Note de l'auteur : Je m'excuse mille fois pour l'IMMENSE délais que ça m'a prise pour finalement reposter un chapitre. Il est 2 heure du matin ici, mais je vous promets que je ne me couche pas avant d'avoir le chapitre 3 sérieusement en chantier. ()

Disclaimer : Les personnages et les livres des 9 princes d'Ambre appartiennent à Roger Zelazny et sa descendance. Je ne suis qu'une fan qui s'offre le plaisir de s'amuser un peu avec.


Partie 1 - Le sommeil du joyau

Chapitre Second - Complot

Le retour en Ambre de la princesse Fiona fit plus de bruits qu'elle ne l'aurait voulu. On chuchotait fort dans les boudoirs depuis qu'Éric avait confortablement installé son postérieur princier sur le trône.
Les complots attirent les complots, tout le monde sait cela. Le retour soudain de la princesse ne pouvait donc pas être considéré comme innocent, sous peine de se réveiller un matin avec un poignard planté dans le torse.

Elle était arrivée de nuit dans un carrosse aux rideaux tirés et n'avait pas paru à la court avant 3 jours ce qui avait beaucoup choqué la noblesse ambrienne - cette femme capricieuse qui ne supporte jamais d'être ignorée longtemps.

Entourée de quelques courtisans poudreux, la princesse faisait donc son devoir un sourire sur les lèvres, ce qui irritait Florimel au plus au point. Assise sur un large divan rembourré, celle-ci s'éventait frénétiquement, fournissant à peine à ses poumons l'air nécessaire à ne pas s'évanouir, la laissant un peu pâlotte au milieu du tourbillon de brocard rubis de sa toilette. Son idiote de dame de compagnie avait tellement serré son corset qu'elle avait peine à respirer convenablement.

Avec la grâce un peu plastique qu'imposait son rang, elle s'appuya du bout des doigts sur la main tendu d'un courtisan et se leva.

Lentement, pour bien se laisser voir de sa sœur, elle s'approcha du petit groupe qui entourait celle-ci et riait gaiement. La rouquine avait bien vu son mouvement et hocha imperceptiblement la tête, en guise de salue quand elle fut arrivée à sa hauteur.

- Tu nous a terriblement manqué, Fiona, dit Florimel , sans sourire. Éric était très inquiet pour toi.

- Ah oui?Fiona leva un sourcil.

- Absolument, voyons! Il est très important pour sa Majesté, de sentir l'appuie de sa famille dans ces moments difficiles qui l'accablent.

Florimel appuya ses paroles d'un de ses regards de petites filles innocentes irrésistibles et pris sa sœur par la main.

- Savais-tu que père était toujours gravement malade?

Le silence s'était fait autour d'elles. Tout le monde devinait que la princesse Florimel voulait savoir dans quel clan Fiona allait se ranger: celui du pouvoir ou celui de Corwin.

-Oui, n'est-ce pas malheureux, dit-elle simplement en regardant ailleurs.

Florimel suivit son regard et vit qu'elle regardait la silhouette sombre d'Érin appuyé contre une colonne au fond de la salle.

-Pourquoi est-il toujours là? Demanda Fiona après s'être arraché au portrait triste du jeune prince à qui on venait d'arracher un trône.

-Il n'a aucune raison de partir. Il n'a nulle part où aller, répondit froidement Florimel avec une lueur cruelle au fond de sa prunelle opaque.

-Je vois.

Sans plus porter la moindre attention à Florimel, Fiona s'écarta d'elle et se dirigea vers Érin.

Plantée là, par sa sœur, Florimel grinça des dents et jeta un coup d'œil à Éric assis sur le fauteuil faisant office de trône à la court. Il avait suivit ce qui s'était passé et la regardait, perplexe.
Florimel lui répondit par un petit geste dédaigneux à l'égard de Fiona et retourna à ses partisans en réajustant sa toilette au tissu un peu fatigué.

Enfin, débarrassé de Florimel et ses questions, Fiona s'approcha du jeune prince tombé en disgrâce.
Elle le connaissait bien ce petit prétentieux, mais il pouvait s'avérer fort amusant d'entendre de sa bouche l'obscur avenir qu'il entrevoyait pour lui et sa catin de mère.
Et puis, pensa Fiona : La vengeance est terriblement utile pour celui qui veut avoir ce qu'elle voulait.

-Bonjour Érin.

Il ne répondit pas, comme s'il n'avait pas entendu ce qu'elle lui avait dit. Les yeux dans le vague, il regardait la foule de courtisans, comme s'il ne l'avait jamais vu avant, terrifié par elle.

-Érin? Demanda-t-elle plus doucement en se rapprochant de lui.

Il la regarda soudainement directement dans les yeux et elle fut frappé par son visage défait. Il avait beaucoup vieillit depuis leur dernière rencontre. Ses yeux verts – la couleur de ceux de leur père – étaient vitreux et cernés de bleu sous sa peau blanche.

La fatigue, une fatigue terrible et pesante se lisait partout sur les traits de l'adolescent. Ses cheveux acajous habituellement si soignés et brillants étaient ébouriffés et lui tombaient dans les yeux. Son petit corps mince tremblait parfois, comme prit de hoquet, puis s'apaisait soudainement, pour retrouver un semblant de calme

Il ne parlait toujours pas, mais la regardait.

-Que me veux-tu? Lâcha-t-il tout à coup, abruptement.

-Rien de mal, répondit Fiona qui se surpris à dire la vérité. Je ne suis en Ambre que depuis peu. Je ne cherche qu'à comprendre ce qui ce passe ici.

-Il n'y a rien à comprendre. Éric a été nommé par père. Éric me permet de rester au palais.

Érin fixa les dalles du planché lorsqu'il dit :

- Je n'ai plus rien.

-Voyons ne sois pas ridicule!

Et elle repoussa cette idée de la main.

-Tu es un prince, et un prince d'Ambre de surcroît. Cela n'a t'il aucun sens pour toi?

-Oui, peut-être…

Il ne semblait pas le moins du monde convaincu et cela révolta Fiona.
Son sang d'aristocrate bouillait à l'idée d'un Ambrien n'étant pas convaincu du caractère indestructible de sa propre volonté.

Elle soupira et s'interrogea sur le regard fuyant et l'air hagard d'Érin.

L'adolescent fragile devant elle ne ressemblait en rien à l'héritier du trône qui lui avait pratiquement craché à la figure au sortir du berceau.
Oberon et sa mère l'avaient depuis sa naissance gorgé d'orgueil au sujet de la supériorité de sa personne. Tout cela n'était pas normal. Tout cela n'avait pas pu être réduit à néant si vite et par si peu…

-Ma chère sœur! S'exclamait quelqu'un derrière d'elle.

Fiona se retourna et découvrit les bras ouverts d'Éric qui s'avançait pour l'étreindre.

Elle lui sourit et le laissa déposer un baiser sur chacune de ses joues alors qu'il la pressait contre lui.

- Quel bon vent te ramène en Ambre ?

- Rien de particulier, dit-elle en cherchant des yeux Erin qui avait profité de leur étreinte pour s'enfuir sur la terrasse.

- Laisses-le partir, lui murmura Eric en lui prenant le bras et l'attirant vers un coin plus tranquille. Cet enfant est inutile.

- Que lui as–tu fais?

Eric se figea. Il détestait cette sorcière.

- Rien que tu ne lui es fait toi-même dans les mêmes circonstances, douce Fiona. C'est à dire rien que tu ne puisses prouver.

Cette réponse ne la satisfaisait visiblement pas, mais elle abdiqua sous la pression légèrement plus forte qu'il exerça sur son bras.

Sur un ton d'avantage timoré, elle demanda tout de même :

- Et où est Corwin?

Eric qui en temps normal aurait sans nul doute grimacer au seul nom de son frère, se contenta de hausser les épaules en disant :

- Bien honnêtement, je l'ignore. Il est sûrement en Avalon à l'heure actuelle, mais on m'a dit aussi l'avoir vu se promener dans le quartier sud de la cité. Mais, où qu'il soit, je l'imagine bien en train de manigancer quelques plans absurdes et douteux de renversement.

- Mais, toi, belle Fiona, que fais-tu ici? Je dois avoué que ta venue soudaine en Ambre me surprend.

-N'as t'on plus le droit de rentrer chez soi?Me crains-tu à ce point? Dit-elle en riant.

-Je m'inquiète d'avantage pour toi que je ne te crains.

- Et bien, ne t'inquiète plus. Je suis une grande fille et je sais reconnaître l'or des fous depuis longtemps.

Sur ce, elle lui offrit une révérence qui ne manqua pas d'être remarquée, et le quitta pour de bon.

- L'or des fous, murmura Eric pour lui-même beaucoup plus tard ce soir là.

Il détestait cette sorcière.