Notes :

Suggestions musicales :

L'attaque des Singes Noirs :
- The Carnival – James Horner, Mighty Joe Young (De 01:56 à 04:45).
- Monkeys kidnap Mowgli – John Debney, Jungle Book (jusqu'à 01:29).
- Bail Out – Jerry Goldsmith, Congo (Jusqu'à 01:40).
- On the Tank – John Williams, Indiana Jones and the Last Crusade (de 00:10 à 03:22).
- Belly of the Steel Beast – John Williams, Indiana Jones and the Last Crusade.
- Siege – Marc Streitenfeld, Robin Hood.

Theo et Zaza :
- Keep calm and Baryonyx - Michael Giacchino, Jurassic World: Fallen Kingdom.
- Smilodon Attack - Dominik Scherrer, Primeval (Jusqu'à 01:37).


-o-


— Il ne faut pas rester là. J'ai vu deux des mercenaires de Wheatley en train de remonter le train, Franklin informa le couple. Je crois qu'ils ont un prisonnier avec eux.

Alors que Claire et Owen se relevaient péniblement, le jeune homme fixa le soigneur intensément.

— Espèce de connard ! Vous auriez pu me tuer en me jetant ainsi comme un vulgaire sac à patates ! Lui reprocha-il.

Il se tourna ensuite vers la directrice déchue.

— Plus jamais je ne remonte dans un véhicule conduit par vous. Vous êtes un danger public !

— Danger est en passe de devenir mon surnom vu tout ce qui se passe, répondit-elle.

Après avoir jeté un coup d'œil à l'intérieur du wagon, Owen s'aventura dedans et ses deux compagnons le suivirent.

— Que fait-on ? Demanda Franklin alors qu'ils longeaient une grande caisse de transport contenant un Panoplosaurus, dissimulé à leurs yeux et endormit.

— Il faut qu'on essaie de mettre un maximum de monde de notre côté, répondit Owen. Les soigneurs seraient un bon début.

— Suggérait-tu de déclencher une mutinerie et de prendre le contrôle du train wagon par wagon jusqu'à affronter Torres dans la locomotive ? Lui demanda Claire.

— Grosso merdo, oui.

— Aux wagons Midway alors ! Dit Claire.

— Rien ne nous garantit que la voie jusque-là soit libre, précisa le soigneur. Nos pirouettes n'auront servi à rien si on se fait capturer quelques wagons plus loin.

— Si jamais on ne peut pas passer par l'intérieur, alors nous passerons par l'extérieur, en conclut sa concubine.

Après avoir dépassés deux caisses de transport plus petites contenant chacune un Placerias, ils sortirent du wagon et alors que le rail traversait la jungle et passait au-dessus de plusieurs méandres de la Celeste, Owen pénétra à l'intérieur du suivant, demandant à Claire et Franklin de rester dehors un instant. Ce wagon était plus court que le précédent, avec deux caisses de transport plutôt volumineuses, chacune assez grande pour contenir un animal de la taille d'un bison. La première de ces caisses était celle de l'Udanoceratops, et de la seconde, vint une sorte de grognement, celui d'un Pachycephalosaurus. Il n'y avait personne dans ce wagon mais juste au moment où il s'apprêta à appeler ses deux compagnons, Owen entendit quelqu'un s'approcher de la porte à l'extrémité opposée du wagon. Le soigneur sortit sans tarder et intima discrètement à Claire et Franklin de se cacher. Lorsque les arrivants, en vérité Brice et un garde, eurent finit de traverser le wagon, le trio avait disparu.


N'ayant pas détectés leur présence, le vétérinaire et le garde pénétrèrent dans le wagon des Placerias et du Panoplosaurus. Ils y croisèrent la route de Theo et Fanny.

— J'ignorais que vous étiez dans cette partie du train. Je vous croyais avec vos camarades, dit le garde d'InGen en baissant son arme.

— Vous avez des nouvelles d'eux ? S'enquit soudainement Fanny.

— Ils ont repoussés leurs attaquants. Ils n'ont pas de morts à déplorer, que des blessés légers, répondit le garde. Un de nos Chinook va passer les prendre et les emmener directement au complexe portuaire.

— Bien, dit la mercenaire, rassurée. Et votre hélicoptère, celui qu'on a vu aux derniers pâturages ?

— Ils ont réussi à se poser. Les deux gars qui étaient à bord sont juste blessés. Dieu merci.

Fanny hocha légèrement de la tête et le regard du garde s'arrêta sur le Gavilanes porté par Theo.

— On a un petit cadeau pour vous, ajouta-elle. Où est-ce qu'on peut le déposer ?

La radio du garde se mit à crachoter.

Ils ont un prisonnier ? Demanda Torres.

— Affirmatif, répondit le garde.

Escortez-les et assurez-vous qu'ils le remettent à vos collègues.

— Vive la confiance, commenta Fanny.

— Mais Monsieur Le Goff m'a demandé de l'escorter, dit le garde d'InGen à son patron. Il voulait vérifier que les animaux aillent bien.

Il attendra un peu.

— Excepté que le soleil est en train de se coucher, fit remarquer le vétérinaire d'un ton agacé. J'aimerais avoir fini le plus tôt possible !

— Je peux l'escorter, intervint Theo. Tu l'aideras avec le prisonnier, ajouta-il à l'égard de Fanny.

Elle et le garde manifestèrent leur approbation par un hochement de la tête.

— J'emmène le prisonnier au wagon, informa-il Torres.

Bien, répondit ce dernier. Interrogez-le et tenez-moi au courant.

Le garde et la mercenaire commencèrent à transporter le Gavilanes vers le wagon d'où il était venu, laissant Brice rejoindre Theo. Les deux se dirigèrent vers l'extrémité opposée du wagon.

— Je n'ai pas fait attention aux animaux sur le chemin mais aucun ne semblait blessé, déclara l'Anglais.

Brice écarquilla les yeux car le mercenaire avait parlé non pas en anglais mais en français.

— Vérifions si c'est le cas, dit le vétérinaire.

Tandis que le décor devenait encaissé de part et d'autre du rail, les deux hommes sortirent du wagon.

— Vous parlez français ? Demanda-il peu après.

— Un petit peu, répondit Theo dans la langue de Molière. Je suis né en France.

— Où ça ? S'enquit Brice, curieux.

— Une ville en Bretagne. Fougères.

— Fougères ? Oh mais je connais des gens de là-bas ! S'exclama Brice.


Après s'être cachés de Brice et du garde en s'accrochant sur le côté du wagon de l'udanocératops et du pachycéphalosaure, le couple et Franklin avaient empruntés une échelle à proximité pour monter sur le toit. Lorsque le garde était revenu avec Fanny et le gangster prisonnier, ils s'étaient aplatis et avaient attendus qu'ils passent. A présent, ils rampaient vers le wagon suivant, qui était non pas un wagon de marchandises comme les deux qu'ils venaient de traverser mais un de passagers. Pensant que le garde venait de là et qu'il devait y en avoir d'autres à l'intérieur, le trio redoubla de prudence et décida de continuer sur les toits jusqu'au moins aux wagons Midway. Alors qu'ils passaient sur le wagon suivant, le trio perçut un grondement, qui se fit de plus en plus audible, jusqu'à ce qu'une grande cascade apparaisse sur leur droite après un tournant. Devant, le train sinuait en suivant le rail, aménagé sur une corniche du côté est d'une grande gorge, magnifiée par les dernières lueurs du soleil couchant. Bien que la sortie des gorges n'était qu'à un peu moins de dix kilomètres à vol d'oiseau, la différence de dénivelé entre cette dernière et le haut de la cascade était si importante, environ mille mètres, que le rail serpentait abondamment pour atténuer la descente tandis que le train avait dû ralentir pour circuler en toute sécurité. S'ils se rappelaient bien de ce qui s'était dit au cours d'une des réunions, le couple savait que la traversée des gorges durerait deux heures. C'était l'étape la plus longue du trajet jusqu'à la côte.

Rampant devant ses deux compagnons, Owen s'immobilisa en arrivant au niveau d'une lucarne et arrêta Claire et Franklin d'un signe de la main. Il tourna la tête vers eux, mit son index devant sa bouche et le pointa ensuite vers la lucarne. Du bout des lèvres, il murmura :

— Des gardes.

Il se mit à contourner la lucarne avec précaution et Claire et Franklin copièrent son exemple.


Sous eux, Fanny attendait le retour de Theo tandis que certains des gardes s'occupaient de leurs camarades blessés avec l'aide de deux assistants vétérinaires. On avait assis le Gavilanes dans un coin, et un des gardes le surveillait. La mercenaire, assise non loin, gardait également un œil sur le gangster.

— Vous êtes véto, pas médecin, geignit un des blessés alors qu'un des assistants vétérinaires s'approchait de lui. Elle est où l'infirmière ?!

— On reste tranquille. Je connais des dinosaures plus coopératifs que vous, rétorqua l'assistant.


Une fois le wagon des gardes derrière eux, Claire, Owen et Franklin accélérèrent. Entre eux et les wagons Midway, caractérisés par la présence de deux étages, se succédaient quatre wagons de marchandises. Ils se relevèrent et tout en trottant, ils se mirent à chercher un accès. N'en voyant presque aucun au niveau des wagons de marchandises, juste une lucarne verrouillée avant le premier wagon Midway, et préférant pénétrer le plus prudemment possible dans le train, ils poursuivirent. Ils passèrent au-dessus des deux wagons Midway, ne trouvèrent aucune lucarne sur le toit leur permettant d'éventuellement signaler leur présence aux soigneurs, continuèrent et bien qu'il y avait plusieurs lucarnes sur les wagons au-delà, soit elles étaient impossible à ouvrir sans briser la fenêtre, soit elles étaient également trop petites pour laisser passer une personne adulte. Ils décidèrent d'aller tenter leur chance du côté des wagons bâchés situés encore plus vers l'avant du train.

Au même moment, la locomotive atteignit l'entrée d'un tunnel creusé dans les pentes et l'un après l'autre, les wagons disparurent dans l'obscurité et lorsque ce fut au tour du leur, un wagon de marchandises succédant aux wagons bâchés, Claire, Owen et Franklin s'aplatirent. La traversée du tunnel fut très courte cependant, seulement quelques secondes, et dès qu'il fut derrière eux, le trio se releva et reprit sa route. Mais peu après, ils se figèrent en voyant une vingtaine de silhouettes humaines sombres se mouvoir rapidement au sommet de containers de transport à environ deux cent mètres plus loin. Une petite dizaine de celles-ci se dirigeaient vers la locomotive, le reste dans la direction opposée, sautant de containers en containers.

— Putain mais c'est qui ceux-là ?! Se demanda Claire, d'une voix mêlant surprise et crainte.

Les inconnus semblaient en effet avoir apparu comme par magie car il n'y avait rien au sommet de cette partie du train une minute plus tôt. Le couple réalisa rapidement qu'ils avaient dû sauter sur le train à la sortie du tunnel et se souvenant des paroles de Rankin au sujet du reste de son équipe, ils surent que ça devait être cette dernière. Le Transpercebouse était à nouveau menacé.

Ils envisagèrent pendant un court instant de se mettre en travers de la route de ces nouveaux assaillants, avant de se rappeler qu'ils n'avaient que le couteau d'Owen comme arme, ayant laissés les autres dans la jeep, sans parler du fait que les abordeurs étaient trop nombreux. Les affronter ouvertement serait de la folie, tandis que le premier des wagons Midway était à une quarantaine de mètres derrière eux. Les abordeurs seraient sur eux avant qu'ils ne puissent l'atteindre et prévenir les passagers. Ils devaient se cacher, mais où ? Depuis le wagon des gardes, ils n'avaient vu aucune plateforme sur laquelle descendre avant d'entrer à l'intérieur du train par une porte, la rame étant articulée par des bogies sur cette portion, afin de permettre une circulation plus facile des passagers.

Venant de trouver une idée, Owen sortit son couteau, en mordit le manche et tout en le gardant dans sa bouche, il alla s'accrocher sur le bord du wagon, invitant fortement ses compagnons à copier son exemple. Une fois stabilisé, le soigneur prit son couteau et l'enfonça dans la bâche. Dès qu'il eut créé une ouverture assez grande, il fit signe à Claire et Franklin de passer devant.

L'un après l'autre, ils s'y engouffrèrent et atterrirent contre une cage de transport pareille à celle qui avait brièvement contenue Blue, avec des parois opaques munies de petits trous. Sur le toit du wagon, ils perçurent un piétinement, celui des pieds des abordeurs alors qu'ils courraient. Le bruit de leur course s'estompa rapidement et n'entendant personne ouvrir la porte pour aller les débusquer, le trio laissa échapper un soupir de soulagement. Mais réveillé par le bruit, l'animal contenu dans la cage laissa échapper un sifflement irrité. Par réflexe, Franklin, alors collé contre la cage, eut un mouvement de recul mais Owen se précipita sur lui pour le maintenir en place. Derrière eux, il n'y avait pas de paroi mais qu'une bâche. S'ils s'appuyaient trop contre, le soigneur craignait qu'ils n'agrandissent la déchirure et finissent par basculer en arrière, hors du train. Regardant dans les trous, ils virent un dinosaure bipède faisant entre cinq et six mètres de long, au corps rouge vif avec des rayures sombres, un ventre blanc et des tâches jaunes : Un Herrerasaurus adulte. Continuant de siffler, l'animal avait sa gueule entrouverte, exhibant sa bouche et sa langue bleues. Dans le même wagon, il y avait deux autres cages similaires, contenant également chacune un Herrerasaurus adulte.

Hésitant entre continuer vers l'avant du train pour trouver Torres ou faire demi-tour pour aider les passagers à repousser les nouveaux assaillants, le trio resta caché un instant entre la cage et la bâche.


Intégralement vêtus de noir, encagoulés et portant des lunettes de ski, les douze abordeurs courant vers l'arrière du train n'étaient pas des Gavilanes mais des membres d'un autre gang que Jeremy Rankin avait recruté : Les Singes Noirs. Arrivant sur les wagons Midway, quatre s'arrêtèrent et cherchèrent des entrées tandis que les huit autres continuaient. Lorsque ceux-ci passèrent sur les wagons de marchandises entre les wagons Midway et celui des gardes, leurs pas furent entendus par Fanny, qui était alors en train de rejoindre le centre du train. Elle sortit son téléphone et appela Theo.

— Vous feriez bien de faire demi-tour, lui dit-elle. Je crois qu'on a de la compagnie…


Mais avant que tous les passagers puissent être avertis, les huit compagnons des quatre Singes Noirs arrêtés aux wagons Midway arrivèrent au wagon des gardes. Après avoir repérés les portes, ils commencèrent par les bloquer puis brisèrent la lucarne et jetèrent des grenades fumigènes à l'intérieur du wagon, surprenant les gardes et les autres personnes à l'intérieur. Aux wagons Midway, leurs quatre complices passèrent eux aussi à l'action, pénétrant dans le train sans jeter de grenades fumigènes cependant, ayant jugé cela pas nécessaire. Tout comme les gardes, les soigneurs et vétérinaires furent pris par surprise.


— Il faut les aider à repousser ces types, déclara Owen.

— Je sais mais Torres est à l'autre bout. Nous avons une opportunité, allons-le rejoindre tant qu'on peut, déclara Claire. Si on les aide, qui nous dit que les gardes ne vont pas ensuite nous arrêter ? Une fois entre leurs mains, on ne pourra plus faire grand-chose… Torres nous jettera aux crocodiles ! Chopons-le avant qu'on nous chope !

Son concubin regarda en direction des wagons Midway.

— Fais chier…, siffla-il.

— Les gars ? Ce ne serait pas mieux si on reste planqué ici ? Leur demanda Franklin.

— Non, lui répondit Owen.

— Il faut continuer, dit Claire.

Mais juste au moment où ils allaient quitter leur cachette, quelqu'un approcha, venant du wagon suivant. Le trio resta tapi dans la pénombre entre la cage de l'herrerasaure et la bâche. Ils entendirent une radio crachoter.

Nous sommes attaqués ! Criait quelqu'un.

Sachant que c'était là probablement un garde, le couple et Franklin espérèrent ne pas être débusqués.


— Nous sommes encore attaqués ? Demanda Alexander Singer d'une voix craintive.

— Je le crains, répondit Torres.

— Alexander, planque-toi dans les chiottes, dit Horatio avec autorité au président du Groupe de Protection des Dinosaures.

Il ne se fit pas prier et gagna les toilettes au fond de leur wagon, juste derrière le fourgon-générateur.

— Cachez-vous aussi, Monsieur Bingham, suggéra Torres au soigneur, qui officiait en tant que chef animalier en l'absence de Juan, resté au Site D.

Cependant, le britannique avait déjà pris un pistolet et rejoignait le soldat d'InGen et les trois gardes, nuls autre que le trio Pierre-John-Henry, qui s'apprêtaient à quitter le wagon pour aller porter assistance aux assiégés. Torres avait ordonné à l'autre soldat présent dans la pièce de rester avec lui.

— Mes collègues et les animaux sont menacés. Je ne resterais pas les bras croisés, répondit Horatio.

Le soldat fit un signe à Henry, et celui-ci ouvrit la porte.

— On y va ! Cria le soldat en sortant du wagon, suivit des trois gardes et du soigneur.

Mais à peine eut-il ouvert la porte qu'il fut abattu d'une balle dans la tête, tirée par un sniper couché au sommet d'un grand container au-délà d'un long wagon plat qui aurait dû accueillir les containers de deux des carnotaures. Le soldat s'effondra et alors qu'une demi-douzaine de Singes Noirs, accompagné de deux hommes armés de fusils d'assaut, courraient vers leur wagon, John et Horatio éloignèrent le corps du soldat de la porte. Pierre et Henry fermèrent aussitôt cette dernière et la barricadèrent alors qu'on tentait de l'enfoncer. Bientôt, ils entendirent les Singes Noirs grimper sur le wagon. Les employés d'InGen regardèrent les fenêtres de part et d'autre d'eux. S'ils restaient là, ils allaient être pris en tenaille.

— Au fourgon-générateur ! On se replie ! Cria Torres.

Le directeur d'InGen Security, Horatio, Alexander, les trois gardes et le soldat restant quittèrent le wagon de passagers et passèrent dans le fourgon-générateur, avec les derniers tirant vers les Singes qui étaient en train de pénétrer dans le wagon par les fenêtres et les lucarnes, réussissant à en abattre un.


Alors en train de revenir vers les wagons centraux, Theo et Brice virent les Singes Noirs au sommet du wagon des gardes.

— Je rêve où il y a des putains de ninjas sur ce wagon ?! S'écria Theo, sidéré.

— Pire, des yamakasis ! Dit Brice après en avoir vu un faire une acrobatie. Il ne manque plus que les putes et les audis et on se croirerait dans une production de Luc Besson !Je pense que le Costa Rica se passerait bien d'une importation française telle que celle-ci.

Ils entendirent les cris des gardes pris au piège. Gardant son fusil dans une main, Theo dégaina son pistolet et le tendit à Brice.

— J'y vais. Vous savez vous servir de ça ? Lui demanda-il.

Le vétérinaire prit l'arme, vérifia son chargeur et désactiva la sécurité.

— Bien sûr que je sais me servir d'une arme. Je vous rappelle que je suis vétérinaire.

Theo acquiesça.

— Si vous devez vous en servir, imaginez que ce sont des chiens enragés que vous devez abattre.

Puis le mercenaire s'élança vers le wagon des gardes.


A l'avant du train, Marion Grewal, une femme athlétique d'origine indienne, mit son fusil sniper en bandoulière et descendit du container pour aller rejoindre Dorian Faraday et Eric Aubrey, ses deux compagnons, à l'entrée du wagon de passagers.

— Ils sont allés se terrer dans le fourgon-générateur, lui dit Aubrey, un blond grand et svelte à la moustache élégante.

A l'intérieur du wagon, Faraday, un homme de taille moyenne mais large d'épaules et un peu enveloppé, regarda les Singes Noirs rassemblés près de lui.

— Allez bande de macaques ! Passez par les toits et prenez le contrôle de la locomotive ! Magnez-vous, on n'a pas toute la soirée ! Leur cria-il.

Tandis que les Singes s'exécutaient, Grewal et Aubrey allèrent rejoindre Faraday et le trio de mercenaires britanniques avança prudemment dans le fourgon-générateur.


Venant d'apercevoir une déchirure dans la bâche sur sa gauche, derrière une des cages de transport, le garde d'InGen alluma sa lampe torche et commença à faire le tour de la cage.

Juste au moment où le faisceau de sa lampe allait éclairer le couple et Franklin, il entendit un autre bruit sur sa droite, venant du wagon suivant, et tourna la tête dans cette direction.

— Stop ! Cria-il tout en levant son arme. Arrêtez-vous ou…

Il s'effondra avant de finir sa phrase et depuis sa cachette, le trio vit un des abordeurs rejoindre le garde couché. Le malfaiteur regarda droit devant lui pendant un court instant puis traîna le garde entre deux cages. Pressé, il ne chercha pas à le cacher entre les cages et la bâche, et ainsi, il ne vit pas Claire, Owen et Franklin. Le Singe Noir passa ensuite dans le wagon suivant et le trio l'entendit s'éloigner. Owen rampa jusqu'au garde et se penchant au-dessus de lui, il vit qu'il avait une fléchette plantée dans son cou. Il posa ensuite ses doigts sur le cou et fut rassuré de trouver un pouls, bien qu'il fut faible. Il retourna ensuite auprès de Claire et de Franklin.

Après s'être assuré qu'il n'y avait pas d'autres gardes dans les wagons bâchés suivants, le Singe Noir retraversa celui où étaient cachés les fugitifs et regagna les wagons Midway, où les choses ne se passaient pas comme prévu.


En effet, les soigneurs et vétérinaires ne s'étaient pas laissés faire et après quelque ruse de leur part, les trois Singes restés là-bas furent pris à dépourvu. A trois contre une trentaine, ils étaient en sous-nombre et un avait été déjà neutralisé. Tandis que Marisol le plaquait au sol, ses collègues ligotaient le malfrat qui remuait à la manière d'un veau tout juste attrapé par un cow-boy. Pendant ce temps, les deux autres, bientôt rejoint par celui vu par le trio de fugitifs, se battaient à mains nues contre d'autres soigneurs et vétérinaires. Bien qu'ils ne retenaient pas leurs coups, ils n'utilisaient ni leurs pistolets, ni leurs couteaux, ni leurs étoiles de ninja contre les civils, comme si ils ne désiraient pas les tuer ou les blesser grièvement. Ils cherchaient plutôt à sortir de la mêlée pour prendre la fuite. Les soigneurs et les vétérinaires pouvaient s'estimer chanceux que les Singes Noirs semblaient suivre un code d'honneur car la situation n'auraient pas été la même contre des Gavilanes.


Au wagon des gardes, la situation était tout aussi chaotique. Tandis que les gardes cherchaient à sortir du wagon enfumé, le Gavilanes prisonnier avait défait ses liens et avait commencé à s'en prendre à ses geôliers, les attaquant avec un poignard qu'il avait subtilisé. Pour se protéger au mieux de la fumée, le gangster avait pensé à relever son foulard à hauteur de son nez et il était donc un peu plus à l'aise que les employés d'InGen paniqués qui toussaient. Cependant, ceux—ci se ressaisirent et cherchèrent à arrêter le malfrat, qui avait déjà poignardé un des leurs. C'est alors que six des huit Singes pénétrèrent dans le wagon par la lucarne et s'attaquèrent aux gardes.

Soudain, il y eut un choc sur le toit, puis un deuxième et on vit un des Singes tomber du train, atterrir au milieu des buissons à côté du rail et se mettre à glisser vers le fond de la gorge. Ayant constaté cela, un des Singes ressortit par la lucarne pour voir qui avait abattu ses camarades. Il fut également neutralisé.

Bientôt, quelqu'un se mit à donner de puissants coups dans la porte et finit par l'enfoncer. Alors aux prises avec un des Singes, Valentine Taylor vit qu'il s'agissait de Theo. Tandis que la plupart des gardes d'InGen et les deux assistants vétérinaires se ruaient hors du wagon, le mercenaire anglais se dirigea vers le Singe le plus proche, le saisit et le mit au tapis après l'avoir frappé violemment au visage. Face à cet imprévu, les Singes changèrent de stratégie et les trois encore debout entamèrent un repli, bondissant avec agilité des banquettes pour atteindre la lucarne mais Theo en abattit un dans le dos avant qu'il ne puisse sortir. Un des deux autres voulut tirer sur les gardes fuyant le wagon mais il reçut soudain une balle dans l'épaule et assaillit par la douleur, il s'agenouilla et hurla. Les derniers gardes furent surpris de voir que le tireur, posté à l'entrée du wagon bâché suivant celui des gardes, était Brice.

— Qu'attendez-vous ? Ligotez-moi ce connard ! Leur ordonna le vétérinaire.

A l'intérieur du wagon, les yeux de Theo se posèrent sur le corps du Gavilanes, tué par inadvertance lors de la mêlée. Soudain, le mercenaire sentit une douleur fulgurante au torse et vit qu'on venait de lui lancer une étoile de ninja. Avec un grognement, il l'enleva et regarda vers la lucarne, au-dessus de laquelle le dernier des Singes le regardait. Ce dernier prit la fuite et après avoir laissé échapper un juron, Theo se lança à sa poursuite, sortant du wagon pour grimper sur le toit. Le Singe, qui se dirigeait vers l'avant du train, avait déjà pris bien de l'avance.


Au milieu du train, deux des Singes s'étaient retrouvés acculés par les soigneurs dans un wagon de transport d'animaux, juste avant les deux wagons Midway.

— Chopez-les ! Cria un des soigneurs.

Tandis qu'un ouvrait la porte coulissante derrière eux, l'autre gagna du temps pour lui en allant affronter le groupe de soigneurs approchant, constitué d'Alfredo, Pasqual, Nala et de Mark. Les quatre soigneurs se jetèrent sur le malfrat, qui n'eut pas le temps de riposter correctement, mais l'autre parvint à ouvrir la porte. Il regarda à l'extérieur. Le train était d'emprunter une corniche et juste après le bord de la voie, le terrain formait presque un à-pic. S'il décidait de sauter, il allait devoir se montrer très prudent. S'il sautait trop loin et/ou au mauvais moment, il risquait de dégringoler jusqu'au fond de la gorge. C'est alors que Mark, repoussé par l'autre Singe, vint le bousculer.

Entschuldigung ! Cria le soigneur allemand.

Surpris, le malfrat perdit l'équilibre, basculant hors du Transpercebouse. Il ne put s'accrocher qu'in-extremis d'une main à la poignée extérieure de la porte du wagon. Nala, Alfredo et Pasqual étant en train de maîtriser l'autre Singe, Mark resta près de la porte ouverte, ne sachant que faire au sujet de celui suspendu au bord de l'à-pic. Devait-il l'aider malgré le fait qu'il faisait partie des attaquants ou devait-il le faire tomber, et être responsable de sa mort ? Fortement mal à l'aise à l'idée de condamner un autre homme à la mort, Mark tendit sa main vers le Singe noir.

Voulant juste survivre, l'homme encagoulé tenta de l'attraper avec sa main libre, allant jusqu'à essayer de se balancer vers le soigneur. Ayant la tête tournée vers ce dernier, il ne vit pas la grosse branche qui s'avançait vers le rail.

— Attention ! Lui cria Mark.

Mais il fut trop tard et le malfrat percuta la branche de plein fouet et lâcha la poignée de la porte. Etant donné la vitesse à laquelle le train roulait et les dimensions de la branche, plus épaisse qu'un bras de culturiste, le soigneur craignit que le coup ait grièvement blessé ou tué le Singe noir, qui gisait à présent inconscient sur le bord de la voie, menaçant de glisser à tout instant vers l'à-pic.

Scheiße !

Enfermé dans une cage à quelque pas de là, le Baryonyx juvénile le regarda avec de grands yeux étonnés.


Pendant ce temps, Allison et Judd avaient poursuivis un autre des Singes Noir. Lorsqu'ils furent sur le point de le rattraper dans le wagon qui suivait les deux wagons Midway, un contenant les caisses de transport des Pelicanimimus, le malfrat se retourna et voyant qu'ils étaient seuls, il voulut les intimider en faisant toute une série de gestes vifs avec ses mains qu'ils crurent être des sortes de figures d'art martial. Celles-ci furent interrompues lorsqu'une détonation retentit soudain et du sang jaillit du crâne du Singe Noir. Puis ce dernier s'effondra raide mort devant les soigneurs qui ne remarquèrent que là que Fanny les avait rejoints. Trop choqués pour réagir, les soigneurs regardèrent la mercenaire, qui se tenait derrière le malfrat tombé. Elle le regarda et d'une voix blasée, elle dit :

— Ouais ouais, on a compris… Tu éviteras de perdre ton temps de cette manière dans ta prochaine vie, espèce de crâneur de mes deux…

Elle leva ensuite son pistolet à la verticale et souffla sur l'extrémité de son canon. C'est alors qu'ils entendirent quelqu'un courir sur le toit.


Pourchassé par Theo, alors plusieurs wagons derrière, le Singe Noir fuyant dépassa les wagons Midway et voyant une lucarne brisée sur son chemin, il sauta dans l'ouverture laissée juste avant que le mercenaire ne puisse tirer. Atterrissant en vue de Mark, Alfredo, Pasqual et Nala, il se releva aussitôt pour reprendre sa fuite. Les deux costaricains et la kenyane se lancèrent à sa poursuite, laissant l'allemand avec le Singe qu'ils avaient neutralisé, le chargeant de l'emmener aux wagons Midway.

Quelques secondes plus tôt, Claire, Owen et Franklin avaient décidés de quitter leur cachette près de la cage pour se rendre à l'avant du train. Mais à peine eurent-ils le temps de dépasser les deux autres cages à Herrerasaurus ainsi qu'une troisième dans le wagon suivant qu'ils durent se cacher à nouveau en entendant le Singe arriver.

Bien qu'il les vit disparaître derrière une des grandes cages de transport, le gangster costaricain les ignora et continua. A une demi-douzaine de wagons de celui à la lucarne brisée, le fuyard s'arrêta pour se retourner. Constatant d'une part que les trois soigneurs étaient assez loin derrière et pensant de l'autre que le mercenaire devait être encore plus loin derrière, il sut qu'il avait le temps d'accomplir un méfait. Leur attaque avait peut-être échouée mais le Singe ne comptait pas partir sans compliquer le voyage des employés d'InGen. Il s'était arrêté dans ce wagon précis après avoir entendu un hululement dans une grande cage sur sa gauche. Constatant que l'ouverture de la cage était contrôlée par un boîtier, il s'empressa de le saboter.

Lorsque Nala et ses deux collègues costaricains pénétrèrent dans ce wagon, le Singe noir réussit à ouvrir la porte de la cage et fuya aussitôt, sortant dehors et prenant le soin de fermer derrière lui, de manière à ce que l'occupant de la cage ne puisse aller que dans une direction. Les soigneurs voulurent initialement foncer à la cage pour la fermer avant qu'il ne soit trop tard mais en voyant l'extrémité des mâchoires plutôt fines de l'occupante ainsi que ses longues dents, ils s'abstinrent et surent que ce serait du suicide. Ils devaient envisager une autre stratégie et pour le moment, se replier en bon ordre était la meilleure chose à faire. Ils commencèrent à reculer, doucement, en faisant le moins de bruit possible, espérant ne pas déclencher l'attaque du prédateur. Les entendant s'éloigner et mue par de la curiosité envers ce nouvel environnement qu'était le train, le prédateur sortit entièrement de sa cage et les soigneurs, alors à un wagon d'elle, se pétrifièrent d'horreur pendant un instant. C'était une des dilophosaures, Zaza. Nala, Alfredo et Pasqual étaient conscients qu'elle pouvait, à tout moment, d'une part s'élancer et les rattraper rapidement, et d'autre part cracher du venin et les atteindre. Ils reprirent leur retraite et la porte sur sa droite étant fermée, la dilophosaure avança dans la direction opposée, lentement, penchant la tête sur le côté pour regarder les soigneurs reculant.


Cachés derrière une cage de transport à deux wagons de celui des dilophosaures, Claire, Owen et Franklin virent les trois soigneurs reculer en direction du centre du train. Constatant qu'ils semblaient retenir leur respiration et que leurs yeux étaient écarquillés, les fugitifs se demandèrent qu'est-ce qui suscitait l'effroi chez eux. Etais-ce un des abordeurs ? Ou autre chose ?

Un renâclement, venant de la cage qui séparait les deux trios, les fit sursauter. Regardant par les trous, Claire vit un animal quadrupède de la taille d'un hippopotame, au dessous rosé et au dessus bleu nuit teinté de vert mousse. Le crâne, long et massif avec une face tachetée de violet, était l'élément le plus frappant chez lui, car doté de plusieurs ensembles de structures pareilles à des cornes poussant vers le haut et les côtés de la tête tandis que la gueule contenait de grandes canines. C'était Clafoutis l'Estemmenosuchus, un synapside de l'ère Permienne, une créature plus ancienne que les dinosaures. En raison de sa forte odeur, comparable à celle d'un marais ou de compost, Franklin gardait une main devant ses narines et sa bouche. C'est alors qu'ils entendirent le doux hululement caractéristique des dilophosaures et l'effroi que ressentaient les trois soigneurs se propagea aux fugitifs.

Tandis qu'Alfredo, Pasqual et Nala étaient passés dans le wagon suivant, la dilophosaure arriva au niveau de la cage de l'Estemmenosuchus. Captant de nouvelles odeurs, le dinosaure tourna la tête vers la cage et approcha ses narines de cette dernière. Craignant qu'elle ne les débusque, Owen sortit son couteau, une arme bien dérisoire face à un dilophosaure adulte. Celle-ci se mit à renifler avec vivacité mais irrité par sa présence, l'Estemmenosuchus émit un grondement sourd avant de frapper les parois de sa cage avec son crâne. Surprise, Zaza recula, siffla et déploya sa collerette un court instant avant de la rabattre. En raison de la forte odeur du reptile mammalien, elle avait du mal à distinguer celles de Claire, d'Owen et de Franklin, beaucoup plus faibles. Elle décida de se désintéresser de la cage et de ce qu'elle pouvait cacher.

Soudain, la dilophosaure entendit quelqu'un trébucher et ramena son regard sur les soigneurs. Un d'eux, Alfredo, venait de trébucher sur un des câbles stabilisant une des cages des Herrerasaurus. Le regard du prédateur se braqua sur le soigneur au bouc, et conscients de la précarité de leur situation, Pasqual et Nala s'empressèrent d'aider leur collègue à se relever et de prendre leurs jambes à leur cou. La dilophosaure cracha mais le jet de venin n'alla s'écraser qu'à deux ou trois mètres derrière les soigneurs. Le prédateur changea de stratégie et se lança plutôt à leur poursuite.

Dès qu'elle fut suffisamment éloignée à son goût, Claire vit une opportunité et se faufila hors de leur cachette. Suivie par Owen et Franklin, elle fonça au wagon des dilophosaures.

Venant de laisser le wagon des herrerasaures derrière elle, Zaza les entendit et s'arrêta pour les regarder et hésita pendant un court instant entre les deux trios. Le couple et l'informaticien étant trop loin, elle décida finalement de reprendre sa poursuite des soigneurs, qui courraient toujours et menaçaient de lui échapper. Leur objectif consistait à atteindre les wagons Midway car le premier, contrairement aux wagons qu'ils devaient traverser, était pourvu d'une porte théoriquement capable de retenir une dilophosaure adulte.

Deux wagons plus loin, Mark et d'autres soigneurs étaient attroupés.

— Ne restez pas là ! Leur cria Alfredo.

L'allemand et ses collègues passèrent dans le premier wagon Midway, et un d'eux décida de préparer la porte. Il tira sur elle mais elle ne vint pas et resta bloquée. Après avoir refait une tentative infructueuse, il laissa échapper un juron.

— La porte est coincée ! Cria-il.

L'ayant entendu, Alfredo, Pasqual et Nala redoublèrent d'efforts et les autres durent se replier au-délà de la prochaine porte, celle entre le deuxième wagon Midway et celui des Pelicanimimus.


Alerté par sa camarade et ayant perdu le Singe, Theo décida d'abandonner la poursuite et rebroussa chemin, retournant vers les wagons Midway. S'il en avait décidé autrement, il aurait vu Claire, Owen et Franklin sortir du wagon des dilophosaures et grimper sur le container transporté par le wagon précédant. Entre celui-ci et le wagon de passagers derrière le fourgon-générateur, une petite vingtaine de containers de transport s'alignaient et des yeux attentifs auraient vu le Singe fuyard les remonter vers la locomotive. De là où il était, il vit un de ses camarades chuter de la locomotive.


Voyant que le wagon de passagers était ouvert, le Singe s'y engouffra et vit les trois mercenaires anglais au-delà de l'extrémité opposée, à l'entrée du fourgon générateur. Tandis qu'Aubrey et Grewal étaient adossés contre une paroi, Faraday échangeait des tirs avec les défenseurs.

— Ils nous ont repoussés ! Annonça le costaricain.

Aubrey soupira.

— Que s'est-il passé ?! L'interrogea-il.

— On a été pris par surprise par un des mercenaires. Les Gavilanes ont mal fait leur travail !

Faraday se tourna vers le malfrat encagoulé.

— Et bien vous aussi visiblement ! Rejoignez-donc vos collègues et prenez-les à revers ! Lui ordonna-il.

Le Singe acquiesça et prit la direction de la sortie.

— Nous devons progresser ! Le temps presse ! Grogna Faraday.


A moitié adossés contre une des parois du wagon, Alfredo, Pasqual et Nala reprenaient leur souffle tandis que Judd et un autre se tenaient tout près de la porte du wagon Midway, écoutant Zaza de l'autre côté. Derrière eux, les autres employés étaient agités tandis que Fanny se demandait comment ils allaient résoudre cette situation fâcheuse.

— On n'a rien pour la tranquilliser ! S'écria soudain Mark. Les fusils et les doses sont de l'autre côté.

— Merde…, grommela Marisol.

— Comment on va faire ? Se demanda Allison d'une voix craintive.

— Attendez, vous dîtes que vous êtes incapable de la neutraliser ? Les interrogea la mercenaire.

— Il faudrait que quelqu'un entre dans le wagon et fonce mettre la main dessus, proposa Alfredo.

— Ce serait une mission suicide. On ne pourra réussir que si quelqu'un la distrait, fit remarquer Pasqual.

Lorsque certains se mirent à la regarder, Fanny secoua la tête.

— J'ai vu ce que ces saloperies sont capables de faire. Je ne me porterais volontaire qui si vous me proposez une grosse récompense, et je doute que vous soyez en mesure d'en avoir une avec vos salaires de soigneurs, leur dit-elle.

— InGen vous paie pour assurer notre sécurité, lui rappela Alfredo.

— Ce n'est pas pour autant qu'on est de la vulgaire chair à canon ! S'énerva la mercenaire.

— Plutôt chair à dinosaures…, la corrigea Judd.

Fanny laissa échapper un grognement.

— On va voir ce qu'on peut faire avec Theo. Réfléchissez à un plan en attendant. Vous connaissez cet animal, pas moi. Elle est toujours derrière la porte ?

— Non, elle s'est éloignée…, lui répondit-on.


Encore en train de remonter le train, Theo passa près de la lucarne par laquelle le Singe avait sauté lors de la poursuite. La lumière du crépuscule déclinant, le mercenaire eut du mal à voir s'il y avait quelque chose dans le wagon en dessous de lui et bien que Fanny l'ait avertit au sujet du dilophosaure échappé, il se pencha au-dessus de la lucarne pour regarder à l'intérieur du wagon. Soudain, l'obscurité s'abattit autour de Theo alors qu'ils passaient dans un tunnel. La lumière revint quelques secondes plus tard mais dans la pénombre du wagon, Theo distingua la silhouette sinistre d'une tête longue et plutôt étroite munie de deux crêtes jumelles.

— Oh merde...

Il eut à peine le temps de commencer à se relever qu'un jet de matière noire s'écrasa sur son torse. Le dilophosaure lui avait craché dessus.

Ne comptant pas lui laisser le temps de viser son visage, Theo préféra se laisser tomber sur son séant pour le mettre hors de portée de la dilophosaure. Il recula précipitamment d'un ou deux mètres sur le toit de wagon puis s'arrêta pour regarder le venin éclaboussé sur sa chemise.

— Ravissant…, soupira-il.

Il se releva, contourna avec prudence la lucarne et continua, passant au-dessus des wagons Midway. Plusieurs wagons au-delà, il vit un groupe de gardes d'InGen en train d'avancer sur les toits.

Atteignant le wagon où les soigneurs et vétérinaires s'étaient réfugiés, Theo s'arrêta à la première lucarne sur son chemin et l'ouvrit. Craignant que ce soit peut-être un autre abordeur, les employés d'InGen s'étaient précipitamment tournés vers lui projectiles en main. D'un signe de la main, Fanny les invita à se détendre.

— Vous êtes là, constata Theo. Pas de morts à déplorer ?

— Non. Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs mais on est en tous en vie ici, répondit Marisol.

Ils virent le crachat sur son torse.

— Je vois que vous avez rencontré Zaza, remarqua la soigneuse costaricaine.

— Zaza ? Répéta Theo.

— Elle vous a fait une cravate de veuf, observa Judd. Vous avez eu de la chance. Une faciale et vous auriez finit aveugle.

— Vous avez appelé cette saloperie Zaza ? Leur demanda le mercenaire d'un ton incrédule.

— Je ne vous permets pas de dire que c'est une saloperie, espèce de Schweinehund ! Répliqua Mark. Vous avez un problème avec ce nom ?

— Qu'elle s'appelle Zaza, Bessie ou Hostile 17, je crains que nous devions l'abattre, dit Theo.

— L'abattre ? Il n'est en pas question ! S'insurgea Mark. Blaeda depp ! Hurensohn !

— Elle représente une menace pour tout ce putain de train, rétorqua le mercenaire. Il faut s'en occuper avant quelqu'un n'ouvre une des portes et ne la laisse s'échapper. L'UCA pourra peut-être la traquer mais qui garantit qu'ils la retrouveront avant qu'elle ne tue quelqu'un là-dehors ?

— Il faut la remettre dans sa cage, nous sommes d'accord ! Dit Marisol. Ce que nous voulons dire est qu'il y a d'autres solutions que les balles.

Fanny intervint :

— Ils ont un raison Theo. Notre mission consiste un peu à escorter ces animaux. InGen ne va peut être content si on en bute un alors que la situation ne l'exigeait pas forcément.

— Et pourquoi tu ne te portes pas volontaire, Fanny ?

— Parce que tu es déjà sur le toit et que je suis trop petite pour l'atteindre, répondit sa camarade avec désinvolture.

Du bisd doch z blaed zum sheissn, marmonna Mark tout en regardant Theo avec mépris.

— Qu'est-ce que tu viens de dire le Bavarois efféminé ? Grogna le Londonien.

— Rien d'important…

— Il faut juste l'éloigner des fusils et des tranquillisants dans le wagon que vous venez de franchir... Essayez de l'attirer dans une impasse, exposa Marisol.

— Dans une impasse ?! Répéta Theo. Elle ne va pas me proposer de jouer aux cartes vous savez.

— Priez pour qu'on arrive à temps, lui dit Alfredo.

— Génial ! Et je me protège comment de ses crachats ? Je n'ai pas envie de finir comme Stevie Wonder !

— Prenez ça !

On lui jeta la cagoule et les lunettes de ski du Singe abattu par Fanny.

— Et si vous voyez quelque-chose qui peut être utilisé comme un bouclier, servez-vous en, lui conseilla Judd. Les dilophosaures crachent mais donnent aussi des coups de pied. Et comme ceux des kangourous, ils peuvent vous mettre au tapis… en plus de vous éventrer.

Alors que Fanny regardait Judd d'un air étrange, un peu gênée qu'il ait utilisé le mot bouclier en présence de Theo, celui-ci eut un hochement de tête à peine perceptible.

— Trouver un bouclier improvisé. C'est noté, dit-il d'un ton neutre.

Judd lui demanda ensuite de l'aider à monter sur le toit, car lui, Nala et quelques autres comptaient se répartir au niveau des lucarnes entre ce wagon et celui où la congénère de Zaza était encore enfermée. Ils lui souhaitèrent bonne chance et alors qu'il avançait au sommet du wagon des dilophosaures, Valentine Taylor et plusieurs autres gardes le dépassèrent en courant et armes en main. Constatant leur hâte, Theo sut que la locomotive et le wagon de Torres étaient probablement attaqués eux aussi et qu'il était inutile qu'il leur demande de l'aide pour la situation avec la dilophosaure. Il les regarda s'éloigner.


Couchés à plat ventre au sommet du grand container en vue de la locomotive et des deux premiers wagons du train, Claire, Owen et Franklin observaient impuissant le siège en cours. Des coups de feu résonnaient à l'intérieur des wagons et ils avaient vus un des Singes tomber du train après avoir tenté de pénétrer dans la locomotive. Alors que l'issue du combat semblait incertaine, le trio hésitait à continuer.

— Torres est probablement retranché soit dans la locomotive, soit dans le fourgon générateur. Profitons du fait que ses gardes soient occupés avec les attaquants. Nous passerons par le toit et piquerons les armes du premier qu'on rencontrera, déclara Claire.

Juste au moment où elle s'apprêta à se redresser pour descendre du container, Owen saisit son bras.

— Torres est hors de notre portée. Traverser cette fusillade serait du suicide, fit-il remarquer. Tu veux te prendre une balle perdue ?!

— Je suis d'accord avec lui, dit Franklin.

Claire regarda en direction de la locomotive sans rien dire pendant un instant et réalisant que son concubin disait vrai, elle frappa le sommet du container avec son poing.

— Fais chier ! Jura-elle.

— Et on n'aurait pas eu le temps, ajouta l'informaticien.

Se retournant, le couple vit qu'il regardait derrière eux. Plus loin derrière, ils virent un groupe de gardes en train de remonter le train, sautant de containers en containers.

Le trio ne pouvait ni avancer, ni reculer, ni sauter du train. Ils étaient toujours dans les gorges, au milieu de nulle part. Ils ignoraient totalement où se trouvait le village le plus proche, voir même s'il y avait des routes à proximité. Si jamais ils se perdaient en voulant sortir des gorges, ils seraient dans de beaux draps, surtout qu'ils n'avaient ni eau, ni nourriture. Ils étaient cernés.

— Merde ! Siffla Claire.

Calculant la vitesse des gardes, Owen sut qu'ils seraient sur eux sous peu et qu'ils n'avaient le temps de chercher une cachette qu'au niveau du container sur lequel ils se trouvaient. Ils pouvaient se cacher entre lui et celui qui le suivait mais il suffisait qu'un des gardes décide de baisser les yeux pour qu'ils soient repérés. C'était très hasardeux et la reddition sembla être au soigneur la meilleure solution envisageable, bien que cela revenait à littéralement se jeter dans la gueule du loup. A moins que… ?

A une demi-douzaine de mètres derrière eux, une trappe s'ouvrait sur l'intérieur du container. Owen fit demi-tour, rampa jusqu'à elle et constatant qu'il pouvait l'ouvrir à temps en s'activant, il héla ses compagnons.

— Par ici !

Ils rampèrent jusqu'à lui et étant donné les grandes dimensions du container, une douzaine de mètres de long pour environ trois de haut, elle sut qu'il devait abriter soit un animal de grande taille, soit plusieurs animaux de taille moyenne. Avec appréhension, elle se pencha au-dessus de la trappe et en voyant lequel était enfermé dedans, elle resta la bouche entrouverte et secoua légèrement la tête.

— Non mais c'est pas vrai…, se plaignit-elle.


Remarquant à leur tour l'approche des gardes d'InGen, un des Singes jugea bon d'informer ses complices.

— Des gardes approchent !

Peinant à progresser dans le fourgon-générateur, les trois mercenaires de Rankin étaient toujours en train d'échanger des tirs avec les défenseurs. Profitant du fait qu'il soit à couvert et qu'Aubrey et Grewal le couvraient, Faraday réfléchit un court instant.

— Sortez-tous ! Allez les ralentir ! Ordonna-il aux Singes.

Les costaricains obéirent puis il fit signe à Grewal de sortir du fourgon et d'essayer de prendre à revers les défenseurs. Peut-être qu'elle aurait plus de chances que les Singes.

Les quatre qui restaient abandonnèrent l'avant du train et allèrent à la rencontre des gardes. Lorsqu'ils passèrent sur le grand container, le couple et Franklin avaient déjà disparus.

Après un bref échange de tirs durant lequel un des leurs tomba, les Singes chargèrent les gardes et un combat au corps à corps éclata au sommet du container de Boomer le Métriacanthosaure, à deux wagons de celui où les fugitifs avaient disparus. Entendant le raffut, le dinosaure se réveilla et curieux, regarda en direction de la trappe sur le toit. Lorsque le bras d'un des gardes, celui de Valentine, passa entre ses barreaux, le prédateur se redressa soudain et ouvrit les mâchoires pour le saisir. Mais elles se refermèrent dans le vide, Valentine ayant retiré son bras juste à temps. Frustré, Boomer grogna. Cependant, un autre bras passa entre les barreaux et un clin d'œil, le Métriacanthosaure le saisit, tira un peu et l'arracha, faisant hurler de douleur son propriétaire.

Debout à quelque pas de la trappe, Valentine était en train de vaincre un des Singes. Du coin de l'œil, il vit celui venant de se faire amputer essayer de se redresser et lever son pistolet avec sa main restante mais un des gardes l'abattit d'une balle dans la tête. Quant au dernier des malfrats, il fut projeté hors du train d'un coup de pied bien placé.

Sur le toit du fourgon-générateur, Grewal fut témoin de la défaite des Singes et prévint aussitôt ses deux camarades.

— Les Singes sont KO ! On va être pris en sandwich !

Dans son oreillette, Faraday grogna :

Jeremy ne va pas être content. On s'arrache !

Tandis que les gardes d'InGen se rapprochaient, Grewal regarda à droite du rail. Au milieu d'une végétation dense, le terrain descendait en pente raide. Elle commença à calculer son saut et lorsque des balles commencèrent à siffler autour d'elles, elle s'élança vers les arbres et elle fut accueillie par le fouettement des feuillages avant de se réceptionner sur une branche.

Faraday et Aubrey sautèrent eux aussi du train et disparurent de la vue des défenseurs alors qu'ils glissaient sur la pente raide entre les arbres et les broussailles. Une fois à distance respectable du rail, les trois mercenaires essayèrent de ralentir leur descente et s'agrippèrent au premier rocher ou arbre venu.

Sa situation sur la branche étant précaire, Grewal voulut y remédier en cherchant à atteindre l'arbre à laquelle elle appartenait mais au moment même où commença à se déplacer, la branche craqua sous son poids et avec un cri de surprise, elle commença à dévaler la pente.

— Marion ! Cria Aubrey.

Alors que la chute l'entraînait vers l'à-pic qu'on trouvait un plus bas, elle fut heureusement attrapée par Faraday.

— Je t'ai, petite sœur, dit-il.

Sa dégringolade interrompue, Grewal put stabiliser ses pieds et trouver des prises pour ses mains. Une fois hors de danger, elle remercia Faraday avec un hochement de tête. Sans lui, elle aurait finit dans le fond de la gorge.


Pendant ce temps-là, Theo accomplissait la mission qu'on lui avait confiée. Bien que la cagoule et les lunettes de ski du Singe protégeaient son visage et ses yeux des tirs de venin, le mercenaire était loin de se sentir en sécurité et sans aucune honte, il aurait avoué avoir peur. Il jeta un regard par-dessus son épaule, vers la porte à l'autre extrémité du wagon des dilophosaures. Tout en progressant vers les wagons Midway, il regarda les grandes cages sur sa gauche, envisageant d'aller se retrancher derrière elles dès qu'il aurait attiré l'attention du dinosaure crêté. Il espéra trouver à temps un coin suffisamment large pour qu'il puisse s'y tenir mais aussi suffisamment étroit pour ne pas laisser Zaza l'atteindre, ce qui était loin d'être évident, les dilophosaures étant plutôt fins pour leur taille.

Le mercenaire traversa le wagon de l'Estemmenosuchus, puis celui des herrerasaures adultes, où il vit le corps du garde derrière une des cages, celui que les fugitifs avaient vus lorsqu'ils étaient cachés. Pensant qu'il avait été tué par des Singes et pressé, Theo ne s'en préoccupa pas. Il arriva enfin aux quatre wagons qui les séparaient des deux Midway et de part et d'autre de l'allée centrale, des caisses de transport étaient alignées. Elles étaient plus petites que les cages vues par Theo peu avant mais se moquant de leur contenu, il ne s'attarda pas pour regarder à l'intérieur des petits trous dont leurs parois étaient pourvues et leurs occupants, des petits carnivores, se contentèrent de pépier, roucouler ou siffler dessus lorsque le mercenaire passant devant. Là où les caisses des deux premiers wagons à petits carnivores étaient suffisamment grandes pour contenir un animal de la taille d'une panthère ou d'un loup, celles du troisième de ces wagons étaient un peu plus petites, abritant des animaux de la taille d'un lynx ou d'un chien de taille moyenne. Dans une de celles-ci, Kim, la femelle vélociraptor qui avait causé tant de soucis le jour de l'arrivée du couple et du trio du GPD, épia Theo avec des yeux méfiants.

Suivant jusque-là une série de virages, le train arriva sur une portion de rail plus ou moins droite et lorsque ce fut au tour de cette partie du train, les wagons des petits carnivores et les suivants se retrouvèrent alignés, ce qui fit que Theo put voir jusqu'à l'intérieur du premier wagon Midway. Dans celui précédant ce dernier, il vit la dilophosaure, penchée vers une des cages. Le mercenaire se dissimula aussitôt derrière un obstacle, ne voulant pas se faire repérer avant de juger le moment opportun. De sa cachette, il entendit un sifflement, non pas celui de sa cible mais celui de l'occupant de la cage, le jeune Baryonyx, probablement inquiété par la proximité du grand prédateur crêté.

Se retournant, Theo repéra la lucarne du wagon et discrètement, il alla se positionner dessous et au-dessus de la fenêtre, il vit Nala. Celle-ci le regarda et il commença un compte à rebours avec une de ses mains. Lorsqu'il arriva à zéro, il toussa et tapa du pied avant de reculer.

Entendant le bruit, Zaza releva la tête et la tourna vers l'avant du wagon. Curieuse, elle laissa le jeune Baryonyx et alla inspecter l'origine du bruit, se rapprochant de Theo qui venait de s'accroupir derrière une caisse.

Au-dessus de la lucarne du wagon du Baryonyx, Judd vit Zaza partir et hurla :

— Elle mord à l'appât !

A la lucarne suivante, un des soigneurs intérimaires répéta le message, le criant à un autre à la prochain lucarne et ainsi de suite, le transmettant jusqu'à la lucarne au-dessus du gros des soigneurs et vétérinaires dans leur wagon. S'ils avaient décidés de procéder ainsi au lieu de laisser Theo envoyer un SMS à Fanny, c'était car ils craignaient qu'un manque soudain de signal téléphonique ne vienne ruiner leur plan.

— Vas-y ! Ordonna Marisol au vétérinaire intérimaire s'étant porté volontaire pour aller chercher le tranquillisant.

Celui-ci ouvrit la porte du wagon Midway et s'élança avec rapidité et agilité vers l'opposé du wagon, où se trouvaient les mallettes contenant les doses de tranquillisants. Theo pria pour qu'il revienne à temps auprès de ses collègues, de manière à ce qu'ils puissent refermer la porte et préparer le tranquillisant tandis qu'il resterait caché, ne comptant se dévoiler que lorsqu'ils feront une sortie, afin de distraire la dilophosaure tandis que les employés d'InGen lui tireraient dessus.

Hélas, Zaza entendit le vétérinaire et se détourna de la cachette du mercenaire. Voyant que les soigneurs avaient ouverts la porte, elle s'élança aussitôt dans cette direction. Theo laissa échapper un juron.

— Elle revient ! Cria-on au volontaire.

Venant de mettre un des fusils tranquillisants en bandoulière, le vétérinaire intérimaire s'empara d'une des mallettes et fit demi-tour, se précipitant vers ses collègues tandis que la dilophosaure traversait l'autre wagon Midway. Trop occupée à courir, Zaza ne cracha pas, comptant sur sa vitesse et ses dents pour s'emparer d'un des humains. L'intérimaire atteignit le seuil de la porte mais juste au moment où on s'apprêta à la refermer, elle fut bloquée par l'avant du corps de la dilophosaure. Le soigneur tenant la porte tenta de l'empêcher d'entrer de toutes ses forces mais ce fut en vain car une simple bousculade sur le côté de la part du dinosaure repoussa la porte et envoya le soigneur heurter la paroi derrière lui. Sonné, il s'effondra au sol et après avoir franchi le seuil, Zaza cracha aussitôt du venin vers le groupe d'employés massés à quelques mètres d'elle, éclaboussant de noir le cou et le bas du visage d'un des intérimaires. Paniqué, il poussa un cri et se mit à gesticuler en voulant enlever le venin de sa peau. Dans leurs caisses, les Pelecanimimus s'agitèrent et certains des intérimaires, perdant leurs moyens face à un dinosaure déchaîné, prirent leurs jambes à leur cou. Dans la bousculade qui résulta, Mark ne put s'emparer du fusil et de la mallette que de justesse, le vétérinaire les ayant récupérés ayant finalement cédés à la peur. Alors que la dilophosaure sifflait et se dressait à la verticale collerette déployée, s'apprêtant à bondir vers les employés les plus proches, des martèlements se firent entendre. Ceux-ci venant de derrière elle, Zaza s'arrêta, se demandant ce qui les provoquait. C'est alors qu'on la siffla :

— Hé ! Tête de con !

La dilophosaure se retourna et vit Theo dans le passage entre les deux wagons Midway. L'ayant jugé trop encombrant, il avait posé son fusil non loin, ne gardant que son arme de poing. Profitant de cela, les soigneurs et vétérinaires encore dans le wagon s'éloignèrent d'elle.

— Attaque-toi à un adversaire à ta taille ! Ajouta le mercenaire tout en faisant de grands gestes et en frappant la paroi métallique la plus proche.

Zaza entendit une porte se fermer, celle entre le wagon des Pelicanimimus et le suivant. Les soigneurs et vétérinaires lui avaient échappés. Le dinosaure crêté siffla de mécontentement et énervée par le martèlement ainsi que le comportement du mercenaire, elle céda à sa provocation et le chargea. Il prit la fuite.

— Dépêche-toi Mark ! Entendit-il un des soigneurs crier.

Ma vie est entre les mains de cette tantouze de boche. Je suis foutu, pensa Theo alors que Zaza rétrécissait la distance entre eux.

Conscient qu'elle le rattraperait avant qu'il ne puisse ouvrir la porte des toilettes à l'extrémité du premier wagon Midway, Theo tourna soudain, pour emprunter plutôt l'escalier qui menait à l'étage. Celui-ci étant plutôt étroit et formant un tournant serré, il espéra qu'elle n'oserait pas l'emprunter. Elle lui prouva tort en le suivant dans l'escalier, même si elle le gravit avec bien plus de difficultés que lui, menaçant de trébucher à chaque pas fait. Sidéré par cela, Theo perdit sa concentration et buta contre une marche, le faisant tomber en avant. Le temps qu'il se redresse, les mâchoires de Zaza furent presque à portée de ses pieds. Elles s'élancèrent en avant, claquant juste derrière ses talons. Le mercenaire atteignit l'étage, débouchant sur une allée entourée de part et d'autre de bagages.

— Putain ! Grogna-il en constatant que l'allée se terminait dans un cul de sac.

Continuant, Theo s'arrêta au milieu de l'allée et se retourna pour faire face à Zaza, qui était en train de finir de gravir les escaliers. Lorsqu'elle arriva au sommet, elle siffla et déploya sa collerette, comptant l'intimider avant de frapper.

Tout en se toisant, les deux adversaires étudièrent leur environnement. Contrairement au niveau inférieur, le plafond était trop bas pour permettre à la dilophosaure de se dresser à la verticale et de donner un coup de pattes tel un kangourou et ses glandes devant à nouveau fabriquer du venin, elle n'eut d'autre choix que d'utiliser ses mâchoires comme armes.

Quand elle s'élança en avant et ouvrit la gueule pour le mordre, Theo attrapa un des bagages près de lui, un grand sac de sport argenté qu'il avait repéré quelques secondes plus tôt. Notant qu'il était assez léger, il passa son bras dans les lanières, le souleva et le brandit tel un bouclier juste au moment où Zaza projeta sa tête en avant pour le mordre. Lorsque les dents s'enfoncèrent dans le sac, la dilophosaure se figea un court instant, surprise, puis retira ses mâchoires… avant de frapper à nouveau, visant cette fois le ventre. Il para cette nouvelle attaque avec le sac, la frappant par-dessus. Après avoir sifflé avec véhémence à l'encontre de cet adversaire plus coriace que prévu, elle recula jusqu'en haut de l'escalier, et alors que Theo se demandait qu'est-ce qu'elle comptait faire ensuite, une idée germa dans son esprit.

Si je pouvais la faire tomber en tirant une valise sur son passage… Elle est grande mais pas très robuste. En m'appuyant sur elle et en maintenant ses mâchoires fermées, j'arriverais peut-être à tenir jusqu'à l'arrivée des soigneurs…

Il n'eut pas le temps de l'exécuter car elle le chargea sans crier gare et le percutant de plein fouet, elle le renversa. A présent sur le dos et ne pouvant soulever le sac dans cette position, il se retrouva entièrement vulnérable à ses attaques. Les soigneurs n'arrivant toujours pas, il décida de dégainer son pistolet avec sa main libre.

C'est ma vie ou la sienne !

Mais lorsqu'il voulut saisir son arme, il réalisa qu'elle n'était pas là.

Je l'ai donné au véto…, se rappela-il.

Juste au moment où elle voulut projeter sa tête avant pour le mordre au cou, Zaza se mit à tituber et Theo eut juste le temps de faire une roulade sur le côté que la dilophosaure s'effondra sur le flanc à côté de lui. Il remarqua la présence d'une fléchette hypodermique fichée dans le cou du dinosaure et se mettant sur son séant, il vit Mark et Brice à l'entrée de l'escalier. Le premier tenait le fusil tranquillisant dans ses mains.

Bitteschön, dit Mark en regardant le mercenaire surpris.

Theo le regarda bizarrement, ignorant ce que ce mot voulait dire.

— Ça veut dire De rien, précisa le vétérinaire en dépassant son collègue pour aller se pencher au-dessus de Zaza.

Mark regarda ensuite le prédateur tranquillisé.

Oh… Schatzi..., dit-il plaintivement.

Theo se releva, dépassa le soigneur et la dilophosaure, puis descendit au niveau inférieur. Il y retrouva Fanny et un groupe d'employés les dépassa pour emprunter l'escalier. Un des gardes vint à la rencontre des deux mercenaires, leur tendant une radio.

— Torres veut vous parler, les informa-il.


— Avez-vous vu Madame Dearing ou Messieurs Grady et Webb ? Demanda abruptement le directeur d'InGen Security aux deux mercenaires.

Il me semble les avoir vus dans une jeep alors que le carnotaure était aux prises avec les attaquants, déclara Theo.

— Et à bord du train ?

Nous ne les avons pas vus, dit Fanny.

Torres laissa échapper un soupir et se tourna vers Alexander Singer.

— Je crains que Monsieur Webb ne soit entre les mains de ces dangereux individus.

— Seigneur…, souffla le président du GPD.

— C'est tout ce que je voulais savoir, dit Torres aux mercenaires. Prenez-donc un peu de repos aux wagons Midway. Vous retrouverez vos collègues au port.

Adossé dans un coin du wagon et appliquant un morceau de tissu sur une éraflure au niveau de son cuir chevelu, Horatio regarda Valentine et les trois autres gardes se tenant devant Torres. Le soigneur se tourna ensuite vers Alexander.

— Allons voir si les animaux vont bien, proposa-il avant de prendre une lampe torche.

Torres regarda un de ses subordonnés.

— Allez avec eux, lui ordonna-il.

Le garde acquiesça et suivit les deux hommes hors du wagon. Le directeur d'InGen Security demanda alors aux autres de faire leur rapport.

— Le reste du train est-il sécurisé ? Demanda-il.

— Oui Monsieur. Tous les attaquants rencontrés ont été neutralisés, répondit Valentine. Plusieurs ont été faits prisonniers.

— Bien. Qu'on les mette sous bonne garde. J'enverrais quelqu'un s'occuper d'eux une fois que nous saurons au port.

Un des collègues de Valentine s'éclaircit la gorge.

— Que fait-on des corps de ceux que nous avons tués ?

— Lorsque nous passerons au-dessus de la rivière, balancez-les par-dessus bord, ordonna Torres à voix basse. Qu'ils aillent nourrir les crocodiles et les poissons. On n'a pas le temps d'expliquer aux autorités ce qui s'est passé.

Le garde déglutit.

— A vos ordres…

— Vous pouvez disposer, dit-il d'une voix plus audible.

Les trois gardes tournèrent les talons et quittèrent à leur tour le wagon.


Remontant péniblement sur la corniche, Dorian Faraday, Marion Grewal et Eric Aubrey retrouvèrent le rail, le traversèrent et allèrent se reposer à l'ombre des arbres de l'autre côté. Tandis que Grewal et Aubrey inspectaient à la lumière de leurs lampes torches les blessures mineures qu'ils avaient reçus pendant l'assaut et la glissade, Faraday sortit son téléphone et appela Rankin.

— Jeremy. Le train avance toujours. Nous avons dû nous replier. Les défenseurs étaient trop nombreux.

Putain de merde ! S'exclama son chef. Et les Singes ?

— Tous morts. Ils n'ont pas su s'occuper des gardes et des soigneurs.

Rankin soupira de manière bien audible.

Padilla et Iglesia pourront aller se faire voir chez les Grecs ! Leurs hommes ne valaient que dalle ! Vous êtes où ?

Alors que Faraday lui transmettait leurs coordonnées actuelles, ils se mirent à entendre un grondement, celui d'un hélicoptère. Par précaution, ils allèrent se cacher plus profondément dans la végétation et éteignirent leurs lampes. Ecoutant avec attention le bruit, Aubrey sut qu'il s'agissait d'un appareil de grande taille et sa supposition se retrouva confirmée lorsqu'un Boeing Chinook aux couleurs d'InGen Security passa à leur niveau, suivant la gorge vers l'aval.

Continuez de grimper, il y a une route à moins d'un mile de votre position, les informa Rankin peu après. On vous envoie les coordonnées d'extraction.

— Bien reçu. Nous y allons, répondit Faraday.

Le mercenaire rangea son téléphone et dès que ses deux compagnons furent prêts, il les mena en direction du point d'extraction. Tout en gravissant la pente devant eux, ils ne purent s'empêcher de pencher que si Rankin avait intégré Adrian Bentley, un élément correct lorsqu'il n'était pas ivre, à l'escouade d'assaut et laissé le docteur Scherrer quelque part en lieu sûr pour lui aussi venir avec eux, ils auraient peut-être pu s'emparer de l'avant du train à temps afin de provoquer son déraillement.