Avant de lire ce chapitre, ayez à l'esprit que les apparences sont trompeuses et que JAMAIS (sauf quand les personnages meurent dans le canon) je n'écris de deathfic. Donc : il y aura un chapitre 2. Très bientôt. :-D

Veuillez m'excuser pour toutes les fics commencées et abandonnées en cours de route. Je vous promets que je les reprendrai un jour ou l'autre (le prochain chapitre de "La grande évasion" est presque terminé) mais depuis le confinement, j'ai beaucoup de mal à me remettre à mes histoires en cours.

Le titre de cette petite fic est en réalité celui d'une bande dessinée que j'adore, de Schuiten et Peeters, que je ne saurais trop vous conseiller.


I. Le stimulus

Date stellaire 5899.9

00h01

Leur mission touchait à sa fin.

Il n'en éprouvait pas d'amertume.

Bien évidemment.

Mais il n'avait pu manquer de remarquer – sens du détail vulcain oblige – que Jim tout autant que le docteur McCoy semblaient « marcher sur des œufs ».

Comme s'ils avaient peur de casser quelque chose.

6h48

– Monsieur Spock, l'expérience qu'a menée l'équipe du laboratoire 6 sur les minéraux prélevés sur Phosca III n'a rien donné.

– Merci, lieutenant Masters. Vous pouvez l'interrompre. Spock, terminé.

Le premier officier, réveillé depuis deux bonnes heures déjà, coupa la communication avec le département scientifique et jeta un coup d'œil machinal sur le thermomètre fixé au mur, qui indiquait 29°C, soit deux bons degrés de plus que la température qu'il estimait agréable dans ses quartiers. Un dysfonctionnement dans le système, probablement. M. Scott, avec son habituelle efficacité, le résoudrait sans aucun doute dans la journée.

La vie sur l'Enterprise, tout en demeurant caractérisée par l'incertitude permanente, était presque devenue routinière.

Alors qu'il se rendait vers le mess des officiers, Spock se rendit compte que ses pensées avaient pris des chemins vers lesquels il n'avait pas choisi de les guider. Comme le fait que dans une minute trente, il resterait très exactement à l'équipage de l'Enterprise un mois à passer dans l'espace. Et après…

– Spock ! Vous allez déjeuner ?

La voix enjouée de Kirk, qui venait d'apparaître à l'angle d'un couloir, rompit le fil de ses réflexions.

– En effet, capitaine.

– Je vous accompagne. Il fait une chaleur ici… Scotty n'a aucune idée de ce qui cloche. La passerelle est à presque 25°C – encore un peu frisquet pour vous, mais déjà trop pour nous autres humains !

Spock s'abstint de répondre et se contenta d'un signe de tête tandis que son horloge interne lui indiquait que le compte à rebours avait commencé. Dans un mois, le vaisseau serait de retour sur Terre après cinq années de tribulations aux quatre coins de la galaxie.

– Vous m'avez l'air bien pensif, fit remarquer le capitaine alors qu'il introduisait sa carte dans le réplicateur, non sans un regard furtif destiné à repérer l'éventuelle présence du médecin en chef.

– Le docteur McCoy est en communication privée ce matin, fit remarquer le Vulcain.

– Johanna ? demanda Jim avec un petit sourire coupable, aisément explicable par l'énorme part de gâteau au chocolat qui venait d'apparaître sur le plateau du réplicateur.

Spock acquiesça, renonçant à sermonner son supérieur pour cette entorse flagrante au strict régime auquel l'avait soumis le médecin. Il savait – ou croyait savoir – pour quelle raison Jim avait tendance, ces derniers temps, à chercher (et peut-être trouver) une compensation dans l'abondance de nourritures sucrées. Pour la même raison, le docteur McCoy buvait un peu plus que d'ordinaire.

Leur mission touchait à sa fin.

Il n'en éprouvait pas d'amertume.

Mais il méditait plus souvent qu'à l'accoutumée.

9h54

– Rien de grave, rien de grave, une petite explosion, pas de panique !

La voix du lieutenant-commandant Scott se voulait rassurante. Spock n'était pas certain qu'elle eût atteint son but, car une certaine cacophonie régnait en arrière-plan sonore, dans une Ingénierie parfaitement disciplinée même au plus fort des crises.

– Précisez, monsieur Scott, ordonna le capitaine d'une voix tendue.

– Une surchauffe des circuits a entraîné une panne mécanique momentanée de certains équipements. Il va me falloir quelques heures pour tout régler.

Quelqu'un cria derrière quelque chose qui ressemblait à « Monsieur Scott, la cuve de refroidissement ! » et le contact avec l'Ingénierie fut brusquement interrompu.

Jim tourna la tête vers son premier officier. Ce dernier n'avait pas attendu l'ordre implicite pour se lever.

– Je vous rendrai compte toutes les demi-heures, capitaine.

Un sourire, un bref signe de tête.

Passer quatre années et onze mois entouré d'illogiques êtres humains avaient appris à Spock l'importance du langage non verbal. Il avait toujours, plus ou moins inexplicablement (il refusait de s'arrêter, ne serait-ce qu'un instant, sur le lien qui connectait leurs esprits), compris Jim sans avoir besoin de lui parler. De plus en plus souvent, il anticipait sans même y réfléchir consciemment ses ordres ou ses demandes.

Et si le Vulcain sentait par moments quelque chose, quelque part en lui, se comprimer brusquement lorsqu'il pensait à la fin prochaine de leur mission, cela n'avait rien à voir avec l'appréhension, ni avec le regret de devoir renoncer à une telle entente silencieuse.

13h00

– Et donc, pour résumer, vous n'avez aucune idée de ce qui se passe ?

La vérité, selon un proverbe vulcain, était toujours bonne à dire, même lorsqu'elle égratignait au passage la fierté de celui qui la prononçait. Pour cette raison, Spock répondit :

– Aucune, capitaine.

La température du vaisseau avait progressivement chuté, à raison de trois degrés par heure environ, à partir du moment où le lieutenant-commandant Scott avait réussi à juguler les explosions mineures provoquées par une réaction en chaîne dont l'étape d'initiation demeurait mystérieuse aux yeux des ingénieurs comme des scientifiques appelés en renfort pour élucider le mystère. Spock lui-même ne comprenait pas ce qui s'était passé. L'hypothèse de l'ingénieur en chef, qui consistait à prêter à l'Enterprise des états d'âme relativement proches de ce qu'éprouvait probablement ledit ingénieur (« Je vous assure, M. Spock, le vaisseau ne veut pas rentrer ! »), ne pouvait décemment être rapportée au capitaine.

Depuis la passerelle, Jim poussa un soupir.

– Il n'y a pas que le chauffage qui dysfonctionne : les réplicateurs ne répliquent plus rien, déclara-t-il d'un ton parfaitement neutre. Et le système d'évacuation se déclenche n'importe quand.

Derrière le Vulcain, un juron typiquement écossais retentit.

– Nous nous attelons aux réparations, répondit Spock.

15h16

Un jour, M. Scott avait, devant le premier officier, prononcé une phrase que ce dernier n'avait pas comprise. Le vaisseau ne se sent pas bien. Comment un vaisseau aurait-il pu ressentir quoi que ce soit ?

L'ingénieur avait toujours professé une tendresse toute humaine pour l'Enterprise, et il n'était pas étonnant que son caractère quelque peu porté à l'exagération et au sentimentalisme l'eût amené à une telle conclusion. Cependant, Spock n'allait certainement pas, à un mois de la fin de leur mission, se laisser contaminer par de telles pensées animistes.

Et pourtant… et pourtant, le vaisseau présentant de troublants symptômes. Le terme était impropre, pour parler d'un objet inanimé, mais le raisonnement que M. Scott venait d'exposer devant leur supérieur se tenait, force était de l'admettre.

– Vous y croyez, vous ? demanda soudainement le capitaine, qui, depuis une bonne minute déjà (78 secondes pour être exact), faisait les cent pas dans son bureau en se rongeant les ongles.

Spock, mains derrière le dos, se contenta de fixer son interlocuteur sans un mot. Il espérait que son regard signifiait exactement ce qu'il ne pouvait pas avouer à haute et intelligible voix : il doutait.

Kirk leva une main en l'air.

– Excusez-moi, Spock. Parfois, j'oublie que vous êtes Vulcain et que vous ne pouvez en aucun cas partager nos croyances irrationnelles.

Le premier officier se demanda s'il devait détromper son supérieur et lui dire que, pour une fois, il ne pouvait balayer d'un revers de la main l'illogique idée suggérée par M. Scott. Puis il décida que Jim avait l'air suffisamment inquiet comme ça. De fait, il avait presque l'impression que le capitaine venait d'apprendre que son enfant chéri était brusquement tombé malade, sans raison, et que les médecins ne parvenaient pas à trouver de remède assez rapidement à son goût.

La température à bord de l'Enterprise était remontée en flèche, après avoir frisé les 11°C. On constatait des dysfonctionnements dans tous les services, à tous les ponts, et même sur la passerelle.

Ils avaient pourtant survécu à des catastrophes autrement plus problématiques que celle-ci, mais M. Scott et le capitaine semblaient sur le point de perdre leur sang-froid. De ce qu'en comprenait le premier officier, tous deux vivaient la situation comme une trahison, une impardonnable défection de l'Enterprise à quelques semaines du but.

Spock salua son supérieur et se rendit dans la salle des données pour essayer de comprendre ce qui avait bien pu causer ces inexplicables pannes.

17h33

Le Vulcain releva la tête des formules dans lesquelles il s'était totalement abstrait afin d'essayer de communiquer avec le vaisseau, de comprendre pour quelle raison la température stagnait à présent à 30,6°C – « un accès de fièvre », avait diagnostiqué l'ingénieur en chef, et aucun des officiers supérieurs n'avait osé rire, pas même le docteur McCoy.

L'ordinateur demeurait résolument muet. Officiellement, rien ne dysfonctionnait. Tout aurait dû continuer à tourner avec la même régularité, mais…

… mais la ventilation commençait à donner d'inquiétants signes de fatigue. On avait dû mettre en marche le système de sécurité. Spock anticipait le moment où les moteurs seraient atteints à leur tour. Il savait que Jim le redoutait également. L'Enterprise, il devait l'admettre, était malade et son système immunitaire réagissait contre l'intrusion, quelle qu'elle fût. La régulation de la température, le système digestif (réplicateurs et évacuations), et à présent le système respiratoire étaient atteints. Le vaisseau perdait, une à une, ses fonctions vitales.

Et le cerveau – l'ordinateur central – ne parvenait plus à traiter correctement les informations, ne pouvait déceler ses propres failles et donnait des signes de fatigue.

Une telle chose n'était pas possible. Et pourtant, cette chose impossible était en train d'arriver.

Spock en était là de ses réflexions lorsque l'enseigne Chekov apparut, hors d'haleine, dans l'encadrement de la porte.

– Excusez-moi, Monsieur Spock, le docteur McCoy aimerait vous voir le plus rapidement possible.

Le premier officier leva un sourcil.

– Depuis quand le docteur McCoy envoie-t-il un enseigne porter ses messages, Monsieur Chekov ?

– Vous ne savez pas ? Les communications ont lâché. Monsieur, ajouta précipitamment le jeune homme, visiblement paniqué mais toujours respectueux.

18h42

– C'est insensé, Spock ! Je ne peux pas croire que vous, entre tous, vous puissiez envisager une telle hypothèse !

Le Vulcain ne répondit rien, car lui-même ne parvenait pas à y croire. L'Enterprise n'était pas un être vivant. Il s'agissait d'une machine, créée par des hommes. La panne devait être explicable autrement que par le biais d'un transfert animiste primaire – mais elle ne l'était pas.

Le médecin en chef et le premier officier semblaient, dans le cas présent, avoir interverti leurs rôles. McCoy agissait rationnellement, tandis que Spock se laissait progressivement gagner par la théorie improbable de l'ingénieur. Ce fait semblait alarmer le médecin plus que la paralysie progressive qui gagnait petit à petit les différents systèmes du vaisseau.

– Spock ! répéta McCoy sur un ton quasiment désespéré. Reprenez-vous, vous ne pouvez pas…

Un sifflement caractéristique le coupa net dans ses efforts de persuader son interlocuteur de se rallier à la logique. Les deux hommes se levèrent d'un même mouvement, tandis que la lumière rouge se mettait à clignoter au-dessus de la porte.

– Qu'est-ce qui se passe encore ?

– Je l'ignore, docteur.

Ils quittèrent l'infirmerie à pas rapides et traversèrent les couloirs faiblement éclairés. En cas d'alerte rouge, le médecin aurait dû rester à l'infirmerie, mais, comme d'habitude, il ne se souciait pas du protocole. Sans même essayer de lui en faire la remarque (quand le docteur McCoy avait-il jamais obéi à son supérieur ?), Spock pénétra dans l'ascenseur, Leonard sur ses talons.

Sur la passerelle, tous les officiers se tenaient debout, le regard fixé sur l'écran au milieu duquel apparaissait une sorte de déchirure lumineuse, intense et aveuglante.

Un trou noir.

Un petit trou noir, mais un trou noir.

Un trou noir qui n'avait absolument rien à faire à cet endroit précis de la galaxie.

– Il est apparu brusquement devant nous, expliqua Kirk avec un calme qui impressionna le Vulcain. Nous devrions…

– … être attirés par le centre de gravité, compléta Spock avec la même tranquillité.

Jim acquiesça. Les deux officiers se regardèrent. A quel moment exactement la situation leur avait-elle échappé ?

Spock cherchait encore une explication logique au spectacle extraordinaire et mortel qui était soudainement apparu devant leurs yeux quand un éclair jaillit du trou noir, aveuglant pour un instant tous les officiers présents. L'Enterprise, cueillie en plein vol, eut un soubresaut. Les lumières s'éteignirent dans un claquement sinistre, à l'exception de la veilleuse qui répandait sur la passerelle une lueur de fin du monde. Le capitaine bondit sur son communicateur (la seule chose, avec l'ascenseur, qui fonctionnait encore à bord), tandis que Spock se hâtait vers le poste scientifique.

– Scotty ? Scotty, vous me recevez ? Scotty !

Un grésillement lui répondit. En face du Vulcain, les écrans étaient morts, les instruments s'affolaient, plus aucune donnée cohérente n'était disponible…

Un air de fin du monde, songea de nouveau le premier officier, trois secondes avant le second éclair.

L'impact fut plus violent cette fois. Sulu et Chekov s'affaissèrent soudainement, inanimés. Uhura poussa un cri étranglé.

Spock essaya de se retourner vers le fauteuil du capitaine. Lui aussi avait senti la décharge électrique passer à travers ses mains, remonter le long de ses nerfs, parcourir tout son corps…

Le monde devint noir.

20h58

Spock ouvrit les yeux. Le monde demeura noir. Puis devint flou.

Il était resté inconscient pendant plus de deux heures. Et personne ne lui était venu en aide.

Les Vulcains, paraît-ils, n'ont pas de bons ni de mauvais pressentiments, mais le frisson qui courut le long de sa colonne vertébrale n'avait rien à voir avec le froid polaire qui régnait sur la passerelle.

Il se redressa péniblement, la tête cotonneuse, les yeux brouillés, les jambes ankylosées, et, machinalement, tourna la tête vers le fauteuil du capitaine.

James T. Kirk se tenait à sa place, en face de l'écran où le trou noir avait totalement et mystérieusement disparu, le corps recroquevillé sur lui-même, le bras droit tordu dans une position impossible. Du sang avait coulé depuis le nez sur la tunique jaune et jusqu'au bras du fauteuil, poissé de rouge.

Spock prit une inspiration sifflante, fit un pas en avant et buta sur le corps du docteur McCoy, les yeux presque transparents, révulsés, ouverts sur le vide. Le médecin avait été projeté en arrière par la violence du choc. La colonne vertébrale avait été brisée sur le coup.

A côté de lui, le lieutenant Uhura gisait sur la console de communications, les bras brûlés, les doigts encore crispés sur les commandes.

Quant aux deux pilotes, ils avaient glissé à terre pour ne plus se relever.

Le premier officier, trébuchant à chaque pas, s'approcha du capitaine et posa une main sur son bras.

Jim tomba à terre et resta sur le sol, immobile, sans un reproche dans le regard fixe qui ne se posait plus sur rien.

Ce n'était pas possible.

Spock avala sa salive.

– Capitaine ?

Le murmure qui sortit péniblement de sa gorge douloureuse résonna sans fin sur la passerelle muette.

21h06

L'ascenseur fonctionnait toujours. Spock l'emprunta sans un regard en arrière. Son esprit refusait de croire ce qu'il avait vu. S'il ne regardait pas, il pouvait le nier.

Sur le pont numéro 5 l'attendaient les cadavres de trois enseignes, étendus contre le mur.

Il continua le long du couloir, se rendit à l'infirmerie.

Christine Chapel était à son bureau, le visage posé contre le dossier qu'elle était en train d'étudier, déjà glacée.

Spock sentit sa raison vaciller.

23h40

Il avait fait le tour complet du vaisseau.

Il était le seul survivant.

Les communications étaient mortes.

L'Enterprise elle-même semblait figée pour l'éternité dans ce coin d'univers.

Aucun moyen de joindre Starfleet. Aucun moyen d'appeler à l'aide.

Jim était mort. Leonard était mort. Tous les autres étaient morts.

Pourquoi avait-il survécu ?

Qu'aurait-il pu faire pour empêcher ce désastre ? Quel effroyable enchaînement de circonstances l'avait-il conduit à cette minute de mortelle angoisse qui lui étreignait le cœur, l'empêchait de respirer, faisait affleurer à ses paupières des larmes qu'il n'aurait pas dû pouvoir verser ?

Qu'aurait-il pu faire pour éviter cela ?

La question lui martelait les tempes, lui gelait le cœur et lui broyait les tripes. La respiration saccadée, il se laissa glisser contre une des parois de la console principale de l'Ingénierie et demeura prostré durant quelques minutes, rappelant vainement à lui les lambeaux déchirés de sa logique défaillante.

23h51

Il se releva, tremblant. Il ne pouvait pas rester ici, en face du corps sans vie de M. Scott, qui était mort en essayant de réparer le vaisseau – tombé au champ d'honneur, telle était l'expression humaine consacrée.

Le seul endroit où il ne risquait pas de trébucher sur le corps de l'un de ses compagnons d'infortune, de l'un de ces hommes ou de l'une de ces femmes qu'il avait côtoyés, pour certains, cinq années durant, étaient ses propres quartiers.

Il tituba jusqu'à la porte de sa chambre, refusant de regarder les dizaines de cadavres qui gisaient à ses pieds dans les couloirs glacials.

La porte se referma derrière lui. Il parvint à marcher jusqu'à son lit, et s'effondra.

23h59

Leur mission s'était achevée. Brutalement. Dans le sang et dans l'absurdité.

Spock se souvint du compte à rebours inutile qu'il avait initié le matin même. Le monde se mit à tourner autour de lui. Il perdit connaissance comme on se jette à corps perdu dans un puits. Pour cesser de penser. Cesser de sentir.

Cesser, tout court.