Bonjour à tous ! :-)

J'entame enfin la publication de cette histoire qui me tient à coeur, "TALLNESHIA" !

Pour l'anecdote, ça fait un an et demi que je travaille dessus. Quand je l'ai enfin terminée cet été, j'avais envie de courir partout en hurlant ma joie. Sauf qu'il était deux heures du matin et que mes parents dormaient à côté. Donc ben... Je me suis contentée de sautiller sur mon lit. Voilà.

Cette fanfic va couvrir un long parcours temporel, puisqu'elle commence alors que Balthazar est toujours élève à la Tour des Mages... et va le suivre, ainsi que Tallneshia, pendant de longues années ensuite !

Cette histoire reprend dans son intrigue (particulièrement pour tout ce qui est lié à la Tour des Mages) des éléments scénaristiques de ma fanfiction "Balthazar Lennon" (pour ceux qui la connaissent, vous retrouverez bien évidemment Lita, et vous pouvez même la considérer comme une suite !). Mais je vous rassure, il n'est pas nécessaire d'avoir lu "Balthazar Lennon" pour comprendre "TALLNESHIA" ! :-)

J'ai préféré mettre cette histoire en rating M par prudence, car il y aura différents sujets assez sensibles évoqués au cours de l'histoire : séquestration, viol, meurtres, religion, torture, etc. Peut-être que ça pourrait passer avec un rating T, mais bon, on ne sait jamais.

En tout cas, je suis personnellement très très heureuse de vous partager cette histoire ! J'espère qu'elle vous plaira autant que j'ai eu du plaisir à l'écrire ! :-D

Je publierai un nouveau chapitre chaque samedi !

C'en est fini du long blabla de présentation de l'histoire ! ^^ Merci d'être passés, je vous laisse lire et on se retrouve en bas ! :D


.


DISCLAIMER GÉNÉRAL POUR L'ENSEMBLE DE L'HISTOIRE :

L'univers et les personnages d'AVENTURES ne sont pas à moi : ils appartiennent à Mayhar, Krayn, Fred, Bob, Seb, et tout ce joyeux petit monde qu'on adore.

En revanche, tous les OC présents dans cette fanfic m'appartiennent !

Ah, et au cas où vous auriez un doute : je n'écris pas ces histoires dans le but de gagner des sous, mais juste pour partager avec vous mes délires et cette passion d'Aventures. ^.^


.


TALLNESHIA

Prologue


.


« Debout, là-dedans ! Que je n'aie pas à le dire deux fois ! »

Une poigne de fer martela violemment le bois afin d'appuyer son propos et un pas lourd s'éloigna de la porte. À l'intérieur de la chambrette exigüe et mal éclairée, plus un débarras qu'une chambre, à vrai dire, le couchage défait était vide. En équilibre au bout du lit, une fillette déjà réveillée était accrochée du bout des doigts au rebord de pierre d'une étroite ouverture.

Elle se hissa sur la pointe des pieds et réussit à jeter un coup d'œil au-dehors. Le ciel arborait toujours ce mauve violacé, un peu de la même couleur que ses yeux. Elle ne l'avait jamais vu autrement.

Elle conserva son regard rivé pendant encore quelques secondes sur ce petit bout d'extérieur, le seul qu'elle apercevrait de la journée. Le soir, il faisait déjà trop sombre, elle ne voyait rien. Et puis elle était trop fatiguée pour retourner jouer à l'équilibriste au bout de son lit.

Pour la fillette, le ciel n'était que violet ou noir. D'aussi loin qu'elle s'en souvenait, du haut de ses six ans, il n'avait jamais été d'une autre couleur.

Elle devait d'abord pousser la porte de sa minuscule chambrette avant de pouvoir descendre de son lit. Elle sortit de la pièce et rejoignit un homme enroulé dans un grand manteau aux longues manches. Comme tous les matins, le quarantenaire la salua d'une invective agacée, sans même prendre la peine de la regarder :

« Tu as pensé à fermer ta porte cette fois, Tallneshia ? »

Et comme tous les matins, la petite fille retourna sur ses pas, penaude, pour refermer la porte de sa chambrette qu'elle laissait toujours grande ouverte derrière elle lorsqu'elle en sortait. Puis elle revint et dévora son petit-déjeuner avec appétit sans la moindre rancune. À cet âge-là, on pardonnait vite, et Tallneshia avait l'habitude de ce scénario qui se répétait sans cesse. Son oncle avait toujours été un peu distant. Son statut d'enchanteur du Roi lui demandait beaucoup de travail, de temps et d'énergie, et il avait pourtant accepté de s'occuper d'elle. Alors elle essayait d'être sage pour ne pas le déranger, et faisait tout ce qu'il lui disait.

Sa mère était morte au moment de lui donner la vie et son père était le capitaine de la Milice Royale. Tallneshia savait qu'elle avait un frère aîné et qu'il servait lui aussi dans la Milice, mais elle ne savait plus à quoi il ressemblait ni même comment il s'appelait. Elle n'arrivait pas à s'en souvenir. Les deux hommes travaillaient très dur et n'avaient pas le temps de venir la voir. De son père, seulement, elle conservait une vague réminiscence, celle d'un homme grand, paré d'une armure d'acier, au visage sec et anguleux et aux mèches d'un noir de jais. Un géant impressionnant qui tantôt protégeait ses rêves, tantôt hantait ses cauchemars.

Son oncle Caeron était la seule personne de sa famille qui s'occupait d'elle.

Quand la fillette fut rassasiée et que l'enchanteur lui-même se fut convenablement restauré, il se résigna à adopter un ton plus courtois envers sa nièce.

« Comment s'est passé ta nuit, Tallneshia ? As-tu réussi à dormir ? »

« Pas beaucoup. »

« Toujours ces cauchemars ? »

« Oui, et j'avais très chaud… »

Ses paupières encore alourdies de fatigue la piquaient ; elle se les frotta du poignet sans voir le fin sourire satisfait qui se profilait sur les lèvres de son oncle.

« Je vois. »

Elle attendit d'autres paroles qui ne vinrent pas, et leva vers l'homme un regard apeuré.

« Oncle Caeron ? Est-ce que je suis malade ? »

« Non, Tallneshia. Tout cela est normal. »

« J'ai sommeil… » se plaignit la petite fille en se frottant les yeux une nouvelle fois.

Un raclement de chaise la tira de son engourdissement ; l'enchanteur s'était levé et s'approchait d'elle pour qu'elle se mette sur pieds à son tour.

« Voyons, Tallneshia. On ne dort pas en pleine journée, je te l'ai déjà dit. Tout ira mieux ce soir. »

Elle hocha la tête pour lui faire plaisir, sans vraiment le croire. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu'il lui ressassait ce même discours. Depuis tout ce temps, elle n'arrivait plus à dormir correctement. Elle faisait des cauchemars, elle avait chaud, et parfois elle avait mal quelque part. Mais quand elle en parlait à son oncle, il ne semblait pas s'en inquiéter. Il lui répétait juste que tout était normal et que cela finirait par passer. Tallneshia patientait, mais le manque de sommeil commençait à l'affaiblir et il n'était pas rare qu'au beau milieu de l'après-midi, elle se mette à somnoler, assise sur une chaise, pendant que l'enchanteur ne lui prêtait pas attention, perdu dans ses grimoires épais et poussiéreux auxquels elle ne comprenait rien. Tallneshia ne savait ni lire, ni écrire, ni compter, et Caeron n'avait guère le temps de lui apprendre.

Alors qu'elle le suivait dans le couloir sombre menant à son bureau, dans lequel ils passeraient encore la journée enfermés, la petite fille s'arrêta et porta une main à son front. Ce ne fut qu'une fois parvenu dans sa salle de travail que le quarantenaire remarqua que sa nièce ne le suivait plus. Retenant un soupir irrité, il revint sur ses pas et la trouva appuyée contre le mur de pierre, pressant ses doigts contre ses tempes.

« Tallneshia, cesse de traîner. »

« Oncle Caeron… » gémit la fillette. « J'ai mal dans ma tête. »

« À la tête. » la corrigea-t-il en la poussant dans le dos. « Avance. »

« Non… Non, j'ai vraiment mal dans ma tête. »

Caeron haussa un sourcil intéressé.

« C'est-à-dire ? Explique-toi. »

« Ça bouge, et ça cogne… ça me fait mal… C'est comme si quelque chose voulait sortir. Oncle Caeron, il y a quelque chose dans ma tête ? » paniqua-t-elle une nouvelle fois.

« Ne raconte donc pas de sottises. » répliqua-t-il.

Le ton tranchant de l'enchanteur royal n'admettait aucune réplique et Tallneshia se tut donc, les larmes aux yeux sous l'effet de la douleur. Elle tentait de retenir son angoisse de son mieux, mais elle était terrifiée. Elle avait déjà eu mal à la tête, parfois, mais jamais aussi fort. Son sommeil agité, ses cauchemars, et maintenant ça… Il lui était de plus en plus difficile de croire son oncle quand il lui affirmait que tout allait bien chez elle et qu'elle était normale.

Se massant toujours le front d'une main épuisée, Tallneshia se dirigea vers le coin du bureau où elle passerait une fois de plus sa journée, à regarder son oncle travailler tout en rêvassant. Elle parviendrait à somnoler par intermittence, si elle avait de la chance. Mais Caeron ne semblait pas l'entendre de cette oreille pour aujourd'hui. La voyant s'éloigner, il claqua de la langue avec réprobation. La fillette se figea avant de se retourner et de lever vers lui un regard interrogateur. Il lui fit signe de revenir.

« Il y a un sort que j'aimerais essayer sur toi. Peut-être pourra-t-il t'aider. »

Tallneshia hocha la tête et s'approcha de son oncle. Penché au-dessus de son bureau, il tira d'une pile instable un lourd grimoire à la couverture de cuir sombre et craquelée. Sans un mot pour ne pas briser l'ambiance studieuse qui s'était emparée des lieux, la petite fille l'observa tourner une à une les pages de parchemin jaunies par le temps. Enfin, il s'interrompit pour suivre quelques lignes du doigt. Il les parcourut du regard en fronçant les sourcils, concentré.

« Bien. Va te mettre dans le Cercle. »

Elle obtempéra sans crainte. Ce n'était pas la première fois que l'enchanteur exerçait sa magie sur elle. Dans le cadre de ses recherches, il lui demandait parfois son aide, pour vérifier si un sortilège n'avait pas d'effets secondaires. De temps en temps, c'était malheureusement le cas, et Tallneshia en faisait les frais. Mais il ne lui était jamais rien arrivé de grave, et elle n'avait pas de raison de désobéir à cet homme qui après tout était le seul à bien vouloir s'occuper d'elle.

L'esprit pur et innocent de la fillette de six ans n'était pas encore apte à comprendre les dessous des pensées obscures de son oncle. Aux yeux de celui-ci, bien loin d'être une nièce à chérir et élever, elle n'était rien d'autre qu'un cobaye pour ses expériences. Sujet parfait s'il en était, puisque seuls son père et son frère aîné étaient au courant de son existence, qu'ils dédaignaient. Personne ne se souciait de son sort ; personne ne la pleurerait s'il lui arrivait quoi que ce soit. Et Caeron avait des projets pour cette petite, de grands projets. Mais tout cela, Tallneshia n'en savait rien.

L'enchanteur royal contourna son bureau et fit face à l'enfant. Il remonta ses manches, dévoilant ses avant-bras parcourus de glyphes magiques, et tendit les mains vers la fillette. Comme à son habitude, celle-ci plaqua sagement ses bras le long de son corps et ferma les paupières, attendant qu'il en ait fini avec ses incantations.

Tallneshia n'aimait pas garder les yeux ouverts lorsqu'il utilisait sa magie, parce qu'elle était régulièrement aveuglée par les éclats de lumière qu'il émettait. Ses paupières toujours closes ne l'empêchèrent cependant pas de froncer les sourcils. Les exhortations récitées par son oncle lui paraissaient de plus en plus lointaines, comme s'il s'éloignait.

Elle eut soudain l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Elle se sentit basculer en arrière et tomber… sans que rien ne fasse cesser sa chute. Par pur instinct, ses bras se mirent à battre l'air désespérément, tentant de retrouver un équilibre disparu. Rompant avec tous ses principes, elle rouvrit les yeux.

Autour d'elle, il n'y avait plus que des ténèbres. Elle était perdue dans le néant, en train de chuter dans un gouffre sans fond. Seule.

Tallneshia hurla.


.


Désormais seul dans la pièce, Caeron rabattit ses manches sur ses poignets en esquissant un sourire de satisfaction. Aucune stupeur ne se lisait sur son visage. Ce qu'il venait de faire était tout à fait prémédité. Cela faisait quelques années qu'il préparait sa nièce, qu'il la forgeait à coup de sortilèges et la modelait à son goût. Son innocence et sa naïveté lui donnaient bien souvent envie de ricaner. De savoir que la fillette ignorait tout de ce qu'il comptait faire d'elle lui procurait un sentiment grisant de domination sur elle. La petite était à sa merci.

Son sommeil agité, ces bouffées de chaleur, et à présent ces maux de tête inhabituels… Les symptômes qu'elle lui partageait sans crainte étaient autant de signes qu'elle serait bientôt prête. Mais mieux valait qu'elle découvre ce dont elle était capable loin de cette tour, de ce château… Loin de ce monde lui-même, afin qu'elle ne cause aucun dégât.

Et surtout, qu'aucune accusation n'atteigne Caeron si jamais ses plans étaient devinés.

Patience était mère de vertu. Une dizaine d'années devraient suffire ; ensuite, il faudrait songer à aller la récupérer… en espérant qu'elle ait suffisamment de jugeote et devienne assez puissante pour ne pas se faire tuer entre-temps.


.


Et voilà ! J'espère que ce petit prologue vous a plu !

Vous connaissez le système, n'hésitez pas à vous servir en cookies et thé glacé (virtuels :p) et à laisser une review si le coeur vous en dit !

Je vous donne rendez-vous samedi prochain pour le Chapitre 01 ! D'ici là, portez-vous bien !

Bisous !