Notes

Suggestions musicales :

La poursuite :
- The raptor room - Don Davis, Jurassic Park 3 (à partir de 01:10).
- Keamy Away from Him - Michael Giacchino, Lost: Season 4 (De 02:23 à 03:31).

Dans la vieille écloserie :
- Keamy Away from Him - Michael Giacchino, Lost: Season 4 (A partir de 03:31).
- Claire's escape - Michael Giacchino, Lost: Season 2.
- A Man named Suicide - Michael Giacchino, War for the Planet of the Apes (de 00:55 à 04:10).
- The Carnotaur attack - James Newton Howard, Dinosaur (Jusqu'à 01:16).

La fuite du Site D :
- Visitor in San Diego - John Williams, The Lost World: Jurassic Park (à partir de 05:55).
- The Codes of Dinotopia - Trevor Jones, Dinotopia (de 01:50 à 03:29).


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Arrivant au niveau de la porte de la cage d'escalier, celle qu'ils avaient pris plus tôt en descendant des bureaux de la sécurité, Jocelyn se précipita dessus et appuyant frénétiquement sur la poignée, elle tenta de l'ouvrir, oubliant que Benito l'avait verrouillé. Claire, qu'elle avait distancée en s'élançant plus tôt, la dépassa et réalisant que son action était futile, Jocelyn abandonna la porte et suivit la directrice déchue vers la porte de service tout au bout du couloir, la même que le vétérinaire félon Connor Goyer avait emprunté après avoir commis son premier méfait et suffisamment grande pour le laisser passer, elles surent qu'Astérion était probablement entré par là. Alors que le carnotaure venait de se détourner de la thérizinosaure pour les prendre en chasse, Claire s'arrêta soudain en voyant qu'on leur barrait la route. Un autre animal venait de franchir le seuil, un deuxième carnotaure, Ariane. La carnotaure femelle regarda les deux femmes puis son congénère à la corne brisée en train de courir dans leur direction, grondant dans son avance.

— La porte, murmura soudain Claire à Jocelyn.

La dite porte n'était qu'à quelques mètres sur leur droite tandis qu'Ariane était à une douzaine de mètres. Si elles s'élançaient avant elle, elles pourraient l'atteindre et pénétrer dans le chenil au-delà, où un escalier leur permettrait d'échapper aux carnotaures que la porte retarderait un instant. Elles foncèrent vers cette dernière et Ariane s'avança à l'intérieur du bâtiment, gagnant peu à peu en vitesse tandis qu'Astérion les rejoignait. Claire et Jocelyn espérèrent que personne ne l'avait verrouillée. Sinon, elles ne ressortiraient de ce couloir qu'en plusieurs morceaux. Fort heureusement, le battant vint vers elles lorsque Claire tira sur la poignée et Jocelyn s'engouffra aussitôt dans le chenil qui résonnait des cris de divers animaux, agités voir apeurés à cause de la présence des carnotaures. Claire la suivit immédiatement, se faufilant entre les deux battants et dans son dos, des mâchoires claquèrent dans le vide. L'ouverture qu'elle avait laissée étant insuffisante pour permettre le passage d'un carnotaure, même celui d'un subadulte tel qu'Ariane, elle et Jocelyn devrait pouvoir atteindre l'escalier avant qu'elles ne soient rattrapées. Dans son dos, au-delà de la porte, elle entendit des grognements et des sifflements de la part des deux carnotaures qui devaient se chamailler après s'être percutés l'un l'autre par accident. Claire se concentra sur l'escalier en colimaçon métallique plus loin dans le chenil, que Jocelyn avait presque atteint, et de part et d'autre du large couloir qu'elles empruntaient, les cages se mirent à défiler.

Soudain, les battants de la porte du chenil furent repoussés vers l'intérieur et les cris de ses pensionnaires redoublèrent lorsqu'Astérion et Ariane pénétrèrent dans cette partie du bâtiment. Les regards des deux carnotaures se braquèrent aussitôt vers les deux femmes et ils fondirent sur elles, commençant à rétrécir la distance qui les séparait à une vitesse effrayante. Jocelyn commença à gravir l'escalier vétuste en vitesse, le métal grinçant sous ses pieds, et Claire s'y engagea à son tour peu après. Mais lorsque cette dernière atteignit le milieu, un choc brutal la fit perdre l'équilibre et basculer en arrière. Astérion venait de charger l'escalier, qui se mit à grincer de manière bien audible. De justesse, Claire se retint en s'agrippant aux barres du garde-fou et en bloquant la pointe de ses chaussures sous le bord d'une marche. La voyant en mauvaise posture, Astérion essaya de lui arracher les doigts de sa prothèse, qu'elle ramena à l'intérieur de l'escalier juste à temps. Atteignant les marches les plus basses, Ariane passa l'avant de son corps dans l'escalier, posa doucement le pied sur la première marche et à la stupéfaction de Claire, chercha à le gravir. Quant à Jocelyn, elle avait pu atteindre le sommet de l'escalier à temps et commencé à se diriger vers une porte de sortie, empruntant une mezzanine qui faisait le tour de toute la salle.

— Jocelyn ! Cria Claire, la suppliant de l'aider tandis que son masque décollait de son visage et que sa lanière commençait à glisser sur sa queue de cheval.

La directrice du Site D s'arrêta, la regarda un instant elle et les carnotaures qui cherchaient à l'atteindre, puis partit en courant, se dirigeant vers une porte de sortie au niveau de la mezzanine. Au même moment, le masque glissa de la tête de Claire et commença à dévaler l'escalier vers Ariane qui remuait latéralement et grognait tout en progressant de manière bien hasardeuse dans l'escalier, menaçant de trébucher à chaque pas fait.

— Couarde ! Hurla la directrice déchue furieuse.

Elle se redressa avec un grognement, commença à gravir les marches restantes à quatre pattes puis se remis debout lorsque les assauts d'Astérion sur l'escalier menacèrent de le faire céder d'une seconde à l'autre. Constatant cela, Ariane abandonna sa poursuite de Claire et chercha à quitter l'escalier, se laissant glisser en arrière. Claire parvint enfin en haut et dès lors qu'elle s'engagea sur la mezzanine, courant vers la porte prise par Jocelyn, l'escalier se décrocha de la mezzanine et les deux carnotaures s'écartèrent alors qu'il s'effondrait. Leur poursuite des deux femmes s'avérant être un échec, ils grondèrent de frustration et sortirent du chenil.

Passant devant d'autres cages, certaines occupées et d'autres non, Claire atteignit la porte, l'ouvrit, la franchit et la referma derrière elle avant de s'adosser contre le mur à côté pour reprendre son souffle un instant.

Elle se trouvait dans un couloir de service sombre, qui s'étirait en ligne droite de part et d'autre sur une distance considérable. A l'opposé du mur le séparant du chenil, le couloir était délimité par de longues parois vitrées, qui laissaient voir une énorme salle vide dont le milieu était faiblement éclairé par une série de fenêtres sur le toit, laissant ses côtés dans l'ombre. Sur son plafond, Claire vit des rails qui supportaient autrefois des bras robotiques : C'était l'écloserie et jadis, des rangées d'incubateurs occupaient la salle.

Plus loin le long des parois vitrées, la directrice déchue vit une porte entrouverte et se demanda si Jocelyn était passée par là. Elle l'emprunta, passant dans l'écloserie. Une fois parvenue au milieu de la salle, elle la balaya du regard.

— Jocelyn ! Ohé, Jocelyn ! Siffla-elle. Où êtes-vous, espèce de sotte ? On ne peut pas rester là.

C'est alors que Jocelyn sortit des ombres, marchant d'un pas lent vers elle. Entendant le bruit de ses pas, Claire se retourna mais leva les mains en voyant que la directrice du Site D braquait un pistolet sur elle.

— Ok, trésor. Pose ce flingue où tu vas te blesser, dit-elle le plus calmement possible.

Mais Jocelyn ne baissa pas son arme, continuant de lancer à Claire un regard haineux tout en grimaçant à la vue de sa balafre. Instinctivement, Claire se mit à reculer.

— Si vous vous enfuyez, je n'hésiterais pas à vous tirer dans les jambes, menaça la directrice du Site D. Vous ne voulez pas être davantage estropiée, non ?

Claire s'immobilisa et soupira. Elles avaient mieux à faire que se quereller.

— Vous ne m'aimez pas, soit. Mais pourquoi me menacez-vous avec une arme ? Demanda-elle.

Jocelyn désigna la porte du chenil avec son autre main.

— Tout ça ! Tout ça est de votre faute ! L'accusa-elle, parlant de l'incident.

— Qu'entendez-vous par là ?

— C'est vous qui avez orchestré cet attaque avec votre ami de la Mûle Bâtée. Je veux dire, ça fait sens. Vous voulez vous vengez d'InGen. Saboter l'opération est le meilleur moyen d'y parvenir.

— Malgré toute la haine que je porte envers la direction d'InGen, ni Owen ni moi avons sabotés l'opération ! On s'en fout de vous, on est là pour les animaux ! Rétorqua Claire.

— Et vous avez parlé des animaux avec votre ami de la taverne ? Je ne le pense pas. Qui est-il ? Qui est-il ?!

Qui est-il ?

Jocelyn avait mis le doigt sur un problème. Au sujet de leur mystérieux contact à l'auberge, Claire et Owen savaient juste son nom de code et qu'il travaillait pour une organisation costaricaine n'ayant aucune confiance en InGen.

— On ignore pour qui il travaille exactement mais il…, commença la directrice déchue d'un ton hésitant.

— Vous l'ignorez ? Génial ! S'exclama Jocelyn en levant les cieux au ciel. Je vous croyais machiavéliques mais en fait vous êtes justes cons !

— Le seul sujet de nos conversations était les recherches que Wu a conduites ici, avant et après la Chute, dans la maison au milieu des bois au nord d'ici, expliqua Claire. Celles au sujet de l'Indoraptor.

— L'Indoraptor…, répéta avec dédain la directrice du Site D Qu'est-ce que c'est cette merde, encore ? Une autre invention de votre esprit malade ? Je n'en ai jamais entendu parler.

— Menteuse ! La maison était indiquée sur votre carte !

Jocelyn secoua la tête et soupira, baissant un peu son arme.

— On m'a tenue à l'écart ! Hoskins et Torres m'ont juste dit de faire construire ce satané garage, d'accueillir discrètement Wu et son équipe, et de la boucler. C'est tout ! Je n'ai jamais mis les pieds dans cette baraque et je n'ai jamais su ce qu'ils ont fait là-bas exactement ! Avoua-elle.

Claire hocha légèrement de la tête.

— Très bien, je vous crois sur ce point-là. Mais vous demeurez quand-même une sacrée dinde.

Jocelyn releva le pistolet et la fusilla du regard.

— Et vous êtes une traîtresse sournoise doublée d'une catin ! Peut-être que vous n'avez pas aidé à l'organisation de cet… attentat écoterroriste mais vous avez néanmoins fouiné derrière notre dos. Vous restez une nuisance pour InGen. La direction… La direction me récompensera pour avoir démasquée une espionne telle que vous !

Claire ricana.

— Vous pensez réellement que vous allez être récompensée après ce bordel ? Vous voyez Jocelyn, InGen use de ses employés comme des préservatifs. Une fois utilisés, ils vous jettent ! Je ne donne pas cher à votre poste. Vous auriez dû quitter ce navire à la dérive lorsque vous le pouviez encore.

Complètement dans le déni, Jocelyn secoua vivement la tête.

— Je vois que vous essayez de me faire peur. Ça ne marchera pas. Malgré ce qui s'est produit aujourd'hui, nous allons reprendre contrôle, envoyer les animaux en Californie et les vendre. InGen sera sauvée ! Elle survivra à cette crise, comme elle a survécu aux incidents de Jurassic Park et de San Diego…

— Vous oubliez Masrani là…, la corrigea Claire.

— Avec le temps, l'opinion publique s'adoucira et on pourra annoncer d'autres projets, d'autres parcs, continua Jocelyn, l'ignorant. Nous aurons appris des erreurs du passé en attendant. Ces parcs seront construits dans des lieux sûrs, loin des ouragans et des volcans. Les avancées faites en ingénierie génétique nous permettront de les peupler d'animaux dociles, contrôlables, conçus de manière à plaire au public et d'être surs pour les enfants, et pas de monstres sanguinaires visant à assouvir les fantasmes d'une pauvre nerd en mal de frissons ! Ces parcs seront prospères, bien plus que Jurassic World… Votre règne sur Isla Nublar ne sera plus qu'une page sombre de notre histoire et la place que vous convoitiez autrefois, celle à la tête de la division Destinations d'InGen, sera mienne ! Je gravirais les échelons, intégrerait le conseil d'administration…

Au delà de Jocelyn, derrière la paroi vitrée qui séparait l'écloserie de la salle des inséminations, Claire venait de voir une grande silhouette sombre, bipède avec des bras minuscules mais une tête cornue, orientée dans leur direction.

— Jocelyn…, dit-elle tout bas, essayant de la prévenir qu'un carnotaure les avait surement repérées.

— Fermez-là, Claire ! C'est moi qui commande ici ! Aboya la directrice du Site D tout en agitant le pistolet. Pas vous ! Je réussirais là où vous vous êtes plantée comme une grosse merde ! On va vous foutre devant les tribunaux ! La tôle vous attend ! Peut-être même la chaise….

— Carno…, commença Claire avant d'être interrompue par un fracas de verre.

Le prédateur venait de charger la paroi, envoyant des éclats partout autour de la brèche. Surprise, Jocelyn se retourna vivement et se figea en le voyant s'avancer de quelques pas l'écloserie. Lorsqu'il parvint en marge de la zone éclairée, elles virent les brûlures sur son corps et reconnurent Toro. Tandis qu'elles et Franklin étaient occupés avec la thérizinosaure et Astérion à l'entrepôt, il avait dû également pénétrer dans l'Arche, soit par la porte près du bureau des soigneurs ou la baie vitrée de celui-ci, soit par la porte de service du côté sud, près de l'entrée de l'aile vétérinaire et celle du niveau supérieur de l'aile aquatique. C'était les deux seules entrées du Niveau 2 donnant sur l'extérieur et pouvant être empruntées par un carnotaure adulte.

Tandis que la bave coulait des mâchoires entrouvertes de Toro, Claire chercha une issue du regard. Elle en vit une, sur sa gauche, un encadrement s'ouvrait sur un couloir, celui séparant le laboratoire du niveau supérieur de l'aile aquatique. Juste au moment où la directrice déchue envisagea de s'y engouffrer, Toro s'élança en avant. Claire ne réfléchit pas et fonça vers son issue mais Jocelyn resta sur place telle une biche surprise par des feux de voiture. Tout en tremblant de terreur, elle leva le pistolet, visa la tête de l'animal et appuya sur la détente. Il y eut un clic. Elle appuya à nouveau et il y eut un autre clic. Elle regarda le pistolet avec des yeux paniqués.

C'est quoi ce cirque !

Puis, alors que Toro baissait la tête, elle se rappela d'une chose pourtant essentielle :

La sécurité ! Comment on l'enlève ?

Elle n'eut jamais l'occasion de le découvrir car immédiatement après, le carnotaure la percuta de plein fouet avec son crâne, s'en servant comme un bélier. Dans l'instant qui suivit, Jocelyn laissa échapper un râle lorsqu'elle sentit quelque chose long et pointu s'enfoncer telle une épée dans son abdomen et déchirer plusieurs de ses muscles et de ses organes internes. Alors qu'elle réalisait qu'il l'avait encornée, elle fut projetée vers le haut par le coup de boule du carnotaure et atterrit brutalement sur le béton froid et humide plusieurs mètres plus loin.

Cachée derrière l'encadrement, Claire regarda Toro s'approcher de Jocelyn d'un pas lent mais assuré. Bien sûr, le carnotaure brûlé l'avait également vue mais n'avait d'intérêt que pour la directrice du Site D, qui gisait sur le dos devant lui. Claire sut qu'il n'y avait plus rien à faire pour Jocelyn et elle espéra qu'elle avait été tuée sur le coup mais lorsque les bras de cette dernière se mirent à bouger faiblement et que sa bouche cracha du sang, la directrice déchue frémit d'horreur. Jocelyn voulut s'aider de ses bras pour reculer mais son corps souffrait le martyre et elle était trop faible pour le faire, trop faible pour crier. Ses forces l'abandonnaient et ses vêtements de tachaient de sang et d'autres fluides corporels. Arrivant à son niveau, Toro la cloua au sol en posant une de ses pattes sur son abdomen déchiré. Lorsqu'il ouvrit la gueule et l'abaissa vers la tête de sa proie agonisante, Claire détourna aussitôt le regard en tremblotant et prit la fuite. Alors qu'elle courrait dans le couloir, elle entendit les dents du carnotaure déchirer les chairs et broyer les os.

Elle franchit bientôt un croisement, où elle continua tout droit, passant entre les locaux vétérinaires et l'aile aquatique. Elle atteignit une porte de service, l'ouvrit et sortit à l'extérieur sans prendre la peine de la refermer dans sa fuite. Après avoir descendu une rampe, elle tourna à droite et commença à courir le long du côté sud de l'Arche. Alors qu'elle se rapprochait de l'entrée de l'entrepôt, elle passa devant plusieurs véhicules garés et dans l'un d'eux, une vieille Toyota grise, elle vit une chevelure bouclée familière.

Franklin ?

Elle s'arrêta, regarda à l'intérieur et vit en effet l'informaticien du GPD, couché sur la banquette arrière en position latérale de sécurité. Elle fut rassurée de voir qu'il avait survécu à l'épreuve de l'entrepôt mais se demanda comment il avait pu entrer dans cette voiture avant de la verrouiller. Puis elle se rappela des intentions de Benito à leur égard et sut que ça devait être sa voiture et que le jeune homme avait dû prendre les clés sur son corps.

Elle tenta d'ouvrir la portière mais se rendit compte qu'elle était verrouillée. Elle se mit alors à taper sur la vitre pour attirer l'attention de Franklin.

— Franklin ! Franklin ! Ouvrez-moi !

Il releva la tête, la regarda et alors qu'elle faisait le tour du véhicule pour gagner la portière côté conducteur, il sortit les clés de sa poche et déverrouilla les portières. Elle entra aussitôt pour s'installer au poste de conduite et se retourna pour lui demander de lui passer les clés. Elle remarqua que le visage de l'informaticien était humide.

— Où est Madame Hodgson ? Demanda-il d'une voix faible.

Claire secoua de la tête.

— Elle ne s'en est pas sortie, dit-elle laconiquement.

— Merde…

La voyant mettre les clés sur le contact et démarrer le véhicule, il s'inquiéta.

— Vous faîtes quoi ?

— On se tire d'ici, répondit-elle. On va récupérer Owen puis on fonce au bureau de police pour les prévenir au sujet de tout ce bazar.

— J'ai récupéré nos portables, l'informa-il.

— Bien. Vous vous rappelez de l'endroit où ils ont retrouvés Blue ?

— Plus ou moins…

— Guidez-moi jusque-là. Vous pouvez faire ça ?

Il hocha de la tête et elle lui donna ensuite le code d'ouverture de son téléphone. Mais alors qu'il se rendait sur une application de cartographie, quelque chose passa rapidement à côté des véhicules et tournant la tête, Claire vit que c'était Toro. Elle ne put voir s'il tenait ou non dans sa gueule la dépouille de Jocelyn mais elle remarqua qu'il se dirigeait vers la porte ouest. Elle eut une idée.

— C'est notre chance…, dit-elle. Accrochez votre ceinture.

Franklin mit sa ceinture et ils sortirent de leur emplacement de stationnement, suivant le carnotaure. Regardant dans le rétroviseur, Claire vit que des hommes armés, probablement lancés à la poursuite de Toro, courraient derrière eux. Voyant deux gardes postés devant la porte ouverte, le carnotaure rugit à leur encontre pour qu'ils s'écartent de sa route. Paniquant à la vue du dinosaure chargeant, c'est ce qu'ils firent et sous le regard effaré des gardes poursuivant l'animal, celui-ci franchit la porte ouest et disparut dans la jungle. Alors que les gardes de la porte retournaient à leur position, Claire accéléra et la Toyota franchit à son tour le portail, tournant à droite.

— Attends, ce n'était pas Dearing au volant de la bagnole de Benito ? Demanda un des factionnaires.

— Euh je crois que si, répondit son collègue.

Un de leurs collègues accourant, un officier, les apostropha soudain :

— Putain ! Non seulement vous avez laissé deux carnotaures quitter le complexe mais vous avez aussi laissé filer ce traître de Benito ?! Mais vous êtes des nuls !

— Ce n'était pas Benito mais Dearing…, lui fit remarquer l'un des factionnaires d'une voix faible.

L'officier leva les yeux au ciel.

— Mais c'est encore pire ! Elle aussi est une traître ! S'exclama-il.

— Ah bon… Qu'est-ce qu'elle a fait ?

L'officier ne répondit pas et se tourna vers ses collègues.

— Préparez des véhicules, commanda-il. Nous devons la poursuivre.

— C'est inutile, dit soudain une voix, celle de Torres.

Ils se tournèrent vers le directeur de la division sécurité, qu'un hélicoptère venait de ramener au Site D, et le regardèrent avec surprise.

— Mais Monsieur… Et si elle prévient les autorités ? Lui demanda un des gardes.

— Elle ne le fera pas.

Il nota la circonspection de ses subordonnés.

— Elle et Monsieur Grady ont joué un rôle dans ce sabotage, j'en suis certain, leur expliqua-il. Elle va d'abord aller retrouver et ils chercheront ensuite à quitter la région. Mais ils n'iront pas loin… Qu'on les raye de la liste des passagers. Je vais informer le CA et la fondation Lockwood de leur trahison.

Torres sortit son téléphone et lorsqu'il fut suffisamment loin des gardes, il le rangea et en sortit un autre, un appareil jetable qu'on pouvait trouver dans nombre de boutiques du pays. Avec celui-ci, il composa un numéro costaricain, celui d'un certain Jesse.

Oui, monsieur ? Demanda peu après la voix d'un jeune homme en espagnol.

— Elle est dans une vieille Toyota grise, elle va récupérer son petit-ami. Vous avez le feu vert. Vous avez jusqu'au coucher du soleil. Envoyez-moi une photo des corps et rappelez-moi lorsque ce sera fait.

Ok, répondit Jesse avant de s'adresser à son comparse. Mateo, on l'a !

Torres raccrocha, rangea ce portable jetable et sortit son téléphone officiel pour contacter San José, Palo Alto et Orick.