Auteur : Isa membre du WSAC (silencebleuvoila.fr)

Base : Kyou kara Maoh

Genre : épique, suite de la série (épisode 40). Certainement OOC car toujours pas assez familière avec la série.

Couple : Wolfram X Yuuri et d'autres

Demi sang

Introduction

Deux bras qui l'enlacent. Deux lèvres qui se posent dans son cou. Deux paupières qui se ferment. Deux amants qui se donnent l'un à l'autre. Deux cris qui s'élèvent dans les airs au même moment.

Puis la nuit tombe, deux épées prennent la place des caresses. Deux amours qui se transforment en haine. Un et un ne font plus un. Le sang et les larmes remplacent la douceur et la joie. Un humain et un Mazoku...

XXXXX

Yuuri soupira à pierre fendre et traita une nouvelle fois de tous les noms possibles le Roi Originel. Cela faisait plus d'un mois qu'il était revenu chez lui et qu'il ne parvenait pas à retourner dans le monde des Mazoku, dans son monde. Il lui avait joué un sale coup, en le renvoyant au Japon juste au moment où la victoire venait d'être acquise sur DaiShimaron. Il n'avait même pas eu le temps de profiter du retour de Conrad ou de prendre Greta dans ses bras, ou même de se disputer avec Wolfram. Non, le Roi avait décidé que Shibuya Yuuri, actuel vingt septièmeMaoh ne méritait pas de partager enfin un moment de calme avec ses amis et sa famille.

Il regarda les remous de la rivière sur le bord de laquelle il s'était installé et soupira derechef. Il avait eu largement le temps de faire le point sur tous les derniers événements. Logiquement la paix devait enfin régner entre les humains et les Mazoku, le roi de DaiShimaron étant le principal provocateur d'ennuis. Ils devaient maintenant vivre harmonieusement. Il avait accompli son rôle donc il n'avait plus aucune raison valable de retourner là-bas. Il se leva vivement, depuis une semaine, toutes ses pensées allaient dans cette même direction : il n'était plus utile qu'il soit Maoh, ils n'avaient plus besoin de dirigeant. Il cria une nouvelle fois son mécontentement au Roi puis se détourna pour rentrer chez lui.

XXXXX

Wolfram ouvrit les yeux et regarda aussitôt à cote de lui. Mais non, il n'y avait personne, ce n'était qu'un rêve qu'il venait de faire. Il se mordit les lèvres, soupira puis s'assit dans son lit. Il se frotta les yeux et regarda vers sa fenêtre. Le jour venait juste de se lever, il pouvait le dire grâce aux pales rayons qui filtraient de par les rideaux.

Combien de fois avait-il fait ce rêve? Il ne les comptait plus.

Yuuri lui manquait.

Il remit en place sa chemise de pyjama. Il avait décidé d'arrêter la nuisette officielle. Yuuri ne revenait pas, il n'avait plus de raison de la porter. Il laissa ses jambes le porter vers la salle de bain et il se regarda. Ses cheveux avaient poussé pour lui arriver un peu plus sur les épaules, sa frange aussi cachait ses emeraudes. Il avait grandi de quelques centimètres et sa musculature s'était développée. Il avait progressé au maniement des armes, même si en ces temps de paix, celles-ci n'étaient plus nécessaires.

Etait-ce la raison? Maintenant que Yuuri avait fait son travail, il n'avait plus rien à faire ici?

Il secoua la tête puis se déshabilla rapidement. Il pénétra dans l'eau-qui-sort-du-tuyau-kun et se détendit sous le jet brûlant. Il n'avait plus été dans la salle de bain du Maoh depuis le départ de celui-ci. Il espérait trop que Yuuri y apparaîtrait. Il termina de se laver puis se sécha. Il attrapa ses affaires de cour et s'habilla rapidement. Puisque la guerre était terminée, il avait troqué son habit militaire pour une parure plus simple d'un ton toujours bleuté et qui le mettait en valeur.

Il poussa un soupir et sortit de sa chambre pour aller réveiller sa fille. Au moins elle était toujours là.

Yuuri lui manquait.

XXXXX

"N'y a-t-il rien que l'on puisse faire?".

"Je suis vraiment désolé Votre Excellence, mais depuis la fin de la guerre je n'ai plus eu aucun contact avec Le Roi Originel".

La petite prêtresse Mazoku baissa la tête. Elle aussi aurait aimé pouvoir revoir le Maoh qui les avait tous sauvé. Mais ses pouvoirs ne permettaient pas de faire revenir le roi. Gunther soupira puis lui fit un sourire rassurant.

"Je suis certain qu'il reviendra bientôt".

Il lui fit un signe d'au revoir puis sortit du temple. Cela faisait maintenant deux années complètes que la paix régnait sur ShinMakoku. Les humains et les Mazoku avaient finalement réussi à s'entendre grâce à l'intervention de Yuuri et Gunther trouvait cela injuste que le Maoh ne puisse profiter aussi de son oeuvre. Il prit la direction d'une des tours de garde et monta. Arrivé au sommet, il apprécia l'extension du royaume. La ville s'étendait maintenant à perte de vue, sans barrière ni frontière entre les deux races. Tout le royaume était prospère, de même que le continent. Chaque jour il lisait des rapports bénéfiques. La paix était partout, le Maoh nul part. Il avait pris avec l'aide de Gwendal et Wolfram la gestion du royaume. Chose qu'il faisait déjà auparavant mais cette procuration lui pesait. Quand il devait signer un document que seul le Maoh aurait du approuver, son coeur se serrait et, s'il n'avait pas décidé de prendre sur lui, il aurait pleuré chaque jour. Peut-être était-il trop sensible, mais il appréciait Yuuri depuis le tout début. Non pas parce qu'il était le Maoh, mais parce qu'il était une personne qui savait toucher le coeur des gens. Il était une personne gentille et un peu naïve. Gunther serra les dents et prit une large bouffée d'air. Il fallait trouver un moyen de le faire revenir où il allait devenir fou.

XXXXX

Gwendal fronça les sourcils ce qui rendit son visage déjà sévère encore plus qu'il ne l'était. Depuis deux ans que la paix durait, c'était la première fois qu'il lisait ce genre de missive. Il se leva la lettre à la main et s'approcha d'une fenêtre. Le ciel était vide de nuage, seul quelques tas d'os comme aimait à les appeler Yuuri, le parcouraient. Il fit un sourire. Yuuri avait réussi à changer tant de chose en si peu de temps. Sa joie de vivre, son innocence et sa volonté étaient présentes même après son départ. Gwendal ressentait un vide de par son absence. Il considérait le jeune garçon comme un troisième petit frère à s'occuper et là, sa famille n'était pas au complet.

Il pensa à Wolfram qui ne vivait vraiment que grâce à la présence de Greta. Son plus jeune frère se serait certainement laissé mourir si la petite fille n'avait pas été là. Même si le blond ne l'aurait jamais avoué à voix haute, son attachement à Yuuri était plus que celui d'un simple ami.

Quant à son autre frère, dieu seul savait où il était. Il avait encore disparu du château sans information, déjà six mois. Il savait qu'il allait bien par des messages de Yozack mais depuis la trahison, Gwendal avait senti un profond changement chez son frère. L'incertitude avait pris la place de son habituelle confiance en lui. Plusieurs fois, il avait eu l'impression d'avoir un enfant face à lui. Mais Conrad n'était plus un enfant, depuis très longtemps. Trop longtemps?

Il poussa un soupir souhaitant que le Maoh entre sans frapper dans son bureau et l'embête de sa voix haut perchée en lui parlant de chose inutile. Il jeta un regard vers son porte-bonheur et retourna s'asseoir à son bureau. Il prit l'appel-au-loin-kun et demanda à son capitaine de venir le voir.

XXXXX

Conrad se réveilla en sueur, le coeur battant. Un rêve éprouvant où il avait vu Julia se faire tuer. Etait-ce Julia? Ou bien Yuuri? Il ne le savait plus, il ne pouvait plus faire la différence entre les deux êtres. Mais ce rêve avait semblé si réel, si fort.

Il passa une main sur son front trempé de sueur et se leva sans bruit. La neige tombait régulièrement en cette saison et le froid le fit frissonner. Il jeta un coup d'oeil aux autres occupants de la chambre et attrapa son uniforme pour sortir. Une fois à l'extérieur, il respira l'air pur de ce petit village perdu dans les montagnes à l'extrême nord de DaiShimaron. Cela faisait plusieurs mois qu'il parcourait ce royaume avec Yozack et deux autres compagnons de voyage. Depuis que la paix s'était installée, il avait constamment peur qu'un nouvel humain ne prenne la suite du roi fou de DaiShimaron et restait toujours sur ses gardes, écoutant les rumeurs et vérifiant toujours les plus susceptibles d'être vraies.

Il leva la tête vers le ciel qui prenait des teintes plus claires et remonta son col d'uniforme. Il se demanda un court instant si Yuuri était revenu. Quand il avait quitté le château du serment du sang, cela faisait plus d'un an que le Japonais était retourné dans son monde. Et depuis lors, il n'avait plus rêvé de lui. Etait-ce une prémonition? Il l'avait trahi et même si c'était la volonté du Roi Originel, il n'était pas parvenu à se le pardonner. Il avait fait pleurer Yuuri et l'avait blessé. Conrad serra les poings et secoua la tête. Ils n'avaient même pas eu le temps de s'expliquer. Après cette victoire sur l'armée de DaiShimaron, Yuuri était tombé de cheval dans une mare et avait disparu aux yeux de tous. Ironique, la paix était revenue mais son investigateur n'était même pas là pour en profiter. Il aurait voulu pouvoir lui expliquer ses raisons, se faire au moins pardonner par lui. Même s'il devinait que Yuuri ne lui en voulait pas, cela n'était pas suffisant pour réparer ses erreurs.

Il regarda vers l'Est et fixa les premiers rais lumineux du soleil qui se levait. Peut-être devrait-il retourner à ShinMakoku ? Du moins pour vérifier que tout allait bien.

XXXXX

"Mon seigneur, tout est prêt!".

"Très bien, commencez alors!".

Heeri Bluthalfte hocha de la tête vers son second puis se réinstalla face à son bureau. Cela faisait plus d'un an qu'il préparait cette action et maintenant que tout était en ordre, il ne savait plus s'il devait en ressentir de la joie ou de l'inquiétude. Il ferma les yeux et posa la main sur son pendentif. Le serrant dans son poing, il murmura pour lui-même:

"Il n'y a plus de marche arrière possible. Il ne me reste qu'à observer ce qui va se produire".

"Vous me parliez Heeri?".

Il releva la tête et fixa la jeune femme assise dans un coin de la pièce. Aussi blonde que lui, des yeux d'une couleur saphir, elle représentait la grâce et la beauté d'une femme mure et volontaire. Elle était âgée d'une trentaine d'années humaines mais son véritable âge était plus élevé, tout comme le sien.

Pour le moment, elle s'adonnait à sa passion qui était la broderie. Elle réalisait des paysages ou des sujets sur de larges toiles ou de plus petites. Ses oeuvres étaient restées dans leur château dans le nord, et il devinait qu'ils ne les reverraient jamais plus.

Voyant qu'elle le fixait toujours, il se leva pour s'approcher d'elle.

"Non, Riware. Je ne faisais que penser à voix haute".

"Vous pensez toujours de trop, mon cher frère".

Il lui fit un sourire et se pencha vers elle pour l'embrasser sur la joue.

"C'est l'un de mes plus grands défauts".

Elle fit un petit rire.

"Et pas le moindre".

Elle reprit un air sérieux puis ajouta:

"Etes-vous sur de vous?".

Il prit le canevas de la jeune femme et le posa sur une table placée près d'elle, afin de s'emparer de ses mains qu'il pressa contre son torse.

"Je n'ai pas le choix. Je dois terminer ce qui a été commencé".

"Même si cela signifie se battre contre le Maoh?".

Il sourit à cette question. Le Maoh? Présentait-il une véritable menace? Ce n'était qu'un enfant qui avait eu de la chance et surtout une bonne escorte.

"Il ne me fait pas peur".

"Qu'est-ce qui vous fait peur alors?".

Elle se leva toujours souriante et attrapa le pendentif en forme de lion à queue de sirène.

"Peut-être les gens autour de lui?".

Heeri la repoussa avec douceur.

"Personne ne pourra m'arrêter. Je vengerais nos parents. Et s'ils se mettent au travers de ma route, je les éliminerai".

Elle acquiesça. Il la fixa un dernier instant puis se détourna pour revenir à son bureau.

"Heeri? Je vous ai vu une fois ne pas réfléchir à vos actions. Prenez garde que cela ne fausse votre jugement".

Elle lui fit un signe puis sortit de la pièce dans un froufrou de dentelles blanches.

Resté seul, Heeri repensait à ces dernières paroles. Oui, il y avait plus de soixante quinze ans, il avait agi sans réfléchir. Un acte si stupide qu'il ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi il l'avait fait. Il serra les poings puis regarda la paume de sa main droite. Enfouie loin dans son passé, il pouvait encore sentir la brûlure de la gifle qu'il avait donné ce jour-la.

A suivre...