Voici enfin la conclusion de cette fic qui a duré deux ans et demie !! Mais avant tout : bonne année 2007 à tous !!! Je vous souhaite bonheur, argent, santé et amour dans votre vie autant personnelle que professionnelle. Et à bientôt pour une nouvelle fic !! Ne vous en faites pas, je ne reste pas longtemps absente, ma fic Une vie moldue avance lentement mais sûrement, et une nouvelle fic prend lentement forme !

A très bientôt !


Chapitre 29 : Epilogue

Le banquet de fin d'année était terminé depuis environ une heure, et les Septième Année se préparaient à passer leur dernière nuit dans le Château. Une silhouette sombre mais indéniablement féminine se faufila dans les couloirs et se glissa sans bruit jusqu'à un portrait. Elle murmura un mot de passe et pénétra vivement dans la pièce avant de se faire repérer par le concierge, un Professeur ou un Préfet-en-Chef… ou encore pire que les trois réunis. Une fois à l'intérieur, elle repoussa sa capuche et se jeta dans les bras de l'homme qui l'attendait.

- Tu m'as manqué.

- Toi aussi. Alors te voilà diplômée.

- Et je ne suis plus ton élève. Plus besoin de nous cacher. J'ai tant envie de vivre notre amour au grand jour.

- Après que je me sois fait massacrer par tes parents ? répliqua moqueusement l'homme.

- Oh, tu ne vas pas me ressortir le couplet sur notre différence d'âge ou je ne sais quoi encore.

- Et tu as réfuté tous mes arguments. A mon avis, ta mère a déteint sur toi, même si tu n'es que sa fille adoptive.

- Je dirai plutôt que c'est l'esprit retors de mon père.

- Non, tu aurais atterri à Serpentard au lieu de Gryffondor. Et comme tous les lions, tu es bornée et complètement inconsciente.

- Et c'est toi qui me dit ça ? Le plus célèbre Gryffondor des vingt dernières années.

- Tu oublies ta mère et notre illustre Directeur.

- Ne me fais pas rire tu veux ? Quoi qu'il en soit, ma mère m'inquiète un peu. Elle ne cesse de me regarder étrangement, comme quand elle réfléchit.

- Aïe… Elle va finir par comprendre si ce n'est déjà fait.

- Mais comment ?

A ce moment, on frappa au portrait. Le couple sursauta et l'homme poussa sa compagne dans la chambre en lui intimant le silence. Il laissa la porte de la chambre entrouverte afin que la jeune fille puisse regarder sans se faire remarquer. Puis il alla ouvrir.

- Bonsoir Harry, salua sa visiteuse.

- Mione ! Je croyais que tu étais avec Severus.

- Je n'ai plus le droit de passer voir mon meilleur ami maintenant ? Je te vois encore moins souvent que mon cher mari et mes enfants. Quant à Ron, n'en parlons pas.

- Tu exagères. Je suis beaucoup moins occupé que vous deux. Tu as réussi à faire voter ta nouvelle loi ?

- Eh bien oui. Cela n'a pas été très facile, mais les lycanthropes et les Centaures sont à présent reconnus comme humains et traités en tant que tels. J'ai nommé Remus comme coordinateur entre lycanthropes et Sorciers et Firenze a accepté d'approcher les Centaures.

- Les Centaures sont un peuple fier.

- Je ne doute pas qu'ils sauront apprécier les efforts que j'ai fait pour eux.

- Oui, tu as même réussi à changer la condition des Elfes de Maison lors de ta première année de mandat.

- Mmm, c'était il y a six ans. Comme le temps passe vite.

Le silence s'installa, puis Hermione fixa son ami. Il avait peu changé, si ce n'est que son regard vert était plus mûr, et ses cheveux plus rebelles que jamais. Il ne portait plus de lunettes, mais des lentilles et sa cicatrice s'était un peu estompée, devenant quasi invisible sous les cheveux drus. Hermione, elle aussi, avait mûri, et ses nouvelles responsabilités l'avait transformée : elle avait une énorme confiance en elle et son intelligence était désormais au service du peuple Sorcier. Harry s'agita sous le regard de son amie.

- Pourquoi me regardes-tu ainsi ?

- Tu as parlé à Amélie ces derniers temps ?

- Je lui parle tous les jours. Comme je parle à Ron, Severus ou Sebastian.

Hermione eut un sourire attendri à la mention de son fils Sebastian, en Deuxième Année à Serpentard. Il ressemblait tant à Severus. Mais elle se secoua. Il était question de sa fille.

- Est-ce qu'elle a un petit-ami ?

- Il s'agit de sa vie privée, Mione. Je ne crois pas qu'elle apprécie…

- Très bien, je vais être franche avec toi.

Harry affronta son amie du regard. Elle savait, il en était sûr.

- Depuis son entrée en Première Année, elle ne cesse de parler de ses cours et surtout de l'Histoire de la Magie, quand il y est question d'Harry Potter. Et depuis que tu es devenu Professeur ici, elle est intarissable sur toi. Je sais qu'elle a le béguin pour toi depuis qu'elle t'a connu, mais là, ça frisait l'obsession. Et puis, à Noël, plus rien.

- Rien ?

- Elle parle encore de toi et de tes cours, mais sans plus, de manière plus détachée, comme si elle ne t'aimait plus… ou plutôt comme si son rêve s'était concrétisé.

Harry se mit à transpirer à grosses gouttes.

- Tu te fais des idées.

- Ne me prends pas pour une idiote. Je ne suis pas devenue Ministre grâce à mon imagination.

- Maman, arrête d'importuner Harry, intervint Amélie en sortant de la chambre.

Hermione regarda sa fille, sans aucune surprise.

- Ça dure depuis Noël, c'est ça ?

Amélie acquiesça.

- Personne n'est au courant, même pas Ron.

- Dumbledore réussissait à être au courant de tout, pourquoi pas Ron ? rétorqua Hermione. Ecoute, je sais que tu aimes Harry depuis longtemps… et Harry t'aime, cela se voyait, mais Severus risque de mal le prendre.

- Mais Maman ! J'aime Harry depuis mes quatre ans !

- Je sais. Loin de moi l'idée de vous critiquer, je suis d'ailleurs mal placée pour le faire ! Mais Severus n'acceptera pas…

- Qu'il vienne me dire quoi que ce soit et je démolis ses arguments comme j'ai contré ceux d'Harry !

- Une parfaite Serpentard, murmura Harry.

Tous les trois se regardèrent et éclatèrent de rire.

- Bon, je vous laisse tous les deux. Amie, on se voit demain à la maison.

- Tu as invité beaucoup de monde ?

- Ron et Pansy, Ginny et Drago, Harry, et les enfants. Tu pourras demander directement à Ron s'il était au courant pour toi et Harry.

- Je te parie tout ce que tu veux qu'il ne le savait pas, défia Amélie.

Hermione eut un sourire.

- Pari tenu, il le savait.

………

Severus réveilla sa femme en douceur le lendemain matin à sept heures.

- Debout mon amour.

- Mmm… Encore quelques minutes…

- Depuis quand l'illustre Ministre fait la difficile le matin ?

- Depuis que j'ai des années de sommeil à rattraper. Quelle heure est-il ?

- Sept heures. Le train part dans trois heures.

- Amélie et Sebastian rentrent avec toi, n'est-ce pas ?

- Oui, ils diront juste au revoir à leurs amis, et j'ai préparé un Portoloin.

- Parfait. J'ai juste le temps de passer au Ministère pour donner des instructions à ma secrétaire et je pense rentrer à quatorze heures.

- Je suppose que Pansy et Drago seront avec toi.

- Probablement puisque je les croise tous les jours.

Severus embrassa brièvement sa femme et se préparèrent rapidement.

………

Quand Ron, Ginny et Harry arrivèrent, Hermione, Drago et Pansy n'étaient pas encore arrivés. Ce fut Sebastian qui les accueillit.

- Bonjour Professeur Weasley et Professeur Potter. Bonjour Docteur Malefoy.

- Bonjour Sebastian, sourit Ginny.

- Veuillez entrer. Mère n'est pas encore rentrée, mais Père et Amélie vous attendent.

- Merci.

« Merlin que cet enfant est sérieux » songea Ginny en entrant avec ses filles. Il était aussi taciturne que son père et lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Il ne se déridait qu'avec sa mère et son parrain Drago, mais en privé. Ginny était devenue Médicomage à Ste-Mangouste, et adorait son travail. Mais en ce moment, à huit mois de grossesse, elle était en congé maternité et elle en profitait pour s'occuper de ses jumelles, Elisabeth et Cissy, âgées de six ans, aussi blondes que leur père, mais avaient hérité des yeux bleu vif de leur mère.

Amélie vint à leur rencontre, toute souriante.

- Salut ! Maman n'est pas encore rentrée, mais venez dans le salon, Papa vous attend.

- Bonjour Amie, salua Ron. Je croyais qu'Hermione ne devait passer qu'en coup de vent à ses bureaux.

- On croyait aussi. Oh, passe-moi mon bout d'chou adoré ! dit-elle en tendant les bras vers l'enfant de deux ans que Ron portait.

Arthur était roux comme tout Weasley et avait les yeux verts de sa mère. Ron était celui qui avait évolué de manière la plus inattendue. Il avait eu du mal à trouver sa voie, travaillant un temps au Ministère, au département des Sports, mais très vite, les Aurors l'avaient de plus en plus souvent sollicité pour des missions délicates, nécessitant une stratégie sans faille. Ron avait alors travaillé en tant que consultant stratégique au Bureau des Aurors avant de se lasser de ce poste aussi. Entre temps, Minerva McGonagall démissionna de son poste et Dumbledore lui proposa de la remplacer en tant que Professeur de Métamorphoses et Directeur Adjoint au grand amusement de son meilleur ami Harry, alors Professeur de DCFM. Severus, ayant gardé uniquement de Professeur de Potions, avait douté des capacités du jeune homme à assumer un poste aussi important, mais Ronald Weasley avait surpris tout le monde en réorganisant la totalité de l'école en affranchissant Poudlard du conseil d'administration et en faisant du Collège une école libre et privée, ne dépendant d'aucune autorité. C'est ainsi que Dumbledore prit sa retraite, enfin tranquille tout en nommant son Adjoint en tant que nouveau Directeur. D'abord effrayé, Ron finit par apprécier son travail, la gestion quotidienne de l'école le stimulait et aucun jour ne ressemblait au précédent. De plus, il avait assez de liberté pour s'occuper de son fils, alors que Pansy travaillait au Ministère.

Ils s'installèrent au salon, Sebastian servait les rafraîchissements, alors que Severus demandait des nouvelles de Ginny et des enfants.

- Ta grossesse se passe bien ?

- A merveille. Beaucoup mieux que pour les jumelles. Bien sûr, je suis un peu fatiguée, mais les Elfes s'occupent bien de moi, les filles comprennent que j'ai besoin de calme et Drago est adorable quand il daigne rentrer à la maison.

Elle eut un sourire triste. Ron passa un bras autour des épaules de sa sœur.

- Allons, tu sais comme il est. C'est un fou de travail. Mais il t'aime.

- Je sais ça. Mais j'aimerai le voir un peu plus souvent.

- A mon avis, intervint Amélie, ce sont plutôt tes hormones qui te tourmentent. Avant ta grossesse, tu passais ta vie à l'hôpital, et tu voyais Drago encore moins souvent.

- C'est sans doute ça. Mais parle-moi plutôt de toi. Maintenant que tu as fini l'école, tu vas faire quoi ?

- Comme Maman. Travailler au Département des Mystères. Mes notes en Potions et en Enchantements sont suffisantes… Enfin, j'ai eu Optimal dans les deux matières.

- Avec ton père en Potions, tu avais plutôt intérêt à avoir O, remarqua Harry.

- Amélie a toujours été douée, contrairement à certains, répliqua Severus.

- J'ai des circonstances atténuantes, protesta Harry. Grandir avec des moldus n'est pas le meilleur apprentissage pour appréhender le monde magique.

- Ça, je veux bien te croire ! agréa Ron. D'ailleurs, je me demande où en est ma nouvelle idée. Hermione m'a promis d'y répondre rapidement.

- Quelle demande ? s'étonna Amélie.

- Ta mère ne t'en a pas parlé ? J'ai demandé à ce que tous les enfants issus de familles non-magiques fassent l'objet d'un suivi dès la découverte de leurs dons, pour aider les parents à accepter la magie, et aussi pour canaliser la force de l'enfant pour éviter les accidents.

- Ce projet demande du personnel supplémentaire et la mise en œuvre de gros moyens, remarqua Ginny.

- Mais nécessaires. Hermione elle-même a regretté cette absence de suivi. Elle est tombée des nues quand elle a reçu sa lettre de Poudlard. C'est une erreur du monde sorcier qu'il faut réparer. Elle était tellement angoissée qu'elle a appris ses livres par cœur.

Harry et Ron rirent à ce souvenir. Ginny sourit. Son frère avait tellement changé ! Jamais elle n'avait cru qu'il deviendrait le plus jeune Directeur de Poudlard, mais surtout l'un des plus brillants. Il avait modifié certaines règles, rajouté et supprimé d'autres. A présent, les élèves étaient autorisés à utiliser la magie en dehors de l'école, uniquement pour faire leurs devoirs, se défendre ou pour les tâches ménagères. Cette clause avait enchanté les mères de famille et depuis, Ron était devenu l'un des plus populaires des Directeurs de Poudlard, au même titre que Dumbledore avant lui.

………

A ce moment, la porte d'entrée claqua, et des éclats de voix retentirent.

- Je refuse de défendre ce criminel ! s'écria Pansy.

- Il t'a demandée spécialement. Il ne veut pas d'autre avocat ! plaida Hermione. La loi…

- Je me fiche de ce que dit la loi, et d'ailleurs je la connais mieux que toi, la loi. Tu ne peux pas me forcer à le défendre ! Vous n'avez qu'à lui désigner un avocat commis d'office !

- Mais il a négocié ses infos avec nous, à la seule condition que tu le défendes ! intervint Drago.

- Oh, je t'en prie, je sais comment travaillent les Aurors ! Vous n'avez qu'à lui administrer du Véritaserum pour lui soutirer ces infos !

- Pansy, je te le demande comme une faveur ! Il peut faire tomber des Sorciers noirs et démanteler le trafic des objets maléfiques en Grande-Bretagne !

- Hermione, tu as beau être Ministre de la Magie, et mon amie, mais tu n'auras pas mon aide sur cette affaire. Quant à toi, Drago, fais ton boulot.

- Pansy, si tu n'acceptes pas de ton plein gré, le Magenmagot va…

- Il ne peut pas m'obliger. L'article 2 du Code Sorcier préconise la liberté d'opinion.

Hermione soupira. Pansy était redoutable. Elle était devenue une avocate renommée et redoutable, connue pour démonter pièce par pièce ses adversaires au tribunal et ainsi innocenter ses clients. D'ailleurs, elle n'acceptait un dossier que quand elle était certaine de l'innocence du client. Elle ne défendait jamais les criminels ou les hommes véreux qui lui proposaient pourtant une fortune pour l'avoir à leurs côtés. Au lieu de ça, ces hommes corrompus la retrouvaient en face d'eux, et elle se faisait un devoir de les envoyer à Azkaban.

Les invités déjà présents les rejoignirent, et Ron enlaça sa femme par la taille.

- Le Ministre te fait des misères mon cœur ?

Hermione fusilla son ami du regard. Pansy sourit. Comme d'habitude, la présence de Ron, sa force tranquille l'apaisaient.

- Oh, je n'en veux pas vraiment à Mione.

- Nous sommes sur une affaire délicate, expliqua Drago. Nous avons arrêté un Sorcier qui peut nous aider à démanteler un vaste trafic de Magie Noire, tout en impliquant de nombreux Sorciers Noirs haut placés. Seulement, il exige d'être défendu par la célèbre Pansy Parkinson.

- Et moi, je t'ai déjà expliqué que je ne défendais pas les criminels. Drago, as-tu oublié pourquoi nous avons tous les deux des métiers liés à la justice ? Nos pères étaient des Mangemorts, j'ai dû laver le nom des Parkinson, tout comme tu as dû blanchir le nom des Malefoy. Je ne veux pas que mon nom de jeune fille soit à nouveau sali. Je veux que mon nom reste synonyme de justice pour des Sorciers innocents.

- Je te comprends, mais c'est pour la bonne cause ! tenta encore Hermione.

- Hermione, je te suis reconnaissante de ne pas utiliser ta position de Ministre pour me l'ordonner, mais ce que tu me demandes est contraire à mes convictions.

Drago et Hermione s'apprêtèrent encore une fois à persuader Pansy, mais d'un regard, Ron leur fit comprendre qu'il se chargerait de convaincre sa femme en privé. Puis, il reprit à voix haute :

- Allons, nous sommes tous en vacances. Oubliez un peu Maître Parkinson, Pansy redevient Mme Weasley pour le week-end.

Hermione et Drago acquiescèrent, abandonnant le sujet pour le moment. Pansy se détendit et embrassa son mari. Elle portait un tailleur strict sous sa robe de Sorcière, mais elle finit par enlever sa robe et sa veste avant de chercher son fils des yeux.

- Où est le deuxième homme de ma vie ?

- Mama ! cria Arthur depuis les bras d'Amélie.

Pansy le prit contre elle.

- Bonjour mon chéri. Tu m'as manqué tu sais.

D'un geste, elle enleva l'épingle qui retenait ses cheveux noués en chignon. Ainsi, avec son fils dans ses bras, elle semblait inoffensive et innocente, plus rien à voir avec l'avocate acharnée.

- Et où sont mes deux princesses ? demanda Drago.

Ce fut Sebastian qui lui amena les jumelles. Celles-ci sautèrent au cou de leur père, folle de joie. Même s'il ne les voyait pas souvent, il se faisait un devoir de passer le plus de temps possible avec elles quand il ne travaillait pas. Physiquement, il n'avait plus rien du petit garçon pâle qui narguait Harry Potter, se moquait de Ronald Weasley et rabaissait Hermione Granger. Il avait laissé pousser ses cheveux qu'il nouait en catogan sur sa nuque, et son entraînement d'Auror lui avait donné une musculature très appréciée des employées du Ministère, spécialement des secrétaires travaillant avec le Ministre Granger. Dans le désir de laver le nom des Malefoy, il s'était lancé à corps perdu dans son métier, prenant des risques inconsidérés, réalisant des arrestations musclées, devenant l'un des Aurors les plus craints par les criminels. En effet, il n'hésitait pas à employer les Impardonnables, et même l'Avada Kedavra, celui-ci possédant son contre-sort. Bien sûr, il était aussi plus souvent blessé, et plusieurs fois, Ginny rencontrait son mari venu se faire soigner dans son service. Il ignorait les ordres quand cela l'arrangeait, et cela lui avait valu de nombreuses réprimandes de son supérieur ou du Ministre Granger en personne. Et le fait qu'il soit le parrain de Sebastian n'arrangeait pas les choses.

Hermione s'effondra dans un fauteuil et prit exemple sur Pansy.

- Le Ministre Granger est en week-end, je redeviens Hermione Rogue. Sebastian, je ne t'ai pas vu ce matin. Comment vas-tu mon ange ?

- Je vais bien, Mère.

Hermione lui sourit tendrement, connaissant la retenue de son fils même en présence de personnes connues. Elle observa Amélie et Harry. Rien ne laissait penser qu'ils formaient un couple, ils conversaient ensemble comme d'habitude. Puis, elle surprit le regard que leur lançait Ron, et aussitôt elle comprit qu'il savait. Elle avait gagné son pari. Elle se leva.

- Ron, Amélie, vous venez m'aider en cuisine ?

- Oui Maman !

- Je viens avec vous, décida Harry, devinant de quoi il s'agissait.

Ron, lui, comprit dès qu'il vit l'échange de regards entre ses deux meilleurs amis.

- Allons bon, pourquoi j'ai l'impression de faire l'objet d'un pari ?

- Tu es devenu bien trop perspicace pour ton bien, Ron, rit Harry.

- Dumbledore a été un bon professeur.

- J'imagine.

- Vous êtes en couple Amie et toi, déclara-t-il. Depuis Noël.

Amie gémit tout haut.

- C'est pas juste ! Comment as-tu fait pour être au courant ?

- Top secret. Dumbledore m'a tout révélé le jour où il m'a confié Poudlard. Et je transmettrai à mon successeur. Ce savoir est uniquement accessible aux Directeurs. Et je dois dire que ça m'a étonné. Il était au courant dès le début pour notre Polynectar… et nos autres projets, tout au long de nos années.

Hermione et Harry frémirent.

- Par Merlin ! souffla Hermione. Il aurait pu nous faire renvoyer des milliers de fois !

- Mais il ne l'a pas fait, rappela Harry.

- Nous étions ses favoris, révéla Ron. Il a su dès le début que nous avions sympathisé dans le Poudlard Express, puis plus tard avec Hermione. Il a pressenti que nous étions destinés à épauler le Survivant dans la guerre contre Voldemort, et a placé tous ses espoirs en nous, même si pour cela, il a dû parfois te manipuler.

- Pourquoi m'a-t-il laissé chez les Dursley, s'il savait tout ? demanda amèrement Harry.

Ron pinça les lèvres.

- Dumbledore n'était pas omniscient. Il n'a jamais douté que tu étais bien traité chez ta famille. Et quand il a enfin appris la vérité, il était trop tard, la protection de ton sang était déjà très ancrée. Ta tante Pétunia t'a protégé malgré elle.

- S'il vous plaît, murmura Hermione. C'est du passé. Nous avons construit nos vies, et nos expériences n'ont fait que nous renforcer, et renforcer notre amitié. Je ne regrette rien.

- Moi non plus, renchérit Ron. Donc, Amélie et toi êtes ensemble depuis Noël ?

- C'est carrément injuste ! pesta Amélie. Tu sais déjà tout…

- J'ai gagné ! triompha Hermione. Je te laisse donc le soin de l'annoncer à ton père !

- Maman ! Tu veux qu'il m'enferme pour le restant de mes jours ou quoi ?

- Je croyais que tu ne le craignais pas ? rétorqua sa mère.

- Oui, mais… c'est quand même le redoutable Professeur Rogue…

- Je serai avec toi, rassura Harry.

- C'est sensé me rassurer ? Parce qu'à mon avis, tu vas te prendre un sort entre les deux yeux avant que tu ne réalises quoi que ce soit.

- Tu me vexes là ! Je suis quand même le Professeur de DCFM et Harry Potter, le Vainqueur de Voldemort.

- On parle de Severus Rogue, Maître du Ministre Granger et accessoirement ex-Mangemort et Directeur de Serpentard.

- Du calme ! Amélie, tu t'es mise toute seule dans cette situation. Et Harry sait se défendre…

- Merci Mione.

- Même si tu risques ta vie, acheva-t-elle.

Ron éclata de rire devant l'air renfrogné de Harry. Ils retournèrent dans le salon, et Amélie se planta devant son père, interrompant les conversations. Harry se tenait en retrait, prêt à lui venir en aide.

- Papa, je suis amoureuse, annonça-t-elle d'un trait.

Hermione leva les yeux au ciel. Par Merlin, si sa fille commençait comme ça, en attaquant de front, ça allait mal se terminer. Mais bon, les Gryffondor ne connaissaient pas la subtilité, n'est-ce pas ?

Severus fronça les sourcils en fixant sa fille.

- Je ne me rappelle pas t'avoir vue t'intéresser aux garçons de l'école.

- Parce qu'il ne fait pas partie des étudiants.

Severus soupira, contre toute attente.

- Pourtant, j'aurais préféré un de ces blancs-becs à Potter !

Hermione réprima un fou rire devant les mines ahuries de sa fille et de son ami ! Son mari cachait bien son jeu !

- Mais comment…

- Comment je sais ? Voyons Amélie, ton air énamouré chaque fois que tu le voyais était éloquent, et depuis Noël, l'air extatique de Potter ne passe pas inaperçu.

- Comment ça mon air extatique ? s'offusqua Harry.

Severus lui jeta un regard noir, sans daigner répondre.

- Tu as intérêt à être à la hauteur de ma fille, Potter.

- Mais j'ai toujours pris soin d'elle. Et je l'aime.

- Heureusement pour toi !

- Et moi qui croyais que tu étais gay, intervint Ginny. Franchement, Pansy et moi avions toutes les raisons de le penser !

- Ah bon ?

- Oui, ton fiasco avec Cho Chang…

- Et le désert de ta vie sentimentale depuis, conclut Pansy.

- Cho cherchait à se consoler de la mort de Cedric. Et seules trois filles étaient susceptibles de m'intéresser, mais elles étaient toutes prises.

- Qui ? voulut savoir Pansy.

- Les trois plus belles filles de Poudlard à l'époque : Ginny Weasley, Pansy Parkinson et Hermione Granger !

Ron et Drago s'étranglèrent avec leur thé, Severus le fusilla du regard, et les trois intéressées rougirent furieusement. Seul Sebastian se permit un bref sourire. Le Professeur Potter réussissait toujours à embobiner ses amis, et notamment ses parents.

Ils passèrent une agréable après-midi, à rigoler et à se remémorer des souvenirs, et Hermione prépara le dîner aidée de Ginny et Pansy. La famille Malefoy ne s'attarda pas longtemps. Ginny était fatiguée par sa grossesse et Drago ne voulait pas que ses filles se couchent trop tard. Il en fut de même pour Ron et leur fils Arthur.

………

Ginny et Drago rentrèrent au Manoir Malefoy qui avait finalement été rendu à son propriétaire légitime. Avec l'aide de Severus, Harry, Ron et Dumbledore, ils avaient purifié la résidence de toute trace de magie noire et la rendre habitable pour sa famille. Ginny adorait inviter sa famille et organiser des pique-nique, durant ses vacances, dans l'immense parc, et les enfants s'en donnaient à cœur joie. Une fois dans leur chambre à coucher, Drago enlaça Ginny et caressa doucement son ventre.

- Comment tu te sens ?

- Fatiguée, mais c'est tout à fait normal.

Drago resta silencieux un long moment, ce qui inquiéta sa femme.

- Dray ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je pensais… Nous allons avoir un troisième enfant…

- Oui… encouragea-t-elle, souriant dans le noir.

- Je n'ai pas été très présent depuis notre mariage, et tu ne t'es jamais plainte.

Ginny se redressa et regarda son mari, le voyant à demi dans l'obscurité de la chambre.

- Je connaissais ton désir de laver le nom des Malefoy. Et tu aimes ton travail, comme j'aime le mien.

- Mais… Ginny, je réalise que les jumelles ne me voient pratiquement jamais. Et le bébé à venir risque de grandir sans me connaître non plus.

- Où veux-tu en venir ?

- Je veux démissionner.

- Drago ! Ne fais pas cette folie ! Tu adores ton poste ! Ecoute, demande juste à ton supérieur de te confier des missions moins dangereuses…

- Ça ne changera rien Ginny. J'ai eu une idée, et j'espère que tu me soutiendras.

- Tant que tu ne fais rien de désespéré, je serais toujours à tes côtés.

- Je veux ouvrir ma propre agence de détectives et de gardes du corps.

Ginny resta bouche bée.

- Avec mon expérience d'Auror, je suis sûr d'avoir beaucoup de demandes. Et puis, je pense qu'Hermione ne me refusera pas son aide.

- A quoi penses-tu exactement ?

- Je voulais lui proposer d'être son garde du corps personnel.

Ginny éclata de rire.

- Comme si elle était une faible femme sans défense !

- C'est clair, mais quand même, ce sera pour la publicité de mon agence. Je protégerai la femme qui a vaincu l'Avada Kedavra.

Ils partagèrent un rire complice.

- Je suis de tout cœur avec toi, mon amour. Et je t'avoue que moi aussi j'ai pensé à réduire mes horaires de travail à Ste-Mangouste après la naissance du bébé. Pour m'occuper de ma petite famille.

Drago serra sa femme dans ses bras. Son agence fonctionnerait bien, et de toute façon, ils n'avaient pas de problèmes d'argent. Oui, cela marcherait.

………

Pansy coucha Arthur qui dormait à poings fermés. En temps normal, c'était Ron qui le couchait, à Poudlard. A cause de leurs métiers respectifs, Pansy avait un appartement à Londres, non loin du Ministère, et Arthur vivait avec son père à Poudlard. Pansy, quand elle n'avait pas trop de travail, passait au Collège pour voir son fils et retrouver son mari qui lui manquait beaucoup. Et en été, ils retournaient tous les trois à Parkinson Mansion, qui se trouvait non loin du Malefoy Manor.

Elle resta un long moment à regarder son fils dormir, en caressant doucement ses cheveux roux. Jamais elle n'aurait pensé être aussi heureuse. Elle avait un métier qui la passionnait et qui lui tenait à cœur, un mari brillant et adorable et un bambin absolument charmant. Quand elle regardait en arrière, elle était stupéfaite du chemin parcouru. A onze ans, elle était une gamine ingrate qui idolâtrait Drago et qui haïssait les Gryffondor, en particulier le célèbre Trio. A dix-sept ans, elle avait été douloureusement rejetée par son premier amour, Drago Malefoy et était peu à peu tombée amoureuse d'un jeune homme qu'elle considérait comme un loser, toujours dans l'ombre d'Harry Poter, tout en nouant une solide amitié avec Ginny et Hermione. La famille Weasley l'avait accueillie en son sein, et même si les Jumeaux Weasley l'avait prise pour cible de leurs farces dans un premier temps, Ron les menaça des pires représailles s'ils continuaient.

Ils se marièrent à dix-neuf ans, alors que Ron ne trouvait pas de métier qui le passionnât vraiment, et qu'elle était plongée dans ses études de droit sorcier. Cinq ans après, elle devenait avocate et entreprit de se faire un nom, alors que Ron commençait tout juste son métier de Professeur. Elle garda son nom de jeune fille dans l'exercice de ses fonctions et devint rapidement une avocate redoutable et redoutée dans les tribunaux. Quand Dumbledore annonça son départ en retraite et nomma Ron directeur de Poudlard, elle mobilisa toute son énergie pour convaincre son mari qu'il réussirait à reprendre le flambeau. Harry, Hermione et Ginny joignirent leurs efforts aux siens, persuadés que Ron saurait remplacer l'ancien Directeur et ils n'avaient pas tort. Puis, elle tomba enceinte.

Ron étudiait des dossiers dans leur lit quand elle pénétra dans leur chambre à coucher.

- Encore en train de travailler ? taquina-t-elle.

- Ce sont les dossiers des Première Année que j'accueille à la prochaine rentrée, répondit-il en faisant disparaître lesdits dossiers d'un geste de la main. Tu as été bien longue…

- Je pensais au passé, et puis je regardai Arthur dormir. Je n'ai pas souvent l'occasion.

- Allons, je t'ai dit et répété que tu pouvais venir à Poudlard quand tu voulais.

- Oui, je sais, mais j'ai du travail, et puis, j'ai peur de déranger.

- Tu es ma femme, je ne vois pas en quoi tu pourrais déranger.

Elle s'allongea à ses côtés, et Ron éteignit la lumière d'un geste. Elle se blottit contre lui et soupira longuement. Ron passa un bras autour de sa femme et sourit. Il pensait savoir ce qui la tourmentait.

- Tu as l'impression de mal faire ton métier ?

Contre son torse, elle hocha la tête.

- Mon amour, tu as recherché la justice, et tu as parfaitement réussi jusqu'à maintenant. Tu as innocenté des centaines de victimes. Tu as travaillé de concert avec Hermione et les Aurors pour que la justice et la vérité triomphent. Mais…

- Tu penses que je devrais protéger ce criminel ?

- Oui. Parce que ce criminel peut faire tomber un réseau beaucoup plus vaste, qui peut faire des milliers de victimes.

- Mais…

- Chérie. Fais ce que tu penses être juste, et non parce que tu veux suivre ton idéal. Tu veux défendre ce criminel, j'ai senti ton hésitation cet après-midi. Même si cela va à l'encontre de toutes tes croyances, ton cœur sait que c'est la bonne chose à faire.

- Merci Ron.

- Mais de rien mon cœur. Je sais aussi que tu adores mes conseils avisés.

- C'est cela, vante-toi ! rit-elle. Ron…

- Oui ?

- Je t'aime.

Ron se sentit fondre d'amour . Il aimait sa femme chaque jour davantage.

- Moi aussi Pansy, je t'aime.

Elle se redressa et le regarda longuement.

- Que dirais-tu de donner un petit frère ou une sœur à Arthur ?

- Je n'osais pas te le proposer !

………

Avec la bénédiction de ses parents, Amélie resta avec Harry quand celui-ci regagna Square Grimmaurd. Une fois dans l'intimité de leur demeure, Harry enlaça la jeune femme.

- Il a plutôt bien pris la nouvelle non ?

- Papa n'avait pas vraiment le choix de toute manière. Maman est de notre côté. Et puis, il était au courant. Je suis amoureuse de toi depuis si longtemps ! J'ai toujours eu peur que tu rencontres une femme avant que je ne sois en âge d'être une concurrente sérieuse !

- Je t'attendais tu sais.

- Tu plaisantes là !

- Mais non. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble quand tu avais quatre ans. J'éprouvais l'incessant besoin de te protéger, mais je pensais que c'était parce que je te considérais comme une sœur, un peu comme Ginny ou Hermione. Mais je n'ai compris mes sentimens quand tu as eu quinze ans.

- Comment ça ?

- Quand tu t'es blessée lors de ce fameux match.

Amélie se souvenait. Poursuiveuse chez les Gryffondor, elle s'était prise un Cognard de plein fouet et s'était retrouvée à l'infirmerie, avec plusieurs côtes cassées et une commotion cérébrale. Hermione et Severus avaient été fous d'inquiétude, et lui s'était rongés les sangs en secret. C'est à cette époque qu'il comprit qu'il aimait la jeune fille. Mais à l'époque, Amélie, même secrètement amoureuse de lui, restait inaccessible, tout en passant le plus clair de son temps avec lui à discuter de tout et de rien. Quand elle entra en Septième Année, par contre, son comportement avec lui changea. Elle lui déclara directement, dès le premier jour qu'elle l'aimait. Harry, pris au dépourvu, et sachant qu'il allait se faire tuer par Ron, Hermione et Severus, la découragea, et évita tout contact avec elle. Mais Amélie ne se découragea pas, et à Noël, elle se débrouilla pour s'introduire dans ses appartements. Elle avait préparé son argumentation, réfuta toutes les objections du pauvre Harry, et pour finir, l'embrassa fougueusement. Incapable de résister, il répondit au baiser et finirent la nuit ensemble.

Harry picorait son cou de petits baisers, et Amélie sentit sa température grimper dangereusement

- Viens, murmura Harry.

Ils montèrent à l'étage et se dirigèrent vers la chambre. Une fois dans la pièce, Harry s'écarta et fixa sa compagne, éclairée par la lune.

- Quoi ? demanda-t-elle, gênée.

- Non rien… Tu es belle.

Amélie rougit furieusement. Elle n'était pas habituée à ce genre de compliment intempestif et baissa la tête, se cachant derrière ses cheveux. Mais Harry lui releva la tête en posant un doigt sous le menton.

- Ne te cache pas, c'est la vérité. J'ai quelque chose pour toi.

Intriguée, elle le vit sortir quelque chose de sa robe et lui tendre l'objet en question. Elle le prit et se rendit compte que c'était un écrin. Le cœur battant à tout rompre, elle l'ouvrit lentement en retenant son souffle. Elle espérait, tout en redoutant ce qu'elle allait découvrir. Une bague. Un solitaire. Un diamant taillé en cœur, monté sur un anneau d'or. Harry s'agenouilla.

- Amélie Marie Anne Catherine de Chatres-Rogue, voulez-vous me faire l'honneur de m'épouser ?

La jeune femme sentit les larmes lui brouiller la vue. Harry avait utilisé son nom complet bien qu'elle n'utilisait plus son nom de naissance depuis son adoption, après la mort de ses grands-parents. Elle avait douze ans quand ceux-ci étaient morts dans un accident de voiture, alors qu'elle entamait sa deuxième année à Poudlard, après les avoir quittés une semaine auparavant. Elle les adorait, au même titre que ses parents de substitution. Effondrée, elle avait raté sa première semaine de cours pour assister à l'enterrement, accompagnée d'Hermione, Severus ayant ses cours à assurer. Après ce drame, Severus l'avait légalement adoptée. Même si elle gardait son nom de naissance sur les papiers, elle manifesta le désir de n'utiliser que son nom d'adoption à l'école, ce dont ses parents furent particulièrement fiers. Grâce à la présence de ses amis, de ses parents et des professeurs, elle surmonta la perte de ses grands-parents et retrouva sa joie de vivre.

Elle fondit en larmes, laissant Harry déconcerté.

- Amélie, qu'y a-t-il ?

- C'est que… Je suis tellement heureuse. Et complètement amoureuse de toi !

Il lui sourit et sécha ses larmes.

- Et c'est réciproque, mon amour.

Elle réalisa qu'elle n'avait toujours pas répondu. Elle lui sauta au cou.

- Oui, j'accepte de t'épouser, Harry James Potter !

………

Hermione pénétra dans la chambre de son fils, la lumière était toujours allumée. Il lisait un épais grimoire, allongé sur le ventre dans son lit. Il leva les yeux quand sa mère entra. Elle referma la porte derrière elle et lui sourit.

- Bonsoir mon ange.

- Bonsoir Maman.

- Il est tard.

- Je sais, mais je voulais terminer ce chapitre. Tu savais que Grindelwald est un sujet passionnant ?

- Oui, je sais. Et surtout, il ne poursuivait pas les mêmes objectifs que Voldemort. Quoi qu'il en soit, tu dois dormir.

- Maman, je suis en vacances.

Elle sourit. Il lui ressemblait à son âge. Elle veillait jusqu'à des heures impossibles pour terminer un livre.

- Comment se passe ton travail ?

- Bien. La nouvelle loi est passée, et je compte en rédiger une nouvelle concernant la demande de Ron.

- Ah, le suivi des enfants de moldus. C'est une bonne idée.

- Je trouve aussi. Je ne passe pas beaucoup de temps avec toi. J'ai l'impression d'être une mauvaise mère.

- Ne dis pas ça, Maman. Tu es Ministre depuis six ans et tu as fait beaucoup de choses. La communauté sorcière t'adore. Je trouve que c'est plutôt gratifiant d'être ton fils.

- Néanmoins, je culpabilise énormément. Severus te voit plus souvent que moi.

- Il est professeur à Poudlard, c'est normal non ?

- Tu es tellement sérieux ! Sebastian, j'ai l'impression que tu n'es pas comme les autres enfants…

- Je n'aime pas tellement les autres Serpentard.

- Je crois savoir que tu préfères la compagnie des Serdaigle.

- En effet. Ils sont plus calmes et j'aime leur manière de travailler.

Hermione sourit, attendrie. Elle adorait Sebastian. Son esprit aiguisé, son intelligence et ses remarques pertinentes lui rappelaient Severus, et elle ne pouvait s'empêcher de le couver quand elle en avait la possibilité. Son fils la fixait.

- Maman.

- Mmm ?

- Serais-tu enceinte ?

Elle sursauta. Comment…

- J'ai remarqué deux-trois choses quand je t'ai vue au Banquet hier soir. Tu étais radieuse et tu n'arrêtais pas de toucher ton ventre.

- Moi qui pensais être discrète.

- Si ça peut te rassurer, personne n'a rien remarqué.

- Si tu le dis. Je n'ai appris ma grossesse qu'hier matin.

- Je suis content pour toi.

- Mais encore ? taquina sa mère.

Le jeune garçon sourit. Seuls sa mère et son parrain Drago arrivaient à le faire quitter sa réserve. Même sa sœur avait abandonné depuis longtemps, décrétant qu' « il était trop sérieux pour elle ». La vérité était qu'il appréciait le silence et étudier, comme ses parents. Il adorait et admirait sa mère depuis qu'elle était devenue Ministre et fait tant de choses pour les Sorciers.

- J'adorerais avoir un frère ou une sœur. Qu'en penses Papa ? A moins qu'il ne soit pas encore au courant.

- Il ne l'est pas. Bon, je vais te laisser lire, mais ne tarde pas trop.

- Promis. Je t'aime Maman.

- Je t'aime aussi Sebastian.

Elle referma doucement la porte et rejoignit sa chambre. Si on lui avait dit, treize ans auparavant, qu'elle deviendrait Ministre de la Magie, elle aurait ri au nez de la personne avant de lui suggérer un suivi psychiatrique. En sortant de Poudlard, elle avait intégré le département des Mystères afin d'élaborer un Sortilège destiné à réanimer les victimes de l'Avada Kedavra. Ainsi, après deux ans d'études et d'essais infructueux sur de pauvres souris, elle était parvenue à mettre le Sortilège de Réanimation au point. Aussitôt, tous les journaux du monde sorcier relayèrent la nouvelle et Hermione devint célèbre en quelques heures. Le Directeur de Ste-Mangouste la sollicita pour qu'elle enseigne le Sortilège aux Médicomages, puis le Ministre Fudge lui ordonna de l'enseigner aussi aux Aurors. Epaulée par ses amis et le Professeur Dumbledore, elle rétorqua à Fudge qu'elle ne le faisait que pour le bien du monde Sorcier, et exigea en échange de pouvoir aussi l'enseigner aux élèves de Poudlard. Il refusa fermement, mais elle tint bon, et finalement, il dut s'incliner. Pour se venger, il avait annoncé qu'Hermione avait été employée au Ministère uniquement parce qu'il avait demandé au Directeur du Département d'accepter sa candidature. Indignée, Hermione avait donné une interview à Luna Lovegood, devenue journaliste, dénonçant la stupidité du Ministre. Harry Potter avait soutenu son amie, et le peuple Sorcier prit la défense des Héros de la Guerre, à savoir le Trio de Gryffondor.

Pendant les trois années suivantes, elle sillonna l'Europe pour enseigner aux Aurors, Médicomages et étudiants le Sortilège de Réanimation, le contre-sort de l'Avada Kedavra. Fudge démissionna, de plus en plus critiqué par les Sorciers en colère, et Ron commença à faire parler de lui en tant que Directeur Adjoint. Après ça, elle prit un mois de vacances pour se consacrer à sa petite famille. Sebastian avait été conçu juste après sa sortie de Poudlard, et elle n'avait pas vraiment eu le temps de s'occuper de lui pendant ses recherches. Elle avait travaillé jusqu'à sa naissance, et avait continué à peine deux semaines après ses couches, provoquant l'inquiétude de Severus et ses amis. L'année d'après sa tournée européenne, Dumbledore annonça son départ à la retraite et présenta Ron comme son successeur. Celui-ci angoissa à mort pendant les deux mois d'été, Pansy, Ginny, Harry et elle tentèrent de le rassurer, Drago et Severus titillèrent sa fierté, mais finalement tout se passa bien. L'année suivante fut marquée par le décès subit du Ministre Scrimgeour et de nouvelles élections furent organisées en catastrophe. Dans le plus grand secret, les Directeurs des différents départements du Ministère et les membres les plus influents du Magenmagot convoquèrent Hermione pour lui demander de se présenter. Le monde Sorcier la considérait comme leur sauveuse, elle était l'un des trois Héros pendant la Guerre et surtout, elle était prodigieusement brillante. Vivement surprise, troublée, elle s'en ouvrit à ses amis et son mari. Severus l'encouragea, fier d'elle, Harry et Ron la soutenaient à cent pour cent, Ginny et Pansy s'enthousiasmèrent et s'improvisèrent responsables de campagne et Drago était sceptique sans pour autant se prononcer. Finalement, elle se présenta, mais en doutant sérieusement de sa réussite. Elle avait face à elle Amelia Bones, plus expérimentée qu'elle et plus sûre d'elle. Mais contre toute attente, les Sorciers la préférèrent à quatre-vingt-dix pour cent, et Hermione devint la Ministre de la Magie la plus jeune de l'Histoire. La presse se déchaîna : Hermione Granger était Maître, mariée à un ex-Mangemort de vingt ans son aîné, meilleure amie de Ron Weasley, Directeur de Poudlard qui avait affirmé l'indépendance du Collège, et surtout très proche de Harry Potter, trop proche pour être honnête. Elle ignora les diffamations, répondit aux journalistes sérieux, et s'investit dans sa nouvelle fonction, améliorant dès sa première année la condition des Elfes de Maison.

Jamais elle ne tenta de reprendre la gestion du Collège, mais finalement, Ron et elle s'unirent pour revoir le programme scolaire. Drago fut un moment irrité de travailler sous ses ordres, mais une dispute avec Ginny lui ouvrit les yeux, et il reconnut qu'Hermione était très compétente. Cela faisait six ans qu'elle occupait son siège de Ministre, elle était toujours au plus haut dans les sondages et les Sorciers du monde entier l'admiraient tandis que les Ministres européens commençaient à prendre exemple sur elle.

- A quoi penses-tu ? demanda Severus quand elle le rejoignit dans le lit.

- A rien, à tout. Nous, les enfants… Je suis satisfaite, heureuse, comblée.

- Vraiment ? Je pense comme toi. Rien ne saurait me rendre plus heureux que maintenant. A part peut-être si Amélie rompt avec Potter.

Elle éclata de rire.

- Tu es mauvaise langue ! Harry est fou amoureux d'elle. C'est l'homme qui lui convient.

- Si tu le dis. Amélie est tellement obstinée parfois ! Comme sa mère.

- Comme son père ! rétorqua-t-elle.

- Comme une Gryffondor.

Elle se redressa d'un bond.

- C'était un coup bas !

Severus la gratifia d'un sourire narquois.

- Vil Serpentard !

- Je le prends comme un compliment.

Il la rattrapa par le poignet et la fit basculer sur lui. Elle l'embrassa.

- Tu as dit que rien ne pourrait te rendre plus heureux que maintenant.

- C'est la vérité.

Elle le fixa, tentant de le sonder.

- La Légilimencie ne marche pas sur moi, tu restes mon élève, même si tu es passée Maître.

- Je sais… Severus. Je suis enceinte.

Il s'assit, elle toujours assise sur son mari.

- Tu es quoi ?

Elle sourit, moqueuse.

- Tu vas être père. Tu as besoin d'un dessin ?

- Mione… Tu ne peux…

- Pas te rendre plus heureux qu'en cet instant. C'est ça ? Je suis enceinte, n'est-ce pas merveilleux ?

- A qui le dis-tu ? Je t'aime mon amour.

Severus était habitué à l'ombre pendant la Guerre en tant qu'espion pour l'Ordre. L'élection d'Hermione l'avait propulsé en pleine lumière, et les journalistes avait décortiqué sa vie au détail près. Beaucoup l'avaient dénigré, critiquant Hermione d'avoir choisi un ex-Mangemort. Les détracteurs de la nouvelle Ministre n'avaient cessé d'enchaîner les diffamations. Cependant, Potter et Weasley l'avaient soutenue, Lovegood avait démonté toutes les critiques et avait insisté sur les qualités de la nouvelle Ministre et souligné son bonheur avec sa famille.

Quand il y repensait, tout avait commencé quand Dumbledore l'avait envoyé chez Hermione pour la protéger, craignant une attaque de Voldemort. Ce soir-là, il avait rencontré Amélie, et tout avait basculé. Il avait été aux côtés d'Hermione tout ce temps, et assisté à la montée de sa popularité. Certains avaient reproché son manque d'ambition, dont Drago, qui lui avait dit qu'il méritait tellement mieux qu'un poste de Professeur de Potions. Mais il ne regrettait rien. Hermione appréciait de retrouver un peu de tranquillité quand elle venait le retrouver. Finalement, la Septième Année d'Hermione avait été un tournant dans leur vie et la venue d'Amélie en avait fait une année exceptionnelle. Elle était leur cadeau, un cadeau inattendu.

FIN


Voilà, c'est enfin fini ! J'avoue que ce chapitre m'a pris deux jours entiers pour l'écrire et une semaine pour le taper ! Et moi qui m'étais attachée aux persos ! Enfin, encore bonne année à tous !