.

.


.

Farewell sister

.


.

Je restais là, seul dans ma navette, en attendant le retour de Michael.

Le bruit des combats faisait rage tout autour de nous. Des explosions, des vaisseaux endommagés, les nôtres, ceux de la Section 31. Personne n'était épargner. Ce combat pour l'avenir coûtait cher. En vies. Mais ce n'était rien en comparaison de l'annihilation qui condamnerait toutes vies de la galaxie. En cas d'échec.

Les alarmes qui clignotaient devant moi m'indiquait que ma navette était endommagée. Je me levais alors pour constater les dégâts. Si je ne pouvais pas réparer je resterai dans le présent. Ce que je vis ne me fit pas plaisir : une nacelle était endommagée trop gravement. Impossible à réparer.

Michael ! m'exclamais-je en voyant une lumière rouge à ma gauche.

C'est fait ! fit-elle en rétractant ses ailes. C'est fait. Les cinq signaux ont été envoyés. Ma mère était à 950 ans dans le futur de Doctori Alpha, reprit-elle en consultant son écran de contrôle face à elle. Il y a vingt ans. Burhman au Discovery, j'entre les coordonnées, Quadrant Bêta, Terralysium, dans 930 ans.

Commandeur, commença le capitaine Saru, les fluctuations quantiques du trou de ver vont compliquer le suivi de votre position. Comment nous guider ?

Avec le signal, répondit Michael après quelques secondes. Le sixième. Comme l'étoile polaire.

Bien reçu, répondit Saru.

Il est temps, Spock, fit ma sœur en se tournant vers moi. Retourne sur le Discovery.

Michael, je ne peux pas.

Quoi ? me demanda ma sœur sans comprendre.

Mon vaisseau a été toucher. Je n'ai plus de moteur.

Le Discovery peut te tracter, répliqua ma sœur.

Il n'y a pas le temps, contrais-je. Et pour me téléporter ils devraient baisser leurs boucliers. Ça les tuerait. Le navire est trop endommagé. Tu dois partir.

Je te retrouve à peine. Je ne veux pas te laisser partir.

Moi non plus.

Je t'ai déjà perdu une fois.

Tu ne m'as jamais perdu Michael, dis-je. Enfant j'étais perdu. Coinsé entre le chemin tracé par mon père, et celui de ma mère. Je ne savais que choisir. Et puis tu es arrivée dans nos vies, et tu m'as montré que je pouvais suivre les deux. Tu m'as trouvé. Alors que je ne savais où aller. Tu m'as sauvé Michael.

Ce n'était pas moi. Ça a toujours été en toi. Depuis le tout début. Depuis toujours.

Tu es mon équilibre Michael. Depuis toujours. Et sans toi j'ai peur de le perdre.

Ecoute moi petit frère, commença Michael. C'est le dernier conseil que je peux te donner. Il y a une immense galaxie autour de nous. Pleine de gens qui te tendront la main. Ne te détourne pas. Trouve la personne la plus éloignée de toi et tends-lui la main. Laisse la te guider.

Je le ferai, promis-je. J'aimerais juste être certain de ta sécurité. Et que tu survivras.

Tu le seras. J'enverrai le dernier signal quand on sera passés de l'autre côté.

J'observerai les étoiles. Chaque nuit. Dans l'attente de cette lueur rouge.

Je n'en doute pas.

Lieutenant Spock préparez-vous pour la téléportation, dit une voix dans ma radio.

Je t'aime Michael, dis-je en vulcain.

Je t'aime aussi Spock, fit-elle avant qu'une nouvelle larme ne dévale sa joue.

Ce fus la dernière fois que je la vis. Mon unique sœur.

Et depuis lors, ses mots ne m'avaient pas quitté. Pas un seul instant.

-/-

-Journal personnel, date stellaire 1201.7-

Cent vingt-quatre jours se sont écoulés depuis ta disparition. Cela a été difficile, mais nous avons réussi à cacher le sort du Discovery à Starfleet. Sans cela ton sacrifice aurait été vain.

Père et mère n'ont pas été interrogés grâce à leur immunité diplomatique. Et ils comprennent que notre silence te protège.

Nous avons juré de ne jamais prononcer ton nom devant quiconque.

Mais ta présence m'accompagne. Toujours.

Chaque jour qui passe m'apporte en assurance dans cet entre-deux qui est le mien. Plus sûr de qui je deviens. Tu m'apprends, tu me montre le chemin. Même si je sais pertinemment que tu n'es plus là désormais. Pour moi tu seras toujours présente. Là, quelque part, dans ce futur que je ne verrais jamais. Mais toi tu seras là pour le contempler.

Depuis cent vingt-quatre jours je guette ton signal, dans le ciel, là-haut, parmi les étoiles que je regarde. Et chaque soir je me rappelle cette vérité scientifique. Le temps est relatif.

Ces cent vingt-quatre jours de l'un ne sont probablement que quelques secondes pour l'autre. Un battement de cils. A peine visible.

C'est difficile à concevoir. Logiquement.

Mais pour citer un physicien terrien : « L'univers ne doit pas être compréhensible »

Je crois que tu as réussi. Je choisis d'y croire. Je dois y croire. C'est le dernier cadeau que je puisse te faire. Ce n'est pas logique, mais je le porte avec fierté. Plus que jamais.

-/-

Et puis soudain, après des jours à guetter la moindre lueur écarlate dans le ciel, le moindre signe, l'Enterprise l'a détecté.

Le septième signal.

La preuve que tu as réussie. Et que tu es sauve.

Cela me soulage. Tu n'as pas idée.

Même si j'aurai voulu être là. Férocement. Pour te protéger.

Mais étrangement, l'univers qui avait choisi de finalement nous réunir après presque huit ans de séparation, nous a séparé à nouveau. Il fallait que tu sauves le futur. Il fallait que tu sois ce courage que personne n'aurait eu à ta place. Parce qu'il n'y avait que toi pour le faire.

Tu es mon exemple. Un exemple que je suivrais jusqu'à la fin de mes jours.

Aujourd'hui je rejoins l'Enterprise. L'exploration ne peut attendre. Il y a tant à voir et à découvrir.

Et bien que j'aie jurer de taire ton nom et celui du Discovery, je porterai ton souvenir à chaque instant. Jusqu'à mon dernier souffle.

Adieu ma sœur, murmurais-je en voyant le septième signal sur l'écran de l'Enterprise.

.

[ FIN ]

.


Cette scène entre Spock et Michael m'a beaucoup émue. Elle est si juste. Sans trop en faire. Et Spock montre sa profondeur.

Bref, cette fin de la saison 2 est (pour moi) un petit bijou.

J'espère que ce court OS (la première histoire sur cet univers, que j'ai découvert très récemment, grâce à Svjetlana, la seule l'unique) vous a plu.

Prenez bien soin de vous.

A très bientôt.

Little-road.