Chapitre 4 partie 1 : Héros ou Demoiselle en détresse ?


Où l'on apprend quel est le goût d'une baguette (de bois, pas de pain), que le héros va enfin pouvoir exprimer librement sa sexualité et sortir du placard et que Grindelwald conduit des messes noires avec ses fidèles pour conquérir le monde en semaine, puis fait le point autour d'une tasse de thé au club VIP des Seigneurs des Ténèbres le dimanche.


(P.d.V. Harry)

Les premiers mètres du tube étaient assez plats, mais bientôt, je dus me mettre à quatre pattes, car la pente s'infléchissait vers le haut, et le boyau devenait de plus en plus étroit. Pour éviter de ranger ma baguette, et me retrouver ainsi dans le noir, je la pris entre mes dents. Je remarquais alors que depuis les six années que je la détenais, il ne m'était jamais venu à l'esprit de savoir quel goût elle avait. (Oui, je sais, mon esprit pense aux choses les plus bizarres aux pires des moments…) La première sensation qui me parvint au cerveau fut (surprise, surprise) un goût de bois, suivi de près par celui de la sueur (il faudrait vraiment que je pense plus souvent à la nettoyer, quand même…), en plus d'une myriade d'autres saveurs que je ne pouvais pas distinguer.

- Fffais zzzattentttion, tu risssques de m'étouffffer, admonestai-je. Le jeune serpent, pour ne pas tomber, avait affermi sa prise sur mon cou, me laissant craindre un instant qu'il voulait me tuer, malgré tout. Etant donné qu'il aurait à le faire si jamais je ne remplissais pas ma mission, j'avais de très bonnes raisons de me méfier, à mon humble opinion.

Et contrairement à ce que vous pensez tous, je ne suis pas parano : la majorité des personnes que je rencontre veulent me tuer (ou tout du moins, ne ratent pas une occasion pour me mettre en danger de mort), c'est pas pareil…/1/ Y'a qu'à voir le ratio des profs de DADA qui ont failli me faire tuer (volontairement ou non) : sur cinq ans, j'en suis à un total de cinq. Encore heureux qu'il n'y ait pas eu de changement de profs en cours d'année…

- Exssscuzzze-moi, me répondit-il en essayant de trouver une position qui lui permette de s'agripper à autre chose qu'à mon cou. Finalement, il transféra la majeure partie de son poids sur le haut de mon dos et mes épaules, ne faisant qu'un nœud lâche sur mon cou.

Le silence me pesait, et avec ce couloir sombre et interminable, je me sentis vite de plus en plus oppressé. Je pensais à des trucs de plus en plus bizarres (signe de stress évident), comme le fait que les écailles du serpent provoquaient une drôle de sensation sur la peau de mon cou, mais peut-être qu'elle différerait sur une autre partie de mon corps…?

Pour occuper mon esprit (en clair, pour arrêter de penser à des trucs aussi idiots), je décidai d'engager la conversation avec le seul être pensant en ma compagnie : le serpent.

…Oui, je sais, discuter avec un carnivore qui, il n'y a pas si longtemps encore, se demandait comment il allait me manger n'est peut-être pas la meilleure façon de rester en vie, surtout si je lui dis un truc déplacé (et au lieu du si, je devrais peut-être dire quand, vu que les chances que je le froisse étaient d'à peu près cent pour cent). Mais bon, je m'ennuyais…

Malheureusement, cela voulait dire que je devais trouver un sujet de conversation. Après de longues minutes à réfléchir sur les points communs que peuvent avoir un humain et un serpent, et pendant que je m'esquintais les paumes et les genoux et que l'autre se la coulait douce, je compris que je n'allais pas y arriver comme ça.

Bon, soyons logiques. Quand on ne sait pas quoi faire, il vaut mieux commencer par les bases. La question, maintenant, était de savoir ce que sont les bases d'une conversation. Quelques minutes encore, et mon cerveau me présenta enfin la réponse : les présentations d'usage.

- Jjje peux sssavoir comment tu t'appelles ? questionnai-je.

A peine les mots furent-ils sortis de ma bouche, que je m'aperçus de mon erreur : rien ne me disait qu'il avait un nom. Le seul serpent à ma connaissance qui en avait un était Nagini, le familier de Voldemort. Si ça se trouve, les serpents, à l'exception des familiers, n'avaient jamais de nom. Et peut-être que donner un nom à un familier était la preuve qu'on en était le maître. Est-ce que j'avais bien fait de le lui demander ? N'allait-il pas le prendre comme une insulte ? Je me dépêchais alors d'ajouter, pour ne pas qu'il se vexe :

- Euh… Est-ccce que tu as zzzun nom ? Ahem… Sssi tu en as zzzun, mais que tu ne veux pas me le dire, jjje comprendrais parfffaitement… Et puis, sssi tu ne veux pas me parler du tout, ccc'est pas grave…

Je m'arrêtai de parler, lamentablement gêné, ne sachant pas comment continuer sans m'enfoncer encore plus. Une voix dans ma tête, qui ressemblait étrangement à celle, sirupeuse, de Snape, me dit : « Bravo, Potter, je vois que tu t'es entraîné pour t'exprimer avec doigté ! Tu as dû faire de gros efforts, étant donné que tu es handicapé par ton pauvre cerveau de Gryffondor ! T'es au courant que intelligible et intelligent ont la même racine, non ? Pour que tes bafouillis soient intelligibles, encore faudrait-il que tu sois intelligent ! » Et là, la cerise sur le gâteau : « 20 points en moins pour Gryffondor ! »

…Parfois, mon cerveau me fait peur…

Devrais-je m'inquièter de savoir que, même à un demi siècle de distance, même lorsqu'il n'était pas encore né, je ne pouvais échapper à Boule de Suif ? Je n'arrivais pas rassembler assez de colère ou de peur pour ne pas être fataliste. Tant qu'à entendre des voix, tout vallait mieux que les sifflements déments de Voldemort…

- Sssatisss/2/, me coupa-t-il. Ççça veut dire "assssez" dans la langue de notre ancccien Ssseigneur, Ssslythhherin, précisa-t-il d'un ton légèrement condescendant.

Qu'est-ce que j'étais censé comprendre ? Qu'il en avait assez de m'entendre parler et qu'il voulait que je me taise ? me demandai-je avant de me rendre compte qu'il s'agissait de son nom.

- Jjje sssuis le dernier-né des couvées de notre mère. Elle a eu cccent-sssix zzzenfffants/3/ avant moi et elle en avait plusss qu'assssez d'avoir des ssserpentaux, continua-t-il. Ccc'est comme ççça que jjj'ai hérité de ccce nom.

- Enchhhanté, Sssatisss, lui répondis-je. Moi, ccc'est Harry.

- Bonjjjour, Harry, me dit-il un peu pompeusement.

Vite, vite, une idée de conversation pendant que mon cerveau fonctionne à plein régime…

- Et heu… t'as quel âggge ?

- Jjje ne sssais pas vraiment. Au sssous-sssol, nous ne sssommes plus zzzen contact avec la nature, donc nous ne voyons pas le temps passsser. Nous ne sssavons plus quand il est devenu nécccessssaire d'hiberner, alors Mère nous fffait dormir lorsssqu'elle penssse qu'il est temps. Jjj'en sssuis aujjjourd'hui à ma cccinquième hibernatttion ! s'exclama-t-il, fier de lui.

Je me demandai s'il était normal qu'il soit aussi gros s'il n'avait que 5 ans. Mais, me rappelant fort à propos la susceptibilité de mon cousin quant à son surpoids, je décidai judicieusement de me taire. Peut-être qu'en tant qu'animal, la corpulence était un signe de bonne santé, mais je préférais ne pas tenter ma chance.

Et le silence pesant retomba, interrompu seulement par le bruit de ma respiration sifflante et celui de mon avancée maladroite.

- Nous sssommes presssque arrivés, m'encouragea-t-il lorsque je lâchai une bordée de jurons après avoir effectué une belle glissade arrière qui vida mes poumons de tout l'air qu'ils contenaient.

- T'en es sssûr ? haletai-je.

- Jjje sssuppozzze…

Je ne m'attardai pas sur cette réponse évasive. Calant les pieds et les mains sur des parois opposées, je me reposai un instant pour relever la tête et mes yeux fatigués aperçurent une lumière pas très loin devant moi.

Il me fallut encore quelques minutes d'efforts avant de parvenir à une mini plate-forme où je pus reprendre mon souffle. Devant moi, encastrée dans le mur, se trouvait une sorte de plaque d'égout (ce qui ne m'étonnait pas plus que ça, vu que le labyrinthe n'était rien d'autre qu'une vaste zone de traitement des déchets.) Une faible lumière filtrait des embrasures, mais pas de son : je ne pouvais deviner si c'était parce qu'il n'y avait personne derrière ou parce que les sons étaient étouffés. J'éteignis le Lumos et préparai ma baguette pour une éventuelle attaque. Avec un grincement qui me fit craindre qu'on ne m'entende, la plaque s'ouvrit vers l'extérieur, et je pus enfin sortir de ce cauchemar éveillé sans plus d'encombre. Je regardai aux alentours, mais personne n'était dans les parages ; je me trouvais dans un long couloir éclairé parcimonieusement de quelques torches.

Après avoir refermé la plaque derrière moi, je me redressai enfin, étirant mes membres et mon dos, heureux de pouvoir enfin me détendre. Cela ne dura pas, cependant, car j'étais toujours en territoire ennemi, et je ne pouvais pas me payer le luxe de baisser ma garde.

- Est-ccce que tu sssais par où il fffaut aller maintenant ? interrogeai-je le serpent toujours enroulé paresseusement autour de mon cou.

Faignasse, pensai-je. Mais bon, étant donné que sa tête reposait sur mon épaule, ses crocs venimeux n'étant qu'à quelques centimètres de mon cou vulnérable, je n'allais pas non plus le lui dire en face.

- Jjj'en sssais rien, jjje ne sssuis jjjamais sssorti de là. Ssseule Mère a connu le monde exssstérieur, avant qu'ils ne la jjjettent iccci avec ssson compagnon et sssa première couvée. Ccc'est une prizzzon parfffaite : aucun d'entre nous n'a jjjamais réussssi à ramper jjjusssqu'en haut. Pourtant, ccce n'est pas fffaute d'avoir essssayé : les jjjeunes jjjouent sssouvent à 'qui ira le plus haut', siffla-t-il d'amusement. Jjj'ai même fffailli gagner, une fffois… mais les zzzautres ont mieux trichhhé que moi.

Un instant, je me posai la question 'ai-je bien entendu ?', puis décidai que ça n'en valait pas la peine. J'avais autre chose à faire.

Choisissant d'aller sur la droite, je marchai quelques minutes le long du couloir avant de me retrouver devant un escalier en colimaçon, qui permettait de monter comme de descendre. Etant donné que je ne comptais pas me retrouver dans les donjons (c'est une réaction instinctive chez tous les élèves de Hogwarts, sauf les Slytherins), je montai.

Je me retrouvai bientôt sur une allée à l'air libre entourant un jardin et protégée par un porche. Le soleil, caché derrière des nuages, ne pouvait me fournir aucune indication sur l'heure, mais je clignais quand même furieusement les yeux. Pas de doute, avec un temps pareil en plein été, j'étais bien toujours en Angleterre…

De nombreuses portes donnaient sur cette cour intérieure carrée, mais il n'y avait aucune sortie visible au bâtiment. Sur le mur d'en face, il n'y avait qu'une seule porte centrale, imposante. Tant qu'à commencer par quelque part, autant que ce soit par là. Même si l'endroit était désert, je restai à l'écoute de tout bruit inhabituel, tout en longeant une rangée de porte. Bien m'en prit, car j'entendis, alors que j'étais devant la dernière porte, le bruit d'une clenche/4/ que l'on abaissait. Vite, je m'y précipitai, espérant qu'il n'y aurait personne pour me surprendre là.

Collant mon oreille à la porte, j'écoutai avec appréhension les bruits de pas venant dans ma direction. Oubliant que le serpent pouvait me tuer d'un seul coup de crocs bien placés, je lui enjoignis assez rudement de se taire lorsqu'il protesta contre les mouvements brusques que je faisais.

Comme les pas se rapprochaient de plus en plus, je me retournai pour essayer de trouver une cachette.

Comme je l'avais deviné, la pièce n'était pas occupée (l'absence de cri ou de sort à mon intrusion brutale avaient été de gros indices…). Il s'agissait d'une pièce de rangement poussiéreuse, encombrée d'un fatras de chaises, cassées ou non, de ballots de je-ne-sais-trop-quoi, et de plein d'autres objets hétéroclites. N'ayant pas toute la journée pour faire du lèche-vitrine, j'allais me faufiler dans une armoire dont la porte béait.

La personne passa devant ma porte puis s'en éloigna. Elle s'arrêta peu après, et je tendis l'oreille pour savoir ce qu'elle faisait ; j'entendis alors des coups frappés sur une porte. Mais ce qui était bizarre, c'était que le bruit provenait du haut très distinctement et n'était pas, comme je m'y attendais, étouffé par la porte.

Je sortis du placard (euh… non, pas comme ça…/5/), levai les yeux et aperçus au-dessus un soupirail. Allant chercher une chaise, non cassée pour ne pas aller m'écraser par terre, je montai prudemment, puis me soulevai jusqu'en haut. Satis siffla de déplaisir d'être encore dérangé et se laissa tomber sur le dessus de l'armoire. Je l'ignorai et rapprochai ma tête de l'ouverture.

La vue donnait sur l'alcôve d'une galerie entourant une pièce immense, à peu près deux fois plus grande que le grand hall de Hogwarts et un plafond tout aussi haut. Face à moi, d'autres alcôves étaient à peine visibles ; des torches étaient fixées sur les colonnes soutenant la galerie, mais côté grand hall uniquement, laissant ainsi dans l'ombre la galerie elle-même. De l'endroit où je me situais, je n'avais qu'une vue tronquée de la pièce, car le plafond de la galerie était assez bas ; de plus, des arches de pierre reliaient les colonnes soutenant la galerie, gênant d'avantage la vue. Je devinai qu'il devait y avoir un second étage au-dessus de moi ; peut-être la galerie en avait-elle un troisième.

Un coup d'œil vers le fond me permit de voir un dais sur lequel était installé un trône de bois ambré recouvert de coussins dans des tons marron-rouge. L'ensemble devait être le point de mire de tous les regards d'où que l'on soit dans la pièce.

Quatre grandes vasques sur pied, réparties entre les coins du dais de forme rectangulaire, étaient enflammées. (Il valait mieux espérer que le tissu rouge sang qui recouvrait le dais ne soit pas inflammable…) Le jeu de lumières ainsi créé faisait contraster cette partie de la salle avec le reste plongé dans une perpétuelle semi-pénombre.

De plus, le dais était très large et assez haut : trois petites marches y montaient. Légèrement avancé dans la pièce, l'ensemble donnait l'impression de prendre plus d'ampleur qu'il ne le faisait en réalité. Derrière lui, ajoutant une impression de force et de stabilité, d'étranges piliers de pierre, assez difformes, entouraient un pilier de marbre si large qu'il était nécessairement celui qui soutenait tout l'édifice.

Un homme en robes noires alourdies de bijoux se posa sur le trône avec toute la majesté exigée par la splendeur de ses habits – à moins que ce ne soit de la simple prudence : le bois grinça horriblement, paraissant à deux milligrammes de céder sous tout ce poids.

…Combien parieriez-vous que c'est le Seigneur des Ténèbres actuel ? Je vous jure, on dirait qu'ils ont formé un club privé où ils se refilent des trucs et astuces de mode… Je les verrais bien en train de se vanter de leurs derniers exploits autour d'une tasse de thé :

« Moi, j'ai presque vaincu les Forces du Bien l'autre jour… Dommage que le héros, alors que tout espoir était perdu pour lui, ait encore réussi à me filer entre les doigts ! »

« Moi, j'ai encore donné au héros plus de raisons de me haïr : j'ai tué ses parents, sa femme, ses enfants, ses amis, laissé échapper ses hamsters, détruit son puzzle quasiment fini… »

« Moi, moi, moi… »/6/

Et si vous aviez parié que ce n'était pas le Seigneur des Ténèbres, vous avez perdu ! Car à l'opposé, l'homme qui, je le supposais, venait de passer devant la pièce où je m'étais réfugié, se faisait admettre par un autre qui claironna :

- Seigneur Grindelwald, le baron de Münchhausen/7/ demande audience.

Tous deux portaient des tenues identiques : robes noires avec capuchons rabattus, enserrées par une ceinture argentée refermée sur le côté, dont les extrémités pendantes retombaient le long de la jambe.

Reposant mon regard sur Grindelwald, je le vis faire un geste de la main invitant le baron à s'approcher. Celui-ci obtempéra, s'arrêtant à quelques pas de son Seigneur, tandis que l'huissier allait se mettre au garde-à-vous sur le côté gauche par rapport au dais, à l'opposé de l'endroit où je me situais. Le noble s'inclina profondément (au moins il ne s'humiliait pas à ramper pas comme les Mangemorts…), se releva sur un autre geste, découvrit son chef, puis se mit à discourir :

- Mon Seigneur, à propos de la situation en Europe centrale…

Mais mon attention dériva, car à cet instant, les piliers de pierre mal taillés qui étaient érigés derrière le dais bougèrent et je les reconnus pour ce qu'ils étaient ; il s'agissait en réalité de pieds de géants qui devaient monter la garde. Je me réjouis de ne pouvoir voir leur effrayante tête. Pardon Hagrid, mais franchement, ton frère faisait peur.

Je reportai mon attention sur ce qui se passait au centre de la pièce lorsque, d'un claquement impérieux de doigts, Grindelwald intima à quelqu'un de s'avancer. Je ne l'avais pas vu car cette personne se tenait plus loin le long du même côté de la galerie que moi.

Avant que je n'aie pu l'en empêcher, Satis, dont j'avais oublié la présence, siffla un « Maîtresssse » pressant, puis se laissa couler sur le sol. Je le perdis de vue quelques instants (mais j'entendais toujours ses jurons ; apparemment il s'était fait mal en tombant si brusquement), avant qu'il ne réapparaisse un peu plus loin, se dirigeant vers le dais, restant heureusement dans l'ombre de la galerie.

Poussant moi-même quelques jurons sur les serpents imprudents qui allaient tout mettre par terre, je le suivis. Mais tout de suite, un problème se posa à moi : la pénombre de la galerie n'était pas assez importante pour pouvoir me cacher indéfiniment, et je risquais à tout moment de me faire voir. Je perdis quelques secondes précieuses à sortir ma cape d'invisibilité, et, la revêtant hâtivement, je me lançai à la poursuite du reptile, espérant ne pas arriver trop tard. Je m'arrêtai deux pas plus loin pour retirer mes chaussures qui claquaient sur le sol de pierre, reprenant ma course en chaussettes.

Je réussis enfin à le rattraper une dizaine de mètres avant d'arriver sur le dais. Je le glissai sous ma cape, et le priai - le plus doucement possible compte tenu de ma respiration haletante et de mon cœur battant la chamade - de ne pas faire de bruit, à moins qu'il ne veuille attirer des ennuis à sa maîtresse et nous faire tuer par la même occasion/8/.

Je regardai anxieusement les autres personnes de la pièce, pour savoir si elles m'avaient entendu, mais apparemment, ils étaient plongés dans leur propre discussion animée. M'étant rapproché suffisamment, je pouvais enfin voir leurs visages, sauf celui de la Descendante, qui me tournait le dos. La seule chose que je pouvais remarquer était qu'elle portait des vêtements rapiécés. Grindelwald, quant à lui, était un homme tout à fait ordinaire, si ce n'était ses habits recouverts de bijoux (il devait vouloir compenser, je suppose…) : yeux marrons, cheveux noirs, traits d'une proportion plus ou moins égale, ni beau, ni laid. Le baron, que je voyais de profil, ressemblait à un rapace : son nez en bec d'aigle rendait son regard d'un bleu froid perçant ; sa grande taille et les robes flottantes cachaient un embonpoint débutant. Quant à l'huissier, celui-ci était tout aussi banal que l'était son Seigneur. Mais Grindelwald démentait cette première impression en dégageant une aura de force. L'huissier, au contraire, serait passé inaperçu presque n'importe où ; il aurait été un espion parfait – sauf que son visage inexpressif l'aurait trahi rapidement en l'empêchant de faire preuve d'émotions.

Le baron n'avait pas l'air du tout content de ce que venait de lui dire la Descendante, et le faisait savoir – de vive voix.

- …devriez vous estimer heureuse de ne pas être fouettée pour faire preuve d'une telle insolence ! Etre aussi irrespectueuse envers Sa Seigneurie, alors qu'il est plus que clément à votre égard, c'est une honte !

- Münchhausen ! le coupa Grindelwald d'un ton sec. La manière dont je traite mes esclaves n'a pas à être contestée par vous !

Le baron, heureusement pour lui, se rendit immédiatement compte du danger de la pente glissante sur laquelle il s'était malencontreusement engagé.

- Toutes mes excuses, mon Seigneur… Je ne voulais en aucun cas critiquer vos actions, mais simplement mettre en avant le fait que cette femme devrait être plus reconnaissante envers vous, dit-il dans une courbette.

- Je vous remercie de votre sollicitude, rétorqua-t-il d'un ton qui exprimait tout sauf de la gratitude, mais elle est inutile.

Il lui jeta un regard torve, auquel le baron répondit par une nouvelle courbette en signe de soumission. Il devait avoir mal au dos, à force, le pauvre…

- Krutz ! cracha Grindelwald (et pendant un moment je me demandai si ce n'était pas littéralement.)

- Oui, mon Seigneur ? répliqua l'huissier en s'avançant devant le trône.

- Convoque l'assemblée tout de suite. Je veux que tout le monde soit là, sans excuse, d'ici une heure.

- Mais, mon Seigneur, la disparition d'un tel nombre de gens, au même moment, sans qu'ils aient le temps de préparer d'excuses valables risque d'être hautement suspicieuse… d'autant que certains d'entre eux sont déjà sous surveillance.

Grindelwald pinça les lèvres d'agacement.

- Que m'importe s'ils sont assez incapables pour se faire suspecter ! J'ai donné un ordre, et j'entends qu'on le respecte ! éructa-t-il.

Krutz savait qu'il valait mieux (pour lui) ne pas contester la décision de son maître quand il était dans cet état - à moins de vouloir subir ses foudres, ce à quoi il ne tenait pas particulièrement… Il fit donc la seule chose que l'on pouvait attendre de lui :

- Oui, mon Seigneur, s'inclina-t-il. J'y vais tout de suite - à moins que Sa Seigneurie ne souhaite autre chose ?

- Non. Vous pouvez partir, dit-il, accompagnant ses paroles d'un geste de la main signifiant qu'il devait déguerpir. (Il aimait beaucoup parler avec les mains, remarquai-je.)

- Bien, mon Seigneur. Après une dernière inclinaison de la tête, il sortit de la pièce par une petite porte située non loin de moi, par là où devait être arrivée la Descendante.

Je me renfonçai dans une alcôve ; même avec ma cape d'invisibilité, je ne me sentais pas rassuré d'être à découvert. Pour passer le temps, j'écoutai les personnes restantes parler de politique (ce à quoi je n'entendais rien) ; tout du moins, Grindelwald et Münchhausen parlaient, la Descendante (il faudrait vraiment que j'apprenne son nom, ça m'éviterait d'avoir à l'appeler tout le temps comme ça), elle, ne faisait qu'écouter, ne révélant son opinion que lorsqu'on le lui demandait.

Cinq minutes plus tard, l'huissier revint prendre sa place ; passant derrière le baron qui s'exprimait sur l'état des relations diplomatiques entre le gouvernement avec certains pays de l'Europe centrale qu'il avait pour mission de miner, il répondit au regard interrogateur de son Seigneur par un simple hochement de tête.

Au bout d'une vingtaine de minutes, d'autres personnes commencèrent à arriver. Toutes portaient la même tenue que Krutz et Münchhausen, sauf que chez certains, la couleur de leur ceinture différait (or, argent, pourpre, blanc…)

La même procédure s'opéra à chaque fois que quelqu'un entrait : après avoir été annoncé par l'huissier, chacun allait se présenter devant son Seigneur, qui acceptait leur marque de respect avec un royal acquiescement de la tête, puis allait prendre sa place dans le demi-cercle qui se formait autour du dais. Je n'y vis pas de configuration particulière au départ, mais bientôt, je me rendis compte qu'ils étaient regroupés selon la couleur de leur ceinture. Plus que de simples ornements, ces ceintures devaient servir à différencier leur position dans la hiérarchie, voire leur fonction. Les rangs clairsemés finirent par être remplis environ une demi-heure plus tard. Quand la dernière personne se mit en place, Grindelwald se leva ; les discussions murmurées s'arrêtèrent tout de suite et les regards se fixèrent sur lui. Ecartant les bras en un geste grandiloquent qui ressemblait à celui d'un prêtre débutant une messe (sauf qu'il s'agissait d'une messe noire), il s'exprima ainsi :

- Mes biens chers frères, nous voici ici rassemblés…

Euh, non, là c'était mon imagination… Autant pour moi.

- Mes fidèles serviteurs, si je vous ai rassemblés ici ce soir…

J'étais pas si loin que ça, finalement…

Après avoir fait son petit speech d'encouragement comme tout coach chevronné, Grindelwald se rassit sur son trône. Les autres se dandinèrent un peu sur leurs pieds, se demandant sûrement quand est-ce qu'on leur dirait pourquoi ils se les gelaient ici dans ce pseudo temple humide, alors que leur(s) maîtresse(s) et / ou gigolo(s) les attendaient sagement à la garçonnière avec un bon petit vin chaud.

Mais avant de se lancer dans des explications oiseuses sur les raisons l'ayant poussé à ordonner cette réunion, il demanda à la Descendante de sortir faire quelque chose que je n'eus pas le temps de saisir. En effet, voyant sa maîtresse s'apprêter à partir, Satis voulut naturellement la suivre. Quand j'essayai de l'en empêcher, il siffla, menaçant, contre mes mains qui l'obligeaient à se tenir tranquille. Il se débattit tant et si bien, qu'à la fin, il me glissa entre les doigts et sortit à toute vitesse de la salle à la suite de sa maîtresse.

Quand je relevai les yeux, je me trouvais devant une rangée de baguettes. Malheureusement, ma cape revêtue à la hâte était tombée par terre et ceux qui ne m'avaient pas encore vu avaient été alertés par les sifflements furieux du jeune serpent - et les miens, quand il essaya de me mordre (ce n'était pas la première fois que je remarquais que le fourchelangue était une langue particulièrement utile pour jurer).

C'est quand ce genre de choses arrive que j'aimerais parfois pouvoir faire de grands discours capables de me sortir des pires situations. Dommage pour moi, le don d'éloquence n'a jamais fait partie de ceux recherchés chez les Gryffondors (y'a qu'à voir les discours de Dumbledore) – excepté pour Hermione, bien entendu. En fait, tout ce que je pus dire avant que le premier sort ne me touche fut :

- Chiottes…

Et, pour la troisième fois depuis mon arrivée, je m'évanouis.

Qu'est ce que penseraient mes amis, Dumbledore, le monde entier, de voir celui sur qui tous les espoirs retombaient comme ça ?

Tu parles d'un héros… Je ressemblais plutôt à une demoiselle en détresse, oui.


Notes :

/1/ Question paranoïa, y en aurait-il parmi vous qui connaîtraient le personnage de Drizzt Do'Urden ? C'est un elfe noir qui fait partie de la série des Royaumes Oubliés (une série de romans fantastiques avec de nombreux auteurs ; celui qui met en œuvre Drizzt est R.A. Salvatore). La société des elfes noirs dans laquelle il évolue est une société matriarcale extrêmement dure, placée sous l'égide d'une déesse satanique complètement cinglée et dans laquelle si l'on n'est pas persuadé que tout le monde veut vous tuer (ce qui est le cas), on ne peut survivre. Drizzt, qui est né dans cet univers, a beaucoup de mal à s'y adapter, car il a des principes moraux auxquels il se tient. Il a une panthère noire qui s'appelle Guenhwyvar (bave, bave, veux la mêmeuh… j'ai qu'une panthère en peluche que Nath et Caro m'ont achetée pour mon anniv' qui porte le même nom, et elles ont la même aussi.)

Généralement, comme il est le héros, c'est le personnage que tout le monde préfére. Perso, mon petit préféré des elfes noirs reste Jarlaxe (il a un de ces humours… à peu près aussi tordu que le mien), mais bon…

/2/ "Satis" veut dire assez en latin, la langue que parlaient encore tous les intellectuels au Moyen Age (déformée, bien sûr). Cette langue était encore parlée couramment jusqu'à la fin du XIXème siècle. Satis a donné en français le mot « satisfaire » qui vient de « satis » et « facere » (faire suffisamment).

N.d.l.B : J'ai déjà vu ce nom dans des fics (mais me souviens plus desquelles) à la fois pour des serpents dans l'univers de HP et pour d'autres perso dans d'autres fics sur d'autres sujets.

Auteure : Oui, mais j'ai choisi ce nom il y a un bout de temps et sans copier (je lis peu de fics en français). Si j'ai pris ce nom, c'est d'abord à cause de l'allitération et ensuite à cause de sa signification.

/3/ L'expression : "attendre 107 ans" ne vient pas, comme certains le disent, de la longueur des travaux de la cathédrale Notre Dame de Paris, qui ont duré près de deux siècles (1163-1351), mais bien du temps qu'ont dû attendre les Parisiens avant que les rois de France quittent le château de Versailles et reviennent à Paris, capitale politique depuis Philippe Auguste (XIIème), économique et intellectuelle depuis le XIIIème. En 1682, Versailles devint la résidence officielle du roi Louis XIV. Ses successeurs Louis XV (l'arrière petit-fils de ce dernier) et Louis XVI (le petit-fils de Louis XV) y ont également vécu respectivement de 1715 à 1774, puis de 1774 à 1789, date à laquelle Louis XVI fut amené de force du château de Versailles jusqu'au palais des Tuileries à Paris.

N.d.l.B : l'expression que je connais, c'est « attendre 107 ans et un carême. »

N.d.l.A : oui, mais ça marche pas. De mai 1682 à octobre 1789, ça fait plus que 107 ans et 40 jours …Quelqu'un a une idée ?

Si vous avez la flemme d'ouvrir vos cahiers d'histoire, je vous rappelle que 1789 voit la conjonction de plusieurs crises, notamment une crise financière : les caisses du roi sont vides à causes de différentes guerres (en particulier aux Etats-Unis) mais aussi parce que le déficit public énorme de Louis XIV ne s'est jamais résorbé (c'est pour cela qu'il y eut la réunion des Etats Généraux, les seuls à pouvoir autoriser la levée de nouveaux impôts). De nouvelles guerres se préparent avec l'Europe. S'ajoute à cela une crise de l'agriculture (sachant qu'à l'époque toute l'économie est basée dessus) : c'est la disette.

En octobre 1789, près de 2000 femmes parisiennes vont manifester à Versailles pour réclamer du pain. L'histoire se répand que Marie-Antoinette, en train de se saupoudrer de farine et apprenant que le peuple manque de pain, aurait dit « qu'ils mangent de la brioche » (même s'il est possible que ce soit de simples calomnies, car elle ne manquait pas d'ennemis) ; de plus, une femme est tuée par les gardes royaux. C'est l'émeute. Envahissant le palais, elles ramènent de force Louis XVI, Marie-Antoinette et leur fils, le futur Louis XVII, à Paris, en disant : « Nous ramenons le Boulanger, la Boulangère et le Petit Mitron, nous ne manquerons plus de pain. »

N.d.l.B : Je précise que, contrairement à ce que croient certains, la farine n'est pas le fond de teint de l'époque. On utilisait de la poudre de céruse, qui est au passage toxique, afin d'avoir une peau très blanche, signe que l'on appartenait à la bonne société, puisque seules les femmes qui travaillent « bronzaient ».

Quant au pain, il est la base de l'alimentation du peuple. La brioche est plus chère que le pain et l'était devenue encore plus avec la disette et la flambée des prix : seuls les riches pouvaient en manger.

C'est le genre de propos stupides qui fait réagir immédiatement les gens. Pour vous donner un ordre de grandeur, j'estime que ça vaut bien les « croisades » contre les Etats-voyous de Bush (quelqu'un lui a-t-il expliqué pourquoi il avait perdu immédiatement quelques points dans les sondages suite à cette déclaration ?)

Une dernière précision : Marie-Antoinette n'a jamais été reine. D'ailleurs, il n'y a jamais eu de reine en France, tout simplement parce que la loi Salique (des Francs Saliens), qui était tombée en désuétude, a été ressortie en 1316, lorsque Louis X ne laissa qu'une seule fille, Jeanne. Invoquant le risque que la Couronne revienne à des princes étrangers si l'héritière devait apporter la France en dot, son oncle, le futur Philippe V, se fit sacrer roi et les Etats Généraux le reconnurent en affirmant la règle de l'exclusion des femmes à la succession royale.

Béta : elles ne portaient le titre de reine qu'en tant qu'épouse du roi, comme autrefois « la colonelle », était l'épouse du colonel, mais pas une femme ayant ce grade (qui elles, étaient appelées « Madame le colonel » avant la féminisation des noms de métiers).

Tout au plus y eut-il des régentes, qui gouvernèrent à la place des rois lorsque ceux-ci ne pouvaient pas le faire. Blanche de Castille fut par deux fois la régente de Louis IX (Saint Louis) : de 1226 à 1234 (lorsque Saint Louis était trop jeune) et de 1249 à 1270 (lorsqu'il partit en croisade). Les autres régences furent toutes provoquées par la minorité du roi : Catherine de Médicis fut régente de 1560 à 1564 pour son fils Charles IX (même si en réalité elle conserva le pouvoir politique jusqu'à l'arrivée d'Henri IV) ; Marie de Médicis, de 1610 à 1614 pour Louis XIII ; Anne d'Autriche, enfin, de 1643 à 1651 pour Louis XIV.

Il n'y a donc jamais eu que des épouses de rois de France ou de rois des Français. La différence entre les deux termes est importante car elle consacre le passage de la monarchie absolue de droit divin, où le roi est souverain car c'est la volonté de Dieu (roi de France), à une monarchie modérée, où le roi n'est roi qu'à partir du moment où il représente le peuple, véritable souverain (roi des Français).

/4/ Note de la béta : pour ceux qui, comme moi, ne seraient pas originaires de la Picardie, la Belgique (ou, comme l'auteure, de la Normandie), et ne sont pas spécialistes en porte : une clenche est un régionalisme, synonyme d'une poignée de porte. Pourquoi faire simple quand on peut vous apprendre des mots nouveaux ?

/5/ Apparemment, Nath ne connaît pas l'expression. « Sortir du placard » (en anglais out of the closet) veut dire avouer qu'on est homosexuel. Je ne sais pas trop si l'expression est d'origine anglaise ou française. C'est peut-être du franglais… En tout cas, elle existe en français, je peux le prouver : vous avez déjà vu le film Le Placard ? (avec Gérard Depardieu et Daniel Auteuil.) Le héros (Daniel Auteuil), pour empêcher de se faire virer, ment et fait une « fausse sortie » ; ainsi, son patron ne peut plus le menacer sous peine de laisser croire qu'il discrimine les homosexuels.

/6/ Petit dictionnaire des termes et expressions propres aux Seigneurs des Ténèbres : égocentrique, adj. et n. : une personne qui ne pense pas Seigneur nuit et jour, tous les jours de sa vie (à l'exception notoire des intéractions sexuelles où l'on est prié de ne PAS penser à son Seigneur, merci bien) et n'agit pas dans le but de servir le moindre de ses désirs.

/7/ Les Aventures du Baron de Münchhausen est un livre de l'Allemand Rudolph Erich Raspe, écrit en 1785, inspiré des histoires d'un officier allemand à la solde de l'armée Russe, Karl Friedrich Hiéronymus, baron de Münchhausen. C'est une œuvre bizarre racontant les aventures fantasques d'un baron déluré. Le livre en lui-même est facile à lire, cependant il y a de nombreuses références (Les Voyages de Gullivert, les Mille et Une Nuits, etc…) qui ne peuvent être comprises que si l'on a une certaine culture littéraire. Je n'ai jamais tout compris moi-même…

Note de la béta : Münchhausen se traduit par « Monsieur de Crac » en français. Dans le langage courant, on appelle ainsi un conteur qui veut faire croire à ses auditeurs les choses choses les plus invraisemblables. M. de Crac n'est pas toujours d'une mauvaise foi absolue : il a quelquefois l'imagination si souple, si féconde, et l'esprit si facile à l'enthousiasme, qu'il finit par être lui-même convaincu de la vérité des hâbleries qu'il raconte. Ce nom est tiré d'un roman français fait à partir des Aventures du Baron de Münchhausen.

D'autres termes sont dérivés de ces noms propres : Münchhaus(en)iade signifie fanfaronnade. De même, raconter des craques veut dire mentir ou se vanter.

Un film a été fait à partir du livre en 1988, avec pour réalisateur Terry Gilliam et, dans le rôle du baron, John… Neville !

www.jose-corti.fr/titresmerveilleux/baron-de-munchausen.html (Baron de Münchhausen).

(M. de Crac).

/8/ Quel est le comble de la prudence ?

Voir Harry Potter disputer quelqu'un pour se précipiter au devant du danger tête baissée…


Notes de l'auteure :

1/ Remarques sur les livres :

- Mes prédictions pour le prochain tome :

Perso, je pense que le prince bâtard est Snape. Pourquoi ? A cause de ce qu'on a appris dans les tomes précédents. Il y a trop de petits détails qui nous ont mis l'eau à la bouche sur son histoire : son enfance traumatisante, le fait que Sirius le traite de laquais de Lucius, pourquoi il a changé de camp, pourquoi Dumbledore a une si grande confiance en lui, ce qu'il doit remplir comme missions pour ce dernier... Pour moi, il est clair que J.K. Rowling se devra de nous éclairer sur lui. Il est l'un des personnages centraux de l'histoire (même si personnellement, je ne l'aime pas…) à cause de sa position privilégiée d'espion. Pour l'instant, il sait tout, mais ne dit rien ; il est temps que ça change !

Vous n'êtes pas obligés de me croire, mais je vous signale au passage que j'ai souvent raison pour ce genre de trucs : il m'arrive souvent de prédire des événements dans un livre ou dans un film. Par exemple, ça faisait depuis la sortie du tome 3, quand j'ai relu le tome précédent pour me remettre dans le bain, que je savais qu'il y avait une histoire de première prophétie.

En tout cas, j'ai prévu ma fic dans ce sens. Dans la seconde partie (si un jour j'y arrive), Snape sera le Prince. Y en a-t-il qui devineront de quoi ? J'ai déjà laissé des indices.

- L'ampleur du phénomène 'Dumbledore est maléfique depuis le début' (muscle de la joue qui tique…)

Je suis… exaspérée de voir le nombre de fics qui croient que Dumbledore est un méchant. J'ai lu ce genre de fics avant la sortie du 5ème tome, et je les trouvais géniales, car elles renversaient complètement l'histoire de Harry Potter. Pour moi, il était possible (mais improbable) que ce soit vrai. Dumbledore me paraissait beaucoup trop parfait, et, parano comme je suis, je me méfiais, me demandant quelles étaient ses véritables motivations.

Le 5ème tome est, pour moi, la preuve irréfutable que Dumbledore ne peux PAS être du côté des Forces du Mal. En se trompant, il prouve enfin qu'il n'est pas un saint, qu'il fait des erreurs comme tout le monde.

De plus, ce qu'il a fait, c'est de vouloir protéger Harry (même si à long terme, ça ne lui a pas été bénéfique). Il ne lui a même pas menti, il ne lui a simplement pas révélé la vérité. Je vous rappelle que c'est ce que Harry lui-même a fait à plusieurs occasions pour protéger ses amis.

J'ai une autre raison de croire que Dumbledore n'est pas maléfique, même si elle est complètement subjective… Son familier (Fawkes) est un phénix, animal extrêmement fidèle. Si son maître était diabolique, alors il le serait aussi, et ça, je le refuse. En clair, j'aime trop l'animal pour croire que le maître puisse être maléfique. C'est pas grave si vous ne suivez pas mon raisonnement, je sais qu'il est tordu…

Béta : bah je trouve pas.

Auteure : c'est parce que je t'ai corrompue…

- Pourquoi Voldemort, alors qu'il n'est pas lui-même un sorcier au sang pur, défend-il des idéaux racistes ? De plus, il n'apparaît pas pressé de cacher ses origines à ses fidèles, puisqu'au moins deux d'entre eux les connaissent (Lucius Malfoy dans le tome 2 et Peter Pettigrew dans le 4), et probablement tous les autres aussi, vu qu'il désigne la tombe de son père alors qu'ils sont dans un cimetière moldu (tome 4). Pour quelle raison, alors, les Mangemorts le suivent-ils ?

J'ai une théorie que je vais reprendre après dans ma fic. Pour moi, Tom a 'nettoyé' son sang à la suite d'un rituel de magie noire, au paroxysme duquel devait mourir son père. Il a ainsi supprimé de son sang tout ce qui lui venait du côté paternel de sa famille. A mon avis, Bellatrix était déjà sa première disciple à l'époque et l'a aidé à surmonter la douleur du rituel ; c'est pour cette raison qu'elle s'est tant énervée contre Harry quand celui-ci a traité son maître de demi-sang.

Je pense que c'est en commettant l'erreur de tuer son père que Tom est véritablement devenu 'Voldemort'. La rage qu'il ressentait à son encontre n'a pu s'apaiser avec son meurtre, parce que, au fond, ce n'est pas ce qu'il recherchait. Ce qu'il voulait vraiment, c'était que son père le reconnaisse, reconnaisse son existence en tant que sorcier. Dans son esprit, il justifie ses actions en se disant que son père représente le Mal absolu ; par opposition, son autre modèle parental, sa mère, est donc la perfection incarnée. Les sentiments qu'il arborait à l'égard de son père ne pouvant s'apaiser, ils se sont transférés vers ceux qui n'étaient pas sorciers de sang pur comme sa mère.

En résumé, toute cette histoire n'est donc qu'une vendetta personnelle contre son père, qui sera à jamais insatisfaite.

Ce qui m'amuse beaucoup, parce que chez Freud, le passage à la vie d'adulte se fait par le meurtre (figuré, ou, comme c'est le cas ici, au sens propre) du père.

2/ Autres remarques :

- Veuillez recevoir mes plus plates excuses pour le délai d'attente si long… Je sais que je suis lente, mais bon, je compense en faisant de longs chapitres. En plus, j'ai eu un concours de la fonction publique à passer (l'horreur…), dont j'attends toujours les résultats d'ailleurs… Mais je ne m'attends pas à des miracles. J'en aurais au moins un autre à passer, mais je devrais pouvoir écrire entre temps. Vous inquiétez pas, Nath me houspillera pour vous…

- En écrivant ce chapitre, je viens de remarquer que mes chapitres sont généralement difficiles à commencer car il y a beaucoup de descriptions. Ensuite, avec les dialogues, j'écris normalement plus vite.

- Enfin, j'aimerais remercier tout particulièrement Evil Kelpy, qui m'a cataloguée dans sa communauté (les sadiques anonymes). Elle n'a pas beaucoup de personnes qui viennent la voir, alors, si vous voulez faire partie de son club, n'hésitez pas à demander !

D'ailleurs, c'est de sa faute si vous avez le chapitre aujourd'hui, étant donné que je ne comptais pas le poster avant d'avoir corrigé le chapitre 3-2. Remerciez-la !