Bien le bonjour ! Me voici revenue de vacances, avec un nouveau one-shot rien que pour vous ;-)

Résumé : Lily et James se font engager par Molly et Arthur pour un baby-sitting assez mouvementé…

Alea Jacta Est

Lily prit soin de refermer la porte le plus doucement possible. Elle vérifia une dernière fois que tout était calme à l'intérieur de la petite pièce puis descendit l'escalier de bois grinçant avec circonspection. Elle réprima un soupir en se rendant compte qu'avec tout le bruit que faisait James à l'étage juste en dessous, un grincement de plus n'éveillerait sûrement pas les jumeaux.

Elle s'arrêta derrière la porte d'où provenait tout ce vacarme et jeta un regard furtif à l'intérieur de la salle. Un sourire naquit sur ses lèvres sans qu'elle puisse s'en empêcher.

« En garde, Capitaine Crochet ! » vociférait une petite voix aiguë du mieux qu'elle pouvait.

« Ah ah ! On essaie de m'entourlouper, petit moucherons ? Voyons voir ce que vous avez dans le ventre ! » railla la voix contrefaite de James.

Mauvaise idée. Les trois enfants ne se le firent pas répéter : ils se ruèrent littéralement sur le jeune homme en hurlant des cris de guerre abominables. Ne s'attendant pas à de telles représailles, James tomba à la renverse gémissant des « Aïe ! » à chaque coup.

« Tiens ! Prends ça, poisson pourri ! »

« Bien fait pour toi ! »

Mais les trois petits n'eurent pas longtemps le dessus ; James eut vite fait de se dégager de leur emprise et de prendre le plus jeune en otage.

« Percy ! » hurlèrent les deux autres.

James eut un large sourire triomphant, renversa le garçon sur son épaule et se mit à courir à travers la pièce comme un dératé, Charlie et Bill sur ses talons. Mais L'ainé, en apercevant Lily, tira son frère par la manche pour l'obliger à s'arrêter et murmura quelques mots à son oreille. Avec un hochement de tête, les deux garnements se précipitèrent vers Lily et brandirent leurs épées de bois devant eux avec un air de défi.

James ralentit l'allure, puis, répondant à la mine faussement sévère de sa femme par un large sourire, il largua son bruyant paquet dans un tas d'oreillers, ôta son chapeau à plumes en faisant la révérence et dit :

« J'échange Lily-La-Tigresse contre ce garçon perdu ! »

Les deux rouquins s'entre-regardèrent puis se tournèrent vers le jeune homme.

« Marché conclu ! »

Et, dans un grand tintamarre, tous quatre se mirent à hurler en faisant la danse des indiens, entraînant Lily dans une ronde infernale autour d'un feu inexistant. Lily riait malgré elle, sachant pertinemment qu'ils allaient finir par réveiller les jumeaux avec leurs âneries. Elle avait mis énormément de temps à la coucher, mais James ne semblait pas s'en soucier outre mesure. La seconde d'après, il faisait léviter les trois garçons – qui riaient aux éclats - à l'aide de sa baguette.

Lily finit par croiser les bras sur sa poitrine, lançant à James un regard qui signifiait clairement : « Arrête ça tout de suite ou ça va mal se passer. »

James ouvrit la bouche mais finit par faire redescendre les enfants en douceur, dans une belle chorale de « Oooooooh noooooooooon ! » et « Encore, Dzames ! ». Mais le jeune homme secoua la tête.

« Non, c'est fini pour aujourd'hui, les enfants. » dit-il avec un sourire désolé. (Lily aurait parié que c'était autant pour lui-même que pour les trois petits Weasley.)

La jeune femme se pencha en avant, retenant une longue mèche rousse d'un geste élégant de la main, et souffla : « Il est temps d'aller au lit, maintenant. Vous jouerez à Peter Pan demain, d'accord ? »

Bill soupira de mécontentement, tandis que Charlie et Percy affichaient des mines déconfites. James prit le plus jeune dans ses bras et Lily emmena les deux autres par la main jusqu'au deuxième étage.

James se chargea de les aider à se changer, tandis que sa femme supervisait le brossage de dents (Molly lui avait dit que ses enfants avaient plutôt tendance à faire l'impasse sur cette petite formalité). En moins de cinq minutes, les trois garçons furent au lit, plongés dans des draps bien chauds. Les deux jeunes gens les embrassèrent puis se dirigèrent vers la porte, mais la voix de Bill les fit stopper net.

« Une histoire ! »

Lily se retourna. « Vous voulez une histoire ? »

Elle devina leurs petites têtes acquiescer dans le noir plus qu'elle ne les vit.

« Maman nous lit toujours une histoire avant d'aller au lit. » expliqua Charlie.

Lily se tourna vers James, qui sourirait malicieusement, ses yeux brillant légèrement à la lueur de sa baguette illuminée.

« Lis-leur donc une histoire, Wendy ! Une maman, c'est fait pour raconter des histoires… »

La jeune femme pencha la tête. « Très bien… » dit-elle en se retournant lentement. « Je vais vous lire une histoire. Mais alors Papa-James doit nous faire le plaisir de ranger la salle de jeux. »

Elle adressa un sourire radieux à James, dont la grimace se transforma lentement en sourire. « Bon… » se résigna-t-il en refermant la porte derrière-lui.

Lily leva les yeux au ciel, puis se rapprocha des trois lits. Bill lui tendit un vieux livre de contes, qui semblait avoir déjà bien servi, et Lily entama sa lecture, éclairée par la lumière de sa propre baguette.

« Il était une fois, dans un pays lointain, une princesse qui vivait dans un somptueux château… »

Il ne fallut pas cinq minutes avant qu'elle ne perçoive la respiration lente et régulière des trois enfants. Avec précaution, elle posa le livre au pied du petit lit de bois de Charlie, se leva et, après un dernier baiser sur le front de chacun, traversa la pièce à pas de loups et sortit.

Lorsqu'elle poussa la porte de la salle de jeux, elle remarqua aussitôt que le rangement n'avait pas avancé d'un pouce : il y régnait toujours un capharnaüm de tous les diables. Et, au milieu de tout ce fatras, assis sur le sol en indien, James.

En train de construire un château à l'aide des cubes de bois des enfants.

Lily leva les yeux au ciel et, sans un bruit, avança jusqu'à lui. Il était tellement concentré qu'il ne l'avait pas vue.

« J'ai épousé un gamin. » finit-elle par dire, la voix rieuse.

James sursauta violemment, si bien qu'une partie de son château s'effondra dans un grand bruit. Lily émit un petit rire, tandis que James se grattait l'arrière de la tête, l'air embêté.

« Eh, oui, mais je t'avais prévenue avant que tu me dises oui. » dit-il comme pour se faire pardonner.

Lily lui ébouriffa les cheveux, souriant franchement.

« Tu n'étais pas sensé ranger cette pièce ? » demanda-t-elle avec un haussement de sourcil.

« Et toi, tu n'étais pas sensée lire une histoire aux enfants ? »

« C'est fait. Ils se sont endormis très vite. Pas étonnant, tu les avais épuisés… »

S'avouant vaincu, James finit par hausser les épaules, ramassant un cube à ses pieds.

« Comment as-tu réussi à coucher Fred et George ? » demanda-t-il. « Ils étaient infatigables, eux ! »

Lily eut un sourire satisfait. « J'ai trouvé le truc. » confia-t-elle en se rapprochant de lui profitant de l'intimité du feu brûlant dans l'âtre.

James agrandit les yeux d'étonnement. « Et c'est quoi ? »

« Il suffit de les faire rire. Si je chatouillais l'un, l'autre s'endormait. »

James eut un large sourire. « Ma femme est un génie. » dit-il en l'embrassant tendrement sur la joue.

Elle eut un petit rire, bientôt couvert par le bruit de dizaines et de dizaines de cubes tombant à la renverse.

« Oups… » lâcha James en se redressant.

« On ferrait mieux de ranger tout ça. » dit Lily.

« Même les décorations d'Halloween ? » demanda le jeune homme en pointant sa baguette vers le plafond, où pendaient des citrouilles à l'allure plus hilarante qu'effrayante.

Lily haussa les épaules. « Nous n'avons pas encore fêté Halloween, mon cœur. Pas en tête à tête, en tout cas. »

James l'entoura de ses bras et approcha son visage du sien. Les flammes du feu dansaient joyeusement dans le fond de ses prunelles. « Comme tu voudras, mon amour. »

Il agita sa baguette, et tous les jouets reprirent leur place initiale. Il avisa un sachet de bonbons et s'assit à côté de sa bien aimée, sur le tapis moelleux face au feu. Elle se coucha sur ses genoux et ils se entamèrent le paquet, le regard plongé dans les flammes dansantes.

Un long moment passa ainsi, entre partages de bonbons, éclats de rire et baisers volés. James venait juste de faire la découverte du siècle : des bonbons qui pétillaient sur la langue et la rendait aussi bariolée qu'un arc-en-ciel. Il en offrit un à Lily, qui ne se fit pas prier et le fourra dans sa bouche.

Il passa une main dans ses cheveux et enroula une mèche rousse autour de ses doigts, les yeux rivés sur l'âtre lumineux. Lily se perdit un moment dans la contemplation des traits de son visage, ces traits qu'elle aimait tant, se noya dans les effluves de son parfum et sourit sans s'en rendre compte.

« Lily… »

James avait baissé le regard vers elle, ses yeux noisette semblant prendre vie, comme animés par l'éclat chaud et vif des flammes.

« Oui, James ? »

« Est-ce que… Tu ne penses pas… Que ce serait bien d'en avoir aussi ? »

Elle sourit. « Des bonbons arc-en-ciel ? Tant que tu veux, mon amour. »

« Non… Pas des bonbons, Lily… »

Il se pencha vers elle et plongea son regard dans le sien.

« Des enfants… » souffla-t-il doucement.

Lily ouvrit la bouche, mais elle était trop troublée pour parler. James soutint son regard étonné, attendant sa réponse avec anxiété.

« Un… bébé ? » finit-elle par articuler. « Tu veux un bébé, James ? »

Il évita son regard, gêné. « Oui, enfin, c'est à toi de décider, c'est… »

Mais la fin de sa phrase mourut dans sa gorge, étouffée par l'étreinte de la jeune femme.

« Oh, James ! » murmura-t-elle en le serrant contre lui. « Bien sûr que je suis d'accord ! »

La mine effarée de James fit bientôt place à une expression soulagée, puis au bord de l'extase. « Tu … Tu veux bien alors ?»

Lily hocha vigoureusement la tête et James lui planta un long baiser prolongé sur les lèvres.

« On va avoir un bébé ! » cria-t-il, souriant jusqu'aux oreilles et prenant sa femme dans ses bras. « Un bébé ! » répéta-t-il en la faisant tournoyer quelques instants dans les airs.

Il finit par perdre l'équilibre et s'écroula sur le sol, Lily à ses côtés. Elle se pencha au dessus de lui et il l'attira contre lui, l'entraînant des roulades interminables sur le tapis moelleux. Ils finirent par s'arrêter, à bout de souffle, Lily couchée sur son torse, ses cheveux lâchés chatouillant son visage.

Il lui sourit, elle fit de même. La couchant à ses cotés, il écarta les mèches rebelles de son visage et entreprit de couvrir de baisers chaque parcelle de son visage, de son cou…

Il s'arrêta au col de son chemisier, relevant la tête vers elle avec un étrange sourire.

« Et si on le faisait maintenant, ce bébé ? »

Lily éclata de rire, et, pour toute réponse, captura ses lèvres dans un baiser langoureux.

Alea Jacta Est – Le sort en est jeté.

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Malgré les apparences, ce OS ne clôture pas la série. Après tout, j'aurai peut-être encore quelques idées à vous soumettre… Je sais bien que Peter Pan n'a rien à voir avec Harry Potter, mais que voulez-vous, je suis une grande fan des Disney, particulièrement de Monsieur Pan, donc… J'espère que ça vous a plu, en tout cas !

Suite des updates : la deuxième partie d'Action ou Vérité, un nouveau chapitre de ma traduction, Un Eté au Terrier, et mon OS Harry/Pansy ;-)