Note d'autrice :
Bonjour à tou·te·s,

Un grand merci pour vos très nombreuses reviews sur le chapitre précédent ! Un merci particulier aux personnes non enregistrées à qui je ne peux répondre individuellement : Charlie Forrest, Anahi, NaLou. Vos reviews sont aussi précieuses que les autres et j'aimerais tellement pouvoir vous répondre en privé ;)

Pour ce chapitre 9, on démarre juste après la fin du précédent un peu plus tard dans la journée. Un chapitre avec beaucoup de douceur et quelques aveux.

Au niveau écriture, je suis « en pause » d'inspiration. J'ai des semaines atrocement chargées et je ne suis pas disponible pour écrire. Mais dès que j'aurais fini ma fiction je passerais à un chapitre par semaine. D'ici fin octobre au plus tard je pourrais reprendre l'écriture à fond et ça ira très vite. Ne vous inquiétez pas, j'ai énormément d'avance sur les prochains chapitres pour ne pas vous laisser languir.

Bonne lecture !

Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+


Chapitre 9 — Confiance et confidences

Dimanche 16 janvier 2000 (suite)

Harry arriva dans le dortoir à dix-neuf heures quinze pour relever Théodore. Il avait fait le plus vite possible pour prendre quelques morceaux de pain dès le début de l'heure du dîner. Il était en train de les grignoter quand il poussa la porte.

Théodore était assis sur son propre lit, un livre sur les genoux, une plume à la main dont l'encre gouttait sur un parchemin. Les yeux dans le vague.

— Quelque chose à signaler ?

— Non, rien du tout. Il dort toujours, mais il est sacrément agité, répondit Théodore en rangeant ses affaires.

— Va dîner, je prends le relais. Vous nous ramenez quelque chose à manger en remontant ?

Le jeune homme frêle hocha la tête, se leva de son lit et s'approcha de Harry.

— Harry, je me souviens de ce que tu as dit à Drago sur les raisons qui te poussent à l'aider. Tu étais vraiment sérieux hein, ce n'est pas une façon de te sentir utile ou je ne sais quoi ?

— Drago est persuadé que j'ai le complexe du héros. Ce qui est vrai c'est que je n'aime pas l'injustice et que je suis quelqu'un de gentil. Au tout début de l'année, oui, peut-être que je ne cherchais qu'à rendre service ou être sympa. Mais ça a changé, je crois profondément aux deuxièmes chances et Drago a su saisir la sienne. Il devient quelqu'un de bien ou il l'a toujours été, mais le cachait bien…

— Il l'a toujours été, mais son père a tout fait pour briser cette part de lui. Je suis au courant, j'étais celui à qui il se confiait très occasionnellement, dans le secret.

— Je suis content de le connaître enfin, alors.

— Essaye de ne pas foirer avec lui, d'accord ? Il n'a jamais eu de vrais amis avant cette année et encore moins de relation sérieuse avec quelqu'un.

— Je suis très fidèle en amitié, Théo, éluda Harry, inquiet par la perspicacité du Serpentard.

— Je ne parle pas de ça et tu le sais. J'ai des yeux, des oreilles et un cerveau, Harry.

Il avait deviné. Harry était mortifié d'être si lisible et espérait que Drago n'était pas aussi observateur. Le Gryffondor hocha la tête pour lui faire comprendre qu'il avait saisi le message, les deux Serpentard se serraient les coudes et Théodore ne laisserait pas Harry blesser Drago.

Théodore quitta la pièce pour rejoindre les autres étudiants dans la Grande Salle. Harry s'assit en tailleur sur son lit et attendit, les yeux rivés sur les rideaux fermés de Drago.

Pendant tout le temps que Drago avait dormi, la directrice et l'équipe professorale avaient œuvré pour recouvrir ou dissimuler toutes les photographies collées aux murs de l'établissement.

McGonagall avait également réuni le petit groupe d'élèves qui protégeait Drago et avait été honnête. Elle était furieuse de ce qui s'était passé dans le stade et dans le château, et elle désespérait de ne pas avoir des aides concrètes du Bureau des Aurors. L'agent responsable de l'enquête depuis le début de l'année semblait peu enclin à croire à l'innocence de son élève harcelé étant donné son passé et avait sûrement relégué cette affaire dans les cas les moins importants à traiter. Elle avait signalé tous les incidents, même les plus minimes, mais l'enquêteur ne s'était déplacé que deux fois, avait pris les dépositions et était reparti le plus vite possible. Elle ne savait plus quoi faire pour débusquer la tête pensante de cette vendetta.

Seamus avait abordé les insultes proférées par Daphnée Greengrass le jour de l'anniversaire de Théodore et la directrice avait promis de la recevoir pour la questionner. Cependant, personne ne croyait à cette piste, la jeune femme étant absente du château au moment de l'agression dans les toilettes, il était impossible de la relier à celle-ci puisque les trois élèves pris sur le fait n'avaient pas voulu fournir le moindre nom. Ils étaient restés quasiment muets et seule une enquête ouverte suite à une plainte officielle de Drago autoriserait éventuellement l'utilisation du Veritaserum ou de la legilimancie pour connaître la vérité. Or Drago s'y refusait.

Harry ne cessait de tourner et retourner dans sa tête des dizaines d'arguments qu'il pourrait dire pour le faire changer d'avis. Mais il savait qu'il n'en ferait rien. Le blond avait été très clair, il ne voulait pas porter plainte. Et Harry se doutait qu'il n'avait pas envie qu'on lui en parle tout le temps.

Un hurlement à vous glacer les sangs résonna tout à coup dans le dortoir. Harry se leva, cherchant d'où provenait ce son presque inhumain. Avant de réaliser qu'il n'y avait qu'une seule autre personne dans cette pièce. Il se précipita et ouvrit d'un coup les rideaux du lit de Drago.

Ce dernier était assis, la respiration courte et erratique, le visage figé de terreur, le front luisant de transpiration, les pupilles dilatées et les doigts crispés sur son pull. Harry passa la main devant son regard, pas de réaction.

— Drago ! apostropha Harry dans l'espoir qu'il sorte de son état d'hébétude.

Le Serpentard sursauta violemment et tourna la tête vers Harry. En l'espace de quelques secondes, son visage récupéra des couleurs et ses traits s'adoucirent.

— Qu'est-ce qui se passe, Potter ?

— Ça serait plutôt à moi de te demander ça ! Tu viens de te réveiller en poussant un hurlement à ressusciter les morts.

— Quelle heure est-il ?

— Pas loin de vingt heures. Tu as dormi toute l'après-midi. Tu as fait des cauchemars ?

Drago se frotta le visage, visiblement las. Sa sieste ne semblait pas l'avoir reposé, il avait toujours de gros cernes.

— Ouais… J'en fais beaucoup ces derniers temps.

— Moi aussi j'en fais régulièrement, sympathisa Harry en s'asseyant au bord du lit, à distance du Serpentard. La guerre a laissé des séquelles derrière elle…

— S'il n'y avait que ça, encore… Je m'y suis habitué, depuis que face-de-serpent s'est invité chez nous.

Harry comprenait très bien ce que Drago pouvait vivre. Les moments difficiles, les épreuves revenaient toujours le tourmenter dans ses songes. Avec les multiples agressions qu'il subissait depuis quelques mois, le Serpentard devait avoir du mal à trouver le sommeil reposant.

— Ça devait être particulièrement intense cette fois-ci, compatit Harry. Je ne t'avais jamais entendu crier avant. Tu as besoin d'en parler ?

— Je ne préfère pas, trop difficile. Et je jette un sort de silence autour de mon lit d'habitude. J'ai dû oublier.

— OK, je te laisse reprendre tes esprits alors. Et si tu veux, il est encore temps d'aller manger.

Harry se leva pour permettre au blond de se réveiller sans se sentir épié. Il fut interrompu.

— Qu'est-ce que tu fais ici si c'est l'heure du dîner ?

— On a monté la garde à tour de rôle pour que tu ne sois pas seul.

Drago leva les yeux au ciel, cela fit rire Harry intérieurement. Il le regarda se débattre avec ses couvertures et passer les jambes hors de son lit. Le Gryffondor réalisa alors qu'il était encore tout habillé. Des vêtements avec des traces de terre et une odeur déplaisante de résidus de régurgitation. Harry fronça le nez de dégoût.

— Quoi ? s'étonna Drago.

— C'est pas pour te vexer, mais t'es sale et tu sens pas la rose, Malefoy !

— Je t'emmerde Potter ! Je sais encore déterminer seul si je pue ou pas ! Et un Malefoy ne sent pas mauvais, nous avons une hygiène irréprochable !

À ces mots, il porta sa manche à son visage et sa bouche se déforma en un rictus écœuré. Harry éclata de rire.

— Irréprochable, hein ?

— Ouais bon, j'admets que j'avais tort. Pour cette fois seulement ! bouda le blond.

— Une douche s'impose. Je t'attends là et on ira dîner après si tu veux.

Harry vit Drago se figer puis se remettre sous les couvertures.

— Je pense que je vais plutôt me recoucher finalement. Je suis trop fatigué pour manger de toute manière.

— Drago, tu ne peux pas rester dans cet état, tenta de le raisonner Harry.

Le Serpentard baissa la tête vers ses mains qu'il triturait inlassablement. Harry comprit que quelque chose n'allait pas.

— J'ai un peu peur de me retrouver tout seul là-dedans, chuchota Drago. Je sais que c'est stupide vu qu'il n'y a personne…

— C'est pas stupide du tout. Ton cerveau est en alerte à cause de ce que tu as vécu ces derniers mois, cela peut perturber même les choses les plus faciles à faire.

— Tu as bouffé une encyclopédie en attendant que je me réveille, ou quoi ?

— Ouch, ça fait mal ! se plaignit Harry en mimant une douleur, avant de sourire. Allez, je t'emmène.

Harry se rapprocha et tendit la main. Il allait accompagner son camarade dans la salle de bain, comme le faisait Théodore tous les jours depuis le retour des vacances. Aucun des autres garçons du groupe ne s'était porté volontaire pour faire le garde du corps de Drago au moment de la douche, ils ne se sentaient pas assez proches de lui. Mais si Théodore pouvait le faire, Harry aussi.

OooO

Drago regarda la main quelques instants avant de la saisir. Harry avait raison, il empestait la mort et il ne pouvait pas rester comme ça. Même s'il se sentait si mal dans son corps, comme dépossédé, depuis que ces ordures avaient posé les mains sur lui. Chaque jour, il avait lutté contre le dégoût que la vue de sa peau provoquait en lui. Et cette fois-ci, l'idée même de se déshabiller l'horrifiait, lui semblait au-dessus de ses forces. Les photos lui avaient fait revivre les moments qu'elles illustraient, avec toutes les émotions, toutes les sensations, ravivant les souvenirs pourtant récents. Créant d'abominables cauchemars.

Il se leva et Harry le dirigea lentement vers la salle de bain. Une nausée lui retourna l'estomac en même temps qu'une impression de chaleur s'emparait de son corps tout entier. La tête lui tournait.

Il trébucha, Harry resserra sa prise et le rattrapa avant qu'il tombe. Comment faisait-il pour avoir des réflexes pareils ? Il vint à l'esprit de Drago que ça expliquait probablement son talent d'attrapeur. Il n'arrivait pas à croire qu'il venait d'associer les mots « Harry Potter » et « talent » et que ça lui semblait normal.

— Ça va ? s'inquiéta son chevalier servant.

— Juste un vertige. Je ne suis pas au top de ma forme et je n'ai pas mangé depuis hier soir vu que j'ai sauté le petit déjeuner.

— Ouais et c'est pas comme si tu te nourrissais correctement en plus, grommela Harry en ouvrant la porte de la pièce d'eau.

— Occupe-toi de tes oignons !

— On reparlera de ça une autre fois, promit le Gryffondor en asseyant Drago sur un des bancs.

Drago n'en revenait pas, Harry n'avait pas répliqué. Le monde ne tournait vraiment plus rond !

Perdu dans ses pensées, Drago remarqua avec un peu de retard que le brun était parti ouvrir les robinets d'une des cabines de douche, celle du coin, la plus spacieuse. Il prit sur lui pour commencer à se déshabiller, malgré l'effort que cela lui demandait. Il détourna les yeux du miroir en face de lui, ne supportant plus son reflet. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, les cheveux trop courts, le visage amaigri et mangé par les cernes. Et il l'avait mérité.

Un corps vint se placer juste devant lui et deux mains attrapèrent le bas de son pull pour lui remonter au-dessus de la tête et l'enlever. Drago n'avait pas eu le temps de réagir, les bras engoncés sous le tissu épais alors qu'il venait de retirer ses manches.

— Qu'est-ce que tu fabriques ? s'indigna-t-il.

— Je t'aide à te déshabiller. Tu ne vas pas te laver avec tes vêtements, si ?

— J'en suis pas à ce point-là ! Je peux me débrouiller avec ça, merci.

Drago détestait cette sensation de dépendance. Il avait le plus grand mal à imaginer enlever tout ce tissu, mais repoussait l'aide qu'on lui offrait. Il en avait assez d'être dorloté ! Il refusait de l'être, il avait mérité ce qui lui arrivait, à lui de faire face.

Harry s'assit à côté de lui. Voilà qui était mieux. Drago retira son deuxième pull léger, qu'il mettait toujours l'hiver pour avoir bien chaud, avec moins de difficulté. Fort de ce petit exploit, compte tenu de la faiblesse qu'il ressentait, il s'attaqua aux boutons de sa chemise.

Ses doigts tremblaient et il eut le plus grand mal à défaire le premier. Il dut souffler et reposer ses mains pour se calmer. Le manque d'énergie, mais surtout l'idée de se retrouver sans protection vestimentaire, ne lui facilitait pas la tâche.

Après le deuxième bouton, détaché au prix de longues minutes d'efforts, Harry vint à sa rescousse. Cette fois, il abdiqua, réalisant qu'il était inutile de s'entêter ainsi. Il avait besoin d'aide, il l'accepta.

Le Gryffondor s'agenouilla devant lui et son regard resta fixé sur sa tâche. Les petits boutons de nacre sortirent avec aisance de leurs boutonnières sous les doigts à la peau mate. Quand le dernier fut détaché, Harry tira doucement sur les pans du tissu retenu dans le pantalon et fit glisser la chemise des épaules de Drago. Il la plia sommairement pour la poser sur le banc. Son regard n'avait pas quitté le torse de Drago.

Le Serpentard avait parfaitement conscience du potentiel hautement érotique de ce qui était en train de se passer, se souvenant des réactions involontaires de son corps quand Harry l'avait aidé avec le marqueur dans son dos. Mais son cerveau fatigué et traumatisé ne le vivait pas ainsi et il en était reconnaissant, il ne survivrait pas à l'humiliation de bander devant Potter.

— Je suis vraiment désolé, Drago, chuchota Harry tout à coup en relevant ses yeux vers lui.

— Pour quoi ?

— Pour le Sectumsempra. Je sais que je l'ai déjà dit, mais cette fois je le pense réellement, je suis mortifié par ce que j'ai fait.

Ah oui, il avait vu les cicatrices. Voilà ce qui l'avait hypnotisé si longtemps. Son regard vert était si sincère, si touchant. Drago fut ému, presque bouleversé par tant de franchise, de bonté. Comment ce type pouvait-il être aussi agaçant à la fin ? Ce sort qu'il lui avait jeté était un témoin des défauts du Gryffondor et Drago avait appris à apprécier cette facette de lui. Il était loin d'être le golden boy parfait encensé par la Grande-Bretagne, il l'avait compris. Cependant, il n'aurait pas dû être surpris par sa réaction pleine de remords. Cela faisait partie des choses qu'il avait apprises sur lui : le brun était pétri de culpabilité et de remords depuis des années.

— J'ai déjà accepté tes excuses. Inutile de te flageller avec ça. En plus, je l'ai mérité, je te rappelle que j'ai essayé de te lancer un Doloris, tu n'as fait que te défendre.

— Merci, mais ça n'empêchera pas que je me sentirais coupable de ça toute ma vie. Enfin bon, c'est comme ça…

Harry rebaissa la tête pour continuer le déshabillage de Drago, lui ôtant ses chaussettes avec douceur, en touchant sa peau le moins possible. Difficile pour le Serpentard de déterminer si c'était par égard pour lui ou pour une autre raison : dégoût, gêne ?

— Lève-toi, exigea-t-il ensuite. On enlève le bas.

Drago se mit debout en s'appuyant sur les épaules du Gryffondor, toujours à genoux. Il déboucla lentement sa ceinture en cuir, déboutonna le pantalon en réussissant l'exploit de ne même pas le frôler et le fit descendre jusqu'à ses chevilles.

Harry se releva sans toucher aux sous-vêtements et Drago fut soulagé. Ils se fixèrent un instant, iris verts et iris gris, l'un presque nu, l'autre entièrement vêtu. Malgré la situation extrêmement inhabituelle, Drago ne se sentait pas mal à l'aise, bien moins que s'il avait été seul avec ses pensées. Le regard du Gryffondor était très bienveillant. Il lui tendit la main pour le diriger vers la douche où l'eau chaude coulait déjà. Elle avait créé un brouillard de vapeur qui progressait lentement dans l'espace de la pièce, la remplissant peu à peu.

Harry poussa Drago sous le jet, restant à proximité, ses chaussettes s'imbibant du liquide qui ruisselait au sol. Il fit un aller-retour dans la salle de bain, revenant avec une trousse de toilette, puis referma la porte de la cabine derrière eux, préservant l'intimité du blond au cas où quelqu'un arriverait.

L'eau chaude était un véritable bonheur. Drago sentait la pluie parcourir sa peau, la réchauffant, créant un cocon de douceur. Se déshabiller était un vrai défi, se laver était pire encore, mais juste l'eau courant sur son corps lui faisait du bien. Tous les matins, il luttait pour ne pas y rester des heures durant.

Harry demeura près de la porte sans rien dire. Drago ferma les yeux et profita de l'instant, immobile sous le jet. Au bout d'un long moment, la voix de Harry s'éleva dans la moiteur de la cabine de douche.

— On va démarrer par les cheveux, d'accord ?

Drago rouvrit les paupières pour découvrir le Gryffondor, resté près de la porte, avec une bouteille à la main. Il était toujours habillé et commençait à être bien mouillé. L'eau était remontée par capillarité de ses chaussettes, entièrement imbibées, à son pantalon. Harry lui fit signe de se retourner.

Perplexe, mais curieux, Drago obéit, conservant le jet sur le devant de son corps. Un bruit de floc-floc parvint à ses oreilles puis un liquide froid fut étalé sur son crâne par une main chaude. Drago sursauta et tourna la tête sur le côté pour regarder derrière lui.

— Mais qu'est ce que tu fais ? s'exclama-t-il, horrifié.

— Je te lave les cheveux, ça ne se voit pas ?

— Mais… tu vas être complètement trempé !

Harry haussa simplement les épaules et poussa avec douceur, mais fermeté, la tête de Drago, afin qu'elle revienne dans sa position d'origine. Que se passait-il donc dans le cerveau de ce Gryffondor borné ? Certes, il avait apprécié son aide pour quitter ses vêtements puisqu'il n'y parvenait pas. Avait-il deviné que les difficultés pour se déshabiller n'étaient rien à côté de celles pour se laver ? Poser les mains sur sa peau le dégoûtait depuis des semaines et c'était encore pire ce jour-là.

Drago cessa finalement de cogiter, profitant du répit qu'on lui offrait. Et il devait avouer que se faire shampouiner par quelqu'un d'autre qu'un elfe de maison aux doigts durs et crochus était infiniment agréable. Les elfes au service de sa famille s'étaient occupés de Drago toute son enfance, jusqu'au jour où il avait su le faire seul. Aucun être humain ne l'avait jamais fait.

Harry prenait sa tâche au sérieux, massant son cuir chevelu en douceur. Depuis le haut de son front au bas de la nuque. Il s'aperçut que ses muscles se détendaient au fur et à mesure que le temps passait. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il était tendu par la situation ubuesque qu'il vivait à Poudlard. Il se sentait un peu mieux parce qu'enfin quelqu'un s'occupait de lui. Et il n'en prenait conscience que maintenant. Il avait même envie de plaisanter.

— Tu sais Potter, si tu renonces à faire carrière chez les Aurors, tu devrais te reconvertir dans la coiffure…

— Ta gueule, Malefoy !

— Non, non, je suis sérieux. C'est vraiment agréable, tu as des mains magiques !

— Ouais, c'est ça. Allez, arrête de dire des conneries et rince-moi tout ça.

Le Gryffondor passa ses doigts sous le jet et s'éloigna pour laisser Drago se rincer les cheveux. Ce dernier releva lentement les mains jusqu'à les glisser dans les mèches blondes, prenant le temps de les redécouvrir. Il ne s'habituait pas à ce qu'ils soient si courts, cela lui rappelait trop son agression de novembre. Pourtant il les avait déjà portés ainsi, quand il était beaucoup plus jeune. Il inspira à fond et fit glisser ses mains sur l'ensemble de sa tête, poussant la mousse avec l'eau qui coulait. Il se concentra sur les sensations, la douceur de ses cheveux sous ses doigts, leur finesse. Il retrouvait un peu de plaisir à faire ça.

Ensuite, Drago fit de nouveau demi-tour sur lui-même et initia un mouvement vers la sortie. Il était demeuré longtemps sous l'eau, la mousse du shampoing avait coulé partout sur lui, on pouvait considérer que c'était suffisant. Il ne voulait pas toucher le reste de son corps, pas aujourd'hui.

Il fut arrêté dans son élan par le Gryffondor qui se trouvait sur son chemin. Il avait une éponge végétale et un savon dans les mains.

— Tu ne crois quand même pas que c'est suffisant, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il, souriant à moitié.

— Je… je ne peux pas, avoua courageusement Drago.

Harry ne répondit pas, gardant la tête légèrement penchée sur le côté. Attendant visiblement plus d'explications. Drago hésita entre l'envoyer chier ou lui dire la vérité. Au point où ils en étaient, il pouvait bien lui parler de ses angoisses, finalement. Il l'avait tout de même entièrement déshabillé, et shampouiné, comme un enfant.

— Je ne supporte plus de me toucher. C'est tous les jours un peu plus difficile. Mais aujourd'hui, rien que l'idée me retourne l'estomac, j'ai littéralement envie de vomir. C'est pour ça que je ne pouvais pas me déshabiller…

— D'accord. Alors je vais simplement te demander de me faire confiance, déclara Harry.

Drago le fixa longuement, il avait toujours ce regard entièrement bienveillant, derrière la buée de ses lunettes. Son air était très sérieux et apaisé en même temps. Il n'avait pas ôté le moindre vêtement et ces derniers commençaient à être vraiment mouillés, partout. Sa chemise à carreaux, dont il avait tout de même relevé les manches, ouverte sur un t-shirt, était alourdie et gouttait. Son jean était trempé jusqu'au-dessus des genoux.

Le Serpentard parcourut volontairement des yeux le Gryffondor des pieds à la tête, voulant vérifier qu'aucune partie de son corps ne pouvait trahir ce sérieux qu'il affichait. Il lui demandait de lui faire confiance, il contrôlait qu'il pouvait lui donner. Cela pouvait sembler paranoïaque, mais après ces derniers mois, tout pouvait être sujet à suspicion. Il le fit ostensiblement et constata que Harry avait compris, mais il demeura muet et immobile, dans l'attente.

— D'accord, accepta-t-il finalement.

Harry se déplaça alors jusqu'au jet, humidifia l'éponge — terminant de tremper le reste de ses vêtements au passage — et frotta le savon dessus. Il lui demanda ensuite de se mouiller de nouveau puis ferma les robinets. Drago eut une pensée pour l'eau chaude illimitée de Poudlard. Puis, un peu inquiet, il attendit.

La sensation douce de l'éponge se posa en bas de sa nuque. Elle y resta quelques secondes et commença à se déplacer lentement en petits mouvements circulaires vers ses épaules. D'un côté, puis de l'autre. Puis l'ensemble du dos, progressivement. Drago essaya de s'apaiser, ce n'était pas lui qui se lavait. C'était agréable et cela lui rappela de bons souvenirs d'enfance. Il avait tendance à occulter cette partie, ancienne, de sa vie, avant qu'elle devienne compliquée. Quand il était petit, son corps était nettoyé à l'éponge et il avait continué à le faire seul. Jusqu'au jour où son père l'avait découvert et l'avait jeté, parce que c'était un accessoire inutile. Il devait se laver avec ses mains d'homme en devenir, apprendre à toucher son corps masculin, sans objet féminin ; ou alors, utiliser la magie.

L'éponge s'était arrêtée au bas de ses reins, et Harry s'était déplacé à côté de lui pour laver son bras droit, le chatouillant au pli du coude. Puis il passa derrière Drago pour aller de l'autre côté. L'éponge déposa sa mousse sur l'arrière du bras gauche, puis l'intérieur, recouvrant partiellement la Marque des Ténèbres, qui palissait mois après mois. Drago échangea un regard avec Harry à ce moment, il s'attendait à une remarque ou au moins une réaction de la part de son camarade. Il ne vit pas grand-chose en réalité, les lunettes de Harry étaient entièrement couvertes de buée et de gouttes d'eau, camouflant ses yeux. Voyait-il encore quelque chose ? Le début d'un rire naquit au creux de sa gorge.

— Tu as vraiment l'air con avec tes vêtements trempés, Potter. On dirait un pitoyable croup à moitié noyé. Et tu devrais retirer tes lunettes, tu dois être aveugle là-dessous.

— Crois-moi, Malefoy, ça serait pire sans, gloussa Harry en passant vaguement un bras sur ses verres pour les nettoyer. Je suis plus myope qu'une taupe et tu ne voudrais pas risquer que je te savonne à un endroit inapproprié, n'est-ce pas ?

Drago se crispa avant de réaliser que c'était bien évidemment une blague, Harry avait un immense sourire sur le visage et se retenait visiblement de rire. Il sourit en retour. Merlin, ce que ça faisait du bien !

L'amusement toujours présent sur ses lèvres, Harry se plaça face à Drago et passa doucement l'éponge de ses épaules à ses pectoraux, très lentement. Puis il s'arrêta et le regarda bien dans les yeux. Drago sentit sa main droite être attrapée et soulevée, puis l'objet spongieux fut posé à l'intérieur. Il ne comprenait pas bien ce qui se passait et il avait peur. Il se mit à trembler.

— À ton tour maintenant.

— Je ne peux pas, je te l'ai dit.

— Tu peux, fais-moi confiance.

Ce fut avec un étrange détachement que Drago vit sa propre main droite être poussée par celle de Harry qui la tenait toujours, jusqu'à son ventre. L'éponge s'y colla, faisant écran. Harry continua à guider et lui fit faire des cercles de plus en plus grands. Bientôt, tout son torse fut recouvert de mousse blanche. Et Drago n'avait même pas remarqué que le Gryffondor avait retiré ses doigts. Il avait réussi.

— Je te laisse finir, annonça tranquillement Harry avant d'aller se mettre près de la porte tout en détournant les yeux.

Le Serpentard regarda un instant sa main qui tenait l'éponge. Ce n'était finalement pas si difficile avec cet objet. Il termina de se savonner, appréciant la douceur sur sa peau. Puis il ouvrit les robinets et laissa l'eau chaude évacuer toute la mousse, sans toucher à son corps. Une seule étape à la fois, il verrait plus tard s'il arrivait à se passer d'une éponge. Il allait devoir s'en procurer une au plus vite, celle-ci devait sûrement être à Harry.

Après avoir définitivement coupé le jet, il se dirigea vers la sortie et tendit son éponge au Gryffondor.

— Elle est pour toi, lui répondit-il simplement. Et elle est neuve. Je vais te chercher un peignoir propre.

Le geste toucha Drago, Harry s'était visiblement souvenu de son obsession pour les microbes. Le Gryffondor déverrouilla la porte de la cabine de douche, passa la tête à l'extérieur puis ouvrit en grand. Drago l'arrêta avant qu'il sorte.

— Harry, tu réalises que tu dégoulines de partout ? Tu veux traverser la salle de bain comme ça ?

— Ah ouais, merde…

Et il retira rapidement et efficacement, sous les yeux ahuris de Drago, sa chemise à carreaux, son t-shirt, ses chaussettes et son jean, qu'il laissa en tas sur le sol de la douche. Le blond eut une vue dégagée sur l'immense tatouage dans son dos, pendant quelques secondes, et cela confirma ce qu'il avait aperçu la première fois. C'était un très beau travail artistique. Il devinait des entrelacs de lettres et de végétaux, sans en être certain. Il n'eut pas le temps d'approfondir sa curiosité que Harry était déjà parti. Il revint habillé d'un peignoir. Il en tendit un autre à Drago.

Une fois enfilé, Harry guida Drago jusqu'au banc et le fit asseoir. Le Serpentard le laissa faire, profitant des derniers instants, particuliers, qu'il vivait dans cette pièce. Mais quand Drago aperçut son visage dans le miroir, il baissa les yeux.

Une serviette lui frotta les cheveux, énergiquement, mais sans brusquerie. Et les mains de Harry, toujours sur le tissu, relevèrent doucement sa tête. Puis il le fit se lever et se plaça à côté de lui. Les pans du peignoir s'ouvrirent sous le mouvement. Le blond referma le vêtement et le maintint en croisant les bras.

— Regarde-toi, Drago. Dis-moi ce que tu vois, proposa Harry d'une voix douce en l'obligeant à se relâcher et laisser son corps se refléter.

— Je vois un homme brisé. Je ne me supporte plus alors que je me suis toujours trouvé beau. Et je suis trop mince… mais je n'arrive plus à manger.

Son visage trop pâle, ses courts cheveux blonds en bataille, ses cernes, son nez pointu qui ressortait trop à cause de ses joues légèrement creusées. Son torse vaguement musclé, son ventre trop plat et ses côtes un peu trop visibles, ses cicatrices, rien ne lui plaisait. Et heureusement la Marque était sous le tissu. Le temps la faisait progressivement disparaître et Drago espérait qu'elle s'en irait totalement avec les années, mais rien n'était sûr.

— Tu es dur avec toi-même. Écoute, tu l'as dit, avant tu te trouvais beau. Ce sont les épreuves que tu traverses qui ont changé ton regard. À part quelques kilos en moins et des cheveux courts tu es le même. Ne laisse pas ces ordures te briser, Drago. Tu es plus fort qu'eux et en étant si dur avec toi-même, ils réussissent ce qu'ils voulaient faire.

— Mais ils ont raison, Harry. J'ai été une si mauvaise personne pendant si longtemps. Ils ont toutes les raisons de se venger.

— Ils ont le droit d'en avoir envie, mais ils n'ont pas le droit de te harceler, de t'humilier ou de te violer. Ce sont des crimes et en les perpétrant ils ne valent pas mieux que ceux dont ils veulent se venger, ils ne valent pas mieux que Voldemort !

Une petite lueur d'espoir s'infiltra dans les pensées de Drago. Et si Harry avait raison ?

— Tu sais quoi, Drago ? Tu vas remonter la pente, on va tous t'y aider.

— Tu crois ?

— Oui. Je vais te dire ce que moi je vois quand je te regarde. Tu es beau, Drago. Et sexy. Vraiment. Tu n'imagines pas le nombre de personnes que j'ai entendu parler de toi dans les couloirs toutes ces années. D'ailleurs, ça m'a toujours prodigieusement énervé toute cette attention qu'on te portait. Et si je suis honnête avec moi-même, je t'ai toujours trouvé beau, même quand on se détestait et que je pensais être hétéro.

Drago tombait des nues, Potter le trouvait beau. Depuis des années. Il tenta de repousser cette information dans un coin de sa tête sans succès, mais ça lui fit quand même plaisir. Il avait dit autre chose aussi et Drago avait peur de ce que ça voulait dire. Est-ce qu'il allait enterrer ça ou clarifier les choses ? Non, il ne pouvait pas vivre avec ce doute.

— Alors… Je te plais ?

Drago vit Harry hésiter avant de répondre. Il y avait bien sirène sous rocher.

— Oui.

Il avait apparemment choisi d'être honnête. Et ne semblait rien attendre en retour, même s'il avait maintenant l'air un peu plus mal à l'aise. Drago décida de ne pas poursuivre sur cette voie pour le moment, il aurait largement le temps d'y penser.

— Merci de ta franchise. Merci pour tout ce que tu as fait aujourd'hui.

— J'ai fait ce que j'aurais fait pour n'importe lequel de mes amis. On va aller se rhabiller, les autres ne vont sûrement pas tarder.

Et Harry quitta la pièce, un sourire sur le visage. Drago le suivit et décida qu'il allait essayer de toutes ses forces d'aller mieux.

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Mardi 18 janvier 2000

La reprise des cours avait semblé difficile pour le Serpentard. Comme d'habitude, ses amis avaient joué aux gardes du corps, à tour de rôle, en fonction des matières de chacun.

Harry avait constaté que tout le monde dévisageait Drago. Même si rien n'était plus visible sur les murs et que la directrice avait fait récupérer un maximum des photos dans le stade, il était possible que certaines traînent encore dans des poches ou des sacs de cours.

Les insultes à caractères homophobes avaient très largement augmenté depuis la veille alors qu'il y avait eu une accalmie. La présence constante de personnes considérées comme des Héro·ine·s de Guerre auprès du « Mangemort » avait limité les choses, ça n'avait duré qu'un temps.

La journée avait encore été longue pour Harry et les autres. Le Gryffondor l'avait passée quasiment intégralement avec Drago, Ron et Hermione puisqu'ils avaient les mêmes cours le mardi.

Drago n'avait presque rien mangé aux repas, mais il était difficile de lui en vouloir quand presque chaque personne passant à côté de leur table lui lançait une insulte. Et manque de chance, ils étaient placés tout près de l'entrée, impossible d'éviter les allées et venues des étudiants.

Harry n'avait cessé de lui envoyer des regards d'encouragements, mais ça n'était évidemment pas suffisant, il en avait bien conscience.

Ce soir-là, un peu inquiet, Harry s'approcha de Drago alors qu'il était relativement tard. Tous les garçons du dortoir se préparaient à aller se coucher, ou l'étaient déjà. Drago rangeait ses dernières affaires. Il glissa sa baguette sous son oreiller, ouvrit les couvertures et s'assit sur le rebord de son lit.

— Drago ? Je peux m'asseoir ?

— Si tu veux.

Harry s'installa à une distance raisonnable, ne souhaitant pas s'imposer trop près.

— Écoute, j'ai repensé à certaines choses que tu m'as confiées dimanche, commença-t-il en parlant tout bas.

— Attends, l'interrompit Drago.

Il reprit sa baguette et prononça Silencio, en faisant un geste englobant son lit.

— Inutile de chuchoter quand on peut utiliser la magie, commenta-t-il.

— C'est vrai, parfois j'oublie encore ce genre de choses…

— Abrège, Potter, s'il te plait. Je voudrais aller me coucher, je suis épuisé.

— J'ai repensé à ce que tu m'as dit à propos de tes cauchemars et de tes difficultés à reprendre possession de ton corps, de toi-même. J'ai eu beaucoup de soucis aussi pendant des mois après la Bataille, je faisais des mauvais rêves toutes les nuits, du coup je dormais le moins possible. Et j'avais des réminiscences de souvenirs en pleine période d'éveil, un enfer. Hermione n'a pas arrêté de me dire d'aller voir un psychomage pour me soulager. Qu'est-ce que tu en penses ?

— Tu y as été ?

— Une ou deux fois, après j'ai commencé à voyager et j'ai fait ma thérapie tout seul. Mais ça pourrait t'aider.

— Je n'ai pas le droit de sortir seul de l'enceinte de l'école. Et pour prendre un rendez-vous avec ce genre de personne il me faut l'autorisation de la personne qui me surveille. Et je n'ai pas envie de déranger la directrice avec mes états d'âme, elle a déjà assez de choses à faire.

— C'est comme tu veux, c'était juste un partage d'expérience.

— Merci quand même.

Harry resta assis encore un peu.

— Tu voulais me dire autre chose ?

— Hum, oui. Si jamais tes cauchemars sont très difficiles à supporter, si tu as du mal à te rendormir, tu peux venir me réveiller n'importe quand. J'ai vécu ce genre de choses et je sais que ça peut aider d'en parler au moment où ça arrive ou simplement de se changer les idées.

— C'est gentil, mais je ne crois pas que je le ferais. Tu dois déjà me supporter toute la journée, si en plus je viens t'empêcher de dormir…

— Comme pour le reste, c'est toi qui vois. Mais je maintiens ma proposition. Bonne nuit, Drago.

— Bonne nuit, Harry.

Harry se rendit jusqu'à son lit et s'y installa en ne cessant de penser à la discussion qu'il venait d'avoir avec Drago. Il espérait vraiment que le blond suivrait au moins l'un de ses conseils, il savait à quel point vivre avec des cauchemars récurrents était insupportable.

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Dimanche 23 janvier 2000

La Grande Salle était pleine des étudiants qui attendaient le début du dîner. Les centaines de discussions créaient une atmosphère bruyante. Certains se demandaient pourquoi les plats n'étaient pas encore sur les tables. La réponse vint rapidement, la directrice se leva et se dirigea vers le pupitre.

Celui-ci s'ouvrit quand elle tapota dessus avec sa baguette. Elle leva les mains pour réclamer le silence qui s'installa en quelques secondes.

— Chers étudiants, je prends le temps de vous parler quelques instants pour aborder un sujet important. Certains d'entre vous ont dû remarquer l'absence de trois de vos camarades depuis la rentrée : Derek McCliff, Orla Quirke et Owen Cauldwell. La raison est très simple.

Harry, assis à côté de Drago, le vit se crisper à l'entente des noms des personnes qui avaient été à deux doigts de le violer dans les toilettes de Mimi. Théodore aussi s'en rendit compte et posa une main sur l'épaule de son ami. Harry reporta son attention sur le discours de McGonagall.

— Contrairement à ce qui a pu être écrit dans la presse, ces trois élèves sont responsables d'évènements très graves ayant eu lieu au début des vacances de Noël. Des évènements concernant un autre étudiant.

Harry vit Drago se mettre à trembler et cacher ses mains entre ses cuisses. Il agit instinctivement et glissa son bras droit sous la table. Il tapota du bout du doigt sur le pantalon du Serpentard et ouvrit sa paume quand ce dernier jeta un œil sous la planche pour voir ce que c'était.

Le blond le regarda et Harry constata une lueur de remerciement dans les yeux. Il attrapa la main tendue et la serra fort. Harry lui sourit.

— Pour ces faits, vos camarades ont été renvoyés définitivement avec interdiction d'entrer en contact avec l'école, quel que soit le moyen. Par ailleurs, une enquête est actuellement ouverte au Bureau des Aurors, à ma demande. Je vous souhaite maintenant un bon appétit.

Harry observa ses amis tout autour de lui, la main de Drago toujours dans la sienne. Il échangea un regard avec Hermione et Seamus, les deux semblaient approuver le discours de la directrice.

Les plats firent leur apparition sur les tables et des bruits de vaisselle s'ajoutèrent au brouhaha déjà présent dans la Grande Salle.

— Tu étais au courant ? chuchota le brun à Drago.

— Oui, elle m'a demandé l'autorisation d'en parler la semaine dernière, répondit-il aussi doucement.

— Tu as bien fait. Espérons que ça porte ses fruits.

— J'y crois pas trop, mais bon.

Harry serra légèrement la main du blond pour lui assurer son soutien et commença à se préparer une assiette. Au bout d'un certain temps, Drago relâcha ses doigts. Pour autant il ne mangea pas beaucoup.


Voilà pour ce chapitre 9, en espérant que vous avez aimé ! Si c'est le cas, un petit mot pour me le dire me fera plaisir.
Nous nous retrouvons dans deux semaines, le 1er octobre 2020 pour la suite ! Le titre du prochain chapitre c'est : Investigations.