Je ne possède aucun des personnages du film.

[Ghost Protocol] La mission était finie. Ethan savait que le missile avait été détruit, il était juste épuisé, à bout de force et l'arrivée de Sidorov était à la fois une soulagement et une crainte. Fic qui prend place à la fin du film entre l'arrivée de Sidorov et l'évacuation à l'hôpital d'Ethan.

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Une fois la mission finie

Quand Sidorov débarqua avec une dizaine de types surarmés, Ethan ressentit un étrange soulagement. L'agent russe qui le traquait depuis l'explosion du Kremlin allait finir de s'occuper de Cobalt, même si Ethan se demandait s'il n'était pas déjà mort… et peut-être un peu de lui… Ethan était incapable de bouger pour le moment, la tête appuyée sur la mallette d'activation du missile. Ses jambes lui donnait envie d'hurler de douleur, malmenées par son affrontement, elles avaient encaissées le choc de l'impact de la voiture avec le sol, et déjà que son genou était mal en point à cause d'un coup, là il avait l'atroce impression qu'il ne pourrait plus marcher. Sa tête bourdonnait, sa vision se troublait par moment tandis qu'un poids violent et douloureux lui compressait la poitrine, l'empêchant de respirer.

Tant que l'adrénaline l'avait fait tenir, Ethan ne s'était pas attaché à ses douleurs, mais maintenant, elles étaient en train de le submerger et il devait lutter pour ne pas perdre connaissance. Sidorov n'était pas censé être un ennemi, mais il n'était pas tranquille de se sentir aussi faible à ses pieds alors que lui était armé et avait une dizaine de types en soutien.

D'ailleurs, quand il s'accroupit prêt de lui en lançant « Ne le touchez pas. Cet homme est à moi », un frisson parcourut son corps blessé, mais la douleur devenait insupportable et Ethan ferma les yeux, prenant des inspirations douloureuses pendant que Sidorov observait la mallette et le message de désamorçage qui clignotait en rouge. Les yeux toujours clos, se concentrant sur sa respiration, Ethan le sentit retirer doucement la mallette de sa tête, et espéra qu'il était en train de comprendre ce qui s'était passé. Ethan plaqua doucement sa tête sur le sol en rouvrant les yeux pendant que Sidorov demandait.

- Alors ? On n'est pas ennemis ?

Un certain soulagement s'empara de l'agent blessé. Oui, il avait compris qu'ils n'étaient pas adversaires, mais il était incapable de lui répondre tellement il sentait son corps en train de lâcher, alors il se contenta d'hocher doucement la tête, et laissa ses yeux se refermer, ses paupières devenant de plus en plus lourdes, mais il parvint à les rouvrir une nouvelle fois pendant que le russe demandait.

- Ce coup de téléphone du marchand d'armes à Dubaï, tu avais envie que je te trouve ?

Toujours incapable de parler, cette fois Ethan hocha doucement la tête de haut en bas pour confirmer que c'était le cas. Le mouvement fut assez fort pour lui entraîner un vertige que lui poussa à refermer les yeux. Sa tête lui faisait mal. La voix de Sidorov lui parvenait comme à travers un mur d'eau, mais il parvint à accompagner sa réponse d'un faible « oui ».

Sidorov tourna la tête en direction de la mallette.

- Comment croire tout ça sinon, marmonna-t-il avec un scepticisme qui inquiéta Ethan.

Mais le regard que le russe posait sur lui s'adoucit pendant qu'il le détaillait, des pieds à la tête. Un soupir lui échappa et il demanda sur le ton de l'évidence.

- Hôpital ?

Malgré la douleur en train de le submerger, un léger sourire se forma sur le visage d'Ethan, soulagé qu'il comprenne qu'ils n'étaient pas ennemis et soulagé qu'il lui vienne en aide. Ce soulagement eut raison des dernières forces qui lui restaient et ses yeux se fermèrent à nouveau, sauf que cette fois, il comprit qu'il ne pourrait pas les rouvrir.

Sidorov l'observa fermer les yeux. Il ne pouvait nier qu'il l'agaçait et qu'il avait bien envie de le descendre. S'il avait joué franc jeu depuis le début, il… Non…Il ne l'aurait pas cru, comme il ne l'avait pas cru après l'explosion du Kremlin. Il se tourna donc vers ses hommes.

- Appelez une ambulance !

Puis, il reposa son regard sur Hunt.

- Ça ne sera pas long.

Mais cette fois, l'agent américain ne bougea pas et Sidorov secoua un peu son épaule. Il n'obtint aucun grognement ni aucun mouvement de tête. Ses doigts glissèrent dans son cou et il tiqua en sentant à quel point son pouls était faible.

- Et dites leur de se dépêcher.

OoooO

Benji avait confié Jane à Brandt. Il était plus prudent de se séparer pour ne pas se faire trop repérer, mais il avait perdu le contact avec Ethan et son ami voulait savoir s'il allait bien, même si le fait qu'il ait désactivé le missile à temps tendait à prouver que c'était le cas. Benji savait que ce n'était pas professionnel, que normalement ils devaient se séparer pour rentrer chacun de leurs côtés, surtout qu'ils avaient été désavoués et pas totalement réintégrés, mais il refusait de partir sans savoir si Ethan allait bien.

La plupart du temps, il envoyait à son équipe un sms crypté, mais là, le fait de ne rien recevoir l'angoissait au plus haut point. Benji ne pouvait pas partir. Le fait qu'il ait désactivé le missile ne voulait pas dire qu'il n'était pas blessé ou pire encore... surtout qu'il ne répondait toujours pas.

En se rapprochant de l'endroit où devait se trouver Ethan, il tomba sur des policiers, des gyrophares, plusieurs ambulances et reconnut sans mal Sidorov. Une boule se noua au creux de son estomac en voyant un sac mortuaire être grimpé dans un fourgon de la morgue. Ses jambes manquèrent de céder, mais ce fut à ce moment qu'il vit un autre corps, sur un brancard, inerte, un masque à oxygène sur le visage.

- Ethan...

Instinctivement, Benji aurait bien couru en direction de son ami, mais il y avait Sidorov. Sidorov qui était en train de donner des ordres et l'ancien technicien, promu agent de terrain, se maîtrisa, choisissant de suivre l'ambulance à distance. Au passage, il envoya des informations au reste de l'équipe, ils devaient savoir que leur ami était blessé... et Benji n'avait aucune idée de la gravité de ses blessures, ce qui le terrorisait... Tout ce qu'il savait c'était qu'il était inconscient et sous respirateur, ce n'était jamais bien bon.

A l'arrivé à l'hôpital, il y avait Sidorov sur place et Benji laissa échapper un sifflement d'exaspération. S'il tentait de se rapprocher d'Ethan, il allait le remarquer. Alors, il s'assit à distance et garda un œil sur l'agent russe.

Même s'il ne le montra pas, Sidorov repéra Benji. Il l'avait aperçu prêt du parking, non loin des ambulances et en le revoyant ici, il avait parfaitement comprit qui il était. Il laissa donc passer un peu de temps, et décida d'aller s'asseoir à côté de lui. Il l'ignora quelques secondes, attendant de voir comme il allait réagir, mais Benji se maîtrisa. Sidorov laissa passer quelque secondes de plus puis se cala à l'arrière avant de prendre son paquet de cigarettes. Il faillit en sortir une avant de se rappeler qu'il ne pouvait pas fumer dans un hôpital. Il soupira et fit disparaître son paquet dans sa poche tout en disant à voix haute sans regarder Benji.

- Je pense qu'il va s'en sortir.

Surpris, Benji se tourna vers lui.

- Je vous demande pardon ?

- Votre chef d'équipe, dit le russe en le regardant cette fois. Il a de nombreux traumatismes liés à une chute violente, mais je pense qu'il va s'en sortir.

Sans attendre que Benji ne réponde, il se leva et se dirigea vers ses hommes. Il leur adressa des ordres en russe et tous quittèrent l'hôpital. Après tout, ils n'avaient pas à attendre pour un agent américain qui avait déjà dans cette pièce quelqu'un de son équipe. Benji attendit d'être sûr qu'ils étaient partis, puis, il se rapprocha du comptoir, expliquant à l'infirmière pour qui il était là.

OooO

Le premier souci des médecins avaient été de faire passer des radios au blessé. En attendant les résultats, Ethan avait été installé dans un box des urgences. Il était étendu sur un brancard, dans la petite pièce et son corps eut un léger frémissement. Ses yeux papillonnèrent doucement pendant qu'il reprenait conscience de son environnement.

La confusion et la douleur furent les deux premières choses qu'il ressentit. Il gémit et ne put contrôler une légère panique en sentant le poids du masque à oxygène posé sur son nez. Ethan frémit et referma les yeux en tentant de se maîtriser. Sidorov avait tenu parole, il était à l'hôpital. Un médecin n'allait pas tarder à prendre soin de lui... Ses pensées allèrent aux membres de son équipe, il espéra qu'ils allaient bien et ne fit pas attention à la porte du box qui s'ouvrit.

L'homme qui entra portait bien une blouse, mais il n'était pas médecin. Benji n'en pouvait plus d'attendre et il avait cherché un moyen de le rejoindre. Sa peau pâle et le bruit du respirateur le firent frémir pendant qu'il se rapprocha. D'un geste, il prit le dossier pendu au pied du lit et le parcourut rapidement, pâlissant lui aussi au fur et à mesure qu'il le lisait : "Commotion cérébrale, enfoncement de la cage thoracique avec fissure du sternum et fracture de deux côtes, traumatisme sévère aux jambes avec un genou de déboité et une fracture.". Ces jours n'étaient pas en danger, mais Sidorov avait raison, les traumatismes étaient sévères.

Benji pesta intérieurement contre le fait qu'il n'était pas encore installé dans une vraie chambre et finit de se rapprocher de son ami. Doucement, il lui prit la main et murmura.

- T'en fais pas, je suis là Ethan.

Contre toute attente, il sentit les doigts de son ami frémir doucement et deux fentes bleues vertes s'entrouvrir. Benji sursauta, surprit, avant de sourire.

- Hey Ethan.

Il était heureux de le voir conscient, mais il encaissa aussi brutalement l'épuisement et la douleur contenus dans son regard. Ses doigts pressèrent un peu plus sa main.

- Je suis là, les médecins vont prendre soin de toi.

Ethan le dévisagea sans esquisser un geste. A tel point que Benji se demanda s'il le reconnaissait. Il était à peine conscient, dans la douleur et il redressa la tête. Il nota la pompe à morphine, relié à son bras et l'activa pour lui en donner une dose.

- Allez, ça va te faire du bien, dit-il en lui souriant.

Ethan hocha imperceptiblement la tête, rajoutant à l'angoisse de Benji. Ils avaient beau dire que son pronostique vital n'était pas engagé, il lui paraissait trop faible et à deux doigts de basculer dans le coma. Ils ne pouvaient pas le laisser dans ce box pendant des heures. Ses yeux se fermèrent à demi et Benji posa sa main sur sa tête. Son pouce balaya doucement son front, pendant qu'il surveillait sa respiration difficile.

- Tiens bon Ethan. Tout ira bien et je suis là. Je reste vers toi. Tout ira bien.

Toujours dans un brouillard douloureux, même si la morphine faisait un peu d'effet, Ethan aurait bien aimé lui murmurer quelques mots, lui dire qu'il était touché qu'il soit là, à ses côtés, touché de le voir inquiet pour lui, mais il était bien incapable de formuler un mot... Ses poumons le brûlaient, son souffle était dur, alors il se concentra et sa main pressa celle de Benji... Ce n'était sans doute pas très fort, au vue de la manière dont il se sentait faible, mais Benji le perçut et serra ses doigts en retour tout en lui souriant pendant que son pouce continuait à caresser son front.

- De rien, murmura Benji en comprenant que cette manière de lui serrer la main était un moyen de lui dire merci. C'est bien normal que je sois là Ethan. C'est à ça que serve les amis, non ? Tu peux fermer les yeux si tu veux, je veille sur toi.

Ethan frémit, serra une nouvelle fois ses doigts et se laissa aller pendant qu'une pensée traversa son esprit.

- Bien sûr que nous sommes amis...

Et le noir l'engloutit une nouvelle fois...