AN : Fred, George et Padfoot sont fiers de vous présenter Promenade avec un Loup-garou !

Promenade avec un Loup-garou

Par Padfoot et Les Jumeaux Weasley

Chapitre 1 – Ce que chouette veut

Sirius aurait pu apprécier cette journée… ça aurait même pu être la plus belle journée de sa jeune vie. Ca aurait pu…

Il était sur le Quai 9 3/4 de la gare de King's Cross, prêt à partir pour sa première année à Poudlard – Poudlard ! – et il aurait pu se sentir très excité par ce départ, voire même ressentir le léger regret de laisser le douillet nid familial, si ça n'avait été… si ça n'avait été Sacha.

Sacha était la chouette lapone qu'un ami de la famille lui avait donnée pour son entrée à Poudlard. Sirius était obligé de la tenir sur son poing car il ne possédait pas de cage assez grande pour elle.

Excitée par le départ, ou peut-être par les autres hiboux sur le quai, elle faisait un raffut incroyable en battant des ailes, accrochée des serres et du bec aux doigts de son jeune propriétaire.

Mais elle n'allait tout de même pas lui gâcher ça, oh, non ! Il fit de son mieux pour l'ignorer, et, en essayant de paraître attentif aux derniers conseils de ses parents, jetait des coups d'œil autour de lui sur le quai.

Les environs du Poudlard Express offraient un spectacle fantastique. La fumée blanche de la locomotive enrobait la scène, donnant aux gens des allures de fantômes. Toutes sortes de cris animaux fusaient, interrompant le brouhaha excité des conversations et des rires. Il vit passer autour de lui plusieurs groupes d'étudiants plus âgés, de parents anxieux, demandant maintes et maintes fois à leurs enfants s'ils n'avaient rien oublié.

- Sirius ? Sirius, tu m'écoutes ? Tu n'as pas oublié ta baguette, n'est-ce pas ?

- Mais non, Maman…

Mais l'attention de Sirius était déjà attirée ailleurs. Une jeune fille de son âge venait d'entrer sur le quai en courant. Elle semblait être seule… si on ne prenait pas en compte le chat noir désespérément agrippé à son épaule. A ses grands yeux verts terrifiés, il était facile de deviner qu'elle venait d'une famille moldue. C'était peut-être aussi pour cette raison qu'elle était seule.

Tout de suite après elle, trois personnes passèrent nonchalamment la barrière : famille de sorciers. Le garçon était rose d'excitation et portait des lunettes qu'il ne cessait de remonter sur son nez. Sirius dut réprimer un sourire. Sans doute le garçon s'était levé en retard, car il n'avait pas pris le temps d'arranger ses cheveux : il aurait pu aussi bien se coiffer à l'aide d'un pétard mouillé du Dr Flibuste. Mis à part les épis qui pointaient de tous les côtés, il les avait cependant aussi noirs que ceux de Sirius.

- Fais donc attention à ta chouette !

Sirius revint à la réalité des serres qui commençaient à se prendre dans les mailles de son pull… trop tard. Avec Sacha sur son autre main, il ne pouvait plus qu'inspecter les dégâts : la manche de son pull s'effilait déjà. Son père lui prit le poignet et arrangea ça d'un mouvement impatient de la baguette. Puis, d'un autre mouvement, il fit léviter la lourde valise et la hissa dans le train.

- Tu nous enverras plein de hiboux, hein ? demanda sa mère.

- Bien sûr ! Au moins deux fois par jour…

Les recommandations commençaient à exaspérer Sirius. Son regard se posa sur un nouvel arrivant, un garçon aux cheveux châtains. Ce garçon semblait être la définition vivante de Fatigue et Anxiété. Il aurait aussi pu paraître grand et athlétique s'il n'avait pas été aussi voûté. Et il y avait autre chose… quelque chose dans ses yeux que Sirius ne put identifier. D'ailleurs, il n'eut pas le temps de réfléchir plus loin. Son père, redescendu du train, lui indiquait le compartiment dans lequel il avait mis sa valise, et Sacha tentait de se jeter sur le rat d'un petit garçon rondouillard qui passait à proximité.

Au grand soulagement du garçon, le sifflet de la locomotive fit entendre sa voix. Une dernière embrassade hâtive avec ses parents – dans laquelle Sacha travailla du bec et des griffes – et il monta dans le train. Bizarrement, maintenant que le train était en marche, l'anxiété s'envola comme une poignée de plumes. Il serait toujours temps de s'inquiéter à nouveau juste avant la répartition. Pour l'instant, il s'agissait de rencontrer des gens, de sympathiser et – pourquoi pas – de rire un bon coup.

Il resta à la porte un moment pour dire au revoir à ses parents. Son père avait remarqué le changement sur le visage de Sirius.

- Promets-moi que tu ne feras pas de bêtises… cria-t-il en marchant à côté du train.

Sirius répondit par un petit sourire innocent qui ne trompait personne. M. Black grimaça puis, juste avant que le train ne le devance totalement, éclata de rire. Sirius rentra dans le wagon et ferma la porte.  Comment il se débrouilla pour ne pas laisser échapper le volatile dans le processus, il ne le sut jamais. Toujours est-il qu'après une grande bousculade, il se retrouva dans un compartiment, avec le garçon décoiffé, la fille aux yeux verts et le rondouillard au rat.

Ils se sourirent chaleureusement et commencèrent à s'installer en silence tandis que le train prenait de la vitesse. Le quai de King's Cross était déjà loin.

Le garçon à lunettes ouvrit la bouche – mais ses paroles furent inaudibles : Sacha s'était remise à hululer comme une possédée.

- Je suis vraiment désolé, dit-il en esquivant un coup de bec, mais cette chouette est une vraie plaie…

Sirius était incapable de dire si les autres l'avaient entendu, mais ils lui adressèrent des sourires compréhensifs. Le rapace continuait à se débattre.

"Génial ! J'avais bien besoin de me donner en spectacle juste le premier jour."

Mais au moment où le garçon décoiffé se levait pour lui prêter main forte, Sacha se libéra et s'envola par la porte restée ouverte dans le couloir.

- Restez là, je vais la chercher, grommela Sirius.

Et il sortit en courant.

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Jusqu'à ce moment précis, l'idée d'aller dans une école de sorcellerie lui avait semblé irréelle. Jamais il n'avait espéré pouvoir étudier comme et avec les autres enfants sorciers. Il avait cru à un rêve fabuleux ou à une très mauvaise plaisanterie lorsque ses parents, euphorique, lui avait annoncé que le nouveau directeur de la célèbre école de sorcellerie Poudlard avait accepté de le prendre avec plaisir. Les mois avaient passé rapidement, chaque matin le sentiment que l'on lui apprendrait que finalement, il serait trop compliqué de l'accepter dans une école avec des étudiants normaux. Jamais il n'avait vraiment cru qu'il irait. Jamais. Pas même lorsqu'il avait reçu la liste des fournitures scolaires à acheter. Pas même lorsqu'il avait été, avec ses parents, sur le Chemin de Traverse pour acheter ce dont il aurait besoin. Pas même lorsqu'il eut sa propre baguette à lui tout seul dans les mains pour la première fois.

Mais au moment où Remus Lupin franchit la barrière menant à la station de train 9 ¾ qui le conduirait à Poudlard, il sut que c'était vrai. Il sut qu'il allait vraiment étudier comme tous les enfants normaux de son monde. Il sut que ce n'était pas un rêve. Il sut qu'il n'avait probablement jamais eu aussi peur de son existence toute entière. Le bruit qui régnait aux abords du Poudlard express lui parvint aux oreilles de façon amplifiée. Il ne se souvenait pas de s'être déjà trouvé dans un endroit où il avait pu y avoir tant de gens en même temps. Il se figea donc sur place, attendant que quelqu'un, parent ou élève, pointe le doigt vers lui en hurlant.

Il n'eut par contre pas le loisir de se vautrer dans ses fantasmes morbides puisque ses parents, inquiets de le voir si perturbé, l'attrapèrent par un bras pour le faire avancer parmi la foule. Ils le firent avancer jusqu'à un coin relativement calme et l'obligèrent à leur faire face.

- Remus, ne fais pas cette tête-là ! Tu devrais être heureux, non ? demanda sa mère, d'une voix douce et réconfortante.

- Ta mère à raison ! Allez mon garçon, souris ! enchaîna son père d'un ton joyeux !

Remus les regarda tour à tour et tenta un faible sourire. Depuis toujours, il avait pu compter sur ses parents lorsqu'il s'agissait de lui remonter le moral. Beaucoup se seraient décourager à avoir à vivre avec un fils comme lui mais Athéna et Jason Lupin n'avaient jamais baissé les bras et l'avaient toujours encouragé avec un enthousiasme débordant. Ce fut donc pour remercier ses parents qu'il essaya, tant bien que mal, d'avoir l'air heureux. Malheureusement, l'art dramatique n'avait jamais été son talent principal. Jason poussa un soupir et posa la main sur l'épaule musclée et maigre de son fils.

- Remus, je sais que tu as peur et je crois que c'est normal. Mais tu dois essayer. C'est la chance de ta vie ! Ne la gâche pas. Aie confiance en toi et tout ira bien. Je sais que tu peux réussir, lui dit son père sur un ton émotif.

Cette fois, Remus eut un vrai sourire. Il devait être fort pour ses parents. Il devait être à la hauteur de tout ce qu'ils avaient fait pour lui. Ils avaient perdu la plupart de leurs amis par sa faute. Ils avaient enduré des injures, déménagé à plusieurs reprises, dépensé sans compter pour le guérir du mal qui le rongeait et aujourd'hui, il devait leur montrer qu'ils n'avaient pas souffert en vain. Il se redressa donc de toute sa grandeur et écouta avec attention les dernières recommandations de ses parents, à l'instar de tous les élèves présents sur le quai. Pendant deux bonnes minutes, il se sentit parfaitement normal. Mais le contrôleur du train ne mit pas beaucoup de temps à signaler de départ du train. La plupart des élèves étant déjà dans le train, Remus embrassa ses parents rapidement, attrapa la cage de son minuscule hibou et sa lourde valise avec une facilité aussi étonnante que relative pour un jeune garçon de son age et entra dans le train quelques secondes avant qu'il ne se mette en branle. Puis il se pencha par la porte toujours ouverte pour voir ses parents lui faire des signes de la main. Il aurait voulu leur dire quelque chose mais il n'y arriva pas. À vrai dire, il réalisa à ce moment même qu'il n'avait pas ouvert la bouche pour autre chose que pour manger depuis le matin. Tandis que Jason et Athéna Lupin disparaissaient au loin, il se promit de leur écrire une longue lettre pour les remercier et leur dire que tout irait bien. Finalement, il ferma la porte du wagon et entra définitivement dans le train.

De l'extrémité totale de ses orteils, il sentit monter une vague de frayeur glacée. Maintenant, il était seul. Parfaitement et entièrement livré à lui-même. Planté au milieu du couloir, il écoutait les sons provenant des différents compartiments et songea pour la première fois à quelque chose d'absolument évident. Il était logiquement impossible de faire tout le trajet debout dans le couloir. Il allait devoir entrer dans un compartiment à un moment ou un autre du voyage. Mais quel compartiment ? Qui voudrait bien, au nom du ciel, voyager avec lui ? Et est-ce qu'il aurait le courage d'ouvrir une porte pour demander s'il restait de la place ?

C'est au beau milieu de la recherche des réponses à ces questions existentielles qu'il vit une immense chouette fondre sur lui. Il recula d'un pas et trébucha sur sa valise. Il essaya de se retenir contre la paroi du train mais ne put s'empêcher de tomber par-dessus sa malle. Étourdi, il resta allongé deux ou trois secondes puis leva la tête pour voir l'énorme chouette s'accrocher à la cage d'Orion, son hibou. Il amorça un mouvement pour se lever lorsqu'il vit arriver un jeune garçon, qui devait avoir à peu près son âge, arriver en courant.

- Sacha ! Veux-tu bien t'enlever de là ! s'écria le nouveau venu tout en s'efforçant de retirer la chouette, qui devait être la sienne, de la cage d'Orion.

Remus se releva sur les genoux et s'empressa de porter secours à son hibou. Au bout de quelques longues et pénibles minutes, ponctuées de coups de bec et de plumes arrachées, Orion eut enfin le plaisir de voir la chouette lapone lâcher prise. Tandis que le propriétaire de Sacha la grondait sans retenue, Remus s'assura qu'Orion allait bien. Le petit hibou s'était recroquevillé dans le fond de sa cage mais lorsque son maître pointa son nez entre les barreaux, il sembla soulagé et remonta joyeusement sur son barreau pour lui mordre affectueusement l'appendice nasal.

- Je suis vraiment désolé. Je ne sais pas quoi faire avec cette chouette, elle ne m'écoute jamais ! s'excusa l'étranger.

Remus se leva et tourna la tête vers le nouvel arrivant. Évitant délibérément son regard, il s'efforça de lui faire face. Remus ne regardait jamais les gens dans les yeux. Il n'aimait pas voir la frayeur dans les yeux de ceux qui savaient ce qu'il était ou la pitié dans le regard de ceux qui ne voyaient que son état maladif.

- Oh, ce n'est pas grave. Plus de peur que de mal, lui répondit Remus à voix basse.

L'étranger sourit, visiblement soulagé. Sur son épaule, l'énorme chouette hululait à l'intention d'Orion. Ce dernier refusa d'abord de la regarder puis sembla lui pardonner et hulula une réponse amicale.

- Et bien, ils ont fait la paix ! Je crois que Sacha est trop enthousiaste lorsque vient le temps de se faire des amis ! dit le jeune garçon en riant.

Remus ne put s'empêcher de sourire à son tour. Ce jeune garçon avait une bonne humeur contagieuse. Il avait l'air d'être de ceux qui n'avaient pas besoin de foncer tête baissée pour se faire des amis. Le sourire de Remus diminua à cette pensée et il détourna le regard. Lui, il n'en aurait probablement jamais des amis. Croyant que l'étranger finirait par partir, Remus se plongea à nouveau dans ses idées noires. Une minute entière passa avant que Lupin ne réalise que Sacha et Orion étaient encore en train de discuter et que, par conséquent, le jeune garçon était toujours là. Planté juste en face de lui, il attendait visiblement que Remus reporte son attention sur lui. Remus n'eut donc pas d'autre choix que de le regarder à nouveau, fixant un point au-dessous de ses yeux. Mais le garçon ne dit rien et, pour une raison inexplicable, continua d'attendre. Remus attendit donc aussi, de plus en plus nerveux. Brusquement, l'inconnu fléchit légèrement les genoux. Pris au dépourvu, Remus se retrouva avec les yeux noirs, pétillants de malice, de l'étranger rivés aux siens.

- Bon ! C'est mieux comme ça ! Je n'aime pas qu'on ne me regarde pas dans les yeux, ce doit être mon côté narcissique ! déclara-t-il d'un ton rieur.

Remus, encore sous le choc, ne trouva rien à répondre sur le moment. Étonnement, il ne vit pas de peur ni de pitié dans le regard du garçon. Il continuait de le regarder, attendant une réaction de sa part.

- Je suis désolé, fini par répondre Remus dans un murmure.

- Ne le sois pas voyons ! Tu as un compartiment ?

- Euh, non…

- Et bien, tu ne feras pas le voyage dans le couloir quand même ! Il reste de la place dans le nôtre, tu veux venir avec nous ? demanda l'inconnu d'un ton joyeux.

Remus ouvrit grand les yeux. Non seulement il n'allait pas avoir à mendier une place, on lui en offrait une de bon cœur.

- Je… je ne voudrais pas dérang…

- Ben voyons ! Plus on est de fous, plus on rit ! Allez, viens dans le royaume des première année perdus dans le paradis des sorciers en devenir ! lança Sirius d'un ton faussement dramatique.

Tout en parlant, il avait empoigné un côté de la valise de Remus posée sur le sol et avait commencé à la traîner en direction de son compartiment. Lupin n'eut donc pas d'autre choix que d'attraper la cage d'Orion et l'autre côté de la valise et de suivre le jeune garçon à l'humeur joyeuse, tout en espérant qu'il n'y aurait pas trop d'autres fous dans le compartiment.

- Voilà voilà ! Ce n'est pas bien grand, mais on se sent chez-soi ! Annonça l'inconnu d'un ton solennel en s'inclinant pour laisser passer Remus.

Un léger sourire sur les lèvres, Lupin entra dans le compartiment pour y trouver trois autres personnes. Un garçon grassouillet assis à sa gauche près de la porte, une jeune fille aux yeux verts sur la banquette de droite, près de la fenêtre, et un autre garçon, grand, mince avec des cheveux terriblement ébouriffés, debout, semblant sur le point de sortir du compartiment.

- Ah ! Enfin ! J'allais justement voir ce qui se passait avec toi et ta chouette ! dit le garçon mince à celui qui l'avait conduit au compartiment.

- Mais tout va bien mon cher ! Sacha s'est trouvé un petit petit ami et je nous ai trouvé un nouveau copain ! répondit l'inconnu au regard moqueur en pointant Orion puis Remus.

- Parfait ! répondirent les trois autres en même temps.

Remus resta surpris du fait qu'on l'intégrait si facilement tandis que les deux garçons lui arrachaient sa valise des mains pour la poser sur les portes bagages. Lorsque ce fut fait, non sans effort, le maître de Sacha se tourna vers lui, l'air interrogateur.

- Tu transportes cette valise tout seul ?  Tu es drôlement fort mon pote ! Tu t'appelles comment déjà ? Ah ben tien, je ne te l'ai jamais demandé ! Et à vous non plus ! Suis-je bête ! Moi, je m'appelle Sirius Black ! Et vous ? demanda finalement le dénommé Sirius.

- Leslie Evans. Mais tout le monde m'appelle Lily, répondit la jeune fille.

- Lily… C'est joli, dit, en rosissant légèrement, l'autre garçon qui avait rangé sa valise. Moi c'est James Potter.

- Peter Pettigrow, annonça le garçon grassouillet.

Toujours planté devant la porte, Remus ne songea pas un instant à annoncer son propre nom. Ce fut lorsque tout le monde fut réinstallé sur les banquettes, le regardant avec curiosité, qu'il songea à décliner son identité.

- Oh, euh… Lupin, dit-il avant de se laisser tomber sur la banquette juste à coté de Lily.

En face de lui, Sirius le regarda de ses yeux noirs rieurs.

- D'aaaaaaccoooooord. Et c'est ton nom ou ton prénom ? demanda Sirius avec un grand sourire.

Visiblement, Sirius avait tout de suite vu, compris et accepté la timidité de Remus et ne s'en formalisait pas outre mesure. Pour le remercier, Lupin s'efforçait de le regarder dans les yeux.

- Oups ! Désolé. Remus. Remus Lupin, murmura-t-il en rougissant.

- Remus… L'enfant loup… répliqua Lily d'un ton rêveur.

Lupin sursauta et tourna la tête vers elle, horrifié. Finalement, peut-être qu'il ne mettrait jamais les pieds à Poudlard. Peter, James et Sirius regardaient Lily, visiblement en attente d'une explication.

- Ben quoi ? Vous n'avez jamais étudié l'histoire de Rome ? Les fondateurs, Remus et Romulus, ont été élevés par une louve ! expliqua Lily, embarrassée.

- Ah bon ? Curieuse histoire. Ça ne doit pas être commode ! répondit James en remontant ses lunettes.

Remus réprima un soupir de soulagement et nota mentalement qu'il devait tout de suite cesser de réagir comme un imbécile avant de savoir si oui ou non, il était découvert tandis que les autres se mettaient à rire de la réplique de James.

- Ca, je n'en sais rien, répondit Lily.

James et Lily se regardèrent en souriant puis tournèrent la tête en même temps, le teint rose. Sirius leva les sourcils et lança un clin d'œil à Remus. Un silence s'installa. Black, qui semblait avoir à cœur le confort des autres, se tourna vers James.

- Dis moi, Jimmy, tu comptes faire partie de l'équipe de Quidditch ?

Remus ne put s'empêcher de sourire. Les Potter étant une famille très connue dans le monde des sorciers et James ayant l'air d'un amateur de sport, Sirius avait misé sur une valeur sûre en parlant de Quidditch. Peter se pencha immédiatement vers James et Sirius pour participer à une conversation enjouée sur le sport le plus populaire d'Angleterre.

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Lily commençait à se détendre. A son grand soulagement, personne ne s'était mis à la pointer du doigt en hurlant "Fille de Moldus !".

Même s'il était évident qu'ils l'avaient tous reconnue pour ce qu'elle était – Sirius, par exemple, n'arrêtait pas de lui expliquer des mots sorciers – ils ne paraissaient pas trouver ça anormal. Sûrement y avait-il plein d'autres personnes dans son cas, après tout.

Ils se montraient tous très sympathiques, en particulier James, assis en face d'elle. Alors qu'elle lui jetait un regard, il se passa la main dans les cheveux pour une énième fois, en vain, et elle se détourna, les joues brûlantes, sans trop savoir pourquoi.

Les garçons s'étaient lancés dans une discussion passionnée sur le Quidditch… un sport joué sur des balais volants, d'après ce que comprit Lily. Remus, assez timide et mal à l'aise, lui expliquait les règles à voix basse, sans participer vraiment au débat ouvert par James et Sirius. Peter les écoutaient, penché vers eux, les yeux brillants, la bouche entrouverte.

Mais Lily avait tout de même du mal à assimiler les termes, et Remus avait fini par mettre sa timide contribution à la conversion.

- Moi, je suis sûr que c'est impossible, disait James. Un Vif d'Or ne s'attrape pas comme ça !

- Il l'a pourtant attrapé en moins de cinq secondes !!! ripostait Sirius.

- C'était un attrapeur très doué, proposa Remus sur un ton calme, mais tout de même… un coup de chance, ça arrive.

- Alors ils ont eu beaucoup de chance, pour remporter cinq fois d'affilée la coupe de la Ligue à cette époque !

- On ne dit pas non plus qu'ils n'étaient pas doués ! reprenait James. Ils avaient les meilleurs batteurs, à cette époque… Même les Kenmare Kestrels ne leur arrivait pas à la cheville…

- Il ne faut tout de même pas exagérer, hasarda Remus.

- … Mais ça, non, c'est trop gros ! Plumpton a eu un coup de chance, et c'est tout !

Lily s'ennuyait ferme. Elle laissait son regard glisser de la fenêtre – le décor immuable des campagnes – à l'intérieur du wagon, en pensant à autre chose. Elle essayait de toutes ses forces de ne pas se laisser envahir par la terreur : une fois à Poudlard, que se passerait-il ? Sûrement elle resterait à la traîne, pas assez douée, voire incapable de la moindre magie…

Ses yeux s'arrêtèrent sur son chat noir, tapi sous un siège à l'autre bout du wagon. De quoi avait-il peur ? Il s'était enfui de ses bras depuis… depuis que Remus était entré.

Elle ne mit pas longtemps à comprendre de quoi il devait s'agir : à côté d'elle, le vieux pull moldu rapiécé de Remus était parsemé de longs poils gris. Sans doute avait-il chez lui un chien dont l'odeur avait effrayé le chaton. Distraitement, elle se mit à retirer les poils un à un, délicatement, en pensant à autre chose.

Elle s'arrêta quand le silence se fit dans le wagon, et leva les yeux, étonnée. En face d'elle, James et Sirius la fixaient, l'air interloqué. Elle se tourna vers Remus. Celui-ci était occupé à virer du rouge brique au blanc pâle en voyant ce qu'elle était en train de récolter. James remonta ses lunettes sur son nez. Lily, rougissante, détourna le regard.

- Désolée, bredouilla-t-elle. Tu… tu as plein de poils sur ton pull. Tu dois avoir un gros chien gris, non ?

- Non… euh… ça doit être le chien de la voisine, expliqua-t-il d'une voix saccadée.

Il était redevenu aussi timide et fermé qu'à son arrivée.

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James fut surpris de voir la réaction de Remus mais il le mit sur compte de la timidité. Il lui décrocha donc un sourire et profita de l'occasion pour changer de sujet. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, il n'avait pas du tout aimé voir Lily s'ennuyer ferme. Pendant un court instant, il se mit à sa place et essaya d'imaginer ce que l'on pouvait ressentir lorsqu'on arrivait dans un monde duquel on ne connaissait rien et vit que cela n'avait rien de bien agréable. Il essaya donc de d'amener le sujet sur quelque chose qui pourrait l'aider.

- J'espère bien me retrouver avec les Gryffondor. Toute ma famille y a été, dit-il d'un ton vague.

Comme il s'y attendait, il vit Lily froncer les sourcils avec incompréhension. Il se pencha donc vers elle.

- Poudlard est divisé en 4 maisons. Chaque élève est assigné vers une des maisons et y passera ses sept années d'études, expliqua-t-il.

- Ouais ! Mais le problème, c'est qu'on ignore comment se déroule la répartition. J'espère que nous n'aurons pas de test à passer, gémit Peter.

James tourna la tête vers lui et fronça les sourcils.

- Des tests ? Mais je ne connais rien à la magie moi ! s'exclama Lily d'un ton horrifié.

James tourna à nouveau la tête vers elle. Elle les regardait tous tour à tour, semblant se demander s'il n'était pas préférable de se lancer par la fenêtre tout de suite. James avança le bras et posa la main sur les siennes, crispées sur ses genoux.

- Mais nous non plus on n'y connaît rien ! On a vu nos parents en faire mais on a jamais eu le droit de toucher à une baguette avant d'acheter les nôtres, dit doucement James.

Lily sembla se détendre un tantinet.

- Bon, évidemment, certains ont pu, parfois, emprunter celle de leurs parents pour des raisons x mais sans résultat puisque qu'ils ne savaient pas s'en servir, dit Sirius d'un air moqueur.

Tout le monde éclata de rire. Le faux air innocent de Sirius disait clairement qu'il avait été un voleur de baguette.

- En effet. J'avoue m'être déjà essayé, ajouta James en riant. Mais la seule magie que je suis arrivé à faire, c'est celle que je ne contrôlais pas !

- Tous les élèves partent au même niveau, dit Remus à voix basse.

Il lança à Lily un sourire encourageant avant de retourner à la contemplation de ses mains.

- Alors vous ne savez pas ce qui fait que nous sommes dans une maison ou dans une autre ? demanda Lily, maintenant rassurée.

- Et bien, non. Pas exactement. Mais j'ai entendu dire que les plus courageux et les plus forts étaient à Gryffondor, les plus loyaux et travailleurs à Poufsouffle, les plus intelligents et réfléchis à Serdaigle et les plus rusés et les plus malins, à… Serpentard, lui répondit Sirius. Moi je mise sur Gryffondor !

- Moi je ne sais pas où je vais aller mais certainement pas chez Gryffondor, dit Peter d'un ton désespéré. J'aimerais tellement être à Gryffondor ! Mais je ne sais pas où je pourrais aller d'autre. Je ne suis pas assez intelligent pour Serdaigle. J'irais sûrement à Poufsouffle. Oh mais non, je ne suis pas assez travailleur. Mais où vais-je bien pouvoir aller ?

Visiblement, l'idée d'aller à Poufsouffle ne l'enchantait guère. James songea à lui dire qu'il n'y avait rien de mal à être loyal et travailleur lorsqu'il songea que lui-même serait horrifié d'être classé ailleurs qu'à Gryffondor. Il reporta donc son attention sur Lily. Il vit que celle-ci regardait ses mains avec un air de plus en plus embarrassé. James baissa les yeux pour apercevoir sa propre main toujours sur celle de Lily. Il se redressa promptement sur son siège, remonta ses lunettes, passa la main dans ses cheveux et fit un sourire timide d'excuse, sous un petit rire de Sirius. Lily lui sourit à son tour.

- Moi, et bien, si ce que tu as dit est exact, Sirius, je devrais être à Serdaigle, dit Lily.

- Oh oh, mademoiselle vante son intelligence ! répondit Sirius en riant.

Lily se mit à rougir mais garda son sourire. Puis elle tira la langue dans la direction de Sirius qui se mit à rire de plus belle. James secoua la tête en riant et se tourna vers Remus.

- Et toi ? Tu as une idée d'où tu pourrais bien aller ? lui demanda James.

Remus leva la tête vers lui. James nota qu'il le regardait mais qu'il évitait son regard. Un silence étrange s'installa dans le compartiment tandis que Remus réfléchissait en se tordant les mains.

- Je… je ne sais pas, fini par dire Remus en haussant les épaules. Est-ce que c'est possible de… de ne pas… être choisi… de ne pas être choisi du tout ?

James haussa les sourcils. Il nota immédiatement que contrairement à Peter qui voulait simplement faire partie de la maison la plus réputée, Remus avait réellement peur de ce qui l'attendait. James ne comprit pas pourquoi. D'accord, le jeune garçon avait l'air un tantinet maladif mais il ne voyait pas en quoi cela pouvait jouer sur son caractère.

- Euh… Pas que je sache. Mais pourquoi tu ne serais pas choisi du tout ? Faut avoir confiance en soi dans la vie mon p'tit pote ! lui répondit Sirius d'un ton amical.

Remus tourna la tête vers lui avec un faible sourire puis il haussa les épaules. De toute évidence, Remus doutait à avoir matière à confiance dans son lui intérieur. Sirius jeta un regard intrigué en direction de James. Celui-ci haussa les épaules à son tour. Que pouvait-on dire à quelqu'un qui était terrifié à ce point ?

- Je ne vois pas pourquoi tu auras bien une place à Gryffondor ou à Poufsouffle ou à Serdaigle ! Ne t'en fais donc pas, dit James d'un ton rassurant.

Remus leva la tête vers lui et le regarda dans les yeux pour la première fois. James fut surpris de ce qu'il vit dans ce regard. Un regard trop vieux pour un enfant de 11 ans.

- Merci James, répondit Remus avec le plus grand des sérieux.

James vit dans son regard qu'il lui était effectivement reconnaissant d'essayer de lui remonter le moral. Mais il y avait quelque chose d'étrange dans ses yeux brun doré. Comme une peur latente, un mal qui ne guérirait jamais. D'instinct, James su que Remus n'avait jamais eu d'amis pour une raison qui lui échappait. Et quel que puisse être cette raison, James jugea immédiatement qu'elle était sans fondement valable.

- Mais dites-moi, pourquoi personne ne veut aller à… comment déjà… Serpentard ? demanda Lily, visiblement perplexe.

- Pour une simple et bonne raison ma chère amie. La maison des Serpentard est réputée pour former les sorciers communément appelés… Les pas fins, répondit Sirius.

Il avait dit cela dans un plus grand sérieux. Lily le regarda, les yeux ronds.

- Et bien oui, il y a des gentils et des méchants chez les sorciers aussi. Et pour une raison étrange, la majorité des sorciers qui sortent de Serpentard sont des vilains. Même ceux qui ne tournent pas mal ont un coté… comment dire… mauvais ! Il est certain que chaque personne en ce monde à un bon et un mauvais côté mais les Serpentard… dit Sirius.

Il ne trouva pas les mots pour finir sa phrase mais Lily hocha la tête pour montrer qu'elle avait compris. James regarda à nouveau Remus. Le jeune garçon regardait à nouveau ses mains avec un air désespéré. Il sentit le regard de James et leva les yeux vers lui. Il ne dit rien et se contenta de hausser les épaules. James entendit presque la petite voix dans le cerveau de Remus qui lui disait « et bien, tu iras à Serpentard ! ». James le regarda un moment avec un air interrogateur mais Remus n'y porta pas attention et continua de parler des maisons de Poudlard avec Lily, Sirius et Peter. James n'y porta aucune attention. Il essayait de mettre le peu de morceaux qu'il avait en place pour essayer de cerner la personnalité de Remus. Il finit par tourner la tête vers la fenêtre, le coude posé sur le rebord, regardant le paysage défiler à toute vitesse. À son avis personnel, il ne voyait pas en quoi Remus pouvait avoir un côté si mauvais. De plus, son désespoir face à la potentialité d'être classé parmi les Serpentard lui donnait au moins le crédit de ne pas vouloir être un « pas fin ». James soupira et, sans s'en rendre réellement compte, tourna la tête vers Lily. Du haut de ses 11 ans, il se dit qu'elle était sans doute la plus jolie fille qu'il n'avait jamais vue de sa vie. Et elle était si charmante lorsqu'elle souriait. Il la regarda, le menton posé sur sa main, d'un air rêveur pendant un bon moment, totalement sourd à ce qui se passait aux alentours. Il était tellement absorbé par sa contemplation qu'il ne remarqua pas qu'elle avait tourné la tête vers lui et qu'elle le regardait maintenant avec un mélange d'embarras et de curiosité. C'est un coup de coude dans les côtes qui le ramena à la réalité. Agacé, il tourna la tête vers Sirius qui le regardait de ses yeux rieurs.

- La terre appelle Jimmy ! dit Sirius.

James fronça les sourcils puis se rendit compte que tous ses nouveaux amis le regardaient curieusement. Il se sentit rougir et se redressa sur son siège.

- Pardon… Qu'est-ce qu'il y a ? demanda James.

- Et bien il y a la petite dame à la porte qui voudrait savoir si tu désires acheter des trucs pour le voyage, répondit Sirius.

James tourna son regard vers la porte pour apercevoir le chariot de friandises trimbalé par une dame au sourire charmant.

- Oh ! Euh… Oui bien sûr ! s'exclama James en se levant d'un bond.

Sous le rire de Sirius, les quatre garçons se firent des impressionnantes provisions pour le voyage. Lily, n'étant pas certaine de ce que contenaient les emballages, avait acheté d'un peu de tout et les regardait maintenant d'un œil suspicieux. Une fois les garçons revenus à leur place, elle sentit qu'ils la regardaient d'un air amusé. Elle les regarda tour à tour.

- Alors là, vous allez me dire ce qu'il y a là-dedans parce que j'avoue que je n'ai aucune idée de ce que je viens d'acheter, dit-elle timidement.

Les garçons se mirent à rire.

- Tout ce que tu dois retenir, c'est que tu dois faire attention aux dragées surprise de Bertie Crochue ! On ne sait jamais sur quelle saveur on va tomber. À moins que tu n'aimes les tripes de babouin farcies et les restes de poisson chauffés au soleil, je te conseil de te méfier, lui dit Peter avec un très grand sérieux.

Lily tourna la tête vers lui. Elle ne semblait pas certaine de savoir si elle devait le croire ou non. Elle regarda Remus, puis Sirius pour enfin tourner ses yeux verts vers James. Celui-ci lui fit signe d'attendre une minute puis se mit à fouiller dans sa boite de dragées surprises. Il en trouva une avec une couleur indéfinissable. Il la regarda un bon moment d'un air très scientifique. Puis il en croqua un bout.

- C'est bien ce que je pensais, dit-il en faisant la grimace.

Il tendit sa dragée à Lily. Celle-ci la regarda un moment puis sembla décider qu'ils se moquaient tous d'elle. Elle attrapa donc la dragée d'un geste vif et la mit au complet dans sa bouche sans porter attention à l'air interdit de James, celui horrifié de Sirius et aux exclamations étouffées de Remus et de Peter. Ce fut lorsqu'elle la croqua qu'elle comprit que Peter ne lui avait pas menti. Un goût horrible se répandit dans sa bouche et elle ne put s'empêcher de grimacer et de mettre sa main devant ses lèvres.

- Outch… Tu n'aurais pas dû faire ça, lui dit Sirius en grimaçant par compassion. Qu'est-ce que c'était James ?

- Si je ne m'abuse, c'était quelque chose dans le genre « sang au lait » ou « boudin passé date », répondit James en cherchant quelque chose à boire pour le donner à Lily.

- Enfin, James, pourquoi tu lui as donné celle-là ? demanda Remus, étonné.

- Parce que je ne pensais pas qu'elle la mangerait d'un coup ! répliqua James en tendant une bouteille à Lily.

- Mauvais calcul, Jamesie, répondit Lily en attrapant la bouteille.

Elle en but une longue gorgée.

- J'y ai déjà goûté. C'est pas très bon mais il y a beaucoup pire, dit Peter.

- Ah vraiment ? Alors je crois que je vais cesser d'en manger ! S'exclama Lily avant de prendre une autre gorgée. Mmmmmmm… Ça c'est bon ! Qu'est-ce que c'est ?

- Jus de citrouille maison, répondit James.

- Tu rigoles ? demanda Lily.

- Non non, pas du tout !

- Et bien… Va pour le jus de citrouille mais Bettie-machin-chose ne me rependra plus !

- Allons, Lily, si tu fais attention et que tu ne les manges pas d'un coup, tu peux en avoir des vraiment délicieuses ! Protesta Sirius.

Lily lui lança un regard soupçonneux.

- C'est vrai… Attend, dit James en replongeant le nez dans sa boite. Moi, ce sont mes friandises préférées les dragées surprises. J'aime les surprises ! Mais je suis prudent.

Tout en parlant, il avait sorti une dragée brune. Il la regarda un moment, échangea un regard avec Sirius puis en croqua un bout. Il grimaça, frissonna et toussa de dégoût.

- C'est pas chocolat, fini-t-il par dire.

- Oh… Est-ce que c'est ce que je pense que c'est ? demanda Sirius.

- Tu connais beaucoup de choses qui ont cette couleur là ? demanda James en fourrant la dragée brune foncée sous le nez de Sirius.

Celui-ci ne répondit pas et se contenta de se mettre à rire. James leva les yeux au ciel, posa sa dragée sur le rebord de la fenêtre puis recommença sa recherche dans sa boite. Cette fois, Sirius, Peter et Remus l'accompagnèrent dans sa recherche. Pendant un bon moment, on entendit des « épinards », « foie gras », « cire à chaussure » et toutes sortes d'autres atrocités de part et d'autres. Lily les regardait, amusée. Elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse y avoir des trucs aussi amusants et étranges dans le monde. James la vit regarder une boîte de chocogrenouille.

- Ca tu peux. Mais fais attention… tu aimes la réglisse noire ? demanda James.

- Non… pas trop, répondit Lily.

- Moi si, dit James en croquant à belles dents dans sa dragée. Je disais donc, fais attention à ta grenouille qu'elle ne saute pas trop loin.

- Ce n'est tout de même pas une vrai ? demanda Lily.

- Non, bien sûr ! Mais un sort lui permet deux sauts, lui répondit Remus en riant. Je suppose que tu n'aimes pas la langue de Troll ?

Lily lui répondit par un regard horrifié. Remus lui sourit et posa sa dragée avec les autres considérées immangeables. Lily retourna son attention sur sa chocogrenouille. Lorsqu'elle ouvrit la boîte, la grenouille en chocolat lui sauta sur la tête. Elle poussa un petit cri. James se pencha pour l'attraper et la lui donner. La grenouille en profita pour sauter dans ses lunettes. Elle posa ses pattes bien à plat dans les vitres des petites lunettes rondes et attendit. James se recula sur son banc, surpris, tandis que tout le monde se mettait à rire. Puis il tourna la tête vers Sirius qui manqua s'étouffer avec une dragée tellement il riait.

- Charmant… Dit James en levant la main pour prendre la grenouille.

Il la tendit à Lily et dut attendre quelques secondes pour qu'elle cesse de rire et la prenne à son tour. Elle cessa de rire d'un coup et regarda la grenouille d'un air horrifié. James vit tout de suite ce qui se passait dans sa tête.

- Non, ce n'est pas une vraie grenouille ! Elle est en chocolat ! Ca ne lui fera pas mal, lui expliqua-t-il.

- Mais pour être certaine, arrache la tête en premier, ajouta Sirius d'un air psychotique.

Lily fit la grimace tandis que les garçons riaient. Elle étudia sa grenouille encore un moment et elle était sur le point de mettre les dents dans une de ses pattes lorsque Sirius poussa une exclamation de triomphe.

- Tu aimes la menthe Lily ? demanda-t-il en tendant une dragée verte vers elle.

- Oui, répondit Lily en attrapant la dragée.

Elle la regarda un moment, regarda Sirius d'un air soupçonneux, puis en croqua un bout. Elle sourit et la mangea en entier.

- Okay, il y en a des bonnes. Mais pour combien de mauvaises ? demanda-t-elle.

- C'est relatif. On s'habitue à leur goût étrange. Une au miel ? demanda Remus.

Lily attrapa la dragée et l'engouffra sans même l'étudier.

- C'est ça, tu lui fais plus confiance qu'à moi ! C'est gentil ! dit Sirius sur un faux air boudeur.

- Il a l'air plus fiable que toi, Sirius Black, répondit Lily avec le sourire.

Cette fois, ce fut au tour de Sirius de tirer la langue à Lily. James sourit puis regarda Remus. Il se rendit compte que celui-ci regardait Lily d'un air abasourdi, comme si il ne parvenait pas à croire qu'elle puisse le trouver fiable. James fronça à nouveau les sourcils mais n'eut pas le temps de réfléchir. Lily venait de voir apparaître l'image sur sa carte de chocogrenouille et les garçons devaient maintenant lui expliquer le fonctionnement des photos, cadres et images des sorciers. Le reste du voyage se passa donc dans une franche camaraderie, parlant de choses et d'autres, revenant même sur le Quidditch mais cette fois d'une manière éducative. James, qui s'était demandé comment se passerait le long voyage en train fut étonné d'entendre le contrôleur signaler que le train était sur le point d'atteindre sa destination. Finalement, peut-être qu'il aurait des amis plus rapidement qu'il ne s'y attendait.