BÉNÉVOLENTS - Partie II SACRIFICES


1 Adun-Tow

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36910.14 10:54 PM (14 octobre 2269, 22h54)

Les invité·es étaient retourné·es sur leurs planètes respectives après un agréable banquet dans la salle d'observation. Kirk, Spock et McCoy s'éclipsèrent chacun dans leurs quartiers.

Jim était toujours prisonnier de ce maudit corps de femme. Il se souvenait des paroles de T'Partha, de la promesse de Savína. Ce n'étaient encore que des mots : ils avaient quitté les planètes jumelles depuis plusieurs heures déjà et il était toujours coincé dans cette métamorphose. Il soupira de dépit. Il se sentait si fatigué qu'il n'avait même pas l'énergie pour s'en rebeller.

Il posa sur la tablette derrière son bureau la petite statuette représentant du couple de Bénévolents, Athênâ et Ny'One, que Minoas avait offerte à chacun d'eux. La première chose qu'il fit ensuite fut de prendre une longue douche bien chaude, puis de revêtir une tenue d'intérieur.

D'un commun accord avec Spock, ils avaient décidé de ne pas dormir dans la même cabine, afin de réfléchir à la direction à donner à leur relation. Jim avait regretté cette décision au moment même où il avait mis le pied dans ses quartiers. Sa chambre était froide, si vide...si impersonnelle.

Jim était harassé, il se glissa sous ses couverture et soupira à nouveau
Ils avaient passé sept jours sur ces planètes. À présent, tout était calme et tranquille. L'Enterprise filait en distorsion huit vers leur prochaine mission. Ils devaient en être loin déjà.

Tellement épuisé... et pourtant la sommeil le fuyait. Il se retourna dans son lit, en contenant son agacement chronique : Sarek et T'Pau avaient demandé à rester à bord. Son instinct lui faisait prévoir des conflits avec l'ambassadeur. Il avait amené la Dame Vulcaine afin de forcer la volonté de Spock. Jim sourit et se calma : forcer la volonté de Spock? Ces deux-là avaient autant de chance de réussir que de refroidir un soleil avec un cube de glace à whisky...

Jim contint un gémissement de frustration. Il avait beau sentir l'esprit de Spock près du sien, grâce à leur Kash-naf, son Vulcain lui manquait physiquement, atrocement.
Son corps était lourd, comme ankylosé. Ses paupières se refermèrent enfin, sur un sommeil lourd, silencieux, dépourvu de rêve.

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Spock entra dans sa cabine. Elle était comme toujours à la température idéale pour un Vulcain, au demi-degré près. Mais alors, pourquoi avait-il l'irrationnelle sensation que ces pièces étaient froides? La cause de cette illusion perceptive s'imposa d'elle-même sans qu'il eût à y réfléchir : parce que Jim n'était pas là, avec lui.

Pendant ces sept jours, Jim avait été à ses côtés jours et nuits, l'illuminant de la chaleur de sa présence. Sans lui, Spock se sentait plus seul que jamais.
Spock percevait l'esprit de Jim grâce à leur Kash-naf. Son T'hy'la ressentait lui aussi une même solitude.

Il raffermit sa volonté : il leur était indispensable de prendre un peu de recul. Leurs sentiments mutuels ne faisaient aucun doute. Cependant, leurs positions de commandement requérait une forme de prudence. Devaient-ils cacher leurs liens? Devaient-ils les revendiquer au grand jour? La présence de Sarek et de T'Pau à bord de l'Enterprise compliquait considérablement la situation, incitait à une forme de prudence. Il fallait clore tout commencement de malentendu. Spock n'épouserait aucune femme Vulcaine, il avait déjà choisi la personne qui partageait sa vie, et c'était un homme, Jim. L'éventualité que celui-ci reste prisonnier de ce corps de femme n'était pas un obstacle. Une vie d'abstinence ne l'incommodait pas, et il n'éprouvait pas le besoin de se reproduire.

En quittant la salle de téléportation, après le départ des invité·es, Spock avait vu McCoy retenir Sarek et le prendre à part. Il avait lu certaines de ses paroles sur ses lèvres. Le médecin avait littéralement ordonné à l'ambassadeur de «leur épargner ses sermons de froide logique au moins pour cette nuit». Les impératifs yeux gris-bleus de McCoy avaient l'impitoyable dureté du métal et Sarek n'avait pas bronché. T'Pau ne s'était pas interposée, elle n'avait pas fait de commentaire. Elle avait posé un regard intense sur le médecin, un regard dénué de toute réprobation.

Spock prit une douche sonique et s'installa sur son coussin de méditation. Il savait que le sommeil se refuserait à lui... Il ferma les yeux et, après de nombreux efforts, il parvint à obtenir un état de Wh'ltri [méditation] convenable.

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Jim s'agitait dans son sommeil, encore, et encore, fébrile; un fourmillement exaspérant le parcourait de part en part, tourmentait chacun de ses muscles. Cette sensation lui en rappela une autre... il sursauta et se réveilla d'un coup. D'instinct, sa main se posa sur son entrejambe.

─ Lumière 70% Cria-t-il presque en se levant.

Le miroir de la salle de bain lui confirma ce que sa main et sa voix lui avaient révélé : il avait retrouvé son apparence masculine... Son visage, son corps d'homme lui avaient été rendus !

Son esprit hurla.
─ SPOCK T'HY'LA!

La voix de Jim explosa dans l'esprit de Spock, mettant immédiatement fin à sa concentration. Il ne se posa de question, et de précipita dans la cabine de Jim. Il alla aussitôt dans la salle de bain.

Jim se retourna vers lui, les yeux brillants parsemés de pépites d'or, le visage rayonnant de bonheur. Il était nu, il était beau !
Beau, si beau !

Jim était beau comme une divinité!

Il avait retrouvé son visage viril.
La musculature de son corps était souple, harmonieuse.

Jim se demanda s'il n'allait pas jouir rien qu'avec ce regard si intense sur lui. Son membre gonfla à vue d'œil.

I nam-tor tukhik heh tam'a kaunshaya tor-yehat. Ri dungi-wahu Jim! Clamèrent à l'unisson la Krus'Vuhlkansu et la Krus'Qom'i de Spock. Se'heik'uh t'etek he ek'kum'uh ! [Notre union physique et psychique est désormais possible, Jim ne s'y opposera plus! Revendiquons-le comme nôtre et prenons-le entièrement !]

Un des Nahp-fo-dan de Spock implosa sous le poids de la violence de son désir. Son corps se déplaça de lui-même, sans qu'il n'en donne l'ordre de façon consciente. Il plaqua Jim contre le miroir, la main gauche empoignant son pénis engorgé avec possessivité.

T'nash-veh! [Mien] Gronda-t-il

Jim n'eut aucune hésitation :
Ah t'du [Oui, tien]

Spock n'eut pas le temps de retrouver ses esprits. Jim prit son visage dans ses mains, le fit ployer vers lui et posa ses lèvres sur les siennes. Un frisson les parcourut. Leurs bouches s'ouvrirent l'une sur l'autre, affamées. Leur baiser fut passionné, possessif, violent...

─ Jim. Murmura Spock qui tentait de retrouver sa pensée logique. Acceptes-tu de venir dans ma cabine?

Irrationnellement, il désirait que leur première fois se déroule dans le même endroit que celui de leurs rêves. Jim ne protesta pas. Il fit lui aussi un effort pour retrouver son calme.

─ Oui.

Rapidement, Jim enfila pantalon, tunique et chaussures. Ils ne croisèrent personne dans les couloirs à cette heure tardive de la nuit

Aussitôt dans la cabine du Vulcain, Jim jeta ses vêtements à terre, puis s'attaqua à ceux de Spock. Dans sa hâte, il déchirera le col de son cafetan. Spock le repoussa dans un tremblement :
─ Jim, attends.

─ Tu ne le désires plus? S'étonna Jim, perplexe

─ Nous devons parler d'abord.

Parler ?
Jim ne posa pas de question: les Vulcains étaient des êtres rationnels. Il était par conséquent logique que Spock veuille s'assurer qu'ils soient tous les deux sur la même longueur d'onde quant à ce qu'il allait se passer entre eux.
Jim lâcha les vêtements, recula d'un pas et s'assit sur la chaise du bureau.

Spock fit de même. Il était parvenu à retrouver son impassibilité habituelle... du moins en apparence, il ne pouvait cacher à Jim le bouillonnement de son désir et ses affects envers lui. Ils suintaient à travers la brèche de ses boucliers mentaux, s'écoulaient le long de leur Kash-naf en flots impatients, entraient en résonance avec les désirs de Jim tout aussi impétueux.
Bien que toujours habillé, Spock était nu face à Jim.

Jim s'était, lui aussi, composé un visage calme. Même si les feus dorés de ses yeux de miel brun, aux pupilles hypertrophiées, n'auraient trompé personne.

─ La première chose que tu dois savoir est que les Vulcains ne pratiquent pas l'accouplement avec des partenaires éphémères. Celui-ci se déroule toujours entre deux personnes mutuellement engagées.

Jim hocha la tête et répondit avec assurance :
─ Si nous faisons l'amour cette nuit, je dois renoncer à toutes mes conquêtes féminines, c'est cela? Cela ne me pose aucun problème. De toute façon, ne sommes-nous pas déjà engagés et liés par notre Kash-naf ?

─ Effectivement, et celui-ci va s'approfondir considérablement suite à notre union psycho-physique

Un frisson de désir parcourut la peau ambrée de Jim, Spock dut faire un nouvel effort pour se contenir face à ce qui ressemblait trop à un appel.

─ Je l'espère bien. Sourit Jim avec une malicieuse tendresse

─ Mes dons de télépathie sont élevés. J'ai perçu ton appel psychique à trois reprises, dont celui de ce soir où je t'ai entendu m'appeler. J'ai perçu la présence de la psyché des Bénévolents en ton esprit lorsqu'ils guidaient ta main pour écrire leur manifeste de lois. Il est probable que tu possèdes toi aussi une forme passive de ce don. Si on prend en compte la facilité avec laquelle notre kash-naf s'est élaboré et implanté entre nos deux esprits à notre insu, il existe 85.365% de probabilité pour qu'il nous soit possible d'échanger nos pensées à plus ou moins long terme.

─ Échanger nos pensées? Même physiquement séparés, nous pourrons communiquer, c'est cela?

─ Oui.

─ Cela pourra être très utile dans le cadre de nos missions. En quelque sorte, lorsque nous serons séparés, cela nous permettra d'être en ces deux endroits à la fois. Je pourrais à tout moment bénéficier de ton expertise.

Spock apprécia la façon avec laquelle Jim rationalisa l'utilisation de cette future faculté.

─ Jim, ce que j'essaie de t'expliquer est que notre union psycho-physique te priveras d'une partie de ta liberté, cette liberté que tu chéries tant.

─ Je ne renonce à rien du tout! Je te choisis toi.

Jim passa le bout de sa langue sur sa lèvre supérieure, il ajouta avec un sourire malicieux :
─ Je fais un choix rationnel, un choix gagnant. Quelle est la seconde chose?

─ Je souhaite que tu me pénètres dès ce soir afin de sceller nos liens dans nos chairs.

Jim déglutit avec difficulté. Son pénis, qui s'était un peu calmé, regonfla brusquement, presque douloureusement. Oh bordel oui! Se noyer dans l'intimité de Spock!

─... tu dois savoir que la première pénétration est toujours douloureuse pour un Vulcain, mâle ou femelle. Mes saignements ne devront pas t'inquiéter car ils sont le signe d'une adaptation de mon corps à cette forme de sexualité.

Le sang de Jim se glaça dans ses veines: si Spock se donnait la peine de lui révéler ce "détail", cela signifiait que cette douleur devait être non négligeable.
Spock perçut très nettement cette bouffée d'effroi qui anesthésia partiellement son propre désir.

─ Je vais te faire mal? Murmura Jim d'une voix blanche. Je ne veux pas te faire souffrir!

─ La douleur n'est rien. Et elle ne sera présente uniquement lors de la première pénétration.

Jim se leva brutalement de sa chaise, indigné. Il ne put contenir son grondement de protestation :
─ La douleur n'est pas rien! Je veux partager du plaisir avec toi, pas te faire souffrir!

─ La douleur est un concept de l'esprit. L'esprit peut être contrôlé.

La voix de Jim s'emplit de reproches :
─ Tu m'as déjà dit cela. Quand tu as été infecté par ces maudites créatures sur Dénéva*! Et que tu souffrais un martyre tel que tu en a provisoirement perdu tout contrôle !

Cette fois encore, Spock avait risqué sa vie, avec des arguments d'une implacable logique... sans le remède trouvé par McCoy, il serait mort, mais il avait failli en rester aveugle. Jim chassa ce souvenir désagréable de son esprit. Il croisa le regard intense de Spock

─ Jim. Insista-t-il tranquillement. Acceptes-tu de me pénétrer?

Jim resta silencieux, Spock lui laissa le temps de réfléchir. Via leur kash-naf, il sentait le désir de Spock, un désir presque… douloureux. Il ne pouvait pas refuser sa demande, il décida d'en partager le prix. Il répondit avec fermeté :
─ … oui, contre ta parole de me transmettre chacune de tes sensations sans les minimiser. Je veux ressentir tout ce que tu ressentiras, absolument tout. Ai-je ta parole?

Spock se sentit comme piégé, d'une certaine façon. Lui non plus ne voulait pas que Jim éprouve de la souffrance. Cette étreinte, ils la désiraient autant l'un que l'autre, et les prochaines ne procureraient aucune douleur. Spock connaissait suffisamment Jim pour savoir que cette condition n'était pas négociable.

─ Tu as ma parole, Jim.

Spock se leva et retira tranquillement ses vêtements. Il sentait le désir de Jim pulser à nouveau à travers leur Kash-naf, tout comme son T'hy'la devait percevoir le sien. Il se dirigea vers sa chambre, et se coucha sur le lit.

Jim se leva à son tour, lentement. Il contempla Spock, allongé et offert à lui, si calme en apparence, si digne, si beau. Il prit la décision de tout faire pour lui épargner cette malédiction de la première fois. Il allait prendre son temps, quitte à y passer toute la nuit, mais il allait offrir à son T'hy'la un orgasme à s'en briser les cordes vocales !

Jim ne se jeta pas sur lui. Leurs discussions n'avaient pas entamé leurs désirs, elles en avaient adouci les contours, rogné les parties les plus agressives.
Il s'étendit à coté de Spock, tous deux se regardèrent, partagèrent un long glazhan'esta [baiser des yeux] qui fit vibrer leur Kash-naf. Jim sentit que Spock abaissait lentement ses Nahp-fo-dan afin de lui donner accès à ses perceptions physiques. Cette absolue preuve de confiance émut Jim plus qu'il n'aurait pu le dire, il lui ouvrit son esprit à son tour afin que ce partage soit réciproque. Leur Kash-naf vibra de bien être.

Doucement, Jim se pencha pour prendre les lèvres de Spock. Leur baiser fut suave et sensuel, sans lutte de domination, chacun accorda tour à tour à l'autre l'accès à sa bouche avec délectation.

Doucement, Jim partit à la découverte de ce corps chaud et immobile. La confiance de Spock était si absolue.
Jim embrassa chaque centimètre de la peau de soie, glissa ses doigts dans la toison pectorale, titilla les tétons verts de ses lèvres et de ses dents comme il avait toujours rêvé de le faire... la respiration de Spock perdait peu à peu de sa régularité... Jim en frémit de plaisir.

Quand Jim arriva au niveau de son ventre, le pénis de son amant commençait à pointer hors de sa gaine pénienne. Il embrassa le gland exposé, le caressa de ses lèvre. Le membre acheva de sortir, merveilleusement turgescent, adorablement vert, perlé de gouttes de liquide glissant. Jim le prit en bouche et découvrit son goût étrangement sucré, aussi délicieux qu'une sève mielleuse...

Doucement, Jim préleva un peu de ce lubrifiant naturel sur la pulpe de ses doigts. Doucement, caressa l'anneau de chair caché entre les fesses de Spock. Il attendit qu'il devienne souple pour immiscer le bout de son doigt avec prudence. Pas de douleur. Rassuré, sans cesser de se repaitre de son phallus, Jim continua à préparer Spock à le recevoir. Le plaisir que Spock ressentait et lui transmettait par bouffées intenses le déconcentrait. Jim faillit le mordre à plusieurs reprises, mais Spock ne protesta jamais lorsqu'il sentait ces dents sur sa chair.

Leurs désirs mutuels se muèrent en besoin vital. Ce n'était même plus choix, ils devaient s'unir, là, maintenant.

─ Sarlah'uh! [Viens] Ordonna Spock entre deux gémissements, avec une impatience contagieuse.

Jim rampa sur le corps de Spock, tout en le parcourant de baisers. Il se positionna au-dessus de lui, et introduisit son gland en lui. La sensation déchirure transmise par Spock le cloua sur place. Il réprima un cri de douleur. Il ne fallut que quelques secondes au Vulcain pour supprimer cette douleur.

─ Souhaites-tu toujours partager ces perceptions sensorielles? Demanda Spock presque calmement.

─ Plus que jamais ! S'entêta Jim.
Il ignorait par quel miracle il parvenait à rester dur. Il comprit intuitivement que le désir-besoin de Spock était tel qu'il agissait directement sur son érection: son T'hy'la voulait qu'il aille jusqu'au bout. Il éprouvait cependant la nécessité de le lui entendre confirmer.

─ Veux-tu vraiment continuer ?

Ah, rompota'uh. Sarlah'uh. [oui, continue, viens].

─ Alors, je vais y aller doucement.

Une bouffée de reconnaissance s'échappa de l'esprit de Spock, confortant Jim dans sa décision. Même là, dans l'intimité de leur alcôve, Jim le respectait, acceptait de s'adapter à sa nature Vulcaine.
Sans le savoir, Jim se comportait de la même façon que les Vulcains mâles entre eux lors de leur première Union Physique. Cette douleur, librement donnée et reçue, librement partagée était une forme de rituel de confiance mutuelle... et surtout un cadeau empoisonné de leur génétique particulière, des millénaires de sélections volontaires pour «décourager» l'homosexualité... sauf que l'attachement ne se commande pas. Un Vulcain ne choisit pas ses liens de T'hylara, ceux-ci s'imposent à lui... pas plus que les Humains ne décident d'être amoureux de telle ou telle personne...

Jim s'avança prudemment de quelques centimètre dans l'antre étroit, l'esprit tendu vers celui de Spock. Il s'arrêta avant que douleur ne soit trop vive. Il laissa son Vulcain maitriser cette brûlure, en couvrant son visage de baisers tendres.

Jim reprit sa progression lente. Il "profita" de la pause pour s'emparer de la bouche de Spock dans un étourdissant baiser qui fit bouillir leurs sangs.

Lors de l'arrêt suivant, ce fut Spock qui saisit le visage de Jim pour partager avec lui un délectable baiser.

Le plaisir intense ressenti lors de ces baisers semblait atténuer les sensations de déchirure de cette première pénétration. Leur lèvres ne se séparèrent plus. Jim chemina en lui plus lentement encore, par à-coups infimes. Les Amants concentrèrent leurs esprits sur leurs lèvres suaves, leurs langues enlacées, le goût de leurs bouches... cette chaleur délectable qui se dégageait de leurs embrassades...

Il y eut une dernière poussée, et Jim se trouva enfin profondément enfoui dans l'intimité brûlante et frémissante de Spock. Un soulagement incommensurable le fit soupirer d'aise. Il posa son front sur l'épaule de Spock, en proie à une sorte de fatigue, espérant de tout son cœur que le plus douloureux soit derrière eux désormais.

Spock éprouva un profond sentiment de satisfaction : Jim était enfin en lui, il était enfin à lui. Il l'entoura de ses bras.

T'hy'la t'nash-veh. [mon T'hy'la] Pensa Spock sans lui cacher son attachement profond et sa possessivité.

Spock. Répondit Jim en pensée, émerveillé de l'avoir entendu

Ce court échange mental agit comme un signal. Tel deux aimants, leurs esprits s'attirèrent irrémédiablement l'un l'autre, se mêlèrent, s'élevèrent.
Il n'y avait plus de douleur, plus de corps, plus de pensées... toutes leurs sensations physiques fondirent, les couleurs, les sons, les odeurs... seule restait la perception immatérielle d'un ici et maintenant, d'un absolu éthéré, d'une vérité inconditionnelle...
Ils étaient un, ils faisaient un avec l'univers...
Ce bien être total, ce sentiment d'éternité étaient inexprimables avec des mots, ni Spock ni Jim n'en éprouvaient la nécessité.
Ils n'avaient jamais expérimenté une aussi absolue sérénité, un tel sentiment de justesse : ils étaient faits l'un pour l'autre.
Ils avaient été, ils étaient et ils seraient toujours un.

Ils reprirent lentement conscience de leurs corps étroitement unis. Le besoin vital d'accomplir leur Union Physique rejaillit soudain et les crispa de son urgence.

Lentement, Jim se retira de quelques centimètres.
Pas de douleur.

Il revint prudemment :
─ mmmm... Murmura Jim, alors qu'un frémissement agréable les parcourait tous les deux.

Ah, rompota'uh. [oui, continue] Approuva Spock d'une voix délicieusement altérée.

Jim tenta un mouvement plus long.
Ce fut si délectable qu'ils ne purent retenir un gémissement.

─ ...aaaaahh bordel! Spock! S'exclama Jim dans un souffle de jubilation

Rompota'uh.

Rassuré, Jim entama de longs va et vient, tous récompensés par des vagues de plaisir de plus en plus puissantes. Sa pudeur virile céda sous le poids de ses sentiments de bonheur total.

─ Spock! Spock! Il est si bon d'être en toi! Oh, mon amour!

Taluhk t'nash-veh... [mon précieux ]

Jamais Jim n'avait ressenti cela avec aucune de ses amantes. Ce plaisir si absolu. La jouissance de Spock exaspérait la sienne. Il sentait les Nahp-fo-dan de son amant se fendiller sous ses assauts, jusqu'à ce que les sentiments du Vulcains lui soient à nouveau révélés. Si inconditionnels. Si violents. Si puissants.

Ashayam ! [amour!]... t'nash-veh... t'nash-veh... t'nash-veh...[mien]

Jim perdit graduellement son contrôle, abandonna peu à peu sa douceur. Il devint plus violent, plus possessif mais Spock ne demandait que cela.

Ah!... rompota'uh... Sarlah'uh. [oui!... continue... viens...] ...Sarlah'uh.

Les soubresauts d'un orgasme puissant embrasèrent le corps et l'esprit de Spock. Son intimité se serra convulsivement autour du membre de Jim qui se ficha profondément en lui, en un dernier coup de rein réflexe, alors qu'il jouissait à son tour, presque en même temps.

Jim retomba sur Spock. Spock l'entoura de ses bras.

Ashayam. Murmura-t-il d'une voix rauque et possessive

─ Amour. Répondit Jim en se serrant contre lui.

Ils se sentirent dériver dans une sorte de silence mental, dans une sorte de court semi-sommeil... dont ils émergèrent à nouveau crispés de désirs.

Ashayam. Dit Spock presque calmement

─ Tout ce que tu voudras. Répondit Jim qui percevait l'agréable renaissance de leurs tensions mutuelles.

─ Je n'ai encore rien dit.

Jim se dégagea de leur étreinte.
─ D'abord je vais me laver.

Il disparut à peine cinq minutes, le temps de prendre une douche sonique, puis revint et se coucha sur le dos.

─ Tout ce que tu voudras. Répéta-t-il

Jim éprouvait cependant une appréhension confuse que Spock perçut parfaitement.

─ Tu n'es pas obligé.

─ Je le veux autant que toi

Jim ne mentait pas.

Contrairement à son T'hy'la, Spock n'avait aucune expérience sexuelle, mais il se souvenait de chaque geste, de chaque caresse reçue. Il embrassa le visage et le corps de Jim, et Jim lui rendit chacune de ses caresses. Il suivit les courbes harmonieuses de ses muscles virils, la peau de son humain était souple, elle avait un petit goût salé... le goût de Jim.

Spock préleva un peu du lubrifiant naturel de son phallus et commença à préparer Jim. L'humain n'eut pas le loisir de protester, l'esprit obnubilé par la bouche possessive qui s'emparait de son pénis. Il le prépara longuement. Son doigt trouva la prostate de Jim, il réagit par un long soupir. Spock s'y attarda.

Spock s'allongea sur Jim, se positionna dans le bon angle:

Sos nash-veh ha? [Puis-je?]

─ Oui, viens.

Spock s'introduisit lentement. Jim gémit doucement : il n'y avait aucune douleur, juste un besoin de plus.

─ Aller, Spock, vas-y! Je ne suis pas en sucre ! Viens!

Mais Spock ne brusqua pas les choses, il continua à l'immiscer par léger à-coups, laissant à son T'hy'la le temps de s'adapter. Le miracle de la fusion mentale se reproduisit dès qu'il fut entièrement en lui.

Leurs esprits s'unirent à nouveau, s'adaptèrent davantage encore l'un à l'autre, s'élevèrent dans un état de l'au-delà...

Le retour à la réalité signa le début de leur étreinte charnelle.

Spock fut doux, au début. Mais les atavismes propres à son sang prirent le dessus. Jim se retrouva plié en deux, les mollets sur les épaules de Spock, impitoyablement possédé, encore et encore, sans aucun répit.
Contrairement aux Humains, les Vulcains ne perdait pas forcément leur érection après un orgasme. L'humain ne protesta pas, au contraire. Il se laissa emplir corps et âme. Leurs jouissances se succédaient et s'emparaient d'eux en longues vagues de puissantes voluptés.

Spock sentit après un énième orgasme commun que son amant fatiguait. Il se retira de lui et reposa les jambes de Jim sur le lit.

Jim tenta de protester :
─ Tu en as encore besoin.

─ Tu es épuisé, T'hy'la. Rétorqua Spock en élevant ses Nahp-fo-dan afin de ne plus inonder l'esprit de Jim avec son désir. Je vais finir par te blesser.

─ Ce sera toutes les nuits comme cela?

─ Non, je pense que c'est une forme de Adun-tow

─ Une fièvre des époux. Murmura Jim avec un petit rire très doux. Comme c'est mignon. C'est une lune de miel, notre lune de miel. Les Vulcains ont bien de la chance.

─ Cela n'arrive pas à tous les nouveaux mariés. Il est indispensable que les esprits soient hautement compatibles.

─ Alors c'est mignon et romantique. Conclut Jim, les yeux papillonnants de fatigue.

Deux respirations plus tard, il était profondément endormi.

Spock le contempla, à la fois comblé et frustré. Il se leva et prit une douche sonique. Puis il lava méticuleusement son T'hy'la avec un gant humide, il l'essuya doucement. Il le déplaça dans le lit pour en changer les draps, Jim ne se réveilla pas.

Spock s'assit à coté de Jim et entama une cession de méditation, il devait absolument garder un contrôle sur ses pulsions, afin de ne pas blesser Jim.

Jim

T'hy'la

Ashayam

Désormais entièrement à lui, corps et âme, pour l'éternité.

─ o ─

à suivre
McCoy regagna ses quartiers. Dans le couloir, il vit ses deux amis se dire bonsoir et se séparer. Il s'abstint d'intervenir, même s'il estimait que c'était une mauvaise idée

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je n'avais pas calculé que ce chapitre tombe à quelques jours de Noël
J'espère qu'il vous a plu ^^

Christine. Merci d'avoir pris de temps de laisser des commentaires dans la première partie de Bénévolent. J'espère que cette seconde partie t'intéressera tout autant

Dénéva
.Operation - Annihilate! / La lumière qui tue
Scénario : Steven W. Carabatsos - Réalisation : Herschel Daugherty
memory-alpha· /fr/wiki/Operation_-_Annihilate!_(épisode)
Une folie collective règne sur Deneva après l'attaque de parasites neuraux. L'équipage de l'USS Enterprise NCC-1701 cherche un moyen de les stopper... et Spock va être contaminé par l'un de ses parasites...

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