BONNE ANNEE ET BONNE SANTE A TOUS !

MES MEILLEURS VŒUX DE BONHEUR POUR 2006 !

(je sais, un peu en avance, mais sinon ça aurait été trop tard -)

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THE LAST CHAPTER ! (tu vois que je fais de l'anglais, Ilys -P) Ce qui signifie qu'avec ce ch'ti chapitre, j'arrive à la moitié de cette… chose… (bon, je pourrais dire "saga" mais ce serait un peu présomptueux lol)

Je préviens que ce chapitre est plutôt triste (on s'en serait douté… :-S) mais les choses iront mieux en 5ème année ! ou plutôt en 6ème… héhé !

Enora, la voilà la conversation que tu attendais tant ! J'espère ne pas te décevoir, erf !

Bonne lectuuuuuuuuure !

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Chapitre 20 : Mises au point

Un carillon quelque part dans le château annonça minuit aux rares élèves encore éveillés après cette journée mouvementée. Dans la salle commune des Gryffondor, le feu ne crépitait plus que pour les Maraudeurs, silencieux après le récit de Remus. Ce fut James qui s'exprima le premier, Sirius se contentant de fixer intensément le châtain et Peter ne sachant comment réagir.

- Je savais bien que la voix du type qui parlait à Voldemort me disait quelque chose… J'ai du mal à croire que Carvi soit un Mangemort.

- Tu n'es pas le seul, commenta doucement Remus.

- Hé ! Attends, tu ne vas pas lui trouver des excuses j'espère ? s'exclama James.

- Après ce qui s'est passé chez Dumbledore, ça ne risque pas, le rassura son ami en souriant à sa réaction.

- Tu m'as fait peur. Écoute, je suis dés…

- Tu n'as pas à t'excuser James, ni toi, ni vous, ajouta-t-il en regardant Peter et Sirius. Vous avez essayé de venir vers moi, plus que quiconque n'aurait eu la patience de le faire envers un entêté tel que moi, mais je vous ai repoussés. Je n'ai pas d'excuses et je ne pourrai pas revenir en arrière. J'ai commis de nombreuses erreurs et j'en suis conscient, tout ce que je peux vous assurer c'est que j'ai retenu la leçon. Je ne vous demande pas pardon parce que je ne le mérite pas mais je n'ai pas non plus envie de supposer de votre réaction. Je vous connais bien maintenant mais jusqu'alors, j'avais trop peur pour m'autoriser à présupposer cela. Je sais que j'aurai dû faire ça plus tôt mais, si vous le voulez bien sûr, on pourrait repartir à zéro et je vous laisserai entrer dans mon univers comme vous l'avez toujours fait pour moi.

Il avait parlé lentement mais sans marquer la moindre hésitation, passant son regard de l'un à l'autre avant de fixer Sirius, qui restait toujours aussi impassible. Contre toute attente, James se mit soudain à rire franchement, venant entourer les épaules de Remus d'un bras.

- Y'aura jamais que toi pour sortir des discours pareils, rigola-t-il. J'ai toujours dit que tu te cassais trop la tête pour ton propre bien ! Allez ! Qu'est-ce que ça peut faire toutes ces erreurs que tu as soi-disant commises ? Tu es là maintenant, tu nous parles enfin et c'est tout ce qui compte, pas vrai ? Mieux vaut tard que jamais ! Le passé, c'est le passé, moi je préfère de loin le présent et potentiellement l'avenir.

- Et puis tu étais sous l'emprise de la potion de confusion, intervint timidement Peter pour la première fois. Ce n'est pas ta faute tout ce qui s'est passé, c'est celle de Carvi et de… du mage noir. On s'est vraiment inquiété pour toi et lorsque je t'ai vu dans la salle où il y avait le combat…

Il n'osa pas finir sa phrase mais James acquiesça vivement.

- On a eu sacrément peur pour toi. Surtout qu'on savait dès le départ que tu te trouvais là comme on avait entendu le jumeau de Jugson en parler.

- Dumbledore m'en a parlé mais je n'ai pas eu le temps de tout apprendre, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

James et Peter lui racontèrent rapidement leur mésaventure depuis le transport par portoloin. Sirius ne desserra pas les lèvres une seule fois, il restait à observer Remus avec une expression neutre, ne se souciant pas du léger malaise de son ami sous son regard insistant.

- Après, on est simplement revenus ici, termina James, et on t'a attendu… Un sacré bout de temps, d'ailleurs, grommela-t-il.

- Le professeur Jugson a vraiment fait ça ? demanda Remus, abasourdi. Je n'avais pas réalisé que… C'est… incroyable.

- Ouais, c'est frustrant de voir à quel point on s'était trompé sur son compte, grimaça James.

- C'était vraiment effrayant, frissonna Peter. On ne comprenait pas grand-chose de ce qu'ils se racontaient et quand le professeur a jeté le sortilège de mort… Quand je pense qu'il s'est sacrifié pour nous sauver en sachant exactement ce qu'il faisait, je ne comprends pas comment un homme comme lui a pu faire ça.

- On ne le connaissait pas, pas vraiment. C'est facile de juger les gens sur ce qu'ils montrent d'eux, mais on ne peut pas toujours tout savoir. Je me demande s'il avait de la famille…

Sirius tiqua légèrement à la dernière phrase prononcée faiblement et James jeta un coup d'œil vers ses deux autres amis, hésitant à poser la question.

- euh… Le professeur t'a dit pour… commença Peter sans oser terminer.

Le châtain le regarda avec perplexité, ne comprenant visiblement pas de quoi il parlait.

- Tu sais que ma mère travaille à la Gazette, alors elle est au courant de beaucoup de choses, essaya James, incertain. Et… il y a un mois à peu près…

- Vous savez ?

Le visage de Remus était devenu blanc, ce qui fit penser à James qu'il parlait bien de ce à quoi ils songeaient.

- Oui, mais nous n'avons pas voulu t'en parler avant que tu ne le fasses toi-même, remarqua Peter.

- Je… En fait je viens seulement de réaliser… Enfin depuis que Dumbledore m'a donné le remède contre la confusion, et…

Il soupira et se passa une main frissonnante sur son visage.

- Je vais voir ma mère demain. Je préférerai ne pas en reparler ce soir. Demain, lorsque je reviendrai, si vous voulez, mais pas maintenant.

James hocha la tête et personne ne vint protester contre cette volonté.

- En tout cas je suis bien content de te retrouver ! s'enthousiasma James pour détendre l'atmosphère. Je suis épuisé après cette journée, un bon somme ne me fera pas de mal. Tu viens Peter ? Bonne nuit les gars !

Peter le regarda un instant avec surprise mais il lui suffit de lancer un coup d'œil à Sirius pour comprendre et se lever à son tour en leur souhaitant une bonne nuit avant de disparaître dans l'escalier menant aux dortoirs.

Restés seuls, Remus mit un certain moment avant d'oser lever les yeux vers Sirius, qui ne prit pas la parole pour autant. Le jeune Black était reconnaissant à James d'avoir compris qu'il désirait parler à Remus seul à seul. Il y avait des choses qu'il ne pouvait dire qu'à lui, sans témoin, autant pour sa propre intimité que celle de Remus.

- La potion de confusion, ce n'est que depuis cette année, dit-il enfin. Tu ne nous as pas parlés de tes soucis avec le garou l'an dernier et tu as préféré te débrouiller tout seul sans accepter notre aide pour cette fois-ci. Personnellement, je suis complètement pour l'indépendance, mais même moi je sais ce que signifie réellement ce mot, et tu es assez intelligent pour comprendre qu'il n'a rien à voir avec l'autarcie. Peter est assez naïf pour penser que tout ça n'est dû qu'à la potion de confusion, tant mieux pour lui, et James… reste James en toutes circonstances, s'amusa-t-il un instant. Il comprend tout ce qui s'est passé mais il s'en fout, l'essentiel étant que tu sois enfin venu vers nous. En toute logique, c'est la manière dont j'aurai dû réagir aussi, mais comme tu l'as si bien fait remarquer un jour, nos rapports sont assez particuliers.

- Je m'attendais un peu à ce que cette conversation ait lieu ce soir, avoua Remus, qui ne pouvait s'empêcher de se sentir inquiet.

- Et on ne pourra en sortir qu'en étant totalement franc, soupira Sirius en se positionnant plus confortablement dans son fauteuil avant de darder à nouveau un regard direct sur Remus. Il y a certaines choses qu'on ne peut pas pardonner aux gens suivant ce qu'ils sont. J'ai un grand respect pour toi et tu sais que ce n'est pas mon genre de dire ces choses à la légère. En fait, tu es certainement la seule personne que je respecte avec mon oncle Alphar. James et ma cousine Andromeda sont des cas à part et je suis trop proche d'eux pour parler de respect. Je ne me suis jamais senti proche de toi au sens où on pourrait l'entendre, mais je crois que cela va changer maintenant. J'ai été très en colère contre toi cette année, mais cette colère n'est vraiment due qu'aux conséquences de la potion de confusion, alors en toute logique, je devrais arrêter.

Il détourna son regard de Remus pour fixer un instant le feu, son ami retenant son souffle en attendant la suite.

- Je devrais m'excuser, remarqua Sirius en reportant son attention sur lui, parce que si James et Peter ont vraiment tout fait, je ne me suis pas foulé pour chercher à t'aider.

- Mais tu ne vas pas le faire, sourit Remus en comprenant où il voulait en venir.

- Non, parce que je ne pouvais pas savoir pour la potion et que je reste convaincu de ma façon d'agir. Tu es un drôle de numéro Remus, mais tu es du genre à te replier sur toi-même quand on essaye de te toucher… ou plutôt tu étais de ce genre. Moi aussi j'ai caché des choses et j'en cache encore, mais je ne suis pas comme toi. Malgré mes secrets, je suis capable de m'ouvrir aux autres et d'être moi-même, parce que c'est dans ma nature, alors que tu t'étouffes avec les tiens. Je ne suis pas bon et j'ai certainement une grande part de mauvais en moi, mais je m'en accommode et m'en satisfait pleinement. Toi tu l'es en revanche. Tu n'es pas un saint, bien sûr, mais tu as…

Il marqua une pause et eut un rire désabusé.

- Non mais tu te rends compte comme tu es ? Toujours serviable, poli, prêt à être là pour les autres en t'oubliant toi-même parfois, mais tu es un loup-garou ! Tu aurais dû devenir fou, aigri par tous les rejets que tu as subi, la cruauté qu'on a démontré à ton égard, mais tu souris toujours, comme si de rien n'était, tu fais des erreurs mais tu essaies malgré tout de rester aussi vivant que possible. Je ne sais pas ce que signifie "être humain" mais si l'humanité se résume à vivre socialement en accord avec les autres, je suis le moins humain de nous deux et tu es le moins monstrueux de cette école… Enfin presque, Tara surpasse tout le monde. Je t'en ai voulu cette année parce que, et je te promets que si tu le répètes à qui que ce soit même à James tu souffriras mille tourments, je t'admirai et que tu t'es laissé chuter. Mais en fait je suis heureux de ce qui s'est passé.

Remus le regarda avec perplexité et Sirius lui rendit un air grave.

- Maintenant que c'est fini et qu'on s'en est tous tirés, je crois que je peux le dire de cette façon. Si j'avais continué à te voir comme ça, je n'aurai jamais pu te considérer comme un ami au même titre que James. Je croyais au départ que ça ne venait que de toi, mais j'ai aussi ma part de responsabilité dans nos rapports parfois tendus. Tu as tes faiblesses et le courage de les reconnaître, et maintenant que tu m'apparais plus humain qu'une espèce d'entité concentrée de bonté surréaliste, ça sera sûrement plus facile d'établir un contact plus amical que respectueux.

Il poussa un profond soupir, fit mine de réfléchir puis haussa les épaules.

- Je crois que j'ai tout dit. A ton tour, lança-t-il.

Son ami ne répondit pas, se contentant de le regarder, les yeux brillants, et Sirius eut un instant peur qu'il se mette à pleurer, mais il eut au contraire un petit rire.

- Quel discours, dit-il. James avait tort en disant que j'étais le seul à pouvoir en faire.

- Lui aussi doit te surestimer, grimaça Sirius.

- Et bien à tort. Tout ce que tu as dit n'était pas vrai, déclara Remus, je suis bien plus égoïste que ce que tu sembles penser. Par contre, en ce qui te concerne, tu as tendance à ne t'occuper que des autres.

Sirius écarquilla les yeux à cette remarque et voulut protester mais Remus le devança.

- On a tous notre manière de s'occuper des autres, c'est juste plus subtil chez certains que chez d'autres. Je pense que c'est en arrivant à Poudlard que tu as réalisé que tu pouvais autant t'inquiéter pour certaines personnes et tu as préféré garder ça pour toi, comme c'était nouveau. Mais toi… Tu veux faire réagir les gens, tu veux les laisser se secouer par eux-mêmes parce que tu ne veux pas qu'ils aient quelque chose à te devoir. Tu souhaites qu'ils puissent ne valoir leurs réussites qu'à eux-mêmes, je me trompe ?

Le garçon grommela quelque chose d'inintelligible qui fit sourire Remus.

- C'est pour ça que tu ne veux pas me demander pardon de n'avoir rien tenté, parce que c'est faux, tu voulais me faire réagir. Tu aimes les gens qui se battent et tu ne supportes pas ceux qui se laissent dépérir sans rien faire. Pour toi, même demander de l'aide à quelqu'un signifie qu'on ne doit notre démarche qu'à nous-même. Je devais être un peu fou pour jalouser les deux seules personnes à être si peu égoïstes dans cette école.

- Deux ? s'étonna Sirius, se demandant qui était la deuxième.

- Maintenant je comprends et ça me rassure, continua Remus sans répondre. J'aurai vraiment agi comme un idiot pendant un long moment et il est largement temps que je prenne sur moi. Est-ce que tu seras prêt à supporter les lamentations d'un lycanthrope particulièrement stupide et têtu ?

- A part la lycanthropie, j'ai déjà un bon entraînement avec James, sourit narquoisement Sirius.

- Ça se saura, répliqua Remus, amusé.

- Super, ça va être l'occasion d'un peu de sport. Tu ne t'attends pas à des embrassades hein ?

Le ton faussement hésitant et craintif fit rire Remus.

- Non, je te rassure, tu peux rester assis, gros paresseux.

- J'ai une excuse ! protesta Sirius. On a dû beaucoup se bouger aujourd'hui.

- A peine une heure ou deux, remarqua Remus. La jeunesse n'est plus ce qu'elle était.

- Tu peux parler ! T'as dormi tout le reste de la journée chez Dumbledore, grogna Sirius.

- Je croyais que j'avais l'excuse de la potion de confusion.

- Y'a prescription, la confusion n'a rien à voir avec le sommeil, assura son ami.

- Il y avait une femme là-bas.

Sirius le regarda en fronçant les sourcils, se demandant ce que cette phrase venait faire dans leur discussion particulièrement inutile.

- Dans le repaire de Voldemort, précisa Remus, le regard lointain. Elle est venue me parler lorsqu'on m'a transporté dans une pièce. J'ignore qui elle est, peut-être une amie de Dumbledore, je n'ai pas pensé à lui demander. On n'a pas vraiment discuté et ça n'a pas duré longtemps mais… je me suis senti mieux.

- Plus fort ? suggéra Sirius, intrigué.

- Non, pas vraiment, mais je crois que son intervention a affaibli les effets de la potion de confusion l'espace d'un instant et c'est ce qui m'a aidé à me relever. J'ai presque l'impression de l'avoir rêvée.

- C'est peut-être le cas. Dumbledore et les autres ne sont arrivés qu'après le début du combat entre nous et les Mangemorts… En tout cas elle a l'air de t'avoir laissé une forte impression, réelle ou non.

- C'était étrange. Je sais que ce que j'ai ressenti en sa présence ne m'était jamais arrivé, comme si j'étais protégé, mais en même temps, j'avais une impression familière que je n'arrive pas à replacer. Tu as raison, ce ne devait être qu'un rêve, je devrais arrêter de me poser des questions là-dessus. On devrait aller se coucher. Je pars tôt demain, vous dormirez sûrement encore.

- On t'attendra, répondit Sirius. On aura été civilisé finalement.

- Comment ça ?

- On n'en est pas venu aux poings, explicita son ami avec un clin d'œil.

James et Peter étaient déjà couchés. Ils ne dormaient certainement pas mais ne cherchèrent pas à demander quoi que ce soit à leurs amis. Le dortoir fut plongé dans des respirations régulières quelques minutes plus tard, chacun restant face à soi-même pour décider de la manière d'appréhender cette nouvelle relation qui commençait.

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Les Weasley habitaient une petite maison à un étage de construction assez artisanale qu'ils avaient installée sur un terrain dont avait hérité Arthur. Ce dernier travaillait lorsque Remus accompagné du professeur Dumbledore furent accueilli par sa femme qui, de l'avis du garçon, le serra plus que de nécessaire contre elle.

- Madame Lupin se trouve à l'étage ? se renseigna Dumbledore.

- Oui, elle… Oui.

Molly Weasley parut un peu gênée mais dut laisser ses hôtes pour s'occuper de ses enfants, dont le plus jeune la réclamait à cors et à cris. Une fois qu'elle fut sortie du salon, le professeur Dumbledore amena Remus à lui faire face.

- Asseyez-vous un instant, je dois vous parler. Il faut que vous sachiez que votre mère ne s'est pas sortie indemne de l'explosion.

- Elle a été… handicapée ? demanda Remus, sentant bien qu'il ne s'agissait pas de cela.

- D'une certaine manière… Malgré l'enquête, les Moldus n'ont pu déterminer les circonstances exactes de l'explosion mais d'après certains témoins, juste avant qu'elle ne survienne, quelqu'un avait hurlé un avertissement. D'après la manière dont ils ont été retrouvés, il est plus que probable que votre père ait protégé votre mère de son corps, ce qui lui a fait prendre tout le choc alors que votre mère s'en est tirée avec quelques égratignures et brûlures mais… elle n'a pas supporté de voir votre père sur elle dans l'état où il se trouvait.

Remus sentit son cœur battre fortement dans sa poitrine alors que le sang quittait son visage.

- Je veux la voir.

- Et je ne peux rien contre cela, mais je devais vous mettre au courant. Votre mère n'est plus en état de réagir normalement.

Le garçon hocha la tête sans répondre et suivit son directeur dans l'escalier jusqu'à une chambre dont il ouvrit la porte avant de laisser passer son élève.

La femme était assise sur un lit, emmitouflée dans une lourde couverture, ses yeux ouverts remplis de larmes qui ne coulaient pas et les lèvres tremblantes alors qu'elle gémissait sourdement. Elle n'avait pas réagi à l'entrée de son fils et celui-ci resta un instant sur le pas de la porte, les jambes bloquées. Il s'approcha finalement avec lenteur jusqu'à arriver près d'elle et l'appela faiblement, n'obtenant aucune réaction. Hésitant, il décida de lui faire face et tenta de capter son regard. Dans un premier temps, les yeux de sa mère restèrent dans le vide, puis elle sembla faire le point et releva légèrement ses yeux pour le regarder. Presque aussitôt, elle émit un gémissement horrifié et envoya ses bras vers l'avant pour le repousser, les rétractant à peine le contact établi, et s'enfuit au bout du lit en couinant comme un animal blessé, cachant son visage d'un bras pour ne plus regarder le garçon.

Remus était resté figé par cette réaction, la respiration chaotique. Il ne fit pas attention à l'infirmière qui entra soudain dans la pièce pour venir calmer sa patiente, ni à Dumbledore qui tenta de le faire sortir, commençant par rencontrer une résistance avant qu'il ne se laisse guider.

Une fois hors de la pièce, il se laissa glisser le long du mur du couloir, les deux mains posées sur le papier peint, les larmes coulant de ses yeux grands ouverts.

- Les guérisseurs ont essayé plusieurs remèdes sur elle, sans succès. Il y a malgré tout une chance que sa situation s'arrange d'elle-même, seul le temps nous le dira. Je suis sincèrement désolé Remus.

Le sorcier s'était baissé pour être à son niveau et avait posé une main sur son épaule. Remus se tourna vers lui, le visage tordu par une douleur intérieure.

- Pourquoi ? Pourquoi elle m'a rejeté comme ça ?

Dumbledore hésita avant de répondre.

- Vous avez certains traits de votre père, votre mère a dû le voir à travers vous et voir…

- Son corps, termina Remus en fermant fortement les yeux, laissant glisser plus de larmes sur ses joues, ses poings se serrant à en faire blanchir ses articulations. J'ai perdu mon père, qu'ai-je fait pour ne pas retrouver ma mère ? Qu'est-ce que j'ai fait ? répéta-t-il dans un sanglot en croisant de nouveau les yeux du professeur.

- Vous n'avez rien fait. C'est arrivé, nous n'y pouvions rien. Il n'y a pas de fautifs, ni de volonté derrière cela, ce n'était pas prévisible.

- Je ne veux pas… souffla Remus. Je ne veux pas ! Je veux que mon père revienne, je veux que ma mère soit comme avant, je veux… Je veux rentrer chez nous ! Je veux juste rentrer chez moi, pleura-t-il.

Une porte se referma derrière eux et il vit l'infirmière le regarder un instant avec pitié avant de se tourner vers Dumbledore.

- Elle s'est endormie.

- Merci.

- Qui est-ce ? demanda Remus une fois qu'elle fut rentrer dans une pièce adjacente.

- Une infirmière qui a été chargée de s'occuper de votre mère.

- Non, dit Remus en secouant la tête, sa mâchoire crispée. C'est à moi de m'en occuper.

Sans lui répondre, Dumbledore l'aida à se relever et le ramena au salon, où il le fit s'asseoir sur le canapé. Mme Weasley leur amena du thé avant de les laisser, non sans avoir adressé un sourire encourageant à Remus, qui fut bien heureux de n'y trouver aucune pitié.

- Vous ne pouvez pas rester continuellement auprès de votre mère, Remus, déclara Dumbledore après lui avoir servi une tasse de thé. Vous avez vos études et votre vie à mener, vous ne pourrez être constamment auprès d'elle.

- Mais…

- Je peux vous assurer que les meilleures infirmières seront mises à sa disposition et qu'elle sera bien prise en charge, mais il faut que vous pensiez à vous, vous comprenez ?

Remus ne répondit pas immédiatement.

- Pas elle, murmura-t-il. Pas l'infirmière que je viens de voir. Je ne veux pas que la personne qui se charge d'elle ait pitié de son état, ma mère vaut mieux que ça. C'est… Elle va finir par s'en sortir, elle est forte… Mais jusque là, je veux qu'elle soit traitée avec respect.

- Je m'arrangerai pour trouver une personne digne de confiance, lui assura son directeur. Maintenant, il faut que je vous mette au courant de certaines choses. Je sais que vous n'avez pas le cœur à ça mais c'est très important. Vous êtes encore mineur et, aux yeux de la loi, votre mère ne peut plus être considérée comme votre tutrice tant qu'elle se trouve ainsi.

- Je n'ai pas de famille et… Il se tut brusquement, lui lançant un regard effaré. Vous ne comptez pas m'envoyer dans la famille de mon père ?

- Non, en premier lieu parce que je sais quelle est la situation de ce côté, ensuite parce que vos parents ne vous ont fait recenser que par le ministère de la Magie, comme leur mariage était de nature magique également. Je sais que vous ne les connaissez pas très bien mais les Weasley ont proposé de vous prendre à leur charge, si vous l'acceptez.

- Que je vienne habiter ici ? demanda Remus, abasourdi. Mais je vais les gêner et…

- Arthur et Molly seront ravis de vous accueillir chez eux. Pour ce qui est des finances, vous recevez encore de l'argent de la vente des livres de votre père et vous avez un héritage. Ceci ne représente pas une somme exceptionnelle mais elle sera suffisante pour subvenir à vos besoins.

- Et ma mère ?

- Molly Weasley a catégoriquement refusé qu'elle reste à Ste Mangouste dans le service spécialisé, indiqua le professeur. Elle préfère qu'elle reste ici mais la décision finale vous appartient et elle en a pleinement conscience.

Remus regarda sa boisson dont il n'avait pas bu une gorgée et reposa la tasse, perdu.

- Je ne sais pas… Pour ma condition, il faudrait…

- Arthur est prêt à aménager la remise pour qu'elle convienne à vos transformations.

- Alors il va falloir… revendre la maison ?

La question était difficile pour Remus. Cet endroit avait été le premier depuis qu'il avait été mordu où ils s'étaient sentis bien, lui et ses parents, le premier où ils avaient enfin pu être heureux tous les trois sans se soucier de voisins mal intentionnés. C'était chez eux…

- Vous n'avez pas les moyens de la garder, répondit Dumbledore sur un ton d'excuse.

Le garçon posa son visage entre ses mains en coupe tout en secouant la tête.

- Je ne sais pas, soupira-t-il. Je ne sais vraiment pas.

- Je vais vous laisser discuter un moment avec Molly, ensuite nous retournerons à Poudlard. Vous n'êtes pas forcé de donner une réponse tout de suite.

Il se retira et Molly Weasley arriva peu après. Remus n'eut pas vraiment le temps de se sentir mal à l'aise comme la femme s'assit à côté de lui et le prit dans ses bras, le surprenant par ce geste tendre.

- Mon chéri, tu ne dois pas te sentir gêné avec moi. Tu sais, ta mère et moi nous connaissons depuis longtemps, nous sommes très proches. Tu ne dois pas avoir l'impression que nous te voulons ici par obligation. Si tu viens ici, tu feras véritablement parti de la famille, tout comme Théia. Je voudrai que tu y réfléchisses sérieusement. Arthur et moi désirons vraiment que tu acceptes de venir chez nous, tu ne nous dérangeras jamais.

- Je… Ce n'est pas que je ne veux pas mais tout ça est si soudain et ma mère…

Une boule se forma dans sa gorge et Molly resserra son étreinte, le garçon se laissant aller contre elle, ayant besoin de cette chaleur humaine.

- Je me demande s'il ne vaudrait pas mieux pour elle aller à Ste Mangouste. Elle y serait peut-être mieux soignée, je resterai avec elle et…

- Tu ne pourras pas rester indéfiniment à Ste Mangouste, sourit tendrement Mme Weasley. Théia n'a aucune blessure physique, elle ne pourra aller mieux qu'ici, entourée de gens qui l'aiment. Je refuse de la laisser dans un hôpital et je refuse de t'abandonner à ton sort. Merlin, tu n'es encore qu'un enfant ! Dumbledore dit qu'il faut te laisser le choix mais je serai bien tentée de te forcer à rester ici, que tu le veuilles ou non !

Les propos fougueux de la femme le surprirent quelque peu et elle lui adressa un sourire d'excuse pour son emportement.

- Tu seras toujours le bienvenu ici, lui chuchota-t-elle en lui caressant tendrement les cheveux. Théia a toujours été comme une sœur pour moi, quoi de plus normal que de vouloir accueillir mon presque-neveu chez moi ? Arthur aussi te veut ici.

Remus se rendit compte qu'il s'était remis à trembler et de nouvelles larmes coulèrent sur son visage.

- Oh, pleure mon chéri, dit Molly en le serrant plus contre elle. Pleure, ça te fera du bien.

Le garçon s'agrippa à elle et réalisa qu'il avait besoin de cela, besoin d'un adulte auprès de lui pour le consoler, d'un parent qui saurait le rassurer pour sa mère. Il ne considérait pas Molly comme un substitut parental mais elle avait raison, il avait envie de rester avec cette "tante" ici et d'être près de sa mère.

- Je vous aiderai, souffla-t-il une fois que ses pleurs se furent calmés. Pour le ménage, pour les bébés, la cuisine, je vous aiderai.

Mme Weasley le regarda avec un sourire rayonnant, des larmes de joie aux yeux et lui déposa un baiser sur le front.

- Tu nous fais un magnifique cadeau en acceptant, lui assura-t-elle doucement.

Lorsqu'ils revinrent dans la cuisine, ils y trouvèrent le grand Albus Dumbledore en train de gazouiller devant deux bébés qui en semblaient positivement ravis. Malgré la tristesse qui emplissait son cœur, Remus ne put s'empêcher de sourire à ce spectacle pour le moins inhabituel.

Le sorcier finit cependant par les remarquer – quoi qu'il avait déjà dû repérer leur arrivée dès le départ – et se tourna vers eux, souriant en avisant les mains de Molly posées sur les épaules du garçon.

- Il faudrait que je voie monsieur Weasley, remarqua Remus.

- Nous aurons tout le temps plus tard, sourit la femme. Et maintenant, tu devras te rappeler de nous appeler Molly et Arthur et de nous tutoyer, d'accord ?

- D'accord Molly, sourit-il faiblement.

- Nous allons devoir partir maintenant, déclara Dumbledore.

- Déjà ? s'attrista Molly.

- Vous reverrez Remus dans moins d'un mois, lorsque l'année sera finie.

- Le temps va me sembler long mais tu dois y retourner, soupira Mme Weasley. Nous viendrons te chercher à l'arrivée du Poudlard Express, lui promit-elle, et je prendrais bien soin de Théia jusqu'à ton retour.

- Merci mad… Molly, je ne serai jamais assez reconnaissant pour tout ce que vous faites.

- Tu n'as pas à l'être, et n'oublie pas de me tutoyer. Bon courage mon chéri, à très bientôt. Au revoir professeur.

- Nous nous reverrons rapidement. Bonne journée. Au revoir Bill, au revoir Charlie, ajouta-t-il en serrant les petites mains des bébés.

- Au'voi' ! répondit le plus grand avec un sourire immense.

Dumbledore fit signe à Remus de s'approcher de lui pour partir mais il se mit également au niveau des bébés, incertain.

- Moi c'est Remus, je vais revenir d'ici peu, leur dit-il en caressant doucement leurs joues.

Charlie, le plus jeune, agrippa son doigt et se mit à le suçoter, et Bill vint lui faire un bisou.

- T'es not' nouveau coussin ! dit-il joyeusement.

- Molly ! sermonna quelque peu Dumbledore en regardant la femme d'un air réprobateur.

- Il a accepté ! se défendit Mme Weasley en le regardant avec défi, ce qui fit pousser un soupir amusé au vieil homme.

- Cousin, rectifia alors Remus en passant une main dans les cheveux roux du petit garçon.

Il se releva et après un dernier signe de la main, Dumbledore les fit tous deux rentrer à Poudlard.

- Il va falloir penser à l'enterrement, remarqua sourdement Remus, qui avait repris un air grave et fatigué.

- Cela peut attendre si vous voulez prendre du temps.

- Non, cela fait déjà… trop longtemps. Retarder l'enterrement ne servira à rien, je… je crois que j'en ai besoin, même si je n'en ai pas la moindre envie.

Le professeur fit signe qu'il comprenait.

- Quand désirez-vous qu'il ait lieu ?

- Dans la semaine, si possible.

- Cela serait un peu précipité, remarqua Dumbledore pour s'assurer qu'il était certain de son choix.

- Précipité ? sourit tristement Remus. Cela va faire un mois maintenant… Il aurait dû avoir lieu il y a déjà un moment…

Il prit une inspiration tremblante pour refouler ses larmes et regarda le directeur.

- Je… Il n'est pas besoin que j'identifie son corps, n'est-ce pas ?

- Non, mais si vous voulez le voir, vous le pouvez.

- Je ne pourrais pas, murmura Remus. Je ne veux pas que le dernier souvenir de mon père soit… Je veux me souvenir de lui vivant et rieur.

- Dans ce cas je vais m'arranger pour l'enterrement. Mais il est plus probable qu'il ait lieu dans deux semaines. Votre père était un Moldu, nous ne pouvons pas utiliser les rites funéraires sorciers.

- Le plus vite possible, c'est tout ce que je demande, dit Remus d'une voix plus aiguë que d'ordinaire comme il retenait ses pleurs. Je vais vous laisser.

- Remus, ne restez pas seul.

- Je n'en avais pas l'intention. J'ai une bande de dingues qui m'attend pour me remonter le moral, annonça-t-il avec un petit sourire. Merci pour tout professeur.

- Ce n'est rien. Je vais me charger d'une infirmière pour votre mère dans l'heure. Portez-vous bien.

Remus le salua de la tête et sortit de son bureau. Il ne rentra pas immédiatement à la tour Gryffondor cependant, préférant pleurer tout son saoul sa peine dans une salle vide. Une demi-heure plus tard, il entrait dans le dortoir, où il fut assailli par ses amis qui avaient été acheter du chocolat en cachette à Pré-au-Lard.

Ce matin-là, Remus n'aurait jamais cru pouvoir rire avant longtemps. Ce matin-là, il rit de bon cœur des pitreries de ses amis et remercia la magie de lui avoir au moins accordé cette amitié à défaut du reste.

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La Grande salle était en effervescence pour ce premier week-end qui suivait la fin du concours. C'était aujourd'hui que les résultats allaient être donnés et tout le monde les attendait avec impatience. Les élèves avaient besoin de se changer les idées après la mort du professeur Jugson. Bien qu'étant peu apprécié, les collégiens avaient respecté une minute de silence à son égard et observaient le deuil traduit par les bandeaux noirs qui ornaient la Grande salle.

L'incident qui avait eu lieu le dernier jour n'avait finalement pas été très ébruité et Lily s'en était étonnée comme la Gazette cherchait souvent à connaître les moindres actions de Voldemort. Millea lui avait cependant expliqué que la majorité des élèves qui avaient été enlevés faisaient partis de familles très proches de Dumbledore, quant aux autres, elles avaient leur honneur en jeu pour ne pas ébruiter l'affaire.

- En plus le ministre de la Magie est un grand ami de Dumbledore, d'après ce que je sais, remarqua Fiona, ça aide à étouffer certaines affaires.

- Ça veut dire que Dumbledore a un grand pouvoir sur le ministère ?

- Non, pas vraiment, parce que le ministre n'est pas tout seul, il y a les bureaucrates derrière. J'avoue que je ne sais pas exactement comment ça se passe, je sais certaines choses par mon père mais la politique n'est pas mon terrain de prédilection.

- Ça y est ! s'exclama la voix surexcitée de Tara. On va enfin savoir !

Lily regarda son amie fixer avec un regard brillant la table des professeurs où Dumbledore venait de se lever. Elle n'avait pas eu le temps de lui parler durant la semaine mais elle s'était mise d'accord avec Fiona pour le faire aujourd'hui. En plus, elle avait pu constater durant cette semaine que Tara ne s'était pas une fois levée aussi tôt que d'ordinaire et avait repris son rôle de réveil matin exubérant. Pour Lily, cela signifiait qu'elle avait cessé son deuil, mais il devait y avoir une raison et celle-ci ne pouvait venir que du jour de l'enlèvement.

- Très chers élèves, commença Dumbledore, avant toute chose je voudrais féliciter tous les participants au concours pour leurs parcours remarquables au fil des épreuves et les magnifiques spectacles qu'ils nous ont offert !

Une salve d'applaudissements résonna dans la salle pour saluer les concourants.

- Je vais maintenant vous annoncer le nom de ceux qui ont obtenu le plus de points en totalité. En début d'année, je vous avais prévenu que nous retiendrons les deux meilleurs élèves mais au vu de certaines égalités, nous avons décidé de vous donner les noms à partir du cinquième rang. Avec cent vingt-deux points, miss Agathe Kwartz, sixième année de Serdaigle, obtient donc la cinquième place du concours !

Une acclamation de la table des Serdaigle félicita la jeune fille rougissante.

- Avec cent vingt-quatre points, monsieur Conrad Forester, cinquième année de Serpentard, arrive en quatrième position !

Quelques huées fusèrent de Gryffondor mais les Serpentard parvinrent à les couvrir de leurs applaudissements.

- Manquerait plus qu'ils aient la deuxième place, grommela James, se recevant un regard noir de Lily.

Depuis leur dispute dans le repaire de Voldemort, la jeune fille s'était montrée plus froide envers les Maraudeurs que jamais, et elle avait ses raisons.

- La troisième place revient à monsieur Sirius Black, quatrième année de Gryffondor, avec cent vingt-cinq points !

- Bravo vieux ! On n'en doutait pas ! s'exclama James alors que son ami recevait des accolades de ses voisins les plus proches.

- En deuxième position, nous retrouvons deux ex-æquo, tous deux en septième année. Félicitations à monsieur Franck Londubat, de Poufsouffle, et monsieur Lucius Malefoy, de Serpentard, qui totalisent cent vingt-sept points chacun !

Cette annonce fit l'effet d'une douche froide parmi les élèves alors que les deux élèves se jaugeaient chacun de leur table, puis Londubat esquissa un très léger mouvement de tête auquel répondit Malefoy après un petit moment, marquant ainsi la fin de leur affrontement, se reconnaissant tous deux à égalité. Les deux maisons n'en attendaient pas plus pour acclamer leur camarade respectif.

- Comme vous l'aurez sûrement deviné, cela signifie que nous avons encore une égalité pour la première place de ce concours. Le score maximal atteint est de cent trente points, un excellent résultat. Je vous demanderai une ovation pour nos deux vainqueurs, James Potter et Lily Evans, quatrième année à Gryffondor !

La table des Gryffondor explosa littéralement à cette annonce. James Potter avait un sourire goguenard tel qu'il laissait supposer qu'il n'avait pas douté une seconde de sa victoire mais Lily était stupéfaite.

- Eh ben souris ! Tu as gagné, championne ! rigola Tara en la faisant se lever.

Elle recevait de toute part des félicitations sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait mais se retrouva soudain devant Potter, ce qui lui fit totalement reprendre pied sur terre.

- Bravo Evans, on peut dire que tu es digne de moi, déclara le garçon avec un grand sourire.

- Je te demande pardon ? siffla Lily sur un ton dangereux.

- Vous allez être le couple de l'année, s'esclaffa Sirius Black. C'est y pas mignon ?

- Voyons, il faudrait demander son avis à la demoiselle, le reprit son ami en entrant dans son jeu.

- La demoiselle te fait dire qu'elle n'a nullement envie d'être associé à toi de quelque manière que ce soit, veracrasse sous-développé.

Il y eut un silence stupéfait à cette réplique et Potter la regarda avec étonnement.

- Qu'est-ce que je t'ai fait ?

- A moi ? Rien. Mais ça ne me surprend même pas que tu ignores ce que j'ai à te reprocher, ajouta-t-elle en lançant un bref coup d'œil vers Lupin qui fut le seul à le saisir. Chacun ses choix, Potter, mais je suis bien heureuse d'avoir vu qui tu étais réellement.

Elle tourna les talons sur ces mots et sortit de la Grande Salle, entendant juste le garçon demander à nouveau ce qu'il avait pu lui faire. Elle ne s'était pas éloignée de beaucoup lorsqu'elle entendit des bruits de course derrière elle, Fiona et Tara arrivant à ses côtés rapidement.

- On a dit à Millea et Océane qu'on s'occupait de toi et de rester faire la fête, annonça Tara avec un clin d'œil. On va chez nous ?

Elles se rendirent dans la salle que le professeur McGonagall leur avait attribué deux ans plus tôt et s'installèrent sur les poufs qu'elles avaient depuis peu pour discuter.

- Qu'est-ce qu'il t'a pris avec Potter ? demanda Fiona. Tu avais l'air de mieux le supporter depuis quelques temps.

- J'ai découvert quel genre d'hypocrite il est, répondit sombrement la jeune fille. En fait, c'est rapport à Lupin. Potter, Black et Pettigrow ont cru un instant qu'il avait rejoint Voldemort, vous vous rendez compte ?

Fiona écarquilla les yeux mais Tara eut un petit sourire.

- Ils avaient peut-être une excuse, suggéra-t-elle. Et puis Remus leur a pardonné apparemment.

- Une excuse ? s'exclama Lily. Quelle excuse peut-on donner quand on a cru qu'un ami proche vous a trahi, bien à tort ? J'ai bien vu que quelque chose n'allait pas chez les Maraudeurs depuis quelques temps, mais ça n'est pas une raison ! Je sais que Lupin leur a pardonné et qu'ils sont plus liés qu'avant depuis une semaine, mais ce n'est pas le problème. Malgré toutes leurs blagues stupides, je commençais à avoir de l'estime pour eux. Un groupe soudé comme le leur, c'est plutôt rare, et ils nous font bien rire. Mais là, non ! Je croyais qu'eux au moins jouaient franc jeu et ce n'est visiblement pas le cas. C'était ce que j'aimais chez eux, leur manque d'hypocrisie. En fait, ils ne valent pas mieux que Malefoy et sa clique.

Elle était véritablement furieuse et elle savait pourquoi. Elle avait appris à connaître Remus Lupin au fil du temps, même s'ils n'étaient pas particulièrement proches, et elle en était arrivée à la conclusion que ce garçon était certainement le plus gentil qu'elle ait jamais connu. L'adjectif en lui-même sonnait un peu niais mais c'était exactement ça et elle n'aurait permis à personne de lui faire du mal, aussi le pardonnait-elle encore moins à des gens qui étaient sensés être ses amis.

- De toute façon, ce n'est pas comme s'ils allaient essayer de rechercher ma compagnie, finit-elle par remarquer en haussant les épaules.

Fiona hocha la tête et se tourna vers Tara.

- Nous voilà toutes les trois réunies. Nous voulions te parler.

- Je sais, sourit Tara, mais j'avoue que j'ai préféré laisser passer un petit moment avant que nous ayons cette discussion. J'avais certaines choses à mettre au point. Je suppose que vous voulez savoir ce qui s'est passé.

Elle leur raconta l'affaire dans les grandes lignes, passant sous silence l'histoire de Remus mais les mettant au courant de la véritable nature de Carvi.

- Carvi est au courant pour ton don, s'inquiéta Fiona. Tu ne crois pas qu'il aurait pu en parler à Voldemort ?

- Tu oublies que Dumbledore est toujours le Gardien du Secret de mon pouvoir. Même s'il l'avait voulu, Carvi n'aurait rien pu lui raconter.

- Qui aurait pu croire ça de lui ? C'est vraiment effrayant de voir comme les gens peuvent jouer la comédie et…

Elle s'interrompit et adressa un sourire d'excuse à Tara.

- Quand ils ont de mauvaises intentions, je veux dire.

- Il n'y a pas de mal, rigola Tara. Mais je me trompe ou vous ne vouliez pas me parler que du week-end dernier ?

- Parce qu'il t'arrive de te tromper ? s'amusa Fiona. En fait, on en a parlé avec Lily et on voulait te dire qu'on était là pour toi.

Tara les regarda avec étonnement.

- Je le sais bien.

- Ce qu'on veut dire, reprit Lily, c'est que jusqu'alors on a joué à la politique de l'autruche. On ne savait pas comment réagir quand tu nous as parlé de ton don mais on a fini par comprendre que tu devais avoir besoin de plus, alors nous…

Elle fut coupée par le rire de Tara.

- Oh ! C'est ça ? demanda-t-elle d'une voix soulagée. Vous avez failli me faire peur. C'est très gentil mais vous savez, ce n'est pas la peine.

Lily et Fiona échangèrent un regard et voulurent prendre la parole mais Tara les devança.

- Je comprends mieux pourquoi vous paraissiez gênées par moment, comme si vous vouliez aborder un sujet sans oser le faire, mais il n'y a pas de quoi. Si je vous ai dit pour mon don, c'est pour que vous fassiez partie intégrante de ma vie, pas pour chercher une quelconque aide. Je peux compter sur Dumbledore et le professeur Ventura pour me renseigner, entre autre.

- Mais nous sommes tes amies, nous ne voulons pas…

- Je sais ce que vous êtes pour moi, Lily, lui dit gentiment Tara, et je sais que je peux compter sur vous pour me soutenir, je le sais depuis toujours. C'est de ma faute. Lorsque je vous ai parlé du don des visionnaires, je n'ai pas pensé à vous parler vraiment de moi. Bien sûr, vous me connaissez bien maintenant, mais il y a des choses que vous ne pouvez pas deviner. Je vais vous expliquer, vous allez comprendre.

Elle se leva pour leur faire face et fit apparaître son Veritas, celui-ci resta cependant immobile, comme si la femme n'avait été qu'une statue très réaliste.

- C'est moins fatiguant de le faire juste apparaître, expliqua rapidement Tara en s'écartant de l'illusion pour que ses amies puissent la voir. Vous souvenez-vous de ce que je vous avais dit ? Mon Veritas est celui d'une protectrice, c'est l'instinct que je dégage, il est en moi. C'est ce que je suis et je n'ai pas envie de le changer. Toutes ces responsabilités dont je vous ai parlé me pèsent bien évidemment certaines fois, mais ce n'est rien en comparaison de ce que je souhaite en faire. J'aurai pu laisser mon don latent, il aurait suffi que je ne cherche pas à le développer, mais j'ai fait mon choix et c'est pour ça que j'en suis là aujourd'hui.

- Tu n'as que quinze ans ! répliqua Lily. Tu ne peux pas te mettre tout ça sur tes seules épaules !

Tara se rassit, faisant disparaître son Veritas, et regarda son amie.

- J'ai quinze ans, c'est vrai. J'ai des réactions et les soucis d'une fille de quinze ans, mais pas seulement. Il faut que vous compreniez que les préoccupations qu'on peut avoir ne dépendent pas de notre âge. Je me rends bien compte que je réfléchis comme une adolescente la plupart du temps puisque j'en suis une, il me manque de l'expérience, mais je suis une visionnaire. Je vis une histoire future qui n'aura jamais lieu, je vis les préoccupations d'autres personnes en même temps que les miennes et c'est quelque chose que j'ai accepté. Vous êtes mes amies, je ne vous demande pas plus que d'être là pour moi, tout comme moi je suis là pour vous. Nous partageons des secrets, grands ou futiles, nous avons des conversations inutiles, nous nous amusons comme si demain n'existait pas, nous rions et nous pleurons ensemble parfois, et pour moi, c'est ça l'amitié. Vous devez me croire lorsque je vous dis que je supporte le poids de ce que je vis. Le jour où ce ne sera plus le cas, où je craquerai, je vous assure que je saurai vous trouver, mais ce n'est pas le cas pour le moment. Si vous commencez à voir des soucis là où il n'y en a pas, vous allez vous rendre malades, et je ne veux ça pour rien au monde.

- Je ne sais pas comment tu fais… souffla Fiona, encore un peu incrédule.

- Parce que vous n'êtes pas dans ma situation. Peut-être sauriez-vous gérer ça mieux que moi, peut-être pas, je l'ignore et vous aussi parce que vous n'êtes pas à ma place et que je ne suis pas à la vôtre. Nous sommes différents par nos façons d'appréhender la vie, l'important est d'accepter cette différence, c'est tout ce qui compte. Ce que je fais n'a rien d'exceptionnel, c'est juste ce que je suis.

- Tu l'as déjà fait ? Tu as déjà craqué ? demanda Lily.

- Évidemment, je ne suis pas faite de roc, sourit Tara. D'ailleurs, la dernière fois remonte à l'enlèvement organisé.

- Tu viens de nous dire que tu viendrais nous voir si ça arrivait ! remarqua Fiona.

Tara hocha la tête, l'air pensif.

- Je n'ai pas menti, cette fois-ci était différente, parce que ça n'a duré que quelques heures… Je ne sais pas à quoi c'est dû exactement.

- Que s'est-il passé ?

La jeune visionnaire hésita un instant, non pas pour elle mais parce que cela impliquait Remus et qu'elle n'avait pas à étaler sa vie aux autres.

- J'ai vu une personne, que je ne peux pas nommer par égard pour elle, dans un état de faiblesse que je ne pensais pas possible de sa part et j'ai pris peur.

- Peur que ça t'arrive aussi ? demanda doucement Lily.

- Non, je ne sais pas ce qui m'a fait peur en fait, mais j'ai eu envie de m'enfuir, de m'éloigner de cette personne, même si je ne l'ai pas fait. Ensuite… j'ai flanché, je me suis sentie faible à mon tour. Je ne comprends vraiment pas ce qui a pu se passer mais j'ai eu du mal à m'en remettre.

- Et maintenant ?

- Plus aucun souci si ce n'est celui de comprendre ce qu'il s'est passé. C'est assez frustrant, grimaça-t-elle.

Elle croisa le regard de Lily et comprit qu'elle savait de qui elle parlait. Il fallait dire aussi qu'elle s'était trouvée dans le repaire de Voldemort avec elle et qu'à part Remus, il n'y avait pas grand monde qu'elle aurait pu voir dans cet état.

- On s'est pris la tête pour rien, c'est ça que tu veux dire ? soupira Fiona.

- Certainement pas pour rien. Je suis vraiment heureuse de constater que vous vous inquiétez ainsi pour moi, même si ça me chagrine de ne pas avoir pu mettre les choses au clair avant.

- J'ai parlé avec le professeur Achear après qu'il nous ait expliqué ce qu'il s'était passé pour Jugson, intervint Lily, et il m'a dit quelque chose de très juste je trouve. Je ne voudrais pas que ta trop grande indépendance t'empêche de vivre comme tu l'entends. Ton bien-être nous importe énormément.

- J'aime vivre, ma passion c'est la vie et ce n'est pas quelque chose que je pourrais changer de sitôt. Je ne me sens pleinement en vie qu'en protégeant celle des autres, je suis comme ça. J'ai des défauts et je sais que je devrais plus me reposer sur les autres, les laisser me protéger moi au lieu du contraire, mais vous l'avez dit vous-mêmes, je suis encore jeune et j'ai encore beaucoup à apprendre et à découvrir. Je veux prendre le temps de me construire.

- Alors nous nous construirons ensemble, assura Lily.

Elles se tournèrent vers Fiona qui finit par pousser un soupir fataliste.

- D'accord, tu m'as convaincue, enfin presque, mais ce n'est pas pour autant que je vais te lâcher !

- J'ai toujours adoré les sangsues, plaisanta Tara.

- Je l'espère pour toi, déclara Fiona. Et avec tout ça on a encore nos examens de fin d'année qui nous attendent, ajouta-t-elle en gémissant.

Lily et Tara rigolèrent à cette remarque et elles discutèrent jusqu'à ce que Millea et Océane débarquent avec la ferme intention de fêter la victoire de Lily en bonne et due forme.

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La fin du mois de mai se déroula dans les révisions pour tous les élèves mais également dans le deuil pour les Maraudeurs. Lorsque Dumbledore avait annoncé que l'enterrement du père de Remus aurait lieu le dernier week-end de mai, James, Sirius et Peter n'avaient pas laissé d'autre choix à leur ami que de les laisser l'accompagner.

La cérémonie n'avait pas eu lieu dans un cimetière mais devant la maison des Lupin. Remus avait en effet réussi d'obtenir de Dumbledore qu'il ait l'autorisation, si ce n'est de lui donner un rite funéraire sorcier, que la crémation soit quant à elle magique.

Peu de monde avait assisté à l'incinération comme aucun Moldu ne pouvait être invité. Ils étaient une dizaine entre les Weasley, les Maraudeurs, les parents de James et des personnes dont Remus ne se souvenait plus le nom. Dumbledore aussi s'était déplacé et il lui en était reconnaissant. Sa mère était restée chez les Weasley, elle ne pouvait pas se trouver là.

Remus n'avait pas écouté un mot du discours du sorcier chargé de la crémation et lorsque d'un coup de baguette magique il avait fait tomber le cercueil ainsi que le corps qu'il contenait en poussière, il n'avait pu retenir ses larmes, se laissant tomber dans les bras de James. Une étreinte que Peter et Sirius avaient refermé dans son dos, la maintenant tout le temps qu'il fallut aux larmes du garçon pour tarir.

Les cendres lui furent offertes mais il ne put les prendre et Sirius n'eut besoin d'aucun signe de sa part pour attraper l'urne, s'éloigner légèrement, agiter sa baguette et ouvrir la boîte, dont les cendres furent emportées par le vent qu'il avait fait naître. Son ami lui avait adressé un sourire de remerciement, toujours dans les bras de James qu'il n'arrivait pas à lâcher, puis les Weasley s'étaient approchés de lui et il s'était laissé prendre dans leur étreinte, refusant cependant les condoléances des autres invités.

Les jours qui avaient suivis la cérémonie avaient été plutôt moroses, bien que ses amis arrivèrent plusieurs fois à alléger l'ambiance, et comme chaque année, il fallut passer les examens.

L'émotion des derniers jours combinée à son esprit embrouillé dans l'année n'aida pas Remus à faire des merveilles lors des épreuves, mais Dumbledore lui assura qu'en travaillant cet été, il rattraperait son retard. Il avait prévu de lui faire passer une session de rattrapage en août pour l'aider, ce dont Remus l'avait remercié.

Ainsi se termina la quatrième année des Maraudeurs et les esprits n'étaient pas vraiment à la fête lors des au revoir sur le quai du Poudlard Express.

- Tu devrais vraiment y réfléchir, dit James en lançant un regard suppliant à Remus.

- C'est très gentil mais je préfère profiter des vacances pour mieux faire connaissance avec Molly et Arthur. En plus, je préfère savoir ma mère près de moi pour le moment, et puis je vais avoir à faire avec mes cours de rattrapage.

- Tu as intérêt à nous écrire, le prévint Sirius en lui ébouriffant les cheveux. Ô joie, voici ma chère et tendre mère, grimaça-t-il. A bientôt James, Peter. Et toi Remus, si tu changes d'avis, n'hésite pas.

Il s'éloigna et les Maraudeurs se séparèrent les uns après les autres, Remus suivant Arthur Weasley qui portait ses valises, Molly le tenant par les épaules. Une fois les barrières du quai 9¾ passées, c'était une nouvelle vie qui l'attendait.

Fin de la 4ème année !

NdA (à lire, siouplait): Hem… Bon, vous vous doutiez bien que ces chapitres qui arrivaient en un tps record et ce désir de finir l'année avant le 1er janvier cachait qqch ? Nan ? Si, vous l'avez peut-être nié mais au fond de vous, vous le saviez. Bref ! Donc, effectivement, cela cache quelque chose, mais de pas bien grave, je vous rassure, je n'abandonne pas la série ! (déjà mieux que "saga" tiens…) Seulement, avec les révisions, les exams et tout ça, il va falloir attendre un tout ch'ti minuscule petiot mois de rien du tout infinitésimal avant de voir arriver la 5ème année. Allez, enjoy ! (re, Ilys :-P) Comme je le disais, cette note n'annonce pas la fin des haricots, je reviens en force dans approximativement 30 petits jours. En attendant, vos commentaires, bons ou mauvais, sont bienvenus -)