Bonjour à tous et bienvenue dans cette histoire !

Il s'agit de ma première fiction longue se déroulant dans l'univers d'Harry Potter. C'est un projet qui se promène dans ma tête depuis plusieurs années, et que j'ai sérieusement poursuivi il y a maintenant plus d'un an. J'ai pour l'instant 21 chapitres d'écrits, l'ensemble sera bien plus long et devrait en comporter une trentaine environ. J'ai fini par décider de pousser le navire à l'eau (ou la barque en l'occurrence certains jours au vu de ma propension à ramer prodigieusement). Quoi qu'il m'en coûte cette histoire sera menée à son terme et publiée.

J'espère que vous aurez plaisir à la découvrir et à me suivre dans cette aventure. Je vous remercie pour tout le soutien que vous m'apporterez.

Quelques précisions d'usage :

L'univers Harry Potter et ses inspirants personnages appartiennent à JK Rowling bien entendu.

Le Rating M sera justifié pour langage, mention de thèmes difficiles et relations explicites de tous ordres donc homophobes goudebaille !

Autre précision : Chaque chapitre comporte un titre se rapportant à une ou plusieurs chansons ayant un lien avec le chapitre. J'ai beaucoup écouté Deezer durant l'écriture, de tout mais principalement du rock et du métal. Vous trouverez donc une playlist dédiée en suivant ce lien en ôtant les espaces : deezer . page . link / ZXLLLWSaGXfqHtjz7 (ou simplement en tapant le titre de cette histoire) qui sera alimentée au fur et à mesure de la publication.


Chapitre 1 – Coming home

Playlist : Coming home - Avenged Sevenfold

Lorsque l'aube se mit à poindre en ce matin du 1er septembre, Hermione Granger était alerte depuis un bout de temps. En effet, un ronronnement sourd l'avait réveillée dès les premières lueurs du jour. Dès l'instant où elle avait esquissé un mouvement, encore dans un demi sommeil, en réalité. C'était Nyx, son chat, lové près de sa tête comme à son habitude et qui avait pris ses gestes pour une invitation personnelle à déjeuner.

Après la disparition de Pattenrond, qui lui avait causé beaucoup de chagrin et laissé un vide gigantesque, elle avait fini par se rendre à l'un des nombreux refuges qui s'étaient multipliés à la fin de la Guerre et avait adopté Nyx. Ou plutôt, c'était lui qui l'avait adoptée.

Hermione se leva, donna rapidement à manger à l'animal qui surenchérit de ronrons en guise de remerciement puis examina la pièce.

La chambre d'hôtel qu'elle occupait depuis plus de trois ans maintenant avait quasiment repris son apparence initiale, comme si elle n'y avait pas vécu, comme si ces années de vie n'avaient pas véritablement laissé de marque.

Non pas que vivre autant de temps dans une chambre du Chaudron Baveur était en soit une situation qui lui convenait particulièrement. Mais compte-tenu des circonstances et de son niveau d'exigence durant ces trois années, elle ne pouvait pas se plaindre. Elle avait eu un toit au dessus de la tête, de la nourriture chaque jour et plus de Gallions qu'elle ne pourrait jamais en dépenser dus à sa pension d'héroïne de guerre. Les Gallions avaient déjà bien fondu, mais il lui en restait une bonne partie, en bonne élève, elle avait bien entendu économisé une grande partie en la déposant à Gringotts. Ils n'avaient pas été franchement ravis de revoir la jeune femme après le casse qu'elle et ses amis y avaient commis, mais avaient néanmoins accepté de la conserver en tant que cliente après la promesse d'un joli tas d'or en dédommagement pour désagréments divers. L'explosion de leur plafond par un dragon albinos centenaire, entre autres.

Contempler cette chambre et se dire qu'elle venait d'y passer plus de trois ans était difficile à concevoir. Pourtant, c'était bien le cas. Sans grand regret mais avec une appréhension qui était toute récente dans la vie de l'ancienne Gryffondor, elle rassembla ses bagages près de la porte. Ses affaires soigneusement rangées dans sa valise, son petit sac extensible bien caché au fond de celle-ci, elle se sentait prête à retourner chez elle.

Après s'être lavée et habillée à la hâte, elle déposa un voile de maquillage sur son visage. Par nécessité plutôt que par coquetterie. Les sorts de camouflage étaient relativement instables et il s'agissait de faire bonne figure en ce jour particulier et de cacher la misère. Même camouflée, sa mine ne tromperait pas grand monde : elle avait une sale tête perpétuelle. Mais elle ferait avec. Au moins, elle aurait essayé.

Pour le reste, eh bien, elle n'allait pas à un fichu défilé de mode,alors elle prit l'ensemble pantalon t shirt terne et trop grand qu'elle s'était préparé. Quant à ses cheveux, c'était peine perdue, elle le savait bien.

Elle rassemblait ses dernières affaires, lorsqu'un miaulement sourd fut émis par la cage de Nyx. « Mais non, je ne t'oublie pas, bien sûr ! Que pourrais-je bien faire sans toi ? Allez, c'est parti. »

La jeune femme attrapa se affaires, la cage bien calée sur sa valise et descendit prendre son petit déjeuner, c'est à dire une tasse de thé fort au bar du Chaudron Baveur. Il allait être l'heure. Elle se dirigea vers la gare. Sa valise bien lourde lui cognait l'arrière des chevilles lorsqu'elle devait s'arrêter brusquement. Il fallait vraiment qu'elle fasse des recherches pour retrouver le sort qui rendait les objets aussi légers que des plumes . Elle était certaine d'avoir laissé le sort quelque part, peut-être dans ses carnets de notes, peut-être sur un marque page dans un bouquin, mais elle aurait été bien incapable de se souvenir où, de quel livre il s'agissait, de quel marque page. Comme souvent ces dernières années, elle se montrait étourdie, peu prévoyante, maladroite, et globalement se fichait des conséquences. Tant pis, se dit-elle, elle aurait dû s'y prendre plus tôt.

Le trajet lui parut plutôt long. Trimballer une valise, un sac et un chat à travers le Londres Moldu jusqu'à la Gare de Kings'Cross, ce n'était pas de tout repos. Heureusement que la cage était bien attachée sur sa valise. Le transplanage animalier n'était pas conseillé, et puis de toute manière, elle n'aimait plus tellement transplaner. Trop de risques d'événements imprévisibles.

A onze heures moins le quart, Hermione arriva enfin sur le quai, ses cheveux encore plus en bataille, si c'était seulement possible, les joues rougies et de la sueur perlant sur son front. Espérant bien ne croiser personne de sa connaissance, elle chargeait sa valise, lorsqu'une voix familière et sacrément haut perchée lui parvint aux oreilles :

« Hermione ! Tu es là ? Nous ne savions pas que tu reviendrais cette année à Poudlard ! Tu as totalement disparu sans nous donner de nouvelles depuis presque trois ans, c'est normal. Tu as passé de bonnes vacances prolongées ? Nous oui, on est allés voir Ron jouer à New York, tu verrais son appartement et sa voiture, il ne fréquente que les meilleurs endroits et les personnes les plus fabuleuses de la ville, maintenant qu'il est devenu célèbre ! Il a bien fait de déménager en Amérique, quand je pense à ce que sa vie serait s'il était resté ici ! Là bas, on a vu les paysages les plus splendides, et on s'est fiancés, regarde ! Harry m'a fait sa demande aux pieds de la statue de la Liberté, comme je l'avais toujours rêvé ! C'est comme si il lisait dans mes pensées, on est tellement faits l'un pour l'autre tous les deux ! On se marie cette année , n'est ce pas merveilleux ? Moi, je dois d'abord avoir mon diplôme. »

Ginny Weasley, accrochée au bras de Harry, était devant elle et lui exhibait une bague de fiançailles surmontée d'un gigantesque diamant étincelant, mais qui l'était définitivement moins que son sourire plein de dents immaculées. Elle et Harry semblaient tout droit sortis d'un numéro de Mariages sorciers fabuleusement fabuleux. Non pas qu'Hermione lisait des magazines de ce genre.

La jeune femme était sur la défensive, mais après son flot ininterrompu de paroles, il semblait que la plus jeune des Weasley attende pour de bon une réponse à la question rhétorique qu'elle ne lui avait pas véritablement posée.

– Salut, oui, ça s'est décidé tardivement, … Félicitations !

– Merciiii ! Fit le jeune femme en secouant ses cheveux. Harry a bien fait les choses, la taille de ce diamant est presque impeccable. Il s'en est pas mal tiré pour le choisir, il faut dire que je l'ai bien aidé, sans moi, il aurait tout bonnement été perdu, le pauvre chéri ! Alors, on dirait bien que la Miss Je Sais Tout a encore des choses à apprendre à Poudlard finalement! Qui l'eût cru ! Les livres ne t'ont pas tout appris alors, c'est étonnant, tu les a tellement parcourus... Ma parole, tu as vraiment l'air fatiguée, et tes cheveux... n'ont pas changé. Les Nargoles ne font pas des nids qui leur ressemblent ? Il faudra demander à Luna. Il paraît qu'elle revient également cette année.

Et voilà. Le retour des petites phrases mesquines. La jeune femme, toujours tendue, se força à ne pas répondre, ne pas se sentir attaquée par les remarques de la Gryffondor qu'elle considérait comme étant son amie il n'y a de cela pas si longtemps encore.

Voila, entre autres choses, la raison pour laquelle elle avait pris ses distances il y avait de cela trois ans, lorsque elle et Harry s'étaient officiellement mis en couple.

Mais malgré le flot de paroles négatives à son sujet qu'elle venait d'encaisser, elle trouva néanmoins la force de sourire à son meilleur ami, mais pouvait-elle toujours le considérer comme tel ? Elle finit par dire :

– Et... toi, Harry, tu viens aussi ?

– Salut Hermione, bien entendu que je viens ! Je ne peux pas demeurer loin de ma Ginny d'amour, n'est ce pas ma chérie ?

S'en suivit un long regard langoureux et un baiser passionné très démonstratif. Hermione grimaça.

– Bon, je vais m'asseoir, on se rejoint plus tard ?

– Nous avons déjà des place VIP réservées, on verra si ils en ont prévu une pour toi. Ah, salut, vous deux !

Sans attendre la réponse, Ginny et Harry s'éloignèrent, Ginny ayant repéré un couple de connaissances à qui exposer son bonheur. Hermione murmura « Ils n'ont rien à prévoir pour moi » et grimpa dans le wagon.

Se frayant un passage parmi les jeunes élèves qui chuchotaient à son approche, oui, aller à l'école à onze ans et croiser une vieille de presque vingt-trois ans, il est vrai que cela doit donner matière à chuchoter. Elle tenta d'obtenir un wagon libre, ou du moins un endroit où personne ne chuchoterait sans cesse. Elle finit par en dénicher un, quasiment vide.

Un autre occupant lisait dans un coin. Il leva la tête lorsqu'elle entra.

– Granger ! Qu'est ce que tu fous ici ? Tu n'es pas en train de débuter une brillante carrière au Ministère ? Tu as une tête de déterrée ma parole !

– Malfoy, toujours en vie ? lui lança-t-elle, regrettant immédiatement ses paroles en voyant le voile qui obscurcit son regard. Il n'avait pas l'air au meilleur de sa forme non plus. Ses joues étaient plus creusées que dans son souvenir, ses cernes plus grands et plus sombres. Et son costume noir semblait avoir connu des jours meilleurs. Il n'arborait plus cet air si caractéristique de mépris et de suffisance qui lui collait à la peau depuis le premier instant où ils s'étaient rencontrés. Il était … différent.

Elle avait vaguement entendu dire que ses parents étaient emprisonnés, alors où avait-il bien pu vivre ? Elle ne le savait pas. Et sans argent en plus. La Gazette s'était fait une plaisir d'étaler la disgrâce de l'illustre famille Malefoy et la dilapidation de leur fortune en tant que préjudice de guerre n'était un secret pour personne.

– Écoute, je propose qu'on évite les … » elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une grosse boule bleue fit irruption dans le wagon, fonça droit sur Malefoy et explosa . L'encre qu'elle contenait macula les vêtements et les cheveux clairs du jeune homme, sous les rires des élèves qui se trouvaient devant la porte du wagon.

– Avec un peu de chance, ça ne partira jamais, comme la marque immonde que tu as sur ton bras ou les crimes des Malefoy ! Salue bien ton père pour nous, Mangemort ! »

Ils étaient trois gaillards, plus jeunes qu'eux, et approchaient, menaçants, à l'intérieur du wagon.

Hermione bondit aussitôt de sa banquette et se plaça entre Draco et ses adversaires, baguette levée et détermination farouche dans le regard.

Comme si il s'agissait de quelque chose de tout a fait naturel, habituel et complètement instinctif. Alors qu'elle venait de le faire pour le type qui lui avait mené la vie dure des années durant sans le moindre remords.

« – Vous allez lui foutre la paix ? Vous n'avez pas autre chose à faire ? Dégagez ou j'appelle un préfet.

– On est là, dit une voix. C'était Ginny. Elle jaugea rapidement la situation du regard. Les garçons qui avaient menacé Draco étaient déjà repartis dans leur wagon.- Oh, ce n'est que lui, alors ça va, fit elle avec mépris après avoir jeté un œil à l'intérieur du wagon. Puis elle tourna les talons. Harry ne dit rien et la suivit sous le regard gris orage indéfinissable de Draco. Une fois qu'ils furent à nouveau seuls, Hermione explosa de colère, une colère qu'elle ne savait pas retenir en elle, une colère qui enfin, brisait le masque de la gentillesse, celui de la bonne fille ne cherchant pas à faire de vagues.

« Ce n'est pas possible, cette attitude ! Qu'est-ce qui leur prend de t'attaquer de cette manière ? Et les préfets qui cautionnent, encore mieux ! »

Hermione fulminait .C'est comme si la lionne enfouie en elle avait été tirée de son sommeil. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle avait faim de revanche. Draco soupira :

– Laisse-les, Granger

– Non, je vais au moins t'aider à te nettoyer, Récurvite !

Le sortilège, bien que puissant, fut nécessaire à trois reprises pour ôter l'encre qui s'était répandue partout

– Et pour ta chemise...

– Il faudra que je m'en rachète une murmura le blond. Il semblait soucieux. Puis il leva la tête et dit : Depuis quand est-ce que tu prends ma défense ?

– Depuis aujourd'hui. Avant d'être si grossièrement interrompus, j'allais dire que je proposais une trêve définitive si tu veux. Après tout, tu nous as sauvé la mise lors de la guerre et nous aussi, alors ont est dans le même camp non ? Et puis, j'en ai marre de me battre. J'ai assez donné. »

L'air de profonde surprise qui déformait les traits de Draco en cet instant semblait sincère. Il se serait attendu à tout sauf à un aussi brusque revirement de la part de la Lionne. Lui-même s'était mentalement préparé à devoir livrer une bataille permanente lors de ses jours à Poudlard, ancien Mangemort gracié par l'effet d'un témoignage d'Hermione Granger, héroïne de guerre, et de quelques fioles de souvenirs de Harry Potter, l'Elu Qui A Triomphé Des Ténèbres en personne. Bon nombre de membres des deux camps de la communauté magique devaient toujours nourrir des griefs contre lui en raison de l'implication de sa famille lors de la guerre.

Mais il n'avait d'autre choix que de retourner à Poudlard pour espérer obtenir son diplôme et parvenir à décrocher une formation quelconque.

Il était soulagé par le fait que combattre Hermione ne ferait pas partie de son année. Car, sur elle comme sur tant d'autres sujets, il avait bien changé d'opinion. Et d'avantage encore lorsqu'elle avait témoigné en sa faveur alors que rien ne l'y obligeait. Il lui en était particulièrement reconnaissant et s'était promis de trouver un moyen de la remercier et de gagner la confiance qu'elle plaçait en lui lorsqu'elle avait expliqué au jury qu'au vu de son potentiel, il serait criminel qu'un fils paye pour les années d'embrigadement idéologique et de lavage de conscience auquel il avait été soumis par son père et qu'il fallait à présent se tourner vers l'avenir et non faire payer à un innocent les erreurs de son passé. Draco avait été si profondément bouleversé par ses paroles lors de l'audience qu'il avait senti son masque malfoyen soigneusement constitué se fissurer. Alors, qu'elle lui propose une trêve définitive, comme elle l'appelait, était inespéré. Il pourrait ainsi être auprès d'elle si elle le laissait faire, et la remercier en lui prouvant qu'elle avait eu raison de venir prendre sa défense et lui éviter la prison. Qu'il ferait quelque chose de cette chance qui lui était octroyée.

« Eh, d'accord, même si tout le monde n'a pas l'air de ton avis . J'accepte . Il avait cette lueur particulière dans le regard qui fit comprendre à la jeune femme qu'il était reconnaissant de son geste bien au delà des paroles qu'il prononçait.

– On se fiche de tout le monde. Ils ne savent pas ce que nous avons vécu, ni l'un, ni l'autre. Moi même je ne pense pas pouvoir …

– Miawwww

– Oh Nyx, je t'ai complètement oublié, mon minou ! Allez sors !

Hermione ouvrit la cage, et la petite boule de poils grise en bondit instantanément, s'étira et grimpa sur la banquette à côté de Draco avant de le fixer, droit comme un i face à lui.

« Ton chat me fixe. Il est étrange. Ses yeux...

– C'est un survivant, comme nous. Attends un peu et tu verras.

L'animal toisa Draco quelques instants, s'approcha pour le flairer, puis, apparemment satisfait, se roula en boule, la tête sur son genou et ne bougea plus.

– Il a l'air sympa ton chat, il est cool ! Il a des pouvoirs ?

– Celui de m'apaiser et de me donner la force de me lever chaque matin. Pour l'instant, c'est tout, je n'ai rien remarqué d'autre.

– Sympa. Il a la classe en tout cas, je l'aime bien !

Le chat se mit à ronronner soudainement, sans ouvrir un œil ni bouger une moustache, comme s'il approuvait.

Draco sourit, le premier depuis longtemps. L'espace d'un instant, Hermione crut revoir le jeune homme plein de morgue qui lui avait pourri la vie durant leur scolarité. Il existait toujours.

« Lui aussi on dirait. C'est drôle. »

Hermione sortit un livre de son sac et s'y plongea. Elle ne s'aperçut pas tout de suite qu'elle et Draco lisaient le même ouvrage. Vers seize heures, ils partagèrent du thé, des gâteaux, et quelques chocolats.

Le reste du trajet se poursuivit en silence. Paisiblement. Les mots n'étaient pas nécessaires.

Le crépuscule s'abattait sur la nature environnante lorsque le train arriva enfin à destination.

Hermione et Draco sortirent du wagon, leurs affaires sous le bras, et les chargèrent dans les coffres avant de prendre place dans l'une des carrioles tirées par un Sombral majestueux. Tout le monde ou presque pouvait les voir à présent. Draco les contempla d'un air pensif.

« Tu te rappelles du cours de soin aux créatures magiques où on les a découverts ? Je ne pouvais pas les voir à l'époque ...

– Moi non plus. Je me souviens d'avoir tellement souhaité pouvoir les voir, moi aussi... Quelle gourde naïve j'étais. Je lui filerais bien des baffes à celle-là .

– On l'était tous. Et moi le premier. »

Le trajet se poursuivit en silence, dans la contemplation du vieux château familier qui se profilait, majestueux comme d'ordinaire, au détour du sentier.

Cela faisait plus de trois ans qu'ils n'avaient pas mis les pieds au château, quatre si l'on comptait leur 7e année chaotique. Et après tout ce qu'il s'était passé ici, tout avait été reconstruit à l'identique. On aurait dit que rien n'était arrivé. Que personne n'était mort.

Et pourtant, malgré toute la noirceur qui avait envahi ce lieu, malgré tous les leurs qu'ils avaient perdu, ils ne pouvaient ni l'un ni l'autre concevoir le reste de leur existence sans participer à cette nouvelle rentrée, sans contempler à nouveau les failles des pierres ancestrales qui s'élevaient devant eux. Sans en arpenter les couloirs, fréquenter les salles de classe, peupler les dortoirs. Sans revoir le plafond étoilé de la Grande Salle, sans respirer l'odeur des chandelles et sentir la douce chaleur, entendre le ronronnement, contempler les flammes rassurantes du feu de cheminée de la Salle Commune. Oui, depuis bien longtemps, ils n'avaient pas ressenti cette plénitude, celle que l'on ressent en rentrant chez soi.

Ils finirent par arriver sur le perron du bâtiment. En extirpant leurs valises des carrioles, ils entendirent à nouveau chuchoter derrière eux. Une héroïne de guerre et un ex Mangemort qui retournaient à Poudlard ensemble, il y avait de quoi. S'apprêtant à réprimander vertement ceux qui les ennuyaient encore, ils firent volte face.

Mais cette fois, ce n'était pas après eux que l'on chuchotait.

Devant eux se tenait un personnage à l'air sombre, habillé à la hâte, les cheveux trop longs et en désordre.

C'était Sirius Black.