Disclaimer : les personnages n'appartiennent ni à l'auteur, ni à moi. L'histoire est l'oeuvre de Mouseisi, qui revendique cependant les habitudes alimentaires de Carl et espère bien s'approprier Dracula un de ces jours... Bref, je ne suis que l'humble traductrice et rien n'est à moi !

Réponses aux reviews :

Selphie6 : voilà la suite tant attendue… Et la fin de cette histoire… Snif !

Jackman 4ever : merci ! Je suis vraiment désolée, mais je n'aurais sans doute pas le temps de lire ta fic avant fin janvier, quand j'aurais enfin une semaine de vacances (bien méritées, soit dit en passant) Avec les partiels qui approchent à grands pas, je n'ai vraiment plus une minute à moi… Encore désolée… Je me rattraperai prochainement !

Shina : merci ! J'espère que tu auras moins de mal à accéder à cet ultime chapitre… Toutes les réponses ci-dessus !

Merci à tous les lecteurs et/ou revieweurs fidèles et sympathiques ! Je transmettrais vos réactions à l'auteur dès que possible. Si vous connaissez d'autres fics en attente de traduction, vous savez où me trouver…

L'aimer ne peut être vrai : chapitre 17

Je me souviens de votre visage

Dracula regardait Anna. Au moins, ils parlaient ensemble. Ou, plus exactement, ils hurlaient…

Elle retourna s'asseoir et s'éloigna de lui. Il n'aurait su dire combien de temps il était resté là, ou pendant combien de temps le silence s'était poursuivi, mais il lui sembla que cela avait duré une éternité.

Le silence paraissait résonner à ses oreilles.

Anna était assise et regardait le ciel nocturne. Des hiboux y volaient et semblaient vouloir l'inviter à se joindre à eux. Maintenant qu'elle était un vampire, tout lui apparaissait sous un jour différent. Les étoiles remplaçaient la lumière du soleil, montraient le chemin. La lune surveillait la nuit et les ténèbres permettaient aux démons de se cacher des regards indiscrets. Cela avait toujours été ainsi, mais elle n'en avait pris conscience qu'en entrant dans l'univers des ténèbres et des démons.

- Anna, je…

Il s'arrêta, ne sachant pas exactement ce qu'il allait dire.

- Vous quoi ? Vous êtes désolé ? Vous ne le referez plus jamais ? Vous ne laisserez personne me faire du mal ? Vous quoi ? Parce que si c'est ça, je ne veux même pas en entendre parler. J'ai déjà trop entendu cette rengaine ! lança-t-elle.

Pour la première fois de sa vie, Dracula resta muet.

- Et maintenant… Qui va ranger tout ça ? demanda-t-il en riant. La vue de tout ce désordre me rend malade…

Anna sourit inconsciemment. Elle se leva et lui fit face, les mains sur les hanches

- Certainement pas moi ! dit-elle. J'en ai déjà bien assez fait !

Elle le regarda en haussant un sourcil.

- Oh…fit Dracula avec un sourire en coin. J'imagine que vous trouveriez amusant de me voir à quatre pattes par terre pour faire le ménage, n'est-ce pas ?

- Oui, ça ma plairait, répondit Anna.

Elle rit à cette idée.

- Et je suppose que vous voudriez que je me mette à genoux devant vous et que j'implore votre pardon ? demanda-t-il.

- Quelle charmante perspective… répondit-elle en souriant.

Dracula la regarda et comprit que s'il ne devait faire ce genre de choses qu'une seule fois dans sa vie, c'était maintenant, et pour elle.

Alors, il s'agenouilla devant elle et prit le bas de sa cape dans ses mains. Puis il leva les yeux vers elle, avec une expression de chiot battu.

- Je vous en prie… Je vous en supplie… Pardonnez-moi… Je vous en prie, Maître…

Il lui fit son sourire le plus charmeur. Anna sourit à son tour. IL souleva un peu sa cape, puis de plus en plus haut. Anna rit en comprenant ce qu'il essayait de faire et recula, faisant mie de s'éloigner de lui. Mais elle trébucha et tomba sur le sol. Il la rattrapa, la serra contre lui et ils se réconcilièrent dans les bras l'un de l'autre.


- Je dois aller voir Van Helsing, dit Anna la nuit suivante, lorsqu'ils quittèrent leur cercueil.

- Alors je vous accompagne, répondit Dracula.

Elle le regarda avec surprise.

- Vous feriez cela pour moi ?

Il hocha la tête.

Ils sellèrent deux chevaux, mirent leurs capes et galopèrent jusqu'à la petite maison.

Une fois arrivée, Anna frappa à la porte. Carl répondit :

- Oh Anna ! Qu'est-ce que…

Il s'interrompit en voyant Dracula. Il commença à chanceler et tomba évanoui dans les bras du vampire, qui lança à Anna un regard de détresse. Mais elle feignit de ne pas le voir et entra dans la maison. Gabriel était assis et lisait.

- Gabriel… appela Anna en souriant.

Il se leva d'un bond et regarda d'où provenait la voix. Lorsqu'il vit Anna, il s'avança vers elle et la prit dans ses bras. Puis il vit Dracula, soutenant un Carl inconscient. Il soupira et s'empara du corps de son compagnon. Il le plaça sur une banquette et lui mit un petit pain sous le nez. Carl se réveilla aussitôt et se saisit du petit pain, d'un air de grande convoitise.

- Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? finit par demander Gabriel en marchant vers l'invité non désiré.

- Eh bien… débuta Anna.

Mai sils ne la laissèrent pas poursuivre et commencèrent à se quereller. Anna s'assit et soupira, regardant les deux hommes s'insulter devant elle, comme des enfants.

- J'aurais mieux fait de ne pas venir ! siffla Dracula. J'adore ce que vous avez fait de cet endroit ! Des toiles d'araignée et une odeur de renfermé, c'est splendide !

- Vous pouvez parler ! Votre grandeur réside dans un palais. Et sur quoi ? Un trône doré ? railla Gabriel.

- Je parie que les lits ne sont faits que d'un paquet de foin par terre ? répliqua Dracula.

- Ca vaut mieux que votre décoration d'intérieur : des fœtus qui pendent au plafond ! dit Gabriel en riant amèrement.

Dracula se rua sur lui et le plaqua contre un mur, tous crocs dehors.

- Oseriez-vous vous moquer de moi ? siffla-t-il.

Carl et Anna sautèrent sur les pieds et essayèrent de les séparer. Gabriel repoussa violemment son assaillant et ils commencèrent à se tourner autour comme des rapaces, avant de se jeter l'un sur l'autre.

- Oh non… murmura Carl. Ils vont s'entretuer !

- Mais Gabriel ne peut pas tuer Dracula, n'est-ce pas ?

La voix d'Anna se fit de plus en plus inquiète.

- Eh bien, en fait, il pourrait. Il y a toujours une petite de loup-garou en lui. Alors, d'une façon ou d'une autre, ils vont s'entretuer…

Anna écarquilla les yeux. Puis, tout devint flou. Gabriel se jeta sur Dracula pour l'immobiliser. Il brandissait un pieu d'argent d'un air menaçant. Il en frappa Dracula. Celui-ci haleta et tomba à la renverse. Anna se précipita auprès de lui.

- Anna… J'ai si froid… parvint-il à murmurer d'une voix étranglée.

Anna posa sa main sur sa peau, qui devenait de plus en plus glaciale.

- Oh non… Je vous en prie… Ne me laissez pas… murmura-t-elle.

Dracula sourit à son ange. Puis sa vue se brouilla.

- Anna… Je vous aime.

Son corps s'embrasa et, en un instant, il n'en resta plus que des cendres.

Anna s'assit et regarda fixement les cendres Il lui avait dit ce qu'il ressentait vraiment. Soudain, elle sentit un étrange picotement lui parcourir le corps…

Un flot de sang. Du sang coulait à nouveau de ses veines.

- Carl… Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle en voyant sa peau reprendre des couleurs.

- La malédiction a été levée. Il vous a libérée… murmura-t-il en s'agenouillant à côté d'elle.

- Oh… fit Anna.

Elle se tourna vers celui qui venait de tuer l'homme qu'elle aimait.

- Anna, je suis désolé… dit Gabriel tout bas.

Anna baissa les yeux.

- Je vous pardonne. Maintenant il est libéré de la malédiction qu'il s'était imposé.

Elle eut un petit sourire triste.


Elle ne retournera plus jamais au château de Dracula. Jusqu'à ce jour…


Cela faisait un an. Elle vivait avec Carl et Van Helsing, mais sans aucun homme à aimer. Elle ne pouvait pas oublier Dracula.

Elle entra rapidement dans le château, afin de le revoir une dernière fois avant de quitter la Transylvanie. Ils s'apprêtaient à retourner tous les trois vers ce que Carl appelait "la maison". Mais sa maison à elle était ici, dans ce vieux château. Il résonnait de toutes parts, regorgeait de poussière et ne présentait aucun confort ; mais c'était chez elle.

Elle vagabonda dans les couloirs jusqu'à leur ancienne chambre. Rien n'avait changé? Le cercueil était toujours là. Elle s'en approcha et ouvrit le couvercle. Sa cape était encore à l'intérieur. Ses commencèrent à trembler sous l'effet des sanglots.

Elle pleurait. Elle ne pouvait plus retenir sa souffrance. Alors, elle pleurait.

Soudain, elle entendit une porte s'ouvrir derrière elle et une voix familière demanda doucement :

- Pourquoi pleurez-vous ?

Elle se retourna lentement.

Il était là, face à elle. Sa peau avait peut-être un peu plus de couleurs, mais il était toujours le même.

- Est-ce vraiment vous ? murmura-t-elle.

Il sourit et parut gêné. Il détourna le regard un instant puis le reposa sur elle.

- Qui suis-je censé être vraiment ? Et qui êtes-vous ?

Il pencha la tête vers elle.

- Vous me semblez familière…

- Vous ne vous souvenez pas de moi ?

Elle se sentit mal à nouveau. Il l'avait oubliée…

- Si, je me souviens de vous, mais je ne sais pas qui vous êtes. Vous voyez, je me suis réveillé ici il y a environ un an, sans aucun souvenir. Je ne me souviens que des visages. Et, vous comprenez, je reste seul ici tout le temps. Il y a bien un domestique, mais il dit qu'il ne se rappelle de rien. Il se contente de préparer les repas. Et je vois choses tellement étranges ici : des cercueils, des machines et un tas d'autres objets… Alors…

Il s'interrompit et fixa Anna avec un regard des plus étranges. Il s'approcha d'elle et observa attentivement son cou, tendant la main vers ce qu'il y voyait. Le collier doré.

La chambre était plongée dans un profond silence. Il murmura enfin :

- Anna…

Elle leva les yeux vers lui et sourit. Il se souvenait…

Il lui sourit à son tour.

- Je me souviens de vous ! Anna !

Il avait le regard d'un enfant à qui on aurait fait une merveilleuse surprise.

- Vous vous souvenez de moi… dit-elle en souriant.

- Comment aurais-je pu vous oublier ? Votre visage était la seule chose à laquelle je pensais ! Nuit et jour !

Il passa ses bras autour de la taille d'Anna.

- C'est drôle… répondit-elle. La seule chose à laquelle je pensais, c'était vous…

- Je me souviens de tout : Aleera, Carl, vous et Van Helsing !

Il semblait perdu dans ses souvenirs, mais la voix d'Anna le ramena à la réalité.

- Je ne vous l'ai jamais dit, mais… Je vous aime. De tout mon coeur.

Dracula sourit et répondit doucement :

- Je le sais. Je l'ai toujours su.

Elle lui sourit. Elle était si heureuse de le retrouver.

- Vous m'avez tellement manqué… dit-elle en se mordant la lèvre.

Une larme glissa le long de sa joue. Il l'essuya du revers de la main.

- Tout va bien. Je suis là maintenant, dit-il d'une voix étouffée.

- Je croyais que vous étiez mort… Tout le monde le croyait. Je me disais que si je n'avais pas été si égoïste et injuste avec vous, rien de tout cela ne serait arrivé… murmura-t-elle en se sentant coupable.

- C'est mieux ainsi. Nous sommes mortels à présent. Nous n'avons plus besoin de tuer, de mentir. Plus de ténèbres ni de pensées vides de sens. Nous pouvons sortir dans le jour, ensemble.

Il lui sourit.

- Oui, nous le pouvons…

Elle rit, pleurant à moitié. Il prit sa main et la conduisit au dehors. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient ensemble, sous le soleil. Et, par ce geste, il la conduisait vers une vie nouvelle, auprès de leurs amis, de leurs enfants et de leurs petits-enfants.

FIN.