Cette fanfiction est la suite immédiate de l'OS intitulé « Un bon jour pour mourir ».
Vous pourriez souhaiter le relire au préalable avant d'attaquer cette histoire intégralement écrite, qui sera postée à un rythme hebdomadaire.

Pitch : 30 ans après la chute de Sunnydale. Dans un monde futur sans Buffy, Spike est à la dérive depuis longtemps. "Comme un automate" il accomplit des missions free-lance, mais son existence est vide de sens. A l'occasion de brèves et bouleversantes retrouvailles, il réalise qu'il n'a pas tenu la promesse faite à Buffy : prendre soin de Dawn à qui il a manqué face au deuil. Les années ont passé, elle a terriblement changé, à présent mariée et mère. Et elle est magnifique.

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WHEN IN ROME... *

Partie I - Once more with (other) feelings

Une fanfiction Buffy contre les vampires par OldGirl - Nora Arlani

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Chapitre 1 : Invitation formelle

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Rome, le 14 juillet 2036

Mon cher Spike,

Maya me dit que tu lui écris environ tous les dix ou quinze jours, et je suis contente de savoir que vous trouvez petit-à-petit un terrain d'entente, ta filleule et toi **... Après les événements qui nous ont remis en contact, je m'étais prise à espérer que, peut-être, tu nous gratifierais d'une courte visite. Mais le temps passe et, force est de constater, qu'il n'y a toujours aucun signe de ton orgueilleuse décoloration platine à l'horizon...

Je suppose donc que tu aurais besoin d'une invitation plus formelle et donc la voici :

Spike,
alias William le Sanguinaire,
alias Le Bourreau des Tueuses,
bref Seigneur de Beverly Hills
Capitaine à temps partiel du « vaisseau de Spike » alias L'Insectoïde ***

Consentiras-tu à venir nous voir quelques jours à la mi-août ? J'ai l'intention de louer une petite maison sur l'Ile de Garde car il y fera moins chaud (c'est dans la province de Brescia, en Italie). Maya sera là, bien entendu. Ce sera l'occasion de vous voir un peu car elle m'a dit que tu n'étais pas fan de visioconférence.

Il y a aussi plusieurs choses dont j'aimerais te parler, car le temps a manqué la dernière fois… J'espère que tu pourras te libérer, même trois ou quatre jours seulement, ou même deux... Cela me ferait plaisir de te voir.

Affectueusement,
Dawn

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Assis à la petite table d'une chambre aux volets étroitement tirés, Spike reposa la lettre en soupirant. La pénombre ambiante ne le gênait pas, sa nyctalopie naturelle lui permettant d'y voir presque comme en plein jour. Sa main nerveuse aux ongles toujours vernis de noir fourragea dans ses cheveux désordonnés. D'un mouvement lent, il attrapa ensuite la bière qui transpirait à proximité pour la vider d'un trait dans son gosier noué.

Derrière lui, dans le lit défait, une forme féminine soupira doucement dans son sommeil. Il entendait, à sa respiration moins lente et au battement de son cœur qu'elle quittait les limbes cotonneux où dérivait son esprit. Pensif, il posa sa tête sur ses bras nus croisés, le menton en avant, et resta à fixer le morceau de papier posé face à lui, comme s'il pouvait se mettre soudainement à l'attaquer...

Une minute plus tard, sa conquête ouvrit un œil à la pupille verticale et lui demanda pourquoi il ne revenait pas se recoucher. Cachant prestement la lettre dans ses affaires, il retourna couler sa nudité d'albâtre contre l'invitant corps plus chaud de sa compagne qui l'enserra aussitôt.

— Mhh, qui a besoin d'un climatiseur quand tu es là ? murmura-t-elle en se lovant contre lui.

Il avait déjà oublié avec quelle espèce de démon Laïta était croisée. Elle avait le teint vert pâle et des petites taches plus sombres sur la surface extérieure des bras et des jambes, mais ce détail mis à part, elle était anatomiquement parfaitement compatible et ne se faisait guère prier pour l'accueillir dans son lit les rares fois où il était en ville.

Il n'aimait pas Rome où il ne venait que pour le travail et qui lui rappelait des souvenirs mitigés. Entre la belle plante et lui, il n'y avait pas de sentiments, mais il savait en vertu d'un accord tacite qu'il pouvait se faire héberger chez elle pour une nuit ou deux quand il était de passage. Ils évitaient simplement les questions trop personnelles : les termes simples d'un accord mutuellement satisfaisant.

Lorsqu'il ferma les yeux pour commencer à resomnoler contre elle, il revit avec assez de culpabilité les grands yeux lumineux de Dawn artistiquement ourlés de noir, qui le fixaient avec une espérance mêlée d'un léger reproche.

La cadette des Summers ne pouvait-elle pas être sérieuse deux minutes ? Le faire venir en Italie ? Droit chez ces fanatiques qui mettaient des crucifix et de l'ail partout ? Sous le plein cagnard du mois d'août, en plus ? Mais qu'est-ce qu'elle croyait ? Qu'il allait prendre tous ces risques idiots pour manquer de finir en tas de poussière, rien que pour ses beaux yeux ?

Parce que c'était inqualifiable, et abject de sa part, mais il les trouvait plus que beaux.

"Pourquoi tu joues toujours avec un briquet ?" lui avait assez vite demandé Maya dans une lettre. "Je veux dire... je croyais que le feu tuait les vampires ?"

Le problème était bien là. Depuis la minute où il avait été vampire, Spike avait toujours aimé danser sur le fil du rasoir... Il avait l'impression que ce temps-là était révolu.

Bercé par la bienfaisante chaleur relative du corps vivant contre lui, et alors que sa conscience tanguait comme une ivrogne au bord de la falaise du monde onirique, il se figura Dawn sur une plage, auréolée d'une large capeline blanche portée sur un chignon bas. A l'instar d'une de ces déesses hollywoodiennes des années cinquante, elle se détournait de la mer et avançait vers lui, un paréo noué sur la poitrine. Chacun de ses pas tranquilles dévoilait un suggestif maillot une-pièce noir, qui étranglait sa taille et révélait la naissance bombée de ses beaux seins... Oh, sur ce plan, elle n'était plus la gamine maigre et plate de Sunnydale... plus du tout. Debout sous un impossible soleil éclatant sous lequel il aurait dû mourir instantanément, il se voyait la recevoir dans ses bras avides et la presser fougueusement le long de son corps impatient. Sensation oubliée depuis longtemps, la douceur de sa chair humaine lui retournait complètement les sens, tandis que son parfum envahissait ses narines comme une promesse irrésistible de volupté tant attendue. Chavirée et le cœur battant, elle lui tendait timidement l'arc de son cou qu'il embrassait et mignotait sans pouvoir s'arrêter.

Un peu hésitante, sa voix s'échappait de ses lèvres tremblantes pour demander. "Est-ce que tu vas me mordre ?". Son innocence intacte le faisait sourire. Il passa dans son dos pour défaire son chignon et enfouir son visage dans l'écroulement des boucles avec une sorte de ronronnement. "Ce n'est pas la question que tu devrais te poser, mon cœur" répondait-il en faisant voyager ses mains caressantes sur les rondeurs appétissantes qu'elle avait maintenant tout en entrecoupant sa réponse de baisers pour la détendre. "La bonne question, ce n'est pas si... c'est ?"

Elle gémit faiblement sous l'effet conjugué de l'excitation et de l'appréhension. De sa main posée au creux des reins, il la plaqua contre son ventre pour qu'elle n'ignore rien de l'attraction qu'elle exerçait indubitablement sur lui. Un petit rire bas de triomphe le saisit quand il constata combien elle était responsive à ses effleurements qui se faisaient plus intimes.

Et puis la scène bascula et il se vit alors de l'extérieur, dans la posture du simple témoin. Et avant qu'il ne réalise, un autre lui-même toujours à la place qu'il occupait à l'instant, reprenait son visage vampirique, faisait descendre ses crocs acérés, et mordait avec délice dans le fruit défendu de ce cou abandonné... Quand il cria pour arrêter ce cauchemar, sa face antagoniste, le démon au front plissé et aux yeux jaunes, releva la tête vers lui pour le fixer d'un sourire sardonique et sanglant.

"Pauvre petit William aux canines limées, qu'est-ce que tu croyais ? Que j'étais parti ?"

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Un choc douloureux à la poitrine, assorti à l'écho taraudant de ces images trop vives, le réveillèrent en sursaut. La formule même le dérangeait tant elle lui rappelait les fausses lamentations de Drusilla quand elle lui parlait. William, mon doux prince des ténèbres, qui s'est perdu si loin, pauvre papillon attiré par le soleil... Spike grogna en réalisant qu'il était seul dans le lit de son hôtesse romaine et les chiffres du réveil lui confirmèrent qu'il était déjà en retard. Il se leva en vitesse pour s'habiller mais ses yeux obliquèrent d'eux-mêmes vers son sac de voyage ouvert. Vers le petit morceau apparent de la lettre de Dawn qui dépassait de son journal. La lettre à laquelle, il ne se voyait pas répondre positivement.

Que pouvait-elle avoir de si important à lui dire qui puisse outrepasser les risques qu'il prenait à la revoir ?

Il resta indécis un moment, debout dans un courant d'air bienfaisant. La journée allait bientôt finir et pour lui, avec la nuit venue, il pourrait commencer à travailler comme traqueur free-lance. En ce moment, il était sur un coup. Un démon Chaos pour être précis. Depuis des années, il les avait dans le nez, eux et leurs cornes ridicules. Et bien sûr, ça n'avait rien à voir avec le fait que Drusilla l'ait trompé et quitté pour l'un d'entre eux.

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Rome, le 18 juillet 2036

Chère Dawn,

Je tiens rarement en place ces temps-ci… Je ne suis pas sûr de pouvoir me libérer pour tes vacances, d'autant que c'est aussi la période d'incubation des œufs de Suvolte… Recontacte-moi d'ici deux semaines. On sera le 1er, je te dirai si je peux venir ou pas du tout.

J'espère que tu vas bien (et Andrew aussi) et qu'il n'y a rien de grave. Si on ne se revoit pas d'ici là, passe un bel été.

Spike

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En récupérant son courrier, un soir après le travail, dans le grand hall clair de l'élégante maison où elle vivait à Rome, Dawn reconnut l'écriture longue et nerveuse de Spike sur l'enveloppe. Elle ouvrit la feuille avec un peu d'appréhension. A la vérité, elle s'attendait à son refus poli. Pour une raison ou pour une autre, plus aucun membre de l'ex-Scooby Gang (du moins ceux qui restaient encore) ne parvenait encore à le fléchir.

Interrogé plus tard, Angel venu dîner en invité, avait levé les mains et s'était dédouané en disant que Spike et lui ne se fréquentaient guère et qu'ils ne discutaient pas exactement à cœur ouvert en se goinfrant de glace sur canapé... Avec un sourire en coin, Faith également de passage à l'Ecole des Tueuses, avait rétorqué que le Grand Renfrogné en mourait probablement d'envie au fond de lui mais qu'il était trop fier pour le reconnaître.

Quand Dawn les avait raccompagnés à sa porte après leur dîner, la Tueuse brune continuait d'asticoter impitoyablement le Vampire-Avec-Une-Ame qui restait stoïque. Seul un infime infléchissement de ses commissures montrait qu'il s'amusait, en réalité.

Une fois seule – car Andrew avait prétendu se rendre à une session extraordinaire du Conseil des Observateurs (en réalité une convention Star Wars) – elle essaya de calculer de tête le décalage horaire avec la Californie ou l'Amérique du sud… Et puis elle haussa les épaules avec une petite moue.

Elle avait obtenu le numéro personnel de Spike, la ligne où il prenait ses contrats, par des procédés très peu recommandables. Mais si c'était le seul moyen, elle n'allait pas reculer… Elle lui laisserait un message et elle verrait bien.

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« Spike ? C'est… Dawn. Est-ce que tu peux me rappeler ? J'ai... comment dire... un conseil un peu personnel à te demander. Ah, si je ne te dis rien tu ne vas pas rappeler… Alors, c'est au sujet du père de Maya. Son vrai père, je veux dire… On vient de le retrouver et je n'arrive pas à décider quoi faire. Si j'étais seule impliquée, je me passerais bien d'aller lui expliquer qu'il a une fille, mais peut-être que je dois voir le seul intérêt de Maya ? Peut-être qu'elle voudrait le connaître malgré tout ?
Je ne sais pas si vous parlez de cela entre vous, sous le secret de la confidentialité Parrain-Filleule... Rappelle-moi si tu peux. Andrew argumente que nous ne devrions rien lui cacher, qu'elle a le droit de le connaître car elle est assez grande. C'est sûrement vrai mais j'avoue que j'hésite à les faire se rencontrer. J'ai peur de sa réaction et de son jugement quand elle le verra. »

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Une troisième fois, Spike écouta le message la tête levée vers le ciel profond où scintillaient des étoiles. Il avait déjà passé outre qu'elle ait pu obtenir ce numéro... La gorge serrée et le cœur pincé d'une jalousie acide qui ne disait pas son nom, il tournait les mots et leurs conséquences dans sa tête... Le vrai père de Maya, l'homme mystère. Dans les rêves immatures de sa filleule, c'était une créature fantastique à la séduction ravageuse, et à l'en croire, forcément rien moins qu'un fils de Krypton ou d'Asgard... Il considérait ces divagations avec une patience surprenante pour quelqu'un qui avait toujours trouvé son propre père complètement nul. Un adage pourtant bien connu voulait que les absents aient toujours tort, et bien apparemment, la petite n'avait pas eu le mémo !...

Il ne s'attendait pas non plus à se sentir piqué aussi vite et si viscéralement. Pourquoi lui parlait-elle de cela ? Ce n'était pas son problème. Il n'avait pas à s'en mêler ni à s'en occuper. Pourtant quand dans son oreille, l'anxiété contenue de Dawn s'était déversée avec un abandon si intime, ça avait été comme un uppercut qu'il n'avait pas vu venir. Le fait qu'elle lui demande, à lui, ce genre de chose alors qu'elle n'aurait pas dû, le troublait presque plus que le reste... Il ne voyait fichtre pas comment l'aider car la psychologie n'était pas exactement son rayon – à part peut-être celle des truands et des tordus...

Comme il voyait le tableau, il se disait que cet homme, sans doute pas providentiel, pourrait trouver l'aubaine un peu trop bonne et vouloir profiter de la mère (une seconde fois), de son portefeuille bien garni, et de la fille en quête d'un père idéal.

L'une des choses qui l'avait toujours terriblement énervé (et rassuré à la fois) était qu'Hank Summers eut abandonné Joyce et ses filles sans jamais revenir sur sa décision. Spike lui en voulait pour les béances douloureuses qu'il imaginait avoir été causées chez elles toutes, mais une part de lui suffisamment honnête, reconnaissait qu'il se serait senti très menacé qu'un autre homme vienne s'immiscer dans les petits arrangements qu'il avait avec cette famille… Il n'y avait qu'à voir la façon dont il considérait Giles et ses prétentions évidentes à assumer un rôle paternel auprès de Buffy... Or en entendant les mots "père de Maya" cette part de lui venait de bondir la gueule ouverte et de rugir de mécontentement...

Créatures fondamentalement possessives et territoriales, les vampires vivaient en meutes unies et dépendantes. D'ordinaire, ils ne s'attachaient pas à ce qui n'était en réalité que des casse-croûtes sur pattes. C'était malsain. Mais dans l'histoire de Spike, l'éloignement progressif de sa famille vampirique complètement indifférente à ses besoins, l'avait insensiblement conduit à fonctionner bon gré, mal gré, à sa grande honte pour une telle déchéance, avec une meute de substitution. A l'usage, son démon était tombé en admiration devant la Tueuse dont il respectait la terrible puissance, la violence naturelle et sa grâce au combat.

Dernier rejeton d'une lignée autrefois puissante et crainte, isolé et paria parmi les siens, Spike avait fini par s'incliner, prêter allégeance et se vouer désespérément à elle de toutes les façons possibles. Comme si elle avait remplacé en lui la figure tutélaire de sa créatrice et maîtresse de toujours, Drusilla.

A partir de là, quelque temps que cela ait pu prendre, tous les proches de la Tueuse avaient endossé un statut particulier. La mère de Buffy d'abord et sa sœur ensuite, avaient été les premières à bénéficier de cet « attachement » irrépressible. Et ce qui restait d'humain en lui s'y était raccroché avec une rapacité désespérée. L'humain William et le vampire Spike, pour une fois bien d'accord, s'étaient jetés à corps perdu dans une relation passionnelle et d'un absolu tragique... C'était la raison pour laquelle, Buffy n'aurait jamais dû lui faire jurer de continuer à être là pour Dawn. Si elle avait pu comprendre tout cela, elle aurait su qu'il n'y avait au fond guère d'alternative pour lui.

En revoyant la cadette, quelques mois plus tôt, il avait compris qu'il était illusoire de croire que l'éloignement et la distance parviendraient à effacer ce lien viscéral scellé dans des sacrifices mutuels qui n'avait pas été juste « métaphoriques ». Spike s'était fait torturer par une divinité perverse sans lui livrer la moindre information sur la vraie nature de Dawn, il avait été jeté du haut d'une tour en tenant de la sauver d'un rituel sanglant. Il s'était sacrifié sur la Bouche de l'Enfer pour qu'elle et tous les autres boy-scouts puissent vivre sans se faire dévorer par des hordes que lui-même trouvait détestables...

La boule au ventre, accablé par le sentiment d'une catastrophe imminente qu'il sentait venir sans pourtant distinguer par où elle se manifesterait, il décrocha son téléphone pour la rappeler.

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La sonnerie retentit longtemps sans basculer sur une messagerie. Il entendit ensuite le son étouffé de conversations, un tintement précipité, le bruit de pas feutrés et le ressac, juste avant le « Allô » inquiet de Dawn.

— C'est Spike. Tu n'es pas chez toi, on dirait ?

Non, reconnut-elle. Je dîne dans un restaurant d'Ostia, à la mer...

— Tu veux que je te rappelle plus tard ?

Non ! s'écria-t-elle. Non. Juste un instant et je suis à toi…

Elle s'excusa pour dire qu'elle devait absolument prendre cet appel et qu'ils commandent le dessert sans l'attendre. Pendant tout ce petit speech, il enregistra la légère accélération de ses pulsations cardiaques devinant qu'elle avait simplement posé l'appareil contre elle. Puis elle s'éloigna en courant vers le rivage. Au loin, Spike entendit des moteurs de vespas qui faisaient la course sur le lungomare et le bruit des vagues qui s'intensifiait.

« Je suis à toi. » Maintes fois, Buffy s'était plainte (ou outragée) qu'il use avec elle de tics langagiers insignifiants pour un Anglais mais qui sonnaient très ambigument à ses oreilles américaines – surtout du temps où il n'était pas amoureux d'elle. La formule de Dawn était à son avis, bien plus malencontreuse qu'un simple "chérie" prononcé avec plus ou moins de raillerie…

— Spike ? Je suis là, murmura-t-elle essoufflée mais rieuse.

— Je sais, répondit-il avec une tranquille assurance.

— Comment ça, tu sais ?

Il laissa quelques instants les bruits de l'environnement préparer le terrain pour sa réponse : le cri discret des mouettes, la corne d'un bateau qui croisait à petite distance et le doux son d'un clapotis tout proche.

— Parce que je te vois. Lève la tête.

Elle était encore un peu loin pour qu'il distingue une quelconque expression de surprise, mais sa gracieuse statufication interdite était tout de même un signe. Au bout de la plage, elle devait pouvoir distinguer au moins ses cheveux blonds, à défaut de tout le reste, qui se fondait dans la nuit.

— Ok, le dernier arrivé au poste des garde-côtes est une grosse mauviette.

Elle coupa la communication et commença à courir.

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Notes

* Proverbe anglais : when in Rome, do as the Romans do, qui existe également en français sous la forme : A Rome, on fait comme les Romains. L'idée générale est que lorsqu'on voyage à l'étranger, la coutume est de se plier aux règles et aux lois locales. Le titre est relativement "opportun" dans la mesure où l'intrigue se passe à Rome. Références implicites à Angel S5 E20 : The girl in question / La fille en question.

** Hermione Wells, dite Maya, est un OC, la fille de Dawn. Elle a été présentée dans "Un bon jour pour mourir".

*** Information tirée des Comics qui ont développé des saisons officielles ultérieures de Buffy (de la 8 à la 12e et dernière).