Hello! Bon, cette fic, comment dire...en vrai c'est juste un gros délire parce que je suis tombée sur une image d'Edelgard dessinée en Pikachu! XD Du coup je me suis dit pourquoi pas écrire une fiction où ça arriverait pour de vrai? Et voilà le résultat! Pour ma défense ce n'est pas moi qui ait trouvé cette image mais quelqu'un qui me l'a montrée hein! xP Enfin bref, si vous voulez rigoler un coup je vous invite à la lire. ;)

Les personnages et l'univers de Fire Emblem ne m'appartiennent pas mais sont la propriété d'Intelligent Systems.

Idem, Pokemon Donjon Mystère appartient à The Pokemon Company et Nintendo.

Pour vous aider à vous représenter comment je vois El dans cette fic vous pouvez vous référer à l'image en cover!

Cette fiction est un Two-shot, je posterais bientôt la seconde partie.

Bonne lecture!


Edelchu – 1ère partie

Une nouvelle journée se termine dans le Royaume d'Askr. Une fois encore nous l'avons passé à repousser les troupes d'envahisseurs d'Embla qui ne cessent de nous harceler. Cela ne me dérange pas de me battre contre eux, je n'ai jamais rechigné à aller au combat et à une certaine époque je l'appelais même de tous mes vœux.

Au début la sensation d'avoir été « invoquée » a été difficile à appréhender, c'est vrai. Être arrachée ainsi au Royaume de Fodlan pour atterrir dans un lieu inconnu n'a rien de très plaisant. J'étais encore plus confuse alors qu'aux côtés de la Grande Stratège qui m'a invoquée se tenait la femme de ma vie, celle pour laquelle mon cœur s'est mis à battre et n'a cessé de le faire depuis. Edelgard, vêtue d'une armure que je lui connaissais pas, m'a ensuite expliqué les raisons de ma venue dans le monde de Zenith.

Entendant que les emblains avaient pour projet de s'emparer des Héros de tous les mondes dans l'optique d'envahir ces derniers par la suite, mon sang n'a fait qu'un tour ! C'est sans la moindre hésitation que j'acceptais de prêter main forte aux forces des Gardiens d'Askr.

Les premiers temps l'adaptation se fit doucement. Il me fallait déjà comprendre comment Edelgard avait pu se retrouver ici avant moi alors que je ne l'avais quitté quelques minutes à peine avant. C'est la Grande Stratège qui se chargea de m'expliquer tous les détails. Elle me parla de réalités parallèles et surtout des portails que la famille royale d'Askr avait la faculté d'ouvrir. Elle m'indiqua que tout comme moi, elle aussi avait été invoquée par la commandante Anna grâce à une relique spéciale qu'elle maniait à son tour.

La susnommée m'a parut étrangement familière elle aussi lorsque je la rencontrais pour la première fois. Ascoeur, mon « invocatrice » me conseilla de ne pas chercher à comprendre qui était exactement Anna car son cas est encore plus compliqué que pour le reste des Héros. Il semblerait que la jeune femme existe sur plus que deux réalités ou mondes différents, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris.

Me voilà de retour à notre Q.G. Chose toujours aussi incroyable, ce dernier ressemble étrangement au monastère de Garreg Mach tandis que le hall lui me donne l'impression de me tenir dans ma salle de classe des Aigles de Jais. Pour cela aussi Ascœur m'a dit de ne pas m'en faire et qu'il ne s'agissait que d'une de ses préférences de décorations d'intérieur. J'ignore pourquoi mais lorsqu'elle m'a dit cela j'eu l'impression qu'elle pouvait, si elle le désirait, changer ladite décoration en un claquement de doigt. Il y aurait-il une sorte de bouton magique pour ces choses-là dans ce monde étrange ? Plus rien ne m'étonnerais à ce stade.

Je pénètre dans mes appartements de notre fort et j'ai la surprise d'y trouver ma compagne assise sur notre lit et m'accueillant avec un doux sourire. Ses yeux parme caressent ma silhouette tandis que je m'approche lentement d'elle.

—Nous avons une réunion stratégique ce soir avant de pouvoir nous retirer pour la nuit. Tous les Héros de haut rang y sont conviés.

Je secoue la tête de droite à gauche, amusée, tout en posant sur elle un regard plein de douceur. Ma chère Impératrice, même dans ce monde, est toujours la même. Le devoir avant tout, n'est-ce pas ? Je n'ai pas osé lui demander comment s'étaient déroulées les choses pour elle lorsqu'elle fut invoquée dans ce monde en premier. Pour moi c'est comme si nous nous étions seulement quittées un court instant avant que je n'ouvre les yeux en ces lieux pour la retrouver immédiatement. S'il y a bien une chose pour laquelle Edelgard n'a pas changé, hormis le fait de suivre son devoir, c'est bien pour parler de ses sentiments si rarement que c'est presque anecdotique lorsque que cela arrive.

—Bien, nous nous y rendrons alors. Ascœur aussi sera présente ?

—Je suppose que oui. C'est elle qui nous accueille et nous a invoqué après tout.

Je ressens une certaine froideur dans ses mots lorsqu'Edelgard les prononcent mais je me fais sans doute des idées. Elle est sûrement juste fatiguée de notre journée et la réunion de ce soir qui l'allonge un peu plus.

—Pouvons-nous nous restaurer avant de nous y rendre ? Mes combats du jour m'ont empêché de me sustenter au déjeuner et tomber d'inanition lors de cette réunion stratégique ne me semble pas très approprié.

Un sourire moqueur apparait sur ses lèvres suite à ma tirade.

—Tu n'as pas changée depuis l'époque où tu étais encore mon Professeur. Cela me rappelle certains moments où ton insatiable estomac nous a interrompu à gargouiller si fort.

—Et toi tu es toujours aussi impertinente que lorsque tu n'étais que mon élève.

—Je n'ai pas souvenir que tu t'en sois plainte.

—Et pour cause très chère, pourquoi m'en serais-je plainte alors qu'il ne s'agissait que du témoignage de ton intérêt pour moi ?

—Byleth…

Je lui offre à mon tour un sourire taquin devant sa reddition à peine voilée. Jamais la souveraine n'admettrait avoir perdu, même ne serait-ce qu'une joute verbale contre sa propre femme. Elle se lève du lit et je profite qu'elle passe près de moi pour déposer un léger baiser sur sa joue qui ne manque pas de se colorer quelque peu. Elle détourne les yeux, gênée. Même après toutes ces années depuis que nous sommes mariées, les gestes d'affections la mettent toujours autant en émoi. Je ne l'avouerais jamais car elle s'en offusquerait sans nul doute mais je trouve ce trait de caractère particulièrement attendrissant chez elle.

Quelqu'un toque à notre porte. Ma compagne s'empresse d'aller ouvrir alors que je suis sur ses talons, curieuse de voir qui se trouve de l'autre côté. Le visage d'Edelgard se ferme lorsque la porte s'ouvre sur notre invocatrice, tout sourire. Ma femme recule d'un pas et indique d'un signe de tête poli qu'Ascœur peut entrer si elle le désire.

—Salut vous deux ! Désolée de vous déranger mais je venais vous demander si vous souhaitiez vous joindre à moi pour aller manger ?

—Nous en discutions justement avec El.

Je jette un coup d'œil à l'intéressée pour avoir son opinion mais elle se contente de me regarder d'un drôle d'air, ses bras croisés sur le devant de son armure dorée. J'hausse un sourcil interrogateur mais elle reste mutique. Ascœur près de moi se trémousse d'embarras devant la soudaine hostilité de l'héroïne aux cheveux neigeux.

—Si vous n'avez pas faim ce n'est pas grave hein, je peux manger seule.

Je secoue la tête en signe de dénégation.

—Nous allons t'accompagner avec plaisir, la faim me tenaille depuis ce midi que je n'ai pas pu manger.

—Oh ! Bien, alors allons-y.

Nous lui emboitons le pas alors que je m'interroge encore sur le comportement d'Edelgard. Il me semblait pourtant qu'elle était proche de notre invocatrice. Ascoeur a dit apprécier tout particulièrement le monde de Fodlan et lorsqu'elle invoqua l'impératrice elle fut véritablement enchantée.

Je n'ai guère le temps de l'interroger sur ce qui a pu changer car après notre repas nous enchainons directement avec la réunion stratégique. Il est porté à notre attention qu'Embla à de nouveau envahit un monde mais que pour ne pas être suivit ils ont refermé le portail y menant derrière eux. Alphonse a apparemment passé toute la journée à ouvrir d'autres portails pour tenter de les retrouver, relayé par sa sœur. Les deux semblent en effet plutôt épuisés au vu des cernes qui soulignent leurs yeux et de leur pâleur inhabituelle.

Les efforts des deux ont cependant porté leurs fruits puisqu'ils sont parvenu à retrouver les emblains. Ils y ont envoyé plusieurs Héros avant que le portail ne soit de nouveau fermé, coupant toute retraite pour nos forces alliées. Ascœur a alors suggéré de rouvrir le portail et d'y poster de nouveaux Héros pour le défendre. Tous validèrent cette idée à l'unanimité et il fut décidé que ce serait El et moi qui irions dès le lendemain.

La réunion terminée, je reste encore un peu pour discuter avec la Grande Stratège pour voir avec elle si je ne pourrais pas éventuellement changer d'armure pour la mission de demain. Défendre ce portail ne sera pas une mince affaire à mon avis. Je m'apprête à demander à ma compagne si elle aussi souhaiterait changer son armement mais elle a déjà disparut du hall. Elle devait être fatiguée et a préférée monter s' étendre pour prendre du repos avant demain certainement.

Ayant obtenu gain de cause, je souhaite une bonne nuit à la jeune femme qui m'a invoqué qui me dit qu'elle sera connectée pour nous voir partir en mission. J'acquiesce alors que je n'ai pas compris un traitre mot de ce qu'elle vient de me dire mais je ne préfère pas l'interroger là-dessus pour le moment. Je me fais du soucis pour Edelgard dont le comportement depuis quelques temps est étrange. Lorsque nous sommes seules tout à l'air d'aller bien mais il n'en n'est pas de même lorsque nous avons de la compagnie et j'ignore pour quelle raison.

Je monte en direction de nos appartements partagés avec l'intention d'éclaircir cette situation. J'ouvre doucement la porte et entre dans notre chambre qui est plongée dans les ténèbres si ce n'est la lueur rassurante d'une bougie posée sur la table de nuit. La guerre a beau être terminée depuis longtemps à Fodlan, mon Aigle n'a jamais pu se débarrasser de sa peur viscérale de l'obscurité qui la poursuit depuis sa plus tendre enfance.

Je passe près du bureau et de la chaise sur laquelle est entendu sa cape vermeille. Son armure quant à elle repose soigneusement exposée aux côtés du râtelier où est déposée sa fidèle hache. Je me dévêtis rapidement, détachant mon épée qui va rejoindre à son tour l'arme de mon aimée. Je ne garde qu'un short et un t-shirt noirs. J'approche ensuite du lit avant de me glisser sous les draps. Edelgard me tourne le dos dans un message subliminal qui m'indique qu'elle ne souhaite pas parler ce soir. Je sais qu'elle ne dort pas, sa respiration s'est accélérée à mon arrivée dans le lit et son corps est légèrement crispé.

Compréhensive et ne souhaitant pas la pousser à se confier, je respecte son choix de ne pas discuter de ce qui la préoccupe. L'heure viendra où elle viendra d'elle-même vers moi pour parler si elle le décide. En attendant, je progresse doucement vers elle pour ne pas la surprendre et lui laisser l'opportunité de me repousser si elle le souhaite. Je passe ensuite un bras autour de sa taille fine pour la serrer contre moi. Son parfum familier de Bergamote chatouille mon nez qui est enfouit dans sa chevelure à la teinte hivernale et je dépose délicatement mes lèvres sur sa nuque douce.

—Bonne nuit El…

Elle ne me répond pas mais je sens son corps se détendre dans mon étreinte chaleureuse. J'entremêle mes jambes avec les siennes et laisse le sommeil me gagner en même temps que sa respiration se régularise pour me rejoindre dans les bras de Morphée.

Lorsque je m'éveille le lendemain, un rayon de soleil frappant mes paupières encore fermées, je peux déjà dire que je suis seule dans la chambre. La place à ma gauche est vide et froide, désertée depuis un bon moment. Edelgard se lève souvent très tôt le matin, plus tôt encore que je n'en n'ai l'habitude. Elle ne manque alors pas soit de déposer sur mon front un baiser avant de s'en aller, soit de simplement demeurer dans le lit si elle n'a aucune obligation qui l'attend tout en m'observant me réveiller. Qu'elle n'ait fait ni l'un ni l'autre ce matin finit de me convaincre que quelque chose cloche véritablement.

Je pousse un soupir avant de faire basculer mes jambes hors du lit afin de me lever. Je m'étire quelques secondes pour achever de réveiller mon corps avant de m'habiller et de sortir. Lorsque j'arrive dans le hall je ne vois ma femme nulle part. Je sais qu'elle ne prend pas de petit déjeuner alors où peut-elle bien se trouver ? Une intuition me pousse à aller voir là où nous nous entrainons en temps normal et c'est effectivement ici que je la trouve.

Le soleil matinal fait briller les cornes ornant sa chevelure ainsi que sa couronne impériale à l'image de son armure rutilante. Un mannequin d'entrainement est en train de subir les foudres de la dirigeante de l'Empire d'Adrestia et je suis bienheureuse de ne pas être la cible de tant de hargne. J'ai l'impression de la revoir alors qu'elle était encore seulement la déléguée des Aigles de Jais, tourmentée par les choix impossibles qu'elle devait faire en vue de libérer Fodlan et ses habitants de la tyrannie des emblèmes encouragée par l'Eglise de Seiros.

Ses gestes souffrent de la même fébrilité teintée de colère qui les animait à cette époque. Tirant mon épée, je la rejoins au centre du terrain, attirant son attention.

—Ce mannequin empaillé fait un piètre adversaire. Si tu souhaite t'entrainer je pense être de meilleure compagnie.

Elle me regarde d'un air un peu perdu, ses iris brillants de confusion. Cela fait fort longtemps que nous n'avons plus croisé le fer. Je n'ai plus levé mon épée devant elle depuis ce jour dans la Tombe de la Déesse où je la retournais contre l'Eglise tout en prenant son parti dans la guerre qui éclata peu après. Lors de ses années en tant qu'étudiante pourtant nous nous sommes souvent retrouvées à éprouver notre force et nos convictions sur le terrain d'entrainement de l'Académie des Officiers. Ces affrontements ont souvent donnés lieu à de profondes discussions entre nous deux et j'ose espérer que cela fonctionne encore aujourd'hui.

—Tu n'es plus mon Professeur et je ne suis plus ton élève. Je n'ai aucun besoin de t'affronter, je n'ai rien à prouver.

Elle me dit cela tout en relevant le menton d'un air défiant et en me foudroyant du regard. Je suis donc bien la source de ce qui lui cause tant de tourments. Je ne me démonte pas et abaisse la pointe de ma lame avant de lui répondre.

—Vraiment ? Car j'aurais pourtant encore quelques conseils à te donner pour te corriger. Tu tiens trop fermement ta hache et cela t'empêche de réaliser un mouvement assez ample car tu te bloque avant. De plus, lorsque tu assène un coup, tu te laisse ensuite légèrement emporter par ton élan. Des erreurs de débutants que je ne pensais plus te voir faire pourtant.

Elle crispe sa mâchoire avant de détourner le regard face à mes paroles dures mais criantes de vérité. Elle n'était pas en train de s'entrainer, seulement de se défouler. Je rengaine mon arme avant de me rapprocher d'elle. J'attrape sans brusquerie son visage pour relever ses yeux et y ancrer les miens.

—Si tu ne me dis pas ce qui t'ennui je ne pourrais pas t'aider tu sais ? Si j'ai fais quelque chose qui t'as blessée sache que ce n'était pas mon intention.

Je peux voir les larmes s'accumuler au coin de ses yeux mais elle ne les laisse pas tomber et préfère s'écarter, se dégageant de ma main d'un geste agacé.

—La mission va bientôt commencer, nous n'avons pas de temps à perdre en futilités.

Elle quitte d'un pas pressé les lieux tandis que mon bras retombe lentement le long de mon corps et que je secoue la tête d'un air désolé. J'ignore ce qu'il s'est passé mais cela à l'air d'énormément lui peser. Je tourne les talons pour rejoindre le hall à mon tour. Je croise Ascœur qui me salue avant de me demander ce qui ne va pas. Elle a sûrement remarqué mon air pincé mais je lui indique qu'elle n'a pas à s'en faire.

L'invocatrice pose une main réconfortante sur mon épaule au moment où Edelgard passe près de nous. Elle me lance un regard perçant avant de rapidement se détourner, se concentrant sur le discours d'Alphonse. Sa sœur est absente car elle est trop fatiguée pour ouvrir un portail. Elle a apparemment épuisé trop d'énergie à cela la veille. Le prince non plus n'a pas l'air tellement en forme mais refuse d'annuler la mission car les Héros que nous avons déjà envoyé comptent sur nous pour aller les sauver.

Sur l'esplanade de départ, Alphonse se concentre et ouvre un portail avec difficulté. Le tourbillon n'attend plus qu'El et moi. Je regarde ma compagne qui se tient bien droite à mes côtés. Elle m'ignore complètement et avance en premier. Une fois qu'elle a disparut je la suis dans le portail. Je n'aime pas particulièrement la sensation que l'on éprouve en y entrant habituellement mais cette fois c'est encore pire. J'ai l'impression que de l'électricité me brûle la peau alors que je n'ai aucun contrôle sur ma trajectoire. Le voyage est particulièrement turbulant et lorsqu'enfin il se termine, j'atterris tête la première.

J'ai heureusement eu la présence d'esprit d'amortir ma chute en tendant mes bras devant moi. Je me relève en époussetant mes vêtements avant de me retourner pour observer mon environnement. Une plage, la mer, un couché de soleil avec des bulles qui flottent dans l'air, mais où suis-je ? Et plus important encore, où est El ? Je regarde aux alentours avant de distinguer une silhouette étendue plus loin sur le sable. Je me hâte de la rejoindre mais lorsque j'arrive ce n'est pas l'impératrice que je trouve mais une étrange créature évanouie.

Celle-ci est jaune de la tête aux pieds si l'on exclut deux cercles rouges au niveau des joues, deux bandes marrons dans le dos et la pointe de ce qui semble être ses oreilles qui est noire. Ce que je ne comprend pas en revanche, c'est que la petite chose porte autour du cou une sorte de collier orné de plumes noires et plus troublant encore, de ses cheveux dépassent deux cornes dorées qui me rappellent celles décorant habituellement la tête d'Edelgard. La hache de cette dernière repose d'ailleurs juste à côté, enveloppée dans la cape rouge de ma femme. Mais nulle trace de celle-ci où que ce soit cependant.

La drôle de bestiole pousse un petit gémissement de douleur tout en se demandant ce qui a bien pu se passer avec ce fichu portail. J'hausse les sourcils de surprise devant les paroles de la créature qui semble savoir parler apparemment. Comment est-elle au courant pour les portails par contre ? La réponse à ma question ne tarde pas à venir lorsqu'elle ouvre difficilement les yeux et papillonne un bref instant avant de me regarder. Ces iris colorés de cette nuance parme familière ne sauraient me tromper sur son identité.

—Edelgard, c'est toi ?

—Bien entendu, qui veux-tu que je sois d'autre ? Sais-tu ce qui s'est passé avec le portail ?

Je la regarde, hébétée, se relever. Elle est toute petite alors qu'elle repose désormais sur ses pieds.

—Mais pourquoi me dévisages-tu ainsi ?

—El, regarde.

J'attrape sa hache et lui présente le plat de la lame dans laquelle elle peut voir son reflet.

—Mais… Par les quatre Saints que m'arrive-t-il ?!

—Je pense qu'il s'agit d'un effet secondaire des turbulences qui ont secouées le portail durant notre voyage.

Ma compagne, réduite à l'état de créature jaune m'arrivant à peine aux genoux attrape sa tête entre ses mains, refusant de réaliser la situation.

—De quoi ais-je l'air ainsi transformée ? Quelle honte pour quelqu'un de mon rang d'arborer pareille apparence…

J'hésite à lui dire qu'elle est plutôt mignonne sous cette forme mais je doute qu'elle accueille bien mes paroles alors je m'abstiens.

—Pourquoi as-tu toujours ton apparence toi ? Oh ! Ne me regarde pas, je suis affreuse…

Je m'accroupis à sa hauteur et pose une main dans ses cheveux qui n'ont rien perdu de leur douceur malgré leur nouvelle couleur. Car en effet ils sont également jaune au lieu de leur habituelle blancheur.

—El, je me fiche de ton apparence. Pour le moment essayons de savoir où nous nous trouvons et comment nous allons repartir car je ne vois le portail nulle part.

L'impératrice se ressaisit et regarde autour de nous, constatant la véracité de mes paroles.

—Alphonse, épuisé comme il l'était, a dû de tromper de monde et le portail a quant à lui dû apparaitre dans un autre endroit. A moins que des emblains ne se trouvent ici et n'en n'ai refermé le passage mais j'en doute.

Je hoche la tête, approuvant sa réflexion. Regardant plus loin j'aperçois des constructions colorées se dresser.

—Je crois qu'il y a une ville là-bas, allons nous renseigner.

—Bonne idée, nous saurons au moins où nous nous trouvons.

Je me relève et commence à marcher quand je constate qu'Edelgard ne me suit pas. Me retournant je la vois essayer sans succès de soulever sa hache. Déesse, ce tableau est plutôt cocasse à regarder et je ne peux m'empêcher d'étouffer un rire. El me foudroie alors du regard.

—Te moquer de moi ne nous avancera à rien ! Ce corps ridicule est tellement faible que je ne parvient même pas à brandir mon arme…

Je sens qu'elle est désemparée même si elle essaie de ne pas me le montrer. J'attrape la hache et la passe dans mon dos avant de me saisir de la cape vermeille qui gît toujours dans le sable. Je regarde ma compagne qui refuse de lever la tête et déchire soudainement l'étoffe. Ses oreilles et sa queue dont le bout ressemble à un cœur tressaillent de surprise mais je ne la laisse pas m'interroger sur mon geste. Je passe plutôt le morceau de tissu autour d'elle et le noue à ce collier orné de plumes de jais qui rappelle son armure. Je lui offre un sourire devant son air interrogatif face mon geste avant de m'expliquer.

—L'Impératrice de l'Empire d'Adrestia ne peut quand même pas déambuler dans ce monde sans être parée de ses couleurs, n'est-ce pas Votre Altesse ?

Elle me renvoie un regard de gratitude de toujours l'honorer par son titre même sous cette forme peu flatteuse pour elle. Sa queue remue nerveusement derrière elle, signe qu'elle a une question à me poser. Cette apparence a au moins le mérite de me permettre de lire aisément ses émotions sur l'instant.

—Qu'y a-t-il ?

—Je crains qu'avec ma taille fortement réduite je ne puisse te suivre sans être distancée…

Je comprend ce qu'elle tente de me dire à demi-mots et tend le bras vers elle. La gêne et la honte menacent de céder à sa fierté de refuser mon aide et de tout de même marcher mais elle finit par pousser un soupir et grimper sur mon épaule. Elle est tellement légère que je ne sens pas son poids et sa fourrure contre ma joue est d'une douceur incroyable. Je me mord la langue alors que j'allais le lui dire. Encore une fois j'ai l'impression que ce serait une mauvaise idée de lui faire part de mes pensées.

Quittant la plage, nous nous aventurons sur le sentier avant d'arriver à un croisement. Nous prenons à gauche en direction de ce que nous pensons être une ville. Cependant, une fois aux abord des premières constructions je constate que le lieu n'est peuplé que de créatures semblables à l'apparence actuelle d'Edelgard. Ces derniers me regardent bizarrement avant de commencer à nous encercler d'un air hostile. Je songe à tirer mon épée quand une des créatures s'avance au milieu du cercle des autres qui nous entourent. Il ressemble un peu à une sorte de castor avec ses grandes dents de devant qui dépassent.

—Heu… B'jour ! Désolé pour l'accueil mais on n'a pas l'habitude d'voir des humains ici en temps normal.

Je penche la tête sur le côté, intriguée. Voir cette créature qui peut communiquer et la comprendre parfaitement me plonge dans une grande perplexité. Je pensais que seule El pouvait me parler mais on dirait que tous ont cette capacité. Ma compagne, toujours perchée sur mon épaule, prend les devant face à mon manque de réaction.

—Vous voulez dire qu'il n'y a pas d'être humains dans ce monde ?

—Et ben… non.

—Alors comment pouvez-vous savoir que je suis humaine ?

Sentant la panique d'El devant l'information de l'inexistence de l'humanité ici, je prend le relais de la conversation.

—Oh et ben même si on n' en n'a jamais vu on sait à quoi y ressemblent. L'un d'entre nous en était un avant.

L'impératrice saute alors devant moi et se précipite sur la créature pour en savoir plus.

—Pouvez-vous nous indiquer où trouver cet individu ? Je veux savoir si c'est réversible !

—Ohlà du calme le Pikachu. Tu veux savoir si quoi est réversible ?

—Comment m'avez-vous appelé ? s'offusque mon épouse métamorphosée.

—Ben t'es un Pikachu alors j't'ai appelé comme ça puisque j'connais pas ton nom. C'est quoi d'ailleurs ?

—Je m'appelle Edelgard Von Hresvelg, Impératrice de l'Empire d'Adrestia.

—Edel-quoi ? Ah ! J'ai compris, tu dois être une humaine toi aussi pour porter un nom aussi étrange.

—Oui, et moi je m'appelle Byleth. Pourriez-vous nous conduire auprès de celui d'entre vous qui était un humain auparavant s'il vous plait ?

El, la queue agitée et les oreilles rabattues en arrière à l'air prête à étrangler le malheureux pour son impolitesse.

—Pour sûr ! L'est à la Guilde de Grodoudou, suivez-moi. Toi aussi Edelchu !

—Je ne vous permet pas ! Ce n'est pas mon nom !

Mais la créature ne fais pas grand cas des protestations de ma compagne et repart par le chemin duquel nous venons, nous invitant à le suivre.

—Au fait ! Bienvenue dans l'monde des Pokémons !