DANS L'ATTENTE DU SOUVENIR

Auteur : Elehyn

Disclaimer : Les romans Harry Potter appartiennent à JK Rowling. J'emprunte juste le contexte et les personnages pour écrire des cochoncetés.

Résumé : Severus est consterné. Comment Dumbledore peut-il lui demander de recueillir Harry Potter, celui-là même qui fut son mari un an plus tôt et qui l'a détruit en demandant le divorce ? Un Harry désormais amnésique…

Warning : Slash Severus Snape/Harry Potter de rating R ou relations homosexuelles entre deux beaux mâles qui sont (contrairement à ce que tout le monde pense) les seuls responsables du réchauffement planétaire ! (Et si seulement, ça pouvait être vrai…) Ames innocentes s'abstenir donc. Et idem pour les homophobes.

NdA : Absolument pas raisonnable est ma décision de poster cette nouvelle fic mais qui a dit que je l'étais ? Lol. En fait, si je la poste, c'est que cette fic date de longtemps. Ce projet a été l'un de mes tout premiers et les trois quarts étaient déjà écrits depuis un bon moment. Je ne vais peut-être pas l'updater très souvent, mais lui donner réellement 'naissance' me tient à cœur et c'est plus pour moi que je la poste (même si elle est aussi pour vous ).

Gros poutouxes à tous ;)


DANS L'ATTENTE DU SOUVENIR

Chapitre 1 : L'accident

La pièce était brillamment éclairée par les chauds rayons du soleil de printemps qui se répercutaient sur les murs peints. Cette pièce avait été décorée par Harry. Harry Potter, son mari depuis un peu plus de deux ans. Le jeune homme de dix huit ans qu'il était alors avait démontré qu'il possédait un réel don pour la décoration intérieure ou extérieure et pour l'harmonie des couleurs. Tout dans cette pièce reflétait le chaud. Tout sauf un homme.

Un homme vêtu de noir, aux cheveux d'ébène qui recouvraient un visage blafard. L'homme était recroquevillé sur une chaise à bascule. Celle-là même qui appartenait à son mari. Il se balançait d'un geste automatique, rassurant, protecteur. Comme un enfant que l'on aurait giflé pour la première fois mais rejeté une ultime fois. Quelque chose s'était cassé. Un papier était enserré dans une de ses mains fines aux longs doigts blancs. Il serrait la feuille tellement fort que ses jointures étaient encore plus pâles et que ses ongles, pourtant très courts, étaient plantés dans sa paume, meurtrissant sa chair. Petites plaies tâchant de sang la demande de divorce.

Son mari l'avait quitté.

Harry était parti.

Ou plutôt… il s'était enfui.

Ses placards avaient été vidés. Il ne restait plus rien de ses affaires. Plus rien de leur souvenirs. C'était comme s'il n'avait jamais vécu ici. Comme si sa présence en ces lieux n'avait toujours été qu'une illusion. Comme si ces murs n'avaient jamais connu son empreinte. Seule cette demande de divorce, la lettre qui l'accompagnait et l'anesthésie de son cœur attestaient que quelqu'un avait habité ici avec lui.

Il n'y avait plus de photos de leur couple sur les murs soigneusement lambrissés par Harry, plus de bibelots souvenirs d'une vie à deux, plus de ces petites choses qui témoignent d'un amour partagé. Mais l'avait-il seulement jamais aimé ?

Il ne restait plus rien. Plus rien sauf la douleur qu'il ne ressentait pas. Son cœur ne ressentait plus.

Harry avait pourtant semblé être si amoureux autrefois ! Une fois qu'il avait enfin décidé de douter de ses opinions et de tenter de voir qui se cachait derrière le masque dur et froid de son maître des potions, il l'avait tellement adoré. Que s'était-il passé ? Pourquoi avait-il brusquement changé aux alentours de leur deuxième anniversaire de mariage ? Il avait été tellement doux, tendre et passionné en même temps. Tellement aimant. Qu'était-il advenu pour qu'il devienne si amer et glacé ? Pour qu'il demande le divorce ?

Bien sûr, ils avaient connu des disputes – parfois violentes – mais quel couple n'en connaissait pas ? Et puis, Harry lui avait bien reproché certaines choses qu'il ne se rappelait pas mais cela n'avait été que des broutilles… alors pourquoi ?

« C'était un couple que personne n'attendait ! Un couple en qui personne ne croyait ! » balbutia-t-il d'une voix étouffée par des pleurs dans la voix mais nul dans ses yeux. « Personne ne pensait que le beau Survivant allait choisir son si laid maître des potions. Oh, Harry, pourquoi ? Pourquoi ? »

Pour quoi ? Ou…

… pour qui ?

La gorge de Severus se serra brutalement et, malgré lui, il éclata en sanglot laissant échapper le court message de son mari.

Sur la feuille blanche, tâchée de sang, il était écrit :

« Snape,

Je demande le divorce. Je ne t'aime plus et tu me dégoûtes. J'aurais dû écouter mes amis lorsqu'ils me disaient que c'était une erreur de t'épouser. Je ne veux plus te voir et je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, c'est pour ça que j'ai pris nos affaires communes pour les détruire. Aucune photo de nous deux réunis n'existera plus. ''Nous deux'' n'existait plus de toute façon, ça ne changera donc rien. Je te prierai de m'éviter à l'avenir. Rien que de voir ta tête me donnerait envie de vomir.

Harry Potter. »

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Il l'avait enfin fait ! Il était parti. Depuis deux semaines, il se demandait quels sentiments il éprouverait en quittant celui qui deviendrait, sous peu, son ex-mari. Il avait pensé à de la nostalgie, de la mélancolie, du regret pour ce qu'il avait pensé être mais certainement pas à ce qu'il ressentait à présent et qui pouvait se qualifier de soulagement amer et de joie froide. Severus était son passé et il le resterait. Il avait fait une terrible erreur en se mariant avec lui et il avait fallu deux longues années pour qu'il le découvre et deux semaines pour qu'il le quitte. Non pas qu'il ait des scrupules ou le moindre attachement, cependant, il devait préparer son départ et ses obligations ne lui avaient pas permis de le faire avant. Pourtant, ces deux semaines avaient été longues. Le dégoût avait pris la place de l'amour et la haine s'était peu à peu installée. Oui, Harry Potter exécrait Severus Snape et il avait été bien idiot pour avoir oublié que cette haine était née dès la première fois où leurs yeux s'étaient rencontrés.

Depuis le jour où il avait découvert le vrai visage de son mari, il avait refusé que celui-ci le touche et il était devenu de plus en plus glacé et cynique, de plus en plus méchant avec Severus qui n'avait apparemment jamais compris pourquoi… à moins qu'il n'ait encore fait preuve de ses nombreux talents d'acteur.

Tandis que la voiture qui l'emmenait au loin roulait plus vite, Harry se surprit à sourire. Un sourire sans joie, aucune.

Oui, il avait pris la bonne décision et peut-être qu'un jour, il pourrait oublier sa grossière erreur.

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- Un an plus tard -

« Monsieur Potter, un nouveau balai est arrivé pour vous. »

« Merci Henry » dit Harry en se dirigeant vers la caisse qui contenait le dit objet.

« Je vous en prie Monsieur. Ce sera comme d'habitude ? »

« Oui ! »

« Bien ! » fit l'homme âgé en inclinant légèrement la tête avant de tourner les talons et de sortir de la petite maison dans laquelle vivait le Survivant depuis bientôt douze mois.

Depuis quatre ans, Harry était l'ambassadeur des balais de Quidditch de hauts niveaux. Il était aussi l'un des testeurs des entreprises les plus importantes du marché. Il menait ce métier en parallèle d'une carrière à mi-temps d'espion pour le ministère. Depuis qu'il avait vaincu Voldemort cinq ans plus tôt, il était respecté et craint par toutes les communautés sorcières et une diminution nette de la pratique de la magie noire avait été notée depuis lors. Cependant, Harry était régulièrement appelé par le ministre, Arthur Weasley, pour enquêter sur des affaires louches. Contrairement à ce que certains auraient pu croire, sa célébrité n'était pas du tout un handicap pour ces missions-là, au contraire. Il était admis partout et considéré au-delà de tout soupçon. Il était toujours présenté aux hommes de pouvoir et pouvait donc aussi bien les contrôler discrètement que tisser des liens diplomates avec eux. Pour le ministère, Harry était un atout qui n'avait pas de prix.

Le jeune homme de vingt et un ans enfourcha le balai en chêne verni et s'envola immédiatement dans les airs. Presque aussi instantanément, il vit que quelque chose n'allait pas. Le manche, qui avait été voulu non linéaire pour que la posture du joueur soit plus aérodynamique, était bien trop oblique ce qui le rendait trop glissant. Lors de l'envol, on ne le remarquait pas mais lorsque le propriétaire se tenait droit, le maintient sur le balai était un luxe laborieux. La descente serait donc dangereuse. Il ne fallait pas qu'il plonge ni en piqué, ni autrement.

Harry était à une vingtaine de mètres du sol lorsqu'il entama sa lente descente. Il restait parfaitement droit, parallèle à son balai. S'il restait dans cette position, tout irait bien. Il aurait juste à renvoyer le matériel à son fabriquant en détaillant ses dangereux défauts.

Cloîtré entre les murs de sa concentration pour ne pas tomber, il ne vit pas Coq arriver mais le sentit. Le minuscule hibou, bien trop enthousiaste pour son propre salut, l'avait accueilli à sa façon tout en brandissant la lettre qu'il tenait à sa patte. Déséquilibré, Harry ne put se rattraper à temps et il chût sur le terrain totalement sec qui lui appartenait.

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« Il avait la colonne vertébrale entièrement brisée » fit une voix de femme dans la pièce où Harry se trouvait. « Il avait plusieurs fractures sur tous les os du corps mais par chance, aucun organe n'a été déchiré. Un instant, nous avons cru qu'il avait eu un poumon perforé par une de ses côtes mais il s'est avéré que c'étaient des sécrétions qui s'écoulaient peu à peu dans un poumon. Tout cela aurait pu lui être fatal s'il n'avait pas été trouvé à temps. A présent, il va mieux. Ses os ont été ressoudés, ses chairs cicatrisées et ses plus gros hématomes ont été résorbés. Nous n'attendons plus que son réveil pour déterminer si son cerveau a été atteint ou non. »

« Le neuro-mage que j'ai vu m'a dit avoir trouvé un hématome également dans sa tête. Il craignait les conséquences. Ensuite, il nous a dit que Harry était hors de danger et n'aurait aucun handicap mental, je ne comprends donc plus. »

« Je me suis mal exprimée Professeur Dumbledore. En fait, Monsieur Potter a reçu un violent coup à la tête. Le neuro-mage s'est chargé de la reconstitution des tissus endommagés et l'absorption de l'hématome mais il n'a rien pu faire quant à la commotion cérébrale. Nous attendons son réveil pour savoir si Monsieur Potter ne souffre pas de séquelles amnésiques. »

« Amnésie ? » répéta le vieil homme. « Oh Merlin ! »

« Ne vous faîtes pas trop de soucis Professeur » reprit l'infirmière. « Il existe certains traitements efficaces pour soigner l'amnésie qui peut être seulement partielle. Et elle est certainement plus réversible que s'il avait subi l'oubliette. Nous vous tiendrons au courant Professeur. Dès son réveil, nous vous contacterons. »

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- Cinq jours plus tard -

« Minie, que dois-je faire ? » demanda le directeur de Poudlard à la directrice adjointe de ce même collège tandis qu'il lui parlait dans une des cheminées de Sainte Mangouste.

« Albus, mon cœur, je crois que tu devrais en parler à Severus ! »

« Oui mais comment va-t-il réagir ? Tu sais aussi bien que moi qu'il a toujours le cœur brisé par son divorce d'avec Harry… même s'il refuse ce fait et donc, je ne peux pas lui dire comme ça ''Severus, votre ex-mari a eu un accident de balai. Il est resté dans le coma pendant cinq jours et est, désormais, amnésique. Le seul souvenir qu'il lui reste est le baiser qu'il a échangé avec vous lors de votre mariage et donc, il ne veut voir que vous.'' Minie, Harry se méfie même de moi ! » ajouta le vieux sorcier avec tristesse.

« Je sais que c'est difficile Albus mais c'est la seule solution que nous ayons. D'après ce que tu m'as dit, Harry est réfractaire à tout et réclame Severus. Quant à ton cher maître des potions, il n'est plus que l'ombre de lui même depuis que le petit l'a quitté – il n'y a que lui pour ne pas le voir ! Harry le réclame donc silencieusement lui aussi. Le mieux que nous ayons à faire est de les réunir. Peut-être qu'ils pourront se remettre ensemble... »

Albus regarda sa maîtresse depuis trente ans en restant muet puis il répondit « Je suis également en faveur de pousser un peu le destin mais je ne pense pas que ce sera facile pour Severus d'entendre ça et de devoir faire face ! Je vais aller chez lui de suite et essayerai de le convaincre. A ce soir, mon sucre d'orge ! »

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Severus Snape était en train de s'adonner à son activité favorite lorsque le directeur de Poudlard vint frapper à sa porte.

Il releva sa plume et la posa sur son porte plume en repoussant le parchemin devenu majoritairement rouge avant de siffler « Entrez ! »

La porte s'ouvrit avec lenteur, livrant la place à Dumbledore apportant quelques douceurs du chocolatier le plus réputé du monde sorcier et priant pour son salut.

« Bonsoir Severus ! » s'exclama le vieil homme en s'approchant du bureau où un autre homme marqué par une douleur qu'il réfutait était assis.

Le même sentiment d'impuissance étreignit le cœur du directeur lorsqu'il fit face à cet être plus pâle depuis un an qu'il ne l'avait jamais été mais par contraste, de mentalité plus sombre. Severus était également plus mince et ses yeux qui n'avaient pourtant jamais exprimé beaucoup étaient totalement impassibles à présent. Seuls les quelques rides d'expression qui sculptaient ses traits, sa bouche qui arborait perpétuellement un pli amer, ses gestes parfois brusques ou sa voix plus basse et plus menaçante qu'avant trahissaient son âme trop blessée pour ne pas s'être réfugiée dans un cocon de noirceur protectrice.

« Bonsoir Monsieur le Directeur ! » fit écho l'enseignant d'une voix qu'il s'efforça de rendre moins sèche tout en se levant pour contourner son bureau. « Que me vaut le plaisir de votre visite ? » demanda-t-il d'un ton poli en avisant la soupçonneuse boîte de chocolat tandis qu'il montrait au directeur un fauteuil où il pouvait s'asseoir.

Dumbledore sourit et s'assit en regardant son employé faire de même à côté de lui. « Un petit chocolat Severus ? »

La boîte avait été ouverte et Albus ne put se retenir d'en prendre un. Il devait pourtant se retenir de ne pas tous les manger car ceux-ci faisaient partie intégrante de son plan pour amadouer son maître des potions – si celui-ci pouvait encore s'attendrir sur autre chose que Harry.

'Tout au moins, sur Harry lorsque ces deux-là seront retournés ensemble ! Moi, je trouvais qu'ils formaient un joli couple ! Je me demande bien ce qui s'est passé entre eux deux pour qu'ils se séparent…' pensa l'homme à la longue barbe blanche qui ne savait pas tout, malgré sa réputation.

Albus vit l'homme prendre un chocolat au lait fourré au praliné avec une noisette entière sur le dessus et réprima une de ses larmes de couler.

'Et un de moins…' se dit-il avec dépit tandis qu'il faisait apparaître deux tasses remplies de thé vert à la menthe – le préféré de Snape.

« Ce que j'ai à vous dire, Severus, est délicat. Je n'irais pas par quatre chemin mais je tiens à m'assurer que… »

'Vous tiendrez le coup !' compléta-t-il intérieurement.

Mais à la place, il finit « … Cela ne vous causera pas un trop gros choc ! »

Snape le regardait toujours avec impassibilité et détachement, un sourcil légèrement haussé pour laisser montrer que sa curiosité avait quelque peu été piquée.

« Qu'y a-t-il, Monsieur le Directeur ? » demanda celui-ci d'une voix atone.

« C'est à propos de Harry ! » fit-il tout de go.

Severus n'eut pas un seul sursaut, pas un seul mouvement traître ni expression quelle qu'elle soit qui aurait pu divulguer ses pensées. La seule chose qui lui fut infidèle se trouva être un tic à la mâchoire qui déclencha une crispation des muscles du cou à peine visible mais que Dumbledore intercepta.

Pour se donner une contenance, Severus porta la tasse de thé à ses lèvres et avala une gorgée du liquide chaud.

« Je vous écoute ! » lui dit-il d'une voix toujours aussi monocorde.

« Il a eu un accident ! » commença le sorcier plus âgé en décelant la première lueur sincère et incontrôlée dans les prunelles noires depuis un an. « Il testait un balai mal conçu lorsqu'il a chu à une quinzaine de mètres du sol. »

Dumbledore fixait Snape de son regard perçant pour analyser ses sentiments et émotions mais son interlocuteur avait détourné les yeux pour lui soustraire les pensées qu'ils auraient pu révéler et se força à contrôler sa respiration.

« Il est mort ? » demanda quelque peu abruptement le professeur, en fixant toujours sa cheminée vide de tout bois.

« Non ! » lui répondit le directeur qui perçut l'infime soupir de soulagement échappé des lèvres réticentes. « Mais il a bien failli. Si Henry n'avait pas été là pour le voir tomber et le secourir immédiatement, il ne s'en serait pas sorti. Les médecins lui ont ressoudé les multiples os qui étaient cassés et ont résorbé les oedèmes les plus importants mais il lui ait resté un hématome à la tête – réduit également - cependant… il y a eu des conséquences… »

Ce fut à cet instant que Snape se tourna vers lui, une question dans le regard.

« Il est amnésique, Severus ! Il est resté dans le coma pendant cinq jours et s'est réveillé sans aucun souvenir. Il ne veut pas qu'on l'approche. Même les infirmières ne peuvent pas le toucher. Il ne veut rien manger de ce que les aides-soignantes lui apportent et il ne boit rien. Dès qu'il a ouvert les yeux, il a arraché les perfusions qui le réhydrataient et le nourrissaient et à tenter de s'enfuir plusieurs fois. Les médico-mages et moi-même pensons qu'il a conservé son instinct de survie et sa méfiance dus à son passé dont il n'a plus conscience. Il a vécu trop d'expériences traumatisantes avec feu-Voldemort pour ne pas que son inconscient s'en souvienne. Il ne veut parler à personne – même pas à moi ! En fait… »

Dumbledore s'interrompit et plongea intensément ses prunelles bleues dans les noires. Et, d'un ton sérieux et presque péremptoire, il ajouta « Tout ce dont il se souvient - son unique souvenir – est celui de votre baiser le jour de votre mariage. Il ne se souvient que de vous, Severus ! Et de personne d'autre et c'est vous qu'il réclame ! »

L'ébène s'assombrit et se voila. Albus savait qu'une émotion intense traversait le corps et l'esprit du maître des potions à cet instant précis et pourtant aucun trait de son visage ne bougea. Aucun membre de son corps ne fit de mouvement violent ou anodin.

Enfin, l'ordre vint et Snape ne s'y trompa pas « Vous devez aller le voir Severus ! C'est vous qui devez aller lui parler et c'est vous qui devez le rassurer et lui montrer qu'il n'a rien à craindre. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous il y a un an et aussi difficile que cela puisse être, vous savez que j'ai raison et qu'il faut que vous le fassiez. »

« Monsieur le Directeur, justement, comme vous l'avez dit, vous ne savez absolument pas ce qu'il s'est passé donc… »

« S'il continue comme cela, Severus, il va réellement mourir ! Il lui faut des soins ! Il doit s'alimenter et surtout se réhydrater ! »

L'homme clôt un instant ses paupières qui étaient elles-mêmes cachées derrière ses longs cheveux noirs puis les rouvrit.

« Je ne vous demande pas de le recueillir Severus ! Juste d'aller lui parler, de le rassurer et ensuite, vous pourrez reprendre le cours de votre vie. Il n'a confiance qu'en vous ! Vous ne pouvez pas l'abandonner ! »

Dumbledore vit la mâchoire de son employé se crisper à ses derniers mots avant qu'il ne l'entende dire « Très bien, j'irais le voir ! Je lui accorde une heure et ensuite, je ne veux plus le voir et je ne veux plus rien avoir à faire avec lui. Je souhaiterais qu'il m'évite à l'avenir. Rien que de voir sa tête me donnerait envie de vomir ! »

Ces paroles avaient été débitées d'une voix tellement amère et écœurée, tellement contraire aux mots qu'elle avait pu énoncer depuis un an, qu'Albus en demeura perplexe et même légèrement effrayé.

Merlin, que leur était-il arrivé ?

A suivre…