n'aurait su dire si Kingsley croyait à ces histoires de sources où s'il avait dit cela pour calmer l'assemblée. Elle ne pouvait cependant nier son talent de politicien.

— Outre les histoires de sources, continua le Premier Ministre, nous avons un problème plus grave à traiter ce soir. Cette explosion a mis le feu au poudre chez les moldus et en particulier chez leur Premier Ministre. Mrs Weasley, s'il vous plaît…

— Oui, Monsieur le Ministre, dit Hermione en se levant précipitamment, ses notes dans ses mains.

Elle avait attendu ce moment depuis le début de la réunion. Tous les regards étaient braqués sur elle. Hermione se racla la gorge avant de consulter ses notes au-dessus de son premier paragraphe.

— Vous n'êtes pas sans savoir que pendant que nous reconstruisions notre avenir avec la Grande Guerre, les moldus ont connu une fulgurante accélération technologique. Je sais que tout cela dépasse beaucoup d'entre nous, moi la première, mais mes rendez-vous avec le Premier Ministre Moldu a mis en exergue beaucoup de points inquiétants.

Un silence poli accompagna son introduction. Il eut quelques toussotement et cela encouragea Hermione à continuer sur sa lancée.

— Il est de plus en plus difficile pour la Brigades des réparations des accidents magiques, en particulier les oubliators, de préserver le code international du secret magique. En effet, les moldus ont développé un réseau invisible d'informations qui circulent plus rapidement que les hiboux. Ce réseau est capable de partager au monde entier des articles, informations, photos et même vidéos, ce sont des images qui bougent chez les moldus. Ces dernières années, le nombres de témoignages et de preuves de notre monde a augmenté sur ce réseau.

— On ne va pas s'inquiéter pour si peu, intervint un sorcier à la longue barbe rousse. Nous avons déjà eu plusieurs fuites de ce genre, il y a longtemps. Ça va se tasser, comme toujours…

— Pas cette fois! répliqua Hermione. Vous me parlez de fuite isolée et contrôlée un minimum par les oubliators. Moi je vous parle d'images d'effets surnaturels vues en une fraction de secondes par des millions de personnes dans le monde.

— On n'a qu'à détruire ce réseau! cria un Gobelin.

— On ne peut pas, répondit Hermione.

— Et pourquoi?

Ce fut au tour d'Auguste de se lever pour soutenir sa collègue.

— Parce que, comme toujours et malgré nos grandes idées, nous nous croyons supérieur à ces pauvres moldus qui ne connaissent rien à rien. Résultat, ils ont réussi à inventer un réseau que nous ne pouvons pas atteindre parce que nous ne comprenons rien à leur technologie et ça, depuis leur révolution industrielle! C'est nous qui avons voulu et défendu cette scission. Maintenant nous en payons le prix!

Auguste se rassit sous les applaudissements d'une minorité.

— Mais que montre ces images? demanda une sorcière au premier rang. C'est si flagrant que ça.

— Nous avons pu visionner la quantité...effrayante, d'images. Plusieurs vidéos et les plaintes du Premier Ministre moldu nous ont alertés sur un autre problème. Il semblerait que ce soient des moldus qu'on voit sur ces images. Des moldus qui n'avaient jamais présenté le moindre talent pour la magie et qui du jour, au lendemain, se mettent à transplaner, à voler ou à cracher du feu.

Un murmure effaré parcourut la salle. Les propos d'Hermione Weasley avaient glacé le sang de tout le monde.

— Comment est-ce possible?

— J'ai posé la même question au Premier Ministre. Les autorités moldus ont découvert que ces moldus aux pouvoirs magiques avaient consommés une substance étrange, qu'ils appellent drogues chez eux. Le problème c'est que cette drogue, une fois consommée, donne des pouvoirs magiques aux moldus mais les tuent juste après. Le nombre de victimes est… énorme. Le Premier Ministre est furieux. Il pense que c'est nous qui avons créé cette drogue pour les éradiquer. Et avec l'explosion de la Grotte de Merlin, cela ne l'a pas fait changer d'avis. Il demande des mesures fortes pour trouver les responsables de ce trafic dans les plus bref délais ou il sera obligé de prendre cela pour des attaques et nous déclarer la guerre.

Un peu plus loin, un loup-garou se mit à éclater de rire.

— Des moldus qui nous menacent… Risible! Qu'il nous la déclare sa guerre. Nous les détruirons.

— Vous en êtes sûr? demanda Hermione d'une voix dure. Nous sommes déjà dépassé par leurs moyens de communication et vous croyez qu'on a encore le dessus sur eux? N'oubliez pas que si la Langue-d'or a raison, même si nous envisagions de nous battre contre les moldus, avec la destruction de la source de Merlin, notre puissance magique a baissé. Nous ne faisions déjà pas le poids face aux moldus, du temps du Moyen-Âge, nous ne ferons pas le poids à l'avenir.

Hermione retint son souffle et les applaudissements pleuvèrent. Elle attendit que l'assemblée se calme pour reprendre la parole.

— Nous avons travaillé dur pour maintenir la paix pendant des siècles. Je supplie l'assemblée de ne pas blâmer les moldus pour la peur que leur inspire la perte de vies humaines. Ni de nous blâmer... nous, notre communauté qui avons oeuvré assidûment pour la paix et l'harmonie après les âges de Ténèbres que nous a aspiré le règne de Voldemort (un frisson glacé parcourut la salle). Non, je vous demande de blâmer ceux qui ont fabriqué cette drogue. Ce sont les seuls responsables et nous avons le devoir de les trouver et de les amener devant la justice pour laquelle nous nous sommes battues pendant tant d'années.

Hermione se rassit, essoufflée, le coeur battant. La salle tonna d'applaudissements et plusieurs représentants se levèrent pour l'acclamer. Auguste lui donna une légère tape sur l'épaule et Hermione se sentit aux anges. L'assemblée continua d'applaudir pendant une longue minute et Kingsley eut du mal, cette fois, à ramener le calme.

— Personne n'aurait su trouver meilleurs mots que ceux de Mrs. Weasley, dit-il avec un sourire. (Hermione rougit jusqu'à la racine de ses cheveux, tenus en un chignon serré). Je ne pourrais être plus d'accord avec elle et j'ai déjà demandé à Mr. Potter de charger ses aurors de cette enquête exceptionnelle. Je garantis à cette assemblée que nous ferons la lumière sur cette affaire et que les responsables qu'ils soient moldus ou sorciers se présenteront devant vous pour répondre de leurs actes. Merci.

Kingsley rangea ses notes sous de nouveaux applaudissements, plus discrets cette fois. Le crieur annonça la fin de la réunion avec son brigadier et les sénateurs se levèrent tout en discutant pour quitter, au compte-goutte, la grande salle. Plusieurs représentants en profitèrent pour parler au Premier Ministre qui eut du mal à s'en débarrasser poliment. Hermione se sentait épuisée. Elle serra plusieurs mains qui la complimentèrent sur son discours. Elle se força à sourire, tout en rêvant à un bon bain et à l'étreinte de Ron.

Tout en longeant les gradins, son secrétaire lui rappela plusieurs rendez-vous pour la semaine prochaine. Elle l'écouta d'une oreille discrète en saluant Auguste qui avait un dîné mondain dans une grande famille de sorciers dans une heure. Hermione congédia son secrétaire en lui souhaitant une bonne soirée, reprit de ses bras un dossier qu'elle devait encore lire avant de dormir et remercia encore quelques têtes dont celle du Premier Ministre qui la félicita.

Lorsqu'elle passa la double porte, espérant un peu de répit, Hermione ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle vit qu'Harry l'attendait. Il approchait de la cinquantaine mais il était encore très séduisant. Ses cheveux noirs toujours aussi indisciplinés, se parsemaient de mèches plus blanches. Ses yeux verts n'avaient rien perdu de leur éclat et ses lunettes ronde le rajeunissait de quelques années. Les rides de son front masquaient, de plus en plus, sa cicatrice en forme d'éclair. Il portait sa tenue d'auror, un grand A brodé en fil d'or sur sa robe.

— Beau discours! dit-il en faisant mine d'applaudir.

— Ah oui? Ça t'a plus?

— Je n'aurais pas fait mieux. Auguste était en forme lui aussi…

— Tu le connais. C'est un fils de moldus. Il se sent toujours concerné quand on les insulte. Tu m'accompagnes aux cheminées?

Les couloirs se vidaient petit à petit. Harry et Hermione prirent la direction de l'ascenseur. Ils attendirent qu'un petit groupe de sorciers descendent les premiers avant de pénétrer dans la cabine, seuls.

— Je n'ai pas pu m'empêcher de me rappeler de toi, à onze ans qui nous sermonnait à tout bout-de-champs.

— C'est vrai que je t'ai sauvé la mise à chaque fois…, se souvint Hermione avec un sourire moqueur.

— Sans toi, on serait déjà mort avec le filet du Diable.

Ils rirent ensembles, en se rappelant de la réaction de Ron au milieu des lianes meurtrières. La cabine les emmena jusqu'au grand hall. Il était presque vide. Quelques sorciers se dirigeaient d'un pas pressés vers les cheminées agencées le long du mur au fond de la salle d'entrée. Hermione et Harry passèrent devant la sculpture de la fontaine. Une grande obelix où étaient gravés les noms de ceux tombés pendant la Grande Guerre siégeait au milieu du hall gigantesque.

— Alors, c'est toi qui va diriger l'affaire, dit Hermione en redevenant sérieuse. Tu as déjà des pistes?

— Des idées plutôt. Il faut que j'en parle avec Kingsley.

— Essaie de faire au plus vite, s'il te plaît.

Elle se plaça dans l'âtre d'une cheminée libre. Harry l'observa prendre une bonne poignée de poudre de cheminette. Il avait ses mains dans les poches et le même regard que lorsqu'ils cherchaient les horcruxes, il y avait longtemps de cela.

— Je ferais au mieux, ne t'en fais pas.

Hermione acquiesça en signe de confiance.

— Au fait! l'interrompit Harry avant qu'elle ne jette la poudre. Tu viens à quelle heure au Terrier demain? Ginny voudrait qu'on soit tous là assez tôt pour les préparatifs.

— Il faut que je vois avec Ron mais on pourrait être là pour sept heures. Lily n'est pas trop stressée?

— Elle est morte de peur… mais heureuse. Ce n'est pas mon cas.

— C'est toujours dur de marier sa fille, dit Hermione avec un petit sourire.

— A qui le dis-tu…

Elle entendit un 'Salue Ron pour moi!" alors qu'elle jetait à ses pieds la poudre noir dans le feu. Les flammes vertes vinrent lécher ses jambes et elle prononça le nom de son foyer, heureuse que cette journée soit enfin finie.


Pour le lancement, je publierai le deuxième chapitre demain. Ensuite, la suite des chapitres sera publiée tous les dimanches.