Disclaimer : les  personnages et les lieux que vous reconnaîtrez ne m'appartiennent malheureusement pas (merci à JKR pour son oeuvre ! ) Mais l'histoire, et tout ce que vous ne reconnaissez pas, vient de ma petite tête bouillonnante!! Bonne lecture...

Chapitre 1 : bons baisers d'autrefois


C'était un matin de la fin juillet, il faisait une chaleur insoutenable. Elle était seule avec Paul, son père, comme d'habitude, dans la petite maison qu'ils avaient louée au bord de l'océan. Ils s'étaient levés très tôt, pour pouvoir profiter du peu de fraîcheur que l'été leur accordait.
Assis sur le banc, sous le perron, face à la plage, son père semblait rêvasser, les yeux perdus au-delà de l'horizon. Max avait cessé de se demander à quoi il pouvait bien penser, pour avoir l'air si absorbé. Cela faisait déjà longtemps qu'elle évitait de se poser des questions sur les états d'âme de son père.
Fidèle à elle-même, elle feuilletait avec avidité les pages d'un manuel de biologie. Elle n'avait que 10 ans, mais cette matière la passionnait déjà. Elle envisageait de devenir médecin, comme son père l'avait été, autrefois, lorsqu'il était encore en état de travailler.
Autrefois… Cela semblait si loin… Il valait mieux ne pas y penser.
Max jeta un coup d'oeil rapide vers son père, toujours immobile, les yeux fermés. Il respirait lentement, comme s'il se délectait du parfum des embruns, comme si cette odeur marine lui rappelait les délicats souvenirs d'autrefois.
Autrefois… Ne pas y penser.


Max se remit à sa lecture. Le chapitre de l'hérédité, qu'elle avait commencé la veille, lui plaisait particulièrement. Il lui semblait stupéfiant que les gènes de 2 individus puissent ainsi se mêler, s'intriquer, se mélanger, pour donner un nouvel individu unique et différent. Elle avait déjà beaucoup lu sur ce sujet. Elle savait qu'une grande part des caractères était due à l'hérédité, mais elle savait également que le milieu jouait un rôle non négligeable dans le devenir des êtres. Et elle aimait à se demander ce que serait "aujourd'hui" si "autrefois" avait été différent.
Autrefois… Elle refusait d'y réfléchir, mais elle ne pouvait empêcher ses pensées de voguer vers "autrefois".
A 10 ans, elle était déjà nostalgique d'un "autrefois" qui n'avait jamais eu lieu, qui aurait pu être, mais qui s'était mué en un présent vacillant et instable, d'un "autrefois" qui l'avait soustraite à la douceur candide de l'enfance.
Tout le monde disait qu'elle était très mure pour son âge. A l'école, elle était en avance sur les autres enfants de son âge. En dehors, elle raisonnait déjà comme un brin d'adulte qu'elle était.
Mais personne ne comprenait qu'elle ne faisait pas ça parce que ça lui plaisait de jouer à la grande ! Elle aurait bien aimé rester l'enfant qu'elle était avant ça. Si "autrefois" avait été différent…
"_ De toutes façons, dit-elle tout haut, on ne peut plus rien maintenant !
C'était sa technique habituelle pour chasser de son esprit ce genre de divagations.
_ Qu'est-ce que tu dis, Max ?
Son père émargeait de sa léthargie habituelle. Il la regarda avec des yeux hébétés, se demandant pourquoi il était sorti de sa rêverie. Max se contint pour ne pas lever les yeux au ciel, mais ne put s'empêcher de pousser un soupir exaspéré. Elle le détestait quand il était comme ça. Après tout, c'était lui l'adulte normalement !
_ Oh, excuse-moi…dit-il lentement. Tu dois avoir faim ? Je vais préparer le petit déjeuner."
Il ne se rendait même pas compte, il ne comprenait même pas que c'était sa façon molle de réagir qui poussait sa fille à grandir trop vite.
Mais peut-être que lui ne réussissait pas à s'empêcher de penser à "autrefois"…


Soudain, il y eut un cri. Ce n'était pas un cri effrayant, comme ceux qu'on entend dans les films d'horreur. Plutôt un du genre de ceux qu'on perçoit dans les volières des zoos, avec tous ces oiseaux exotiques.
Max l'entendit à peine. Si elle avait su ce que ce bruit signifiait, elle aurait tendu l'oreille un peu plus, pour bien se souvenir de cette étrange journée.
Mais son père sursauta. Il resta bloqué, comme paralysé, dans l'encadrement de la porte, une jambe dans la maison, l'autre à l'extérieur.
Max ne réagit d'abord pas, le croyant toujours en proie à ses rêveries.
Puis le cri retentit une seconde fois. Paul se retourna brusquement et scruta les alentours d'un seul regard. Max, à la fois soulagée de le voir revenir à lui, et intéressée par sa réaction, suivit les yeux de son père, aussi grands que des soucoupes. Ils cherchèrent un instant, puis se posèrent enfin sur ce qu'ils cherchaient. C'était un oiseau. Un hibou. Un hibou tout bête, comme ceux qu'on peut croiser la nuit, en forêt, quand on fait du camping, si on a de la chance. Sauf qu'il faisait presque jour.
Mais celui-ci, posé sur la rambarde qui cerclait le perron, avait quelque chose dans le bec. Il reprit son envol et vint atterrir sur la table basse. Paul recula immédiatement d'un pas, en attirant Max en arrière. L'oiseau déposa l'objet et resta sur un coin de la table, attendant. Max était toujours retenue par son père. Mais le hibou l'intriguait, et elle se libéra de l'étreint paternelle pour s'approcher de la table. L'objet déposé était une lettre en papier brun, comme du papier kraft. Lorsqu'elle la prit, l'oiseau hulula doucement.
De près, le papier ressemblait plutôt à du parchemin vieilli. En plein centre de l'enveloppe, le nom et l'adresse de Max étaient écrits, en jolies lettres élégantes et stylées.
"_ C'est pour moi, dit-elle, décontenancée, en se tournant vers son père.
Ce dernier avait l'air désespéré. Il ouvrit et referma la bouche plusieurs fois de suite, comme s'il  cherchait ses mots. Il finit par dire, sans lever les yeux vers Max :
_ Ouvre-la.
Max commença à déchirer l'enveloppe. Le hibou hulula à nouveau, de façon plus insistante. Max s'arrêta, se tourna vers son père et lui demanda :
_ Qu'est-ce qu'il a ?
_ Je… Je crois qu'il veut qu'on lui donne à manger.
L'oiseau était tout ce qu'il y a de plus commun mais Max le trouvait plutôt mignon.
_ Qu'est-ce que ça mange, un hibou ? demanda-t-elle, détournant son attention de la lettre.
_ Rien qu'on puisse trouver dans la maison…soupira son père.
Il tomba assis sur le banc, la tête entre les mains. Max se précipita vers lui.
_ Qu'est-ce qui ne va pas, Papa ? Tu es encore malade ?
_ Non, non, ça va… Ouvre ta lettre.
Max reporta son attention sur la grande enveloppe tannée.
_ Je vais d'abord chercher quelque chose à manger pour lui, répondit-elle en indiquant le hibou d'un signe de tête.
Elle posa la lettre sur le banc, à côté de son père, et entra dans la maison. Elle fouilla dans la cuisine et découvrit un fond de paquet de céréales.
_ Ca devrait lui convenir, pensa-t-elle.
Lorsqu'elle réapparut sur le perron, le hibou était toujours là, immobile et stoïque. L'enveloppe avait glissé par terre. La lettre qu'elle contenait était entre les mains de son père.
_ Mais… C'est mon courrier ! Tu n'as pas le droit !
Paul lui tendit la lettre, les larmes aux yeux. Max s'en voulut aussitôt. Son père se tourna vers le hibou.
_ Pourquoi ? soupira-t-il. Pourquoi elle aussi ?
Impassible, le hibou hulula, lorgnant sur le paquet de céréales dans la main de Max. Elle le versa sur la table, devant lui, et il commença à manger bruyamment.
Puis elle s'assit à côté de son père et lut :


Chère Miss Grey,


Nous avons le plaisir de vous informer que votre demande d'inscription au Collège Poudlard a reçu une réponse favorable.
Nous vous remercions de remplir le formulaire ci-joint, et de nous le renvoyer par retour de hibou, avant le 15 août.
De plus amples informations vous seront envoyées avant la rentrée.


En vous souhaitant un agréable été,


Professeur Minerva MacGonagall, directrice-adjointe


Décontenancée, Max se tourna vers son père.
_ Ca veut dire quoi exactement ?
Paul soupira et ravala ses larmes avant de faire face à sa fille.
_ Tout est dit dans la lettre. Tu es inscrite. Il faut que tu remplisses le formulaire et puis que tu…
_ Ca, j'ai compris, l'interrompit-elle. Mais, cette école, c'est quoi ? Une blague de tonton Frankie ?
Paul laissa échapper un nouveau sanglot.
_ Non, c'est… C'est la pure vérité… Tu es…une sorcière
_ C'est pas drôle, Papa…
_ C'est vrai… C'est héréditaire.
_ Alors, toi aussi, tu … ?
_ Non, pas moi. Ta mère…
_ Maman était une sorcière ??? Je sais que vous ne vous aimiez plus vraiment quand vous vous êtes séparés, mais quand même… De là à dire que c'était une sorcière !
Paul se leva précipitamment et prit sa fille par les épaules.
_ Ne fais pas semblant de ne pas comprendre, Max ! Tu sais bien… Ce qui s'est passé ce jour-là… Tu l'as dit toi-même… C'était comme de la magie.
_ On a dit qu'on ne devait plus en parler !
_ On n'a pas le choix, Max !
Cela faisait des mois que Max n'avait pas vu son père dans un tel état d'excitation.
_ Explique-moi ! s'écria-t-elle.
Silence. Paul fit un grand effort intérieur pour se calmer.
_ Quand j'ai rencontré ta mère… Je ne savais pas ce qu'elle était. Je ne savais même pas que ça existait, tout ça. Et puis, quand c'est devenu sérieux entre nous, elle m'a dit tout dit. J'ai été aussi surpris que toi, mais j'étais amoureux. Alors, j'ai accepté. Nous nous sommes mariés, et il y a eu des frères, puis toi… Elle m'avait dit que ça se transmettait aux enfants, que c'était héréditaire. Je m'en fichais, je l'aimais. Pour tes frères, ça allait. Ils seraient sorciers, mais ils seraient comme les autres. Mais, toi… Quand tu es née, Gabriele a tout de suite vu que tu n'étais pas comme tes frères. Tu lui ressemblais beaucoup. Beaucoup trop. Tu lui ressembles de plus en plus d'ailleurs… Elle a eu peur pour toi. Elle ne voulait pas que tu subisses ce qu'elle avait subi. Alors, nous nous sommes séparés et tu es venu avec moi. Elle pensait que c'était mieux pour toi, de te laisser à l'abri, de tout te dire quand le moment serait venu… Et c'est le moment, Max… Mais, elle n'est plus là pour t'expliquer…
Max était comme saturée d'informations. Les souvenirs affluaient dans son esprit bien qu'elle tente de tout son coeur de ne pas revivre "autrefois"…
_ Vous vous êtes séparés à cause de moi ?
_ Non, non, ce n'est pas ça… On voulait te protéger…
_ Vous étiez encore amoureux ?
Paul ne répondit pas, mais de nouvelles larmes silencieuses roulèrent sur ses joues. C'était la première fois que Max voyait son père pleurer. Puis il hocha la tête en signe d'acquiescement.
_ Papa… Est-ce que Maman est morte à cause de moi ?
Paul releva brusquement la tête.
_ Non, bien sûr ! Pourquoi tu dis ça ?
_ Je me souviens de ce jour-là. Elle m'a dit d'aller me cacher. Elle ne l'a dit qu'à moi. Elle m'a sauvée. Ensuite, on ne l'a plus jamais revue…
Paul sanglota de plus belle. Il prit sa fille dans ses bras et la serra si fort que Max sentit ses doigts dans sa chair. Elle avait trop d'idées en tête pour éprouver quoi que ce soit. Elle se sentait à nouveau comme le parent responsable et sérieux qui console l'enfant.
Le soleil était maintenant presque totalement levé. Le hibou avait terminé son repas et s'était installé dans un coin pour somnoler, en attendant qu'on le renvoie avec les papiers de l'inscription.
Après plusieurs minutes, Paul se calma.
_ C'était pour te protéger, dit-il après un moment d'hésitation. Elle savait ce qui t'attendait si elle restait avec toi. Tu n'étais qu'une enfant…
_ Je suis toujours une enfant, répondit Max.
Il ne répondit pas. Même son propre père la voyait comme une adulte. Elle n'avait que 10 ans…
_ Dans la lettre, ils disent que ma demande a été acceptée. Je n'ai rien demandé, moi. Je ne savais même pas que ça existait !
_ C'est ce que ta mère voulait…
_ Mais j'ai pas envie d'y aller, moi ! Je n'y connais rien à la magie. En plus, je ne sais même pas où c'est…
Il leva ses grands yeux vers elle. Il semblait tout aussi bouleversé qu'elle.
_ Tu seras en sécurité là-bas. Elle aurait voulu que tu y ailles. Elle aurait été très fière de toi… Entrer dans cette école avec un an d'avance, ça doit être très rare !
L'air faussement jovial qu'il prenait ne la trompait pas.
_ C'est ce qu'elle aurait voulu… Mais toi ?
_ Je suis de son avis. Tu seras en sécurité là-bas.
_ Tu l'as déjà dit, ça ! Mais pourquoi ? Je ne risque rien ici ? N'est-ce pas ?
Paul resta silencieux.
_ N'est-ce pas ? répéta-t-elle.
_ Si. Mais, ne me pose pas de questions, je n'en sais pas plus que toi. Tu en sauras plus quand tu y seras.
_ Et toi ? Tu risques aussi quelque chose ? 
_ Non, ne t'inquiète pas. Je ne crois pas que je sois concerné.
Ne pas s'inquiéter - pour son père ou pour qui que ce soit - c'était une chose que Max ne savait pas faire…
_ Comment tu vas faire sans moi ?
Il écarquilla les yeux et ébaucha un grand sourire maladroit.
_ Je suis un grand garçon, tu sais ! Je sais me débrouiller tout seul !
Ils rirent, mais Max restait inquiète malgré tout.
_ Si tu retombes malade ?
_ J'irais chez Frankie. Il me soignera…
_ Il ne sait pas comment il faut faire…
_ Tu lui apprendras avant de partir.
_ Tu vas lu dire où je vais ? Il savait pour Maman ?
_ Non, c'est un secret.
_ Pourquoi ?
Paul se leva d'un bond. Il semblait avoir retrouver une esquisse de vitalité.
_ C'est comme ça, répondit-il. Tu devrais remplir ces papiers, avant que le hibou ne soit complètement endormi. Tu veux que je t'aide ?
_ Non, je suis une grande fille, tu sais… Je sais me débrouiller toute seule."
Ils se sourirent.
Pour Max, il ne faisait aucun doute qu'elle était bien plus responsable que son père.


S'il n'y avait que ça à faire, elle irait dans cette drôle d'école. Son père manquait souvent d'autorité, mais il avait une manière exceptionnelle de s'imposer lorsque c'était vraiment nécessaire. Et là, ça semblait indispensable.
C'était la chose la plus étrange, la plus inattendue qu'il soit arrivé depuis… Il valait mieux ne pas y penser.
Cela faisait des années qu'elle vivait seule avec son père, une vie étriquée, sans surprise, monotone à mourir… Elle avait sans doute inconsciemment souhaité qu'un événement merveilleux vienne bouleverser son existence inintéressante. Mais maintenant… C'est étrange comme on peut parfois vouloir quelque chose à tout prix, puis le regretter lorsque cela arrive. On en a marre de ce qu'on possède, on voudrait mieux, mais finalement, on a peur du changement…


Ils prirent leur petit déjeuner dans un silence tendu. Après un long moment, Max se décida enfin :
"_ Papa ?
_ Mmm ?
_ Je peux te poser une question ?
Il retint un léger soupir d'exaspération et leva les yeux vers sa fille.
_ Je suppose que tu veux savoir pourquoi ?
Max hocha la tête.
_ Je t'ai déjà dit que je n'en savais rien.
_ C'est faux, répondit-elle sans hausser le ton.
_ Pourquoi tu dis ça ?
_ Tu le sais. C'est Maman qui t'a demandé de ne pas me le dire, non ?
Il reposa la tasse qu'il tenait et regarda sa fille droit dans les yeux.
_ Tu es bien plus mûre que tu devrais l'être, Max chérie…
_ Je n'ai pas eu le choix, répliqua-t-elle sèchement.
Paul baissa les yeux. Il connaissait ses torts.
_ Tu tiens beaucoup de ta mère. Elle avait…des pouvoirs vraiment extraordinaires…
_ C'était une sorcière.
_ Non, enfin si, mais… Je veux dire, même pour une sorcière, ses pouvoirs étaient très développés.
_ Pourquoi ?
_ Je crois que c'est une question de génétique. Toutes les femmes de sa famille étaient particulièrement douées. Toi aussi, sans doute.
Silence.
_ Tu connais ce monde ?
_ Gabriele n'aimait pas en parler. Elle disait que ce monde, le monde de la magie, était en train de sombrer du mauvais côté. Elle voulait nous préserver, toi, tes frères et moi.
_ Mais… Est-ce qu'ils étaient…?
_ Non, Max. Il n'y a que toi.
_ Pourquoi ? Tu le sais, n'est-ce pas ?
_ Oui, mais je préfère ne pas te le dire.
_ Pourquoi ?
Elle insistait trop.
_ Tu la sauras bien assez tôt. Si je te le disais maintenant, tu risquerais de ne pas comprendre.
_ Mais… tu as dit toi-même que j'étais très mûre pour mon âge !
_ Ce n'est pas une question d'âge, Max. Je ne peux pas te le dire. C'est comme ça.
Nouveau silence. Max était bien trop tenace pour rester sur cet échec.
_ Pourquoi est-ce que tu n'as pas cherché à m'empêcher de devenir une sorcière ?
_ C'est impossible. On ne devient pas sorcier, on naît comme ça. C'est comme ça, on n'y peut rien, on ne  peut pas changer ça. Ne cherche pas, Max. C'est le destin.
_ Le destin, ça n'existe pas !
Max avait un sang-froid légendaire… Si son père pouvait si facilement rester impassible, elle ne savait garder son calme dans une situation qui la frustrait, telle que celle-ci. Elle se sentait sortir de ses gonds.
_ Tu dis ça parce que tu ne sais rien et que tu t'en fiches ! S'écria-t-elle.
Ce fut le mot de trop. Paul serra les poings. Ses traits se tirèrent en un instant. Il semblait furieux.
_ Tu n'as pas le droit de dire ça ! Si ça n'avait pas été le destin, ta mère ne se serait pas sacrifiée pour que tu vives dans un monde correct ! Tu n'as pas le droit ! Si je ne suis rien pour toi, respecte au moins la mémoire de ta mère !
Max, effrayée, recula contre un mur. Elle n'avait jamais vu son père dans un tel état de fureur.
_ Mais… Je n'ai rien demandé, moi !
La gifle partit avant même qu'elle eut fini sa phrase. Elle vacilla sous la violence du choc, et son avant-bras heurta le coin de la table, qui sa rougit aussitôt de son sang. C'était la première fois qu'il levait la main sur elle…
Max porta la main à sa joue pour apaiser sa douleur. Son père vit alors le sang qui s'écoulait de son bras blessé.
_ Max… Je suis désolé… Je ne voulais pas…"
Mais c'était trop tard. Max, mortifiée, avait déjà pris la fuite. Claquant les portes sur son passage, elle s'élança au dehors. Ce n'était vraiment pas son jour…