DAWN OF THE UNDEAD
Première partie

Une aventure de
"Buffy contre les Vampires"
par Marc DERBESSE
située pendant la 2ème saison
de la série originale créée par Joss WHEDON

Avertissement : aucun des personnages mis en scène ne sont nés de mon imagination ; ils appartiennent à Josh Whedon & Mutant Ennemy, mais leur utilisation ici n'a pas pour but de m'enrichir financièrement...
Les personnages simplement cités ici, de Jack Crowe et de Varek appartiennent à John Carpenter.

Spoilers : Saison 5 (si vous ne connaissez pas Dawn, cette fic n'aura de toute façon aucun sens pour vous)

Note : Fic inspirée à l'origine par la question "A quoi ressemblent les souvenirs alternatifs des persos, ceux où Dawn existe?" Située pendant la saison 2, avant "Kendra"


"Que fait-il, ce petit oisillon perdu loin de son nid ?".

La voix, douce et chantante, dans le silence du cimetière, fit sursauter la fillette. Elle se retourna aussitôt et elle la vit : la femme était magnifique !

Ce serait assurément l'impression que Dawn, c'était son prénom, conserverait à jamais de cette étrange rencontre... Etrange à plus d'un titre, cette apparition inattendue, tout comme l'était en elle-même la situation. Il n'était déjà pas très courant pour une fille d'une douzaine d'années, vêtue visiblement à la hâte, de surveiller en plein coeur de la nuit dans un cimetière lugubre - mais un cimetière n'est-il pas de toute façon toujours lugubre en pleine nuit ? - l'entrée d'un vieux caveau à l'abri d'un massif feuillu. Mais être surprise ainsi par une femme vêtue d'une longue robe de chambre d'un blanc immaculé flottant comme un linceul autour de son corps, et qui semblait en ce lieu sinistre aussi à l'aise qu'elle l'aurait été dans son salon, ajoutait encore au côté insolite de la situation...

Ce n'était pourtant pas la peur qui prédominait en cet instant chez Dawn. Cela aurait été pourtant bien légitime, mais la femme était réellement magnifique et cela surtout fascinait l'enfant. De sa courte existence, elle aurait pu déjà citer quelques femmes  qui l'avaient marquée. Sa mère, tout d'abord qui pour elle, et comme sans doute cela était le cas pour toutes les petites filles, était la plus belle femme qui puisse exister au monde. Aussitôt après, venait sa soeur aînée, celle qui était un peu son modèle, la personne sur les traces de laquelle elle marchait, celle qu'elle rêvait d'être plus tard peut-être simplement parce qu'elle était l'aînée et qu'elle avait toute la confiance de leur mère pour veiller sur sa soeur cadette... Dawn avait, en effet, parfois du mal à supporter les vélleités autoritaires et excessivement directives de Buffy qui semblait en permanence lui reprocher son comportement jugé trop immature. Paradoxalement, c'était pourtant l'étrange comportement de sa soeur elle-même qui était directement responsable de la présence de Dawn cette nuit-là en ce lieu.

Ni l'enfant ni la femme n'avaient bougé depuis que cette dernière s'était adressée à Dawn. Le temps semblait suspendu et les deux protagonistes de cette scène étrange s'être figés en un marbre aussi inébranlable que celui des mausolées qui les entouraient. Pourtant, au bout de ces quelques secondes qui semblaient déjà si longues, la femme se mit à parler, mais elle ne s'adressait pas à la fillette. Elle se parlait à elle-même, tandis que Dawn restait toujours clouée de stupeur.

"Quel mignon petit Chérubin", fit-elle de sa voix suave, le regard perdu, comme ailleurs. Je n'en ai jamais vu d'aussi beau, même lorsque je regarde le ciel..."

Sans trembler, ni encore moins chercher à fuir, Dawn contemplait toujours l'apparition qui la fascinait plus qu'elle n'aurait jamais pu imaginer l'être par une femme. Outre sa mère et sa soeur, deux des filles les plus proches de Buffy comptaient aussi parmi ses autres références féminines. D'une part Cordelia Chase, celle que l'on surnommait parfois la reine du lycée de Sunnydale, une vraie peste mais qui, pourtant, avait fini par se rapprocher de sa soeur et de son groupe d'amis. A vrai dire, Dawn ne la connaissait pas beaucoup, pourtant. Elle ne l'avait vue qu'à quelques rares occasions, comme ce jour où elle était venue attendre Buffy au lycée, s'étant retrouvée à la porte de leur maison du fait de l'absence imprévue de Joyce pour raison professionnelle de dernière minute, pourtant, l'air perpétuellement méprisant qu'affichait Cordelia lui avait suffi pour se faire une opinion. Elle ne comprenait d'ailleurs pas vraiment ce rapprochement avec une fille aussi superficielle, une vraie victime de la mode à la beauté pourtant indéniable, force était bien de le reconnaître. Malgré cela et bien que ne la détestant pas vraiment, Dawn avait immédiatement décidé qu'elle ne serait pas plus tard, comme Cordelia. De toute façon, elle le sentait bien, pour une fille comme Cordelia, l'existence d'une fillette de son âge n'offrait pas le moindre intérêt ! Et puis enfin, il y avait surtout une chose qu'elle ne supportait pas : c'était cette façon dont parfois Alex regardait Cordelia... Dawn en effet, aimait beaucoup Alex Harris, le garçon qu'elle connaissait le mieux, le seul garçon, en fait, de son entourage. Il était le meilleur ami - peut-être l'ancien petit ami, elle se le demandait souvent mais Buffy lui disait régulièrement qu'elle était encore trop jeune pour se poser ce genre de questions !!! - de la meilleure amie de sa soeur : Willow Rosenberg, une fille qu'elle adorait. A vrai dire, Dawn ne trouvait pas Willow très jolie, au contraire de la rayonnante Cordelia, mais cela était aussi, elle en était persuadée, dû au fait que Willow se moquait de son apparence alors que, vêtue et coiffée de façon plus recherchée, elle saurait certainement se montrer très attirante. Parfois, la fillette se surprenait à ressentir de l'inquiétude pour Willow, en se demandant si elle parviendrait un jour à rencontrer un garçon qui sache l'apprécier comme elle le méritait. Willow, au contraire de Cordélia, semblait apprécier la fillette, faisant toujours preuve envers elle d'une attention gentille même s'il était regrettable et néanmoins évident qu'elle avait peu de temps à lui consacrer. La jeune fille incarnait pour Dawn la douceur et la gentillesse mêmes, le type de la personne qui était définitivement incapable de nuire à son prochain, quand bien même lui aurait-il auparavant causé toute la peine du monde... Sans qu'elle puisse se l'expliquer, ni même exprimer clairement ce qu'elle ressentait, Dawn éprouvait une immense compassion pour Willow peut-être parce qu'elle se sentait parfois très proche d'elle, peut-être aussi parce qu'elle discernait au plus profond de l'adolescente une différence encore insoupçonnée qu'elles avaient en commun...

Mais en cet instant, au coeur de cette nuit, Buffy, pas plus que Willow, Cordelia ni même Joyce sa mère, ne comptait pour la fillette. Son univers en fait, se résumait en cette minute au gouffre profond des yeux noirs de la femme en blanc qui la fixaient et dans lesquels elle se noyait. Cette femme étonnante avait indéniablement de quoi fasciner l'enfant, tout comme elle aurait vraisemblablement fasciné n'importe quelle autre personne à sa place. Outre son attitude et sa tenue, elle était d'une beauté rare, une beauté que l'on n'oublie plus après l'avoir contemplée et qui allait bien au-delà de la simple apparence, très éloignée, en fait, des critères habituels de la beauté classique, celle, par exemple, des filles posant dans les magazines de mode ou encore celle des héroïnes aguicheuses de certaines séries télévisées. Très mince, on ne pouvait pas vraiment, sous son vêtement, distinguer ce qu'il en était des formes de son corps. Son visage en revanche, sous ses longs cheveux bruns, était des plus étonnants et l'on aurait pu objecter qu'elle avait un front trop bombé, des pommettes excessivement saillantes, un nez un peu trop busqué, le menton fuyant et des yeux légèrement globuleux. On aurait certes pu noter tout cela, tout autant que l'éclair de folie qui brillait régulièrement dans le lac profond du noir de ses yeux qui fixaient la fillette. Pourtant, ce n'étaient pas ces points de détail qui dominaient chez la femme, mais son élégance et sa noblesse étranges. Son visage demeurait d'une exquise finesse et, malgré la robe ample qu'elle portait, on devinait un corps aux formes délicates.

D'un doigt, la femme caressa la gorge de l'enfant fascinée, redescendant jusqu'à son cou tout en prenant bien garde de ne pas la blesser de son ongle acéré.

"Comme ta peau est douce et tendre. Je la préfère à celle de mes poupées mais dis-moi, petite, que fais-tu à cette heure dans ce cimetière ?, demanda-t-elle d'une voix douce.

- Je suis inquiète pour ma grande soeur...

- Ta soeur ? Quel rapport y a-t-il entre ta soeur et ta présence ici ? Raconte-moi, tu peux me faire confiance, cela restera un secret entre toi et moi...

- Et bien, Madame, commença-t-elle...

- Pas de Madame, voyons, je ne suis pas si vieille. Enfin... je ne parais pas vieille, n'est-ce pas ?  Mon nom est Drusilla mais tu peux m'appeler simplement Dru, comme le font mes amis. Voyons... est-ce que j'ai des amis ? Au fond, je ne me souviens plus, mais c'est sans importance. Et toi, quel est ton prénom ?

- Moi, c'est Dawn, Ma... euh... Dru.

- C'est bien. Alors, raconte-moi, ma chère petite Dawn, demanda la femme d'un ton étrangement tendre. J'aime bien entendre de belles histoires...

- Je sais pas si c'est vraiment une belle histoire, c'est plutôt glauque en fait. Depuis quelque temps, à cause de la chaleur dingue qu'on a cet été, j'ai du mal à dormir. C'est comme ça que j'ai fini par remarquer que, toutes les nuits, ma soeur sort de sa chambre par la fenêtre, sans que maman le sache, vous pensez. Au début, je me suis dit qu'elle allait simplement retrouver un garçon quelque part, comme le font les filles de son âge, quoi, mais avant-hier, je me suis enhardie et je me suis levée pour aller l'espionner. Oui, j'ai un peu honte mais vous me comprenez, peut-être... C'était pas pour cafter à Maman, c'est parce que j'étais inquiète...

- Bien sûr, bien sûr : tu étais inquiète, c'est normal. On ne sait jamais ce qu'il peut arriver ici, à Sunnydale, à une jeune fille qui s'en va courir les rues seule, en pleine nuit. Mais continue.

- Et bien, en regardant par le trou de la serrure, j'ai vu qu'elle prenait, dans un grand coffre bien camouflé, un tas de trucs que je n'ai pas pu distinguer pour emporter avec elle. Alors, dès qu'elle a été partie, je suis entré dans sa chambre et j'ai ouvert le coffre...

A ce moment, Dawn marqua un temps d'arrêt; comme se remémorant la découverte qu'elle avait faite la veille au soir.

- Et qu'y avait-il dedans ???, interrogea Drusilla, passionnée par cette histoire insolite dont elle ne devinait pas encore l'aboutissement tout en se doutant qu'il pourrait certainement la concerner.

- Ben, c'est ça le plus bizarre... Il y avait des trucs pas possibles : des pieux en bois pointus, une arbalète, des fioles avec de l'eau ou des poudres dedans... Qu'est-ce qu'elle pouvait bien fabriquer de nuit avec ce bazar ? J'y connais pas grand-chose, notez, mais c'est pas tellement le genre de machins dont on a besoin pour aller voir son amoureux, hein ? Alors, je me suis dit que c'était louche et j'ai décidé que je la suivrai le lendemain puisque, en ce moment, Maman est à Los Angeles où elle s'occupe d'une exposition de tableaux. C'est donc ce que j'ai fait ce soir. Dès qu'elle est partie par la fenêtre, moi,après avoir enfilé en vitesse mon haut de jogging et un vieux jean, je suis sortie... par la porte. Elle aurait d'ailleurs pu faire pareil puisque Maman était pas là mais bon... C'est ce qui me fait dire qu'elle doit en avoir l'habitude de ce petit manège et du coup, je trouve ça encore plus louche et ça me fait encore plus stresser... Enfin, bref, je l'ai suivie discrètement, sans me faire remarquer, j'ai été scout, vous savez, je sais suivre une piste. Et c'est comme ça que je l'ai vue rentrer dans ce caveau là-bas et que j'ai décidé d'attendre derrière ces buissons qu'elle en ressorte. Voilà toute l'histoire. Qu'en pensez-vous, Madame Dru, euh... Dru, excusez-moi.

- Je pense d'abord que tu es très courageuse, ma petite Dawn. Mais dis-moi... Ta soeur, comment s'appelle-t-elle ?

L'esquisse d'un mauvais sourire ainsi qu'une lueur perverse dans les yeux apparurent un bref instant sur le visage de Drusilla, signes révélateurs d'une intense jouissance. Mais elle fit presque aussitôt disparaître ces manifestations d'intérêt avant que l'enfant ne les perçut et ne fournisse la réponse que, bien évidemment, elle s'attendait à entendre.

Mais aucune réponse ne vint. Pourtant, la femme semblait percevoir les mots comme retenus qui se bousculaient maintenant mais qui, cependant, ne sortaient pas de la bouche de la fillette. Celle-ci, qui semblait bouleversée par ce qu'elle venait de confier à cette femme inconnue évoquait à présent mentalement, toutes les blessures de sa courte existence, avec une puissance intense qui déferlait dans l'esprit de Drusilla. Elle évoqua ainsi son père qui s'en était allé, la laissant seules, elle et sa soeur, avec leur mère, une mère certes aimante mais souvent débordée et parfois cruellement absente. Sa détresse et son désarroi envahirent Drusilla au plus profond d'elle-même.

- Ooooooh... Pauvre chou, reprit la femme. Moi, à ton âge, j'avais la chance de profiter de l'amour de mon père et ma mère... Et de mes frères et soeurs et de mes oiseaux !... Ooooooh, je me rappelle... le joli canari que j'avais à l'époque... Il chantait toujours rien que pour moi. Une fois même il a chanté trop fort et je l'ai puni... Mon canari, qu'est-ce qu'il est devenu ? C'est bizarre, je ne me rappelle pas, mais un jour je ne l'ai plus revu et maman m'a grondée... Oooooh, non, Maman, non ! Je n'ai rien fait de mal !... Mamaaaan...

Brusquement, une douleur aiguë lui traversa la tête, si violente qu'elle faillit tomber à terre tandis que, dans le même temps, la fillette s'arrachait aux souvenirs qui la tourmentaient. La voyant ainsi chanceler, elle demanda enfin :

- Madame, qu'est-ce qu'il vous arrive ? Vous ne vous sentez pas bien ? Saisissant sa tête entre ses mains, elle se reprit et regarda la fillette avec un air de profonde tristesse.

- Maman... Pa... Père ! Je n'avais pas le droit de lui dire "papa"... Mes parents... Mes parents... Il y a... si longtemps que je n'avais plus pensé à eux... J'en étais arrivée à oublier que j'avais eu des parents, moi aussi. Est-ce que j'ai été une petite enfant comme toi...?

Des larmes étaient sur le point de perler au coin de ses grands yeux.

- Madame, je peux faire quelque chose pour vous ?, demanda Dawn en prenant Drusilla par la main.

A ce simple contact, la femme parut comme électrisée. Mais en un éclair, elle retrouva tous ses esprits et se ressaisit complètement.

- Tu n'es pas une enfant comme les autres, petite !!! A ton contact, je... je sens comme... puis elle se tut et poursuivit en elle-même : "... comme une boule d'énergie vibrante d'une puissance telle que je n'en ai jamais connue...". "Mon enfant, pensa-t-elle encore, tu détiens un pouvoir dont tu n'as pas conscience et ce pouvoir il sera le mien !". Aussitôt, elle concentra sur Dawn toute sa force psychique. En un instant, malgré les pouvoirs étonnants que la femme avait perçus chez la fillette, celle-ci se retrouva totalement sous son emprise. Elle restait consciente de ce qu'elle pouvait dire et entendre, mais c'etait la femme-vampire qui menait le jeu. Ce fut Drusilla qui lui dicta la question qu'elle posa :

"Mais vous, vous y comprenez quelque chose, au comportement de ma soeur ?

- Hélas, ma chère enfant, répondit Drusilla, d'un faux air accablé, je ne comprends que trop... Je ne voudrais pas te faire de peine car la vérité est tellement horrible à dire...

- Je vous en prie ! Il faut que je sache !, cria sincèrement Dawn bien que ce fut mentalement Drusilla qui lui suggérait la question.

- Dawn, ma petite Dawn, hélas... Ta soeur Buffy est un vampire...!

Effarée, Dawn éructa, entre deux sanglots :

- Un vampire ! Ces choses dégoûtantes qui sucent le sang, comme dans les films !!! Beeeeuuuââârk !!! J'en ai presque envie de vomir...!!!

- Tu sais, repris la femme-vampire, ces créatures de la nuit ne sont pas toutes aussi immondes que tu as l'air de te l'imaginer. Il en est même d'assez nobles et...

- Vous pouvez dire ce que vous voulez pour essayer de me consoler ! Les vampires, c'est dégueu !!! J'ai vu un de ces films récemment, un jour où ma soeur n'était pas là et où maman avait oublié de faire le code de protection sur la télé. Ils envahissent un supermarché, dans ce film. Quand ils avancent, ils sont tout raides et à moitié décomposés et ils mordent tout ce qui bouge. Pouah !!!

- Non, non, ça, se sont des zombies et ce film, comme vous dites, c'est "Dawn of the Dead" ! Je n'aime pas tellement regarder ces images dans cette lanterne, mais je me rappelle de cette fois-là. Mon fiancé me l'a montré car il est fou de ce film, c'est un des préférés. C'était un soir d'orage où nous ne pouvions pas sortir pour nous promener au clair de lune. Nous étions... Je ne me souviens plus, mais je me souviens qu'elles m'ont fait peur, ces horribles images et je me suis blotti dans les bras de mon homme. Ils étaient si laids, ces zombies... Il ne faut pas confondre les vampires et les zombies qui sont...

- Beurk ! Beurk ! Beurk !!! fit Dawn avec dégoût. Vampire ou zombies, pour moi, c'est tout pareil ! C'est des saletés de morts qui veulent pas rester tranquilles dans leur tombe ! C'est pas possible que ma soeur en soit un !!!

Réprimant une certaine désapprobation aux précédents propos de Dawn, Drusilla répliqua un peu plus fermement à ses dernières paroles :

- Hélas, ma tendre enfant, je te l'assure. Elle est devenue un vampire et même de la pire espèce, bêtement cruelle et sans noblesse comme le sont les vampires récemment revenus à la mort. "Les vampires de la Démocratie Américaine triomphante et bien-pensante", c'est ce qu'il dit, mon Spike pour les désigner. Il dit parfois des choses que je ne comprends pas. Mais voilà ce qu'elle est, une vampire cul-terreux ! Pas une de ces vampires issus de l'Aristocratie du Vieux-Continent, voici quelques siècles et qui...

- Heu, excusez, mais là, j'ai dû rater un épisode, moi... Vous avez l'air de drôlement bien vous y connaître sur le sujet...

Petit à petit, sans qu'aucune des deux s'en fut rendu compte, l'enfant s'était libérée de l'emprise de la femme-vampire.

"Quelle énorme puissance elle possède sans même en être consciente, pensa-t-elle, pour s'arracher aussi aisément à la mienne... Avec cette enfant à nos côtés, la Tueuse n'a qu'à bien se tenir ! Tremble, Tueuse maudite ! Tu n'en as plus pour longtemps ! Nous deviendrons les maîtres de toute la région et peut-être du pays, avec mon cher Spike ! Mais il ne faudra pas qu'il essaye de me prendre ma petite Dawn, car cette fillette est à moi, rien qu'à moi ! Je ne veux pas, non, je ne veux pas... qu'on lui fasse du mal même si elle ne nous servait plus à rien et qu'on lui ai pris tout son pouvoir... Même si elle se retrouvait inutile, comme une baudruche dégonflée... C'est bizarre... Je ne peux pas vraiment dire ce qu'elle m'inspire... Mais je l'aime désormais... Autant que mes poupées et mon oiseau ! Oui, au moins autant... Plus même : j'aime sa fraicheur, sa jeunesse et... sa beauté naissante ! Non, personne ne m'arrachera ma petite fille adorée ! Si j'avais eu une enfant, j'aurais aimé qu'elle lui ressemble et qu'elle ait son âge."

Et tout en riant, elle se précipita sur la fillette qu'elle maintint fermement contre elle, en relevant sa propre tête en arrière. Déjà, ses traits de femme disparaissaient, cédant la place au mufle bestial et répugnant des vampires lorsque, poussant un cri, Drusilla interrompit la transformation fatale. Brusquement, sans même pouvoir se contrôler, elle colla ses lèvres sur celles de l'enfant qui n'esquissait pas le moindre geste pour s'arracher à cette étreinte, introduisant, presque malgré elle sa langue dans le palais de la fillette. Mais, à la grande surprise de la vampire, sa langue rencontra celle de la jeune fille, avide et active dans son palais tandis qu'elle sentait que c'était Dawn qui, maintenant la serrait, amenant son corps contre le sien, qu'elle sentait bouillonnnant. Dans le même temps, tout en trouvant ce contact agréable, elle se sentait comme prise dans une étreinte d'acier. Il lui sembla qu'elle commençait à manquer d'air, ce qui n'est pas tout à fait absurde car certains Traités occultes prétendent que, bien que morts, les vampires respirent et en ont besoin et elle se trouvait sur le point de suffoquer. Elle comprit enfin qu'elle était en pleine crise d'angoisse et avec difficulté, parvint à s'arracher à  l'enfant. Ce fut alors qu'elle constata que la fillette d'une douzaine d'années s'était muée en une splendide adolescente aux formes et à la plastique parfaites. La vampire n'en croyait pas ses yeux tout en remarquant que la silhouette en face d'elle ne cessait d'évoluer. Passant en quelques secondes de l'âge mur à la vieillesse, elle perdit soudain toute forme humaine pour se transformer en un agglomérat de particules verdâtres semblable à une galaxie d'étoiles en mouvement. Puis, brusquement, les particules se condensèrent pour, de nouveau former l'image de la fillette.

Dawn qui, elle, semblait ne pas avoir été consciente ni affectée le moins du monde par cette étonnante suite de métamorphoses, remarqua le total état d'hébétude dans lequel se trouvait la vampire.

"Hé bien, Madame Drusilla, lui dit-elle innocemment, vous n'avez décidément pas l'air bien. Il faudrait peut-être que je vous raccompagne chez vous...

***

Peu de temps après, Drusilla, déjà remise de sa mésaventure, tenant par la main une Dawn de nouveau docile, pénétrait dans l'immense entrepôt désaffecté qui, un peu à l'écart de la ville, leur servait de refuge à elle et Spike, ainsi qu'à leurs serviteurs. C'était depuis ce lieu insolite qu'ils avaient réaménagé en une sorte d'étonnant temple techno-gothique, que les deux amants infernaux ourdissaient contre Sunnydale et la Tueuse, les plans machiavéliques destinés à leur donner le contrôle absolu sur la tranquille petite ville Californienne.

- Te voilà enfin, mon canard, s'écria Spike dès qu'il aperçut sa sombre maîtresse. Tu as été bien longue, je commençais à me faire du souci... Oh ! Mais quel est cet appétissant tendron, fit-il, sortant ses crocs luisants en apercevant la fillette.

- Pas touche !!!, hurla Drusilla, tout en repoussant Dawn derrière elle. N'imagine pas que tu vas en faire ton repas, de celle-là ! Moi morte, personne ne touchera à un de ses cheveux !

- Mais, mon chou, demanda le grand vampire aux cheveux blonds platine, pourquoi tu nous amènes ici une simple mortelle, si ce n'est pas pour la dévorer ?

- Elle n'est pas une simple mortelle ! Elle possède un pouvoir fabuleux qui fera de nous les maîtres de tous les Démons et de la Terre notre garde-manger ! Si je parviens à le contrôler. En attendant, elle est à moi, rien qu'à moi ! En plus, cette fillette... Je te le dis ou pas...? Je te le dis, mon mignon...?

- Eh bien...!, aboya-t-il, énervé.

- C'est la soeur de la Tueuse !

- Quoi ! Qu'est-ce que tu me racontes ? Cette fameuse soeur de la Tueuse! Elle l'entoure d'un tel secret et prend tellement de précautions que personne, jusqu'à présent n'a jamais pu réussir à savoir qui elle était et encore moins à lui mettre la main dessus ! Il paraît que la Tueuse donnerait sa vie pour elle...

- Précisément, mon amour, précisément, fit Drusilla, et elle est entre nos mains... »

***

« - Dawn entre les mains des vampires !?!, mais c'est épouvantable !», fit Willow, secouant les bras frénétiquement en signe d'impuissance.

Elle marchait de long en large dans la bibliothèque du lycée de Sunnydale où Buffy avait réuni pour un conseil de crise, outre Willow déjà citée, mais dernière arrivée, ses amis Alex Harris et Cordelia Chase ainsi que Rupert Giles, maître des lieux, qui s'efforçait de calmer et réconforter les quatre jeunes gens tous sous le coup de la plus vive agitation.

« - C'est de la folie, tu ne peux pas aller seule ce soir à ce rendez-vous, plaidait une fois de plus le "so british" bibliothécaire. Cette fois-ci, l'affaire est trop dangereuse. Et puis, si Angel apprenait que nous t'avons laissée courir un risque pareil...

- Jamais là quand on a besoin de lui, celui-là!, intervint Alex. Où est-il d'ailleurs ?

- Ne le blâme pas, fit Giles. Je ne devrais pas en parler mais il s'est rendu à ma demande à Los Angeles. J'aurais dû y aller moi-même assez rapidement mais, comme vous savez, j'étais cloué au lit jusqu'à hier. Il a bien voulu me rendre ce service puisque toi, Buffy, tu ne pouvais manquer ton partiel. C'était pour une affaire en rapport avec Jack Crowe, un chasseur de vampires free-lance qui donne des soucis au Conseil et...

- Crowe ! Celui qui a exterminé Varek le vampire ?, demanda brusquement Buffy. Non seulement ce type me pique mon boulot mais en plus, c'est une brute sanguinaire ! Et vous lui envoyez Angel ? Non mais, ça va pas, la tête !

- Ne t'inquiète pas. Crowe a pris un mauvais coup ; il est mourant et il n'y a qu'Angel, dans les environs, à part moi, qui pourra lui faire dire ce qu'est devenue la Croix de Berziers mais... Oh ! Tout cela n'a rien à voir avec notre problème ! Reprenons-nous. Je disais donc : il est hors de question que je te laisse courir un risque pareil...

- Vous allez me dire qu'il faudra que je vous passe sur le corps pour me laisser sortir d'ici, c'est ça ?, fit narquoisement Buffy en adressant un regard mauvais à son Observateur.

- Hum... Je... je n'irais pas jusque là mais c'est un peu ce...

- Bon ! Alors maintenant, vous allez m'écouter ! reprit la Tueuse d'un ait déterminé, plantée face à l'assemblée, jambes écartées, les poings sur ses hanches. Dawn est ma petite soeur et je défendrai sa vie au péril de la mienne ! C'est bien compris ?!

Elle avait parlé sur un ton sans appel qui laissa ses amis sans réaction. Elle poursuivit :

- Voilà ! Comme le billet que j'ai reçu ce soir me le demande, je vais donc me rendre seule au rendez-vous. Si tout se passe bien, je délivre Dawn, je reviens vous prendre ici et vous m'aidez à réparer la vitre qu'ils ont cassée en lançant la pierre avec le billet, pour que Maman ne pose pas de questions demain, quand elle rentrera.

A ce moment, Willow, fébrile, ne put s'empêcher d'intervenir :

- Mais... si tout ne se passe pas bien !?! !!!

- J'y arrive ! Si je ne suis pas de retour disons... dans deux heures, c'est que ça se sera... mal passé ! Dans ce cas, je vous donne carte blanche. Je fais confiance à votre imagination... Ce qui compte, c'est que j'y aille seule !

- Et où dois-tu te rendre, exactement ?, demanda Giles du bout des lèvres.

- Les ravisseurs, enfin plus exactement Spike, m'ont fixé rendez-vous au vieux château sur les hauteurs de Sunnydale.

- Celui qui domine la ville, tout là-haut ? fit Willow. Il est sinistre...

- Celui-là, oui.

- C'est un milliardaire qui l'a acheté en Angleterre au siècle dernier et l'a fait reconstruire ici pierre par pierre, précisa Giles.

- Ah oui ! Je vois, s'exclama Alex. Y'a mieux pour s'éclater le week-end ! Si Dracula devait venir s'installer à Sunnydale, je suis sûr que c'est dans cette bicoque qu'il irait emménager !

- Si Dracula venait à Sunnydale, c'est à toi qu'il ferait bouffer des insectes et des araignées, mais je vois pas ce qu'il viendrait faire dans un patelin de ploucs comme Sunnydale et puis d'abord, Dracula, c'est un personnage de film !, reprit Cordelia qui était restée jusqu'alors à l'écart de la conversation. Moi, tout ce que je vois, c'est que j'avais rendez-vous au Bronze, ce soir...

- "Dracula", avant d'être un film, c'est un très beau livre, lui souffla Willow d'un air de reproche. Oh ! Pardon, c'est pas que j'aime les vampires, mais c'est un beau livre... fit-elle devant le regard glacial que lui adressait Buffy.

- Vous pourrez continuer vos petites histoires autant que vous voudrez en m'attendant ! Maintenant, c'est donc bien compris ! Il est 22 heures. Je vais partir, vous ne bougez pas avant minuit, OK !!! », fit-elle d'un ton qui n'appelait aucune réplique.

Puis, sans ajouter un seul mot, elle quitta la bibliothèque en claquant la porte.


FIN DE LA PREMIERE PARTIE


QU'EST DEVENUE DAWN, prisonnière des machiavéliques Spike et Drusilla ?
BUFFY PARVIENDRA-T-ELLE à tirer sa soeur des griffes des démoniaques vampires ??
LA MALHEUREUSE VILLE DE SUNNYDALE sera-t-elle un jour débarassée de la vermine vampiresque qui la pollue ???
CORDELIA POURRA-T-ELLE aller à son rendez-vous au Bronze ????
Vous connaîtrez les réponses à toutes ces questions (et bien plus encore !) en lisant la suite de cette passionnante fanfic, en ligne sur ce site !!!!!