HARRY POTTER ET L'ULTIME DUEL

Disclaimer : Les personnages  proviennent des livres de J.K. Rowling. Ils ne martiennent pas et je ne ouche rien pour cette histoire, juste le plaisir de faire plaisir aux autres.

J'espère que vous aimerez ma fiction. En tout cas, j'ai beaucoup de plaisir à l'écrire. Les reviews sont très, très appréciées. ^^

Chapitre 1 : Enfin libre !

Il faisait chaud à Privet Drive en ce début de mois d'août mais Harry n'en avait cure, c'était la dernière fois qu'il sortait de la maison des Dursley. Et il n'y retournerait jamais, se promit-il. Il avait désormais dix sept ans, l'âge de la majorité dans le monde des sorciers, dans SON monde. Il ne reviendrait jamais dans cette famille qui n'avait jamais voulu de lui. Pour preuve, ses chers oncle, tante et cousin, pourtant prévenus, n'étaient même pas sortis lui dire adieu. En fait, Harry savaient que c'était l'un des plus beau jour de leur vie…et de la sienne : son départ définitif.

Toutes ses affaires pouvaient être contenues dans une seule malle. Maintenant qu'il n'était plus soumis au décret de restriction de l'usage de la magie pour les sorciers mineurs, il avait utilisé plus d'une fois sa baguette mais toujours avec discrétion au cas où. Il attendait là sous le soleil de plomb l'arrivée de Monsieur Weasley qui avait promis de venir le chercher à 11 h précise. Il était 11 h 27 et toujours pas de Monsieur Weasley en vue mais Harry ne désespérait pas. Il savait qu'il pouvait compter sur chaque membre de cette famille de rouquins qui avaient toujours été beaucoup plus proche d'une famille pour Harry que ne l'était la sienne. Harry se demandait comment, cette fois-ci, ils allaient se rendre au Terrier quand il entendit un CRACK sonore. Il balayait la rue des yeux mais n'apercevait pas la source de ce bruit. Il se demandait s'il devait sortir sa baguette ou non lorsque tout à coup il vit le père de Ron s'avancer vers lui. Celui-ci émergeait des buissons de roses de la tante Pétunia, en se frottant les fesses, une grimace déformait son visage.

- Bonjour Harry ! Entre tous les buissons, il a fallu que je tombe les roses. Rappelle-moi de prévoir l'arrivée du portoloin un peu plus à gauche la prochaine fois.

- Il n'y aura pas de prochaine fois, Monsieur Weasley. Cet été était le dernier que je passais ici. D'ailleurs est-ce que vous savez s'il y a une maison à acheter près de chez vous ?

- Harry, est-ce que le Professeur Dumbledore sait que tu ne veux plus retourner chez ton oncle et ta tante l'année prochaine ?

- Oui, répondit Harry, le regard fixe et déterminé, je lui ai dit avant de quitter Poudlard en juin.

- Et que t'a-t-il répondu ?

- Qu'étant majeur je pourrais faire ce que je voudrais mais qu'il fallait que je réfléchisse sérieusement à ce que ça impliquait.

Devant le regard interrogatif et légèrement réprobateur de Monsieur Weasley, Harry ajouta :

- Et je sais ce que je veux. Je sais que je veux les quitter. Je ne veux plus les revoir. Je ne fais pas partie de leur vie. Ils ne se sont jamais privés de me le rappeler ou de me le faire sentir. Je n'appartiens pas à ce monde.

Monsieur Weasley n'ajouta rien.


Chapitre 2 : Le département des transports magiques

Deux semaines s'étaient écoulées depuis son départ de chez les Dursley. Deux semaines de pur bonheur. Monsieur Weasley n'avait pas emmené Harry au Terrier comme celui-ci s'y était attendu de prime abord mais ils s'étaient rendus dans une charmante petite maison dans la banlieue de Londres, propriété de Dumbledore qu'il avait prêté aux Weasley et qui était soumis au sort du gardien du secret pour plus de protection. Ron lui avait expliqué qu'ils ne pouvaient se rendre au Terrier pendant les vacances car l'endroit était trop dangereux : Voldemort saurait trop bien l'y retrouver.

Aujourd'hui était un jour important pour Harry. Avec Monsieur Weasley, il devait se rendre au ministère pour passer son permis de transplaner. Il était surexcité d'autant plus que Ron l'avait déjà passé et obtenu et n'hésitait pas à s'en servir à la moindre occasion.

Le ministère de la magie se trouvait à Londres et comme une semaine auparavant, Harry et Monsieur Weasley utilisèrent un portoloin pour y aller.

Les mains moites et les jambes tremblantes, Harry attendait son tour, assis dans la salle d'attente. Parfois, il apercevait un visage familier qui venait pour leur permis également. L'un d'entre eux fut, au grand dégoût d'Harry, celui de Draco Malfoy qui vint directement vers lui, sa mère à ses côtés.

- Tiens, tiens, Arthur Weasley, déclara cette dernière en les regardant dédaigneusement. Et vous accompagnez ce charmant jeune Potter, ajouta-t-elle en scrutant Harry d'un air calculateur, la voix hautaine et ironique.

- Comme vous voyez Madame Malfoy. Et comme vous le faites vous même pour votre fils.

- Certes mais je me demandais, mon cher Monsieur Weasley, comment arrivez-vous à nourrir vos enfants plus ceux des autres. Bien sûr la société ne peut pas laisser mourir de faim ses… nécessiteux mais avec votre salaire, vous et votre femme devrez vous priver de manger pendant au moins un mois, n'est-ce pas ?

- Je vous remercie de votre sollicitude Madame Malfoy mais je crois que tout cela ne vous regarde pas et …

Il ne pu continuer sa phrase, interrompu par une femme aux cheveux verts portant des lunettes immenses et une robe de sorcier rose vif qui appela :

- Monsieur Potter, Monsieur Harry Potter. Vous êtes attendu pour passer votre permis de transplaner bureau numéro douze, au fond à gauche.

Harry, précédé de Monsieur Weasley, marchait le long du couloir, le cœur battant. La confrontation avec Draco et surtout sa mère lui avait été pénible. Il était déjà assez nerveux comme ça pour que s'y ajoute de la colère. Monsieur Weasley s'arrêta soudain et Harry se rendit compte qu'ils étaient déjà devant la porte du bureau. Il sentit deux mains serrés ses épaules. Penché vers lui, Monsieur Weasley lui disait de rester calme, que tout allait bien se passer, que c'était très facile. Il tentait vainement de le rassurer mais là où ces paroles échouèrent, l'information que Ron lui avait apprise, que Grégory Goyle avait eu son permis au début de l'été (bien qu'après l'avoir passé six fois),  y réussit. Il entra donc après avoir frappé à la porte, plus confiant en ses capacités.

Une femme était assise devant un bureau, visiblement intriguée :

- Harry Potter ? Le célèbre Harry Potter ? s'enquit la jeune femme le regard brillant.

- Lui-même, répondit Harry, de nouveau mal à l'aise.

Son examinatrice lui sourit largement et lui demanda de signer au préalable un document officiel puis lui donna la formule nécessaire pour transplaner. Il connaissait déjà cette formule pour l'avoir utilisée lors des quelques leçons prises pour sa formation au cours des deux dernières semaines.

- Vous allez penser très fort à cette formule. Il faut que votre esprit soit véritablement concentré sur celle-ci pour que votre corps suive tout en pensant à la destination choisie, comme vous avez du l'apprendre au cours de votre formation. Nous vous demandons de transplaner à l'entrée intérieure du ministère où mon collègue vous attendra puis de revenir en transplanant dans ce bureau. Si vous échouez, ne vous inquiétez pas, nous ferons le nécessaire pour vous ramener en toute sécurité. Nous avons un système de pistage très efficace.  Maintenant, c'est à vous Monsieur Potter.

Harry, toujours tremblant, se concentra sur la formule et sur l'entrée de l'établissement. Il ressentit une légère secousse, puis une sensation furtive de bien être totale comme si son corps ne pesait plus rien, comme s'il volait puis fut ramener à la réalité comme ses pieds touchaient le sol. En un clin d'œil, il s'était retrouvé devant un sorcier, un large sourire au lèvres, qui l'attendait.

- Harry Potter ? demanda le sorcier.

Harry confirma d'un signe de tête trop secoué pour parler. Il avait réussi la première étape et le sorcier lui tendit un papier à remettre à sa collègue. Harry le remercia et se reconcentra sur le bureau numéro douze et en un Crack sonore, il fut de nouveau dans le bureau de la jeune sorcière. Harry, heureux de lui-même, lui tendit le papier. La sorcière lui remit alors un permis de transplaner, tout rose, où sa propre photo lui rendait son sourire. La jeune femme le félicita et lui serra la main et une minute plus tard, il rejoignait Monsieur Weasley, son permis à la main. Celui-ci le félicita à son tour et Harry entendit la sorcière aux cheveux verts appeler son ennemi. Draco Malfoy s'avança l'air revêche dans le couloir et Harry sans le regarder, se passa la main – qui tenait le papier rose – dans ses cheveux juste au moment où Malfoy passait à côté de lui. Il entendit ce dernier pousser un juron étouffé et se dit que la journée avait décidément bien commencée.

Harry partit du ministère en transplanant, accompagné de Monsieur Weasley qui revenait seulement pour s'assurer que le voyage du retour se passait bien et y retourna pour travailler.

En arrivant à la maison, Harry eu l'heureuse surprise de constater qu'Hermione était là, après avoir passée les vacances en France avec ses parents où elle avait emmené Ginny. Ginny qui, constata Harry, avait beaucoup changé durant 1 mois ½ et ce fut, en la voyant, comme s'il avait reçu un coup à l'estomac, un seau d'eau glacé sur la tête. Il se sentait fiévreux et frileux à la fois. Mais que se passait-il ?


Chapitre 3 : Retour à Poudlard

Cela faisait déjà une semaine que la rentée avait eu lieu et Harry n'arrivait toujours pas à croire en la transformation de Ginny. Où était passé la petite fille, la petite sœur de Ron qu'il avait connu ? Plus il la regardait et moins il comprenait. Il fut ramener à des pensées plus rationnelles lorsque Ron frappa la table de son poing.

- Ils sont tous cinglés ! tempêta-t-il. Comment voulez-vous faire tous ces devoirs en si peu de temps. On est à peine revenu de vacances qu'ils s'acharnent sur nous !

- Calme toi Ron, répondit Hermione qui se voulait apaisante, c'est normal qu'ils nous donnent plus de travail. Les ASPICs sont à la fin de l'année, rappelle-toi !

Ron grogna et lança à Hermione un regard exaspéré. Bien sûr, pour Hermione, plus elle avait de travail, mieux elle se portait.

- Nan mais regarde, c'est n'importe quoi ! continua t'il. Divination : Exercez votre troisième œil en analysant vos rêves. Pppfff !!! Cette nuit, j'ai rêvé que Rogue nous donnait des cours de danse de salon, habillé en dame du monde avec soie et dentelle, et qu'il valsait avec toute la « grâce » d'Hagrid ça compte ça ?

Harry éclata de rire tandis qu'Hermione lui lançait un regard mi-réprobateur, mi-amusé.

- Ne te plains pas Ron, lui dit Harry, tu n'as pas tous ces cours supplémentaires que j'ai moi en plus de tout le reste.

- Mais j'aimerais bien, répondit Ron avec envie. Avec toutes ces leçons, tu vas devenir le sorcier le plus doué de 7ème année … dépassant Hermione ! ajouta t'il en jetant un regard à cette dernière qui leva les yeux du livre des « Sorts et Enchantements, niveau 7 ».

- Moi aussi, j'aimerais bien les avoir ces cours. Tu crois que si on demandait au Professeur Dumbledore … il accepterait peut-être. Après tout, l'année dernière, on a combattu avec toi et tout le monde sait qu'on te suivrait s'il y avait un autre combat donc il faut nous entraîner nous aussi.

Ron hochait la tête vigoureusement en signe d'assentiment.

- Tu pourras lui demander Harry ? demanda celui-ci le regard rempli d'espoir.

- Oui, bien sûr. J'espère qu'il dira oui.

Harry, selon le vœu de Dumbledore, prenait des cours extrascolaires depuis sa sixième année mais cette fois-ci, cela serait beaucoup plus intensif. Cette année, il fallait qu'il réussisse réellement à se changer complètement en animagus. Il avait presque réussit l'an dernier et on pouvait deviner que sa métamorphose serait sous la forme d'un faucon. Il avait appris également des autres sorts fort utiles qui lui avaient sauvé la vie en juin dernier, ainsi qu'à ses amis à qui il avait rapporté toutes ces formules pour qu'ils s'entraînent à leur tour.

La porte de la salle commune s'ouvrit faisant place à une Ginny plus belle que jamais. Harry ressentit la même sensation qui le prenait à chaque fois qu'il l'a voyait, comme une gifle en pleine figure, un coup sur la tête, un pincement au cœur. Elle portait sa robe noire de Gryffondors et ses beaux cheveux roux étaient ramenés en chignon fait à la hâte, haut sur son crâne, avec des mèches folles qui lui caressaient le visage. Un visage qui avait bien changé, qui avait mûri. Elle riait avec une élève de septième année qui avait été transférée de Beaubâtons à Poudlard cette année et qui répondait au joli nom de Rose Martin. Elles étaient en train de parler de Rogue et apparemment Rose ne le trouvait pas laid du tout. Elle avait même l'air fasciné par leur maître des potions ce qui ramena Harry brutalement à la réalité.

- Il a ce petit quelque chose de ténébreux et quand il vous regarde avec ses yeux de braise et son air indomptable et inaccessible. Comment ne peux-tu pas le trouver séduisant Ginny ?

- Mon dieu, très peu pour moi. Je n'arrive décidément pas à te comprendre Rose. Mais c'est peut-être le fait que tu sois française, je ne sais pas ?

- Et en quoi être française change quelque chose ? demanda Rose en riant.

Harry n'entendit pas la réponse de Ginny. Rogue ? Ténébreux ? Séduisant ? Il se tourna vers Ron qui avait également entendu et vit à son expression médusée qu'il était tout aussi horriblement surpris que lui-même. Hermione, quant à elle, riait sous cape. Elle avait remarqué l'expression stupide d'Harry quand Ginny faisait son apparition dans une même pièce que lui et elle soupçonnait son ami de ne plus voir Ginny comme la petite sœur de Ron, elle s'en réjouissait secrètement. Quant à Ron, elle avait perçu les coups d'œil qu'il lui lançaient parfois et qui en disaient long sur ses sentiments à son égard. Il faudrait qu'elle commence à l'encourager. Et maintenant Rose qui s'était entiché de Rogue ! L'année promettait d'être plus amusante qu'elle ne l'avait pensé.


Chapitre 4 : Chacune sa proie.

Harry était exténué.

La veille, il avait eu sa première séance d'entraînement au Quidditch avec son équipe dont il était le capitaine. Il savait qu'ils étaient les meilleurs de l'école. Ils détenaient la coupe depuis maintenant 4 ans et voulaient la conservée. Mais leur seule fierté de remporter les matchs chaque année n'était pas leur motivation principale, s'ils la perdaient, ils savaient que MacGonagall ne serait pas loin. Sans compter la tête de Draco Malfoy dont la contemplation au moment de leur triomphe était une autre compensation jubilatoire. Ils s'entraînaient donc sérieusement et ardemment mais aujourd'hui, il avait eu une séance particulièrement dure de défense contre les forces du mal, avec Ron et Hermione dont Dumbledore avait autorisé la participation.

Ils avaient du apprendre le sortilège de « fonte de soi » c'est à dire que le corps disparaissait pendant un court instant le temps que le sort de l'attaquant soit passé avant de réapparaître au même endroit. C'était très dur il fallait une concentration extrême mais après quelques heures d'effort, tous les trois étaient parvenus à l'assimiler. Demain, ils apprendraient à solidifier leur sort du bouclier qui n'était pas tout à fait imperméable.

Harry se coucha sans un mot pour Ron qui était tout aussi fourbu que lui et sombra dans un sommeil qui fut passablement troublé par la pensée de Ginny. Ginny qui était dans la tour de Gryffondor … à quelques mètres de son propre dortoir et ses rêves le menèrent jusqu'à elle. Il rêva d'elle toute la nuit et se réveilla le lendemain tout tremblant, le cœur battant comme s'il avait réellement tenu Ginny dans ses bras, comme s'il avait humé son parfum, comme s'il avait goûté ses lèvres… à cette pensée, il se tourna vers le lit de Ron, l'air coupable, mais les rideaux étaient fermés, Ron dormait encore. Harry décida d'aller prendre une douche…froide puis d'aller déjeuner. Une longue journée l'attendait.

De son côté Ginny avait bien remarqué que l'attitude d'Harry à son égard avait changé mais elle n'osait espérer qu'il était troublé par elle. Pourtant elle l'avait vu ce matin même, lors du petit déjeuner, poser le coude dans le beurre, comme elle avant de rentrer à Poudlard. Il avait paru mortifié. Il y avait de quoi ! Heureusement, personne d'autre qu'elle n'avait remarqué sa maladresse. Se pouvait-il que… ? Non, ce n'est pas possible, pensa-t-elle. Il ne m'a jamais regardé avant. Oui mais, avant hier, il s'était pris les pieds dans le tapis lorsqu'elle était rentrée dans leur salle commune et il n'y avait qu'elle et lui, aucune autre fille et quand elle lui avait souri, il avait rougi… rougi !!! Oui, oui, pensa-t-elle un sourire rêveur aux lèvres, peut-être est-il temps de provoquer un peu le destin.

- Cours de potion, double en plus, soupira Ron attendant que la salle de cours s'ouvre devant leur professeur préféré.

- Ne t'inquiètes pas Ron, ça va passer vite, déclara Hermione d'un ton câlin, en lui caressant doucement la main.

Ron était stupéfait. Hermione avait une drôle d'attitude avec lui. Elle lui parlait plus souvent avec douceur, le touchait souvent, avait des petites attentions envers lui et parfois elle lui lançait des œillades…de…de…gourgandine ! Non, non ! se dit-il. Hermione n'est pas une gourgandine. Mais pourquoi me regarde-t-elle comme ça ? Pourquoi me caresse-t-elle toujours la main ? Pourquoi… ? Pourquoi… ? Décidément, il n'y comprendrait jamais rien avec les femmes. Elles sont trop compliquées.

La porte s'ouvrit sur un Rogue passablement énervé qui leur ordonna sèchement d'entrer.

Tous s'installèrent rapidement et Rogue qui avait écrit la liste des ingrédients qu'il leur fallait pour la potion de paralysie totale momentanée au tableau, leur dit qu'ils avaient les deux heures pour la préparation et qu'il voulait leur flasque pleine à la fin du cours pour les noter.

- Ceux qui ne m'auront rien apporté auront zéro, ajouta t'il en regardant Harry de son habituel regard dégoûté.

Harry n'y fit pas attention et commença à préparer sa potion. Au bout d'une heure, le liquide d'une couleur gris perle commençait à bouillonner doucement. Il regarda la potion d'Hermione pour voir s'il n'avait commis aucune erreur et à son grand soulagement elle était semblable à la sienne. Il leva les yeux vers Rogue et fut très surpris de voir que le teint de celui-ci était beaucoup moins pale que d'habitude, légèrement rose même et il avait une expression qu'on pourrait qualifiée de déconcertée, voire un peu horrifiée. Harry regarda autour de lui pour connaître la cause de ce trouble, tellement inhabituel chez son professeur de potion, et la découvrit rapidement. Il réprima un fou rire. Devant le bureau professoral, Rose Martin, dont la potion grise bouillonnait également, dévorait littéralement des yeux celui qu'elle avait qualifiée de « ténébreux ». Pas étonnant que Rogue ne sache quoi faire, cette situation devait être une première pour lui. Il se retrouvait dans la peau de Lockhart, ce qui pour Rogue, lui était étranger et Harry ne croyait pas que provoquer cette attention passionnée devait tellement lui plaire.

Rose leva la main et Rogue ne pu réprimer un léger sursaut. Il ne pouvait ignorer cette main, il fallait qu'il réponde mais bon sang qu'avait-elle à le regarder ainsi. Jamais, au grand jamais, il n'avait vu une fille le regarder comme celle-ci le faisait. Il leva la tête du parchemin qu'il faisait semblant de lire et planta ses yeux froids, essayant d'avoir l'air le plus méprisant possible, dans ses yeux violets. Elle n'eut aucunement l'air effrayé mais pire … elle semblait fondre, comme s'il lui avait décoché un sourire ravageur. Il n'était pas Lockhart que diable ! Etait-ce parce qu'elle était française qu'elle ne réagissait pas comme les autres devant ses regards noirs ? Il savait que la réputation des sorciers d'Outre manche était beaucoup plus libertine qu'ici mais quand bien même, ils ne devaient pas être masochistes. Enfin, il l'espérait.

- Oui Miss Martin, s'entendit-il lui demander, tandis qu'il se raidissait sur sa chaise comme dans l'attente d'un coup qu'il reçu presque lorsqu'il entendit sa voix onctueuse lui répondre.

- Professeur, combien de temps faut-il laisser la potion bouillir avant qu'elle ne soit totalement prête ?

- C'est inscrit au tableau, cracha t-il, vous savez lire Miss Martin, 45 minutes à partir de l'ébullition !

Il se penchait de nouveau sur son parchemin, ses cheveux gras tombant en mèches devant son visage comme un rideau protecteur du regard brûlant de son élève, alors qu'elle ajoutait toujours en souriant béate :

- Oui bien sûr, je n'avais pas vu, Professeur.

Il soupçonnait cette dernière de n'avoir parlé que pour attirer l'attention sur elle – comme s'il ne la voyait pas ! – et d'entendre sa voix car elle avait l'air maintenant au bord de l'extase. Il fut soulager lorsque le cours pris fin, ignorant son élève lorsqu'elle avait déposée sa flasque sur son bureau en lui décochant une oeillade de velours, la main sur le cœur. Il ne savait quelle attitude adopter et bon sang, elle lui avait fait perdre tout sens commun : il n'avait même pas houspillé Potter ni enlevé des points à Gryffondor. Quel piètre professeur il avait été aujourd'hui !

Chapitre 5 : Halloween

Les gryffondors étaient en ébullition : ils avaient gagné le match contre Serdaigle 250 à 220. Tout le monde dansait, riait, mangeait et buvait la bièraubeurre qui coulait à flot. Harry se laissait entraîner dans ce tourbillon de liesse. Ron sentit une main l'attraper, le tirer et deux minutes plus tard, il se retrouvait dans le dortoir des filles, Hermione le félicitant chaleureusement d'avoir aussi bien gardé les buts. Elle l'attira soudain vers lui, l'embrassa à pleine bouche tandis que Ron restait là, immobile les yeux ronds puis elle lui reprit la main et repartie l'entraînant jusqu'à la salle commune. Ron ne comprenait pas, son cerveau était comme vidé. Pourquoi Hermione l'avait-elle embrassé ? La question sortit de sa bouche sans qu'il l'ait réellement voulu et Hermione ricana.

- Ce que tu es bête ! Pourquoi une fille embrasse-t-elle un garçon ? Peut-être parce qu'il lui plaît et qu'elle s'impatiente qu'il fasse le premier pas ? Qu'en penses-tu ?

Mais Ron ne pensait à rien, il ne « pouvait » pas penser. Hermione s'en aperçu lorsqu'il eut à peu près la même tête que celle de Goyle. Elle ria de nouveau, lui tapota le bras et parti rejoindre Harry. Le cerveau de Ron recommença à fonctionner à ce moment-là, à toute vitesse. Hermione voulait qu'il l'embrasse. Hermione voulait qu'ils sortent ensemble. Je lui plais, pensa-t-il extatique. Il se mit à sourire en la regardant et se promit que le prochain pas, ça ne serait pas elle qui le ferait.

*  *  *

La grande salle était décorée à la perfection, alternant le noir et l'orange, les citrouilles évidées flottant dans le ciel. Des toiles d'araignées s'étendaient ça et là comme si Aragog avait décidé d'y faire son nid. Ron frissonna. Les quatre tables étaient garnis de mets plus appétissants les uns les autres, semblant croulés sous les gâteaux et confiseries les plus diverses. La salle était peu éclairée, lui conférant un aspect lugubre de circonstance avec la fête d'Halloween.

Tous les élèves et les professeurs étaient réunis, impressionnés une fois encore par la majesté du lieu. Harry et Ron  s'assirent l'un à côté de l'autre tandis qu'Hermione s'installait en face d'eux. Une faim de loup tenaillait Harry et il entendit Ron faire écho à sa pensée. Ils commencèrent tous à vider les plats et à remplir leur assiette alors qu'une musique de fond angoissante emplissait la pièce de ses sons gémissants. Harry portait sa première bouchée à ses lèvres lorsque Ginny vint s'installer à côté d'Hermione juste en face de lui. A présent, il n'avait plus faim du tout. Heureusement Ron réussit à le détourner de cette étrange fascination avec sa conversation mais Harry ne put oublier totalement sa voisine dont les moindre gestes gracieux provoquaient une boule dans sa gorge. Une fois les estomacs bien remplis, Dumbledore annonça que la fête commençait et les longs hurlements lancinants se turent pour faire place à une musique beaucoup plus entraînante. Les tables furent déplacées contre les murs pour assurer une large piste de danse. Les couples se formaient, se mouvant, pour certains, en une intense frénésie. D'autres restaient en retrait l'air horrifié.

Harry vit Draco Malfoy danser avec Pansy Parkinson tandis qu'il se sentait tirer par le bras par Parvati Patil. Il n'eut pas d'autre choix que de la suivre et se laissa guider par sa cavalière très enthousiaste. A ses côtés, il aperçu Ron et Hermione et remarqua que Ron avait l'air beaucoup moins à l'aise que son amie mais il avait l'air plein de bonne volonté. Harry enchaîna trois danses comme celle-ci avec Parvati qui n'avait pas l'air de vouloir le laisser partir. Il cru un instant, avec crainte, qu'elle avait jeté son dévolu sur lui. Mais lorsque la musique pris fin, il s'éloigna d'elle et alla chercher une bièraubeurre.

En se frayant un chemin dans cette cohue, il resta interloqué devant le comportement étrange de Rogue. Il avait l'air horrifié lui aussi, jetant des coups d'œil furtifs derrière lui comme s'il était poursuivi et tentait de fuir. Il comprit instantanément la situation lorsqu'il vit Rose Martin le regard fixé sur le professeur, le regard enamouré, essayé de rejoindre celui-ci pour, qui sait…lui faire une déclaration ?

Harry sentit monter en lui une vague d'intense plaisir à la vue de la fuite de Rogue devant ce qui devait lui paraître une extrême menace : son élève. Ce soir au moins, il savait qu'il avait appris quelque chose sur son maître des potions, ce dernier connaissait le moyen de s'esquiver au plus vite dans des situations dangereuses et périlleuses.

Harry reporta son regard sur l'évolution des danseurs lorsqu'il sentit de nouveau que quelqu'un tirait sa manche. Il se retourna prêt à éconduire Parvati quand il rencontra deux yeux verts et lumineux. C'était Ginny. Il resta là, la bouche ouverte et sèche, ne trouvant pas de mot à lui dire. Elle lui demanda s'il voulait bien être son cavalier. Il ne pu qu'émettre un borborygme qu'elle du interpréter comme un oui car elle l'entraîna sur la piste. Comme un fait exprès, le rythme endiablé fit place, à ce moment-là, à un slow langoureux et Ginny s'approcha d'Harry plus près, tellement près qu'il pouvait sentir les courbes de son corps contre le sien et cela ne le rendait que plus nerveux. Très raide au début, il réussi peu à peu à se détendre comme s'il faisait une incursion au paradis. Il pouvait sentir l'odeur sucrée de sa peau, la douceur de ses cheveux contre sa joue et il se sentait bien, comme en communion avec la jolie rouquine. Lorsque le morceau prit fin, ils se détachèrent à regret l'un de l'autre, troublés, les yeux humides d'émotions contenues. Et bien qu'ils furent séparés par la suite, Harry ne pu penser à autre chose, se demandant pour la première fois si l'enfant qui avait fait partie de son passé, en devenant femme ne signifiait pas son avenir.

Il y réfléchissait encore, lorsque dans son lit, il entendait les ronflements de ses camarades.


Chapitre 6 : Cours intensifs

Harry, Ron et Hermione arrivaient bien maintenant à réaliser le sortilège du bouclier qui était d'une solidité à toutes épreuves lorsque leur concentration allait de pair. Ils savaient transformer n'importe quel objet en portoloin et s'épuisaient sur les métamorphoses complexes. Harry essayait vainement de transformer un jet d'eau en jet de flammes puis de le geler mais ce n'était pas facile. Le professeur MacGonagall le conseillait gentiment, lui répétant que la maîtrise des éléments était souvent primordial pour certains combats et que cela facilitait grandement la vie quotidienne.

Les cours d'animagus ne se passaient pas non plus comme Harry l'avait désiré. Il avait l'impression de régresser plutôt que de s'améliorer.

- Je pense que c'est parce que vous êtes épuisé Potter. Vous avez beaucoup trop de responsabilités et d'activités, déclara son professeur. Elle hésita puis ajouta : Peut-être devriez-vous arrêter le Quidditch.

Il y eu un instant de silence pendant lequel tout le monde regardait Harry. Celui-ci répondit fermement :

- Non Professeur, le Quidditch est, en ce moment, la seule activité qui me détende. Elle maintient mes réflexes et si je ne joue plus… Non, non, je ne peux pas.

Il secouait la tête avec véhémence et ajouta :

- En plus, qui me remplacerait ? Comment ferait-on pour gagner les matchs sans attrapeur qui est aussi le capitaine. Je TIENS à rester dans l'équipe, je TIENS à jouer les prochains matchs, je TIENS à …

- Oui, oui, d'accord Potter. Mais il faut bien que vous preniez la juste mesure des choses. Les ASPICs se passent cette année et si vous voulez devenir Auror, il faut avoir les plus hautes distinctions, comme vous le savez. De plus avec ces cours supplémentaires tout cela entraîne une charge de travail supplémentaire. C'est pourquoi, j'ai pensé au Quidditch.

- Non !

Sa décision était prise et sans appel. Il ne renoncerait pas au Quidditch. Madame MacGonagall  n'ajouta rien.

Pendant plus d'un mois, ils ne s'attelèrent qu'à leurs cours de défense supplémentaires, s'activant férocement pour combler leurs lacunes et apprendre d'autres sorts et métamorphoses. Les éléments se laissaient maîtrisés désormais. Liquide, solide, feu, glace n'avaient plus de secrets pour eux. Seulement, ils n'apprendraient pas l'élément gazeux plus complexe que les autres et qui n'était peu ou pas utilisé lors des duels. Leur programme scolaire, pourtant lourd, se déroulait le mieux du monde et le l'équipe de Gryffondor avait remporté le match contre les poufsouffles haut la main. Tout aurait pu se passer le mieux du monde s'ils n'avaient pas lu la gazette du sorcier et appris que Voldemort avait tué la famille Backer, tous membres de l'Ordre du Phénix. Harry n'était pas sans savoir que Voldemort sévissait partout sans impunité, à la recherche du pouvoir et de l'immortalité. Cette constatation l'emplissait d'une rage impuissante. Il fallait absolument qu'il apprenne plus de sort et qu'il arrive enfin à se métamorphoser en animal. Coûte que coûte, il y arriverait et le stopperait.