- MON SORCIER BIEN-AIMÉ -


Note : le personnage de Harry Potter, ses amis et le monde magique sont sortis de l'imagination fertile de J.K.Rowling et ne m'appartiennent pas. J'écris donc pour me divertir et non en espérant m'enrichir avec l'invention d'une autre.

Il est à noter qu'au cours de la rédaction de ce récit, j'ai été considérablement aidé par la relecture attentive et imaginative de Monsieur Alixe, Fenice et Calimera.

Bien que se déroulant parallèle de mon autre histoire, Après la bataille, cette histoire peut se lire de façon indépendante. Certaines allusions seront perdues mais cela ne devrait pas vous gâcher la lecture. Cependant, pour réellement comprendre tous les sous-entendus, il est recommandé d'avoir lu la série des Harry Potter jusqu'au tome 5 ( cette histoire a été écrite avant la sortie du tome 6).


Prologue

Harry s'examina d'un œil critique dans le miroir de sa chambre.

"Tu es bien coquet ce matin, lui fit remarquer son reflet. Mais tu pourrais sourire un peu."

Il ne répondit pas. Comment aurait-il pu expliquer l'impatience, mêlée d'appréhension qui le tenaillait, alors qu'il s'apprêtait à se rendre au Ministère pour y passer sa première journée en tant qu'Auror.

Allez, Harry, ce n'est pas si terrible ! s'exhorta-t-il.

Mais le cœur n'y était pas. A peine une semaine auparavant, s'était tenu le troisième anniversaire de la Bataille du Survivant au cours de laquelle Voldemort avait enfin été tué. Mais Harry avait payé cher cette victoire et elle avait eu pour lui un goût tellement amer qu'il avait bien failli définitivement jeter l'éponge.

Il lui avait fallu des mois pour retrouver le courage de vivre. Trois ans étaient passés mais, certains matins, il se demandait encore si cela servait à quelque chose de se lever.

Il jeta un regard coupable vers le grand lit qu'il partageait avec Ginny. Heureusement, cette dernière était déjà levée et partie dans la salle de bain. Elle n'aurait pas manqué de constater son humeur sombre et se serait inquiétée pour lui. Elle avait parfois du mal à comprendre que, malgré toute sa tendresse, elle ne pourrait jamais éloigner totalement ses fantômes.

James, Lily, Cedric, Sirius, Hagrid et, ultime offrande à la folie meurtrière de Voldemort, Dumbledore, Remus, Arthur.

Leur sacrifice cependant n'avait pas été complètement vain cependant car, poussé dans ses derniers retranchements, Harry avait "donné le meilleur de lui-même" pour reprendre la terminologie d'Hermione. Selon la sienne, il avait simplement voulu mourir de honte et de désespoir.

Peu importe ! Voldemort n'était plus et le Survivant avait sauvé le monde. Il avait, par la même occasion, gagné la gratitude éternelle de tous. Imposantes célébrations en son honneur au cours desquelles il avait brillé par son absence, Ordre de Merlin qui ne signifiait rien pour lui, carte de Chocogrenouille sur laquelle il se trouvait tarte… que demander de plus ?

La vie trouvant toujours moyen de continuer, qu'on le veuille ou non, ses amis l'avaient inscrit au Centre de formation des Aurors. La première année avait été difficile, mais il avait fini par s'investir sérieusement, et à l'issue de sa troisième année, il avait été brillamment reçu.

Aujourd'hui était son jour d'entrée en fonction.

Harry reporta son attention sur son image. Il regarda ses cheveux d'un air critique. Il s'était laissé convaincre d'adopter une coiffure qui dégageait un peu son front et qui lui allait mieux, paraît-il. Mais la disparition de sa frange, l'avait gêné. Même si son visage avait fait la une des journaux sorciers après la disparition du mage noir rendant tout anonymat désormais à jamais illusoire, exposer ainsi la cicatrice qui avait fait connaître son nom vingt ans auparavant le mettait mal à l'aise.

Il avait donc laissé repousser quelques mèches qui retombaient sur son front, mais elles n'étaient pas assez denses pour lui éviter de voir sa cicatrice chaque fois qu'il se regardait dans une glace. Mais Ginny ne voulait pas entendre parler de "sa coupe de moine", ainsi qu'elle qualifiait son ancienne apparence, et il avait décidé de céder sur ce point, autant pour avoir la paix que pour lui faire plaisir.

Il lissa la robe qu'il avait choisie avec soin dans sa garde-robe la veille au soir. Au niveau de sa poitrine, son geste fit crisser un parchemin. Il sourit et tira de sa poche le précieux feuillet. Pour une fois, les jumeaux ne s'étaient pas moqués de lui. S'inspirant de la carte du Maraudeur et aidé par les conseils soutirés à Sirius et Remus, les terribles sorciers facétieux avaient créé une carte magique qui avait les qualités de l'original et allait même plus loin car elle était capable de reproduire le lieu où elle se trouvait.

Harry l'activa et vit que Ginny était toujours dans la salle de bains, que Molly l'attendait dans la cuisine et que Missy, l'elfe libre et rétribuée qu'il employait, déjà en train de briquer l'escalier. Il faudrait qu'il fasse attention de ne pas glisser sur les marches fraîchement cirées.

Au rez-de-chaussée, Molly l'accueillit avec le sourire et l'inspecta des pieds à la tête.

"Tu es très bien, Harry. Viens vite manger, ne te mets pas en retard."

Alors qu'il prenait des forces pour les épreuves à venir, sa fiancée fit son entrée dans la cuisine, toute fraîche et pimpante.

"Bonjour mon chéri, bonjour, Maman ! Je file, je ne veux pas être en retard pour ma rentrée.

- Tu n'as rien pris, s'indigna sa mère.

- T'en fait pas, on va sûrement prendre un café et des petits gâteau, avec les copains", la rassura sa fille.

Ginny commençait le matin même sa troisième et dernière année en Médicomagie. Avant de partir rejoindre ses condisciples, elle embrassa Harry, sur le front car il avait la bouche pleine.

"A vendredi soir, mon cœur. Tu auras plein de choses à me raconter. Au revoir, Maman."

Elle était déjà partie.

"Quelle vif-argent, soupira Molly, mais elle semblait plus attendrie que désolée.

- C'est comme cela qu'on l'aime, approuva Harry.

- Si tu le dis. Ça te va des boulettes de viande pour ce soir ?"

Harry réalisa qu'ils seraient en tête-à-tête avec sa future belle-mère. Ginny logerait toute la semaine sur son campus, tout comme il l'avait lui-même fait les trois années écoulées, et Ron n'habitait plus là. Un mois auparavant, son meilleur ami avait épousé la brillante Hermione et partageait désormais avec elle un appartement moldu, situé non loin de la maison des parents de la jeune femme.

Il était cependant probable que Molly voit son plus jeune fils le soir même, car sa bru ne brillait pas par ses capacités culinaires. Il n'était donc pas rare que le jeune marié fasse un crochet en sortant du Ministère, où il travaillait au Service des sports et jeux magiques, pour puiser dans le chaudron maternel et remplir les larges récipients hermétiques que son épouse s'était procurée.

"C'est parfait, Molly, merci. Mais je ne sais pas à quelle heure je rentrerai.

- Sans doute pas très tard pour ton premier jour. Tout va bien se passer", ajouta-t-elle.

Harry lui sourit mais n'en était pas tellement convaincu. Il détestait se présenter dans un endroit public. Il détestait devoir rencontrer des inconnus. Et, surtout, il avait peur qu'on attende de lui des miracles, alors que seule son expérience en Duel le différenciait de ses camarades. Les excellentes notes qu'il avait obtenues pour couronner sa scolarité étaient dues à un travail acharné, rien d'autre.

Il se demanda si cela avait été une bonne idée de briller ainsi. Un dossier moyen l'aurait sans doute aidé à faire comprendre à ses futurs collègues qu'ils ne devaient pas trop attendre de lui. Mais, comment accepter des notes moyennes alors que ce salaud de Malefoy, qui avait suivi les mêmes études, cartonnait ?

Il ne supportait pas l'idée de se faire dépasser par ce taré. Etre reçu major ex-equo avec le Serpentard avait suffi à gâcher la fierté qu'il aurait dû éprouver pour ses excellents résultats. Il inspira. Ce n'était pas le moment de penser à Malefoy. Il allait être présenté à ceux qui seraient ses futurs collègues, il devrait faire ses preuves, c'est tout ce qui comptait.

Il regarda l'heure, prit résolument une pincée de poudre de cheminette, lança un dernier sourire à Molly et plongea dans la cheminée.

Harry arriva comme prévu dans l'atrium du ministère. Il repéra rapidement les autres élèves de sa promotion qui s'étaient réunis autour du Commandant Shacklebolt qui était venu les accueillir. Harry sourit en voyant ce fidèle membre de l'Ordre. Il respectait beaucoup le grand Auror noir et se dit qu'il pouvait faire confiance à ce dernier pour le traiter comme un débutant normal.

Il s'approcha du groupe et salua chaleureusement Hannah Abbot, Dean Thomas et Susan Bones qui faisaient désormais partie de ses plus proches amis. Il sourit à Morag McDougal, puis à Julius Rasting qui arrivait en même temps que lui par une autre cheminée.

Comme d'habitude, il ignora Lynda Stevens. Cette garce avait tenté de le faire tomber dans ses filets à la fin de leur première année et, à cause d'elle, Ginny avait failli rompre leurs fiançailles. Depuis ce jour, il l'évitait le plus possible.

Malefoy n'était pas encore là. Sans doute ne pouvait-il supporter que son entrée ne soit pas remarquée. C'était réussi : il fallut l'attendre une bonne minute, avant de le voir arriver tranquillement. Lui non plus, Harry ne le salua pas.

Quand ils furent tous là, Shacklebolt leur souhaita la bienvenue et les accompagna jusqu'au portillon de contrôle. Il leur fit remettre un passe permanent qui leur permettait de garder leur baguette sur eux, contrairement aux visiteurs, et les mena jusqu'au QG des Aurors.

Quand Shacklebolt les introduisit dans la vaste pièce, Harry suivit ses camarades, tachant d'ignorer tous les regards curieux qui le dévisageaient avec insistance. Il essaya de se raisonner. Il était parfaitement normal que les Aurors jaugent leurs nouveaux collègues. Il était ici à la même enseigne que ses condisciples et il ne devait pas céder à la paranoïa. Mais il savait parfaitement qu'il n'inventait pas l'attention soutenue concentrée à la hauteur de son front.

Le commandant les présenta brièvement et commença à lire leurs noms, suivi de celui qui deviendrait leur co-équipier et formateur. Il entendit son nom, juste après que Malfoy se soit avancé vers un homme brun et courtaud.

"Harry Potter avec William Stratford", indiqua Shacklebolt.

Un grand type d'une quarantaine d'année, à la mâchoire carrée et à la chevelure blond cendré légèrement ondulée, leva la main, comme avec réticence, pour se faire connaître. Il était clair, à son regard maussade, qu'il n'était pas vraiment ravi par cette affectation.

Harry serra les dents et s'avança vers son nouveau partenaire.

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25/03/2006 : Ajout d'un prologue qui permet de comprendre où en est Harry au début de cette histoire, même si on a pas lu Ginny la furie et Après la bataille