'Llo!

J'ai reçu pas mal de questions sur la fin du dernier chapitre, notamment la dernière réplique de Snape… Je n'en sais rien, moi, de ce qui se passe dans la tête de notre cher Maître des Potions! Harry non plus d'ailleurs, et il est plus concerné que moi…

Je pense juste que Sevy-chou – oué, nan, j'arrête sinon je vais me faire trucider – que Snape en a marre de sauver la vie de Harry… Pour quelle raison? Ah bah là, à vous de voir… ^____^

Everybody wants to be a cat…

Quatrième et dernier chapitre

" Allez vous faire foutre, Potter."

Est-ce que Snape tenait tant que ça à le voir partir?

Mouais… Mais ça ne servait à rien de lui dire ça. D'une part parce qu'il dormait – ou faisait semblant. Et si l'autre s'en était rendu compte il l'aurait réveillé. D'autre part parce que Harry connaissait depuis longtemps l'opinion de l'homme à son sujet. Pas besoin de le lui répéter.

C'était bizarre, tout de même.

Son professeur avait juré. Harry ne l'avait jamais entendu jurer.

Et puis Ron lui avait distraitement raconté que l'homme était verdâtre en le découvrant inanimé par terre…

Il leva les yeux sur une brunette qui faisait irruption dans la Salle Commune.

- Salut Hermione!

- Bonjour, fut la réponse très froide.

Elle lui en voulait toujours pour le coup de l'Œuf. Peut-être que la présence d'un Poufsouffle de septième année en train de lui gratter son devoir à la table d'à côté n'arrangeait rien.

- Laisse tomber, marmonna Ron, le nez dans un bouquin. Donne-moi un chocolat.

- Je viens d'avaler le dernier, fit piteusement Harry.

- Vous avez tout mangé! se récria leur amie qui semblait oublier sa colère sous le coup de l'indignation. Le tonneau des Danaïdes, vous connaissez? Laissez tomber, ajouta-t-elle devant leur regard bovin.

- On dit que les gens qui mangent beaucoup de chocolat sont en manque d'affection, remarqua innocemment Ginny un peu plus loin. Il faut leur trouver quelqu'un.

Une lueur mauvaise brilla dans les yeux de la brunette.

- Pourtant Harry sort toutes les nuits, siffla-t-elle. Ca ne marche pas comme tu veux?

- Beuh… bredouilla-t-il.

Mais elle était déjà partie.

- A mon avis, elle est furax de ne pas être dans le secret, remarqua Ron en continuant à lire.

- Ou elle est jalouse. C'est à elle qu'il faut un copain. Je vais lui proposer du chocolat…

- Sérieusement, tu vas lui dire?

- Le jour où Draco Malefoy t'appellera "Mon amour", je lui dirai.

Il y eut un silence.

- J'ai quand même un truc à lui demander.

- Hermiooooone…

- Je. Suis. Très. Occupée.

Harry lui fit son plus beau sourire.

- Mais j'ai besoin d'un conseil!

- Demande à ton Poufsouffle.

Il l'agrémenta de petites étoiles dans les yeux…

- C'est pas pour un cours…

- Demande à ton cher Ron.

Il passa en mode larmoyant.

- Méééééé… Y'a que toi qui peux m'aideeeeer…

Elle hésita. Hop! Harry ajouta un petit coup de rougissement. Hermione sourit légèrement.

- Un problème de cœur?

Il hocha la tête, ravi. Son amie était tellement prévisible… Riant sous cape, il continua.

- C'estàproposdequelqu'unmaisjesaispastropcequ'iilpenseetpuisjemedemandaissi…

- Ce qu'il pense?!

Merde. Double merde. Triple merde. Quadruple merde.

- Harry tu me parles d'un garçon?!

Hermione ouvrait de grands yeux. Houlàlà. Son petit plan pour lui extorquer son avis sans qu'elle devine de quoi il s'agissait vraiment était en train de tomber à l'eau…

- Oui… bégaya-t-il sans trouver d'autre idée.

* Enfin nan mais… mais je peux pas te diiiiiiiire!*

Son amie inspira profondément.

- Wou. Ca fait un choc. Bon. (Puis un grand sourire apparut sur son visage.) C'est qui?

* Snape. NAN!*

- Ben je préfèrerais enfinjeveuxpasc'estcompliqué…

Hermione rigola.

- C'est pas grave! Et qu'est-ce que je peux faire pour toi?

Harry choisit soigneusement ses mots.

- Admettons – et je t'en prie ne pense à personne de particulier – que quelqu'un te haïsse. Maintenant admettons que tu viennes de risquer ta vie. Stupidement. Et que cette personne, après avoir vitupéré à tous vents, reste cinq bonnes minutes près de toi sans dire mot et parte en lançant un "Allez vous faire foutre, Potter." d'une voix fatiguée. Sachant que tu es sensé dormir. Mais que tu ne dors pas. Alors?

Hermione le dévisagea vingt bonnes secondes. Puis répondit d'une voix prudente.

- Alors tu quittes cette école dans deux mois. Il serait peut-être temps de te décider.

Hermione était fichtrement intelligente, tout de même. Enfin c'était pour cela qu'il était allé la voir…

Il se recala sur les genoux du Maître des Potions qui, assis dans son fauteuil, parcourrait une copie d'un air peu concentré. Oui, Hermione était intelligente. Et en général de bon conseil. Mais là…

" Tu quittes cette école dans deux mois. Il serait peut-être temps de te décider."

Se décider… Se décider à quoi? A admettre qu'il redoublerait volontiers pour pouvoir se prélasser encore une année sur le canapé de son professeur de Potions? Inutile: il y avait longtemps qu'il l'avait admis. A sauter au cou de l'homme? Ben voyons… A arrêter tout ça?

Non… ça, il ne pourrait pas.

Il sursauta quand Snape envoya sa copie au diable et le prit dans ses bras.

- C'est bien d'être un chat, hein? murmura l'homme. Pas d'ennuis. Pas de fonds de poubelle à corriger, pas de vieux bouc à qui obéir, pas vagues méduses atrophiées du cerveau aux hormones galopantes à qui tenter d'enseigner… Pas de majeurs problèmes auxquels faire face, à part trouver quelqu'un pour te nourrir deux fois par jour… Tu es heureux, toi?

Harry du faire une telle tête que l'homme eut l'air sceptique.

- Tu n'as pas l'air. Si ça peut te faire plaisir, on est deux dans le même cas… soupira-t-il.

Harry le regarda d'un air curieux. Snape hésita.

- Non, laisse tomber, c'est stupide.

* Et bien si ça peut te faire plaisir, là aussi on est deux dans le même cas…* pensa amèrement l'adolescent en lui donnant un coup de tête consolateur.

- Allez, dodo.

Harry rêvassait devant son assiette d'œufs brouillés, songeant à des choses gaies telles que le suicide, la mort, le pourquoi et le comment de la vie, et le lit de son professeur de Potions. Bordel.

- Alors, prêt?! s'exclama joyeusement Ron en se laissant tomber à son côté.

Harry lui jeta un regard d'incompréhension à peine intéressée.

- Hé! C'est aujourd'hui le début des examens blancs, tu te rappelles? Ce matin, Métamorphoses, cet aprèm', Divination, demain matin, Botanique, demain…

Fuuuuuuuuuuuuuuuuck.

Harry replongea avec résignation dans ses pensées entraînantes.

Merveilleux.

Il avait survécu. Une fois de plus, Harry Potter avait survécu – aux examens blancs. Enfin presque. On était vendredi, il était trois heures du matin, et Harry se préparait à sa dernière et pire journée de ces p****** d'examens qu'il avait oubliés – on se demande pourquoi – en l'occurrence Histoire de la Magie et… Potions.

Mer-veil-leux.

Bleu – non, vert – non, bleu – à moins que rouge, finalement?

De quelle couleur devait être cette maudite potion?

Il savait que Snape, même s'il ne pipait mot, ne perdait pas un de ses gestes. Il savait aussi que s'il levait le regard vers lui, les chances de se souvenir de cette fichue couleur seraient réduites à néant.

Allez, bleu.

Il versa d'une main – presque – ferme le dernier ingrédient, et attendit.

C'était long. C'était très long. Putainest-cequec'étaitnormalquecesoitaussil –

Bleu.

Snape ne dit rien. Merde. Il s'était trompé. De toutes façons il ne se souvenait même plus de quelle potion il s'agissait et puis ça serait comme d'habitude et puis il allait se faire engueuler et puis Snape était un bâtard et puis peut-être que s'il sautait dans les bras de l'homme celui-ci accepterait de lui gratouiller la tête?

* PAPA MAMAAAAAAAAAAAAN!!!! AIDEZ-MOAAAAAAAAAA!!!*

- Pas mal, Potter, lâcha le professeur avec une nette nuance de déception.

Harry cligna des yeux. Non. Il n'était pas passé dans une autre dimension. Snape lui faisait bien un compliment.

- Vous comptez occuper la place encore longtemps?

La voix froide le tira de son abrutissement.

- Heu… non, non… (Il vida son chaudron dans l'évier, y passa un coup d'eau et saisit ses affaires.) Merci. Au revoir, balbutia-t-il.

Snape ne répondit pas.

* C'EST MOAAAAAAAAAAAAA!!!*

- MIAAAOOOUUUUUUUUUUUU!!!

Harry entra en bondissant dans les appartements du Maître des Potions et sauta immédiatement sur les genoux de ce dernier.

- Mioooouuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrrrrronnnnnnnnn…

* Je t'ai manqué, hein, dis?*

Il poussa un feulement surpris quand l'homme se leva brutalement du sofa en l'empoignant par la peau du cou. Il allait lui donner un coup de patte mi-indigné mi-joueur, mais se glaça en avisant le regard de l'ancien Mangemort qui l'avait élevé à hauteur de son visage. Un regard made-in-Snape, le regard qui vous vous fait instantanément comprendre que vous seriez bien mieux à l'autre bout de la terre mais que hélas…

- Fini de jouer.

… vous n'y êtes pas.

* Je suis maudit.*

- Un chat sans maître, commença l'homme, un chat suffisamment intelligent pour comprendre ce qu'on lui dit, et même ce qu'on ne lui dit pas. Un chat qu'on ne croise pas de la journée. Et un chat qui s'absente pendant toute la durée des examens blancs, pour revenir comme une fleur quatre heures après la dernière matière. ( Il eut un rictus un peu amer.) J'ai été stupide, mais finalement il y a pire que moi. Quelques petits soucis de révisions, peut-être?

Si Harry avait pu, il se serait tiré une balle dans la tête sans hésiter.

Avant qu'il n'ait pu esquisser un geste, Snape l'avait déposé à terre, avait sorti sa baguette et avait prononcé le contre-sort. Et il se retrouva assis sur le tapis, aux pieds de l'homme.

Nu, bien sûr.

Harry n'avait jamais, jamais pu surprendre Snape. Il se rattrapa au-delà de toutes ses espérances.

Ils restèrent à se regarder dans le blanc des yeux pendant une bonne trentaine de secondes, Harry terrorisé, et Snape ayant visiblement du mal à… à respirer, à penser, à déglutir, à tout. L'homme prit finalement une grande inspiration.

- Potter, je – vous – donnez-moi une bonne raison de ne pas vous jeter l'Endoloris sur-le-champ.

- Si vous faites ça je vais hurler et on me retrouvera tout nu dans votre chambre et vous aurez des ennuis, bredouilla-t-il.

C'était la première chose qui lui passait par la tête. Snape le fixa froidement, puis empoigna sa baguette.

- D'accord. Le Sortilège de Mort, alors.

- Et mon cadavre?! tenta-t-il faiblement.

L'homme resta impassible, mais Harry crut voir son regard pétiller imperceptiblement. Une illusion d'optique, sûrement.

- Ne vous inquiétez pas pour ça, Potter, fut le réplique glaciale. J'ai des chaudrons assez grands pour vous faire cuire en entier.

- J'en suis heureux pour vous, répondit-il d'une voix misérable.

Puis il ferma les yeux, la tête rentrée dans les épaules, attendant le sort, regrettant vaguement de ne pas avoir dit au revoir à Ron et à Hermione, de ne pas avoir remercié Dumbledore pour tout ce qu'il avait fait pour lui, de ne pas avoir pété le nez de Malefoy une dernière fois, de ne pas –

- Debout.

Il ouvrit un œil et vit que Snape s'était un peu éloigné et le regardait froidement. Il allait prestement obéir mais…

- Hum…

Il lui jeta un coup d'œil timide.

- Vous n'auriez pas – heu – quelque chose pour…

Snape lui jeta une des moelleuses couvertures qui traînaient sur les fauteuils et Harry s'enveloppa maladroitement dedans.

- Merci, murmura-t-il.

Un silence plutôt inconfortable s'installa. Harry regardait fixement ses pieds, se disant distraitement que le tapis était aussi confortable sous ses coussinets de chat que sous la plante de ses pieds nus, qu'il pourrait même s'y rouler sous forme humaine comme il le faisait déjà sous forme de chat et que… Il piqua un fard formidable. Snape dut le remarquer car il parla enfin d'une voix sèche.

- Bien. Potter. Allez-vous me dire la raison pour laquelle vous vous êtes infiltré durant près d'un mois dans ma vie privée sous votre forme Animagus, qui, soit dit en passant, n'est pas enregistrée par le Ministère, et constitue déjà une raison plus que valable pour vous envoyer à Azkaban?

Voilà qui commençait merveilleusement, se lamenta Harry.

- Je suis obligé de répondre?

- Je pense, oui, fut la réponse sèche.

- Pourquoi? Vous ne pouvez pas m'ôter de points on vous en demanderait la raison, et je pense que vous auriez pas mal d'ennuis, risqua-t-il.

L'homme s'approcha d'un air menaçant.

- Peut-être, Potter, mais je vous assure que je peux aisément m'arranger pour que vous n'obteniez jamais la bonne note en Potions qui vous est nécessaire pour votre entrée à l'Ecole des Aurors.

- C'est du chantage! protesta-t-il.

- Excusez-moi, mais c'est moi qui viens de découvrir que mon chat était en réalité un Animagus – et un de mes élèves, qui plus est. Et bien? Une nouvelle farce de ces valeureux Gryffondors?

- Non!

Snape haussa un sourcil inquisiteur.

- Je – enfin je…

Harry ne voyait vraiment pas ce qu'il pourrait lui raconter.

- … enfin c'était sympa. De venir ici. Le soir, balbutia-t-il simplement.

Aïe. Aïaïaille. Aïaïaïaïaïaïaille.

- Très flatté, fit Snape d'un ton qui exprimait tout le contraire. M. Harry Potter trouve donc "sympa" de se transformer en chat pour passer ses soirées avec son professeur de Potions? Lequel professeur n'est bien entendu pas au courant…

Harry déglutit.

- Vous vous foutez de moi, Potter?! hurla Snape, furieux cette fois. Répondez-moi!

- N – non, monsieur. Je suis désolé, monsieur. Mais si je vous l'avais dit, vous ne m'auriez pas laissé –

- Assurément, fut la réponse sarcastique. Maintenant allez-vous en, Potter.

- Mais je –

- Réellement, Potter, sortez d'ici, fut la réponse glacée.

Sous-entendu: "Avant que je ne vous tue pour de bon."

Harry baissa la tête et se dirigea vers la porte.

- Excusez-moi, répéta-t-il encore une fois sur le seuil. Je ne voulais pas…

- Sortez. D'ici.

La voix de Snape tremblait véritablement de rage. De rage?

La porte se referma derrière lui. Harry resta un instant immobile, les yeux fixés sur le mur en face de lui, puis se retourna et frappa.

- QU'Y A-T-IL ENCORE?!

Harry poussa timidement le battant et passa la tête par l'ouverture.

- Et bien, pendant qu'on y est… Je veux dire puisque vous me criez déjà dessus… Je voulais vous remercier pour m'avoir sauvé la vie un nombre incalculable de fois, déclara-t-il gentiment.

Snape était blême et ses yeux flamboyaient tandis qu'il marchait vers lui.

- C'est bon, Potter? Vous avez terminé?! articula-t-il en gardant difficilement son calme.

- Je le pense vraiment, vous sa –

Schlack.

Une main le repoussa fermement dehors, et la porte claqua à son nez. Il resta de nouveau un moment sans bouger, puis refrappa.

Un chapelet de jurons fusa tandis qu'il rouvrait rapidement la porte et se glissait à l'intérieur. Snape, un verre à la main, le regarda comme s'il allait vraiment le vaporiser.

- Je voulais vous dire que vous avez des mains délicieuses.

L'homme en resta comme deux ronds de flan et Harry en profita.

- Et que vous êtes tout à fait attirant quand vous dormez.

- Potter –

- Et puisque j'en suis à tout confesser, continua Harry en essayant de ne pas trop réfléchir – s'il n'avait même qu'un peu réfléchi, il serait parti en courant -, et bien j'ai profité de votre sommeil pour passer plusieurs nuits, six exactement, dans vos bras, sous ma forme humaine. Oh, et puis j'ai fouillé dans votre album de photos. Je – je suis vraiment désolé pour votre ami. Malefoy est un connard. Le père comme le fils. J'ai adoré me faire papouiller dans vos bras. Et puis Dumbledore m'a reconnu, quand il est venu. Et vous avez une voix vraiment sexy. Et je m'excuse pour avoir massacré votre laboratoire, la première nuit. Et puis… je voulais vous demander pourquoi vous m'avez dit d'allez me faire foutre, dans l'infirmerie, parce que vous aviez l'air vraiment triste, mais je suppose que vous ne me répondrez pas. Bon. Je m'en vais. Je vous rends juste votre couverture…

Il laissa simplement tomber la couverture à terre. Si Snape avait eu l'air choqué quelques minutes auparavant, ce n'était rien à côté de la tête qu'il tirait actuellement. Harry soupira et se détourna, se demandant vaguement combien de dixièmes de secondes il lui restait exactement à vivre…

- Potter…

Ca sonnait vraiment, vraiment très étranglé. Harry adressa une rapide prière à St Gudinou, patron sorcier des élèves et plus spécialement de leurs problèmes de cœur, et que chaque adolescent de Poudlard avait appris à invoquer plus ou moins rapidement suivant ses besoins, bref, il lui adressa une rapide prière, croisa les doigts, et se retourna.

Se prenant de plein fouet Snape qui s'avançait vers lui.

Ce n'était peut-être pas voulu, mais c'eut le mérite d'être efficace.

Avant même de réfléchir Harry tendit le cou et embrassa l'homme. La suite aurait pu se passer comme dans un rêve, mais c'était tout simplement trop incroyablement – pas de mots pour décrire ça, l'informa son cerveau – trop incroyablement à hurler pour être un rêve. Les mains de Snape glissèrent d'un seul geste jusqu'à ses fesses et –

- OhMonsimmmmpphhhh!

La langue de Snape, les mains de Snape, le corps de Snape – Harry s'évanouit.

Il se réveilla dans un grand lit bien connu et jeta un coup d'œil perdu autour de lui. Que…?

Oh.

Il se renfonça sous les couvertures, le cœur battant la chamade. Snape. Snape l'avait embrassé.

Et lui s'était évanoui.

Pauvre con.

- Réveillé, Potter? le fit sursauter une voix froide.

Il fit émerger sa tête des couvertures et aperçut l'homme en question qui entrait dans la pièce, l'air impassible.

- Heu – oui. Ca… ça fait longtemps?

- Une dizaine de minutes.

Harry digéra l'information. Okay. Snape l'avait amené dans son lit. Pas à l'infirmerie. Il fallait dire qu'il en aurait eu des choses à expliquer… Bien. Et maintenant?

- Excusez-moi, murmura-t-il d'un ton contrit.

- Que je vous excuse de quoi?

Harry leva un regard surpris.

- De m'être évanoui.

Il observa un instant les deux puits d'ombre et comprit.

- Aaaah – ah ça non, je ne m'excuse pas, marmonna-t-il en détournant les yeux, bien conscient que l'homme avait dû avoir le temps de reprendre son sang-froid et donc…

* Chuis foutu, chuis foutu, chuis foutu, chuis foutu, chuis foutu, lalalèèèèèreuh…*

Mais aucun Avada Kedavra ne vint le frapper.

- Ca fait combien de temps que vous n'avez pas mangé?

Harry réfléchit. Avec les dernières révisions dès qu'il avait un moment…

- Hier soir?

- Et dormi?

Holà…

- Avant-avant-hier matin? risqua-t-il d'une voix timide.

Son professeur ne fit aucun commentaire, jeta un coup d'œil à sa montre, puis se leva et se dirigea vers la porte.

- Je vous réveillerai demain vers six heures.

A peine le cerveau de l'adolescent avait-il enregistré l'information qu'il s'endormit.

Mmmmh…

Décidément, les draps de ce lit étaient si confortables…

Harry bascula sur le côté, cherchant le corps chaud et doux et confortable à côté duquel il passait habituellement ses nuits… Il ne devait plus être très tard, il faudrait qu'il se retransforme bientôt… Mais où était passé cet enfoiré?

- Severus… marmonna-t-il en tâtonnant parmi les draps, les yeux toujours clos.

Puis les souvenirs de la nuit précédente déferlèrent dans son cerveau en une micro-seconde et il s'assit brusquement, totalement réveillé. Et s'aperçut que Snape était bien là. Sinon dans le lit, du moins installé sur une chaise, l'observant avec une expression qui lui fit brutalement avaler sa salive, de crainte ou d'excitation, il ne savait trop.

- Bon – bonjour, balbutia-t-il, avant de s'apercevoir qu'il était toujours nu.

- Bonjour, dit enfin Snape sans sembler prêter attention à son embarras. Il est six heures et quelque. Je vous suggère de regagner votre dortoir.

Sa voix était comme d'habitude: froide, ennuyée, et horriblement sensuelle.

- Potter?

Harry cligna des yeux.

- Quoi? Ho, oui, excusez-moi. J'y vais. Merci.

Il saisit ses lunettes qui reposaient sur la table de chevet, puis se tourna vers l'homme.

- Merci… pour cette nuit.

Si Snape comprit, il n'en montra rien, se contentant d'agiter la main comme pour chasser une mouche.

- Oui, oui, allez-vous en, maintenant.

Harry soupira et se transforma en chat. L'homme eut la politesse de sembler impressionné.

Il sauta du lit et se dirigea vers la porte, mais se ravisa en passant près de la chaise où était assis son hôte, bondit sur ses genoux, se dressa sur ses pattes arrières et lui mordilla l'oreille. Il sentit son professeur hésiter, lever les mains comme pour le repousser, puis de longs doigts délicats plongèrent dans sa fourrure et lui arrachèrent de petits frissons voluptueux. Ronronnant à moitié, il se retransforma et, assis sur les cuisses son professeur, son torse nu contre le sien, frémissant sous les mains qui glissaient le long de ses hanches, il murmura à l'oreille de Severus Snape.

- Vous voulez vraiment que je m'en aille?

Seul un son mi-soupir mi-grognement lui répondit, et il sourit avant de l'embrasser – il n'avait plus du tout sommeil, cette fois, et c'était tant mieux.

Quelques jours plus tard…

- Harry? Harry?!

Le brun se tourna vers Hermione avec un charmant sourire.

- Mais tu es impossible en ce moment! Qu'est-ce qui t'arrive? s'énerva-t-elle.

Il ne répondit pas, se contentant de mordre à belles dents dans sa bouchée de steak. Il avait très faim. Il avait finalement eu une moyenne de dix et demie à ses examens blancs – peu brillant – , et s'en souciait comme d'une guigne. Il y a des choses plus importantes dans la vie. Par exemple…

- Est-ce que tu sais où est Ron? continua son amie. On ne le voit plus en ce moment…

Il haussa les épaules. Ron était assez grand pour s'en sortir tout seul…

Des exclamations venant du côté des Serpentard lui firent lever la tête. Un attroupement s'était formé à l'un des bouts de leur table.

- Oh, il est trop chou! piailla une voix que ses oreilles reconnurent à regret comme celles de Parkinson.

- Tu l'as trouvé où, Draco?

Entre deux uniformes, Harry entraperçut Malefoy, tenant quelque chose dans ses bras.

- A l'entrée de la Forêt Interdite, répondit le blond qui souriait d'un air réellement joyeux.

- Tu vas le garder?

- Oui, je pense. Il n'a pas l'air sauvage…

Merveilleux euphémisme. Le petit renard qui se blottissait dans ses bras n'avait vraiment pas l'air sauvage. Pour être exact, il semblait adorer les mains fines qui lui effleuraient la tête, et affichait un air positivement béat.

- Non… souffla Harry.

La petite bestiole ouvrit un œil paresseux, l'aperçut, et lui fit un éclatant clin d'œil. Puis Malefoy l'emporta hors de la Salle.

FIN.

Petit message perso à Dega:

GYAAAAAAHHH enfin quelqu'un pour comprendre mon malheur! *pleure d'émotion* Conteeeeeeeente!

Tu es en véto-véto ou en BCPST (craaaassssssssss! ^_^)? Moi je tente ce foutu concours pour la deuxième fois ET JE VAIS L'AVOIR D'ABORD! (Enfin peut-être que si je passais un peu plus de temps sur mes leçons et moins sur mes fics je l'aurais…)

Sinon je suis à Marcelin Berthelot (94). Et toi? Peut-être que toi aussi… et peut-être que tu es dans la même classe que moi? Ca me ferait bien marrer… mais je ne te dirai pas qui je suis! :p

Bye!

Lychee