Disclaimer : Personnages appartiennent à JK Rowling.

Catégorie : R (relation non-consentante, harcèlement, violence…)

Quand ? Boarf mettons 5ème année

Couple* : Severus/Hermione, (un peu Hermione/Sirius aussi) Wahou ! Une fic d'hétéro…histoire de s'identifier plus facilement au personnage… :p Mais, heu, c'est pas du tout une jolie romance…

Pitit mot de l'auteurette : J'ai pensé à cette fic en classe alors que je fantasmais désespérément sur un prof (moche comme tout, c'est ce qui m'a influencé pour le choix de Rogue) Hem, un résumé j'aurais du mal vu que là c'est quasi de l'impro, mais un petit mot de départ est toujours le bienvenu… (ha vi cette histoire est bien sûr fictive, encore qu'il y ait beaucoup de faces cachées chez notre prof de potions que nous ne connaissions pas….) ) C'est juste que j'avais besoin d'écrire qq chapitres rapides sans trop songer à la suite ni au scénario, rien que pour le plaisir de voir Rogue torturer ses élèves….héhé )

Sans compter qu'avec ma punition, les tarducs c'est un peu dur en ce moment… :'(

Depuis quelques temps, Hermione redoute de plus en plus les cours de potions – ou plutôt le professeur qui lui donne cours… que lui a-t-il donc fait ? (yes ça accroche pas du tt, mais puisque vous êtes là) lol

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Le pervers aux cheveux gras. (wouais ça va c'est facile de se moquer j'avais po d'idée)

« 'Mione ? Tu es sûre que c'est la poudre de lune après la gousse d'ail ? » La jeune fille suspendit son geste, songeuse, puis reposa le bocal sur le banc en soupirant. « Non, tu as raison, ce sont les ailes de chauves-souris. »

« Ha ha, je le savais ! » s'exclama Ron Wesley avec enthousiasme. « Mon dieu Harry, prends note, sans moi Hermione allait faire une erreur ! » Mais le garçon aux cheveux noirs n'eut pas le temps de prendre note ni, même de répondre à son ami.

« Weasley, je reconnais qu'une réflexion intelligente de votre part est un évènement rarissime, mais je vous prierais de ne pas perturber mon cours pour autant. » Le maître des potions se dressait devant leur table, menaçant. Le rouquin se ratatina sur sa chaise, alors que Harry sentait sa mâchoire se crisper c'était presque devenu un réflexe en présence de Rogue. Celui-ci garda le silence un moment, alors que ses yeux glissaient jusqu'au visage de la fille aux cheveux bruns, qui gardait la tête baissée. « Reprenez-vous, mademoiselle Granger, ce genre de choses arrive à tout le monde – même aux meilleurs. » Il pivota et se dirigea vers une autre table, ignorant le regard soudain meurtrier du gryffondor aux cheveux roux.

« Ca alors, souffla celui-ci à sa voisine, il n'avait qu'à t'offrir des fleurs tant qu'il y était ! » « Ron, ce que tu peux être lourd ! » râla l'adolescente. « C'était sarcastique, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. »

« Pourtant, c'est vrai que ces jours-ci il a été plutôt coulant envers toi », intervint Harry. Hermione hésita un instant, puis se pencha finalement vers eux, chuchotant : « Vous vous souvenez qu'il y a deux semaines je suis allée voir Mac Gonagall pour lui parler de l'attitude de Rogue envers nous ? » Les deux garçons hochèrent la tête, jetant distraitement leurs pinces de crabes dans leur chaudron.

« Mais tu nous as dit qu'elle avait prétendu ne rien pouvoir faire…» commença le survivant, mais la jeune fille lui fit signe de baisser le ton, alors qu'à 6 mètres de là l'homme au nez crochu passait ses nerfs sur un Neville au bord de la syncope.

« Moins fort ! Oui je sais, mais en réalité elle m'a conseillé d'aller voir Rogue en personne et de lui exposer mon problème. » « Et tu l'as fait ?? » demanda Harry avec étonnement.

« Oui, mais je vous jure que ça n'a pas été facile de discuter de ça avec lui. Il a semblé le prendre comme une attaque, alors je lui ai dit que je le respectais beaucoup et que j'appréciais énormément ses cours, et tout ça… Puis je lui fais part de mon souhait de devenir médicomage, ce qui signifie donc une étude poussée des potions, et là il paraissait plutôt flatté. »

« Et c'est pour ça qu'il ne t'engueule plus ? » reprit Ron d'un air indigné. Visiblement, c'était l'initiative de son amie qu'il considérait comme une attaque.

« Oui », mentit Hermione. « Attention, ça déborde. » Le rouquin diminua la flamme sous son chaudron sous le regard courroucé du maître des potions, qui se tenait à présent sur l'estrade, donnant de nouvelles indications pour l'étape suivante.

A la fin de l'heure, alors que les autres élèves rangeaient leurs affaires, Ron s'étira longuement, faisant craquer ses os un à un. « Sale type », marmonna-t-il à l'égard de Rogue, lequel déposait les flasques de ses étudiants dans une armoire.

« Dépêchez-vous », souffla Hermione. « Relax », fit Harry en souriant, « on est pas pressés de rejoindre cette fouine de Malfoy. » Ron termina finalement de fourrer ses affaires pêle-mêle dans son sac et les trois amis suivirent leurs camarades qui sortaient de la classe.

« 'Mione, tu reprends pas ton bouquin ? » fit remarquer le garçon à la cicatrice, qui s'était retourné pour vérifier qu'il n'avait rien oublié dans le local de son pire ennemi, et la jeune fille s'aperçut qu'elle avait laissé son livre sur le banc à côté d'elle lorsqu'elle avait rangé ses affaires. Elle se déplaça rapidement entre les tables et le récupéra, tandis que Ron et Harry disparaissaient dans le couloir en discutant Quidditch. Rogue lui tournait toujours le dos, triant les différents ingrédients qu'il remettait à leurs places respectives. La jeune fille se dirigea vers la sortie à grandes enjambées.

« Granger ? »

Hermione s'arrêta, le cœur battant soudainement à tout rompre. Elle se retourna lentement, la bouche sèche. « Oui, professeur ? » Celui-ci la fixait avec une expression indéchiffrable, le regard sombre et pénétrant.

« Refermez la porte derrière vous en sortant », dit-il après un moment qui sembla une éternité à l'adolescente. Ses lèvres minces s'étirent en un sourire à peine perceptible alors qu'il s'emparait des deux derniers bocaux et les ramenait tranquillement jusqu'à l'armoire.

Hermione fila sans demander son reste, fermant néanmoins la porte avec une douceur extrême, comme si elle ne voulait pas rendre son départ trop précipité – et rappeler sa présence. En sortant des cachots, elle s'arrêta, le souffle court. Elle ferma les yeux, essayant de calmer son cœur affolé. Après plusieurs minutes, la Gryffondor se résolut à prendre le chemin de la Grande Salle pour y rejoindre ses deux compères, auxquels elle donnerait comme excuse pour son retard un besoin naturel. Elle inspira longuement, puis afficha une expression de sérénité lorsqu'elle entra dans l'immense salle à manger.

Elle voulait à tout prix éviter que qui que ce soit remarque quelque chose.

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Au loin, un animal inconnu poussa un long gémissement qui mourut bien vite dans le triste silence de la nuit. Hermione l'entendit à travers la fenêtre entrouverte à côté de sa commode. Ses yeux restaient ouverts également, alors qu'il était plus de minuit. La jeune fille se retourna dans son lit, tout en sachant que quelle que soit la position, elle ne s'endormirait pas avant plusieurs heures.

Cela faisait presque deux semaines que le sommeil lui semblait impossible à trouver. Elle se ressassait sans cesse les mêmes pensées, les mêmes souvenirs, ses craintes quant à l'idée de tout dire – ou au contraire de ne rien dire. De toute façon, qui la croirait ?

L'adolescente aux cheveux bruns se demanda une fois de plus si cela n'avait pas été qu'un affreux cauchemar, ou alors une manigance de Rogue pour l'humilier encore plus…

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& Retour en arrière & * (rassurez-vous c'est le seul) ^-^

Hermione sorti du bureau de Mac Gonagall légèrement secouée. Elle était simplement venue demander de l'aide à son professeur quant à l'attitude détestable de Rogue vis-à-vis d'elle, ce qui la perturbait de plus en plus durant les cours, et voilà que la vieille femme lui conseillait d'aller exposer ses griefs à l'intéressé lui-même ! La jeune fille se demanda si l'enseignante ne lui avait pas dit ceci par couardise mais non, Mac Gonagall n'était pas du genre à se laisser intimider par qui que ce soit, surtout pas Rogue.

Un coup d'œil à sa montre lui indiqua qu'il n'était que 8h20. En se dépêchant, elle pourrait aller voir le maître des potions en vitesse et revenir à temps pour le couvre-feu – ce qui lui donnerait un bon prétexte pour partir plus vite que prévu. Avec appréhension, l'adolescente se dirigea vers les cachots, jusqu'au bureau de l'ex-Mangemort. Après un bref instant de crainte, elle décida qu'il valait mieux crever l'abcès tout de suite. C'était cela ou une chute spectaculaire des ses notes sur le bulletin. Elle frappa deux coups discrets contre la grosse porte de bois.

« Entrez. »

Inspirant longuement, Hermione s'exécuta. « Bonjour, professeur Rogue, excuse-moi de vous déranger. » L'homme, sans surprise, était en train de corriger une pile de parchemins. Il eut l'air particulièrement surpris de voir la jeune fille. Mais la surprise laissa bien vite place à l'indifférence totale. Il replongea dans sa correction.

La Gryffondor resta debout au milieu de la pièce, ne sachant pas si elle était autorisée à parler.

« Et bien ? » fit-il d'une voix sèche après quelques secondes.

« Heu, je…je souhaitais vous parler, monsieur, c'est…c'est assez important. »

« Allez-y », répondit-il d'une voix neutre, toujours en train de raturer de rouge ses copies. Hermione songea que c'était plutôt déroutant de parler à cœur ouvert à quelqu'un qui ne daignait même pas vous regarder dans les yeux. Elle se lança quand même.

« Voilà… » Par où commencer ? « Vous savez probablement que cette année, nous devons passer nos Buses, et donc que c'est une période assez difficile, pour les étudiants. »

Pas de réponse.

« Ces temps-ci, » continua-t-elle, « j'ai cru remarquer que vous aviez un comportement assez….sévère à mon égard et….oh bien sûr, je comprends que puisque nous sommes en 5ème année, nous devons être traités et cotés plus durement, mais d'habitude vous m'avez toujours accordé des points assez bons, et depuis quelques semaines tous mes travaux dépassent à peine la moyenne- pourtant, je n'ai pas l'impression d'avoir négligé mes études ou raté complètement certaines potions. » Hermione sentit que sa déclaration n'exprimait pas le quart de ce qu'elle ressentait, mais mieux valait ne pas tout déballer d'un coup.

Rogue releva lentement la tête, un sourire ironique aux lèvres. « Si je comprends bien, mademoiselle Granger est venue se plaindre d'avoir des points qui semblent pourtant contenter les trois quarts des élèves de Poudlard. Vous estimeriez-vous supérieure aux autres étudiants ? Ou alors me reprochez-vous votre manque de travail ? »

La jeune fille se sentit pâlir. « Pas du tout, » bredouilla-t-elle, « mais c'est la première fois que mes notes chutent à ce point. »

« Que voulez-vous que j'y fasse ? La préparation des potions est un art qui demande bien plus que de ridicules mouvements de baguette, comme je vous l'avais dit lors de votre première année. Visiblement, votre art a atteint ses limites. »

La jeune fille, blessée, voulut protester, mais elle fut coupée avant. « Vous pouvez disposer, » déclara-t-il d'une voix froide, à nouveau concentré sur ses parchemins.

Hermione resta à sa place, se mordant violemment la joue pour ne pas pleurer. Pas de vrais pleurs, de toute façon, juste deux petites larmes qui menaçaient d'apparaître aux coins de ses yeux. Elle fit mime de se retourner, puis une phrase de Mac Gonagall lui revint en mémoire. « Parlez-lui avec sincérité, ça devrait le faire réfléchir. » La directrice des Gryffondor avait dit cela avec un sourire, mais l'adolescente se dit qu'elle n'avait peut-être pas tort.

Ce qui était sûr, c'est que si elle sortait maintenant, elle aurait perdu. Et rien n'aurait été fait pour remédier à la soudaine injustice du professeur vis-à-vis de ses travaux.

« Je vous ai dit que vous pouviez disposer, Granger » reprit Rogue d'une voix qui était à présent chargée de menaces.

« Professeur, il n'y a pas que mes résultats qui me perturbent. »

« Vraiment ? Etant une adolescente, je suppose que comme tous les cornichons de votre âge la moindre petite chose est susceptible de « perturber » vos hormones. N'y voyez donc pas de problème particulier. »

La jeune fille sentit sa mâchoire se crisper. « Justement, monsieur, je pense qu'il y a un problème. Et cela vous concerne. »

Cette fois-ci, il sembla qu'elle avait réussi à susciter l'intérêt de l'homme aux cheveux noirs. Il posa son stylo devant lui et se redressa dans le dossier de sa chaise, croisant les bras. Hermione ne se sentit plus aussi sûre d'elle, mais reculer n'était plus une solution.

« Professeur, je vous ai toujours montré beaucoup de respect, n'est-ce pas ? Je veux dire, je ne vous ai jamais critiqué ou insulté – enfin, j'étais peut-être une idiote à mon arrivée ici, mais j'ai changé. Je sais que vous êtes un expert en potions, et je reconnais que vos capacités en la matière m'ont toujours impressionnée. D'ailleurs, j'envisage même une carrière dans cette orientation. » Elle s'interrompit, levant les yeux vers l'ancien Mangemort, qui n'avait pas bougé, ni même esquissé un mouvement facial.

« Pourtant, depuis quelques semaines déjà, j'ai l'impression que vous me rejetez la faute de quelque chose, bien que je ne sache pas quoi. »

« Oh… » fit simplement l'homme d'une voix froide. « Me feriez-vous le plaisir de me dire pourquoi vous en avez déduit cela ? »

« Et bien…vous m'avez donné plus de punitions et retiré de points qu'en toute une année, et à chaque fois que je croise votre regard, il me semble y apercevoir de… de la haine dirigée vers moi. »

« Je vous arrête tout de suite. Cette « haine » comme vous dites, n'est que du mépris, et vous n'êtes pas la seule à en être la cause. A présent que vous êtes rassurée, je ne vous retiens pas. » Le ton n'était plus froid, il était glacial.

Hermione soupira intérieurement. Après tout, à quoi bon continuer ? L'homme réfuterait tous ses arguments avec le même cynisme. « Excusez-moi, je pensais juste que - »

« Que vous pourriez me rejeter la faute de votre laisser-aller ? Granger, vos résultats ont été lamentables ces derniers temps, c'est un fait. N'espérez pas me faire culpabiliser parce que vous n'y arriverez pas. C'est à vous seule que vous devez vous en prendre. »

« Mais je n'ai pas moins travaillé qu'avant ! » s'exclama Hermione. Ca, c'était la meilleure ! Il osait l'accuser de fainéantise, alors qu'elle n'avait jamais passé autant à étudier de toutes ses années d'école elle prenait l'année des Buses très au sérieux. « Et je ne vois pas ce que vos remarques désagréables en classe ont en rapport avec mes travaux ! »

Les yeux de Rogue se plissèrent. « Je vous demande pardon ? »

« Que vous me critiquiez sur mes méthodes de travail, sur mes manières d'éplucher tel ou tel fruit, d'accord. Mais quel est le rapport avec mon sang, mon appartenance à Gryffondor ou même mes cheveux ?! » L'adolescente savait que les attaques vis-à-vis de la maison ou des origines étaient habituelles chez son professeur, mais il s'étendait à présent à la vie privée et se déployait chaque jour dans de nouveau domaine pour humilier la jeune fille. Ce matin, il avait comparé les racines de Plantagrumeau d'Hermione à ses cheveux – ce qui avait bien sûr follement amusé les Serpentard.

« Je ne me rappelle pas vous avoir donné la permission de me crier dessus, Granger ! » répliqua Rogue, une lueur meurtrière dans le regard.

« Excusez-moi, professeur, mais je veux savoir pourquoi vous vous acharnez sur nous depuis la première année ! » L'adrénaline circulait librement dans son sang, et l'adolescente se sentait prête à lui balancer tous ses reproches à la figure, dut-elle passer le reste de l'année en retenue. Une partie d'elle, l'élève consciencieuse et mature, lui criait de s'excuser et de partir bien calmement, mais sa fierté de Gryffondor l'empêchait de faire marche arrière.

Le maître des potions se leva. Sa mâchoire se crispa fermement, puis il expira longuement avant de parler. « Miss Granger, vos mots dépassent votre pensée. Souvenez-vous à qui vous êtes en train de parler. Je suis votre professeur et vous me devez le respect, alors tâchez de me respecter, stupide gamine !» finit-il brutalement.

« Mais vous ne faites rien pour cela, « professeur ». Et si je puis me permettre c'est vous qui devriez vous rappeler ce que vous êtes. Parce que vous êtes un enseignant, justement, plus un Mangemort ! » Lorsqu'elle vit le regard assassin de Rogue, elle sut qu'elle était allée trop loin en parlant de Mangemort. Durant une demi-seconde, elle se demanda au contraire si elle n'avait pas visé juste. Des larmes de rages coulaient le long de ses joues, à sa plus grande honte.

L'homme au teint pâle la fixa durant plusieurs secondes, comme s'il hésitait entre la tuer sur place ou la frapper contre le mur. La jeune fille sembla soudainement se rendre compte de tout ce qu'elle venait de dire.

« Je suis…désolée… » bafouilla-t-elle, pétrifiée. Brusquement, elle se retourna et sortit du bureau en courant. Elle arriva à la sortie des cachots, et s'arrêta pour se moucher. Elle essuya ses joues mouillées mais ses yeux pleuraient toujours. Elle s'en voulait tellement….comment, mais comment avait-elle pu être aussi bête ? Se conduire comme une gamine capricieuse, perdre tout contrôle, alors que Mac Gonagall avait pourtant déclaré non sans une certaine ironie que la meilleure tactique avec le directeur des Serpentard était de rester aussi imperturbable que lui.

Son épaule heurta alors violemment le mur, et elle gémit de douleur. Elle eut à peine le temps de rouvrir les yeux que déjà une main puissante la saisissait au collet, la plaquant violemment contre le mur. « Vous désirez toujours remonter votre moyenne, miss Granger ? » fit Severus Rogue d'une voix calme qui contrastait étrangement avec la dureté de sa poigne.

Pétrifiée, la jeune fille ne réussit pas à articuler quoi que ce soit de compréhensible, mais de toute façon l'homme lui avait déjà agrippé le bras et la traînait de force au cœur des donjons.

« Professeur, je – aïe - »

« Je ne vous ai pas donné la permission de parler », la coupa-t-il, marchant à grandes enjambées. Hermione avait mal au bras et voulut résister mais elle utilisait tout son énergie pour essayer garder son équilibre. Ils entrèrent dans une pièce sombre et il la poussa brutalement au milieu de celle-ci l'adolescente s'effondra sur les dalles froides. L'homme referma la porte et lança un rapide sortilège qui fit s'allumer les bougeoirs accrochés au mur.

Hermione remarqua alors qu'elle se trouvait dans un salon assez austère, dont l'unique mobilier était constitué d'une table et de deux chaises, ainsi que de plusieurs étagères – les appartements de Rogue.

« Relevez-vous, et asseyez-vous ici », lui ordonna l'ancien Mangemort en reculant une chaise. Il se dirigea ensuite vers une grande étagère et commença à fouiller dans un tiroir.

La fille de moldu se releva lentement, et se recula, s'assurant que l'homme lui tournait toujours le dos, puis elle actionna frénétiquement la poignée de la porte, laquelle refusa de s'ouvrir.

« Ma très chère Gryffondor, vous m'avez habitué à plus de courage que cela », fit le directeur des Serpentard avec ironie. Hermione massa son épaule douloureuse et se retourna lentement.

« Professeur, je suis désolée si je vous ai vexé », dit-elle d'une petite voix.

« Vous ne m'avez pas vexé du tout. Au contraire, vous m'avez même ouvert les yeux. Asseyez-vous, » répéta-t-il en désignant la chaise devant la table. » Cette fois-ci, son ton était celui de l'enseignant, et bien malgré elle la jeune fille se dirigea vers lui et s'assied. Il déposa un bloc de parchemins, une plume et un pot d'encre devant elle.

« Ecrivez. »

« Mais pourquoi - »

« Vous voulez obtenir de meilleures notes ? Dans ce cas soyez satisfaite je vous offre la chance de me prouver que vous êtes plus douée que ce que vous m'avez montré ces temps derniers. Première question : décrivez les effets des potions de Lumininge et les différents ingrédients qui la composent. »

L'adolescente aux cheveux bruns le regarda un moment avec incrédulité, puis se décida finalement à attraper la plume lorsqu'il la foudroya du regard. Elle se mit à écrire d'une main fébrile, priant pour qu'après cela le professeur la laisse partir sans plus la frapper. Il continua, lui dictant différents énoncés, en marchant calmement dans la pièce.

« Dernière question : En quoi les algues marines peuvent-elles contrecarrer les effets des végétaux terrestres lors de la préparation de la potion de Divisibilité ? Expliquez-le en tenant compte de la composition chimique de ce type d'algues et n'oubliez pas de parler de l'osmose cellulaire. »

La jeune fille resta un moment la plume en l'air, les yeux fixés sur sa feuille. « Professeur », dit-elle finalement, « l'osmose cellulaire n'est abordée qu'en dernière année et nous n'avons - »

« Granger, encore une seule interruption et je ramasse directement votre copie. Vous avez une heure. »

Hermione répondit aux premiers énoncés assez rapidement, mais elle se rendit bien vite compte que cela devenait de plus en plus difficile. Lorsqu'elle arriva à la question sur l'osmose, elle sécha quelques minutes, fouilla dans ses souvenirs. Elle était certaine d'avoir déjà entendu parler de cela quelque part…

« Un problème ? » susurra une voix grave à son oreille. « Et bien, j'hésite entre deux minéraux,» bredouilla la jeune fille, gênée par la proximité de Rogue. Celui-ci se pencha un peu plus au-dessus d'elle, collant délibérément son torse au dos de l'adolescente. « Je n'en reviens pas, » reprit-il avec une voix encore plus basse. « L'élève la plus appliquée de son année, sinon de l'école, en train de sécher sur une question aussi simple… »

La plume d'Hermione lui échappa, et elle la ramassa rapidement d'une main tremblante, ce qui n'échappa à l'œil de l'ancien Mangemort. Pourtant, sa plume se mit à courir sur le papier, d'abord avec incertitude, puis avec plus d'assurance. « J'ai terminé », dit la Gryffondor non sans un certain soulagement. « Traité de chimie magique, par Albert Potassium » - elle l'avait lu pendant les vacances, et elle s'était maintenant souvenue du bref chapitre sur l'osmose cellulaire.

Pourtant, au lieu de reprendre sa copie pour la corriger, son professeur la parcourut du regard quelques instants, puis fit glisser ses doigts fins sur l'épaule droite de l'étudiante, avant de les descendre jusqu'à son bras, qu'il agrippa doucement mais fermement. « Je n'ai jamais mis en doute vos capacités, miss Granger…Mais il faudra plus que cela pour me prouver votre bonne volonté. »

Surprise, Hermione tourna légèrement la tête vers lui, et sentit les cheveux noirs de l'homme se frotter à son visage. « Qu'est-ce que vous voulez ? » demanda-t-elle d'une petite voix.

« Une soumission totale », chuchota-t-il avec lenteur dans son oreille. Il n'avait pas une mauvaise haleine, au contraire elle rappela à la jeune fille l'odeur du parfum la vanille de sa mère. Pourtant, elle sursauta brusquement et voulut se lever de sa chaise, mais la main de l'homme accrochée à son bras l'en empêcha. « Professeur », gémit-elle, alors que les larmes lui venait aux yeux.

« Du calme, ma jeune élève, » la rassura-t-il. « Je ne vous demande rien ce soir. Ni même demain. Je veux vous laisser du temps. »

L'adolescente essaya de se débattre – peine perdue. Que pouvait-elle faire, gamine de 15 ans, face à un homme dans la force de l'âge ? Elle sentit le bras de son agresseur s'enrouler autour de son cou et la pousser dans la mâchoire pour lui faire relever la tête. Severus Rogue se déplaça autour d'elle, telle une panthère, et vint planter son regard de braise dans ses yeux effrayés.

« Réfléchissez une seconde avec votre petite tête de Sang-de-Bourbe. Vous n'avez pas le choix. Si vous parlez de ceci à quiconque, ce sera ma parole contre la votre. Et même si quelqu'un devait être assez audacieux pour prêter crédit à vos accusations, vous devriez passer par le Veritaserum. »

Il rapprocha son visage, une lueur dans les yeux. « Le Veritaserum, Hermione, vous savez ce que c'est ? Imaginez ce que vous pourriez révéler sans le vouloir…vos peurs, vos désirs les plus secrets, vos pensées les plus intimes… » Un sourire se faufila jusqu'à ses lèvres fines, tandis que la jeune fille le fixait, incapable de parler, ou même de respirer. « Votre amitié avec un criminel en cavale…ainsi que l'emplacement de sa cachette actuelle… »

Cette fois-ci, la jeune fille comprit l'allusion. Sirius…

« Vous mentez », réussit-elle finalement à articuler. « L'utilisation du Veritaserum est contrôlée par le Ministère. »

« Evidemment. Mais dans un cas aussi grave que du harcèlement sexuel au sein d'une école, je suis certain que les membres du Ministère eux-mêmes approuveraient cette solution. »

« Mais ils verraient aussi que j'ai raison…et que vous êtes coupable, » le contrecarra la jeune fille.

« Oui…mais je prétendrais moi-même avoir agi sous un Impérium du seigneur des ténèbres. En tant que maître des potions, je dois bien admettre que les sérums de vérité n'ont plus de certains pour moi et j'en neutralise assez facilement les effets. Je pourrais moi aussi inventer certaines choses indiscrètes et peu glorieuses sur votre compte. »

Le maître des potions lui sourit avec sadisme, la mettant au défi de trouver quelque chose à redire à cela. Hermione déglutit. Bien sûr, elle n'avait aucune idée de la véracité des propos de Rogue, mais n'était-il pas dangereux de les mettre en doute ? Après tout, il était le meilleur dans sa catégorie, elle l'avait dit elle-même, et si elle en disait trop et révélait accidentellement la cachette de Sirius au square Grimmauld et impliquait également Dumbledore dans l'histoire…Elle ne pouvait prendre ce risque.

« Qu'est-ce que je dois faire ? » dit l'élève aux cheveux bruns en fermant les yeux, alors qu'une larme salée lui arrivait au coin de la bouche.

« Pour commencer », fit l'homme en lui frottant doucement la joue, « cesser de pleurer. » Elle le sentit se redresser. « Je ne vous demande rien dans le présent. Mais soyez prête. »

Elle rouvrit les yeux. Il avait pris sa feuille de contrôle et se tenait maintenant devant l'armoire dans laquelle il avait pris les feuilles. Il rangea la plume et le pot d'encre, et se retourna, le visage impassible. « Vous pouvez disposer, Granger », dit-il avec sa voix habituelle – sèche, claquante et sans réplique.

Hermione crispa sa mâchoire avec colère, et elle passa rageusement sa main sur ses yeux humides. Elle sortit en courant, faisant tomber sa chaise au passage. Rogue vint la ramasser d'un pas tranquille, et referma la porte avec un sortilège. Il prit ensuite le parchemin de la jeune fille et le lut à nouveau, avant de se lever brusquement et de le jeter dans la cheminée.

*Fin du retour en arrière*

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Hermione se recroquevilla dans son lit. Sirius…si cela n'avait pas été pour lui, elle aurait certainement tout raconté. Mais elle tenait à l'ancien prisonnier, et elle espérait que son innocence serait bientôt prouvée. Afin qu'elle puisse le voir plus souvent, ailleurs que dans cette affreuse maison du square Grimmauld.

Pas amour pour un homme qui ne lui avait jamais parlé que pour la contredire, elle était prête à se sacrifier à un autre qui, lui, prenait plaisir à l'humilier et la rabaisser…

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Voilààà ! Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé ? :)

* Je suis fortement pour l'emploi de mots français lorsque l'anglais n'est pas nécessaire. Non que je n'apprécie pas la langue de nos chers acteurs favoris, mais je trouve dommage que notre beau français en soit pour autant mis de côté…