Chapitre 1 : Le commencement.

Il était une fois dans un pays lointain, une Bête détestée de tous que la vie n'avait pas comblé de tous ses bienfaits, fut amenée sur une terre sans magie. Il oublia de ce fait qui il était et devint un homme ordinaire dans une ville des plus banales du Maine.

Cependant une vile sorcière lui lança un sort car la Bête l'avait un jour offensée. Elle le condamna à vivre comme un monstre pour l'éternité. Avant la vingt-neuvième année de sa vie ordinaire, il devrait retrouver la femme qu'il aimait et qui l'aimait en retour pour vaincre cette malédiction et apprendre à contrôler son pouvoir. Dans le cas contraire, il vivrait maudit pour l'éternité.

Depuis maintenant 28ans, Mr Gold était atteint d'une malédiction. Dans un monde où la magie ne devait pas exister, cela était un fait très étrange. Seulement voilà, chaque nuit, il était obligé de s'enfermer chez lui et de calfeutrer sa maison de peur d'être entendu par un voisin ou un passant.

Cela avait commencé lorsqu'il était arrivé dans cette ville, un soir alors qu'il travaillait dans sa boutique, une douleur vive lui avait traversé l'échine. Pensant que cela provenait de sa jambe, il s'était assis et avait attendu qu'elle passe. Mais voilà, la douleur s'était amplifiée, se propageant dans tout son corps. Ses membres se tordaient et s'allongeaient tandis que son visage semblait se déformer. Sa vue se brouillait sous les larmes et brusquement il fut projeté au sol. Sa canne claqua au sol alors que son dos se arquait et qu'un horrible cri sortait de sa gorge. Ses habits se déchiraient sous la transformation et s'effeuillaient autour de lui.

Que se passait-il nom de Dieu !? Pourquoi son corps lui donnait l'impression de se transformer ?

La souffrance était devenue insupportable et il manqua de perdre connaissance à plusieurs reprises.

Il vit avec horreur ses mains devenir des pattes, ses avant-bras étaient de plus en plus poilus et quelque chose semblait prolonger sa colonne vertébrale.

Que lui arrivait-il ?!

Des larmes de peur et de douleur commencèrent à rouler sur ses joues, tandis que sa gorge devenait de plus en plus sèche à force de crier.

Puis aussi brusquement que cela avait commencé, tout s'arrêta. Mr Gold resta allongé sur le ventre, tentant désespérément de reprendre son souffle. De petits gémissements emplissaient la pièce et il mit un instant à comprendre qu'ils venaient de lui. Son esprit était embué par la récente souffrance mais il se sentait lui-même. Fermant les yeux, l'apothicaire essaya de calmer les battements de son cœur.

Après quelques minutes, Mr Gold se redressa, ses muscles criant au scandale. Assis sur le parquet, l'homme souffla un bout coup et se releva sur des jambes tremblantes qui cédèrent et l'envoyèrent derechef à plat ventre. Un couinement indigné s'échappa de ses lèvres et c'est là, qu'à son plus grand désarroi, il s'aperçut que ses bras étaient réellement devenus des pattes. Cela n'avait pas été une hallucination.

Horrifié, il se précipita vers la porte d'une armoire recouverte d'un tissu qu'il réussit tant bien que mal à retirer avec ses dents pour découvrir dans le miroir une panthère brune maigrichonne. Éberlué il retomba sur son séant et contempla avec une curiosité morbide la créature qui lui faisait face.

Remuant les oreilles, une image s'imposa à son esprit. Il avait envie de courir au grand air, sentir le vent dans sa fourrure et peut-être même chasser.

Non, non, non. Il était un homme, pas une bête... Il ne voulait pas agir comme un vulgaire animal.

Cependant son instinct prit le dessus et sa conscience se retrouva poussée au plus profond de son esprit. Le gros chat prit l'avantage, et d'un bond agile et gracieux, il quitta la boutique et s'arrêta sur le trottoir, respirant à pleins poumons l'air frais de la nuit.

Le claxon d'une voiture effraya la bête qui s'enfuit à toute vitesse sur la chaussée. Plusieurs véhicules manquèrent de l'écraser et le pauvre animal tenta de les éviter du mieux qu'il put, galopant à en perdre haleine sur le bitume, sous les yeux confus des passants nocturnes. Slalomant entre les voitures, il essaya en vain de taire la panique qui se propageait dans ses veines.

Enfin il réussit à atteindre la forêt bordant Storybrook mais il continua à courir jusqu'à ce qu'il se sente en sécurité au milieu des bois. S'arrêtant à bout de souffle, le félin resta aux abois, prêt à déguerpir ou à attaquer à la moindre menace. Mais aucune ne vint.

Alors s'intéressant pour la première fois à son environnement, la panthère renifla le sol, les oreilles dressées sur sa tête, écoutant les bruits environnants tels que les hiboux qui hululaient, ou les musaraignes qui se faufilaient à travers les herbes.

Avançant le nez collé à la terre, l'animal explora la forêt à la recherche de congénères ou de proies. Soudain, une odeur attira son flaire et c'est le cœur joyeux, qu'il suivit la piste. Il rencontra sur le chemin, plusieurs espèces dont un ours qu'il esquiva discrètement. Il ne faisait décidément pas le poids contre lui et il ne voulait pas s'attirait les foudres de la grosse bête, après tout il était plutôt maigre et serait facilement vaincu lors d'un combat.

Enfin il trouva ce qu'il avait pisté, une biche dormait dans un cratère, se sentant apparemment à l'abri. Se tapissant dans les hautes fougères, la panthère avança à pas feutrés quand soudain quelque chose dans son esprit se réveilla et l'empêcha de faire un mouvement de plus.

- Non ! Dit une voix. On ne tue pas les animaux pour le plaisir!

Grognant de frustration, le félin essaya d'ignorer ces paroles et se concentra sur sa chasse.

- NON ! Recommença la voix.

Baissant les oreilles de colère, l'animal perdit patience et voulut sauter sur le cervidé mais il échoua lamentablement lorsque ses gestes furent interrompus et pour la énième fois de la soirée, il se retrouva le nez au sol, étalé sur le ventre. Effrayée par ce raffut, la biche s'échappa en galopant et la chasse prit fin.

Passablement frustré par ce cuisant échec, le gros chat se releva mécontent et grogna sur tout et n'importe quoi, arrachant de ses dents un brin d'herbe qui lui chatouillait l'abdomen et il se remit en route d'un pas rageur.

- Merci. Chuchota la voix dans son esprit.

Secouant la tête pour s'en débarrasser, le félin explora les sous bois et finit par se rouler en boule à l'abri d'un bosquet et s'endormit pour quelques heures.

Se réveillant aux premières lueurs du jour, le corps endoloris et frigorifié, Mr Gold put constater qu'il était toujours dans la forêt et qu'il était nu. Il n'avait pas rêvé, tout cela c'était bien produit. Étirant ses muscles et faisant craquer ses os, l'homme se releva, épuisé par cette nuit tumultueuse.

Prenant le sentier, il pria pour que personne ne soit déjà levé et après plusieurs minutes de marche douloureuse à pieds nus, il arriva enfin à l'arrière de sa boutique et s'y faufila sans être vu.

Fonctionnant par automatisme, il ouvrit une armoire et en sortit des vêtements propres avec lesquels il s'habilla rapidement. Puis il ramassa les lambeaux de son costume de la veille qu'il mit à la poubelle. Prenant les clés de sa voiture, il conduisit jusqu'à sa maison et s'y enferma.

Décidant qu'il avait besoin d'une bonne douche, il monta à l'étage, se déshabilla à nouveau et s'engouffra sous l'eau chaude. Frottant la boue et la crasse de sa peau, il fit défiler les évènements de la veille dans sa tête et tenta désespérément de comprendre ce qu'il s'était passé. Comment une chose pareille avait-elle pu se produire ? La magie n'existait pas alors comment avait-il fait pour se transformer en animal !? Lui qui était si pragmatique, n'arrivait pas à mettre une explication sur ce phénomène.

Mais ce qui le chiffonnait le plus était le manque de contrôle. Mr Gold avait toujours tout contrôler dans sa vie, que ce soit son travail, ou sa vie privée, alors cette perte était pour lui une malédiction. Mais il comptait bien tenter de l'apprivoiser et de la dompter.