- MON SORCIER BIEN-AIMÉ -


Disclamer : la plupart des lieux et personnages viennent de l'univers créé par J.K Rowling.

Je dois également beaucoup à mes relecteurs : Monsieur Alixe, Fenice, Calimera et Crookshank


Résumé de la semaine : Quand Harry Potter, Auror débutant et Gryffondor puritain, est confié à William Stratford, Auror confirmé, tombeur de ces dames et Serpentard borné, qu'est-ce que cela donne ? Une histoire d'amitié, peut-être (d'après Eiream).


XXXVIII : Epilogue

"Je vais chercher ton album ! s'écria Christina. Si on ne range pas cette photo tout de suite, on va l'abîmer.

- Il est dans le placard de sa chambre, troisième étagère, précisai-je, sachant que le rangement et elle faisaient toujours deux.

- Juste à côté de mes livres de potions, Maman", précisa Duncan, qui n'avait pas trop envie de voir ses affaires chamboulées.

Il posa sur la table du salon la photographie qui le représentait brandissant glorieusement la coupe de Quidditch de Poudlard, entouré de toute son équipe.

"Pas trop nostalgique à l'idée d'en avoir fini avec ta scolarité ? lui demandai-je, tandis qu'il se laissait tomber sur le canapé.

- J'ai encore deux ans d'étude avant de travailler pour de bon", me répondit-il, avec un grand sourire.

Je ne sais par quel caprice de la génétique mon fils avait hérité du sens du commerce qui caractérisait ma sœur et mon père. Comme aucun de mes deux neveux n'avait voulu reprendre la distillerie familiale, c'était Duncan qui allait en reprendre les rênes. Il avait cependant décidé de suivre, pendant deux ans, un cursus d'économie et de marketing moldu avant de commencer à travailler aux côtés de son oncle Léopold.

Bien évidemment, mon père, qui avait pris une retraite bien méritée dix ans auparavant mais qui suivait encore avec intérêt l'évolution de l'affaire, avait été ravi quand son petit-fils avait manifesté son désir d'en reprendre la succession.

De mon côté, j'avais eu une longue discussion avec mon fils, et ce dernier avait su me convaincre qu'il désirait réellement suivre cette carrière. Il avait déjà tout prévu, envoyé ses dossiers de candidature auprès de plusieurs écoles supérieures moldues, et longuement interrogé son grand-père et mon beau-frère sur les perspectives de l'entreprise familiale.

Bien que je n'appréciais que modérément ce pied de nez du destin, je m'étais consolé en considérant déjà comme une victoire que mon père accepte comme héritier ce fils de Moldue. Ce n'était certes pas une situation extraordinaire, car l'ouverture du monde sorcier sur le monde moldu avait entraîné un certain nombre de mariages mixtes, le plus souvent générateurs d'enfants sorciers. Mais si l'on considérait l'idéologie qui avait cours dans ma famille à peine vingt ans auparavant, la joie et la fierté dont mon père avait fait preuve quand Duncan lui avait fait part de sa décision étaient un véritable miracle.

Ces liens renforcés entre les sorciers et le monde moldu ne s'étaient pas faits sans mal. Beaucoup craignaient que l'existence de notre communauté devienne connue des non-sorciers ; l'on redoutait que ces derniers ne sollicitent notre intervention dans leurs affaires ou, bien pire, qu'une répression à notre égard soit décrétée.

Mais rien de tout ceci ne s'était passé. Notre gouvernement avait fait preuve de discernement, et avait adopté une politique efficace, alliant initiation aux coutumes moldues pour apprendre aux nôtres à ne pas se faire remarquer, et propagande envers les moldus pour que ces derniers ne soient pas alertés par nos éventuelles bourdes. Ainsi le bureau des affaires moldues avait utilisé Internet et des journaux à sensation pour lancer des rumeurs mêlant le vrai et le faux, puis démontrant leur invraisemblance selon la logique moldue. Ainsi, quand un Moldu tentait de faire connaître publiquement notre existence, il était à l'avance décrédibilisé.

Le résultat était que, si certains moldus connaissaient notre existence par leurs liens familiaux ou par une indiscrétion, la grande majorité d'entre eux considérait cette croyance comme amusante mais non fondée, au même titre que l'existence des extra-terrestres.

Christina arriva avec le gros volume sous le bras. Elle s'assit auprès de son fils et l'ouvrit. Comme à son habitude, elle se révéla incapable de passer directement à la dernière page pour y ranger le nouveau cliché et commença à regarder avec attendrissement les premiers instantanés que nous avions pris de Duncan.

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La première photo sorcière le montrait dans mes bras, alors qu'il était encore nouveau-né. Je me rappelle avoir pris une pose assez sérieuse quand Gwen avait tourné l'objectif dans ma direction, mais j'avais été trahi par la magie de son appareil et j'avais l'air un peu suffisant sur cette image.

La naissance de mon enfant m'avait davantage touché que je ne l'aurais cru. Je pense cependant que je fus moins sensible à ses premiers moments que ma famille l'aurait sans doute espéré. Oui, je l'avais aimé, et j'avais fortement ressenti le lien de parenté qui nous unissait dès la première fois qu'on le confia à mes mains maladroites. Cela ne m'avait cependant pas empêché de le trouver très laid et sans intérêt particulier durant ses trois premiers mois.

Je l'avais régulièrement bercé, et je ne restais pas complètement indifférent aux sourires et à l'intérêt que mon fils me portait. Mais dès qu'il rejetait sa nourriture, par un bout comme par l'autre, ou qu'il se mettait à pleurer, je m'empressais de lui trouver des bras plus accueillants que les miens, ce qui, heureusement, ne manquait pas.

Il fut en effet chéri, non seulement par sa mère et ses quatre grands-parents, mais aussi par ses oncles, tantes et cousins. Il était rare, dans les premiers temps, que Christina se retrouve seule, et elle fut admirablement secondée par ma famille et la sienne. Je n'aurais jamais cru que ma mère et ma sœur aient à ce point envie de pouponner à nouveau. Il faut croire que mes neveux, qui poursuivaient leur scolarité à Poudlard, leur manquaient beaucoup.

Quand Duncan eut un peu grandi, je dus bien admettre que les progrès et découvertes des jeunes enfants avaient quelque chose de captivant, et je compris mieux les récits extasiés qu'en faisaient leur parents. Mais je n'allais pas jusqu'à ennuyer mes collègues avec ce genre d'exposés. Les hauts faits de mon fils étaient bien assez commentés par sa mère et ses grands-mères.

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La seconde photographie montrait Duncan s'essayant à quelques pas chancelants. On voyait Christina derrière lui, prête à le rattraper en cas de chute.

Cette dernière avait mis en veilleuse son activité professionnelle durant deux ans, pour profiter le plus possible de son fils. Cependant, elle arrivait à se consacrer régulièrement à son travail lorsque Duncan était gardé par ses grands-parents paternels ou maternels qui, sans se connaître, alternaient les jours où ils profitaient de leur petit-fils.

Pendant ce retrait, Gwen n'avait cependant pas arrêté de faire la promotion des œuvres de Christina, et avait intensivement exploité les modèles antérieurement dessinés par ma femme, ainsi que ceux qui voyaient le jour de temps en temps. Christina ayant, en outre, retrouvé dans ses cartons de nombreux dessins dont les bijoutiers moldus n'avaient pas voulu, ma sœur avait de quoi faire.

Quand Duncan atteignit son premier anniversaire, nous songeâmes sérieusement à lui donner un petit frère ou une petite sœur. Malheureusement, quand après de longs mois d'attente, Christina commença enfin une grossesse, elle ne put la mener à terme. Ce fut un gros chagrin pour nous, et ma femme eut beaucoup de mal à s'en remettre. Après une longue et douloureuse discussion, nous décidâmes d'arrêter là nos efforts pour agrandir notre famille. En effet, Duncan avait été très troublé par notre déception, et nous craignions de le déstabiliser davantage.

Même si j'avais été prêt pour retenter l'aventure et que la peine de Christina m'avait beaucoup ému, j'avais cependant pensé que nous n'avions peut-être plus l'âge de nous lever ainsi la nuit et de mener la vie intense de jeunes parents. Quoiqu'il en soit, nous avions dû nous accommoder de la situation, et avons profité au maximum de Duncan.

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Le cliché suivant montrait la première rencontre entre mes parents et ceux de Christina, pour les trois ans de Duncan. Cette improbable rencontre avait suivi de quelques semaines la première manifestation magique de mon fils.

On ne peut pas dire que ce dernier choisit le meilleur moment pour nous démontrer son aptitude à la magie. Nous étions ce jour là chez mes beaux-parents. Duncan était à l'étage avec sa grand-mère, qui l'installait pour la sieste. Ma belle-mère mit un certain temps à redescendre, semblant négocier quelque chose avec notre bambin, dont les cris rageurs n'indiquaient pas la possibilité d'un règlement à l'amiable.

Christina s'apprêtait à monter pour arbitrer le conflit, quand nous entendîmes un cri, suivi du bruit d'un objet qui heurte violemment sur le sol. Nous nous précipitâmes à l'étage, craignant un accident. Nous y avons trouvé la mère de Christina les yeux écarquillés, la main devant la bouche, fixant le gros camion de pompier que mon fils aimait particulièrement, qui gisait à terre près du lit où Duncan était installé. Mon fils regardait sa grand-mère d'un air coupable.

"Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Christina, se précipitant sur son fils pour vérifier qu'il n'était pas blessé.

- Le… le camion… bégaya ma belle-mère. J'expliquais à Duncan qu'il ne pouvait pas dormir avec et je l'ai posé sur l'étagère, là-bas, pour qu'il ne puisse pas le prendre. Le petit a insisté pour l'avoir et j'étais en train de refuser une fois de plus quand le camion a …volé à travers la pièce, en direction du lit…"

Ses derniers mots moururent sur ses lèvres, comme si elle ne parvenait pas à croire ce qu'elle venait de dire.

Dans un premier temps, je fus saisi de contrariété. Encore une Moldue qui voyait quelque chose qu'elle n'aurait pas dû voir. Puis, une vague de soulagement, de joie et de fierté me submergea. Mon fils avait fait de la magie involontaire, il n'était pas Cracmol ! C'était bien un sorcier ! Il irait à Poudlard ! Je ne pus m'empêcher de sourire largement.

"William !"

L'interjection de Christina me ramena à la réalité. Ma belle-mère était sur le point de faire une crise de nerfs et la mâchoire de mon fils commençait à trembler, signe qu'il n'allait pas tarder à fondre en larmes. De son côté, mon beau-père semblait dépassé et Christina me regardait d'un air suppliant.

"Ce n'est rien de grave, dis-je d'une voix apaisante. Chérie, tu devrais servir une tasse de thé à ta mère. Je vous suis."

Christina me lança un regard désespéré, avant d'entraîner ses parents hors de la pièce.

"Tu n'as rien fait de mal, dis-je à Duncan. Je suis même très fier de toi.

- Cassé camion, me répondit-il d'une toute petite voix.

Effectivement, sous le choc, l'échelle de pompier avait été délogée de sa position habituelle. Je la remis en place.

- Ce n'est rien, elle était juste détachée.

- Grand'ma fâchée, dit-il d'un ton peiné.

- Grand'ma a été surprise, c'est tout. Tu sais qu'elle et maman ne font pas de magie."

Il eut une expression contrite.

"Duncan, repris-je, ce n'est pas mal, de faire de la magie. C'est juste qu'il ne faut pas en faire ici.

- Pas fait ! nia-t-il avec véhémence.

- Je sais que tu ne l'as pas fait exprès", le rassurai-je.

Il réfléchit un instant avant de demander :

"Moi baguette comme papa ?

- Oui, mais pas tout de suite. Quand tu seras plus grand et que tu iras à Poudlard.

- Moi trop petit, commenta-t-il.

- Exactement", approuvai-je. Bon, c'est l'heure de la sieste, il me semble.

Il fit la moue mais sembla comprendre qu'il s'était suffisamment illustré comme cela.

"Camion ?" me demanda-t-il avec espoir.

- Grand'ma a dit non, répliquai-je fermement. Allez, dors, maintenant."

Il se laissa aller en arrière dans le lit, attrapa son lapin en peluche et tendit la joue quand je me penchais pour l'embrasser. Je sortis de la pièce et descendis lentement l'escalier. Je me demandai si je devais effacer la mémoire de ma belle-mère ou tout lui dire. Finalement je choisis de révéler la vérité aux parents de Christina. Ils voyaient régulièrement mon fils, et d'autres incidents se produiraient sûrement.

Quand j'entrai dans la cuisine, ma belle-mère avait les larmes aux yeux :

"Mais qu'est ce qui m'arrive ? disait-elle à sa fille et à son mari. Vous croyez que je suis malade ? Que je fais de la démence sénile ? C'est peut-être un symptôme de la maladie d'Alzheimer!

- Mais non, Maman, tu vas très bien."

En me voyant, Christina parut soulagée, bien qu'un peu inquiète.

"Il va falloir que nous ayons une petite conversation, annonçai-je, en prenant place à la table de cuisine.

- Vous pensez que je suis folle ! s'écria ma belle-mère.

- Mais non, Helen. Je suis au contraire persuadé que vous avez bien vu ce que vous nous avez raconté.

- Que voulez vous dire ? demanda-t-elle, déconcertée.

- Je veux dire que ce camion a bien flotté dans la pièce, expliquai-je.

Christina eut l'air soulagée quand elle comprit que je n'avais pas l'intention d'effacer la mémoire de sa mère. Je savais que le secret que je lui avais imposé lui pesait beaucoup.

- Mais enfin, c'est impossible ! continua la mère de Christina.

- Pas dans ma famille, me lançai-je.

- Pardon ?

- Duncan a hérité de moi cette capacité, développai-je. Cette possibilité de faire voler les objets. Il ne l'a pas fait exprès, mais c'est bien Duncan qui a fait décoller ce jouet. Je vais tout vous expliquer. Venez vous asseoir."

Ma belle-mère finit par s'installer face à moi, tandis que mon beau-père me demandait :

"Que voulez-vous dire par possibilité de faire voler les objets ?"

Je soupirai. Il semblait que je n'allai pas pouvoir échapper à une petite démonstration. Je sortis ma baguette :

"Accio tasse !" lançai-je en direction des tasses qui étaient sur le plan de travail à côté de Christina. Ces dernières vinrent docilement se poser sur la table devant Helen Fallen.

"Oh, mon dieu !" souffla-t-elle.

Elle me dévisagea, les yeux écarquillés, puis gémit :

- Mais c'est pas possible, cette histoire. C'est pas possible !

- Non, ce n'est pas possible, martela mon beau-père. Il y a un truc, c'est sûr. Et je ne trouve pas votre blague très drôle !

- Ce n'est pas une blague, intervint Christina, d'une voix désolée. William est un sorcier. Je sais que cela parait fou, mais c'est ainsi.

- Un sorcier, et puis quoi encore ! grogna son père.

- Papa, je t'assure, nous ne sommes pas en train de nous moquer de vous. C'est la vérité !

- Les sorciers n'existent pas, prononça John Fallen avec conviction.

- Ils existent et j'en suis un, lui opposai-je. Et manifestement, Duncan aussi.

- Laissez Duncan en dehors de cela, cria mon beau-père.

- Pas si fort, papa, tu vas le réveiller, dit Christina, lançant un regard inquiet vers le plafond.

- Mais enfin, ne me dis pas que tu crois à ce délire ! lui opposa son père.

- Papa, ce n'est pas une question de croyance. Cela existe, c'est tout. William peut faire des choses extraordinaires, avec sa magie.

- Ah oui ?

- Parfaitement", affirmai-je sèchement, quelque peu agacé par l'entêtement de ce moldu.

Je dirigeai ma baguette en sa direction :

"Cyanae mutatis".

Sa chemise à carreaux verts et jaunes devint d'un magnifique bleu profond. Il écarquilla les yeux, contemplant sa manche avec une expression effrayée.

"Que m'avez-vous fait ?

- Pas grand-chose, le rassurai-je. J'ai juste changé la couleur du tissu. Finite incantem."

Sa chemise reprit sa teinte d'origine.

"Papa, tu veux un peu de thé ? intervint Christina, pour calmer son père.

Mon beau-père sembla sur le point de protester, mais il renonça et accepta le breuvage que lui versait sa fille. Ma belle-mère se jeta sur sa tasse avec reconnaissance.

Après quelques minutes de silence, Helen Fallen, que l'accomplissement de son rituel familier semblait avoir encouragé, reposa sa tasse et dit :

"Bien, reprenons au tout début. Ainsi William, vous seriez un … sorcier et Duncan aussi.

- C'est cela, affirmai-je.

- Et vous pouvez faire des tours avec …"

Elle regarda la poche où j'avais rangé ma baguette sans parvenir à qualifier l'objet.

"Ma baguette magique, complétai-je obligeamment.

- Et vous voulez nous faire gober cela ? demanda mon beau-père.

- Je me moque un peu de ce que vous croyez ou non, rétorquai-je. Je veux juste que vous ne paniquiez pas si Duncan a d'autres manifestations de magie spontanée.

- Magie spontanée ? demanda plaintivement ma belle mère.

- Il semble que les petits sorciers fassent parfois de la magie involontaire, expliqua patiemment Christina. Ensuite, ils vont dans une école spéciale pour apprendre à maîtriser leurs pouvoirs.

- C'est complètement insensé ! " dit John Fallen.

Mais il paraissait moins catégorique.

"L'important n'est pas que vous me croyiez, répétai-je, mais que vous ne parliez à personne de cet incident.

- Comme si nous avions envie de révéler à tout le monde que vous nous prenez pour des idiots ! cracha-t-il.

- Tom et Ann ne doivent rien savoir, insistai-je, évoquant le frère et la sœur de Christina.

- Je leur en parlerai si j'en ai envie, dit mon beau-père.

- Je ne peux pas vous laisser faire cela, indiquai-je.

- Et comment comptez vous m'en empêcher ?

- En effaçant votre mémoire, tout simplement. Vous n'aurez aucun souvenir de la dernière demi-heure !

- Vous ne pouvez pas faire cela.

- On parie ? demandai-je.

- Oh non, Will, non ! supplia Christina.

Mon beau-père avait sans doute l'intention de mettre mes affirmations en doute, mais l'imploration de sa fille l'ébranla.

"Vous pourriez réellement le faire? demanda-t-il d'un ton incertain.

- Bien sûr. Comment croyez vous que nous arrivons à cacher notre existence ?"

Il y eu un silence que ma belle-mère finit par interrompre :

"Si vous pouvez nous faire oublier tout ceci et qu'il est si important de garder le secret… pourquoi n'avez-vous pas commencé par là ?

- Parce que maintenant que Duncan a prouvé qu'il est bien un sorcier, soit je vous mets dans la confidence et vous nous aidez à garder le secret, soit je vous applique un sort d'amnésie et je ne peux plus me permettre de vous laisser en contact avec mon fils. Je pense que Christina préfère la première solution."

Mes beaux parents se consultèrent du regard. Christina posa sa main sur le bras de son père.

"On s'habitue, lui assura-t-elle.

- Tu le sais depuis le début ? demanda Helen.

- William me l'a dit quand nous avons décidé de vivre ensemble.

- Cela fait des années, alors !

- Helen, j'ai fait jurer le secret à Christina et je vais vous demander d'en faire autant.

- Duncan pourra continuer à voir ses cousins ? demanda timidement Christina.

- Dans un premier temps, seulement quand je suis là, répondis-je. Quand Duncan sera un peu plus grand et capable de se maîtriser, on en reparlera. Je suis désolée, ma chérie", ajoutai-je en la voyant adopter une expression attristée.

Christina soupira, mais hocha la tête. Nous partîmes assez rapidement ensuite. Je ne savais pas quoi dire pour vaincre l'incrédulité de mon beau-père et les regards mi-craintifs, mi-décontenancés de ma belle-mère me mettaient mal à l'aise.

Durant les semaines qui suivirent, nos rapports restèrent empreints d'une certaine gêne. Dans un premier temps, ils affectèrent de faire comme si rien ne s'était passé. Puis Duncan fit involontairement venir à lui un scone que sa grand-mère venait de sortir du four, ce qui incita les parents de Christina à regarder les choses en face.

Dès lors, ils me bombardèrent de questions, et je dus leur expliquer l'organisation de ma communauté, leur faire des démonstrations de magie et les rassurer sur l'avenir de leur petit-fils. Finalement, quand il fallu organiser le troisième anniversaire de notre fils, Christina émit timidement le souhait que nous le fêtions tous ensemble.

Je la laissai organiser la réception, qui se tint au manoir Stratford; car si mon père avait accepté de rencontrer les parents de Christina, il n'était pas prêt à faire une incursion dans le monde moldu.

Au début, l'atmosphère avait été un peu tendue. Il faut dire que mes beaux-parents avaient été un peu ébranlés par leur premier voyage en cheminée. Christina avait accompagné sa mère et moi mon beau-père, mais l'arrivée les avait un peu secoués.

Quant à mes parents, qui n'avaient pas l'habitude de fréquenter des moldus aussi ignorants au sujet de notre monde, ils étaient gagnés par la gêne et le malaise de leurs hôtes. Heureusement, John Fallen était amateur de whisky, et l'apéritif que mon père proposa fournit un premier sujet de conversation.

Ensuite, ma sœur et sa famille arrivèrent. Gwen avait eu la merveilleuse idée de demander à ses fils de mettre leurs vêtements moldus, ce qui influa favorablement les Fallen à leur égard. Gwen et Léopold se montrèrent en outre très efficaces pour lancer des sujets de discussions adéquats. Ainsi, ma soeur se montra très prolixe sur le succès que les bijoux de Christina emportaient sur le marché sorcier et Léopold demanda à mon beau-père un exposé sur le système éducatif britannique. Petit à petit, John Fallen finit par se détendre.

Enfin, mon beau-frère demanda à ses enfants, qui étaient en sixième et septième année à Poudlard, de parler de leurs études. Bien qu'un peu décontenancés par l'intitulé des cours, mes beaux-parents finirent pas trouver de nombreuses similitudes avec les collèges privés dont ils étaient familiers, et semblèrent rassurés sur l'avenir de leur petit-fils.

"C'est dommage que papa ne puisse plus se déplacer, regretta Christina, me ramenant au moment présent. On aurait pu organiser une petite fête avec tous nos parents pour fêter la fin des études de Duncan.

- Même quand il pouvait bouger, ton père ne semblait pas tellement aimer venir de mon côté", fis-je remarquer à ma femme.

En effet, après cette première visite, même s'ils semblèrent accepter la situation, les quelques manifestations de magie dont ils furent témoin quand ils venaient chez nous continuaient manifestement à les mettre mal à l'aise. Ils firent un petit tour à Pré-au-Lard avec Gwen et Christina, mais l'expérience les effraya sans doute un peu car ils ne souhaitèrent pas la renouveler. En quinze ans, ils n'avaient rencontré mes parents que trois fois.

"Quand j'y vais, Grand'Pa et Grand'Ma me demandent de leur réparer des petites choses, nous informa Duncan.

- Vraiment, s'étonna Christina. Je croyais qu'ils n'abordaient jamais le sujet.

- Pas devant vous, mais Grand'Ma m'a souvent demandé de lui raconter comment cela se passait à Poudlard. Et Grand'pa écoute toujours.

- C'est bien la peine que je me donne autant de mal à avoir l'air Moldu en leur présence, remarquai-je.

- Je crois qu'ils ont un peu peur de toi, précisa mon fils.

- Je ne vois pas pourquoi, m'étonnai-je.

- C'est vrai que tu impressionnes toujours beaucoup les gens avec ta carrure et ton air sérieux, remarqua Christina en se penchant vers moi et en me piquant un baiser sur la joue.

Je grognai, étant toujours un peu embarrassé quand elle se permettait ce genre de privauté devant témoin. Duncan se contenta de sourire et de tourner les pages de l'album photo.

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Quelques clichés plus loin, on pouvait voir Duncan fièrement revêtu de son tout nouvel uniforme et brandissant la baguette magique que nous lui avions achetée la veille. Il avait été très heureux d'entrer à Poudlard, encouragé en ce sens par ses grands cousins et par les petits sorciers qu'il avait l'occasion de fréquenter : les enfants Potter, notamment, avec leurs nombreux cousins, ainsi que les petits voisins de mes parents.

Avant qu'il n'atteigne ses onze ans, j'avais pensé que, contrairement à sa mère, je vivrais sereinement la séparation qui découlerait de son admission au collège magique. Ce serait une épreuve pour Christina, mais j'avais d'assez bons souvenirs de ma scolarité pour me réjouir à l'avance pour mon fils.

Mais au fur et à mesure que la rentrée avait approché, une angoisse diffuse m'avait envahi. Aux évocations plaisantes, se mêlaient des rappels du passé moins amusants : des moqueries à l'égard des Sang-de-bourbe et des sangs mêlés, et même parfois des blagues cruelles à leur encontre, comme les enfants peuvent en faire.

Alors que s'étaient égrainés les derniers jours du mois d'août, j'avais souhaité avec de plus en plus de ferveur que mon fils soit réparti à Serdaigle, ou même Poufsouffle (je savais que son caractère l'excluait de la maison Gryffondor), pour éviter qu'il ait à subir l'élitisme dont les Serpentards étaient coutumiers.

Nous avions traditionnellement passé le jour de la commémoration de la Bataille en compagnie des Weasley. Potter avait acheté, quelques années auparavant, un grand manoir, hanté par un fantôme assez sympathique et pourvu d'un grand parc, où il passait ses week-ends et recevait sa famille. Je n'avais pas été étonné de constater qu'il avait fait aménager un grand terrain de Quidditch dans son jardin.

Avec les années et ses quatre grossesses, Ginny s'était un peu arrondie, mais gardait toutefois une silhouette agréable. Sa chevelure était toujours aussi cuivrée et elle n'avait pas perdu son sourire espiègle. Potter aussi s'était légèrement empâté, mais il portait bien ses quelques kilos supplémentaires. Ces derniers lui donnaient une tranquille assurance, renforcée par son regard serein.

Nous étions loin du jeune homme dégingandé qui avait débarqué dans la Ruche près de quatorze ans auparavant, empêtré dans sa popularité et fuyant le regard des curieux. Désormais, quand on le fixait avec un peu trop d'insistance, il retournait son regard à l'importun qui se trouvait rapidement un autre objet d'intérêt. Le temps où on osait lui demander des autographes dans la rue était révolu.

Cela faisait pas mal de temps maintenant que nous n'étions plus partenaires. Au bout de cinq ans, Shacklebolt nous avait séparés. J'étais désormais avec Debbie Taylor. Potter, quand à lui, avait récupéré un coéquipier qui était arrivé à la Ruche un an après lui. Ainsi, Potter devint le plus jeune Auror Senior de la Division. Ceci fut amplement commenté, mais personne ne s'en étonna vraiment ou ne s'en offusqua. C'était le Survivant, après tout.

Potter avait pris son nouveau rôle très au sérieux. Conscient que c'étaient ses anciens faits d'armes qui lui valaient cette rapide promotion, il mit un point d'honneur à la mériter. Parfois, il venait me trouver et m'exposait ses hésitations. Mais la plupart du temps, c'était surtout le manque de confiance en lui qui le faisait douter alors qu'il avait déjà envisagé la bonne solution.

Peu à peu, il avait appris à s'affirmer et Shacklebolt lui avait ponctuellement confié des demi-brigades lors d'opérations spéciales. Il se montra à la hauteur des ambitions que notre commandant avait pour lui, et démontra qu'il était infiniment plus prudent quand la vie de ses hommes était en jeu plutôt que la sienne. Bref, Shacklebolt ne se faisait pas trop de souci pour sa relève.

Potter m'avait donné une photographie commémorative de cette journée. On y voyait tous les enfants présents, après une distribution par les incorrigibles jumeaux d'échantillons de Pommanimal. La photographie montrait donc une horde d'animaux déchaînés, tous revêtus d'une robe sorcière.

En fin d'après-midi, Ginny avait fait remarquer que nous allions nous revoir deux jours plus tard, sur le quai 9 trois-quarts, maintenant que nous avions tous des enfants scolarisés. Elle avait noté le sourire contraint de Christina et était venue s'asseoir à côté d'elle. Voyant ma femme entre de bonnes mains, j'en avais profité pour me lever et aller faire quelques pas dans le parc, pour dissiper le stress que ce rappel avait provoqué en moi.

Je n'avais pas fait vingt mètres, que Potter était venu me rejoindre et m'avait proposé de gagner le sommet d'une petite élévation de laquelle on avait un fort beau point de vue sur la région. J'avais acquiescé en silence, et nous nous étions rendus à l'endroit convenu, dans un silence amical.

"La rentrée ? m'avait-il demandé.

- Mhm.

- C'est vrai que la maison va être un peu vide, surtout au début.

- Ce n'est pas cela, avais-je expliqué. Je me demande dans quelle maison il va être réparti.

- Où est le problème ? Tu as peur qu'il n'aille pas à Serpentard, s'était-il étonné.

- J'espère justement qu'il n'y ira pas."

Potter avait mis quelques secondes à comprendre.

"S'il désire aller dans une autre maison, avait-il fini par remarquer, le Choixpeau ne l'y mettra pas de force.

- Mais justement, il aimerait aller dans la même maison que moi et ses grands-parents. Il ne se rend pas compte du sentiment anti-Moldu qui y règne !

- Tu ne lui en as pas parlé ?

- Non, je n'ai pas expliqué à mon fils que j'ai méprisé les Moldus pendant les trois-quarts de ma vie, ni que la moitié de mes anciens amis me battent froid depuis que j'ai épousé sa mère."

Potter m'avait lancé un regard choqué. Après ce qu'il avait vécu, sa sensibilité aux paroles un peu directes m'étonnait toujours.

"Le Choixpeau ne l'enverra pas là-bas s'il ne doit pas y trouver sa place, avait-il biaisé.

- Bien sûr, le Choixpeau ne peut pas se tromper", avais-je répondu d'un ton sarcastique.

Avait-il déjà oublié que le Choixpeau avait collé un traître avec ses parents ? A la grimace qu'il avait faite, je compris qu'il avait compris ma pensée. J'avais aussitôt regretté mes paroles. Il essayait de me réconforter, et moi je le renvoyais à ses plus mauvais souvenirs.

"Désolé, m'étais-je excusé.

- Non, tu as raison", avait-il soupiré.

Nous étions restés un moment à ne rien faire d'autre que regarder le soleil descendre sur les arbres. Finalement, Potter m'avait dit :

"Même si cela se passe mal, Duncan ne sera pas livré à lui-même. Il connaît bien Lily et il aura des cours avec James. Il connaît un peu les autres Weasley, aussi.

- Ils ne seront pas avec lui dans les dortoirs.

- Si cela se trouve, tu te fais du souci pour rien. Les choses ont évolué depuis la guerre, tu sais.

- Je sais que les Serpentards sont plus tolérants envers les autres maisons, mais envers les Moldus, ce n'est pas si simple.

- Il finira peut-être à Serdaigle, comme Octave, avait continué Potter.

- Peut-être, avais-je concédé. Et James, avais-je demandé pour changer de sujet, prêt à atterrir à Gryffondor ?"

James Potter avait six mois de moins que mon fils et ferait, lui aussi, sa première rentrée deux jours plus tard.

- Je ne sais pas si cela serait bon pour lui. Il est un peu écrasé par la personnalité de sa grande sœur. Ils s'adorent tous les deux, et James a toujours secondé Lily dans ses entreprises, mais cette année loin d'elle lui a permis de s'affirmer. Il serait sans doute préférable pour lui d'être envoyé dans une autre maison. Je pense que Poufsouffle lui conviendrait bien. Enfin, nous serons fixés dans trois jours.

- Oui, nous serons fixés dans trois jours."

Nous étions doucement revenus vers la maison. Alors que nous passions à proximité du terrain de Quidditch, Potter avait souri et m'avait indiqué du menton un des coins du vaste espace dégagé. Montés sur deux balais qu'ils avaient récupérés Merlin sait où, James et Duncan flottaient à un mètre du sol. Visiblement, James, qui semblait assez à l'aise, enseignait à mon fils les bases de cet exercice.

"Tu vois ? m'avait dit Potter. Il a déjà un ami.

- Oui, je suppose que tout va bien se passer !", avais-je tenté de me convaincre, pendant que Duncan exécutait sa première boucle dans le ciel.

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Quelques photos immobiles moldues se trouvaient dans l'album. On y voyait Duncan avec ses cousins Fallen, durant les étés qui avaient suivi l'admission de notre fils à Poudlard.

A partir de la première manifestation de magie de notre fils jusqu'à ses onze ans, nous avons limités nos contacts avec le frère et la sœur de Christina à la traditionnelle fête de fin d'année qui se tenait chez John et Helen, et à quelques visites que nous leurs rendions une ou deux fois par an. Par contre nous n'avions osé ni les inviter chez nous, ni leur confier Duncan sans que je sois là pour intervenir en cas de problème.

Christina avait été très peinée par l'inévitable relâchement des liens fraternels qui en avait découlé, mais elle n'avait pu faire autrement que de s'y résoudre. De leur côté, Tom et Ann avaient tenté de connaître la raison de la soudaine froideur de leur sœur à leur égard, et ils avaient interrogé mes beaux-parents. Ces derniers avaient su rester discrets sur mes particularités, et je crus comprendre qu'ils avaient fini par conclure que j'étais un peu bizarre, très sauvage et que j'empêchais ma femme de les fréquenter. Malgré la contrariété de Christina, je n'avais rien fait pour contredire leur opinion.

Dans ces conditions, reprendre contact avec eux avait été délicat, mais Ann avait accepté de recevoir Duncan chez elle dans le Kent quand Christina lui avait proposé de lui envoyer notre fils. Par la suite, Christina avait régulièrement invité chez nous son frère et sa famille, qui habitaient près de Londres et, moyennant quelques petits aménagements dans notre maison pour y dissimuler tout ce qui aurait pu les intriguer, ces soirées s'étaient bien déroulées. Cependant, les activités de Christina se déroulant de plus en plus du côté des sorciers, elle devait taire beaucoup de choses à son frère et sa sœur. De ce fait, leur relation n'avait jamais retrouvé la complicité qui la caractérisait avant qu'elle ne m'épouse.

Détachant mon regard de l'album de photos, je fis remarquer à mon fils qui allait commencer ses vacances en passant quinze jours dans le Kent :

"Pour une fois, tu pourras parler de tes projets à tes cousins.

- C'est vrai. Mais tu sais, pour Poudlard aussi, je leur ai dit, il y a quelques années.

- Pardon ? dis-je en sursautant.

- Oui, ils insistaient pour que je leur dise le nom de mon école. J'ai fini par leur dire que j'étais dans une école magique, dont le nom devait rester secret et je leur ai décrit Poudlard. Ils ne m'ont pas cru bien sûr, mais par la suite, à chaque fois qu'ils me questionnaient, je leur répondais d'un air mystérieux "une école de magie". C'est resté une plaisanterie entre nous.

- Duncan, dis-je très contrarié. C'était très risqué de leur raconter tout cela.

- C'est pas toi qui m'a dit qu'un bon mensonge doit comporter un fond de vérité ? me demanda innocemment Duncan.

- Si tu révèles toute la vérité, ce n'est pas un mensonge, rétorquai-je, tentant d'ignorer le regard désapprobateur de Christina.

- A partir du moment où ils considèrent que c'est une plaisanterie, ils ont bien été mystifiés, non ?" insista mon fils, qui semblait un peu offensé par mes critiques.

Il n'avait pas complètement tort. C'était même plutôt bien vu. Je lui souris avec approbation et il me répondit en clignant de l'œil, alors que Christina levait les yeux au ciel.

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Sur le cliché immortalisant son treizième anniversaire, Duncan riait avec ses copains que nous avions rassemblés dans le jardin de mes parents pour l'occasion. Près de lui, se trouvait James Potter, qui était devenu l'un de ses meilleurs amis.

Finalement, Ducan avait intégré Serpentard, sans que le Choixpeau n'ait hésité une seconde, m'avait-il raconté. Toujours selon lui, la répartition du jeune Potter avait également été rapide et il avait été envoyé chez les Poufsouffles sans coup férir.

Mon fils n'avait jamais semblé regretter son affectation. Il paraissait heureux à Poudlard, et j'avais fini par me tranquilliser à ce sujet. Régulièrement, Christina pestait contre la barbarie des internats qui séparaient les enfants de leurs parents, mais j'avais toujours considéré qu'elle le couvait un peu trop et, à mon avis, c'était plutôt une bonne chose pour mon fils que de grandir loin de la sollicitude maternelle.

Au début de sa troisième année, il avait intégré l'équipe de Quidditch en tant que batteur et se retrouvait donc régulièrement opposé à Lily et James, qui étaient respectivement poursuiveuse et attrapeur. Cela n'entamait en rien l'amitié entre les trois jeunes gens, qui jouaient éventuellement dans la même équipe lors des matches amicaux organisés avec les Weasley sur le terrain privé des Potter.

Cette année-là, le troisième enfant des Potter, Sirius, avait rejoint la jeune classe à Poudlard. Son envoi à Serdaigle n'avait, semble-t-il, surpris personne. Je me rappelle avoir pensé, que ce serait amusant que la petite dernière, Samantha, soit envoyée chez les Serpentard pour compléter l'éventail des possibilités. Je m'étais abstenu de faire part de mes réflexions à mon ancien partenaire, sachant qu'il n'avait pas énormément d'humour concernant certains sujets.

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La photo qu'il nous avait rapportée aujourd'hui le représentait entouré de son équipe.

Au premier plan, on y voyait Samantha Potter, une batte à la main, sauter au cou de Duncan. Car l'impensable était arrivé : pour la première fois depuis la création de Poudlard, un rejeton Potter était envoyé dans la maison de Salazard ! Lorsque, quatre ans auparavant, j'avais reçu un mot de Duncan m'informant que la petite Sam avait été répartie dans sa maison, j'avais failli tomber de ma chaise.

Je m'étais mieux expliqué l'air un peu soucieux de mon ancien coéquipier, la veille, mais je n'avais pas osé aborder le sujet avec lui. Ce fut lui qui m'en avait touché un mot quelques jours plus tard. Je fus surpris de constater qu'il ne prenait pas trop mal la chose. Après tout, m'avait-il dit, il avait lui-même failli passer sa scolarité dans cette maison. Comment aurait-il pu le reprocher à sa fille ? Par contre, il était inquiet de l'attitude des autres. Il craignait qu'elle fasse les frais de l'hostilité de certains Serpentard et du mépris des ressortissants des autres maisons.

"Comment ont réagi tes autres enfants ? avais-je demandé.

- Oh, je sais que je peux compter sur eux pour faire passer leurs liens familiaux avant tout, et veiller à ce que tous les Weasley en fassent autant. Mais ils ne seront pas toujours avec elle !"

Je m'étais soudain rappelé une conversation similaire au cours de laquelle c'était moi qui avait joué le rôle du père angoissé. J'avais utilisé un argument similaire pour le rassurer :

"Duncan ne sera jamais très loin. Il ne la laissera pas se faire ennuyer par ceux de sa maison.

- James apprécie beaucoup ton fils", avait reconnu Potter.

Ne sachant que dire de plus encourageant, j'avais changé de sujet :

"Pas trop dur pour Ginny de ne plus avoir d'enfant à la maison ?

- Ça va. Elle a repris le travail à plein temps à Ste Mangouste. Minerva McGonagall lui avait proposé de remplacer madame Pomfresh, mais, quand elle l'a su, Lily a poussé de hauts cris. Elle a dit qu'il n'était pas question que sa mère travaille à Poudlard. "C'est déjà assez pénible d'être les enfants du Survivant" a-t-elle précisé, avec son tact habituel.

- Elle n'y est pas allé de main morte !

- Non, mais je la comprends. Ce n'est pas facile d'être le centre de l'attention générale, alors qu'on n'a rien fait de spécial. Et à son âge, avoir ses parents continuellement sur le dos n'est pas très agréable.

- Cela n'a jamais été ton problème, avais-je commenté, un peu étonné de ses connaissances sur la question.

- Dans un mois, Lily aura seize ans, et pour l'occasion, sa mère lui transmettra le journal intime qu'elle a écrit quand elle avait le même âge. C'est une tradition familiale chez les Prewett, la famille de Molly, avait-il précisé remarquant mon expression surprise. Quoiqu'il en soit, Ginny en a profité pour le relire et me l'a passé pour que j'y jette un œil. Nous avions oublié à quel point certaines choses, qui nous semblent futiles aujourd'hui, ont une importance fondamentale pour les adolescents.

- Ça ne vous a pas donné un coup de vieux ? C'était il y a vingt ans, non ?

- Oui, c'est l'année juste avant la Bataille. Eh bien, ce qui m'a le plus frappé, c'est la façon dont Ginny analysait la situation. C'est un miracle que nous ayons été si proches, alors que nous appréhendions les choses de façons aussi différentes. Il semble que j'étais assez nul, en séduction, et à chaque fois qu'elle croyait que j'étais romantique, c'était juste un coup de pot, en réalité.

- Tu n'étais a obligé de lui avouer la vérité, avais-je fait remarquer.

- Le problème, c'est que lorsque Aberforth Dumbledore est allé chercher mes meilleurs souvenirs pour me faire revenir après la Bataille, il a lié mon esprit à celui de Ginny, pour qu'elle lui indique quels souvenirs réactiver. Du coup, elle a tout vu. J'ai de la chance qu'elle ne m'ait pas laissé tomber à ce moment là.

- Et son journal, il ne parle que de votre romance ? Elle n'avait pas consigné votre engagement politique ?

- Bien sûr que si. Au début, cela ne l'intéressait pas tellement, mais ensuite, à force de vouloir m'aider, elle s'est progressivement engagée. J'étais assez étonné de lire à quel point elle me faisait confiance pour vaincre Voldemort. Je lui avais pourtant expliqué toutes les erreurs que j'avais commises. Mais elle ne semblait pas me considérer aussi coupable que je l'étais.

J'avais laissé passer un moment avant de demander :

"Avec le recul, tu penses toujours que tout est de ta faute ?

Potter avait réfléchi puis avait admis :

"Oui, je me considère toujours comme responsable d'actes assez graves. Mais j'accepte mieux cette culpabilité qu'à l'époque. Je crois que j'ai enfin accepté de ne pas être parfait et d'être apprécié tel que je suis. J'arrive maintenant à évoquer mes meilleurs moments avec Sirius Black ou Arthur Weasley sans arrière-pensées trop pénibles."

Il ne s'était pas appesanti sur cette constatation. Très vite, il avait secoué la tête, avait souri et ajouté :

"Pour en revenir au journal de Ginny, en relisant ses pensées et de ses actes de l'époque, on s'est dit que, finalement, nous n'avions pas trop envie de savoir ce que nos enfants faisaient exactement quand ils étaient livrés à eux-mêmes. C'est leur vie, pas la nôtre, alors Ginny a considéré que Lily avait raison, et qu'elle n'avait rien à faire à Poudlard.

- Et encore, tes enfants n'ont pas ta cape d'invisibilité, souris-je à mon tour. Sais-tu ce qu'est devenue ta fameuse carte de Poudlard ?

- La carte du Maraudeur ? J'ai cru comprendre que Lily a fini par remettre la main dessus. Et je lui ai prêté ma cape d'invisibilité quand elle est entrée en première année.

- C'est une incitation à bafouer les règlements, non ? avais-je remarqué, un peu estomaqué.

- De toute façon, avec ou sans cape, elle n'est pas du genre à rester gentiment dans son dortoir, m'avait-il répondu en haussant les épaules. Et puis, pourquoi devrais-je lui accorder moins de confiance que Dumbledore ne m'en a accordé au même âge ? En tant que parents, notre devoir n'est pas de l'enfermer dans nos propres limites, mais de lui apprendre à établir les siennes en fonction de ce qui est bien ou mal."

Je n'aurais sans doute pas formulé les choses de la même façon, mais cela correspondait un peu à ce que j'essayais d'inculquer à Duncan : apprendre à évaluer une situation et, en fonction des circonstances, déterminer l'action qui lui permettrait d'atteindre au mieux ses objectifs.

Finalement, la différence entre les Serpentard et Gryffondors tient surtout à nos motivations : les Lions se voient imposer des limites par leur conscience, et les Serpents par leur intérêt. Dans les deux cas, cela impose réflexion et maîtrise de soi.

Suite à cette conversation, j'avais écrit à mon fils pour lui demander de garder un œil sur la benjamine des Potter. Il m'avait répondu qu'elle n'avait pas besoin de lui, avec la famille qu'elle avait, et que ses premiers détracteurs avaient déjà fait les frais de la célèbre solidarité Potterienne. Il avait ajouté qu'elle n'avait pas la langue dans sa poche et qu'elle avait déjà cloué le bec à tous ceux qui avaient eu la mauvaise idée de lui exprimer leur compassion ou leur hostilité suite à sa surprenante affectation.

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Après que Christina eut soigneusement classé le dernier cliché de la vie Poudlardienne de Duncan, nous sommes passés à table. Nous avons reparlé du programme prévu pour les deux mois à venir. Notre fils devait passer deux semaines dans le Kent avec ses cousins moldus, puis partir avec des amis sorciers pour un voyage en Irlande. Si j'en jugeais par la façon dont il avait dit au revoir, sur le quai 9 trois-quarts, à l'une de ses futures compagnes de voyage, une certaine Rosalind, l'impatience dont Duncan témoignait à l'égard de ce voyage n'était pas uniquement touristique.

Au cours du mois d'août, il devait travailler quinze jours à la Distillerie Stratford, comme ouvrier, tant pour se faire un peu d'argent de poche que pour appréhender les conditions de travail de nos employés, avant de prendre la direction de l'entreprise. Ce qu'il devait faire lors de ses deux dernières semaines de vacances n'était pas encore déterminé.

"Je compte sur toi pour être disponible le 28, lui précisai-je. Cela commencera à treize heures.

- Tu veux que je vienne dès le début ?" s'étonna-t-il.

Les années précédentes, il nous avait rejoints directement chez les Potter, en milieu d'après midi, car je l'avais au contraire dissuadé de venir sur le monument des Aurors. En effet, depuis quelques années, nous étions capables de parler entre nous de ce que nous ressentions vraiment à la suite de la Bataille, et je ne voulais pas perturber Duncan avec ce genre de considérations.

"Je t'ai dit qu'il y aurait une commémoration spéciale pour le 25ème anniversaire de la Bataille, dans mon dernier courrier, lui rappela Christina.

- Je n'avais pas compris que j'y étais convié, dit Duncan.

- Ton copain James ainsi que ses frères et sœurs seront sans doute là, précisai-je, ainsi que leurs cousins Weasley. Le Ministère organise une réception en l'honneur de tous ceux qui se sont battus, et les a invités avec leur famille à une grande réception.

- Je suppose que si on y va tous, on ne va pas trop s'ennuyer, espéra Duncan.

- Les petits fours devraient être corrects, l'encourageai-je.

- Et toi, s'enquit mon fils, tu vas organiser une petite fête, pour ton départ en retraite ?"

Ayant atteint la soixantaine, j'avais décidé de laisser la place aux jeunes. Je ne devais donc pas me présenter à la rentrée de septembre, cette année-là.

"Potter, dont l'humour est toujours aussi désopilant, prétend que la réception du 28 est donnée en mon honneur et que l'on attend un discours de ma part.

- Et lui, il va en faire un ? demanda Duncan, qui connaissait l'aversion du père de son ami pour les mondanités.

- Oui, et cela ne l'emballe pas. Il regrette que son beau-frère ne soit plus Ministre et qu'il ne puisse donc plus influer sur les décisions du bureau ministériel."

Après douze ans de pouvoir, Percy Weasley avait renoncé à se présenter à sa réélection. Il avait intégré la prestigieuse Confédération Internationale des Sorciers et on affirmait, dans les couloirs du Ministère, qu'il allait bientôt entrer au Magenmagot. Son remplaçant semblait avoir d'autres priorités que le maintien des relations diplomatiques avec les non-sorciers mais, Merlin merci, nos liens avec les Moldus étaient restés inchangés jusque là.

"Le pauvre, soupira Christina, compatissant aux déboires du Survivant.

- Ne t'en fais pas pour lui, il va sans doute demander à sa belle-sœur de s'en charger pour lui. Il ne faudra pas s'étonner s'il parle de la défense des centaures ou milite en faveur des droits des vampires.

- Et que vas-tu faire l'année prochaine, continua Duncan que la politique ne semblait pas intéresser outre mesure.

- Je ne sais pas encore. J'ai bien le temps de voir, répondis-je. Pour le moment, j'essaie de boucler mes enquêtes en cours, et cela ne me donne pas trop le temps de penser à la suite."

Duncan nous avait raconté quelques anecdotes de sa vie à Poudlard, puis il était monté défaire ses malles, en compagnie de sa mère.

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Pour la vingt-cinquième fois consécutive, les survivants de la Bataille se retrouvèrent en début d'après midi au monument aux Aurors du cimetière de Londres. Certains d'entre nous n'étaient plus Aurors et suivaient dorénavant d'autres carrières au sein du Ministère.

Shacklebolt, d'ailleurs, devait quitter la Division à l'issue de l'année civile, afin de continuer sa vie professionnelle à la CIA (Coopération Internationale des Aurors), où il devrait coordonner les actions des différentes divisions dans les enquêtes d'envergure internationale. C'était Potter, pourvu depuis cinq ans du grade de chef de brigade, qui s'apprêtait à le remplacer à la tête de la Ruche.

Nous avons rendu hommage à nos défunts collègues et renoué avec les familles de ceux-ci, que nous ne voyons qu'une fois par an, à cette occasion. Le fils de Cyril Weaver, mon ancien partenaire était là, avec sa mère, sa femme et son petit garçon, qui avait l'âge qu'il avait quand son père était mort.

Avant de nous transporter dans le vaste jardin à la française où le Ministère avait organisé la réception, nous avons été rejoints par la famille du Survivant, qui avait accompli son pèlerinage annuel sur les tombes des Weasley, des Prewett, des Potter, de Remus Lupin, Albus Dumbledore et sur la stèle commémorative dressée en mémoire de Rubeus Hagrid. Sur eux aussi, le temps avait fait son œuvre : désormais, les cheveux de Molly étaient complètement blancs et ceux de son fils Bill s'étaient considérablement ternis. Les tempes de notre ancien Ministre s'étaient éclaircies et le sommet de son crâne était désormais bien clairsemé.

Les terribles jumeaux avaient réussis à garder un air d'éternelle jeunesse, et je supposai que leurs connaissances en potions et en métamorphose pourraient leur permettre de cacher certains outrages du temps, si ce dernier osait s'attaquer à eux. Avec les années, la légère claudication que Ron Weasley devait à la Bataille s'était faite plus prononcée, mais cela ne semblait pas avoir entamé son habituelle bonne humeur.

Ginny non plus n'avait pas tellement changé : son visage accusait quelques légères rides autour des yeux et elle était moins audacieuse quand elle montait sur un balai lors des matches de Quidditch familiaux. Mais elle avait gardé son ton mordant et son humour décapant.

En me faufilant entre les officiels et les nombreux invités, je tombai sur le professeur Rogue, qui avait abandonné l'enseignement, quand les rejetons des jumeaux Weasley avaient à leur tour rejoint l'honorable école de Magie. Il travaillait désormais pour Ste Mangouste, qui lui avait offert un poste de Maître de recherche en potions médicinales. Il était accompagné de son ancienne collègue, le professeur McGonagall, qui n'avait pas participé directement à la Bataille, mais dont l'engagement dans l'Ordre était de notoriété publique.

Nous échangeâmes quelques mots. Rogue paraissait satisfait de son nouveau travail qui, à mon sens, lui convenait mieux que l'ancien. Son visage, cependant, était agité de tics, comme s'il n'appréciait pas vraiment la commémoration en cours.

Duncan nous avait laissé, moi et Christina pour aller retrouver ses copains. Il était content de retrouver James, qu'il n'avait pas vu depuis deux mois, et discutait gaiement avec lui, Lily et Sirius. Samantha les rejoignit avec sa cousine Cybèle Weasley-Granger qui avait le même âge qu'elle. Cette dernière avait deux grands frères, qui se régalaient au buffet avec leurs trois cousins Granger-Delacour, du moins le supposai-je. La signature « Weasley » était facile à reconnaître : la couleur de leurs cheveux variait depuis le blond vénitien jusqu'au roux foncé, en passant par le « carotte » le plus éclatant. Mais au-delà de leur chevelure, il devenait moins évident pour moi de trouver des marques distinctives entre tous ces gamins si ressemblants. Pour ça, j'avais pris l'habitude de demander à Potter ou à Duncan de me préciser le nom de celui à qui je voulais parler, le cas échéant.

Un peu à l'écart, cinq petits rouquins faisaient exploser des pétards avec des gamins de leur âge, qu'ils venaient de rencontrer. Ces cinq terreurs étaient les jumeaux et les triplés que George et Fred avaient eus respectivement avec Padma et Parvati Patil. Leur double mariage, plus de douze ans auparavant, faisait désormais partie de la légende de Pré-au-Lard et les enfants qu'ils avaient eus donnaient des cauchemars aux professeurs de Poudlard. Je me demandai combien d'entre aux finirai par jeter l'éponge et suivre l'exemple de l'ancien professeur de potions avant que les cinq affreux n'atteignent leur dix-huit ans.

Le buffet était bien entamé quand l'orchestre, qui accompagnait discrètement nos libations, se tût. Le Ministre de la Magie, qui était jusque là passé de groupe en groupe, monta sur l'estrade dressée au milieu du jardin et commença son discours.

Il ne me plut pas. Il racontait la bataille, non telle qu'elle s'était passée, mais telle que les journaux l'avaient relatée. Il parlait de gloire, de charges héroïques, d'actions d'éclat, de victoire du Droit sur le Désordre. Je sentis mes collègues partager mon trouble. Nous ne nous reconnaissions pas dans ce panégyrique et trouvions ce discours mal adapté à la situation.

Ensuite, le Ministre parla du Survivant, de la chance que nous avions d'avoir un sorcier d'une telle puissance de notre côté, et du symbole qu'il représentait pour toute la communauté sorcière. Il concluait en se disant rassuré de savoir le Survivant bientôt à la tête du corps d'élite des Aurors.

Je jetai un œil à Potter. Il était tendu, le visage rigide, ce qui n'était jamais bon signe. Lui non plus n'appréciait pas ce discours. Une fois apaisés les applaudissements polis qui clôturèrent la prise de parole du Ministre, et auquel Potter ne s'était pas joint, ce dernier fut invité à parler à son tour.

Il ne bougea pas tout de suite, et je crus qu'il allait refuser. Mais il finit par s'avancer vers l'estrade, fourrant en passant le parchemin qu'il tenait à la main dans celle de sa femme. Je devinai qu'il s'agissait du discours qu'il aurait dû prononcer, et qu'il allait le remplacer par une improvisation. Ginny et Hermione échangèrent un regard inquiet, tandis que Ron, Weasley et ses frères jumeaux avaient un petit sourire, comme s'ils s'attendaient à un bon spectacle. Notre ancien Ministre fixait son beau-frère avec intérêt.

Potter monta d'un pas décidé sur l'estrade, et commença sans un mot d'introduction :

"Personnellement, je n'éprouve aucune joie, aucune fierté, aucun soulagement quand je repense à cette journée. Je me souviens de la douleur, de la souffrance, de l'horreur. De la honte aussi et des regrets. Et de la peur.

Nous ne sommes pas des héros. Nous n'avons pas demandé à l'être et ne nous sommes pas conduits comme tels. Nous avons fait ce que nous avions à faire mais pour des raisons personnelles, égoïstes, parfois. Aucun de ceux qui ont participé à cette bataille, ou qui se sont trouvés en première ligne au cours de la guerre, ne se sent l'âme d'un vainqueur. Nous avons tous dû, à un moment ou à un autre, nous abaisser au niveau de ceux que nous combattions. Nous avons tous fait des choix douloureux dont d'autres ont pâti. Nous avons plongé les mains dans le sang et ressenti, à notre insu, l'ivresse que cela procure. Nous avons vu tomber ceux que nous devions protéger.

Ensuite, nous avons repris le cours de nos vies. Nous avons continué comme nous avons pu, dissimulant nos blessures pour ne pas troubler le retour à la paix. J'ose espérer que la plupart d'entre nous ont réussi à apprécier, malgré tout, ce que la vie leur a offert depuis. Que ceux qui portent cette lèpre au fond d'eux-mêmes arrivent à l'oublier la plupart du temps.

Mais que l'on ne vienne pas nous parler de bataille glorieuse et de victoire du Bien contre le Mal. Nous ne voulons pas être présentés comme des remparts contre l'ennemi, comme ceux qui doivent se dresser contre la violence et l'imbécillité. Chacun de nous porte en lui la violence et la bêtise. Tous les sorciers l'ont en eux.

En vingt-cinq ans, j'ai vu de bonnes lois être votées. Nous nous sommes ouverts aux autres, nous avons supprimé des règles injustes. Nous avons arrêté de considérer les autres races de haut. Ce combat ne doit pas être abandonné. Rien n'est jamais acquis. Nous devons continuer à éduquer nos jeunes sorciers, leur apprendre la tolérance, les rendre fiers de ce qu'ils sont mais sans arrogance, et à utiliser leurs pouvoirs avec discernement. Nous devons continuer à améliorer le sort de ceux que nous avons asservis des siècles durant, et les considérer comme des partenaires et non comme des ennemis.

La guerre contre l'oppression et la barbarie se gagne dans les écoles et dans les lois que nous faisons appliquer. Devoir utiliser nous-même la violence est le signe que nous avons perdu la première bataille. Pour gagner celle-ci, nous devons rester vigilants et ne pas oublier. Ne pas nous voiler la face. Se battre n'est jamais glorieux. Nécessaire, sans doute, mais nous devons nous donner les moyens de ne pas y être contraints. C'est cela que nous attendons de nos dirigeants."

Là-dessus, il redescendit de l'estrade et commença à fendre la foule dans notre direction. Aucun applaudissement ne se fit entendre. Les vétérans étaient trop bouleversés pour l'acclamer comme une vedette. Les officiels trop mécontents. Et les autres attendaient la suite des évènements.

Mais la progression du Survivant se faisait de plus en plus lente. Les Aurors, et ceux qui les avaient accompagnés ce jour-là, témoignaient silencieusement de leur soutien à leur porte-parole. Des mains se tendaient sur son passage, pour lui serrer l'épaule ou lui donner une tape dans le dos. Cet hommage silencieux était plus poignant que les acclamations.

Quand Potter arriva auprès de nous, le clan Weasley se referma sur lui. Entouré de sa famille, je l'entendis expirer fortement, comme s'il avait retenu son souffle depuis qu'il avait prononcé ses dernières paroles. L'orchestre se remit à jouer, et l'assistance se mit à bourdonner. Chacun allait de son commentaire sur la performance de l'orateur.

"Chéri, ça va aller ? s'inquiéta Ginny.

- Joli discours, commenta Percy Weasley qui ne semblait pas être contrarié de vois son successeur dans l'embarras.

- On devrait peut-être balancer quelques pétards d'allégresse, proposa l'un des jumeaux, comme si l'atmosphère plombée qui s'était abattue sur le jardin avait constitué un défi à ses capacités professionnelles.

- Ce que j'aime chez toi, Harry, c'est ton sens de la fête, fit remarquer Ron Weasley, arrachant un sourire à son ami.

- J'en ai trop fait ? s'inquiéta-t-il, en regardant Hermione.

- Hum, c'est en substance ce que je t'avais écrit. C'est juste la forme qui est plus… hum, percutante."

Potter haussa les épaules comme s'il se fichait de ce que pensait le Ministre. Il fit toutefois remarquer :

"J'espère que cela ne va pas bloquer Kingsley à la Ruche.

- S'il revient sur sa décision de te nommer Commandant, le Ministre va se retrouver avec toute la Division des Aurors contre lui, il ne peut pas se le permettre, le rassura Percy Weasley. L'opinion publique ne comprendrait pas, et la presse voudrait sans doute expliquer les raisons de ce changement de décision. Il a plutôt intérêt à s'arranger avec les journaux pour passer ton allocution sous silence, et faire comme si de rien n'était. Et il devrait changer d'assistant, aussi. Son discours était totalement inadapté.

- Tu ne veux pas redevenir Ministre ? soupira Potter.

- Tu te débrouilles très bien tout seul, lui répondit son beau-frère.

- Je crois que je vais réactiver mes associations, dit pensivement Hermione. J'ai l'impression que le Ministre nous prépare un retour en arrière.

- Si tu remontes sur ton dragon de bataille, je lui souhaite bien du courage", ricana Percy.

Ils continuèrent à analyser la situation, pendant que je réfléchissais à ce qu'avait dit Potter. Je n'avais pas aimé les phrases grandiloquentes du Ministre, mais je n'adhérais pas non plus à tout ce qu'avait prétendu mon ancien partenaire. Certes, j'étais assez satisfait qu'il ait remis les pendules à l'heure sur la façon dont nous avions perçu la guerre. Je trouvais cependant son propos vraiment naïf. Je ne pensais pas qu'on puisse éviter tous les problèmes seulement par l'éducation et la loi. Certaines personnes tournent mal, quoiqu'on fasse, et veulent imposer leur loi aux autres. Il y aurait toujours des guerres et nous ne devions pas baisser notre garde. Son discours était bien gentil, mais ne reflétait pas la réalité.

Je me demandai même s'il était fait pour être commandant des Aurors avec ce genre d'illusions. Puis je me rappelai ce qu'il avait fait, non seulement pendant la Bataille mais au cours de sa carrière parmi nous. Je ne pouvais l'accuser de laxisme. Il savait élever la voix quand il le fallait et, au cours des arrestations, il usait des moyens nécessaires pour contraindre les criminels à nous suivre.

Je notai que mon fils me regardait gravement, visiblement troublé par le discours du Survivant. Je me dis que nous allions avoir une petite conversation en rentrant à la maison. Une voix féminine interrompit mes pensées.

"William ?

- Oui, Hermione.

- Le discours de Harry vous laisse rêveur.

- Un peu oui. Vous ne le trouvez pas légèrement… ingénu ?

- Non. En tout cas pas la partie où il nous conseille de rester vigilants sur les avancées de notre société. Il suffirait d'une loi pour que les Moldus redeviennent tout juste tolérés."

Je la regardai avec curiosité. Ce n'était pas son genre de vouloir m'inquiéter gratuitement. Elle avait manifestement quelque chose derrière la tête.

"Qu'allez vous faire, le premier septembre ? reprit-elle.

- Prendre des vacances, répondis-je suavement.

- Et après ? insista-t-elle patiemment.

- Eh bien, je suppose que cela va dépendre de ce que vous comptez me proposer.

- Toujours aussi perspicace, admit-elle en riant.

- Vous n'essayez tout de même pas de me convaincre par la flatterie ! lui opposai-je.

- Non, je ne me risquerais pas à tenter de vous manœuvrer. Ce que je vous propose est très simple. Je pense que je vais réorganiser des réunions publiques ces prochaines semaines. Vous savez, des meetings donnant la parole à des intervenants charismatiques. J'aurai besoin de quelqu'un pour m'aider à organiser ce genre d'événement. Choisir des lieux où l'on peut rassembler jusqu'à deux cents personnes, mettre en place un service de sécurité, des choses comme cela. Ce serait tous les deux à trois mois. Cela vous intéresse-t-il ?

- Je vais défendre les Centaures? demandai-je, pas très chaud à cette idée.

- Tout est lié. Si on commence à revenir sur le statut des Centaures, ce sera ensuite le tour des Elfes et on terminera par les Moldus, ou même les Sang-mêlés. C'est à vous de voir, mais je pense que vous êtes aussi concerné que moi.

- Je vais y réfléchir, lui promis-je.

- Prenez votre temps. Il me faudra plusieurs semaines pour trouver des orateurs."

Elle me salua et s'en fut. Je regardai pensivement Duncan, qui discutait toujours avec ses amis.

Christina me rejoignit. Les années avaient passé, mais je me sentais toujours aussi bien en sa présence. De son côté, elle ne semblait pas s'être lassée de moi. Elle me sourit et dit en montrant notre fils du menton :

"On ne s'en est pas trop mal tirés, n'est-ce pas.

- Nous pouvons être fiers de lui, approuvai-je.

- Je suis contente qu'il sache ce qu'il veut faire comme métier, remarqua Christina. Cette Rosalind, à qui il écrit tous les jours, tu crois que c'est sérieux. ?

- Il a bien le temps, lui, fis-je remarquer. Il est un peu jeune pour penser au mariage.

- J'espère qu'il ne tardera pas autant que toi pour avoir des bébés, souhaita Christina. Je suis pressée de tenir mes petits-enfants dans les bras.

- Cela viendra quand cela viendra. Ne l'ennuie pas trop avec ça", lui conseillai-je.

Avec le recul, je comprenais mieux l'impatience de mes parents à me voir casé. Mais je ne voulais pas que mon fils subisse la même pression que moi. Je voulais qu'il soit libre de mener sa vie comme il l'entendait, sans que mes soucis de parent n'interfèrent.

L'assemblée commençait à se disperser. Potter vint me saluer avant de partir, entouré par toute sa tribu.

"Au revoir, Stratford, on se retrouve demain à la Ruche.

- Passe une bonne soirée, Potter", lui répondis-je.

Nos femmes s'embrassèrent pour se dire au revoir. Quand nous nous étions salués, Potter et moi, elles avaient échangé un regard amusé. Elles ne comprenaient pas pourquoi, après toutes ces années et les liens que nous entretenions, nous utilisions toujours nos noms de famille pour nous interpeller.

Je m'étais moi-même interrogé, quelques années auparavant, sur cette répugnance, quand Christina m'avait fait remarquer le caractère étrange de cette habitude. J'avais fini par en conclure que nous étions justement trop proches pour rajouter une intimité supplémentaire en utilisant nos petits noms.

J'avais rencontré Potter à un moment où il avait besoin de confronter ses expériences à l'opinion d'une personne qui lui était étrangère. J'étais certain qu'il m'avait narré des aventures que seuls ses amis les plus intimes connaissaient. Parallèlement, il avait accompagné ce qui avait représenté une profonde mutation chez moi, et je m'étais montré avec lui plus prolixe sur ma vie privée que je ne l'avais été avec quiconque, excepté Christina.

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L'usage de notre nom de famille nous permettait de ne pas nous sentir embarrassés par tout ce qui avait été dit entre nous. C'était une forme de pudeur que ni Ginny ni Christina ne pouvaient comprendre.

Je vis mon fils saluer ses amis avant de revenir vers nous. D'un coup, j'appréhendai le chemin que j'avais parcouru depuis qu'un jeune et timide collègue avait fait son apparition à la Ruche, sans savoir qu'il allait chambouler les habitudes et les préjugés du vieil Auror solitaire qui avait, à son grand dam, hérité de lui.

Nos blessures invisibles nous avaient rapprochées et nous nous étions apportés beaucoup plus que nous n'aurions pu l'imager.

Je croisai le regard de Christina, elle me sourit. Duncan nous regarda sans comprendre :

"On y va ? nous demanda-t-il.

- Oui, répondis-je. Rentrons à la maison."

- FIN -

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Note 1 : L'idée de l'album photo nous vient de Fenice.

Note 2 : Crookshank a rejoint mon équipe de correcteurs pour ce dernier chapitre.

Note 3 : Pour ceux qui trouvent ma conclusion sur les familles Potter et Weasley un peu légère, je vous invite à lire le dernier chapitre de Après le bataille, intitulé : Ainsi va la vie. Je n'ai pas voulu tout redire, c'était trop long.


19/07/05 : Bonjour à tous.

Eh bien voilà, c'est terminé. Nous allons refermer les pages de l'album et passer à autre chose. Cette semaine, cela a été un véritable marathon pour moi, entre ce chapitre qui n'était pas terminé, et la sortie du sixième tome. Mais tout est bien qui finit bien, je vous livre ce récit dont les dernière lignes ont été écrites il y a quelques heures à peine, en espérant que cela vous plaira.

Sans doute, certains aspects auraient pu être plus développés, mais nous en sommes déjà à 10 000 mots, ce qui est déjà beaucoup.

Il nous reste à nous dire au revoir.

Pour ceux qui n'aiment pas lire les longues notes d'auteurs, je dirais en substance, mes rendez-vous hebdomadaires avec vous vont beaucoup me manquer. J'aurais vraiment aimé continuer à publier mais depuis que je me suis remise à travailler, ce n'est plus possible. Je vais donc adopter un rythme plus raisonnable, pour moi et ma famille.

Je remercie tous ceux qui m'ont lu et ceux qui m'ont laissé des commentaires. Ces 18 mois de publication m'ont apporté beaucoup de satisfactions, de joies et m'ont fait rencontrer des personnes que j'apprécie.

Merci aussi aux lecteurs anonymes. J'ai découvert combien vous étiez nombreux en janvier dernier quand j'ai eu accès au nombre de lectures sur mes pages et je ne reviens toujours pas du nombre de personnes qui viennent me lire. Merci d'être passés.

A très bientôt, pour ma première chronique. Je la publierai dans deux semaines. Vous y retrouverez les quatre enfants Potter et Duncan Stratford.

Pour être au courant, mettez-moi dans vos AUTHOR alerts ou consultez mon profil.

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Pour ceux qui ont le temps, je vais faire dans le détail :

Arrivant à la fin de cette histoire, il est temps de préciser que tout ceci n'aurait pas existé sans certaines personnes. Mon classement est d'ordre chronologique, car j'aurai été bien en peine de quantifier précisément ma gratitude.

Donc, grand merci à Madame Rowling, qui écrit si bien, et aux amis qui m'ont prêté HP5 en anglais, ce qui m'a incitée (pour des difficultés de traduction) à rechercher désespérément des indications sur les sites HP. C'est ainsi que j'ai découvert le monde de la fanfiction.

Merci donc aux premiers auteurs que j'ai lu (dont je ne me rappelle pas le nom). Leurs histoires ont été assez bonnes pour combattre le préjugé négatif que j'avais sur cette discipline. Merci aussi au site dont un des liens m'a amenée sur FanfictionNet.

Merci bien sûr au site Fanfiction point net. Ce site a des défauts, une politique de publication qui ne plait pas à tous, des sanctions contestables, des bugs, des périodes d'indisponibilité, mais il a le mérite d'exister. Il a aussi la qualité de s'ouvrir au monde et d'offrir des polices de caractères diverses (arabe, hébreux, danois, japonais).

Un immense merci à Bubblejoyce qui a accepté mon offre de relecture, ce qui m'a donné l'occasion de sortir de mon statut de simple lecteur. Je lui suis reconnaissante d'avoir émis l'hypothèse que j'étais tout à fait capable d'écrire, et d'insister malgré mes dénégations. Et elle m'a merveilleusement encouragée quand je lui ai envoyé le premier jet de Ginny en 6ème année, et m'a fidèlement reviewé pendant des mois.

Je dois également beaucoup à Alysia qui, dans son Journal de Ginny la furie, a créé un personnage sur lequel j'ai eu envie d'écrire. Elle a également été très généreuse en me permettant de lui emprunter SA Ginny et de publier une suite à son histoire, même si cette dernière ne correspondait pas à celle qu'elle avait imaginé. Elle est également venue me mettre une review dès la parution du premier chapitre, ce qui était vraiment délicat de sa part.

L'inspiration pour MSB m'est venue, ainsi que je l'ai déjà dit, de Antigone Bird, Serpentard, de Coline la retameuse, et Rupture d'un processus linéaire de Fenice. Cela mérite d'être répété.

Une immense reconnaissance bien entendu pour mes correcteurs Monsieur Alixe, Fenice et Calimera. Je vous en ai régulièrement parlé, et pourtant, je n'ai pas précisé combien d'expressions succulentes étaient de leur cru, combien d'idées ils m'ont donné, combien de pistes de réflexions ils m'ont obligé à creuser, pour finalement donner le texte que vous avez lu. Et je ne parle pas des fautes d'orthographe, de grammaire et les lourdeurs de style. Ils méritent bien d'être cités juste après JKR dans mon disclamer.

Enfin, un merci particulier à ma famille.

A monsieur Alixe qui a accepté d'avoir sa femme pendant des heures sur son ordinateur. Je ne connais pas beaucoup de maris qui, en rentrant du travail, se mettent à préparer le dîner ou à baigner les enfants sans protester, alors que leur femme est en congé parental, mais doit répondre à ses reviews, a une crise d'inspiration soudaine ou des corrections à faire pour les copines. Merci, mon amour.

A Cécile qui a appris à dire "Maman poser ordinateur là" pour avoir accès à mes genoux quand elle veut un câlin. A Louise qui aimerait tellement taper sur l'ordi de maman et jouer avec le fil électrique, mais qui n'a jamais le droit. J'espère qu'elle ne restera pas traumatisée à vie pour avoir entendu le bruit des touches à chaque fois qu'elle était au sein.

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Vous avez laissé un message, ou deux, ou bien une petite phase chaque semaine. Vous avez écrit de longs commentaires ou laissé seulement deux, trois mots. Vous avez argumenté, critiqué, ou raconté votre vie. Parfois, vous avez simplement signalé votre passage.

Comme chaque auteur, j'ai scruté avec frénésie ma boite à lettre les jours de publication. Et j'ai été terriblement gâtée : j'ai reçu beaucoup plus de reviews que je n'en attendais. Vraiment beaucoup plus. MERCI à tous. Merci à tous mes reviewers :

4rine, 6eireann, Abel, acheqa, AdelheidRei, Aibe974, alana chantelune, alinemcb54, Allima, Alpo, Amy Keira, Andromede, Andryade, angel of shadow, Angel's Eyes, Angie Black, Antadelie, aresse, atalante, aurore, auzzy, ayuluna, B.B darksun, BabyChang, badmoony, Bambou , Belphégor, Belval, beru ou bloub, Black Phoenix, Boneless, Bruno-Pier, Bubblejoyce et Olympe, bubu, Bunny, c.Thalie, calimera, cecile Rogue, Charlie49, chiffonnette, Chloé, christi2222, chrys, chrys63, Cigale, Claclou, Coline la retameuse, cornelune, cram, Crookshank, Csame, dadmax, Dawn456, debo, denonia, dia', didi, divine-sigyn, Djeiyanna, Dragonia Lucilius, Draya Felton, Dreyd, Dupapier, Edwige, Eileen Ana, Eiream, eiwas, ElizabethMalefoy, Ellyana, Elmire, elora, Eowyn-87, Fashion Phoenix, Fee Fleau, Fenice, Finelame86, Flo-Fol-Oeil, florence, Fofolleuh, Freyja Idunna, Frudule, Gaby B, geobabault, Grawp, Gred, griphus, Guezanne, hadler, Harana, Harry Gryffondor, Hinkyponk, Hortence , idefix61, Ishtar, Jacen , Jean Benoit, JOB3-14, Julie, Kaorulabelle, KathyMagda, Kazy, Kethry, Kika, kikou224, Kira-sama, kobe23, kyras01, La p'tite Lili, lacarpette, Lady Lyanna, laetitia rogue, Laikala Louve, Lanata, lapaumee, Lélou, Lenaleonyde1138, les p'tites femmes, Lila Flow, lilix28, Lily Petite Etoile, Lilynette, lilynn, Lisandra, Lizzie, Loluciole, lucendiluna, Ludi', Lunenoire, Lyane, Lyrathena, lywadielle , m4r13, mademoiselle mime, Malice, manehou, Marie-Jo, marion-moune, Mary Potter (et ses amies), mate, Mhisoka, Miaow, Milenaz, Milie, Millenium, Mimi Lufkin, Minuial, MiRuG, miss serpentard, MJ, molly, Monozygote , mushu, nammu, Namyothis, nicolas, Niphredill, Nobee, Nymphelane, Olen, oliviabretagne, orrchy, Patacitrouille, Patronus, Petite plume, Philoso, Phoenix20, p'tite puce, Ptronille, Qc-HP, Rayuroplanis, Rebecca-Black, Rushia, Ryan, Sam Elbereth, samikitty, Sandrine Lupin, Saphira Dragon Princess, Saroux, Sassy, Severia Dousbrune, Shima-chan, Shiri, sirilis, sissicho, sofiaevans, Steamboat Willie, Synopsis, tar-NeFyS, taz, ThEhEnKeLkAlItY, thomas , Titania, TitaniaFeadora, Titania.M, ttazz, vaaliyah, Vert, vertemeraude, vestrit, virg05, Wyneak, Yonara, youpala, yuna, Zabou, Zakath Nath, Zelhia

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MSB en chiffres :

Nombre de mots (sans compter les notes d'auteur et RàR) : 151 000

Nombre de reviews : 1 581

Nombre de reviewers : 208

Nombre de mois d'écriture : 12

Nombre de mois de parution : 10

Nombre estimé de lecteurs : plus de 700 (plus de 800 passages par semaine sur le dernier chapitre)

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Et les réponses à mes chers lecteurs :

Kazy : moi aussi j'aime beaucoup le tome 6, mais je propose qu'on en parle par mail privé, histoire de pas gâcher le plaisir des autres (maintenant que tu as avancé, tu comprends mieux pour Horace ?). Les erreurs : j'ai rien retrouvé de tel sir les animagus, et j'ai du mal à y croire : qui choisirait de se transformer en rat? Et Sirius aurait sans doute choisi un animal plus prestigieux. Concernant ta remarque sur le prédécesseur de Percy je n'arrive pas à comprendre à quoi tu fais référence (je dois être fatiguée). Pour la présence de Titus et Octave, bin oui, je me suis trompée, mais c'est sympa de les avoir au mariage, non ? Et c'est quand même mieux que la cérémonie ait lieu après la commémoration. Effectivement, Ginny est enceinte de trois mois, bravo, y'en a qui suivent. Pour la gestion des enfants Potter, je ne suis pas sure que ce soit si difficile. On en reparlera quand tu auras lu la chronique, cela te donnera peut-être des idées.

Saroux : merci pour ton mot. Pas d'autre fic géniale à l'horizon. Juste des petits textes quand j'ai le temps.

Black Phoenix : merci de m'indiquer que tu es toujours là. Pour Octave et Titus…tu as entièrement raison. Alors on va dire que : soit la rentrée était plus tard (le 6 septembre), soit ils ont eu le droit de s'absenter exceptionnellement un samedi, soit…je me suis trompée et c'est irrattrapable.

Petite plume : Merci pour ce long commentaire qui compte pour 38. Si tu n'aime pas trop Ginny, effectivement, mes précédents écrits risquent de t'énerver, elle un peu Mary Sue (Ginny Sue?). Pour l'idée Gryffondor/Serpentard, j'ai surtout voulu montrer que l'on peut exploiter cette veine sans pour autant faire un slash ou une histoire d'amour. J'ai aussi voulu montrer des Serpentards moins caricatural que dans les HP. Et puis faire une petite chronique du racisme ordinaire, comme tu l'as bien compris car ton anecdote cadre totalement avec ce que j'ai voulu démonter (enfin plutôt témoigner). Non, j'ai pas fait tellement de recherches pour ce récit. Mais l'écriture est un long travail de frappe, de relecture et d'amélioration. Par contre, j'ai souvent repris mes HP ou me sis rendue sur le site de l'encyclopédie HP pour faire correspondre mon récit au canon. J'ai pas mal compulsé mon dictionnaire des conjugaisons et mon petit Robert aussi. Je lis aussi beaucoup dans les transports en commun. Si tu prends la ligne numéro 1 on va peut-être se rencontrer : pour me reconnaître, c'est simple, j'ai le HP6 avec la photo du livre de potions en couverture ;-) Je rigole en t'imaginant demander à toutes les lectrices que tu rencontreras si elles s'appellent Alixe ! PS : j'ai bien mis ton mail dans mon carnet d'adresse

Baby Chang : Tu est dans mon Top depuis lontemps, tu sais, depuis 3 fics, à peu près ! merci d ton amour inconditionnelle pour Willyboy, et j'espère que ta curiosité est satisfaite à propos de Duncan.

Fee Fleau : Eh oui, à ce moment là, harry ne va pas si mal quand il se retrouve avec des gens qu'il aime bien. Finir en beauté : j'espère…

Mushu : Oui, les futurs père, c'est toujours un peu bizare.

Florence : Dsl, j'ai été un peu rapide sur les jumeaux, j'en dis un tout petit peu plus dans le dernier chapitre de ALB. Oui, on peut qualifier la fin de cette histoire d'happy end.

Sassy : j'espère que tu as passé de bonnes vacances. Merci pour tes compliment. Oui, cette écriture m'a fait prendre conscience à quel point la famille était un obsession chez moi lol ! il faut dire que je suis gâtée de ce côté-là. A moins que je n'aie lu trop de contes de fées quand j'étais petite, et que je ne peux m'empêcher de terminer par "ils vécurent heureux t eurent beaucoup d'enfants".

Allima : Tu aimes les mariages, à ce que je vois. Je ne sais pas si je l'avais signalé, mais dans ALB, j'ai rajouté le discours de Ron à la fin du mariage de Harry et Ginny. Pour Lily au monument des Aurors, c'est un truc que j'ai essayé : amener un bébé à un enterrement, c'est le succès assuré. Cela réconforte beaucoup de voir qu'il y en a qui sont au début de la vie. Oui, hôtel Ritz, faut bien se permettre des petits extras de temps en temps. Dsl, pas tellement de Will face à son bébé, j'en ai fait beaucoup avec Harry, déjà. Juste Will face à son grand garçon…

Csame : Contente que tu ait apprécié le blog d'Eolas, je me régale à le découvrir. Je pense que je me remettrai à mon site d'ici 2 semaines, de retour de vacances. Merci de ta proposition, je n'hésiterai pas en cas de besoin. Comme tu dis, j'ai énormément de travail à faire dessus. Enfin, on ne va pas reprocher à ffnet de tenter de s'améliorer, non ? tu a acheté HP6 ? Là j'en suis à la moitié…

Vert : ta discussion avec Fenice devait être intéressante. Faudra m'inviter la prochaine fois… Moi, ressembler à une série télé ? Mais j'ai pas la télééééé… je suppose que j'ai irrémédiablement été marquée par les 10 ans de ma vie où je l'ai eu. C'est une idée ça les rires enregistrés. Et si je laissais les commentaires de mes relecteurs, hein ? les "mouarf" de Fenice et les "niark" de Calimera ! Ce serait drôle, non ? # Pense qu'il faudra se dépêcher de remettre son site à jour maintenant que MSB est terminé # Très jolie métaphore filée sur la fin…

Shima-chan : Oui, les messieurs ont parfois de drôle de réaction, le jour des naissances (mais les futures mamans aussi). Bises.

beru ou bloub : Snif, je j'ai acheté le HP6, mais je peux pas le lire, je fais mes RàR... ¨Pour ton idée, je ne vois pas trop Harry accepter de voir Drago en dehors du boulot, mais c'est vrai que cela pourrait faire une bonne scène. Euh, si quelqu'un veut l'écrire, cela m'intéresserait beaucoup.

Monozygote : Wouah, des persos d'Instantamots ! J'adore votre histoire ! Mais on ne peut pas mettre de reviews dessus, c'est dommage. Enfin, pour être franche j'en suis toujours au mois de novembre par manque de temps, mais continuer cette histoire fait partie de mes priorités. Je trouve ça si original et drôle ! Et très bien construit aussi. Vous avez un scénario de prévu à l'avance je suppose. Je serai très intéressée de savoir comment vous faites cela. Oui, les mini Alixe sont bien des filles toutes les deux. Et Monsieur Alixe trouve pas qu'il a tant de chance que cela. Il trouve que sa femme passe bien trop de temps avec Oscar !

alana chantelune : Oui, Duncan c'est Macbeth ! On se retrouve quand je rentre de vacances début août !

Finelame86 : Pas cool ton ordi. Merci pour tes bons mots et d'avoir si bien saisi ce que j'ai voulu exprimer. (j'espère que tes résultats t'ont satisfait).

sofia evans : Pour découvrir toutes les fonctionnalités de ffnet, tu peux aller sur mon site. Lire est le meilleur moyen d'avoir de l'inspiration.

thomas : Ta review m'a fait très plaisir. J'espère vraiment lire ton histoire bientôt.

Vestrit : Merci de m'avoir suivie tout au long de cette histoire (et même rattapée sur ce site).

chrys63 : Contente de constater que tu a tilté sur le numéro deux des petits Potter.Merci pour tes compliments. Je ne promets rien pour la suite…

Crookshank : Oui, j'ai eu du mal à trouver un nom issu d'une pièce qui me plaise. J'aimais bien Benedikt aussi, mais Guezanne l'utilise déjà. Quand j'aurai un peu de temps, j'irai lire les critiques de ton site, c'est intéressant. Moi aussi, c'est ma pièce préférée, elle est tellement drôle. J'avais bien aimé l'adaptation de Branagh (je la connaissait depuis longtemps avant). Pour le mariage sorcier #Alixe devient toute rouge#, dans ma première version, Fenice me met : "trop vague, ils ont quoi comme symboles ? des grains, des cornes, du gui ?# Du coup, cela a été des grains, des cornes et du gui….#Alixe part se cacher# Bon, j'avais été voir un site sur les celtes quand même. Grance à Fenice toujours, j'ai eu un mien vers un site administratif anglais et le mariage administratif n'est pas passionnant, alors j'ai été rapide. Pour le côté fréquentable, c'est un peu la vie qui nous façonne et nos rencontres…c'est en tout cas l'histoire que j'ai voulu raconter.

Hortence : Merci pour mes bétas, ils le méritent. Et merci d'avoir posé ce mot.

Malice : Merci pour tes félicitations.

Rebecca-Black : Bin, là, c'est le dernier chapitre. Désolée.

Aibe974 : Bravo pour ton brevet. Willy papa, j'aurai pu en faire un roman, mais j'ai pas le temps !

Flo-Fol-Œil : Merci pour tous tes compliments. Je suis très heureuse que tu aies autant aimé

Eiream : Hélas, tout a une fin...

mademoiselle mime : Hélas, moi non plus je veux pas arrêter, mais faut bien que je travaille...

marion-moune : bravo pour ta perspicacité. James aura bien 6 mois de différence avec Duncan.

La p'tite Lili : j'espère aussi qu'ils vont rester heureux jusqu'à la fin de leur vie, mais moi, je vais pas jusqu'à là…

Titania.M : Cela me fait drôle de lire ce que tu m'écris des personnages. Moi aussi cela va me faire bizarre d'arrêter.

Niphredill : Merci pour le bon moment que j'ai passé à lire ton commentaire.

Bambou : t'es noté dans mon carnet d'adresse. Normalement, je reviens dans 2 semaines, pour une chronique. Merci pour tes compliments.

Lady Lyanna : Contente de t'avoir fait rire.

Lyane : A moi aussi, ce RV va beaucoup manquer

Qc-HP : Merci de ta fidélité.

Amy Keira : J'espère que tui n'ees pas trop déçue des années que j'ai sauté. Mais il fallait bien en finir…

Ryan : En fait, mes idées me viennent de ce que je lis. Donc comme dernièrement j'ai poas eu le temps de lire, pas étonnant que rien ne vienne. D'ici 6 mois, j'airai peut-être une autre illumination… (ou après le HP6, va savoir)

Lywadielle : Ok pour les 39, reviews en 1. Merci pour ton mot.

mate : Non, la répétition des gentilles paroles ne me lasse pas et ta fidélité me fait plaisir !

Fenice : pas trop déçue que j'ai sauté la naissance ? T'aurai du mal, hein, si tu rencontrais un mec comme Willy !

Dawn456 : Merci pour tous tes bons mots. A moi aussi ce rendez-vous va me manquer.

Jacen : Merci pour tes compliments et ce conseil de lecture. Comme je l'ai expliqué dans mes diverses notes d'auteur, je ne peux pas continuer car j'ai repris le travail et ne pourrais suivre le rythme. Je me limiterai donc à poster des textes, au gré de mon temps disponible et de mon inspiration.