Auteur : Le terme "summoner" pour "invokeur" est utilisé dans cette histoire (c'est le terme "original).

C'est une Aurikku (Auron x Rikku). Cela se passe à la fin du jeu (donc attention au spoiler).

J'ai pris quelques libertés avec l'histoire.

Note du 14 avril 2014 : Chapitre corrigé (Il était temps..)


Chapitre 1 : « Vers l'Au-delà »

La félicité était revenue sur Spira. Il regardait le summoner, qu'il avait protégée durant un long voyage, danser pour l'envoyer enfin au repos éternel. Ses anciens compagnons l'observaient d'un air triste. C'était un au revoir et non pas un adieu. Ils le savaient pourtant. Son histoire était terminée depuis si longtemps déjà. Son livre était rangé dans les mémoires oubliés de Spira. Sentant son corps s'en aller, il sourit une dernière fois avant de s'en aller pour de bon. Il ferma l'œil qui ne lui avait pas fait défaut et s'endormit. Ce sommeil qu'il espérait acquérir depuis tellement longtemps.

Il sentit ses pieds se poser un peu brusquement sur un sol dur. Il rouvrit son œil et regarda autour de lui. C'était ça l'Au-delà ? Le ciel était rougeoyé par les lumières d'un soleil. Les nuages colorés de rouges et d'orange. Le sol était sec et craquelé et s'étendait loin vers l'horizon. Il possédait toujours son arme avec lui. Son épée dont la lame brillait encore sous les rayons du soleil. Ses lunettes noires toujours posées sur le nez. Impossible. À moins qu'il n'ait pas encore rejoint l'Au-delà. Il mit son épée sur son épaule comme dans son habitude et se mit à marcher. Un vent soufflait doucement la plaine sèche, faisant soulever des grains de terre comme une brise dans un désert. Il ne faisait ni chaud ni froid. Le soleil commençait à peine à se montrer derrière des nuages rosés et orangés. Yuna l'avait-elle envoyé dans un mauvais endroit ? Il était incapable de dire depuis combien de temps il était là. Seule son épaule douloureuse le faisait arrêter quelques instants pour se masser ladite épaule et recommencer à marcher. Toujours rien à l'horizon. C'était ça le repos éternel ? Perdu au milieu de nulle part ? Il était tout aussi surpris que son corps était toujours là. Trouvant futile ce genre de questions alors qu'il ne faisait plus partie du monde des vivants et ni des morts par mis les vivants sur Spira, il continua sa route, tout en ne connaissant pas du tout le chemin.

Il jeta un regard au soleil : il se levait petit à petit. Il n'y avait rien à l'horizon. Juste une étendue de terre sèche et craquelée. L'air ne contenait aucun parfum. Le vent semblait être monotone, balayant le sol comme ci il n'avait rien d'autre à faire. En y réfléchir, tout semblait monotone : les nuages qui ne bougeaient pas, le soleil qui montait très doucement dans le ciel, le vent, pas de décalage de température.. Rien. Fatigué, il se laissa tomber sur le sol, plantant son épée et la garda en main. Il libéra son bras gauche de son attelle pour remonter ses lunettes. Il ne voyait rien à l'horizon. Combien de temps avait-il marché ? Il eut comme l'impression d'avoir fait du surplace. Il n'y avait pas de marque de pas sur le sol à cause de son aridité. Il n'avait aucune idée de la distance de son point de départ à ici. Et s'il avait tourné en rond ? IL n'y avait aucun moyen de repères. Pas un caillou ou une pierre posés çà et là. Il avait même l'impression que les fissures dans le sol se répétaient à l'infini. Qu'elles décrivaient les mêmes formes et les mêmes chemins sur le sol aride. Qu'est ce qu'il essayait de rejoindre déjà ? Et s'il n'y avait rien à rejoindre ? Qu'il faisait réellement du surplace ?

Il se releva et planta son épée dans le sol comme pour marquer un point de repère. Il s'éloigna d'elle de plusieurs pas. Elle s'éloigna elle aussi. Donc il ne faisait pas du surplace. Où devait-il aller alors ? Au nord ? Au sud ? À l'ouest ? À l'est ? Où étaient ces directions déjà ? Le soleil ? Devait-il se diriger avec le soleil tourné vers lui ? Ne trouvant aucun autre point de repère, il décida de suivre le soleil. Face au soleil, il se remit en route, l'épée sur l'épaule. Il s'arrêta de temps à autre pour se masser l'épaule. Plus le temps passait, plus il avait l'impression que son épée s'alourdissait. Il fatiguait. Il n'avait aucune notion du temps. La course du soleil semblait très lente ou était-ce lui qui était lent ? Ses jambes commençaient à l'abandonner. Il marchait plus vraiment droit. Il titubait presque. À bouts de forces, il se laissa tomber de nouveau sur le sol. Son épée retomba sur la terre aride en un bruit métallique qui sembla se répercuter au loin indéfiniment. Il se coucha sur le dos et se mit à fixer le ciel orangé. Il se remémora la dernière danse de Yuna, les yeux remplis de fatigue et de tristesse de ses anciens amis gardiens. Il se souvint de la magicienne noire, du joueur de Blitz Ball, de l'Albhed, du Ronso, du summoner et du fils de Jecht. Son esprit fut balayé par une tornade d'incompréhension. Il se souvenait de tout, de ses tortures, de ses douleurs, de ses maigres joies et de ses peines. N'était il pas censé une fois envoyé n'être qu'un souvenir ? Son âme et son corps étaient encore intimement liés. Comment était ce possible ? Yuna l'avait envoyé. C'était déjà absurde qu'il puisse encore jouir de son corps. Ne connaîtrait-il pas le repos éternel ? Était-il condamné à être un errant ? Il était perplexe et perdu. Perdu dans cette plaine aride. Il n'y avait rien à part lui. Rien d'humain devait on dire. Rien à part l'égarement et la solitude.

Énervé, il se releva de nouveau, reprit son épée et continua sa route d'un pas plus rapide. Ne se souciant ni de son épaule douloureuse ni de ses lunettes qui glissaient dangereusement sur son nez, il se mit à courir. Il retira l'épée de l'épaule, la tenant sur le côté, la lame tournée derrière lui, il accéléra sa course. Ses jambes chancelaient, ses poumons brûlaient, ses lunettes fuyaient de plus en plus son front. Il changea son épée de main quand celle-ci semblait trop lourde. À bout de souffle, il dut s'arrêter. Le coeur battait à tout rompre en lui, la respiration rapide, un point de côté extrêmement douloureux, l'épée lourde et futile. Las d'elle, il la laissa derrière lui et continua sa route en marchant lentement pour récupérer, la main sur son point qui transperçait ses côtes.

Quelque chose attira son attention au loin. Il se dit qu'enfin quelque chose changeait dans le décor. Ayant récupéré, il s'avança d'un pas plus rapide. Plus il s'avançait, plus ce qu'il voyait au loin se distinguait. Il reconnut la forme d'un gros rocher. Cela ne l'avançait pas beaucoup dans sa route. Arrivé au pied de celui-ci, il put admirer la hauteur du dit rocher. Il avait une forme grossière et irrégulière. Il fit le tour du rocher et n'y trouvera rien. Aucune inscription ou égratignure. Il regretta à ce moment-là d'avoir laissé son épée plus loin. Il aurait pu détruire le rocher afin de voir s'il ne cachait rien en dessous. Il s'assit, le dos contre le rocher et leva la tête vers le ciel. Il devait se rendre à l'évidence : non seulement il était perdu, mais en plus il ne savait pas s'il se trouvait dans l'Au-delà ou encore sur Spira. Pourquoi devrait-il s'en soucier ? Peut-être que toutes les personnes mortes revenues parmi les vivants sur Spira et envoyé par la suite subissaient le même sort.

Il ramena les genoux contre lui et les entoura de ses bras avant de caler sa tête entre ceux-ci. Ça lui était déjà arrivé d'être perdu comme cela. Il arrivait toujours à s'en sortir, car un détail l'aidait dans la plupart du temps. Et puis seul comme ça si longtemps.. dans un endroit régulier à l'infini.. Comme ci quelqu'un lui avait jeté un sort. « Essaie de te débrouiller à trouver la sortie dans un lieu sans aide et étendu à l'infini ». Il n'avait rien trouvé depuis des heures et des heures mis à part ce rocher. Exténué, il se laissa aller au sommeil.

Quand il ouvrit de nouveau son œil gauche, la nuit était tombée. Combien de temps avait-il dormi ? La nuit ? Le temps s'écoulerait-il encore ? Était-ce qu'un effet de fatigue de voir le soleil se lever trop doucement a l'horizon ? Se levait-il ou se couchait-il ? L'ancien gardien s'en fichait de savoir. Il ressentit le froid de la nuit et tressaillit. Il comprit alors qu'où qu'il fût, il n'était pas dans l'Au-delà. Il était quelque part sur Spira. Un lieu de perdition. Un lieu sans doute maudit. Était il prés d'une ville ? Était-il près d'un lac ? Était-il plus au nord qu'au sud ? S'il se trouvait bel et bien sur Spira et non dans l'Au-delà, il voulait savoir pourquoi. Une seule explication lui vint à l'esprit : sur le coup de l'émotion ou de la fatigue, Yuna l'avait envoyé vers un tout autre endroit.