Merci pour vos compliments. Ca m'a fait énormément plaisir. J'ai bien aimé écrire cette fic qui est si loin de mes fics habituelles mais qui est aussi un sujet que j'aime traité. La mélancolie. C'est beau aussi. J'aime le doux-amère également.

Thegirloftheshade, Paradise1, Miya Black, Lululle, Céline s., Marie, Meya, Henna Himitsu (Ah, Nicky Larson, qu'est-ce que ça me faisait rire.^^), Dumbledore, La Foldingue, Dega (Si Dega, c'est bien Sev qui parle^^), Pomfresh : Je vous adore. Merci encore. Bisous.

Chapitre 4 : Obsession

Je n'arrive plus à parler. Presque plus non plus à penser... Sauf à ma douleur.

Je me hais.

Sorcier érudit. Espion pendant des années. Disciple traître d'un mage noir. Maître des potions renommé. Incapable de sauver le seul être qu'il aimait.

Je suis recroquevillé par terre, à côté du lit où j'ai si souvent voulu emporté Harry. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis comme cela. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas suivi mon amour dans sa chute... Ou ce qui me retient de ne pas mettre fin à mes jours dès maintenant.

Ou si, je le sais mais je n'arrive pas à réfléchir correctement. Mes pensées se brouillent. Je ne ressens plus rien et ressens tout. Je suis mort mais toujours en vie. Ce que je suis peut se nommer comme souffrance totale. Anesthésié et hurlant de douleur tandis que l'on m'arrache le coeur. Paradoxe.

Mes yeux sont ouverts. Je connais cette pièce par coeur et pourtant quand Dumbledore m'a amené ici tout à l'heure ou hier, ou peut-être un mois auparavant, je me suis cogné à tous les meubles, j'ai trébuché sur le tapis et suis tombé - comme mon amour, j'ai chuté - et je suis resté là, prostré - comme lui.

Merlin, prenez ma vie.

J'ai voulu le suivre mais j'ai senti des bras plus forts que moi m'en empêcher. Il paraît que mes hurlements ont alerté tous les professeurs et certains élèves.

Ils savent tous... Pour Harry. Et la seule chose qui me retient, ce sont les cinq petits mots que Dumbledore a murmuré à mon oreille.

Cinq petits mots. Qu'a-t-il voulu dire par là. Je ne sais pas. J'attends.

Il a posté des gardes pour moi. Il devait se douter que je voudrais mourir. Comme s'ils pourraient réellement m'en empêcher.

Je ne peux plus bouger de toute façon. Je suis paralysé. Même mes yeux ne clignent plus. Je fixe la même poussière depuis combien de temps, sans la voir. Tout ce que mon esprit se souvient c'est la lueur dans les yeux d'Harry avant... avant...

Et cette larme. Pourquoi cette larme ?

Je ne le saurais jamais.

Incapable de le sauver.

Bon à rien.

Sorcier ? Plutôt cracmol.

Pas fichu de se servir de sa baguette.

Pire que Lockhart.

Harry...

Pardonne-moi.

Je voulais te sauver et je t'ai tué. Pourquoi cette lueur dans ton regard ? Quand je t'ai crié que je t'aimais, tes prunelles se sont ranimées. Pourquoi ne te l'ai-je pas dit avant ? Je n'avais pas le droit. Mais tu serais encore vivant. Et je ne serais pas mort.

Mon amour.

Attend-moi.

Je ne peux pas penser à autre chose qu'à lui. Tout ce que je sais maintenant, c'est qu'il voulait être aimé de quelqu'un. Ces amis sont morts dans la bataille. Il ne lui restait plus personne, plus de famille, aucune. Il voulait de l'amour et je ne lui ai pas dit. Il est mort pour cela.

Que voulait dire Dumbledore ?

Il avait mon amour. A quoi servait-il de le garder pour moi ? Qu'a-t-il dû penser lorsque je le lui ai hurlé alors qu'il chutait ? Ultime souffrance de plus ? On ne peut pas revenir en arrière. Il se savait aimé, à présent mais il ne pouvait qu'être aspiré par l'attraction terrestre. Je lui ai infligé cela en plus. Il avait à porter de main ce qu'il désirait en sachant qu'il était trop tard et qu'il ne l'aurait plus jamais.

Je me fais honte.

J'ai si mal.

Tout ce que je puis apporter aux autres n'est que douleur.

Quelqu'un frappe à la porte.

Dumbledore ?

J'entends des pas légers s'avancer vers moi mais je reste immobile. Je suis pétrifié dans mon chagrin.

Quelqu'un se penche et je me rappelle les paroles de Dumbledore. Cinq petits mots, 'Tout n'est pas fini.'

Quelqu'un chuchote à mon oreille et mon coeur saigne.

Pendant une seconde, j'ai cru que c'était Harry.

Une main glisse dans mes cheveux et les caresses. Un corps se presse contre le mien et des larmes chaudes coulent sur ma joue gauche.

Ce ne sont pas les miennes.

« Je t'aime aussi » entends-je une voix familière me dire.

Je cligne des yeux, les lève en direction de l'homme qui est sur moi et je vois mon ange.

« Harry ? » dis-je.

« Oui » répondit-il avec un léger sourire aux lèvres, les yeux remplis de larmes qui lui mouillent abondamment les joues.

Je me relève vivement, agrippant son corps déséquilibré et le presse avidement contre moi. Je ne peux pas y croire. Cela ne peut pas être réel. Il est mort. Suis-je mort ?

C'est alors que je vois le directeur. Il est debout, au pas de la porte, nous fixant avec émotion.

Je ne comprends pas. Je ne comprends plus.

Dumbledore me montre un retourneur de temps.

Harry me caresse les joues et les embrasse tendrement.

Que s'est-il passé ?

Mon amour répond à ma question muette qui se lit dans mes yeux.

« Je ne savais pas que tu m'aimais. Je croyais que mon amour pour toi était sans espoir. Je pensais que je n'avais plus personne. Tout seul. J'étais perdu. Quand j'ai sauté, je ne savais pas que tu étais là et tu me l'as dit... Je t'aime... Tu n'as pas voulu voir mon corps s'écraser contre le sol mais ça ne s'est jamais passé. »

J'ouvre des yeux ronds, incrédule.

« Mais, mais. j'ai entendu le bruit. J'ai entendu. » dis-je mais ma voix se brise dans un sanglot et je ne peux continuer. Je sens mon amour me presser plus fortement contre lui et il embrasse doucement mes lèvres. Je le fixe. Il est si beau.

Dumbledore reprend, « En effet, la première fois il s'agissait bien de Harry. »

Mon corps se crispe et ma gorge se serre. Je n'arrive pas à avaler ma salive. Je n'arrive pas à laisser échapper le cri qui me monte aux lèvres.

« Mais la deuxième fois, j'ai réussi à éviter cela Severus. Grâce à vous. »

Je le regarde incrédule. J'ai été incapable de...

« Vos cris ont alerté les membres de Poudlard ainsi que moi-même. En vous entendant hurler - ce qui n'est pas une de vos habitudes - j'ai tout de suite su qu'il s'était passé quelque chose et qu'Harry était la victime. » Je le vois se tourner vers mon amour et lui dire, « Je savais que tu n'allais pas bien Harry. Malgré tes protestations, tu n'as pas réussi à me donner le change. » Puis, il se retourne vers moi et ajoute, « J'allais détruire ce retourneur de temps que le ministère m'avait prêté récemment. J'ai interrompu à temps son processus de destruction grâce à vous. Il ne devait pas retourné au ministère et je n'aurais jamais pu en avoir un autre pour sauver Harry. Pour le ministère, cela aurait été le destin. »

Je crispe les mâchoires plus fermement. Bien sûr, maintenant que Harry a sauvé le monde et détruit Voldemort, ainsi va la vie.

Harry me sourit tandis que Dumbledore rappelle mes gardes. Ils nous laissent seuls.

Je prends le visage de mon ange entre mes paumes tièdes et le regarde, le détaille.

Mes yeux me brûlent des larmes que je laisse couler. Il me les essuie d'un geste tendre de ses doigts puis de ses lèvres. Je sens sa langue glisser sur ma joue puis sur ma bouche et la capture.

Je n'aurais pas cru cela possible. Je l'aime. Comme je l'aime.

Nous nous embrassons à perdre haleine et je sens mon désir pour lui se réveiller. Je sens le sien s'enflammer également.

« Je t'aime » soupire-t-il.

« Je t'aime » fais-je écho.

Il me prend la main, m'entraîne vers mon lit et me pousse contre les draps. Combien de fois ai-je imaginé cette scène ? Il est à moi.

« Tu m'as sauvé » me dit-il.

Mon coeur se met à battre plus fort et je ne peux que répondre, « Non, c'est toi qui m'a sauvé. »

Nos bouches se joignent, nos mains s'égarent et nos corps s'emboîtent l'un dans l'autre. Nous sommes fait pour être ensemble. Je l'ai toujours su.

Nous faisons l'amour pour la première fois et il efface de son amour toutes mes peines, comme je le fais pour les siennes. Il n'y a plus d'obscurité mais que de la lumière. L'étincelle n'est plus. Un feu flamboyant a pris sa place. Il est heureux comme moi je le suis. Nous pouvons commencer à vivre. Réellement. Ensemble.

Nous nous sommes sauvés l'un l'autre.

Il a été mon élève honni puis mon amant en rêve, mon amour pour l'éternité. Celui qui m'a fait aimé la vie. Il est et restera mon ange, mon obsession.

* FIN *

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A/N : Et ben oui, j'ai hésité mais je n'ai pas pu. Je ne pouvais pas faire mourir Harry. Peut-être que j'en réécrirais une autre un jour et que je ne le ferais pas vivre mais là, je ne pouvais po. Voilà, j'espère que mon histoire vous aura plus.

Poutouxes à vous.