Disclaimer : je ne suis qu'une humble mortelle et si j'avais les droits sur cette série je ne serais pas ici !

Chapitre 7 – le deuxième jour, Sandra fit la cuisine, et ses amis virent que c'était bon. (J'ai VRAIMENT du mal avec un titre pour ce chapitre. Toute suggestion sera prise en considération)

***

L'avion atterrit à l'aéroport international de Portland dans la soirée. Declan, Miranda et Sandra prirent les transports en communs. Sandra semblait se contenter d'admirer le paysage urbain, notamment la vue sur le Willamette depuis le pont de Burnside, et ni Declan ni Miranda n'interrompirent son silence, se contentant d'échanger quelques banalités sur la fac et les cours qu'allait devoir reporter Declan. Il leur fallut une heure pour atteindre le cœur de la ville, car la circulation était lente à cette heure où les bureaux se vidaient.

Declan et Miranda s'était mis d'accord pour donner rendez-vous à Peggy devant l'hôpital, qui se trouvait de toute façon sur le trajet pour se rendre chez Miranda. Les voyant descendre à l'arrêt de bus, elle sortit de sa voiture où elle s'était abritée de la fraîcheur et vint à leur rencontre.

« Ah, salut Peggy ! » la salua Declan en s'approchant. « Comment ça va ? »

« Comme quelqu'un qui a passé la nuit à écouter un certain chien pleurnicher après son maître ! C'est la dernière fois, tu m'entends, la dernière fois que je m'occupe de Grain de Beauté ! » répondit-elle avec un regard noir, qui laissa immédiatement place à un sourire quand elle se tourna vers Miranda et sa sœur. « Bonsoir Miranda ! Et vous devez être Sandra ? » fit-elle en serrant la main de la jeune femme.

« Sandra, voici le Docteur Fowler, enfin, Peggy pour nous. On travaille souvent ensemble. » expliqua Declan.

Bien que Peggy fut d'une politesse irréprochable, Sandra aperçut dans son regard la curiosité d'un médecin face à un cas étrange. Ou plutôt, se dit Sandra après coup, l'inquiétude. Peggy Fowler avait peur d'elle.

« C'est ici que vous travaillez ? » demanda Sandra en désignant les bâtiments blancs éparpillés parmi les collines boisées. « Quelle est votre spécialité ? »

« Je suis psychologue. »

« Ah, voilà qui va rassurer le Dr Galeon. » fit Sandra avec un sourire en coin. « C'est le médecin qui s'est occupé de mon cas. Il semble penser que j'aurais besoin de consulter... Je suppose qu'il n'a pas tort... »

« Le Dr Galeon ? De San Diego ? Le célèbre chirurgien ? »

« Aucune idée. » les interrompit Miranda. « Il commence à faire froid. Nous devrions aller à mon appartement. Vous pourriez manger avec nous ce soir ? Enfin, si vous n'avez pas d'autres engagement... »

Peggy et Declan acceptèrent, au grand soulagement de Miranda, qui paniquait à nouveau à l'idée de se trouver seule avec Sandra. Peggy les conduisit chez Miranda, exigeant que Declan prenne son chien sur ses genoux car il était « hors de question d'imposer ça à ces pauvres jeunes filles innocentes ». En route, Sandra les convainquit de la laisser cuisiner plutôt que de commander un repas chez le traiteur chinois comme Declan le suggérait.

Pendant que Sandra s'affairait aux fourneaux, ayant pressenti que ses nouveaux amis voudraient discuter en son absence, Peggy faisait subir à Declan un véritable interrogatoire.

« Tu m'as dit qu'elle était morte ! »

« Elle l'était. Ne me regarde pas comme ça ! »

« Enfin Declan, les morts ne ressuscitent pas ! »

« Peggy, » l'interrompit Miranda de sa voix profonde. « C'est ma sœur. Elle est morte quand j'avais dix ans. J'ai vu son corps dans le cercueil lors de la veillée mortuaire. J'ai vu le cercueil être déposé au fond du trou et recouvert de terre. Elle est morte, crois-moi. Et elle est revenue. »

Peggy était gênée. Il était difficile de briser les espérances de son amie dans un tel moment, mais il était de son devoir de faire comprendre à Miranda que cette femme ne pouvait pas être sa sœur.

« Miranda... » commença-t-elle en adoptant sa voix professionnelle. « Es-tu certaine qu'il s'agit de ta sœur ? Au-delà de la ressemblance physique... »

Miranda s'était brusquement levée et dirigée vers sa chambre. Declan laissa apparaître son énervement.

« Enfin Peggy, pourquoi faut-il que tu gâches tout ? Pourquoi refuses-tu l'idée que Sandra puisse être l'exception, le seul cas de résurrection, parmi des millions, des milliards même ? Les empreintes digitales correspondent, et ils ont pris de l'ADN de Sandra et Miranda pour vérifier s'ils correspondent... »

« Declan, je sais que tu as envie d'y croire, mais fais preuve de bon sens : quel est le plus probable ? Qu'une morte ressuscite, ou qu'une déséquilibrée avec un vague air de famille décide d'adopter son identité ? »

Une photo dans un cadre atterrit sur les genoux de Peggy, lancée par Miranda. La photo avait été prise sur une plage en été. On y voyait une petite fille en maillot de bain d'environ dix ans, souriante, aux longs cheveux noirs de geai, assise sur une serviette de plage. Une jeune femme assise derrière elle, trop jeune pour être sa mère, l'entourait de ses deux bras, la tête sur l'épaule de la fillette. Le vent faisait voler ses cheveux châtains, et son sourire lui faisait plisser ses yeux verts. Une casquette protégeait sa peau pâle du soleil.

Elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à celle qui disait être Sandra. La photo aurait pu être prise la veille. Autant pour le « vague air de famille ».

« Miranda, je suis navrée. » s'excusa Peggy, consciente d'avoir blessé son amie, et troublée par la photographie. « Je... Tu connais ta sœur mieux que moi. Je n'aurais pas du me permettre ce genre de jugement.. »

« Peggy, ça va. Je comprends ta réaction. Tu sais combien j'aime être objective et expliquer les choses de manière scientifique... Mais cette fois, je ne peux pas. Tout ce que je peux constater, c'est que Sandra est vivante. »

La jeune fille arriva à ce moment, portant un plat dont le fumet fit oublier leur contentieux aux trois amis. Ils dînèrent ensemble, discutant de tout et de rien, sauf de ce qu'ils auraient tous voulu comprendre. Quand Declan et Peggy s'en allèrent, Miranda et Sandra étaient enfin à l'aise. Elles se disputèrent brièvement pour savoir qui aurait le privilège de dormir sur le canapé (Sandra gagna en s'y affalant et en mettant Miranda au défi de la déplacer), et toutes deux s'endormirent avec un sourire aux lèvres.