12 février 1978, Maison Blanche, USA.

Le juge Moore entra dans le bureau du président en même temps que le général chargé de superviser la base où resterait à jamais le Lénine 1. Il y avait bien sûr d'autres personnages importants que le juge connaissait plus ou moins bien.

Le président lui fit signe qu'il pouvait parler.

- Le Lénine 1 s'est posé dans la nuit sur la piste prévue. Il a été directement conduit dans le hangar et les scientifiques ont commencé à rechercher un éventuel émetteur. On peut dire que la mission s'est bien passée.

- Et les hommes que vous avez envoy ?

La question venait d'un des généraux présent, le juge n'aurait su dire lequel.

- Ils étaient assez fatigués en arrivant, on leur à donc permis de se reposer un peu. Ils ont immédiatement été séparés et il est peu probable qu'ils se revoient. Les rapports (le juge avait insisté sur ce mot, car ces rapports devenaient trop souvent des interrogatoires quand les hommes rentraient d'URSS) seront fait séparément.

Bien que se soit lui le directeur de la CIA, c'est lui qui pensait le moins que Clark et O'Neill aient pu être retournés durant leur mission. Il connaissait suffisamment Clark pour avoir confiance en lui, et pour l'avoir choisit pour la mission. Un des généraux présent avec lui lors de l'atterrissage du Lénine 1 au Etats-Unis montra la cassette qui avait été faite. Elle s'arrêta après qu'O'Neill eut fait rentrer l'avion dans sa dernière maison. En descendant, le capitaine était directement allé voir son supérieur pour lui demander de participer aux vols d'essais. Le juge le comprenait, piloter un engin pareil, on ne le fait qu'une fois dans sa vie. Mais la question avait déjà fait l'objet d'un débat et on ne pouvait pas prendre le risque de le refaire voler, pas avant plusieurs années. L'avion allait être étudié, ce qui signifiait probablement le démonter. Ça lui faisait mal au cœur, même lui qui n'était pas pilote savait que le Lénine 1 était tout simplement une pure merveille.

Le président repris la parole.

- C'est magnifique. Des réactions du côté des soviétiques ?

- Quelques unes. Ils croient que les voleurs sont ukrainiens, et qu'ils veulent échanger le Lénine 1 contre leur liberté.

- Bien.

Le président avait été assez intelligent pour ne pas demander comment ils savait ça. Spillway venait d'être muté dans un autre état-major, et le juge ne savait toujours pas ce que le général Romanov allait devenir, mais sa vie risquait de s'arrêter assez vite. Un échec pareil est rarement pardonné.

- Et les deux hommes ?

- Clark a l'habitude de ce genre de mission. Il nous fournira un rapport excellent, et il oubliera. Quant au capitaine O'Neill…

Un général pris la place du juge.

- Nous lui rappellerons les règles à suivre, et il sera muté dans la base de son choix.

- Très bien messieurs. Je pense ne pas avoir à vous rappeler que cette affaire ne doit sous aucun prétexte filtrer, pas un mot, même à votre confesseur.

La réunion se termina ainsi, chacun repartit à son poste.

Comme le juge le pensait, Clark et O'Neill ne se revirent pas. Clark, qui avait pu dormir un peu dans l'avion se réveilla deux heures avant le capitaine, et il était déjà sur le trajet qui le ramenait chez lui quand le capitaine fut reçu par un colonel qui avait à lui parler.

Il fut déçu de ne pas pouvoir re-piloter le Lénine 1, alors il demanda à être muté dans le programme d'entraînement pour opération secrète, mutation qui le conduisit au programme Porte des Étoiles bien des années plus tard. Mais ceci est une autre histoire et entre temps, le Lénine 1 passa de l'histoire à la légende dans les hautes sphères du pouvoir.