A/N : (personne ne lira mais c'est pas grave)

Vous voyez le rating là-haut ? Vous savez ce que veut dire PG-13, hein ? Euh… oui, bon, maintenant, c'est T.

Ça veut dire que cette fic est pour un public étant un minimum mature. Il y a des moments assez durs de dépression, de description d'abus, etc… Mais ça veut aussi dire que l'histoire que je vais vous raconter, qui décrit l'amitié entre deux personnes pas si différentes que ça finalement (vous saurez très vite de qui il s'agit), ne dépassera pas ce stade (pour cela vous devrez attendre la seconde partie, s'il y en a qui ont assez de courage, ou de patience, pour me lire jusqu'au bout).

Bon, com' d'hab', rien ne m'appartient, blablabla… allez lire les romans de notre déesse Rowling, bon sang !

ATTENTION : Pour le prologue en lui-même, je sais qu'il est un peu (rien qu'un peu !) sombre, mais je ne vois absolument pas comment j'aurais pu décrire l'état d'Harry autrement, vu l'année qu'il venait de passer. Si ça vous embête de lire des trucs dépressifs, ne lisez pas et passez directement au chapitre 1. Surtout que mon style ressemble peu à ça normalement ; il est beaucoup plus léger, et (je l'espère) plus drôle.


Prologue (je répète, vous n'êtes pas obligé de le lire, surtout qu'il est assez classique).


Où l'on apprend que la mort d'un parrain, oui, ça nous déprime (contrairement à ce que pourrait nous faire croire JKR), et que, un Harry déprimé, ça a des idées dangereuses.


Malgré ce que j'en pensais alors, je n'étais encore qu'un enfant lorsque j'entrepris ce voyage démentiel. Je partais à la conquête d'un rêve fou, à une époque de ma vie où j'étais plongé dans le désespoir, sans me rendre compte un instant que ce qui me poussait n'était pas la vengeance, comme je le croyais si fermement alors, mais l'espoir, l'espoir de trouver la paix, enfin. D'aucuns diront que c'était une action irréfléchie, puérile, mais n'est-ce pas le trait commun de tous les enfants d'être naïfs ? Car malgré toutes les épreuves que j'avais dû traverser – ou peut être à cause d'elles - mon cœur n'avait su s'aigrir. Je ressentais toujours la peine, la douleur, la rage, le désespoir… Comme il aurait été facile de jeter tout cela par la fenêtre et de me transformer en un Détraqueur/1/, pour n'avoir de sentiments que par procuration ! Pourtant, cette humanité, je l'entrevoyais, était ce qui me distinguait de Voldemort, et pour rien au monde je ne m'en serais débarrassé.

Avec le recul, je dois me dire que j'ai eu de la chance. Parce que même si je faisais ce voyage pour toutes les mauvaises raisons, au final, ce fut ce qui me sauva. Ce qui n'empêcha pas, bien sûr, les habituelles menaces de mort, les courses-poursuites contre la montre, une liste d'ennemis à n'en plus finir…

Je me souviens encore comment l'idée de ce voyage qui allait bouleverser ma vie m'est venue à l'esprit…

Cet été-là, je venais de finir ma cinquième année à Hogwarts/2/


Ça s'était fait progressivement. Mais cela me fit quand même un choc lorsque, une semaine avant mon seizième anniversaire, je ne pus reconnaître la personne qui me faisait face dans la glace. Au bout d'un moment, je sus ce qui n'allait pas. C'était mes yeux. Si les yeux sont les reflets de l'âme, alors la mienne était morte. Ils étaient toujours aussi brillants, mais plus de la lueur de l'aliéné que de ceux de l'enfant remplis d'innocence. Au bout de quelque temps, j'appris à ne plus me regarder dans la glace lorsque je me lavais, me rasais ou m'habillais.

La voix de Voldemort était un devenu un constant susurrement envoûtant dans ma tête, qui me faisait basculer toujours plus loin dans la démence. J'avançais dans les ténèbres absolues qu'était devenu mon cerveau et je ne voyais aucun espoir de sortir de ce cauchemar.

Un cauchemar… j'aurais encore préféré que mes rêves ne soient que ça. Désormais, les cris et les pleurs des personnes que chaque nuit je voyais (et sentais parfois) torturées puis tuées, me poursuivaient également dans la journée. Chaque recoin sombre de la maison me paraissait cacher des corps gisant ou se débattant encore. Chaque odeur était recouverte de celle du sang, qui saturait toute bouffée d'air emplissant mes poumons, sous-tendue par l'odeur de la peur.

Lord Voldemort avait été reconnu comme vivant ; il ne voyait désormais plus de raison de garder profil bas, et ravageait toutes les nuits des villages entiers.

Par dessus tout, même l'horreur d'assister dans mes rêves à ces spectacles macabres que je savais réels, il y avait les remords. Remords devant mon impuissance à arrêter les larmes versées ; remords de pouvoir les voir alors que j'aurais dû apprendre mieux l'Occlumencie ; remords de vouloir ne plus rien voir.

Et, surtout, remords de n'avoir pas su sauver Sirius.

Sirius. Mon parrain, et bien plus. Je ne le connaissais que depuis deux ans, et encore, puisque je ne l'avais jamais vu plus que quelques heures d'affilées, sauf pendant l'été précédent… Pourtant, je le considérais comme un membre de ma famille, le dernier. Cadeau du Ciel, quand je me croyais orphelin, qui m'avait été repris si vite.

Certains, dont Hermione et le professeur Lupin, avaient essayé de me faire comprendre que je ne le connaissais pas réellement, que je le mettais sur un piédestal.

Peut-être y avait-il quelque chose de vrai dans ce qu'ils disaient. Mais Sirius ressemblait trop, pour le petit garçon que j'étais alors, au chevalier en armure venu réparer tous les torts ; ou, comme dans Cendrillon, à ma marraine (il serait plus juste de dire ici mon parrain) la fée, venue d'un coup de baguette magique m'emmener au loin des Dursley pour aller vivre dans un palais enchanteur.


Ayant terminé ma cinquième année à Hogwarts, j'avais pour la première fois le droit d'utiliser mes pouvoirs en dehors de l'enceinte de l'école/3/. Je l'avais oublié, et ce ne fut véritablement que grâce au hasard que je pus m'en rappeler.

Mes pouvoirs, à cette époque, commencèrent à augmenter de façon de plus en plus marquée ; ils se déclenchaient sporadiquement au gré de mes émotions, provoquant ainsi des accidents dont le ministère ne profita pas pour me sauter à la gorge sur l'instant. Aurais-je été plus stable mentalement, j'aurais certainement pu les contrôler - ou tout du moins, les contrôler autant que faire se peut en proximité de ma « famille ». La situation étant ce qu'elle était, je pouvais à peine sortir du calme (relatif) de ma chambre pour déambuler dans la maison des Dursley sans que ça ne dégénère rapidement.

Cet exil volontaire ne me fit pas que du bien : il me laissa tout le loisir nécessaire pour ressasser mes idées noires, qui tournaient et retournaient dans ma tête.

A ruminer dans mon coin, j'avais réussi, avec enthousiasme, à me mettre dans une rage à peine contrôlée. Je n'avais trouvé qu'un seul moyen pour me défouler : passer en revue le monde entier dans ma tête, tout en le lynchant d'ironie mordante.

Voldemort passait en premier bien sûr ('à tout Seigneur /des Ténèbres/ tout honneur').

Bellatrix Lestrange n'obtenait, malheureusement, qu'une deuxième position - mais seulement à cause de son entrée en jeu tardive, étant dans l'incapacité d'assister au début de la partie pour cause d'emprisonnement à vie à Azkaban. Pour ses efforts exceptionnels, cependant, le jury lui décerne une mention spéciale dans la catégorie « meilleur espoir de futur cadavre rôtissant en enfer » /4/.

Les Malfoy, père et fils, étaient ex æquo en troisième place ('pourquoi faire une différence ? Ce sont tous des clones dans cette famille').

Ces hyènes se déplaçant toujours en troupeau, penser aux Malfoy m'amenait invariablement à me tourner vers les Mangemorts dans leur ensemble (non, je ne parle pas de leur chorale du dimanche avec force cris et jérémiades, ni de leur costume trois pièces très à la mode : robes noires, sobres, avec capuche et masque intégrés, idéal pour les sorties incognito). C'était à se demander s'ils avaient une vie privée, à côté de leurs activités du soir ('non, mais c'est vrai, quoi, 'z'ont pas autre chose à faire, la nuit, qu'aller tuer des innocents ? Chais pas, moi, comme dormir ou remplir leurs obligations conjugales ?').

Fudge, cet hypocrite incapable, méritait bien d'être classé, dans ce palmarès, parmi les cinq premiers. A part être dans les pattes de ceux qui faisaient quelque chose, il ne servait qu'à maintenir en survie artificielle un gouvernement arthritique et corrompu. Pour toute politique, il n'avait que celle de l'autruche : si un problème ne se voit pas (sous-entendez, Voldemort), alors il n'existe pas/5/. Heureusement, après la visite de courtoisie de Voldie au ministère, il avait dû retourner à son ancien comportement et lécher les bottes du Manipulateur.

En parlant de Dumby…/6/ Ce n'était pas parce que j'avais compris pourquoi il avait agi comme il l'avait fait que je n'étais pas en colère contre lui. Je comptais bien lui en vouloir encore pour longtemps (Au cas où vous ne l'auriez pas compris, je n'ai PAS envie d'être rationnel en ce moment.)

Ceux-là étaient les plus courants, mais il y en avait bien d'autres contre qui j'avais une dent. En fait, j'avais quelque chose à reprocher à pratiquement toutes les personnes que j'avais rencontrées dans ma vie ; j'en voulais au monde entier.

…Et le monde entier m'en voulait. La preuve, pour contrecarrer mon humeur orageuse, même le temps s'y mettait : il faisait beau/7/ !

Mais cette rancœur, contre tout et toute chose, laissa rapidement place à la colère que je ressentais contre moi-même, et de là, au dégoût de moi-même, à la dépression, aux remords. Je rejouais inlassablement dans ma tête les scènes de ma vie qui auraient pu se dérouler autrement.

« …et si j'avais appris l'Occlumencie, et si je m'étais souvenu du miroir, et si j'avais bougé au lieu de rester coincé dans l'escalier, et si je n'avais pas proposé à Cédric de prendre la Coupe avec moi… »

C'est au moment où je me rappelais ce qui s'était passé en troisième année que j'eus l'Idée. Et oui, ça méritait bien une majuscule.


/1/ Le nom originel des Détraqueurs est Dementors, qui provient du participe passé demented : fou. Le Dementor est donc celui qui rend fou. Je suis assez d'accord avec la traduc française, pour une fois. C'est rare.

/2/ Je n'aime pas la sonorité de la traduction française de Hogwarts « Poudlard » (j'ai un mal fou avec les terminaisons en –ar). De plus, il est beaucoup plus facile ainsi de faire le rapprochement entre Hogwarts et Hogsmead (Pré-au-lard). Et je dis bien de Hogwarts, comme je dirais de Hermione, de Harry, etc… car le h en anglais est aspiré. C'est comme en français, pour les rares h qui sont aspirés. On dit bien plus souvent une boite de haricots au lieu d'une boite d'haricots, non ? Même si l'Académie française a changé la règle dans les années 1990 et que maintenant tous les h peuvent ne pas être aspirés.

/3/ Il n'est pas précisé dans les différents tomes de Harry Potter à quel moment exact les élèves cessent d'être dans l'obligation de ne pas utiliser de la magie. Il est simplement dit dans le deuxième tome que les sorciers de premier cycle doivent s'y soumettre. On ne définit pas la période que ce premier cycle recouvre, si c'est jusqu'aux premiers examens en cinquième année (OWLs (les chouettes) ou BUSEs en français) ou jusqu'à la fin de la scolarité à Hogwarts, avec l'obtention des NEWTs (les tritons, traduits en ASPICs). J'ai opté pour la première solution, car plusieurs éléments me laissent à penser que les sorciers peuvent utiliser leur magie après les NEWTs (à moins qu'un moldu puisse être atteint par cette magie).

En premier lieu, il s'agit du Winzengamot (en français Magenmagot, me dit-on), où Fudge traîne Harry en début de cinquième année. Je pense qu'il a tenté de faire un procès à Harry sur de telles charges car il savait que l'année d'après il ne le pourrait plus. En second lieu, il y a les jumeaux qui utilisent légalement leur magie avant le début de leur septième année (et enragent Molly par la même occasion).

Cependant, j'ai bien l'impression que J.K.R s'est mélangé les pinceaux, en fait. Avant, elle parlait des sorciers de premier cycle qui ne pouvaient utiliser leur magie en dehors de l'école. Mais dans le 5ème tome, on voit les jumeaux apparaître et faire de la magie ouvertement (ils sont en vacances entre leur 6ème et 7ème année et viennent d'avoir 17 ans depuis le 1er avril), or le permis pour apparaître ne peut être passé avant 17 ans. Ils font donc de la magie alors qu'ils n'ont pas leurs NEWTs, mais il n'y a aucune indication qu'ils l'ont fait depuis qu'ils ont eu leurs OWLs. A mon avis, elle a tout oublié sur sa référence au « premier cycle » et se base maintenant sur la majorité des sorciers, qu'elle place à 17 ans.

M'en fiche. Moi, je garde la référence, ça m'arrange.

Si vous avez des précisions à apporter, n'hésitez pas.

/4/ Est-il bien nécessaire, Thierry, de préciser que le jury de Bellatrix est composé de fans de Sirius – dont l'auteure est l'un des membres les plus actifs ?

/5/ Contrairement à ce qu'ont pu dire les premiers explorateurs de l'Australie (et tous les dessins animés américains par la suite), les autruches ne sont pas de stupides animaux qui pensent pouvoir se cacher en enfouissant leur tête dans le sol. C'est un comportement instinctif chez elles que de placer leur tête sur le sol quand elles ressentent un danger, pour protéger leurs œufs qui y sont posés. Leur tête étant extrêmement plate, le sol de l'Australie souvent légèrement vallonné, et les explorateurs ayant des dons d'observation comparables à ceux d'une taupe atteinte de la cataracte, ils ont eu l'impression qu'elles plongeaient leur tête dans le sol.

/6/ Dumby vient de l'adjectif dumb, qui peut se traduire notamment par idiot, imbécile, ou encore assomé (par une nouvelle, etc...). Vous comprendrez donc d'où viennent les insultes que Malfoy et sa clique lui jettent à la figure (vieillard sénile, le vieux fou, etc…).

/7/ Ça devrait être interdit pendant les périodes de déprime (déprimer est synonyme d'aller bouder un bon coup). Le temps DOIT se plier à mes sautes d'humeur. Je le VEUX. Bon, ça vient, oui ?


A/N : alors, pour un prologue, c'était bon, pas bon ?

Si vous voulez que je change quelque chose, il suffit de presser le petit bouton « review » en bas à gauche. Je vous promets de prendre en considération ce que vous me direz. Si vous avez des suggestions sur la trame du texte, n'hésitez pas ! C'est généralement l'échange d'idées qui me fait avancer.