Coucou. Dis donc, je vous gâte aujourd'hui. Lol. J'ai écrit ce chapitre ce soir donc ze me suis dis, 'allez un bon geste', contradiction avec ma nature sadique, vous l'aurez bien compris. C'est peut-être le chocolat qui me monte à la tête. J'espère que vous avez passé une bonne journée de Pâques et comme demain, ça continue en étant férié, et ben voilà un autre chap pour finir cette fic. J'espère qu'il vous plaira et que vous n'aurez point d'envie de meurtre à mon encontre.

Mici à tous pour vos reviews. Vous êtes vraiment adorables. Gros poutouxes.

NdA : Ce chapitre a été édité en raison des restrictions de rating imposé par ffn et le lemon raccourci mais d'une manière quasi insignifiante. Cependant, si vous voulez lire l'originel, il se trouve sur le site d'Ombre et Folie dont l'adresse URL se trouve sur mon profil.


Chapitre 8 : Nul autre que toi

« Harry ! »

Harry sursauta et releva son visage mouillé de larmes vers l'homme qui venait de l'appeler. Il sentit de nouveau la rage faire surface, apaisant sa mélancolie et son regret.

« Partez d'ici immédiatement. Vous ne voyez pas que j'aimerais être seul ! Vous êtes la dernière personne que j'ai envie de voir sur cette terre, alors allez vous en ! »

« Harry » murmura le professeur Snape en s'approchant doucement. Les traits de son visage étaient déformés en une expression mi-désespérée, mi-implorante et il se mordait la lèvre inférieure – signe qui ne manqua pas d'étonner le jeune homme. « Je suis sincèrement désolé. Tout ce que je voulais, c'était de ne pas te faire de mal et voilà que tu souffres plus encore… à cause de moi… Peux-tu me pardonner… »

« Non ! »

« … mon amour ? » finit l'homme.

« Partez d'ici ! Maintenant ! » s'écria Harry en se relevant agressivement.

Comme son professeur ne bougeait pas, il se précipita vers lui et commença à le pousser en le dirigeant brutalement vers la porte. « Allez-vous en ! Je ne veux plus vous voir ! Jamais ! »

« Harry ! » s'écria-t-il à son tour en essayant de résister. Une fois revenue de sa surprise, il n'eut aucune peine à rester immobile ce qui exacerba la fureur de Harry qui tenta une fois de plus de le frapper. Il avait envie de lui faire mal, de le blesser autant que lui l'était et de démolir cette force qui semblait toujours émaner de lui et qui le maintenait en cet instant, solidement planter devant lui – lui qui bouillait de rage et d'impuissance.

« Va-t-en ! » éclata-t-il en envoyant un autre coup de poing à son maître des potions qui réussit sans peine à l'attraper.

« Ca suffit Harry ! » murmura Severus en plaquant son étudiant entre la porte et lui pour l'empêcher de bouger. « Tu ne vas pas recommencer ! »

Harry tremblait contre lui et ne disait plus rien. Les larmes continuaient de couler sur son beau visage ravagé par la tristesse et s'en fut brusquement trop pour Severus. Le cœur battant, il lui redressa la tête et but ses larmes avec tendresse et dévotion. Harry était toujours secoué de spasmes mais ne faisait aucun geste pour s'enfuir. Il avait les yeux grands ouverts et ses prunelles restaient fixes, regardant dans le vide. Ses joues étaient rouges d'avoir trop pleuré à l'instar de ses lèvres entrouvertes qui étaient gonflées et d'aspect onctueux. L'homme ne put y résister.

Sa bouche vagabonda sur la courbe lisse des joues brûlantes et salées jusqu'à venir mordiller les lèvres qui n'appelaient qu'à être, elles aussi, goûtées.

« Harry… » murmura Severus tout en crispant une main dans les courts cheveux d'ébène tandis que l'autre se refermait sur la robe noire qui portait l'écusson d'une Maison qu'il aurait dû continuer de haïr. Ses doigts gourmands caressaient les plis du vêtement, le froissant de plus en plus dans sa paume ce qui faisait remonter l'ourlet. Il savait qu'il devait lâcher le tissu mais c'est tout ce qu'il avait droit de toucher de Harry, hormis ses lèvres qu'il mordillait toujours, les martyrisant des siennes, les aspirant pour les rougir davantage, appelant le sang qui devait les gonfler encore sous ses dents qui ne pouvaient que s'en rassasier.

Il n'avait droit qu'à cela. Il ne fallait pas qu'il aille plus loin. Il ne devait pas aller plus loin. Une main dans ses cheveux, une main sur sa robe, les lèvres scellées aux siennes. Il ne devait rien y avoir d'autre. Il ne fallait pas qu'il touche sa peau. Aucune de ses cellules n'auraient droit de toucher la moindre parcelle d'épiderme de plus.

Il devait arrêter, s'empêcher de l'embrasser. Sa langue ne rentrerait pas dans sa bouche, ne danserait pas avec la sienne dans une valse sans fin. Il ne savourerait pas sa saveur, ne s'enivrerait pas de son odeur.

Harry ne bougeait d'ailleurs toujours pas. C'était une chance.

Relâcher la robe. Desserrer sa main sur le tissu froisser. Comment faisait-on déjà ? Redresser une phalange puis l'autre jusqu'à ce que le doigt soit complètement tendu. Ensuite, répéter l'opération avec les quatre autres et reculer sa main. Ne pas laisser sa paume se mettre en contact avec la peau de la cuisse. Ne pas vouloir la toucher, tester son velouté, glisser vers l'intérieur, toujours plus haut. Ne pas y penser. Ne pas le vouloir. Ne pas y penser…

L'ourlet de la robe soyeux était dans sa main, broyé plusieurs fois dans sa paume. Il savait.

Il savait que les jambes de son étudiant, de son amour étaient nues. Il n'y avait rien de mal à cela tant qu'il ne les touchait pas.

Le jeune homme en face de lui n'était pas une prostitué mais bien Harry, la personne qui le faisait fantasmer depuis si longtemps qu'il en avait mal.

'Harry, c'est Harry…' se répétait-il mais cette pensée ne faisait qu'attiser son désir. Il n'avait pas à faire à un simulacre, à une parodie d'amour mais bien à l'homme que son cœur avait choisi.

Harry…

La pulpe de son index parcourait la chair douce d'une cuisse ferme et chaude qu'il imaginait sucrée comme un fruit mûr. Il sentait la peau frémir tandis que son doigt parcourait cette ligne souple de bas en haut puis de haut en bas en en enregistrant chaque grain.

Severus décrispa sa main des cheveux de son amour et la laissa glisser contre sa nuque, son épaule tandis que ses lèvres s'écartaient, que sa langue pénétrait et qu'elle venait taquinait celle qui se cachait dans la bouche de l'amant de ses vœux.

'Je t'aime Harry.'

La cuisse. Sa cuisse. Elle était si douce que c'en était un péché.

Il entendit Harry gémir tandis que ses doigts glissaient plus haut, frôlant son sexe érigé sous son boxer tendu.

« Harry ! » gémit l'homme entre deux baisers.

Malgré lui, le corps du jeune homme s'était éveillé au désir et il commença à répondre aux caresses de son professeur. Peu à peu, leur étreinte se fit plus violente et ils se retrouvèrent bientôt à moitié nus, quémandant et offrant, suppliant et savourant.

Severus plaquait son amour contre la porte aussi fortement qu'il le pouvait, comme s'il avait voulu se fondre en Harry. Ce dernier, quant à lui, se pressait avec une égale violence contre le corps brûlant qui le tourmentait de ses attouchements sensuels.

« Tu es à moi Harry » s'écria soudainement le maître des potions tandis qu'il soulevait son étudiant dans ses bras pour le faire réellement sien. « Tu es à moi. Je t'aime Harry. »

C'était la première fois qu'ils faisaient l'amour et Severus se rendit compte de l'aveuglement dont il s'était fait la victime. Tout en le prenant aussi violemment qu'inlassablement, aussi furieusement qu'amoureusement, il sentait ses joues s'inonder de larmes. Il n'avait rien compris.

Il avait cru détenir Harry pendant un court instant d'illusions en utilisant du polynectar sur un autre. Il avait cru accéder à l'inaccessible pour leur bien à tous les deux mais tout cela n'avait été que farce et mensonge.

Oh oui, il avait déjà possédé ce corps ! Oh oui, il avait eu l'apparence de Harry mais il n'avait rien compris du tout. L'acte qu'il avait commis avec l'autre homme ne lui avait rien apporté. Le corps était le même, le visage était semblable à celui de son amour mais l'ardeur juvénile, le désir inextinguible, les sentiments, les sensations, les émotions, tout ce qui était propre à Harry avait été absent. Il avait été dépourvu de tout cela. Il s'en rendait compte à présent que le corps qui lui avait déjà appartenu bougeait dans ses bras, aux petits cris extatiques que cette bouche chaude poussait. Il n'y avait pas de comparaison à faire. Là où ses yeux l'avaient trompés, son cœur l'avait compris et en cet instant-là, il pleurait de bonheur en mourrant d'amour.

Severus sentit les muscles de Harry se contracter tandis que sa jouissance faisait rage en lui-même et explosait sur son ventre ce qui amena l'homme à sa propre implosion dont il se délecta en sombrant dans les bras de son amant.

Quelques minutes plus tard, lorsqu'il rouvrit les yeux, il vit Harry le regarder avec dégoût et il sentit son cœur arrêter de battre. Il resta figé, les bras autour de ses genoux, pour se faire le plus petit possible lorsqu'il vit Harry s'enfuir. Tout était terminé.

Combien de temps était-il resté là ? Il ne le sut jamais. Il ne sut pas non plus comment il avait réussi à retourner à Poudlard.

La première chose qu'il avait faite en revenant dans ses appartements avait été de détruire tous les flacons de polynectar qu'il avait préparé pour avoir Harry puis il avait écrit un court message à l'intention de son amant d'une nuit, de son amour perdu et il attendait la réponse depuis deux jours.

Deux jours d'horreur où il ne l'avait même pas vu une seule fois. Il en était physiquement malade.

« Nous avons fait l'amour, mais il me déteste. Il ne m'a jamais dit je t'aime et ce dégoût dans ses yeux… mon amour, je t'en prie… »

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'Pourras-tu un jour me pardonner ?' lut Harry une énième fois.

Il avait glissé le morceau de papier qu'un corbeau lui avait apporté, dans sa poche deux jours auparavant et ne cessait de le relire. Il savait parfaitement bien qui était l'expéditeur mais n'était pas prêt à lui répondre. Ou plus exactement, il ne savait pas quoi lui répondre.

Il se noyait dans un torrent de pensées taciturnes et douloureuses lorsqu'il vit Colin Creevey entrer dans leur salle commune avec un sourire heureux sur les lèvres. Ses yeux brillaient de bonheur et son air rêveur en faisait parler plus d'un. Malgré les nombreuses questions que tout le monde avait posé au blond, personne n'avait eu de réponse mais Harry savait pourquoi. Il l'avait su depuis la nuit fatidique où son destin avait changé lorsqu'il l'avait vu au bras de Draco Malfoy pour se rendre à la salle de demande.

Qui aurait pu croire que le sang pur de Serpentard aurait pu tomber amoureux d'un fils de moldu Gryffondor ?

Harry le fixa encore pendant quelques secondes puis détourna le regard.

En voyant le bonheur pur éclairer le visage de Colin, ne pouvait-on pas être certain que l'amour était la plus belle chose du monde ?

Pouvait-il réellement lui pardonner ?

OOOoooOOOoooOOOoooOOO

Une chouette blanche tapota à la fenêtre du bureau du maître des potions qui lui ouvrit. Un petit message était accroché à sa patte qu'il prit et déroula. Il savait qui en était le propriétaire et son cœur le lui rappelait furieusement.

Les mains tremblantes tenaient le papier blanc. Il éclata en sanglot après avoir vu les trois petites lettres noires qui y figuraient. Il lâcha le bout de parchemin et enfouit son visage dans ses mains.

Tout n'était pas perdu.

- FIN -