In Stellis Memoriam

Disclaimer… Tout est à la dame d'outre-manche…

Petite présentation

Suite alternative de Entre Lune et Etoile. Remus, Harry et Cyrus – l'héritier physique et psychique de Sirius Black – entament une deuxième année à Poudlard. Sauront-ils protéger leurs secrets des soupçons de Fudge, des manœuvres des Malefoy et du retour de Voldemort ?

Pour ceux qui n'ont pas envie de lire Entre Lune et Etoile, un très bref résumé...

Remus, après quatre ans de deuil, s'est battu pour obtenir la garde de Harry et l'a adopté. Harry a grandi à Poudlard, dont Lupin est devenu directeur, en pleine connaissance de ses pouvoirs et de son histoire. En vacances avec Ron Weasley, ils ont découvert la véritable identité de Croûtard et l'innocence de Sirius. Malheureusement le rat s'est échappé avec la complicité de Quirrell. Dumbledore a convaincu Rogue de préparer une potion qui a divisé par trois l'âge de Black après son évasion discrète d'Azkaban. Cyrus est ainsi devenu le petit frère, plutôt turbulent, de Harry. Sa ressemblance avec Sirius Black a évidemment attisé la curiosité des Malefoy qui ont essayé plusieurs fois de l'enlever. Queudver a rejoint Voldemort en Roumanie et ils sont revenus à Poudlard dans les bagages du professeur Quirrell pour s'emparer de la pierre philosophale. Pour y arriver, ils ont attiré Harry dans un piège. Seule l'intervention de Cyrus, aidé de Hermione et de Ron, a empêché le plan d'aboutir…. Queudver est jugé, Sirius est réhabilité mais les émotions de cet affrontement ont fini de mêler les personnalités de Cyrus et de Sirius... Quelle vie celui-ci doit-il choisir entre celle de l'héritier des Black et celui du frère de Harry ?

C'est en gros ça… mais franchement résumer 38 chapitres…

Sinon, j'espère que ça va vous plaire…


1 – Jeune étoile et vieux combats

Remus finissait de s'habiller devant son miroir. Il avait choisi comme souvent ses vêtements de professeur. En tant que directeur, il aurait pu s'autoriser des costumes moins sévères - son prédécesseur n'était-il pas connu pour ses robes violettes étoilées ? Il eut un petit sourire. Il aimait la rigueur et la simplicité des robes professorales. Il savait qu'elles le vieillissaient – comme s'il en avait eu besoin ! Mais c'était bien le dernier de ses soucis. Et puis, si son visage paraissait plus âgé que ses trente-deux ans, son corps avait gardé sa souplesse et sa force – et sans doute devait-il remercier Severus de lui fournir lune après lune ces potions qui combattaient les effets épuisants de ses transformations.

Et c'était le plus important.

Il n'avait jamais attaché d'importance à son apparence physique – il avait tellement détesté ce que le Loup faisait de son corps ! – mais il sentait qu'il aurait difficilement accepté de se sentir faible, surtout maintenant qu'il était responsable d'autres vies. Mais ce n'était pas de lui de passer tant de temps devant son miroir. Il s'en détourna brusquement et vit alors un Harry, un peu intimidé, sur le seuil de sa chambre.

« Harry… », murmura-t-il, sortant brusquement de ses pensées.

« Je te dérange », s'empressa de s'excuser l'interpellé. Et son ton désolé agaça profondément son père adoptif.

« Non, Harry, tu le sais bien », gronda-t-il gentiment. Mais son regard légitimement interrogateur sembla renforcer le malaise de son fils. « J'allais descendre les voir », indiqua-t-il pour meubler le silence qui s'installait. « En éclaireur », ajouta-t-il avec un léger sourire complice.

« Oh… Tu ne crois pas que... que je devrais venir avec toi… surtout pour Mine… enfin, pour le professeur MacGo… »

« Laisse-moi donc la calmer un peu avant, Harry », proposa toujours gentiment Remus. « Il n'y a aucune raison pour qu'elle te rende responsable de tout ! »

« Mais NOUS sommes venus », insista Harry en secouant la tête.

« Mais JE vous ai fait sortir », répondit Lupin sur le même ton. « Severus a raison… C'était une grosse bêtise. On aurait pu nous voir. Quand tu t'es retransformé… je… j'aurais pu ne pas avoir la force de m'éloigner… », se força-t-il à souligner malgré toute l'amertume qu'il en ressentait.

« Tu ne m'aurais jamais attaqué », affirma Harry avec une certitude affectueuse, une confiance totale et inconditionnelle, filial.

« Je n'en sais RIEN, Harry, RIEN… et je ne souhaite pas le savoir… », le contredit son père, plus sèchement.

Le silence revint.

« Ça… ça, ça veut dire qu'on le fera plus », regretta franchement Harry sans chercher à éviter le regard triste de Remus.

« Pas à Poudlard, Harry, jamais… ni ailleurs non plus, tant qu'on aura pas trouvé une meilleure protection pour toi… Non», confirma Remus.

« Et si… je… », essaya son fils.

« Si tu devenais un Animagus ? »

Harry hocha la tête presque timidement. Lupin prit son temps pour répondre.

« Ça demande beaucoup de travail… »

Harry nota qu'il n'avait pas dit que c'était interdit ou qu'il était trop jeune et il jugea que c'était suffisamment encourageant pour insister un peu : « Ça ne me fait pas peur ».

Remus sourit à cette réponse.

« Et il faut énormément de concentration», rappella-t-il en détournant les yeux. « Je vais y réfléchir », lâcha-t-il finalement, après un instant de réflexion. Harry sentit son cœur bondir comme s'il avait dit oui, mais il n'osa pas insister plus. Le silence qui s'installa alors était bien plus léger que les précédents. Lupin le rompit sur un ton moqueur : « C'était ça que tu étais venu me demander ? »

« Non, enfin… si aussi… mais… je… je voulais surtout m'excuser. »

« T'excuser ? », releva Lupin comme si cela le surprenait.

« Oui… de te créer tous ces ennuis… encore... », murmura Harry sans trop savoir comment interpréter l'expression lasse de son père.

« Oh… Je crois pourtant avoir déjà dit que je pensais y être pour quelque chose moi aussi… Je pouvais vous renvoyer, Harry… Je ne l'ai pas fait… J'assume, Harry »

Le jeune garçon aurait voulu se jeter dans ses bras mais il n'osa pas. Il se sentait un peu trop vieux pour le faire et les reproches que son père se faisait à lui-même le désolaient et l'intimidaient en même temps.

« Harry… ne me regarde pas comme ça… Ça devait arriver… un jour… Il était sans doute temps… Et je n'osais pas… » Lupin grimaça puis sourit plus légèrement. « C'est bien que Cyrus nous ait un peu bousculés, non ? »

Harry lui rendit son sourire, mais la mention de Cyrus lui rappela l'autre raison qui l'avait amené dans la chambre de son père.

« A propos de Cyrus… »

« Oui ? »

« Je… enfin… je voulais te dire… » Il avala sa salive et le regard de Remus se fit plus grave. « Il…il pleure… et… et je crois bien que c'est un peu ma faute… » Comme son père ne disait rien. Harry continua, pas plus à l'aise. « Je… nous parlions… de ce qui… de cette nuit… et… et j'ai dit… j'ai dit que j'aimerais être un peu plus vieux et pouvoir t'aider plus… que ce ne soit pas toi le responsable… Il… il m'a regardé sans rien dire et puis il s'est tourné… Il dit qu'il dort… mais je crois qu'il pleure… »

« Et tu crois que c'est de ta faute si il pleure ? », demanda très doucement Remus.

« Je ne voulais pas dire qu'il était … lâche ou… Je suis SI heureux qu'il reste un enfant… encore un peu… mon frère… » Harry sentit sa gorge se serrée. « Mais si ça doit le rendre malheureux…», reprit-il avec une certaine colère.

Remus fit un pas et le prit doucement dans ses bras. Harry se laissa faire.

« Harry, je crois… que, au contraire, il n'a aucune envie d'être un adulte.»

« Mais… pourtant… parfois… »

« Parfois… parfois il agit comme quelqu'un de plus âgé », reconnut Lupin. « Mais, il n'arrive pas à aller jusqu'au bout. J'ai compris ça cette nuit… Il a pris la responsabilité de t'amener mais, après, il s'est reposé sur moi… et quand ça a failli mal tourner, il ne serait pas arriver à t'aider sans tes encouragements… Tu étais plus calme et plus lucide que lui, Harry. Heureusement, je t'en félicite, parce que…moi… j'ai déjà eu tant de mal à m'éloigner… »

Remus se tut de nouveau. Harry ne savait pas quoi dire. Il y avait un compliment dans ces paroles mais beaucoup d'autres choses plus complexes et plus douloureuses aussi. Il se rappelait l'angoisse du visage de Cyrus, son affolement, ses difficultés à replacer le sortilège de métamorphose puis à retrouver une deuxième fois sa forme d'animagus alors que le loup-garou rodait autour d'eux en grondant…

« Je crois… je crois que Azkaban a détruit trop de choses en lui pour qu'il… qu'il soit capable de… de faire mener à Cyrus une vie d'adulte… Tes paroles l'ont sans doute blessé parce que l'adulte en lui aimerait être capable de faire face. » Lupin sourit à Harry qui levait des yeux interrogateurs vers lui. « Je vais aller lui parler », conclut-il.

Remus s'assit à même le sol contre le lit de Cyrus. Il sentait la présence toujours un peu timide de Harry dans son dos. Il se demanda s'il devait lui demander de partir puis décida du contraire. Ce qui se dirait ici allait sans doute sceller leur destin à tous les trois. Autant qu'il soit là. Sa main courut sur les cheveux noirs de Cyrus et descendit sur l'épaule. Il la pressa et secoua doucement le dos qui lui faisait face.

« Cyrus », souffla-t-il. « Cyrus, regarde-moi. »

L'enfant secoua la tête.

« Cyrus ? »

Le dos se crispa.

« Quoi ? »

« Tu ne veux vraiment pas me parler ? »

De nouveau, la tête fut catégorique.

« Est-ce que, moi, je peux te parler ? »

Les épaules dirent qu'il pouvait.

« Bien. Qu'est-ce qui te fait si peur, Cyrus ? D'avoir pris ta décision ? »

Harry sentit la surprise de son frère et il ne put s'empêcher de sourire. Comme toujours son père avait trouvé une manière inattendue de poser la question, une manière à laquelle on ne pouvait rester indifférent… De fait, Cyrus se tourna doucement vers eux.

« Quelle décision ? »

Remus se contenta de sourire. Cyrus se mordilla plusieurs fois les lèvres avant de se jeter contre lui – peut-être pour cacher ses larmes.

« Je… je suis désolé… Je ne devrais pas… Je, je sais que tu as besoin de moi… mais je… je ne peux pas… je ne saurais pas… J'en suis incapable… »

« Chut…chut… qu'est-ce que c'est que ces histoires ? Tu n'as rien d'un incapable, Cyrus… Tu as juste besoin de temp et tu as de la chance… tu peux le prendre. »

Harry se demanda pour la première fois si son père n'enviait pas la possibilité offerte à son vieil ami d'avoir une nouvelle vie. Il se dit qu'il aurait sans doute choisi de revenir à l'âge d'avant le Loup…

« Pourquoi… pourquoi tu m'appelles Cyrus ? », demanda une petite voix après un temps de réflexion.

Remus le serra dans ses bras pour lui répondre.

« Cyrus est le nom de mon fils… » Les yeux gris se décollèrent de sa poitrine pour le dévisager.

« Ou je me trompes ? » demanda alors très doucement Remus.

Les bras s'entourèrent autour de son cou.

« Non », balbutia Cyrus. « Je… je voudrais tellement…Mais… mais voudras-tu d'un fils si… si peu courageux ? »

« Oh », sourit de nouveau Lupin « Je n'avais pas pensé à ça… Qu'en penses-tu Harry ?

L'interpellé s'approcha à son tour. Il s'agenouilla à coté de son père.

« Je pense qu'il a bien du courage d'être mon frère »

Cyrus planta ses yeux brillants dans les siens puis lui sourit doucement.

« Harry… » Il lui tendit la main et tous les trois restèrent enlacés dans un silence confortable. C'est Remus de nouveau qui prit l'initiative.

« Allez… Je vais y aller avant de devoir faire face à une mutinerie. » Il regarda sa montre. « Harry, ce serait un bon moment pour retourner en cours. Comme ça, j'aurais au moins l'air de m'inquiéter de tes études… »

Harry eut une petite moue qui n'échappa pas aux autres.

« Tu n'as ni Minerva, ni Severus cet après-midi ? », s'enquit gentiment Lupin.

« Non »

« Tes camarades ont dû revenir eux aussi », ajouta Remus un peu malicieusement. Harry grimaça. « Ça n'arrangera rien d'attendre, tu sais ? »

« Je sais » soupira Harry.

Cyrus grimaça à son tour :

« Je suis désolé… Vous allez tous les deux… avoir des ennuis à cause de moi. C'est injuste ! »

« Hum », fit Lupin. Harry reconnut avec surprise ce pétillement du regard qui annonçait toujours les plus grandes blagues de son père - Le moment paraissait pourtant mal choisi. « Tu pourrais profiter de notre absence pour remettre dans mon coffre ce qui vous a permis de traverser si facilement le château hier soir… »

Cyrus et Harry blêmirent en même temps.

« Quoi ? », s'exclama Harry.

« Comment ? », demanda Cyrus.

« Disons que la réponse s'est imposée sous la douche tout à l'heure… Je n'ai même pas vérifié… mais vos têtes me suffisent ! »

Les deux garçons échangèrent un regard embêté. Ils attendaient la suite. Le regard de Lupin était bien plus sérieux qu'avant quand il se tourna vers Cyrus.

« Nous devrons sans doute avoir une petite conversation plus tard tous les deux sur les conséquences d'écouter des conversations qui ne vous ont pas destinées… »

Cyrus grimaça et acquiesça en silence. Remus hésita puis ajouta :

« Disons que si ta décision est prise… »

« Je sais… Papa », répondit Cyrus d'une toute petite voix mais sans une once d'hésitation.

Ils arrivèrent dans le grand Hall au moment où tous les élèves repartaient vers leur classe après le déjeuner. Même s'ils l'avaient voulu, leur apparition n'aurait pas pu passer inaperçue. Beaucoup de regards convergèrent vers eux et bien des commentaires furent échangés à voix basse. Instinctivement Harry leva les yeux vers Remus. Il avait repris cet air distant qu'Harry associait immanquablement à son statut de directeur de Poudlard. Mais la main rassurante qui se posa sur son épaule était bien celle de son père.

« Regarde-les… Nous sommes les héros du jour, on dirait », murmura-t-il. « Allez courage, Gryffondor… »

Harry lui sourit bravement et s'éloigna rapidement vers son cours de Sortilèges en essayant d'ignorer les regards curieux des autres élèves. Quand il rejoint ses camarades devant la classe du professeur Flitwick, il sut pourtant que le plus difficile était devant lui. Seule Hermione lui sourit. Tous les autres le dévisagèrent avec méfiance voire hostilité. Mais le pire était sans doute le regard blessé que Ron lui lança en lui tournant le dos. Même le professeur Flitwick parut réservé à la vue de Harry et celui-ci ne put s'empêcher de se demander comment son père allait pouvoir calmer Severus ou Minerva.

OO

Quand il ouvrit la porte de son bureau, Remus trouva sans surprise ses deux collègues penchés sur le courrier du jour. Comme tous les lendemains de pleine lune depuis près de trois ans… Comme toutes les autres fois, tous deux levèrent la tête à son entrée, mais là s'arrêtait la comparaison… Ni le regard sombre et hautain de Severus, ni le rictus crispé de Minerva ne lui laissait aucune illusion sur ce qui l'attendait. Il prit une profonde inspiration et finit d'entrer dans la pièce. Les différents portraits de ses prédécesseurs à la tête de l'école l'accueillir eux aussi avec plus de circonspection que d'habitude. Aucun ne le salua, mais tous le suivirent des yeux quand il traversa le bureau pour venir de s'asseoir sur un des fauteuils qui faisaient face à son bureau et à ses deux collègues.

« Me voilà », leur dit-il avec un léger sourire. Rogue grogna, MacGonagall remonta ses lunettes sur son nez, exprimant ainsi toute sa désapprobation. Mais aucun des deux ne prit la parole.« Et moi qui m'attendait à ce que vous hurliez ! »

« J'ai déjà dit tout ce que j'avais à dire », gronda Severus sans le regarder. Avant même que Remus ne trouve une réponse, la professeur de métamorphoses s'avança vers lui.

« Comment avez-vous pu laisser… faire une chose pareille… Lupin !? », frémit Minerva, abandonnant brusquement toute réserve. « Mettre ces deux enfants en danger… »

« Deux enfants, Minerva ? », interrompit onctueusement Severus dans son dos.

Elle se retourna avec un regard interloqué. Quand son regard revint vers Lupin, il contenait plus de questions que de colère.

« Minerva a raison, Severus… J'ai mis en danger deux enfants - mes deux enfants… Et c'est bien le seul reproche que je me fais. »

Il vit ses deux collègues, ses deux amis, se raidirent. Ils n'étaient pas d'accord. Ils ne pouvaient pas l'être. Pourtant…

« Non, je ne regrette pas qu'ils soient venus… Je regrette de n'avoir plus eu assez de conscience pour me rendre compte que sortir était si dangereux… pour me demander comment ils avaient pu tous les deux prendre une forme animalière et quelle durée celle-ci pourrait avoir… »

Il entendit le petit cri de compréhension de Minerva mais son regard ne lâchait pas Severus. Il l'écouterait, qu'il le veuille ou non.

« Et cela je le regrette… comme je regrette que vous ayez dû en porter les conséquences ce matin. C'est de ma faute, entièrement de ma faute. J'aurais dû penser qu'ils avaient besoin de savoir… et organiser cela… penser leur sécurité…avec vous. »

Il avait parlé très doucement. Il savait que sa sincérité avait déjà touché Minerva – sinon elle l'aurait déjà interrompu. Quant à Severus… il s'était enfermé dans son habituelle réserve agressive mais il n'avait pas encore trouvé quoi rétorquer… Oh, il trouverait, Remus lui faisait confiance. Mais ce répit était tout de même encourageant.

« C'est ma faute, pas la leur… même si c'est eux qui ont décidé de venir… »

« Je ne peux tout de même pas tolérer que Harry sorte ainsi de son dortoir, charme ses camarades et… », rappela cependant vivement Minerva.

« Non. Je le sais et lui aussi. Je ne parle pas de ça. »

Il vit le professeur de métamorphose soupirer et hésiter.

« Et donc, comment envisages-tu la suite ? », questionna alors Severus très sèchement.

« En assumant que je reste encore un peu le directeur de Poudlard ? », demanda Remus. Les yeux de Severus brillèrent furtivement et Lupin sut qu'il avait déjà gagné une manche.

« Eh bien… Disons que Harry et Cyrus ont fait une bêtise - une de plus et pas la dernière sans doute - qu'ils ont cru pouvoir profiter de cette pleine lune pour… pour explorer un souterrain et qu'ils y sont restés bloqués », proposa Lupin. «C'est une affaire interne de Gryffondor pour moitié… et, pour l'autre, nous dirons que j'ai été très en colère… ça vous irait ? »

Minerva hésitait mais Severus choisit d'en rire : « Une histoire à dormir debout de plus, n'est-ce pas ? Je ne sais pas quelle étoile te les souffle, Lupin mais… »

« Severus, ça ne se reproduira plus. Sérieusement. Je vais m'arranger pour décourager durablement Cyrus de proposer de telles aventures à Harry. Je pense que je peux y arriver jusqu'à la rentrée prochaine… Ensuite… » Il sourit plus franchement. « Ensuite, Minerva ou toi peut-être, ferez ce que vous pourrez… »

« Lupin…Lupin… vous voulez dire… »

« Vous voyez Cyrus plutôt en Poufsouffle, Minerva ? », s'enqut Remus avec un sourire ironique

« …qu'il a pris sa décision ? », termina-t-elle imperturbable.

Le regard de Severus était plus qu'attentif.

« Oui »

Le silence médusé de Minerva et soupçonneux de Severus s'étira quelques secondes.

« Oui », insista Remus.

« Il sait qu'elle est irrévocable ? », demanda Rogue avec beaucoup moins d'agressivité qu'on aurait pu s'y attendre.

« Nous le savons tous », répondit doucement Lupin.

Minerva eut d'énormes difficultés à trouver les mots pour exprimer sa pensée.

« Et vous… Remus ? », finit-elle par demander. Lupin se sentit profondément touché par cette question. Il lui sourit très doucement.

« Moi ? Moi, je vais avoir besoin de vous… »

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Le Ministère faisait partie de ces choses qui ne changeaient pas. Il ressemblait toujours à cette énorme ruche lumineuse qui avait tant impressionnée Lupin la première fois qu'il y était entré. Sauf que ni son activité, ni l'air important que prenaient les employés comme les visiteurs, ni l'imposante statue dorée qui trônait au milieu de son atrium ne l'intimidaient plus. Il y était venu trop souvent. D'ailleurs, les réceptionnistes le reconnurent tout de suite.

« Bonjour professeur Lupin, vous avez fait un bon voyage ? M. le ministre vous attend dans son bureau… vous connaissez le chemin, bien entendu ? »

Remus confirma d'un simple sourire en épinglant sur ses robes le badge d'identification qui lui ouvrirait l'accès à l'étage du Ministre. Dans l'ascenseur, il réfléchit au tour étrange qu'avait pris sa vie. Toute son enfance, il avait désiré être reconnu, accepté parmi les sorciers. C'est sans doute cela qui avait fait de lui un bon élève soucieux de l'approbation de ses professeurs. Et aujourd'hui il y était arrivé. Pourtant, il savait combien cette réussite était bâtie sur un certain nombre de mensonges. Son badge lui ouvrait le lieu le plus important de la communauté magique britannique alors que depuis trois ans il en violait régulièrement les règles… sans aucun remords, songea-t-il. Il s'inquiétait parfois de ce sentiment. Il n'aurait pas aimé se dire qu'il se sentait supérieur aux autres. L'ouverture des portes de l'ascenseur le tira brusquement de sa rêverie.

Dolorès Ombrage l'attendait – et Remus ne pouvait pas dire qu'il en était heureux. Elle le salua du bout des lèvres et il se fit un devoir de lui répondre avec la plus grande politesse. Cette femme lui avait toujours été particulièrement antipathique. Il ne pouvait s'empêcher de se demander quelle ambition nourrissait ses choix et quelle catastrophe intime expliquait un tel manque flagrant de chaleur humaine. Ombrage ne venait d'une longue lignée de sang pur qui aurait pu expliquer son mépris affiché pour les autres sorciers. Elle ne pouvait pas non plus s'enorgueillir de diplômes prestigieux ou de réussites personnelles éclatantes. Elle était un pur produit de l'administration magique. Une élève moyenne devenue une fonctionnaire de bas niveau et ayant patiemment escaladé les échelons internes pour arriver dans l'entourage direct de Fudge… Lupin se demanda comment un homme comme Fudge, qui voyait partout des complots visant à le détrôner, pouvait s'entourer d'une bonne femme pareille… Ils arrivèrent sans un mot devant la porte ouvragée qui s'ouvrait sur le bureau du Ministre.

Celui-ci se tenait debout au milieu de la grande pièce très claire. Il discutait aimablement avec une femme blonde au profil aristocratique qui était assise alors que son mari s'appuyait nonchalamment sur le dossier de sa chaise. Les Malefoy! Remus sentit son cœur se pincer. Il avait eu beau s'y attendre, il eut soudain envie d'être ailleurs. Mais Fudge s'était tourné vers lui et l'accueillait avec un sourire qui se voulait chaleureux. Lucius et Narcissa furent beaucoup moins expansifs, mais Lupin aurait été surpris du contraire. Pour eux, il n'était après tout qu'un demi-humain… une créature intrigante qui, comme si ça ne suffisait pas, contrecarrait certains de leurs plans.

« Lupin… je dois vous présenter Caradoc McCormick », continua le Ministre en se tournant vers un sorcier âgé qui attendait patiemment sur un canapé. Des cheveux blancs mi-longs et très soignés, des robes noires sobres et bien coupées. McCormick avait peu changé, songea le jeune directeur de Poudlard.

« Je suis content de vous revoir, Remus », le salua le sorcier avec un sourire complice. « J'ai suivi votre ascension de loin mais je m'en suis toujours félicitée. »

La tirade avait surpris les autres personnes dans la salle.

« Le professeur McCormick a été mon professeur à l'Université de Londres », expliqua Lupin. Et je sais pourquoi il est là. C'est le meilleur spécialiste britannique des écritures magiques, songea-t-il. Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou s'en inquiéter.

« Vraiment, vraiment… », commenta Fudge, qui n'avait pas l'air très heureux de cette relation. « Vous m'aviez caché ça, Caradoc ! »

« Vous ne m'aviez rien demandé, Cornélius », répondit le frêle sorcier du tac au tac.

« Caradoc est là pour nous confirmer que le testament est bien de Sirius Black… et aussi pour nous garantir que les réponses du parchemin sont de vraies réponses », expliqua alors Fudge à Narcissa sur le ton de la conversation mondaine. Lucius hocha la tête. Il était déjà au courant, comprit Remus qui prit alors la parole :

« Vous pourriez peut-être m'expliquer, M. le Ministre, de quel parchemin vous parlez ? »

Les Malefoy, Ombrage et Fudge le dévisagèrent avec suspicion - une suspicion méritée au moins, songea Remus, alors que McCormick s'éloignait pour s'attabler au bureau de Fudge et y étaler des documents qu'il avait sortis d'un grand sac en tapisserie. Il ne semblait pas imaginer que son expertise soit écartée.

« Vous comptez nous faire croire, Lupin, que vous ne savez pas de quoi nous parlons ? », demanda Malefoy avec acidité.

« Aussi douloureux que cela puisse être pour mon ego, je dois vous avouer ma complète ignorance », répondit Lupin avec ce calme ironique qu'il maîtrisait si bien. Son déni était plausible, enfin, il l'espérait.

Fudge dut visiblement se faire violence pour intervenir. Sans cesser de l'observer, le Ministre expliqua du bout des lèvres :

« Nous avons reçu… un courrier du Brésil - apparemment du Brésil. Il contenait deux parchemins… Le premier est un testament… signé par Sirius Black... »

« Apparemment », ajouta Malefoy.

« … le second est un document étrange… Il y est dit que toute question écrite sur ce parchemin recevra une réponse par Sirius Black... »

« Trace à l'encre tes requêtes, elle trouvera réponse, si ton cœur est honnête », cita McCormick avec une certaine satisfaction.

Lupin dut faire appel à tout son self-contrôle pour ne pas hurler de rire. Cyrus avait tenu à écrire en vers… et ils avaient besoin de son écriture… Mais Harry avait raison, ces vers étaient épouvantables… et les entendre déclamés par son ancien professeur ajoutait encore au côté surréaliste de la scène.

« Et vous doutez de leur authenticité ? », demanda-t-il aussi sérieusement que possible.

Les Malefoy n'eurent pas le temps de répondre, Fudge donna la parole à l'expert : « Caradoc ? »

« J'ai étudié ces documents et d'autres documents que nous avons pu retrouver dans les archives signés par Sirius Black. L'écriture est très proche : les A, les L… sont très caractéristiques», souligna McCormick. « Ils dénotent une personnalité puissante, de grandes capacités… et un grand courage… Mais il y a aussi des différences… »

Remus vit Narcissa se pencher en avant à cette information.

« Les J, les P, les M…. Sur les documents les plus anciens, ils sont très importants», développa l'expert en leur faisant passer des parchemins. «Notez comme ils sont moins marqués sur ceux que nous venons de recevoir… Il semble que, si c'est la même personne, elle est moins aujourd'hui confiance en elle qu'autrefois… mais huit années à Azkaban… »

'Ou vingt ans de moins', songea Remus alors que Fudge soupirait bruyamment, lassé par la discussion :

« Caradoc, votre intime conviction, s'il vous plaît. »

« Mais je vous parle de science moi, Cornélius… Sinon demandez à une voyante ! »

« Votre conviction scientifique, alors », essaya Malefoy, plus diplomate.

« Hum… pour moi, c'est une seule et même personne qui a écrit ces documents. Les différences ne font qu'exprimer le temps passé entre les deux… Nous avions un jeune Black plein d'avenir et de confiance en lui… Nous avons un Black possédant les mêmes qualités mais sans doute fragilisé par son expérience carcérale… » A chaque phrase, il avait désigné un des documents étalés devant lui. « Mais la structure profonde de l'écriture est la même… une écriture toujours très jeune… dans un certain sens…»

Remus inspira discrètement avant de risquer une question. Il ne se sentait décidément pas à l'aise avec cette expertise scientifique qui s'approchait trop près de leur édifice - un château de cartes posé sur du sable, en un sens.

« Comment savez-vous qu'il les a envoyés du Brésil ? »

De nouveau tous les regards furent sur lui.

« L'oiseau… l'oiseau qui les a apportés était un oiseau amazonien », répondit presque à contre-cœur le Ministre.

« Je vois », répondit Remus.

« Insinuez-vous, Lupin, que vous ne savez pas pertinemment où se cache ce gredin ? », gronda Lucius Malefoy.

« J'ai du mal entendre, Lucius. Un avocat comme vous ne peut ignorer qu'il a été réhabilité », répondit très doucement Remus. Malefoy haussa les épaules.

« Il n'en a pas l'air très reconnaissant », commenta-t-il.

« Et non, je ne sais pas où est Sirius… Je ne l'ai pas revu depuis son arrestation… il y a presque douze ans… J'ai juste reçu un courrier après son évasion… où il me disait son innocence et m'expliquait que le traître était Pettigrow…»

« Une information que vous n'avez pas jugé bon de nous communiquer », fit remarquer Malefoy.

« Parce que je n'y ai pas cru tout d'abord… jusqu'à ce que je me retrouve face à Pettigrow… complotant avec Quirrell et Voldemort pour s'emparer de la pierre philosophale… à Poudlard», termina Lupin sans avoir besoin de se forcer pour mettre une colère sourde dans sa voix.

« Vous reconnaissez nous avoir cacher des choses dans le passé… hum… qu'est-ce qui nous prouve qu'aujourd'hui vous nous dites toute la vérité ? », intervint Ombrage pour la première fois. Le ton n'avait rien de respectueux, mais Remus choisit de sourire et de planter son regard ambré le plus transparent dans les siens pour répliquer :

« Rien… je ne vous demande rien… pas même votre confiance. »

« Allons, allons », intervint alors Fudge, image de la conciliation. « Allons, Dolorès, la question n'est pas de remuer le passé… la question est de comprendre comment nous allons gérer l'avenir. » Aucun de ses quatre interlocuteurs ne lui répondit. « Dolorès, lisez-nous le testament », décida le Ministre, visiblement pressé d'en finir. Remus nota la tension des mains de Narcissa.

« Je, soussigné Sirius Orion Black, sain de corps et d'esprit, malgré tout,… hum… renonce à tous mes droits sur la succession Black en faveur… hum… en faveur de mon filleul, Harry James Potter-Lupin, et de Cyrus Mélanio Lupin - qui aurait sans doute aussi pu être mon filleul… »

La formulation était de Severus - comme les encres qui avaient tenté de vieillir l'écriture de Cyrus - se rappela Remus. Elle sonnait étrangement proche de ce qu'un Sirius aurait écrit… il pouvait le vérifier sur le visage crispé de Narcissa

« Hum… L'argent et les biens que cela représente seront administrés jusqu'à leur majorité par mon seul ami vivant, Remus Lupin. Je sais qu'il fera cela avec diligence et intégrité... hum»

Cette partie là était un ajout de Minerva - « Je suis sûre que Narcissa va apprécier ».

« Je lui lègue par ailleurs… hum…, pour son propre usage, une rente annuelle de… hum… 30 000 gallions d'or. Je lègue aussi à la seule famille décente qui me reste, Nymphadora Tonks, une rente annuelle de 15 000 gallions d'or. Là où je suis, je n'ai pas besoin de ces biens matériels et je n'ai aucune sympathie pour leur symbolique affective. Je sais par contre qu'ils permettront à ces quatre personnes de mener la vie qu'ils méritent. A faire valoir auprès de qui de droit. Sirius Orion Black ».

La phrase sur les biens matériels et affectifs était de Remus. Cyrus avait gravement acquiescé son approbation quand il lui avait lu à haute voix. Harry avait dit qu'il ne voyait pas pourquoi ils se donnaient autant de mal pour récupérer ces biens, si Sirius les méprisait, et Lupin avait eu du mal à argumenter. « Disons que Narcissa ne les mérite pas » avait-il fini par dire. Remus se rappelait du regard perçant de Dumbledore à ce moment-là. Oui, reconnut-il, il y avait une part de vengeance dans le stratagème qu'il avait imaginé.

Le silence était retombé dans le bureau.

« Tout ceci est impossible », dit alors Narcissa de sa voix traînante. « Square Grimmaurt, son mobilier, sa bibliothèque - l'or! Tout cela ne peut pas… Vous n'avez aucun droit là-dessus ! » - ajouta-t-elle en se tournant vers Remus.

« Non », répondit laconiquement celui-ci. « D'ailleurs, je n'en veux pas.»

« Hum », interrompit le Ministre, « nous ne pouvons pas ignorer ce testament… »

« S'il est valide ! », objecta Malefoy.

Remus croisa le regard amusé de McCormick.

« Je croyais que je venais ici pour cela », rappela-t-il de sa petite voix. « Mais il nous reste l'autre parchemin… nous pouvons voir ce qu'il nous répondra.»

« Quels sont les risques ? », s'enquit Fudge.

« Oh… j'ai fait quelques essais… Ce n'est définitivement pas de la magie noire, même si s'en est dérivé… C'est juste un objet magique relativement complexe… Mais rien qu' un sorcier un peu curieux et débrouillard ne puisse réaliser », expliqua le vieux professeur.

Remus se força à ne pas détourner son regard. Pourquoi avait-il cette impression que McCormick le savait pertinnament l'auteur de ce parchemin ? Se souvenait-il de celui qu'il avait produit en deuxième année d'université, inspiré par leurs travaux sur le plan de Poudlard et qui permettait de retranscrire tous les cours de l'Université sans y assister, simplement en désignant sur le plan la salle à l'heure du cours ? Voilà qui aurait encore renforcer la surprise de Minerva si elle avait été au courant. Il se rappela son air incrédule quand il lui avait expliqué son projet et qu'il lui avait demandé son aide. «Je ne peux pas demander à Cyrus… ça demande trop de puissance… et puis je tiens à éviter de réveiller trop souvent les capacités de Sirius… ça deviendrait ingérable, pour nous comme pour lui », avait-il dû plaider. Elle n'avait pas commenté mais avait demandé, avec ce ton direct qui n'appartenait qu'à elle : « Vous avez déjà fait cela, Lupin ? » Il lui avait répondu en rougissant un peu : « Oui, Minerva… nous avions fait une… une carte de Poudlard… et elle était capable de répondre à son utilisateur. Elle s'est malheureusement perdue », avait-il précipitamment ajouté, douloureusement conscient de la crainte qu'il gardait de son jugement rétrospectif. « Malheureusement », avait commenté le professeur de métamorphoses d'un air entendu.

« Qui ? », demanda alors le ministre, comme s'il revenait lui aussi de pensées moins avouables.

« Cornélius, ce parchemin t'est adressé », insista McCormick en lui tendant une plume dégouttant d'encre.

« Mais que voudrions nous savoir ? », demanda Fudge.

« Où il est !? », lança Ombrage.

« Comment il a fait pour sortir d'Azkaban ? », ajouta Malefoy.

« Si ce Cyrus est son fils », demanda sa femme.

Remus secoua la tête comme s'il avait devant lui des élèves particulièrement stupides. Fudge restait la main en l'air sans sembler trop savoir quoi faire de la plume qu'il tenait.

McCormick s'éclaircit de nouveau la gorge : « Je vous rappelle à tous que la question doit être honnête. Et il me semble qu'aucune de celles que je viens d'entendre ne le soit : vous voulez le trouvez, Madame Ombrage ? Pourquoi, à part pour le piéger ? Vous voulez savoir si quelqu'un l'a aidé à sortir d'Azkaban, Maître Malefoy ? Il ne vous dira jamais cela. Quant à cet enfant… votre fils n'est-ce pas, Lupin ? » Remus acquiesça, sidéré de ce que le vieux professeur faisait pour lui – comprenait-il même ce qu'il faisait pour lui ? Il avait le sentiment inexplicable que oui. « Quelle importance, Madame Malefoy, puisqu'il hérite…? »

Toutes les personnes dans cette pièce semblèrent foudroyés par la clairvoyance tranquille du vieux sorcier. Les Malefoy ouvrirent tour à tour la bouche pour le contredire sans, visiblement, trouver de formulation adéquate.

« Avez-vous une question honnête à lui poser, Remus ? », demanda encore le vieil homme.

Lupin inspira profondément avant de laisser sortir la seule interrogation qu'il avait encore :

« Est-ce qu'il est sûr d'avoir pris la bonne décision en… en ne revenant pas… s'occuper lui-même de ses affaires », souffla-t-il. Après tout, il savait que la réponse serait sincère et il avait besoin de l'entendre.

Fudge traça la question d'une main nerveuse comme s'il s'attendait à ce que le parchemin ne le morde. L'encre scintilla quelques secondes. Puis une réponse apparut qui balaya tous ses doutes:

« Là où je suis, on donne aux gens une seconde chance ».


Alors ?