Poésies

Terres immortelles

Vides eternels

Obscurités divines,

En son sein s'enracinent.

Quand naquit la flamme,

Qui lui valu tant d'alarmes ?

Prodiguant souhaits et charmes,

Longtemps noyés au cœur de ses larmes,

Asservie au supplice en lice,

Une volonté chèrement adoubée,

Se vit enfin exhaussée.

N'y avait-il de plus haut péril,

Que celui de tisser, seul, le fil ?

Sa pensée, pressée et enflammée,

Ordonna, créa et réconforta,

Une existence flamboyante,

Aux Ainur consentants.

Entendez votre roi,

Venu s'empresser de vos choix.

Voyez comme lui sied son désir de parfaire,

Une symphonie , un grand air !

De ses projets conçus comme un enfant,

Naquit un chant charmant,

Aussi puissant que les maux d'un amant.

Espaces éternels,

Où naquit l'enfant rebelle ?

L'infidèle ?!

Ici et là, aux confins de ses larmes, l'ingrat !

La musique à l'amour répondra,

Si ce n'est de violence,

Ce sera l'innocence.

Mais… le désordre entacha la création.

Il s'en maudit des noms dans sa langue noircie,

Et l'harmonie pleura sa douleur,

De souffrir de ses heurts.

Nul n'avait su animer une telle haine,

Si ce n'était l'objet de sa peine,

Meurtri, haït, trahit,

Illùvatar , privé de ses funérailles,

Vit l'enfant chéri répandre ses semailles,

Et le cœur serré,

Se défit de celui à qui il avait promis,

Tant de gloire et d'espoir.

Vides éternels…

Pleurez l'infidèle !

Il vouât à l'enfant turbulent,

Bien trop de son temps.

Sa couronne et sa foi,

Par ce complot funeste, vacillèrent quelquefois.

Sous les ors ternis de l'espoir,

Se fendit son rêve enrubanné de moire*.

Vides éternels,

Que sous les arches et les voûtes, où siègent désormais le sacrilège,

La paix et les notes chantées,

Apaisent son cœur lacéré.

Arakïell

Moire : la moire est un tissu disposant d'un effet d'ondulation obtenu par calandrage lors de sa fabrication. Elle désigne aussi par extension, l'effet visuel analogue à celui provoqué par ce textile.