Chapitre 1

...

La jeune femme n'en croyait pas ses yeux, celui en face d'elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à un personnage de son manga préféré, même sa moustache bouclée paraissait véritable. Il y eu quelques secondes de flot où personne ne réagit. L'homme plissa soudain les yeux et brisa le silence :

«- Qui êtes-vous ? demanda-t-il d'un ton suspicieux.

Sa voix caverneuse fit sursauter la brune, qui sortit de sa torpeur. Elle le dévisagea une nouvelle fois, totalement perplexe.

- J-je... Mais, c-comment..?

- Je ne vous ai jamais vue auparavant, continua-t-il.

Il fit un pas en avant, la surplombant de toute sa hauteur. Les traits de Braalaka se crispèrent immédiatement et elle s'éloigna pour réinstaurer la distance entre elle et son opposant, le regard menaçant.

- N'approchez-pas ! siffla-t-elle.»

Il s'arrêta et fronça les sourcils. Ils se jaugèrent ainsi quelques instants. Cela provoqua une tension, et les mains de la brune se remirent à trembler bien qu'elle essaya de le cacher. L'homme remarqua le malaise dans lequel elle se trouvait et il comprit que les choses n'allaient pas s'arranger si il poursuivait la discussion de cette manière. Il soupira et croisa les bras sur son torse en signe de reddition. La jeune femme sembla soulagée qu'il ne cherche pas à la poursuivre et se décrispa quelque peu.

«- Alors, qui êtes-vous ? répéta-t-il moins rudement.

- Je... Je m'appelle Braalaka.

Toujours à l'affût, elle continuait de le dévisager comme une bête étrange.

-... et vous ? hésita-t-elle.

- Vista. On me surnomme aussi l'Épée Fleurie.

Ses yeux s'écarquillèrent : "Nan, c'est pas possible, c'est quoi tout ce bordel ?!".

- Et... quel est cet endroit ? susurra-t-elle en craignant la réponse.

- Nous nous trouvons sur le Moby Dick, navire principal de la flotte de Barbe Blanche. Il est d'ailleurs dans votre intérêt d'expliquer votre présence ici.»

L'épéiste fixait Braalaka en attente d'une réponse mais il la vit simplement blêmir, la mine déconfite. Elle semblait complètement ahurie, plongée dans ses pensées et en proie à des choses qu'elle seule voyait. Sa longue tignasse entourant son visage de façon désordonnée s'était hérissée.

-... Je... j'en sais rien... C'est pas vrai, se morfondit-elle.

Vista patienta, perplexe. Les clandestins étaient plutôt rares, peu de gens possédaient le courage de s'infiltrer sur le bateau d'un empereur. De toute manière leur dernière escale remontait à plusieurs semaines, impossible de rester dissimulé aussi longtemps sur un vaisseau aussi habité sans se faire remarquer. Alors que diable faisait donc cette femme au beau milieu des couloirs, et comment était-elle arrivée là ? La concernée sortit soudainement de ses pensées :

«- Dîtes moi que c'est une blague... Vous êtes cosplayé... C'est ça ? bégaya-t-elle.

- Pardon ? répondit Vista en arquant un sourcil.

Décidément l'épéiste ne savait pas quoi penser, son interlocutrice délirait et lui parlait dans un dialecte inconnu.

- Que faites-vous ici ? poursuivit-il patiemment.

- J'en sais rien !

Sa voix se brisa dans sa gorge, et ses yeux s'humidifièrent. Le stress qu'elle contenait depuis son réveil était sur le point de la faire craquer. Soudain, une lueur farouche enflamma ses pupilles et elle redressa vivement la tête, plantant son regard dans celui de Vista :

- Vous m'avez kidnappé et jetée dans un cagibi ! l'accusa-t-elle.

Il écarquilla les yeux sans savoir quoi répondre.

- Oh ne faites pas cette tête, je n'ai pas pu atterrir ici par magie ! Vous y êtes forcément pour quelque chose ! s'énerva-t-elle en brandissant un index inquisiteur dans sa direction.

- Il y a mésentente, je ne vous ai jamais vu auparavant ! se défendit l'épéiste.

Ils se jaugèrent à nouveau. La brune le dévisageait en espérant déceler la vérité sur ses traits, et lui cherchait un moyen diplomatique d'aboutir à une solution. Car même si elle n'avait présenté aucun comportement violent et qu'elle paraissait surtout apeurée, la femme face à lui restait néanmoins une clandestine. Il était de son devoir de commandant de gérer la situation pour préserver le navire et l'équipage de toute menace potentielle. Il prit une mine sérieuse :

- Ecoutez, nous allons tirer tout ça au clair. Cependant, je vais devoir vous neutraliser pour le moment.

- Quoi ?! s'étrangla Braalaka.

- Comprenez, peu importe vos raisons vous êtes clandestine, donc suspecte. Je dois simplement m'assurer que vous ne causiez aucuns dégâts sur ce bateau.

- Mais enfin, c'est ridicule ! protesta-t-elle. J'ai rien fait, je veux juste comprendre ce que...

- Yoi, Vista ! coupa une voix masculine.

La brune sursauta tandis que l'intéressé leva les yeux pour les poser sur Marco, qui venait d'apparaître à l'autre bout du pont.

- Bon dieu, y'en a un autre...» murmura tout bas la jeune femme, hébété, lorsqu'elle l'aperçut.

L'épéiste fit un signe de la main pour saluer le phœnix et l'invita à s'approcher. Celui-ci commença à traverser le pont tranquillement, les mains dans les poches. Tandis qu'il avançait, son regard se posa sur Braalaka -qui affichait la même expression ahurie que lorsqu'elle avait reconnu Vista- et le premier commandant revêtit soudain un air plus sérieux.

«- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il en arrivant à leur hauteur.

- On a une intruse sur le bateau, commença Vista. Tu tombes bien, j'hésitais sur les mesures à suivre.

Les deux hommes se tournèrent vers Braalaka. Elle plissa les yeux, méfiante. N'allait-elle donc jamais sortir de cet enfer ?

- Qui es-tu ? lança sèchement Marco en la jaugeant d'un mauvais œil.

- Braalaka, répondit-elle agacée par l'agressivité du blond. Et avant que vous ne commenciez à vouloir me séquestrer ou je-ne-sais-quoi, j'aimerais pouvoir m'expliquer !»

Elle s'était redressée sur elle même, déterminée à éclaircir le mystère autours de cette étrange situation et cela le plus vite possible. Elle les toisa durement en essayant de contenir les tressauts nerveux qui parcouraient ses membres.

«-... Le Vieux est-il réveillé ? demanda Vista après un cours instant où personne ne parla.

- Il me semble, oui.

- Alors je propose qu'on l'emmène directement, c'est plus simple pour tout le monde.

Marco hésita quelque secondes puis acquiesça d'un hochement de tête.

- Mais je vais quand même aller lui chercher des menottes, ajouta-t-il.

- Certainement pas ! souffla la jeune femme toujours sur la défensive.

Le phœnix lui jeta un regard intransigeant. Il allait répliquer quelque chose mais l'épéiste prit la parole en premier :

- Essayons de trouver un compromis : vous avez une occasion de vous exprimer, et les menottes vous seront vites retirées si vous ne tentez aucune entourloupe.

Braalaka se renfrogna et réfléchit à la proposition. Certes elle n'avait aucune envie de se retrouver avec les mains liées dans un lieu inconnu avec des gens qui semblaient sortir tout droit d'un manga, mais l'idée de finir définitivement au cachot par manque de coopération l'effraya encore plus. Elle dévisagea de nouveau les deux hommes. Bien qu'elle n'était pas vraiment en position de force pour exiger quoi que ce soit ils avaient respecté sa demande d'expression. Elle soupira :

- C'est d'accord.»

Sur-ce le premier commandant s'éloigna dans le couloir pour aller chercher les liens. Tandis qu'il disparut à un angle Braalaka se sentit soulagée d'un poids : "Au moins ils n'ont pas l'air d'être des tueurs en série psychopathes", pensa-t-elle. Bien que la situation soit extrêmement saugrenue, c'était loin des films horrifiques qu'elle s'était faite en se réveillant.

Vista et elle se retrouvèrent à nouveau seuls sur le pont. Enfin presque seuls, ça et là quelques groupes de matinaux s'activaient déjà à la tâche sans prêter attention à eux. La brune ne les remarqua qu'à l'instant et observa les allées et venues : des tonneaux qui roulaient ici, des cordages à entremêler là bas, des hommes qui nettoyaient le plancher du pont encrassé, d'autres qui discutaient bruyamment, le tout accompagné par le bruissement des vagues qui caressaient paresseusement les flancs du Moby Dick. L'épéiste, lui, surveillait la jeune femme du coin de l'œil : elle semblait moins crispée et ne tremblait plus, seuls ses doigts qui s'entortillaient machinalement trahissaient sa nervosité.

«-... Vous avez bien fait d'accepter, Marco est plutôt pointilleux sur la sécurité et il aurait peut-être essayé de vous ligoter au mât, plaisanta-t-il.

Elle lui jeta un regard noir. Il ria. L'atmosphère se fit légèrement plus respirable et ils attendirent le retour du blond sans rien ajouter.


Note de l'auteur

J'me suis fait une de ces frayeurs en écrivant ce chapitre XD ! Voici une petite mise en situation :

(moi) : - Oh, tiens, j'vais écouter les openings de One Piece en écrivant. *met la musique et commence à tapoter tranquillement, à moitié dans le gaz car il se fait tard*

(les amplis) : *diffusent l'op 17, quand soudain: * ZEHAHAHAHAHAHA MUGIWARAAAA !

(moi) : O_o !

Je le déteste ce perso, vraiment -_-'

...

Ce chapitre était assez court, mais les prochains seront plus longs :D. Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires en m'écrivant une tite review, ça me ferait vraiment plaisir ;) !