Chapitre 1 :

L'ange noir

Après plus de deux cent soixante dix ans Harry James Potter pouvait dire qu'il avait vu beaucoup de choses. Mais surtout, il avait vu beaucoup des travers du monde magique. Ce fut certainement pour cela qu'il ne fut pas surpris quand cela se produisit.

Peu après la guerre contre Voldemort, il s'était découvert immortel, maître de la mort suite à un attenta d'anciens mangemorts qui aurait dû le tuer. Seulement, il n'avait pas été le seul à se découvrir immortel. Tous l'avaient su. Si dans un premier temps, cela n'avait pas changé grand chose, cela était venu par la suite. Il avait commencé une carrière d'auror, comme prévu et comme prévu, il avait été avec Ginny. Mais comme jamais rien ne se passait normalement pour lui, rien n'avait duré. La raison ? Il avait voulu défendre des gens comme Draco Malfoy embarqués dans la guerre sans avoir rien fait, rien demandé et sans aucune échappatoire. Quand il avait voulu réhabiliter le nom de Severus. Quand il avait pris la défense des créatures magiques... On avait dis qu'il tournait mal mais la réalité était autre et il l'avait bien perçu. Il avait senti, de ses pouvoirs de maître de la mort qui ne cessaient de grandir, qu'on commençait à avoir peur de lui, peur de ce très puissant sorcier riche qui ne tenait que trop droitement ses convictions, qui n'était que trop plein de cet amour qui avait sois disant été sa force face à Voldemort. Un sorcier puissant qui n'avait que trop l'âme du chevalier que l'on avait tant aimé qu'il soit pendant la guerre mais qui gênait en temps de paix par sa volonté à défendre ardemment ceux qui, aux yeux de la société, n'en n'avaient pas besoin ou ne le méritaient pas. Étrangement, la réalité de la vie n'était pas en accord avec cela.

Il gênait et on ne s'était pas privé pour lui faire comprendre. Même son entourage ne comprenait pas, lui demandant ce qu'il lui prenait de vouloir défendre des criminels et des animaux. Pourquoi aucun d'entre eux n'avait été capable de comprendre que c'était justement tout ça qui causait des guerres les unes après les autres dans leur monde. Cette façon de faire, centrée sur quelques uns pour marginaliser et persécuter tout les autres était l'origine de tout cela. Cette justice qui n'en n'avait que le nom mais qui tenait plus de règles partiales soigneusement choisie par quelques uns, était un fléau. Mais il semblait être le seul à s'en apercevoir. Le monde magique était criblé de problèmes et c'était là l'origine de tout. Mais il semblait que le monde magique préférait cela aux efforts des réformes et à la nécessité de se remettre en question. Lui n'avait pas pu l'accepter, pas après avoir tant souffert dans la guerre. Mais il avait pu faire et dire ce qu'il voulait, on l'avait vite relégué au rang de fou, de mage noir en devenir, disant qu'il essayait de se servir de sa puissance pour faire plier le monde à son bon vouloir... Ce genre de bêtises.

Très vite, il n'avait plus eu ni l'oreille ni la sympathie de personne. On l'avait viré du bureau des aurors et des innombrables disputes avec Ginny et son entourage l'avaient poussé à s'éloigner d'eux, à officialiser la séparation avec une bonne partie de ses amis d'autrefois. Cela avait été un argument de plus pour dire qu'il tournait mal même s'il n'avait pas compris la logique de cet argument. Il avait alors trouvé refuge dans sa maison d'autrefois : Poudlard. Minerva l'avait très chaleureusement accueilli, très heureuse. Et si à l'époque, le poste de professeur de défense avait été libre, il avait préféré opté pour celui de professeur de sortilège, Flitwick prenant une retraite mérité. Il avait voulu s'éloigner de ça, de ce monde de combat qu'il n'avait que trop connu et qui l'épuisait. La magie avait tellement plus à offrir que des combats. Il était devenu professeur à Poudlard, férocement protégé par tout le personnel de l'école en qui il avait trouvé de véritables amis. Minerva, Poppy, Hagrid, Horace, Neville... Il avait été tellement bien là bas avec eux. Travailler à Poudlard lui avait permis de se retrouver au calme dans un endroit qu'il aimait, de pouvoir réfléchir, apprendre.

Il avait été professeur puis s'était ajouté la charge de directeur de Gryffondor. Et dehors, on l'avait progressivement oublié, laissé en paix, lui le héros tellement traumatisé par la guerre qu'il n'avait plus les idées claires. C'était ce que l'on disait. Il était devenu sous-directeur de l'école puis directeur après la mort de Minerva dont-il avait tenu la main jusqu'au bout, ayant comme l'impression de perdre une véritable gardienne bienveillante avec elle. Bien des années avaient passé mais il n'avait pas vieilli depuis ses vingt ans. Et cela en effrayait plus d'un quand ce n'était pas la jalousie devant sa condition unique. Et avec les années, il en avait découvert toujours plus sur sa nature de maître de la mort et ses pouvoirs. Il l'avait gardé pour lui, ne voulant pas donner plus de raison aux autres de le dénigrer. Il s'était même aperçu que sa véritable apparence n'était plus celle d'un humain dont-il gardait pourtant l'apparence, doutant que celle de véritable ange de la mort qui était sienne rassure n'importe qui.

Puis il y avait eu une nouvelle guerre, provoqué par toutes ces bêtises du monde magique qu'il avait tenté de combattre en vain. Une nouvelle guerre qu'il avait vu arriver. C'était inéluctable vu l'état de la société et son fonctionnement. Il n'avait pas été surpris et il avait été comme blasé. Il n'avait pas non plus été surpris de voir tout le monde revenir vers lui, le traiter de nouveau en grand héros respecté avec tout le décorum et les flatteries de rigueur, pour lui demander de se battre pour eux. Il avait refusé net. Il refusait de se battre pour un monde qui ne demandait que la guerre. Une fois, il les avait tous porté sur ses épaules au mépris de sa propre vie et il avait bien vu ce qu'il y avait gagné. Pas une deuxième fois. Surtout quand ils n'étaient toujours pas prêt à changer. Rien ne servait de régler le problème si la cause perdurait et il ne voulait plus se battre pour rien. Cela n'avait pas été une décision facile alors que son âme de chevalier perdurait, l'enjoignant à défendre les autres. Mais les défendait-il vraiment en faisant les efforts à leur place et en leur épargnant ainsi le douloureux apprentissage de leurs erreurs ? Non.

Il avait d'autant plus refusé que cette fois, l'ennemi n'était autre que les créatures magiques bien trop persécutées ne cherchant qu'un peu de paix, de liberté ainsi que des conditions de vie correctes. Il ne pouvait certainement pas se battre contre eux et il aurait même été de leur côté s'il n'y avait pas autant d'innocents de l'autre côté aussi. Il n'avait pu prendre part et cela lui avait coûté cher. D'un côté comme de l'autre, on l'avait considéré comme traître et ennemi. On lui avait enlevé l'école, tout ce qu'il avait et il en avait eu assez de tout cela, de la bêtise du monde magique. Alors il était parti, s'exilant de lui même dans le monde moldu, loin du monde magique même si sa magie ne l'avait pas quitté. Des décennies durant, il avait parcouru le monde, exerçant un métier ou un autre, découvrant, usant de sa magie pour passer inaperçu. Il avait rencontré beaucoup de monde. Des gens bien comme des gens méprisables. Il avait vu de tout dzns monde qui se mourrait sous une crise climatique jamais vue provoquée par les vices des hommes, la pollution, la destruction, la surexploitation de tout. Tant et si bien que monde magique et moldu avaient fini par se confondre, la magie déclinant sous ce traitement.

Et puis il y avait eu une énième guerre plus terrible encore et on s'était souvenu de lui, le puissant sorcier immortel. On l'avait attaqué et lui qui n'avait rien vu de magique depuis plus d'un siècle avait eu un moment de faiblesse. On l'avait capturé et on avait visiblement très soigneusement préparé la chose puisque tout avait été là pour le priver de sa magie, de ses forces. Les exigences de ses geôliers politiciens ? Qu'il se batte à leur service. Il avait refusé. Qu'il leur cède les reliques de la morts pour qu'ils puissent créer un guerrier à leurs ordres. Il avait refusé. Alors ils l'avaient torturé comme personne n'avait été torturé grâce à prodigieuse immortalité le tenant en vie. On avait tenté de lui prendre sa magie, de lui prendre les reliques, de le mettre sous contrôle mental, de briser son esprit... Rien n'avait fonctionné et il n'avait pas cédé malgré la douleur et le désespoir. Il avait senti son cœur et son âme se fêler sous ce traitement qui ne l'avait même pas surpris de leur part. Pourquoi le monde était-il ainsi ? C'était aberrant à ses yeux.

Il ne sut combien de temps il avait enduré ce traitement innommable, longtemps. De très longs mois. Mais un jour, après ce qui aurait dû être une énième mort sous la torture, sa magie avait eu un sursaut comme à chaque fois qu'elle lui évitait la fin. Seulement cette fois là, sa véritable apparence avait été exposée au grand jour, tout son être désormais trop faible pour maintenir son apparence humaine. Démon était le mot qu'il était aussitôt sorti des bouches autour de lui. Dans un sens, il comprenait. Sa véritable apparence ne le faisait pas grandir, lui qui n'avait jamais dépassé le mètre soixante dix. Mais elle rendait son corps plus harmonieux, parfait pour ainsi dire, mince et gracile, musclé discrètement mais très efficacement. Il gardait ses yeux émeraudes et ses cheveux noirs désormais assez long pour atteindre ses fesses. Si ses traits se faisaient plus harmonieux, on le reconnaissait.

Mais il avait bien plus. Sa peau se faisait alors de porcelaine très claire et fraîche. Le plus remarquable était assurément les trois grandes paires d'ailes au plumage noir dans son dos, suivies de près par les deux épaisses cornes d'obsidiennes naissant sur son front, suivant la ligne de ses sourcils pour onduler de chaque côté de sa tête. Ses paupières inférieures et supérieures jusqu'à ses sourcils étaient couverts de fins motifs noirs faits de courbes et de volutes serrées et complexes. Des motifs que l'on retrouvait sur ses lèvres, se prolongeant sur ses joues en une épaisse ligne soulignant ses pommettes pour rejoindre l'articulation de sa mâchoire. Et on retrouvait les mêmes dessins fins sur le bout de son nez. Il fallait être honnête, cela lui donnait des airs de tête de mort. Des bandes de ces délicats motifs parcouraient d'ailleurs tout son corps. Des ornements qu'il savait magique. Ses oreilles étaient pointues et longues, ses canines ébènes. Ses ongles se faisaient griffes. Une queue dotée d'une pointe naissait au bas de son dos tellement longues qu'elle traînait largement au sol s'il ne la tenait pas. Lorsqu'il était en forme, tout ses attributs étaient décorés d'or, or qui disparaissait quand il fatiguait et il était présentement au plus mal.

Voir cela n'avait fait que terrifier abominablement tout le monde le prenant pour un démon de mort. On l'avait un peu plus mit en miette et puisqu'on ne pouvait le tuer, on avait trouvé un autre moyen de se débarrasser de lui : le Voile de la Mort au fin fond du Ministère britannique. On n'avait pas tardé à le jeter à travers pour éloigner la malédiction qu'il était à leurs yeux. Et c'était pour cela qu'il était maintenant là. Là, il ne savait pas où cela était. Il ne voyait que des étoiles tout autour de lui et à perte de vue. Il flottait et ses poumons le brûlaient atrocement, privé d'air, son corps glacé. Mais il ne le sentait même plus au milieu de la myriade de blessures qui martelaient son corps. Son esprit dérivait et il sentait qu'il allait perdre connaissance, se laissant aller à la contemplation des étoiles et du noir de ce qui devait être l'espace...

Tout avait commencé comme une journée ordinaire pour le capitaine Christopher Pike à bord de son vaisseau, l'USS Irae. Ils étaient partis il y avait déjà plusieurs semaines pour une mission dans une zone inexplorée qui devait durer un an en tout. Ils étaient présentement en train d'approcher d'un nouveau système, éloigné, isolé et de petite taille d'après les observations déjà réalisées à distance. Présentement, leur but était d'aller analyser les planètes du système et d'éventuellement découvrir s'il y avait de la vie là bas. Ils venaient de sortir de distorsion à distance du système pour faire une première analyse à distance et ne pas se laisser surprendre ou surprendre des habitants des lieux éventuellement assez avancés pour les détecter. Seulement, ce ne furent pas les planètes qui apparurent les premières à leurs détecteurs mais autre chose :

- Capitaine ? interpella l'officier navigateur. Je détecte quelque chose d'étrange.

- Étrange ? releva-t-il. Un vaisseau ?

- Non, c'est très petit. C'est à taille humaine. Et c'est organique. C'est même... vivant, dit-il aussi surpris que tous autour de lui.

- Sur écran, ordonna-t-il très intrigué.

On lui obéit et rapidement, une image des plus surprenante apparut sur la baie vitrée. C'était... une étrange créature humanoïde dotée de trois paires d'ailes, d'une queue et de cornes. Elle semblait en très mauvais état, une petite nuée de perle de ce qui semblait être du sang l'entourant.

- Il ne s'agit d'aucune espèce connue de la Fédération, fit l'un des officiers.

- Il est... en vie, fit un autre. Ses signes vitaux sont très faibles mais bien là.

- Téléportez le dans une salle de soin sécurisée, ordonna le capitaine, prévenez l'infirmerie et envoyez des gardes au cas où.

Il fut immédiatement exécuté et il poursuivit.

- Scanner les alentours à la recherche de survivants, de cadavres, de vaisseau ou de débris de vaisseau, commanda-t-il.

- Il n'y rien monsieur, répondit-on rapidement.

- Rien ? fit-il avec étonnement.

- Pas même une miette de débris quelconque, assura-t-on.

- Donc on l'a catapulté ici volontairement, soupira-t-il. Très cruel. Bon, continuez à avancer vers le système en menant toutes les analyses nécessaires, ordonna-t-il en se levant. Je veux être tenu au courant de toute nouvelle information.

- À vos ordres, répondirent les membres de la passerelle.

Il s'en alla alors, se dirigeant vers la salle de soins où l'on avait dû envoyer l'être étrange qu'ils venaient de trouver. Jamais il n'avait vu un être de ce genre, un être ailé et il ne pensait pas que quiconque en ait vu un jour, cela se saurait. Ce n'était pas comme si voler avait fait partie des plus grand rêves de nombreuses espèces humanoïdes au point de se retrouver dans l'espace ainsi. Il arriva rapidement à destination pour tomber sur une scène inattendue. L'être ailé était étalé au sol sur le dos au milieu de la salle de soin. Tout le matériel ainsi que le lit avait été repoussé contre les murs, la raison évidente. L'être avait des ailes d'une envergure impressionnante et surtout, des ailes très abîmés, très certainement cassées d'après de qu'il voyait. Il était certainement impossible pour les médecins qui s'agitaient déjà autour de lui de le mettre sur une biocouchette. On avait donc pris le partis de le laisser au sol pour l'instant.

Christopher observa l'être incroyable, laissant les soignants faire leur travail, quelques gardes déjà postés en périphérie de la pièce, attentifs, observant avec attention eux aussi cette créature jamais vue. Pour le capitaine, il fut vite certain que les gardes n'auraient pas grand chose à faire dans l'immédiat. Il était évident que l'inconnu était dans un état catastrophique, son sang s'écoulant déjà un peu au sol. Le simple pantalon qu'il portait était en lambeaux, ne cachant rien des terribles blessures qui le couvraient. S'il ne connaissait pas cette espèce et ses spécificités, il doutait franchement que son atroce maigreur soit normale. Il ne le voyait pas respirer et il était totalement inerte. S'il savait que l'apparence n'était pas forcément fiable sur le sujet, il avait aussi l'air très jeune. Il n'en restait pourtant pas moins majestueux avec ses ailes, ses cornes et les élégants motifs de sa peau. Il vit les médecins s'affairer à toute allure autour de lui, certains le scannant, d'autres le soignant déjà en se concentrant vraisemblablement sur les hémorragies.

- Docteur Erimir, appela-t-il un moment plus tard. Que pouvez vous me dire ?

- Il est assurément dans un état critique, répondit son médecin chef. Je ne connais pas cette espèce donc nous allons tâtonner un peu mais il semble que sa physiologie interne ressemble beaucoup à celle d'un humain. Cela nous aidera. Il a de nombreuses blessures ouvertes et internes, beaucoup de fractures. Ses ailes en particulier sont très abîmées. Ses signes vitaux sont extrêmement faibles et impossible de savoir ce qui devrait être normal pour lui. Il va avoir besoin de beaucoup de soins et il va falloir trouver un moyen de l'installer correctement. On ne peut pas le laisser parterre comme ça.

- Je vais vous envoyer un peu de personnel pour vous aider à faire l'aménagement nécessaire. Avez vous une idée de ce qui a pu lui arriver ?

- Je ne peux être totalement certains mais je dirais torture, dit-il sombrement. Les dommages semblent avoir été infligé sur une longue période. Il porte des traces de liens serrés et il arbore pléthore de symptôme typiques. Il a dû être jeté dans l'espace pour x ou y raison, peut-être pour s'en débarrasser. En revanche, je ne sais pas comment il a survécus au vide. Son corps n'arbore que de très faibles symptômes l'indiquant et je ne l'aurais probablement pas détecté si nous ne l'avions pas secouru nous même et qu'on ne nous l'avait pas dis. Une analyse plus approfondie sera nécessaire. Pour le moment, nous allons traiter les dommages les plus graves et tenter de déterminer ses besoins et fonctionnement physiologiques pour l'aider au mieux.

- Faîte ce qu'il faut pour le soigner et faîtes moi des rapports réguliers. En attendant, nous allons voir s'il y a quelque chose dans ce système qui se rapporte à lui ou s'il a été lâché là par hasard.

Le médecin chef approuva et le capitaine rejoignit sa passerelle pour se remettre au travail. Longuement, ils analysèrent le système où ils se trouvaient. Il y avait une étoile, une naine jaune comme leur soleil, deux planètes et quatre lunes, deux par planète. De manière tout à fait extraordinaire, les deux planètes étaient sur la même orbite exacte, parfaitement opposée comme le douze et le six d'une horloge qui aurait l'étoile pour centre. Les deux planètes étaient propices à la vie mais ils ne découvrirent aucune civilisation consciente, juste de très nombreuses espèces animales et végétales. Le système avait ses particularités mais il n'y avait rien d'extraordinaire à première vue et pas de civilisation. On les étudierait assurément et ils allaient commencer mais il n'y avait rien de particulièrement notable en première analyse et aucune trace de l'endroit d'où pouvait venir l'être ailé. Ils se mirent donc à étudier un peu les planètes, le capitaine décidant de faire un arrêt le temps des analyses préliminaires faisant parties de leur mission.

Il fallut de nombreuses heures à l'équipe médicale avant de pouvoir faire un véritable rapport sur leur patient inconnu. Lorsqu'ils furent prêt, ils prévinrent le capitaine qui vint rapidement, ses pensées étant allées régulièrement vers l'étranger mal en point. Il se demandait ce qu'il lui était arrivé, qui il était, d'où il venait... Et il ne pouvait qu'avoir une certaine empathie pour lui en sachant qu'il avait été torturé. Pratique abjecte et barbare que personne ne méritait de subir. Lorsqu'il arriva à la salle de soin, on avait trouvé une solution pour mieux installer l'être ailé. On l'avait allongé sur une biocouchette et on avait amené plusieurs civières anti-gravité placées pour accueillir ses ailes correctement. Le dispositif prenait toute la largeur de la pièce et une bonne partie de l'espace. Les trois paires d'ailes n'avaient pas la même taille, la plus petite étant la plus basse et la plus grande la plus haute, un mètre de différence d'envergure entre chaque paire à vue d'œil. La plus grande devait avoisiner les dix mètres d'envergure. Elles avaient été soigneusement et partiellement repliées pour tenir dans la pièce et elles étaient couvertes d'attelles de fortunes que les médecins avaient dû faire comme ils pouvaient. Le corps de l'être ailé était lui aussi soigneusement installé sur la couchette. Il avait été soigné, couvert de pansement. On l'avait rhabillé d'une tenue blanche médicale et on avait adapté un haut pour ses ailes.

- Comment va-t-il ? demanda le capitaine en s'approchant de son médecin chef au chevet de l'inconnu.

- Si nous n'avons pas analysé de travers sa physiologie, je peux assurer qu'il est stable, répondit-il. En piteux état mais stable. Je ne connais pas son espèce mais je ne pense pas me tromper en disant qu'il relève du miracle qu'il ait survécu à ce qu'il a subi.

- Que pouvez vous dire ?

- Je suis certain à quatre-vingt dix huit pourcent qu'il a été torturé. Et il n'a pas été juste un peu torturé, on s'est acharné sur lui longtemps. Certaines blessures étaient déjà assez anciennes. Il y a des dégâts absolument partout. Pratiquement tout ses os, son système nerveux, circulatoire, respiratoire, digestif... partout. Il semblerait, vu la gravité des dégâts, qu'on ne se soit pas soucié de le tuer ou de le garder en vie.

- On a juste voulu le faire souffrir ? comprit-il avec écœurement.

- On a voulu le faire atrocement souffrir. Lui seul pourra dire pourquoi. Son état est étrangement stable.

- Étrangement ?

- Oui. Très sincèrement, il est incroyable qu'il survive vu ses blessures. Nous l'avons soigné du mieux que nous pouvons mais nos procédures n'ont que des effets très limités sur lui. Nos régénérateurs tissulaires n'ont quasiment rien pu faire. Son espèce n'est probablement pas compatible avec notre technologie. Nos médicaments non plus n'ont pas beaucoup d'effet. Mais il se maintient quasiment seul. Nous analysons encore sa physiologie pour le soigner de notre mieux. Elle est étonnamment proche de la physiologie humaine. Il a les même poumons, le même cœur, le même système digestif... C'est comme si on avait pris une base humaine et qu'on l'avait amélioré, changée.

- Manipulation génétique ?

- Non, non pas du tout. Impossible. Je dirais qu'il est... comme une autre évolution ou alors, une coïncidence de génétique. Ce ne serait pas la première fois que l'on rencontre une espèce qui nous est extrêmement proche à quelques différences près.

- Et ces différences sont ?

- Ses ailes bien sûr avec tout le système nerveux, circulatoire, musculaire, osseux... qu'elles impliquent. Elles sont très abondamment innervées et leurs muscles sont très complexes et puissants. Non seulement il peut voler mais elles sont assurément d'une très grande force, d'une très grande sensibilité et réactivité. Il a une queue là encore extrêmement mobile, probablement utile en vol et elle a un dard venimeux. Ses crocs le sont aussi. Ils sont un peu comme des crochets de serpent. Il n'a pas de venin pour l'instant. Son corps est probablement trop épuisé pour en produire donc je ne sais pas ce qu'il peut faire, s'il est dangereux ou non. Il a de belles griffes aussi quand aux cornes leur fonction est probablement la même que pour tout les êtres qui en ont de cette sorte. Combat, apparat... ce genre de choses. Elles ne semblent pas avoir de fonction particulière. Ce sont les différences les plus flagrantes mais ce ne sont pas les plus intéressantes, fit-il avec intérêt.

- Je vous écoute.

- Son cerveau, s'il est très semblable au nôtre, est beaucoup plus complexe et son activité cérébrale crève les plafonds de toutes les espèces connues. Sur le plan purement physiologique, je peux affirmer que nous avons là à faire à une espèce très, très évoluée, très intelligente, indubitablement consciente et pensante, probablement bien plus que nous et que toute espèce connue. Ses sens sont plus performants que ceux d'un humain et je pense que ses capacités physiques nous dépassent de loin lorsqu'il est en bonne santé. C'est une espèce fascinante.

- Vous avez fait des recherches de maladies ou autre ?

- Bien entendu. Il est sain, parfaitement sain et possède plus d'anticorps que je n'en n'ai jamais vu. Il ne représente aucun danger sanitaire pour le vaisseau. Beaucoup de choses en lui sont semblables aux humains alors je peux être on ne peut plus sûr de ce que je dis.

- Tant mieux.

- Nous allons approfondir les analyses et le surveiller de près pour voir son évolution, dit-il l'air plus grave. Sa survie relève toujours du mystère pour moi et j'ai comme l'impression que nous ne pouvons pas faire grand chose pour lui si ce n'est des soins mineurs. Réduction des fractures, traitements basiques des plaies... ce genre de choses. Cela et une surveillance rigoureuse. J'espère qu'il pourra nous aiguiller en se réveillant.

- Quand se réveillera-t-il ?

- Impossible à prévoir et son organisme est marqué par un tel épuisement qu'il pourrait rester inconscient longtemps. Je vous préviendrai de la moindre évolution.

- Bien, prenez soin de lui et faîte de votre mieux.

- Oui capitaine.

Il en fut ainsi. Des jours durant, ils analysèrent le système en même temps que l'on soignait l'être ailé. Un système que l'équipage avait décidé de nommer temporairement système Black Angel pour une raison évidente puisque la créature ailée était assurément ce qu'ils avaient trouvé de plus extraordinaire ici. Mais ils avaient aussi découvert que les planètes et les lunes ne manquaient pas d'intérêt avec leur faune et leur flore incroyablement riche et nouvelle pour eux. Chaque jour, Christopher allait aux nouvelles sur l'être ailé toujours en salle de soin. C'était une fois de plus le cas ce matin là. Il trouva l'inconnu entouré de son médecin chef et d'infirmiers, rien ne semblant avoir changé.

- C'est fascinant, murmura son médecin chef encore inconscient de sa présence.

- Qu'est-ce qui est fascinant ? demanda-t-il en attirant l'attention générale.

- Capitaine, saluèrent-ils respectueusement.

- Bonjour, répondit-il. Qu'est-ce qui est fascinant ? redemanda-t-il en s'approchant pour voir leur invité toujours inconscient.

- Notre inconnu ici présent semble être en train de se régénérer de lui même, annonça-t-il. Je crois qu'il était trop faible au début pour cela mais entre les soins que nous lui avons apporté, la nutrition et l'hydratation appropriées qu'il a reçu, il a commencé à reprendre des forces doucement. Je crois que c'est cela qui a permis à sa capacité de régénération de pouvoir refaire son travail. Cela a commencé lentement dans la nuit mais cela va aussi de plus en plus vite. Il sera peut-être guéris bien plus tôt que nous l'imaginions.

- Savez vous d'où lui vient cette capacité ? demanda-t-il avec curiosité.

- Je n'en n'ai absolument aucune idée. Nous n'arrivons pas à déterminer le comment du pourquoi. Nous ne pouvons que constater ce qu'il se passe. Cette forme de vie est incroyablement évoluée, il est probable que nous n'ayons pas les connaissances nécessaires pour la comprendre entièrement.

- Pouvez vous estimer quand il pourrait se réveiller ?

- Cela pourrait prendre encore quelques jours. Il est probable qu'il ne se réveille pas avant que son corps ait retrouvé un état relativement satisfaisant.

- C'est sûrement mieux pour lui.

Dans les jours qui suivirent, ils ne purent que voir la régénération de l'être inconnu s'accélérer de manière progressivement. Les médecins avaient décidé de lui apporter une alimentation plus riche pour l'aider et cela sembla fonctionner puisque sa régénérations pris alors plus de force. Il fut fascinant pour eux de voir ses blessures commencer à guérir lentement. Cela commença par les dégâts internes les plus graves et les fractures. C'était comme si la régénération agissait par priorité pour lui permettre de rapidement être relativement opérationnel et de pouvoir se déplacer.

Lorsque Harry, ou plutôt Harias du prénom qu'il portait depuis quelques décennies maintenant, commença à se réveiller, ce fut une chose totalement improbable qui chatouilla en premier ses sens et plus particulièrement son empathie. Une chose qu'il n'avait que peu sentit dans sa vie et qu'il n'avait pas perçu depuis très très longtemps. Cela lui rappelait... sa vie dans sa maison, quand il était professeur à Poudlard. Cela lui rappelait la famille qu'il avait eu autrefois. Cette chose, c'était de la bienveillance, une profonde bienveillance pure. Percevoir cela fut à la fois extrêmement surprenant et rassurant. Fort de ses expériences et habitudes, il se contenta de laisser son esprits et ses sens s'éveiller sans en donner de signe extérieur. Il fallait d'abord qu'il tente de comprendre ce qu'il se passait. Il se souvenait du tout jusqu'au Voile et aux milliers d'étoiles autour de lui. Il tenta donc de se concentrer pour déterminer si oui ou non, il avait des problèmes ou plutôt quel genre de problème il avait puisqu'il en avait toujours.

Il lui fallut du temps pour réellement parvenir à comprendre quoi que ce soit. L'ambiance était un peu étrange, légère et agréable mais un peu étrange pour lui. C'était un environnement différent de ce qu'il avait connu. Ses sens reprirent peu à peu de la force et ses perceptions furent plus claires. Cela sentait le fer et les énergies artificielles comme les moldus pouvaient en avoir. Mais c'était très différents de ce qu'il avait pu expérimenter dans le passé, beaucoup plus... complexe. Il connaissait bien la technologie moldu pour avoir passé beaucoup de temps parmi eux et pour avoir appris énormément à ce sujet. Son esprit de maître de la Mort et sa magie étaient capables de lui permettre d'assimiler les connaissance beaucoup plus vite et efficacement que le commun des gens et il ne s'était pas privé pour s'en servir. Sa mémoire était une bibliothèque de savoir de toute sorte aujourd'hui. Un comble pour lui qui avait toujours fuis les études. Les études et le temps que cela demandait mais pas la connaissance et ses nouveaux pouvoirs lui avaient permis d'apprendre beaucoup plus vite.

Seulement, rien autour de lui ne ressemblait à ce qu'il connaissait. C'était de la technologie moldu ou en tout cas non magique mais il n'avait jamais rien rencontré de tel. Il poussa donc ses perceptions plus loin pour détecter beaucoup de présences vivantes, certaines totalement inconnue pour lui, chose très étrange alors qu'il était certain d'avoir rencontré toutes les formes de vie existantes. Il y avait des humains, des moldus et bien d'autres aux énergie diverses incroyables. Il commença à se demander où il était. Où le Voile avait-il pu le conduire au juste ? Il continua son analyse, très surpris et très curieux. Il ne percevait rien de négatif autour de lui et les êtres qui l'entouraient alentour étaient calmes, paisibles, joyeux, avenant et ouvert dans leurs aura. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas croisé une seule personne de cette sorte. Là, il y en avait des dizaines, comme dans l'un de ses rêves. C'était incroyable et rassurant.

Il poussa plus loin, découvrant une structure étrange pleines de chose bizarres, nouvelle, attisant sa curiosité comme cela faisait longtemps que ça n'avait pas été le cas. Mais le plus incroyable fut lorsqu'il sortit de cette structure totalement artificielle pour ne trouver que du vide. Il n'y avait ni terre, ni air, ni eau, ni rien du tout. C'était vide. Comme dans l'espace. Était-il dans l'espace ? Il savait que les moldus y allaient sans dépassé la lune si ce n'était avec des sondes qui allaient un peu plus loin mais ce n'était clairement pas la préoccupation de l'époque. Comment pourrait-il être dans l'espace avec toutes ces choses inconnue ? Il y pensa un moment avant de décider qu'il lui faudrait plus d'observation et de renseignement s'il voulait comprendre.

Il se concentra sur les présences les plus proches de lui. Il n'y avait qu'une seule personne dans la pièce avec lui. Elle était proche et son aura était bienveillante, soucieuse, curieuse, claire, dévouée, attentive, tranquille et calme. Il l'observa de ses sens un moment sans pour autant donner le moindre signe d'éveil, la chose automatique pour lui. Il arrivait même à passer pour mort des heures durant s'il le voulait. Finalement, la présence s'éloigna et sembla quitter les lieux. Il attendit encore pour être sûr. Il percevait des présences dans ce qui devait être le couloir mais plus personne à proximité immédiate. Il s'autorisa alors à prendre une inspiration un peu plus profonde et à ouvrir les yeux doucement. Immédiatement agressé par la lumière, il usa automatiquement de sa magie pour déposer un voile protecteur sur ses yeux le temps qu'ils s'acclimatent et il put alors relever les paupières, découvrant un environnement étrange.

Tout était blanc, très lumineux et d'aspect nouveau pour lui, très moderne. C'était l'impression qu'il en avait. Si ne connaissait rien de ce qu'il avait autour de lui, il fut certain d'être dans une sorte de structure technologique. Il n'y avait personne près de lui et il prit son temps pour que son corps et ses sens physiques se réveille totalement. Il remua prudemment et s'il était encore lourdement blessé, chose qu'il percevait aisément mais son état semblait aussi bien meilleur qu'il ne l'avait été lors de son dernier épisode de conscience. Il s'observa, trouvant vite pansements et perfusions. On l'avait soigné et très bien d'après ce qu'il voyait. Cela faisait bien longtemps qu'on n'avait pas fait ce genre de chose pour lui et cela malgré son apparence réelle bien évidente. Il n'était pas attaché et ça aussi c'était un peu extraordinaire. Il remua doucement pour tester son corps, grimaçant sous les multiples douleurs qu'il réveilla. Mais il pouvait bouger sans trop de problème. Usant de sa magie, il scanna son propre corps pour découvrir que toute les fractures qu'il avait eu étaient ressoudées bien qu'elles soient encore fragiles. Il avait encore des entorses un peu handicapantes, des dommages musculaires mais rien d'insurmontable s'il devait bouger. Il y avait aussi encore des dégâts un peu partout mais sa régénération reprenant doucement de la force était en bonne voie pour remédier à ça et on l'avait visiblement bien soigné. Dans les perfusions, il ne détectait que de quoi le nourrir et l'hydrater, des médicaments mais rien de dangereux ou nocif, la chose le rassurant un peu plus.

Restait à savoir où il avait atterris au juste. On disait que le Voile menait au monde des morts. Lui savait qu'il n'en n'était rien. Mais où menait-il ? Il avait comme l'impression qu'il allait bientôt le découvrir. Prudemment, il se redressa pour s'asseoir, grimaçant de douleur. Mais il y parvint, se concentrant alors sur ses ailes gênées par des attelles semblant faîtes avec les moyens du bord. Il prit son temps pour les ramener vers lui et retirer prudemment ce qui le gênait, s'abstenant d'utiliser sa magie de manière visible tant qu'il n'en savait pas plus. Il lui fallut un moment pour les retirer de ses six ailes mais il y parvint, cela lui permettant de réveiller un peu ses muscles douloureux. Il les bougea ensuite un peu pour s'assurer que ça allait et si ce n'était pas la grande forme et qu'il ne volerait pas pendant encore quelques jours, c'était assez satisfaisant vu d'où il venait. Il replia ses ailes derrière lui, cela les détendant un peu puis il observa avec curiosité les étranges civières lévitantes autour de lui. Il sentait qu'elles n'étaient pas magiques mais technologiques, jouant sur les champs magnétiques et la gravité. Depuis quand les moldus savaient faire ça ?

Impassible, il observa autour de lui, repliant ses jambes devant lui. Cet endroit était totalement nouveau pour lui mais il ne se sentait pas en danger, pas du tout et là encore, cela n'était pas arrivé depuis des décennies. Il savait son instinct et ses sens infaillibles pour cela. Il resta donc détendu bien que prêt à réagir sur le champs si nécessaire. Il analysa tout ce qu'il percevait mais ses yeux et ses sens premiers ne pouvaient pas vraiment l'aider, il usa donc de ses sens magiques commençant par s'intéresser aux énergies autour de lui. Il y en avait partout, de ces énergies artificielles typiques des moldus mais qu'il rencontrait pourtant pour la première fois. En revanche, il y avait une énergie qu'il connaissait. La magie. Une magie naturelle et sauvage telle qu'il y en avait partout. Elle était dans la structure et dans le vide dehors de manière surprenante. Mais elle aussi semblait différente de ce qu'il connaissait, le laissant perplexe.

Rapidement, il dut pourtant cesser et garder sa magie en lui, se sentant épuisé par le peu qu'il avait fait, sa vue et ses sens vacillants. Il cessa donc pour garder ce qu'il fallait de force pour surveiller son environnement immédiat et réagir au besoin. Il était néanmoins relativement rassuré, tout ses instincts indiquant qu'il n'avait rien à craindre, sa magie calme et tout ce qu'il constatait plutôt encourageant. Il ne se souvenait même pas la dernière fois où il avait été dans une atmosphère aussi accueillante et paisible. Longuement, il resta là à reprendre correctement conscience, s'assurant de l'état de son corps, regardant autour de lui avec curiosité. Tout cela était incroyable. Au bout d'un moment, il sentit deux présences s'approcher de sa porte, tranquilles et douces. La porte sembla s'ouvrir automatiquement, coulissant dans les murs et les deux inconnus entrèrent, se figeant net en le trouvant éveillé et assis, surpris.

Il resta totalement impassible et illisible comme il savait si bien le faire, calme et immobile, les observant. L'un portait un maillot jaune, semblait avoir dans la quarantaine et avait une aura splendide de bienveillance, de gentillesse et de courage. L'autre devait avoir à peu près le même âge, avec un maillot bleu cette fois, lui aussi irradiant de gentillesse, de bienveillance et d'attention. Tout deux restèrent figés un instant, surpris. Puis celui au maillot jaune sourit avec douceur et calme, s'approchant doucement :

- Bonjour, salua-t-il tranquillement. Je suis le capitaine Christopher Pike, se présenta-t-il. Vous êtes à bord de mon vaisseau, l'USS Irae appartenant à Starfleet de la Fédération des Planètes Unies. Et voici le médecin chef du vaisseau, le docteur Ashton Erimir.

Si Harias n'en montra rien, il fut totalement ahuris. Capitaine ? Vaisseau ? Fédération de Planètes ? De planètes ?! Cela lui fit penser à ces films de sciences fictions qu'il avait pu voir chez les moldus dépeignant des histoires fictives de voyage dans l'espace et tout ce qui allait avec. Mais cela n'existait pas dans le monde qu'il connaissez.

- Nous vous avons trouvé à la dérive dans l'espace dans un système encore inexploré. Nous nous avons recueillis à bord et soigné. Vous n'avez rien à craindre. Nos intentions sont amicales.

Harias ne dit rien et ne laissa rien transparaître, perturbé par ce qu'il apprenait. Mais ça expliquerait les milliers d'étoiles avant de perdre connaissance. On ne savait pas où menait le Voile. Il était possible qu'il mène sur un autre monde ou un autre temps, quelque chose comme ça. Il lui faudrait en savoir plus pour comprendre. Seulement, il n'avait pas l'intention d'ouvrir la bouche. Des décennies qu'il n'avait parlé à personne et bien plus longtemps encore qu'il n'avait pas accordé de confiance. Il ne répondit donc pas, illisible, observant les deux hommes de son regard d'émeraude perçant.

- Est-ce que vous... comprenez ce que je dis ? demanda patiemment le capitaine.

- Peut-être ne parle-t-il pas notre langue ? supposa le médecin. Son espèce est encore inconnue pour nous alors peut-être que sa langue ou même sa manière de communiquer ne soient pas dans nos bases de données.

- Un traducteur peut-être ? proposa le Capitaine.

- Sans connaître son langage d'origine et sans qu'il ne prononce un mot que l'on puisse traduire ou reconnaître, on ne peut pas. Mais je lui proposerais un traducteur pour voir ce qu'on peut faire s'il parle.

- Je ne sais pas si vous pouvez me comprendre, reprit tranquillement le Capitaine. Mais sachez que vous êtes en sécurité, dit-il avec un sourire et un ton apaisant. Si vous le désirez, nous pouvons vous ramener sur votre planète ou vous offrir un abri.

Harias ne répondit pas, se contentant de les regarder et ni l'un ni l'autre ne sembla vexé ou agacé, au contraire. Ils semblaient comprendre. Le médecin se déplaça jusqu'à une table où se trouvait d'étranges instruments avant de s'approcher lentement sans menace. Et malgré qu'il ne soit pas sûr d'être compris, il lui parla tranquillement.

- J'aimerais juste vérifier comment vous allez avec cet appareil, expliqua-t-il. Vous ne sentirez rien n'ayez crainte.

Immobile, Harias le laissa faire, observant avec une curiosité dissimulée les moindre de ses gestes et ce que ferait cet étrange appareil que l'homme se contenta de pointer sur lui.

- Comment va-t-il ? demanda le Capitaine alors qu'il semblait avoir terminé.

- Mes conclusions sont toujours relatives puisque nous ignorons encore beaucoup de sa physiologie mais il semble que son état soit rassurant vu d'où il vient. Sa régénération naturelle continue d'avancer mais il faudra encore un peu de temps. Il est épuisé aussi. Mais son état est revenu à un niveau acceptable pour qu'il se réveille sans trop de mal je pense. Il lui faut encore du repos mais c'est très encourageant.

- Tant mieux, sourit-il. Vous pouvez vous reposer tranquillement, le docteur Erimir vas continuer à vous soigner. Nous allons vous apporter à manger, à boire et essayer de trouver un moyen de communiquer. Je dois retourner au travail mais je reviendrais vous voir. Prenez soin de lui docteur.

- À vos ordres capitaine.

Le Capitaine lui sourit avant de s'en aller et il resta tranquille, tentant encore d'avaler ce qu'il pouvait se passer. Visiblement, les deux hommes humains et moldus n'étaient pas du tout décontenancés par son apparence. Ils le regardaient tout à fait normalement et ne fixaient pas ses attributs particuliers. C'était des plus extraordinaire pour lui. Le médecin passa un appel via ce qui semblait être un moniteur dans le mur, demandant un repas et Harias fut plus que tenté. Il n'avait rien mangé depuis très longtemps. L'homme revint près de lui, toujours aussi serein et apaisant, tranquille et doux, souriant.

- Vous êtes dans une salle de soin individuelle du vaisseau. Il n'y avait pas la place pour vos ailes dans notre infirmerie, sourit-il. Nous nous sommes permis d'analyser votre corps pour mieux vous soigner mais il semble que nos techniques et nos médicaments ne soit pas très efficaces. Nous avons fait de notre mieux pour traiter votre état, dit-il sous son regard neutre. Et nous ferons de notre mieux pour vous aider à guérir. Vous avez retirer vos attelles, remarqua-t-il alors. J'imagine que ce n'était pas très confortable, s'amusa-t-il.

Quelques instant plus tard, un repas arrivait devant lui et il fut absolument ravi de pouvoir manger. Il n'en montra rien mais ce plateau repas ordinaire fut d'un immense réconfort pour lui. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait rien mangé. Il sentit le regard du médecin sur lui, relevant le regard dans sa direction pour lui trouver un sourire triste.

- Je sais que vous n'aviez pas mangé depuis longtemps, fit-il doucement. Ne vous en faîte pas, nous avons tout ce qu'il faut à bord et nos synthétiseurs alimentaires peuvent vous offrir une grande variété de repas.

Il ne donna pas la moindre réponse, continuant de manger jusqu'à terminer par une pomme. La nourriture semblait un peu étrange et fade mais il s'en fichait pour l'instant. La sensation d'avoir le ventre plein incroyablement bienfaitrice. Le repas terminé il se sentit somnoler, la fatigue revenant au galop. Ayant pu constater qu'il était un minimum en sécurité et qu'il n'y avait pas de danger immédiat, il se dit qu'il pouvait bien se reposer un peu et le médecin semblait parfaitement conscient qu'il en avait besoin. Il s'entoura alors de ses ailes, s'enfermant dedans, se roulant un peu en boule sur le côté pour se blottir dans un cocon confortable et obscure et se reposer.

Ce fut avec une certaine fascination que le médecin le regarda totalement disparaître derrière ses ailes, dans un cocon de plumes noires qui ne laissait plus rien voir de sa personne. Il comprit aisément que cela devait être une posture naturelle de repos pour lui, la biocouchette indiquant bientôt un état de sommeil. Il le laissa donc se reposer, heureux de voir que son réveil s'était passé dans le calme complet. Il était probable que l'être ailé ne puisse pas comprendre leur langue ou même qu'il utilise un autre mode de communication. Les analyses avaient indiqué qu'il avait des cordes vocales certes plus complexes que celles des humains mais absolument capable de parler. Mais il était aussi possible qu'il utilise des fréquences de sons différentes et que la voix ne soit pas son moyen principal de communiquer. Il essaierait les méthodes de communications standard si son patient le voulait bien. Heureusement, il avait l'air calme paisible et un peu curieux aussi vu sa manière de tout regarder. Manger avait aussi eu l'air de lui plaire et cela se comprenait puisqu'ils avaient estimé qu'il n'avait pas mangé depuis des semaines au moins. Pour l'instant, il pouvait le laisser se reposer et commencer à préparer de quoi essayer de communiquer à son prochain réveil.

Lorsque Harias sortit de nouveau du sommeil, il sentait toujours cette ambiance de calme et de bienveillance autour de lui. Il étendit pourtant ses sens autour de lui pour s'assurer de sa sécurité, détectant une seule présence dans la pièce. Celle du médecin-chef Erimir. Il semblait paisiblement occupé à il ne savait quoi. Il prit son temps pour pleinement reprendre conscience avant d'écarter doucement ses ailes et de se redresser difficilement, ses douleurs se rappelant à lui. Immédiatement, l'attention du médecin se porta sur lui :

- Doucement, doucement, conseilla-t-il la voix calme. Vous êtes encore dans un état sérieux.

Il lui laissa le temps de s'asseoir avant de s'approcher et de relever la partie supérieure de sa couchette.

- Ainsi, vous pourrez mieux vous installer, sourit-il.

Harias ne répondit pas mais il s'appuya volontiers sur la couchette pour se reposer confortablement. Le médecin lui proposa de l'eau et il but volontiers, le liquide frais soulageant sa gorge sèche.

- Vous mangez et buvez normalement, sourit le médecin. C'est très bien. Nous pourrons vous retirer les perfusions dans ce cas. Ce sera plus confortable et il semble de toute manière que nos médicaments n'aient pas grand effet sur vous. Je peux ? demanda-t-il en pointant les perfusions.

Si Harias ne lui donna pas de réponse sous quelque forme que ce soit, il le laissa venir lui retirer les perfusions.

- Voilà. C'est mieux, sourit le médecin doux et tranquille. Est-ce que vous avez faim ? demanda-t-il en lui tendant une petite coupelle de fruits.

Harias la prit avec une joie qu'il garda pour lui, observant avec curiosité les fruits. Il en connaissait certains et d'autres lui étaient totalement inconnus, l'intriguant. Il commença à manger, Erimir le laissant faire avec patience.

- J'aimerais essayer de voir si nous pouvons communiquer, fit-il finalement en sortant un appareil. Ceci est un traducteur universel. Il est capable de traduire plus de mille langues et dialectes de centaines des planètes connues de la Fédération. Je doute que votre langue y soit puisque nous n'avions jamais rencontré votre peuple mais peut-être que vous parlez plusieurs langues ou que votre langage approche l'un de ceux connus. Pouvez vous le tenir ? demanda-t-il en lui tendant.

Incertain mais aussi très curieux, Harias prit l'appareil inédit, observant le médecin appuyer sur un bouton.

- Il peut détecter votre compréhension et tenter de traduire pour vous ce que je dis et moi, je pourrais voir quelle langue vous parlez et comprenez. Essayons.

Le médecin fit une première tentative et fut totalement stupéfait de voir que le traducteur rester dans sa propre langue.

- Vous comprenez ? Vous comprenez ma langue ? s'extasia-t-il.

Harias ne répondit pas mais cela ne sembla pas le vexer.

- Mais c'est quasiment impossible puisque nous n'avons jamais eu de contact avec votre espèce, analysa le médecin. Jamais nous n'avons rencontré de nouvelle population ayant un langage identique à une autre civilisation d'une autre planète. Alors soit vous avez déjà rencontré des Terriens ou des personnes parlant notre langue, soit..., fit-il en allant chercher un autre appareil ressemblant à une tablette. Je vais passer des extraits d'autres langues.

Il s'exécuta et à chaque fois, le traducteur changeait pour prendre la dîtes langue. Le médecin comprit ce que cela voulait dire et Harias ne fut pas surpris. En tant que maître de la Mort, il était capable de comprendre et de se faire comprendre de tout ce qui vivait. Il avait découvert cette capacité il y avait plus de deux cents ans et cela faisait qu'il parlait déjà toutes les langues qu'il avait croisé, qu'il était capable d'assimiler, parler et comprendre tout nouveau langage quel qu'il soit sous quelque forme que ce soit.

- Vous êtes capables de comprendre de multiples langages, s'émerveilla le médecin-chef. C'est fantastique, s'extasia-t-il.

Harias sourit intérieurement à sa réaction. Dans le passé, tout ceux qu'il avait croisé l'auraient pris pour un monstre avec cette capacité, ici, le médecin était totalement émerveillé et excité. Longuement, il lui passa de nombreux extraits de langues, enthousiaste comme un enfant en voyant que le traducteur estimait qu'il comprenait. Et Harias lui, était totalement ahuris d'entendre de multiples langues qui n'avaient rien à voir avec ce qu'il avait déjà entendu, qui n'avaient parfois rien à voir avec les sons que les êtres qu'il connaissait pouvaient produire. C'était totalement incroyable et il peinait à intégrer ce que cela signifiait. Ce fut là dessus que le Capitaine entra, souriant à l'air enjoué de son médecin.

- Bonjour, salua-t-il.

- Capitaine, rendit l'homme.

- Comment va notre invité ? demanda-t-il.

- Il continu à se remettre tranquillement. Il mange et bois normalement ce qui est très bon signe en plus de pouvoir l'aider à se remettre plus vite. Il a mangé tout ce que ce que je lui ai proposé alors je ne pense pas qu'il ait un régime particulier. Au moins nous n'aurons pas de problème pour le nourrir.

- Très bonne nouvelle. Qu'est-ce qui vous fais sourire ainsi ? demanda-t-il ensuite en prenant un siège pour s'asseoir avec eux.

Cela faisait un moment que le médecin s'était assis près de la couchette.

- Et bien il semblerait que notre ami ici présent soit non seulement capable de nous comprendre mais aussi de comprendre de multiples langages. J'ai testé plus de deux cent langages de toutes sortes et de dizaines de planètes jusque là et il semble qu'il soit capable de tous les comprendre, dit-il en le surprenant.

- Est-ce que c'est seulement possible ? demanda-t-il.

- Et bien. Le maximum qu'un être ait pu fournir est une centaine langues parfaitement assimilées. Seulement, son espèce est nouvelle pour nous et comme je vous l'ai dis, son cerveau est très complexe et son activité cérébrale crève tout les plafonds. Il n'est pas improbable qu'il ait la capacité de comprendre pour ainsi dire tous ceux qu'il rencontre même si ça ne s'est jamais vu. On en apprend et découvre tout les jours en explorant l'espace, s'amusa-t-il.

- Incroyable, s'émerveilla le Capitaine en le rassurant à son tour sur sa réaction. Donc il peut comprendre notre langue.

- Je pense que oui.

- Très bien, répondit-il en reportant son attention sur l'être ailé. Dans ce cas, j'imagine que vous devez avoir une bonne raison de ne pas nous répondre, fit-il doucement en réfléchissant.

- Peut-être peut-il comprendre mais pas user lui même de notre langue, supposa le médecin. Ensuite, suivant sa culture, son mode de vie, sa manière de penser, de percevoir les choses... Il pourrait avoir de la peine à vraiment saisir le sens de ce que nous disons ou cela pourrait être culturel aussi.

- Ou il ne sait pas s'il peut nous faire confiance, supposa Pike en le regardant avec tranquillité.

Et Harias se retrouva intérieurement très surpris de leur ouverture d'esprit, de leur patience, de leur calme à son égard mais aussi du fait que le Capitaine puisse envisager qu'il se méfiait d'eux sans s'en vexer.

- Je vous assure que vous êtes en sécurité sur ce vaisseau, reprit l'homme. J'imagine que vous ne connaissez peut-être pas Starfleet ou la Fédération, qui nous sommes. Sachez que de nombreux peuples différents cohabitent sur ce vaisseau. La Fédération est une union de planètes, de gouvernements planétaires répondant à une sorte de code de liberté, de lois, d'unions... nous prônons l'entraide, l'entente, la cohabitation et la paix. Starfleet est une organisation de la Fédération chargée d'explorer et d'étudier l'univers, une force de défense parfois lorsque c'est nécessaire mais substantiellement, nous sommes des explorateurs, des chercheurs. Nous sommes venu ici pour explorer ce système qui nous est encore inconnu. Et nous sommes aussi connus pour venir en aide à tout ceux qui en ont besoin, fit-il doucement. Vous savez, nous avons crus comprendre que vous aviez été torturé, remarqua-t-il aussi délicatement que possible. Par votre propre peuple ou un autre, cela, vous nous le direz peut-être un jour. En tout cas, sachez que la Fédération peut vous offrir asile et protection si vous en avez besoin et si vous le voulez. L'asile et de l'aide pour vous construire une autre vie.

Harias ne répondit pas, pourtant, il fut infiniment touché autant par la proposition que par toute l'attention, la bienveillance, le soucis, l'esprit de protection et la pureté de l'intention de l'homme qu'il percevait nettement.

- Mais j'imagine que vous avez d'abord besoin de comprendre exactement ce qu'il en est, remarqua-t-il. Docteur Erimir, vous pourriez donner l'une de nos encyclopédie de découverte à notre ami. S'il est capable de lire les langues connues, il pourra peut-être avoir des réponses à ses questions sur nous.

- Oui capitaine, sourit-il.

- Ainsi, vous pourrez en apprendre un peu plus sur nous et cela devrait être une occupation correcte pendant que vous vous reposez, sourit-il. Sachez pourtant que je serais absolument ravi de répondre moi même à vos interrogations et si vous ne voulez pas nous parler, ce n'est rien. Si vous pouvez écrire, vous pouvez aussi user de ce moyen. Prenez tout votre temps. Lorsque vous irez mieux, vous pourrez visiter un peu le vaisseau. Et s'il y a un endroit où vous voudriez que l'on vous conduise, vous n'aurez qu'à nous le faire savoir quand vous voudrez.

Harias ne répondit pas et il ne s'offusqua pas du tout loin de là. Le capitaine resta encore un moment, regardant avec intérêt le médecin-chef passer encore quelques langues, regardant avec intérêt le traducteur réagir. Erimir mit pourtant finalement fin à l'expérience, estimant qu'il était temps de faire une pause et Harias lui en fut reconnaissant, épuisé même s'il ne le montrait pas. Il accepta l'eau que lui donna le capitaine avant de s'enfermer de nouveau dans ses ailes pour dormir, les deux hommes observant avec l'émerveillement d'un enfant.