Note de l'auteur : C'est avec une certaine nostalgie que je vous présente le dernier chapitre. Y aura-t-il une petite (svp…par pitié pas 112 chapitres encore !) séquelle ? Je ne le sais pas encore…ça dépendra de votre enthousiasme ! Et puis s'il y en a une ça ne serait pas avant un certain temps, j'ai d'autres projets de fics avant !

Merci à vous tous (et toutes) de m'avoir suivie dans cette aventure, je vous en serai éternellement reconnaissante. Vous m'avez donné des ailes !

Je vous adore !

À très bientôt !

Chapitre 112

Survivre. Survivre à l'horreur, survivre au drame, survivre sur des vies qui furent défuntes, survivre et finalement se rendre compte que notre existence ressemble davantage à une condamnation qu'à un miracle.

Marcher encore, où jadis gisaient des corps, marcher toujours et respirer cet air qu'on expirer les martyrs, marcher et sentir battre notre sang, alors que le leur s'est versé sur les terres, les sangs comme source pour d'éventuelles vies.

Leur dernière année à Poudlard s'était amorcée sous l'emblème du souvenir, souvenir des braves gens qui avaient péri pour leur cause, souvenir d'une peur dont ils étaient libérée, souvenir d'un combat qui les avait tous rapproché.

Océanne avait, grâce à l'intervention du Dr Enris, parvint à accepter, autant ce drame puisse s'accepter, le décès de son fœtus. Elle avait nagé en pleine misère pendant des semaines, refusant de reprendre contact avec la réalité, refusant de s'alimenter, refusant de goûter à nouveau à cette vie qui l'avait trahie.

Et puis il avait fallu du temps, le temps, malgré sa conception abstraite demeurait le seul remède prometteur. Et ce dit temps avait fait son œuvre, il avait pansé ses plaies, avait ressoudé son cœur, avait fait des méandres passé un phénomène peut-être quelque peu obscure, mais tellement plus supportable.

Et puis Harry. Malgré la laideur de la vie qu'il avait ravie, malgré sa putréfaction, malgré l'âme si mauvaise de l'homme qu'il avait défait, Harry avait pris du temps à vivre avec son crime. Tuer. Tuer même le plus sordide des criminels demeurait toujours un meurtre, demeurait toujours interdit dans sa tête. Mais encore une fois la patience et la conviction de Dr Enris étaient venues à bout de sa détresse et Harry s'était pardonné.

Pour Severus et Amélia, la chute du Seigneur des Ténèbres avait été l'ouverture vers un avenir prometteur, avait été la chance inespérée de vivre autrement que sous la protection de Dumbledore. Pour Severus c'était sa chance de recommencer vraiment sa vie, de ne plus sentir la dette qu'il avait, de repartir à neuf, d'être autre chose qu'un ancien mangemort, qu'un ancien espion…être enfin un homme.

L'euphorie de la chute de Voldemort avait flotté de nombreuses semaines, voire même de nombreux mois dans l'air. Le monde magique avait maintenant des ailes, le monde magique pouvait maintenant vivre en dépit de la peur, il pouvait vivre simplement. Les enfants pouvaient courir dans les ruelles, les sangs mêlés pouvaient s'afficher sans crainte, les enfants de parents moldus pouvaient relever la tête. Une page de l'histoire s'était tournée…et le plus heureux dans cette histoire c'était peut-être Harry. Après avoir été le Golden boy, le garçon-qui-a-survécu, l'enfant chéri, le jeune héro, il pouvait laisser tous ces titres encombrants au placard et espérer devenir Harry…oui…juste Harry. Bien évidemment on le louangeait encore, on l'admirait encore, on voulait à tout prix croiser son chemin, lui serrer la main, le prendre dans ses bras, lui avouer notre affection, mais Harry espérait que maintenant que sa tâche était terminée que l'attention du peuple allait décroître.

Harry était maintenant majeur. Combien de fois s'était-il promis que la journée de sa majorité il déménagerait, qu'il quitterait les Rogue, qu'il se prendrait un petit appartement à Pré-au-Lard, qu'il vivrait comme bon il l'entendrait. Et pourtant…il avait eu ses dix-sept ans depuis maintenant 6 semaines et jamais il n'avait eu l'envie de partir, en fait, seulement l'idée de quitter sa famille l'angoissait. Il voulait demeurer avec eux, il voulait profiter du bonheur enfin trouvé. Il ignorait encore si son père voulait le voir partir, si maintenant qu'il avait l'âge légal Severus préférait en être débarrassé et c'est angoissé de connaître la réponse qu'il évitait de la poser.

Vivre avec l'angoisse il connaissait, mais vivre avec la certitude que très bientôt il serait seul…c'était un concept trop douloureux pour qu'il ait seulement envie d'apprendre à le tolérer.

Il arpentait les couloirs de Poudlard, alors que la nuit couvrait de silence le château. Ses célèbres nuits d'insomnie l'assaillaient encore, avec cette fois un déterminisme nouveau. Il peinait à s'endormir avant les petites heures, il peinait à ne pas angoisser. Jadis, Voldemort avait été la raison principale pour expliquer ses heures sans dormir, maintenant c'était son avenir dans sa famille qui le rendait misérable.

Il errait depuis maintenant deux heures, sans savoir où se rendre, sans savoir quoi faire. S'il n'avait pas plu il serait allé à l'extérieur, il aurait trouvé une place près du lac et se serait laissé bercer par les vagues régulières. Mais ce soir, seul le bruit de ses pas réguliers pouvait lui offrir une certaine rédemption, bien que certainement faible.

Les couloirs s'additionnaient au fil du temps et Harry se surprenait à passer plusieurs fois devant les mêmes portraits. Il s'adossa finalement à un mur, quelque peu las de marcher et il s'assit sur le sol. Penser, ruminer. Il ne faisait que cela, empirant certainement les choses à force de les évaluer, de les mesurer.

- Tu sais, fit une voix à faire trembler, derrière lui, prendre appui sur ce mur, dans les couloirs déserts à une heure si avancée de la nuit ne fera pas avancer tes réflexions, Harry. Si cette technique avait été moindrement efficace, tu aurais trouvé une solution depuis le temps que tu l'utilises.

- Père ? Mais que faites-vous ici ?

- Je crois que la question devrait être inversée, Harry, fit Severus en s'installant, à la grande surprise de l'adolescent sur le sol à ses côtés.

- Vous voulez que j'aille à l'appartement, demanda tristement Harry ? Que j'y dorme pour les prochaines semaines ? Je sais que je ne devrais pas me trouver à l'extérieur de mon dortoir, passé le couvre-feu, mais…

- Harry, Harry, fit Severus en tentant de faire cesser le charabia alarmé. Je ne t'ai rien reproché, je ne t'ai pas enlevé de points ni même abordé avec un air contrarié. Je suis seulement inquiet, inquiet de toutes ces ballades nocturnes que tu fais, inquiet car tu ne trouves rarement le sommeil avant les petites heures du matin, inquiet car tu sembles t'enfermer dans un mutisme effrayant, inquiet car tu me sembles malheureux. Que se passe-t-il ?

Harry regarda intensément ses mains. Soudainement toutes ses inquiétudes semblaient injustifiées. Son père s'inquiétait pour lui, son père semblait vraiment l'aimer. Mais à quelque part, tapis tout au fond de son âme lancinait une menace désagréable.

Le silence se faisait de plus en plus lourd, de plus en plus oppressant. Penser à nos inquiétudes était une chose, les verbaliser en était une autre.

- Harry, fit Severus en constatant la difficulté qu'avait ce dernier à s'exprimer, peu importe ce qui te tracasse, je suis ouvert à t'entendre. Je ne suis pas ici, ce soir pour te réprimander, mais bien pour tenter de t'aider.

Harry prit une profonde respiration, ne sachant définitivement pas par où commencer.

- J'ai eu dix-sept ans, entama difficilement Harry….et en juin j'aurai terminé ma scolarité…et…

Il énonçait l'évidence, mais il ne pouvait s'empêcher de le faire.

- Devrais-je partir en appartement dès la fin des classes, lança-t-il rapidement, avec ce courage légendaire imputable à sa maison ?

Severus en demeura bouche-bée. Il ne s'était jamais attendu à une telle question, il n'avait jamais cru qu'une angoisse de cette nature avait pris vie en Harry. Pour lui c'était l'évidence même que Harry pourrait rester aussi longtemps qu'il le souhaiterait, pour lui le jeune Gryffondor était son fils et ce fils, comme tous ses autres enfants conserveraient leur place dans le nid familial aussi longtemps que nécessaire.

- Je sais, fit Harry rapidement pour parer au silence, je sais que je suis une bouche de plus à nourrir, mais je suis prêt à travailler et à payer une pension, je suis prêt à aider davantage mère, à vous aider aussi, mais je ne me vois pas partir de la maison, je ne me vois pas vivre seul…je vous aime, vous êtes ma famille…et si cela est possible j'aimerais pouvoir demeurer avec vous.

Et pour une des rares fois de sa vie, Severus sentit quelque chose d'étrange se produire. Comme si des barrières avaient cédées, comme si le dompté devenait indomptable, comme si la raison avait cédé sa place à la passion. Un bref instant j'en conviens…Une larme germa dans le creux de son œil, une larme maladroite, une larme désertique, une larme isolée, mais une larme qui exprimait tellement plus que toute autre larme, une larme recueillant les flots de détresse des années antérieures. Il ne la chassa pas, la laissant dériver, la laissant se perdre sur sa joue pour aboutir doucement sur le coin de ses lèvres et y terminer son chemin de croix.

- Tu peux rester aussi longtemps que tu le désire, Harry. Nous t'avons adopté, tu es notre fils, et non seulement jusqu'à ta majorité, mais jusqu'à ta mort, tu seras toujours un des nôtres, tu feras toujours partit de cette famille. Tu n'as pas à payer ta place auprès de nous. Amélia et moi n'avons jamais songé à te faire payer de pension, nous n'avons jamais songé à te faire partir et pour être franc nous appréhendions ton départ. J'ignore où tu vas chercher des idées aussi rocambolesques Harry, mais tu fais partit de notre famille. Nous étions ta nouvelle famille, nous t'avons créé de nouvelles peurs, mais avec le temps nous avons…j'ai appris beaucoup et cette nouvelle famille Harry, elle restera à jamais tienne.

Harry se jeta dans les bras de son père, conscient qu'il était enfantin, conscient que ce n'était pas un comportement adéquat, mais il en avait cure, il voulait simplement un câlin, il voulait simplement se sentir vivre, sentir la tension le quitter, le stress des dernières semaines s'évacuer. Harry Potter avait besoin de ce câlin.

Malgré son âge, malgré son statut de héro, d'homme qui pouvait tout vaincre, il demeurait un jeune homme fragile, un jeune homme en manque d'amour, un jeune homme qui courrait, semble-t-il, toujours après cette indomptable passion.

- Je ne sais pas où t'es venue cette idée que tu devrais quitter la maison, Harry, je ne sais pas quels procédés cognitifs tu as bien pu élaborer, mais je t'assure que tant et aussi longtemps que tu le voudras, nous serons heureux de te conserver parmi nous. Maintenant, il faudrait que tu songes à aller te mettre au lit, à en juger par ces cernes qui se sont dessinés sous tes yeux, je dirais que tu n'as pas eu de nuits de sommeil adéquates depuis longtemps. Demain je ne veux pas te voir debout avant midi, même si c'est un jour d'école, même si tu me dis que tu as bien des choses à faire, je veux que tu dormes.

- Je vais aller dormir à l'appartement alors, fit Harry, autrement je ne pourrai jamais dormir demain.

Il se sentait si bien, il croyait même rêver. Non seulement ses incertitudes venaient-elles de tomber, mais en plus on se préoccupait de sa santé. Cela semblait si simple, ceci aurait pu même paraître la moindre des choses à bien des enfants sur la Terre, mais quand on avait été dérivé, quand on avait souffert, quand on avait manqué de tout, juste cela, simplement cela faisait en sorte que nous sentions notre cœur vouloir éclater de joie.

Ils entrèrent ensembles à l'appartement, faisant le moins de bruit possible, pour finalement se mettre au lit et sombrer, tous les deux le cœur maintenant léger, vers de méandres qui n'auraient rien d'insécures.

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Antoine avait certainement grandi, il avait certainement vieilli, âgé de quinze ans il voulait vivre davantage. Depuis plusieurs mois tout lui semblait superflu. Sa famille, les règles, les devoirs, l'école…tout. Seuls ses amis demeuraient quelque peu importants, bien qu'il en avait délaissé plusieurs, ne possédant plus de sentiment d'appartenance envers eux.

Ce n'est pas qu'il ne voulait pas d'amis, c'est qu'ils ne partageaient plus les mêmes passions. Ses amis continuaient à n'exister que pour étudier, lui il voulait sortir, il voulait s'amuser, il voulait peut-être commencer à vivre.

La sortie à Pré-aulard survint enfin et pour Antoine c'était une journée pratiquement sacrée, une journée qui marquerait un trait définitif entre l'adolescent soumis et craintif qu'il était et le jeune homme maintenant libéré. Il partit enfin, les poches lourdes de son argent de poche, cet argent qu'il avait économisé depuis des lunes, lui semblait-il.

Et lorsqu'il revint au château ce soir-là, les poches légères, il aurait été ardu de le reconnaître. Ses cheveux jadis bruns avaient maintenant une teinte noire de jais, des lignes également noire parcouraient le contour de ses yeux pour se perdre quelque part sur ses joues. Ses ongles également peint en noir concurrençaient, bien que faiblement avec toute l'attirail noir qu'il portait.

Antoine avait également opté pour quelques perçages qui laissaient son oreille gauche, ses sourcils et sa lèvre quelque peu douloureuse. Il avait eu un mal fou à se faire percer, la femme responsable de l'établissement demandait une autorisation parentale pour toute personne n'ayant pas encore seize ans. Antoine avait dû user de toutes ses qualités Serpentardes pour lui faire comprendre qu'il avait quine ans que pour quelques temps encore et que ses parents ne diraient rien de toute manière. Il savait que ses parents, son père en particulier feraient sans aucun doute une crise de nerfs en voyant cela, mais la femme n'avait pas besoin de connaître sa vie dans les moindres détails.

Il n'avait pas voulu prouver quelque chose, il n'avait pas voulu s'ancrer dans un mouvement gothique, comme le font certains moldus, il avait seulement voulu adopter un nouveau genre, il avait voulu se démarquer de sa famille, exister en dehors de l'image que son père lui avait fait véhiculer. Il n'était pas une nouvelle personne, il demeurait Antoine Severus Snape, il demeurait un Serpentard, il demeurait un adolescent de quinze ans, un étudiant de cinquième année, il demeurait qui il était, seulement il changeait son apparence pour s'afficher comme il se voyait…comme il se ressentait.

Antoine savait qu'il s'enlignait pour des représailles, mais tout cela lui semblait bien dérisoire. Que représentaient quelques heures à récurer de vieux chaudrons encrassés s'il pouvait maintenant exister à juste titre ?

Il n'était pas malheureux, loin de là, il pouvait même croire qu'il était le plus heureux des adolescents, la pénombre de ses habits ne définissait pas sa vie, son âme.

- ANTOINE, hurla Océanne en le reconnaissant parmi les étudiants qui revenaient de Pré-au-Lard ! Mais qu'as-tu fait ? Tu vas pas bien ? Père va tout simplement d'éviscérer pour t'ajouter à certaines potions !

- Ta manie à toujours prévoir le pire est certainement embêtante Océanne, fit nonchalamment le concerné. Le meurtre étant répréhensible par la loi, père ne me tuera pas, pas plus qu'il ne m'ajoutera à d'éventuelles potions. Allez, reviens-en, ce ne sont que des vêtements !

- Je ne parlais pas des vêtements, fit-elle un sourire tout de même aux lèvres, mais des perçages que tu as un peu partout…

- Espèce de rabat-joie, dit-il en lui décrochant un léger coup de coude dans les côtes. Ils ne seront pas ravis, c'est certain, mais ils s'y feront.

- Remarque, finit-elle par admettre, c'est vraiment chouette.

Ils marchèrent ensembles quelques minutes avant que Harry, Hermione et Ron les rejoignent. Le visage des trois Gryffondor en disait long sur leur étonnement.

- Antoine, entama Harry…tu…enfin…tu es certain de ce que tu viens de faire ?

- Et on dit que le courage est un concept de votre maison, fit mine de s'offenser le concerné.

Un silence s'installa, l'instant de quelques secondes.

- Écoutez, je sais ce qui m'attend, je sais qu'ILS ne seront pas très enchantés, mais je trouve que peu importe ce qu'ils diront ou feront rien ne pourra remplacer mon bien-être présentement. Je me sens moi-même, je me sens bien.

Ils l'écoutèrent parler et ils hochèrent finalement la tête. L'idée d'Antoine bien que radicale était intéressante.

Les Gryffondor retournèrent à leur Tour, leur discussion axée autour de ce que venait de faire Antoine. Ce dernier suivit d'Océanne rejoignirent leur dortoir, une certaine anxiété naissante comme bagage. Les étudiants de toutes les maisons se retournaient à leur passage, admirant parfois, méprisant à d'autres moments. Antoine continua de marcher la tête haute, il ne ressentait aucune honte à s'afficher tel qu'il se sentait.

L'heure du souper arriva à grand pas et Antoine savait qu'il devait au moins retirer le maquillage qui recouvrait ses yeux. Ses ongles pouvaient encore passer, mais il se trouvait dans un collège, dans une institution scolaire, certaine règles demeuraient indiscutables.

Antoine sentait l'anxiété le gagner. Oui il était certain de ses décisions, toutefois il ignorait à quoi s'en tenir. Depuis toujours il n'avait fait qu'obéir, il avait été le précieux enfant que tout parent rêverait, il ne s'était permis d'être soi-même et ce jour-là, pour la première fois il osait sortir des sentiers, il osait défier l'autorité.

Il entra finalement dans la Grande Salle, le cœur voulant lui exploser, sa cage thoracique sautant à un rythme démentiel. Il remarqua le silence qui pesait sur la Salle, un silence qu'il avait provoqué, un silence qui devenait embêtant, gênant.

Il se dirigea vers la table de sa maison, prenant sa place habituelle, sentant toutes ses certitudes l'abandonner. Il s'installa près de sa sœur, se refusant toujours de porter son regard à la Grande Table, ne sachant pas comment réagir à ce qu'il y verrait, ne sachant pas de toute manière ce qu'il y trouverait.

- Ça ressemble à quoi, demanda-t-il enfin à sa sœur ? Ils ont l'air près à commettre un infanticide ?

- Sans vouloir te contrarier Antoine, un infanticide est le meurtre par la mère de son nouveau-né, tu ne peux être considéré tel quel depuis plus de 15 ans…au mieux ce serait un filicide…

- Cesse de déblatérer…Océanne, comment ont-ils l'air de prendre la chose ?

- Il me semble que tu étais davantage confiant tout à l'heure, le nargua-t-elle.

Le regard qu'il lui lança la fit cesser toute plaisanterie.

- Mère semble prête à t'accrocher à la plus haute tour d'astronomie…Père semble beaucoup trop calme. Je te plaindrais presque si tu n'avais pas été si idiot. Vraiment un Poufsouffle aurait fait quelque chose dans ce genre, mais toi, tu aurais dû anticiper ce type de réaction. Tu aurais au moins dû tenté d'avoir leur permission.

- Ils n'auraient jamais accepté !

- Et bien tu as ta réponse maintenant ! Paies-en le prix !

Océanne n'était guère en colère contre son frère, pour tout dire elle s'amusait follement. Il était certainement distrayant de le voir se dépêtrer des troubles dans lesquels ils s'étaient emmêler. Cet enfant parfait n'avait jamais eu à vivre toutes les angoisses qu'elle elle avait dû affronter. Elle n'en était pas jalouse, elle adorait son frère, mais elle trouvait la situation passablement amusante.

- Ça te dirait d'au moins feindre d'être concernée, demanda brusquement Antoine ?

- Ça pourrait toujours s'arranger, fit-elle un sourire moqueur aux lèvres.

À la table des professeurs, un couple certainement enragé tentait de ne rien laisser paraître de leurs émotions. Ils préféraient ne pas faire l'étalage de leurs conflits familiaux devant les élèves et les enseignants, jugeant que certaines choses méritaient de se passer en privée.

Amélia ne savait pas ce qui avait bien pu se passer dans la tête de son fils, ce fils si calme, si obéissant, si craintif. Elle comprenait qu'il n'aurait pas toujours pu rester le même garçon si réservé, que l'adolescence laisserait ses traces tôt ou tard et qu'il tenterait de se rebeller, mais jamais avait-elle envisagé une manière si radicale. Elle savait également que de grands et pénibles sermons ne seraient pas nécessaires, la peur qu'il vivait présentement, puisqu'il s'était rarement retrouvé dans une telle situation devait être suffisante pour le convaincre de la stupidité de ses gestes.

Severus quand à lui espérait qu'une seule chose : que ce repas se termine, qu'il puisse remonter à son laboratoire et s'y enfermer un siècle ou deux. Il devait se calmer, il devait raisonner calmement et surtout parler seul à seul avec son épouse avant de s'entretenir avec son fils. Cet enfant ne lui avait jamais causé d'ennui, pourquoi devait-il commencer maintenant ?

Antoine toucha à peine à son repas, se sentant idiot d'être si faible. Il avait voulu ces changements, il les avait intrinsèquement tant désirés et maintenant au moindre signe d'ennui il commençait à douter de lui-même. Il se morigéna longuement. Ses parents avaient tort d'être contrarié. Il avait quinze ans après tout, il était suffisamment vieux pour se vêtir comme il l'entendait. Plus il y songeait, plus il en venait à la conclusion que ses parents avaient tort et que lui il avait raison. Avait-on idée d'avoir des parents aussi vieux jeu ?

Il sortit rapidement de table, suivit de sa sœur et ensembles ils retournèrent à leur Salle Commune. Harry les regarda quitter avant de perdre le peu d'appétit qu'il avait et d'annoncer à ses camarades qu'il allait les rejoindre.

- Où allez-vous ainsi, demanda-t-il en les rattrapant enfin ?

- À notre Salle Commune, répondit Océanne, nous n'avions plus réellement faim.

- Et si nous nous rendions à l'appartement, proposa Harry ?

- Tu es tombé sur la tête, fit Antoine ? Je ne vais certainement pas aller les attendre et leur dire combien je suis désolé ! Je ne le suis pas !

- Je ne proposais pas cela, dit Harry, mais les éviter ne règlera rien, tu devrais régler les conflits dès qu'ils se créent, j'ai eu suffisamment d'expériences pour apprendre que c'était la meilleure chose à faire. Peut-être ne réussirez-vous pas à vous entendre sur le même point, mais au moins vous ne laisserez pas la colère s'amplifier au cours de la nuit.

Antoine hocha lentement la tête, tout ceci se tenait. Ensembles, ils se dirigèrent vers l'appartement, optant finalement pour la chambre d'Harry. Ils pourraient y parler de choses en d'autres en attendant que leurs parents décident d'intervenir. La tension diminua faiblement, il fallait en convenir, mais tout de même.

Amélia et Severus avaient regardé leurs trois aînés se lever de table, ils les avaient regardé sortir de la Grande Salle, mais aucun d'eux n'avaient réagis. Ils retournèrent à l'appartement, suivi d'un joyeux trio qui semblait bien décidé à faire le plus de plaisanteries que possibles. Les triplés marchaient à leur côté, faisant rire certains, en surprenant d'autres. Une chose était certaine, ils allégeaient grandement l'ambiance.

C'est ainsi qu'ils retournèrent à l'appartement, terminant le chemin en tenant les enfants dans leurs bras, des enfants épuisés, des enfants qui malgré une certaine réticence ne rêvait qu'à aller se coucher.

Severus se dirigea vers son laboratoire privé, promettant de rentrer rapidement à l'appartement, pendant qu'Amélia se rendait vers la salle de bain, pour y laver trois enfants, pour finalement aller les border dans leur chambre.

Quelques coups frappés à la porte de son laboratoire firent sursauter Severus. Il regarda l'heure et constata qu'il avait travaillé plus longtemps que prévu. Il ouvrit la porte d'un coup de baguette distrait, commençant à ramasser son plan de travail. Amélia se tenait, adossée sur la porte qu'elle avait refermée derrière elle. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle était préoccupée, qu'elle ne faisait que penser.

- Que devons-nous faire, finit-elle par dire en soupirant péniblement ?

Severus demeura muet, ne sachant pas quoi répondre, ne sachant même pas ce qu'il en pensait. La situation était presque risible, vraiment s'il n'y avait pas eu tous les élèves assemblés il aurait eu un soupçon d'un sourire. Un sourire pour souligner le contraste, mais en dépit de ce contraste, il n'était guère amusé. Comment un enfant de quinze ans était parvenu à se faire percer la peau ? Antoine avait dépassé les limites, il avait agis idiotement, il avait peut-être voulu se faire justice, se sentir vivant ou quoi encore ? Mais il s'y était pris d'une manière inacceptable. Toutefois, Severus ne savait pas comment réagir.

- Severus, continua Amélia en s'approchant de son époux pensif. On fait quoi ?

- Je l'ignore Amélia, je l'ignore tout simplement. Antoine a agit avec l'intelligence d'un Poufsouffle. Il ne nous a pas demandé d'autorisation, car il savait pertinemment que nous ne la lui donnerions jamais. Ses vêtements ne sont pas inacceptables, ses cheveux teints peuvent encore passer, mais tous ces perçages …

- Et si nous le retirions la prochaine sortie à Pré-au-Lard, proposa Amélia ?

Il hocha lentement la tête, cherchant si la peine semblait équitable.

- Je lui retirerais également son argent de poche pour un mois, ajouta Amélia au bout de quelques moments, je ne crois pas qu'il sache en faire bon usage.

Severus la regarda quelques instants sans broncher. Si la situation ne tenait que de lui, Antoine aurait été en retenue jusqu'à sa majorité, mais il devait bien s'admettre que c'était d'un extrémisme désolant.

- En fait, continue Amélia, peut-être devrions-nous lui laisser ses sorties à Pré-au-lard.

- D'accord, concéda-t-il enfin. Je lui ferai également retirer ses perçages. Et moi qui croyais que nous en avions terminé avec ces crises identitaires, maintenant qu'Océanne et Harry étaient plus vieux. Je ne m'attendais pas à un retournement de situation avec Antoine.

Ils s'enlacèrent en soupirant fortement, auraient-ils un peu de répit ?

- Donnons-lui la nuit pour réfléchir, termina Amélia, je ne me sens pas d'humeur pour discuter présentement.

Ils retournèrent ensembles à l'appartement, se dirigeant vers leur chambre et refermant la porte rapidement derrière eux. Ils ne désiraient pas entamer de discussion ce soir, ne voulaient pas entendre des lamentations, pas plus qu'ils n'espéraient pouvoir se justifier.

Les adolescents qui étaient certainement à cran depuis leur arrivée dans l'appartement ne comprenaient pas ce qui se déroulait sous leurs yeux. Ils s'étaient attendus à une pluie de réprimandes, à ce qu'un orage éclate et pourtant tout semblait bien calme, encore une fois…trop calme.

- C'est un mauvais signe, n'est-ce pas, demanda Antoine….

Devant le silence d'Océanne et Harry il s'empressa de s'exprimer plus clairement.

- Je veux dire, ce silence, c'est mauvais signe. Vous avez eu un nombre d'ennuis incroyables, vous avez fait face à une telle situation un nombre incalculable de fois, vous devez sans doute savoir ce qui se passe. Le fait qu'ils ne soient pas venus me parler, n'est-ce pas le signe qui devrait me faire augurer le pire ?

- Honnêtement, fit Harry ? Je ne crois pas. Ils doivent être trop en colère pour te parler maintenant. Alors ils préfèrent attendre à demain, tu bénéficies ainsi d'un sursit, tu auras la chance de les affronter alors qu'ils se seront calmés, que la poussière aura retombée. Vraiment, crois-moi, j'aurais bien voulu avoir ces quelques heures de plus lorsque je me mettais dans le trouble.

- Mais je ne dormirai pas de la nuit, je vais angoisser et…

- Mais eux ils dormiront, fit Océanne, vraiment crois-nous, c'est vraiment mieux ainsi. Et puis Antoine, ais le courage de tes actes. Mis à part les perçages, ils ne t'en voudront pas…trop, termina-t-elle avec un petit sourire moqueur.

- Très sécurisant tout cela, dit finalement Antoine. Et pour être franc, je ne regrette rien. Peut-être aurais-je dû leur demander la permission, peut-être aurais-je dû attendre l'âge règlementaire pour les perçages, mais je ne l'ai pas fait parce qu'attendre était trop long. Ils sont si contrôlant, si sévères…

- Ils ne sont pas contrôlant ou sévères, le corrigea Océanne. Tu n'as rien vécu de ce qui se passait avant, tu ne sais pas comment les moindres fautes ou les plus grandes bêtises étaient châtiées. Tu ne sais pas, alors tu ne peux pas comparer. Mais moi je sais et je t'assure que la version qui s'offre à toi aujourd'hui est vraiment très peu menaçante, vraiment pas sévère du tout. Et puis à quelque part ce sont tes parents, ils doivent agir comme ils le feront demain, ils le doivent, ça doit être inscrit dans le code d'honneur des bons parents !

- Un code d'honneur existe, s'enquit Antoine ?

- Je ne crois pas, avoua-t-elle, un sourire espiègle aux lèvres. Mais j'aime bien prétendre que tel est le cas. À voir tous les parents qui réagissent aux mêmes choses avec une intensité relativement similaire, j'en viens à croire qu'il existe un consensus secret.

- Et tout cela à jeun, approuva Harry, imagine les âneries qu'elle peut sortir avec quelques petits verres d'alcool dans le corps !

Antoine s'écroula de rire alors qu'Harry se contentait de sourire, largement.

- C'est ça, moquez-vous, fit Océanne en feignant d'être insultée. Sans farce, les gars, je vais aller me coucher. Demain c'est dimanche et j'ai bien l'intention d'en profiter pour rattraper l'affreux retard que j'ai accumulé dans mes devoirs.

- Toi, Océanne, tu vas étudier, s'étonna Harry ?

- Cesse de faire l'idiot, dit-elle en lui balançant un oreiller au visage. Père et mère m'ont promis une double prime sur mon argent de poche pendant un mois si j'obtenais au moins quatre « E » au prochain relevé de note. Il va sans dire que la proposition est intéressante.

- Heille ! Mais elle est où la justice, fit Harry faussement ? Et si j'obtenais des « O », j'aurais droit à cette fameuse prime ?

- En fait, il faut dire que j'ai à peine obtenu la note de passage au dernier relevé. Et bien, bonne nuit. Antoine tu rentres au dortoir ?

- Oui, je vais aller y dormir, j'y serai plus tranquille. Tu fais quoi Harry ?

- Je vais rester ici, termina Harry, je n'ai pas la force de marcher jusqu'à ma tour. Au revoir !

Antoine et Océanne partirent vers leur dortoir en silence. Ils n'avaient même pas encore passé la porte de l'appartement que déjà Harry s'était endormi, encore habillé de ses vêtements de la journée, ses chaussures encore dans ses pieds.

Il y a des matins qu'on ne voudrait jamais voir arriver, il y en a d'autres que nous attendons avec une impatience certaine les premières prémisses de la journée. Antoine allait opter pour le premier énoncé. Il se leva, trouvant que la nuit avait trop rapidement filé. Il se vêtit, se couvrant en noir, hésitant quelque peu, se demandant si cela serait considéré comme un affront et puis il décida de se vêtir comme il l'entendait. Il n'allait pas reculer, il n'allait pas plier. Il avait opté pour cette tenue, il avait décidé de changer, il devait assumer ses décisions.

Les perçages étaient très douloureux, il se devait d'aller les désinfecter. Heureusement un sortilège fort simple existait et il pouvait le répéter jusqu'à six fois par jour.

Antoine sortit de son dortoir et retrouva sa sœur dans leur Salle Commune.

- Ha tu es là, dit-elle avec un sourire encore quelque peu endormi, je t'attendais pour aller déjeuner.

- Je n'ai pas vraiment faim, avoua-t-il.

- N'informe pas père de cela, autrement il te sortira ses phrases classiques. Tu sais : La culpabilité coupe l'appétit, les cas de consciences douloureuses… etc, etc. Et puis, relaxe Antoine, ils ne te feront rien d'effrayant.

À ce moment, Severus entra dans la Salle Commune des Serpentard, y trouvant quelques étudiants déjà éveillés, dont ses enfants.

- Antoine, fit-il en arrivant près d'eux, suis-moi. Ta mère et moi voulons te parler avant le déjeuner.

Antoine n'osa guère le regarder directement dans les yeux. Il le suivit, regardant par-dessus son épaule sa sœur qui lui souhaitait discrètement bonne chance.

Severus fit asseoir son fils à une chaise derrière son bureau et s'installa sur sa propre chaise alors qu'Amélia arrivait finalement. Elle prit place à côté de son époux, demeurant debout. Elle déposa ses mains sur les épaules de Severus, espérant le calmer quelque peu. La nuit avait fait son effet, mais il demeurait encore tendu.

- Antoine, entama finalement Severus, peux-tu nous expliquer ce qui a bien pu te passer par la tête ?

- Je…

Non il ne pouvait pas l'expliquer, non il savait pas pourquoi et non il ne le regrettait pas. Severus soupira, se passa une main sur le visage avant de poursuivre.

- S'il est vrai que tu peux décider quelle sorte de vêtement porter, s'il est vrai qu'une teinture noire est acceptable, le perçage demeure, et tu le sais, interdit. Tu peux porter tes vêtements les fins de semaine et après les heures de classes, le port de l'uniforme étant obligatoire. Tu peux conserver cette couleur de cheveux et même la renouveler lorsqu'elle sera défraîchie. Par contre si tu nous avais demandé, nous n'aurions jamais accepté tous ces…trous.

- Mais père, plein de gens en ont…

- Tu n'as pas l'âge Antoine, je ne sais pas comment tu as pu te faire percer en dépit de ton âge et je rendrai une visite à ce marchand pour avoir une petite discussion.

- Il ne voulait pas le faire, tenta Antoine, mais je l'ai tellement harcelé qu'il a fini par accepté.

Severus et Amélia se regardèrent quelques instants et c'est à ce moment qu'Antoine réalisa qu'il n'aurait pas dû parler.

- Ta mère et moi avons décidé, dit finalement Severus, que tu n'aurais pas d'argent de poche pour un mois. Cet argent étant utilisé à mauvais escient. De plus, tu devras retirer tous ces…ornements. Si tu nous l'avais demandé, nous t'aurions permis de te faire percer l'oreille. Alors tu pourras conserver un pendentif à l'oreille, tous les autres devront être retirés.

- Je ne peux pas les retirer maintenant, se plaignit Antoine, il y a encore trop d'infection, j'aurai trop mal.

- Je ne crois pas que c'était une option Antoine, fit Severus. Tu les enlèves maintenant. Tu n'auras qu'à réfléchir la prochaine fois. Tu te feras percer la peau ainsi lorsque tu seras majeur et que tu auras quitté Poudlard. Si tu avais bien lu les règlements de l'école tu aurais constaté que c'était interdit.

Antoine leur en voulait de ne jamais comprendre. Il était persuadé qu'il était le seul adolescent de Poudlard à avoir des parents aussi vieux jeu.

Il retira péniblement les anneaux qu'il avait à la lèvre et au sourcil, de même que tous les anneaux de trop à son oreille. Il leur en voulait de ne pas comprendre, il leur en voulait d'être si coincé.

Il déposa lourdement les ornements sur le bureau de son père avant de fixer ses parents d'un œil mauvais.

- Je peux partir maintenant, demanda-t-il brusquement ?

- Antoine, fit Amélia, nous comprenons ce que tu as voulu faire, nous acceptons que tu puisses vouloir changer, mais certains de ces changements ne peuvent avoir leur place dans un collège comme celui-ci, sans compter les risques reliés au port de perçage.

- Tout ce qui vous intéresse c'est l'image que nous allons projeter. Ça serait mauvais pour votre image que le fils du maître de potions me ressemble !

- Ne dis pas de bêtises Antoine. Nous ne sommes pas intransigeants avec toi. Tu dois simplement respecter les règles de l'établissement scolaire que tu fréquentes, dit Amélia d'un ton d'avertissement.

- C'est bon j'ai compris. Je peux partir ?

Il leur en voulait incroyablement, ses parents étaient trop vieux pour comprendre. Il ne savait pas pourquoi, mais depuis quelques temps tout ce qu'ils disaient l'énervait.

Il sortit du bureau, laissant ses ornements à ses parents et se dirigea vers sa salle commune. Il n'avait pas envie de voir quiconque. Il n'en avait rien à faire de l'argent de poche, il avait sa propre source de revenue. Depuis quelques mois, il avait instauré un système lui permettant de ramasser de l'argent. Il proposait ses services pour faire les devoir ou bien donner des explications complètes à des élèves en échange de quoi ces dits élèves le payaient et conservaient le silence. Son entreprise était fructueuse et assuré de succès. En effet pour ne pas se faire démasquer, Antoine se fiait aux devoirs que les élèves avaient fait dans le passé pour reproduire des travaux de la même qualité. Il allait même jusqu'à reproduire les fautes les plus communes de même que l'écriture. Les élèves qui demandaient son aide s'assuraient d'avoir la note de passage, au minimum, mais Antoine ne leur faisait jamais obtenir davantage que ce qu'ils avaient eu dans le passé. Même l'enseignant le plus bête aurait eu des soupçons si un être comme Crabbe avait soudainement eu des «O» dans toutes ses matières. Et ils étaient nombreux à seulement vouloir se libérer de leurs devoirs, même si la note qu'ils auraient ne serait pas merveilleuse.

Antoine travailla pendant quelques heures sur les devoirs qu'il devait produire pour certains élèves avant de commencer les siens. Les heures s'enchaînèrent sans qu'il ne les voit passer, sans qu'il n'ait envie de manger. Mais heureusement travailler le calma et c'est avec l'esprit beaucoup moins embrouillé qu'il se rendit dans la Grande Salle pour souper.

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Et un jour à la fois, une saison après l'autre, le temps s'écoula, laissant derrière lui beaucoup plus de sourire sur les visages de cette famille. Et lorsque juin arriva, Hermione parlait de ses amours avec Ron qui en étaient encore qu'à leur début, ce dernier avait décidé que devenir Auror serait merveilleux et Océanne semblait décidé à poursuivre ses études en médicomagie. Antoine, pour sa part vivait son adolescence pleinement, considérant ses parents toujours trop ceci, ou pas assez cela, ne réalisant pas encore que c'est avec amour qu'il aurait aimé les regarder, mais que son entêtement du moment l'en empêchait. Severus et Amélia savaient pertinemment que tout ceci ne durerait qu'un certain temps.

Les triplés avaient largement grandit et du haut de leur quatre ans ils en avaient pas fini avec les bêtises. Quand ils ne viraient pas leur chambre sans dessus-dessous, ils se perdaient dans des excursions interdites, se blessaient en montant sur des chaises, tentaient de voler en sautant des meubles et ainsi de suite. Mais avant tout ils étaient des enfants merveilleux et il ne se passait pas un jour sans que leurs parents se comptent chanceux de les avoir.

Harry pour sa part…Harry avec son entraînement aurait pu faire tous les métiers qu'il désirait, il aurait même pu, éventuellement, devenir ministre de la magie, mais c'est avec une certaine inquiétude qu'il cherchait encore quoi faire. Le métier d'Auror ne lui disait rien d'intéressant, traquer des gens se prenant pour Voldemort ne lui semblait être qu'une réplique ennuyeuse de ce qu'avait été sa vie depuis ses onze ans. Et c'est incertain encore qu'il songeait à peut-être accepter le poste de professeur Défense Contre les Forces du Mal. Et entre temps, il songerait que la jolie demoiselle qui avait été sa compagne pour sa graduation…cette jeune femme qu'il n'avait jamais vu, cette Serdaigle aux yeux pers, cette beauté qui ne voyait en lui que l'homme…et non le Survivant…il songerait que cette jolie demoiselle, donc, faisait battre son cœur de plus en plus fort.

- Harry, fit Mathilde, alors qu'il la bordait en cette soirée de fin juin, ze t'aime.

Et c'est tout ce dont il avait besoin, ce qu'il avait toujours désiré…être aimé.