Note de l'auteur : Kikou tout le monde !
Je suis désolé pour l'attente, mais le bac approchant, le temps libre est de plus en rare malheureusement ! J'ai fini ce chapitre (et la fic) pendant les vacances, mais vu la longueur, ça m'a prit du temps de tout recopié ! Mais le voilà enfin ! D'une belle taille, et qui vous raconte les ultimes aventures de Spirou et Fantasio, euh, Grissom et Sara pardon héhé, au temps pour moi hum. Donc, bonne lecture, je vous retrouve à la fin !

Thank you soooo much pour toutes vos reviews, vous êtes des zamours ! Merci à : nesretepamon, PCR, graceaurel, ewiliane, Sady, chapo, mimi555, wity, CatherineW, Lily, Nadege, the crazy one aka Sissi (j'tadore:-d)et ma Cancroute

Spoiler : Saison 5, y compris la fin. L'histoire débute après la fin de la saison. C'est sensé être une GSR aussi

Disclamer : Malheureusement, je ne possède rien de ce qu'il y a dans CSI, ni les persos, ni les décors, ni les histoires des épisodes... Il n'y a que cette histoire qui sort direct de ma cervelle ;)

Petit rappel : Il y a trois heures de décalage entre le moment ou Sara et l'autre taré arrive à S.F et celui où Grissom arrive à son tour.

Chapitre 11

Tous les tueurs ont leur point faible.

Sara le savait, autant par théorie que par pratique. Quand elle étudiait pour devenir CSI, elle s'était bien entendu penchée sur la psychologie des meurtriers. Puis, durant toutes ces années à analyser les crimes de fous, elle avait eu l'occasion de le remarquer. Même le plus consciencieux des tueurs en série finissait par se trahir, soit parce qu'il allait trop loin, ou qu'il cherchait inconsciemment à se faire arrêter. Parfois, il suffisait d'une simple erreur, d'une particularité psychologique de l'assassin. Mais malgré ça, Sara était persuadé que Patrick n'avait pas ce genre de problèmes. Il était tellement machiavéliquement intelligent, tellement sur de lui, froid et calculateur. Okay, le fait que leur ancien 'terrain de jeu' soit à présent inexistant l'avait mis en rogne, mais ça, s'était parce que ses plans étaient compromis. Non, elle ne lui imaginait pas de faiblesse. Elle découvrirait plus tard qu'elle avait tord.

Mais pour le moment, elle était toujours assise dans le taxi, la tête à moitié sortie en direction du vide béant qui se dessinait dans la nuit. Patrick avait enfin fini de donner des coups dans la poubelle, et il se retourna brusquement vers elle, avant de rejoindre à grand pas le taxi. Il venait de comprendre, réalisa t-elle, qu'il venait de lui laisser une superbe possibilité de s'enfuir. La stupeur et la déception l'envahirent quand elle réalisa qu'elle ne l'avait même pas envisagé. Elle aussi avait été surprise par ce coup de théâtre, et n'avait même pas pensé à demander de l'aide au chauffeur.

Patrick lui agrippa fermement le bras gauche –épargnant au passage son bras droit, ce qui n'était pas plus mal vu l'état de son épaule- et la sorti avec force de la voiture ; elle contint tant bien que mal un cri de surprise et douleur mélangé, chaque mouvement, surtout les brusques, lui envoyant toujours d'affreuse décharges de douleur. La lueur de folie dans les yeux de Patrick était bien visible, et le corps de Sara fut traversé d'un frisson glacé.

Lui tenant toujours fermement le bras, il se pencha à nouveau vers le chauffeur, par le côté passager dont la portière était toujours ouverte.

« Vous avez parlez d'une piscine. C'est celle de l'autre côté de la rue, à une centaine de mètres ? Celle qui est là depuis plus de vingt ans ? »

Le chauffeur semblait à présent beaucoup plus mal à l'aise.

« Ben, j'crois pas que ce soit la même. Ils ont testé un nouveau genre de complexe là-bas, vous savez, avec un étage piscine et l'autre patinoire, mais ça a foiré. J'pense qu'y zont fermés l'étage patinoire y a pas longtemps, y reste plus que la piscine. Mais je doute que cela tienne. Les gens n'aiment pas beaucoup ce quartier, et leur truc était trop cher pour qu'ça ait beaucoup de succès. »

L'angoisse enserra à nouveau l'estomac de Sara, s'ajoutant aux autres problèmes de son corps. La piscine qui se trouvait à deux cents mètres qu'elle ne voyait pas d'ici. Même si c'était un nouveau bâtiment, elle saisissait très bien pourquoi Patrick s'y intéressait.

Ils y avaient passé de nombreuses après-midi, tous le trois, quand ils étaient enfants.

Patrick avait trouvé son nouveau lieu d'exécution.

Les yeux de Sara se mirent à sonder frénétiquement la rue, la respiration rapide, alors que Patrick continuait à parler du complexe avec le chauffeur. Même si Grissom arrivait jusqu'ici, comment pourrait-il deviner qu'ils étaient aller s'amuser sur le toit de la piscine, seulement à quelques centaines de mètres ?

Le désespoir l'envahit à nouveau, alors qu'elle réalisait que tout ce qu'elle avait fait dans l'avion serait complètement inutile, même dans le meilleur des cas, c'est-à-dire si Grissom avait découvert le message. Elle se sentait complètement perdu. Et seule.

Soudain, ses yeux se fixèrent sur l'enseigne, de l'autre côté de la rue. La boutique faisait face au trou béant. Sans aucun doute un institut de beauté, quelque chose comme ça, à en juger par son nom. Ce nom. Elle n'en croyait pas ses yeux, alors que ses synapses, qui s'étaient à nouveaux branchés en mode 'recherche de solutions de survie', faisaient à vitesse grand V le lien entre qu'avait dit le chauffeur à propos du complexe et l'indice qu'elle pouvait laissé à Grissom.

C'était de la pure folie. Pire que l'idée qu'elle avait eu dans l'avion. Car en considérant la probabilité que Grissom découvre le message dans les toilettes et qu'il arrive jusqu'ici, et elle savait combien elle était faible, cela tenait presque de l'impossible qu'il décrypte cette nouvelle piste. Mais 'presque' était déjà beaucoup pour elle. Elle avait à cet instant une confiance infinie dans l'homme qu'elle aimait, bien qu'elle ignorât complètement où il était, ce qu'il avait pu découvrir. Mais elle devait tenter le coup.

C'était sa dernière chance.

Elle baissa ensuite les yeux vers le sol, à la recherche de l'objet dont elle avait besoin pour mettre son plan d'urgence à exécution. Elle vit ce qu'elle cherchait près du trottoir, près de la roue arrière droite du taxi. Le tout était d'arriver à récupérer la pierre sans que Patrick s'en aperçoive. Je n'ai qu'à me baisser et la fourrer dans mon pantalon, je suis sur qu'il me laissera faire avec un grand sourire, pensa t-elle avec une ironie très noire.

Mais ce dernier, voyant qu'elle était calme, la relâcha quelques secondes pour pouvoir payer le chauffeur. Sara savait que c'était le moment où jamais. Une autre idée folle lui traversa l'esprit, accompagnée d'un flash venu du passé.

Quand elle avait neuf ans, elle avait joué dans une pièce de théâtre à l'école. Elle se souvenait d'un passage où elle devait faire semblant de s'évanouir. Perfectionniste dans l'âme, même enfant, elle s'était entraînée et ré entraîné pour que son 'évanouissement' semble le plus vrai possible, sans qu'elle ne se fracasse le crâne au sol pour autant. Cela avait plutôt bien réussi à l'époque.

Sara espéra de toutes ses forces que ses talents d'actrice seraient au meilleur de leur forme, et surtout que Patrick ne se rappelle pas ce vieux souvenir. Elle saisit l'opportunité, et se laissa tomber au sol, face contre terre. Elle aurait droit à une belle bosse, mais elle n'était plus à ça près.

J'aurais dû tenter ma chance à Hollywood…pensa t-elle ironiquement, s'efforçant de ne plus bouger, alors qu'elle réalisait que Patrick s'était pris à son jeu une fois encore. Elle l'entendit clairement soupirer au-dessus d'elle puis marmonner quelque chose comme 'saleté d'émotive', mais fini de payer le chauffeur, qui n'avait apparemment pas remarqué la chute de Sara. Cette dernière profita de l'inattention de Patrick pour attraper la pierre qu'elle avait repéré dans sa main gauche, puis glissa son bras contre son corps. Elle sentait très bête, ainsi étalée au sol, mais elle devait continuer à faire la 'morte'. Finalement la voiture démarra et s'éloigna rapidement, et Patrick s'accroupit près d'elle. Il lui donna un violente gifle pour la 'réveiller'.

« Tu es beaucoup plus faiblarde que ce que je pensais, Lya. C'est un peu décevant. »

Il la releva sans ménagement, envoyant au passage une nouvelle onde de choc dans son épaule blessé, et le monde tourna un peu autour d'elle, ajoutant un peu de crédibilité dans son jeu.

Il ne sembla pas se préoccupé de son état, et il ne remarqua sa main gauche légèrement caché par sa jambe.

« Maintenant, tu te concentres un peu et surtout, tu restes silencieuse. »

Elle hocha vaguement la tête, alors qu'il traversait la rue, la main gauche de Patrick agrippée à sa nuque pour qu'elle avance rapidement.

Quand ils ne furent plus qu'à deux mètres de la boutique, Sara n'hésita pas une seule seconde. Elle lança la pierre de toutes ses forces, visant du mieux qu'elle pouvait avec sa main gauche. La vitre explosa bruyamment, lui envoyant une puissante décharge d'adrénaline dans les veines. Elle avait réussi.

Cette courte réjouissance s'envola en fumée très rapidement quand une nouvelle gifle puissante atteignit sa joue gauche, puis la droite, avant qu'elle ne sente ses mains agripper ses deux bras avec violence. Elle était à nouveau au bord de l'évanouissement, pour de vrai cette fois.

« Tu n'es qu'une petite salope, Sara ! Je te jure que tu vas regretter ce que tu viens de faire, quelque soit la raison. Je vais te saigner, et tu souffriras de longues heures avant de mourir » Il avait approché sa bouche tout prêt de son oreille, et murmura d'un ton vicieux. « Et quand tu baignera dans ta marre de sang, encore assez consciente pour réaliser ce qu'y arrive, je te baiserais, sale chienne. »

Grissom comprendra. Grissom comprendra. Grissom comprendra. Grissom comprendra.

OoOoOoOo

Moins de dix minutes plus tard, ils avaient parcouru les deux cent mètres qui menaient jusqu'au complexe dont avait parlé le chauffeur de taxi, et Patrick était entrain de cogner frénétiquement contre la porte vitrée de l'entrée sur laquelle se trouvait divers panneau et affiche. Les horaires d'ouverture et de fermeture, des publicités, ainsi qu'une feuille où il était écrit à l'encre rouge 'PATINOIRE FERMEE A LONG TERME'.

Un gardien finit par apparaître, et Patrick cessa son manège. L'homme derrière la vitre les regarda, vit l'air inquiet de Patrick qui tendait sa plaque de police et l'état de Sara, et sortit immédiatement ses clés, pour leur ouvrir la porte.

« Merci ! » s'exclama Patrick, en aidant doucement Sara à marcher à l'intérieur.

« Que vous est-il arrivé ? » demanda alors l'homme de petite taille, les yeux écarquillés.

« Je vous expliquerais. Il y a d'autre personne dans le bâtiment ? »

L'homme, Ed d'après son insigne, semblait complètement perdu par la tournure brutale que prenait sa soirée de garde.

« Euh, oui, il y a Mike dans la salle du bassin, et Owen dans son bureau. »

« Convoquez les dans votre bureau de garde, tout de suite, c'est une question de vie ou de mort ! Ne leur dites rien de plus» Patrick était également très bon acteur.

L'homme semblait complètement paniqué maintenant. Il attrapa son talkie-walkie de sa main tremblante et passa le message. Pendant ce temps, Patrick avait eu le temps d'ajouter le silencieux à son pistolet, sans que l'autre ne le remarque.

« Où se trouve votre bureau ? »

Ed montra une porte à droite du hall, avant de se tourner vers Sara. Il vit le sang qui coulait de son nez, les bleus sur son visage, et sa posture à moitié arqué, comme si elle souffrait à divers endroit. La main droite de l'homme tenait fermement son bras gauche. Mais il comprit véritablement que tout ça n'était absolument pas normal quand il plaça son regard dans celui de Sara. Dans ses yeux il y avait de la panique. Il en comprit la raison quand il vit le canon d'un pistolet se placer entre ses deux yeux.

« Merci pour votre aide Ed. Bye »

Ce fut les derniers mots qu'il entendit, avant que tout ne devienne noir.

OoOoOoOo

Sara ferma les yeux et détourna vivement la tête au moment où le coup de feu étouffé partait.

Elle ne voulait pas voir le sang gicler dans l'air, éclaboussant tout dans un rayon de deux mètres. Elle ne voulait pas voir le corps s'effondrer au sol. Elle ne pouvait pas le supporter. Elle fut pourtant obligé d'entendre le son lourd qui sembla résonner dans le hall quand le corps sans vie du garde heurta le sol. Sara se surprit à étouffer tant bien que mal un sanglot, alors que le liquide chaud de ses larmes commençait à rouler sur ses joues bleuies.

Son corps n'était qu'une masse de douleur après les nouveaux coups qui lui avaient assenés Patrick, et à présent, c'était son esprit et son sang-froid qui lâchait prise. Elle ne s'était pas encore autorisée à craquer jusqu'à présent, mais là, elle n'en pouvait plus. Elle sentait les doigts glacés de la mort se resserrer un peu plus autour de son cou, et cela la terrorisait. Elle savait qu'elle devrait être courageuse, ne pas se montrer faible, car cela ne faisait que conforter Patrick dans sa position de supériorité, mais elle saturait. « Ce sont tes nerfs qui lâchent. C'est une réaction de ton organisme face aux traumatismes que tu viens de subir. » C'était ce que lui avait dit Grissom, moins de vingt-quatre heures plus tôt –alors qu'elle semblait vivre cet enfer depuis des semaines- quand elle avait craqué après l'explosion. Etrangement, cette simple pensée provoqua un sanglot encore plus violent, qu'elle n'arriva pas à contenir cette fois, et bientôt, une nouvelle gifle atteignit sa mâchoire douloureuse.

« Je t'ai dis de te la fermer, Sara. Arrête de PLEURNICHER ! »

« Ed ? » appela alors une voie dans la cage d'escalier.

Sara ouvrit finalement les yeux pour voir à travers la buée de ses larmes deux hommes arriver dans le hall, et le pistolet de Patrick se pointer clairement sur eux, les faisant se stopper brusquement. Leurs yeux écarquillés finirent également par glisser sur le cadavre de leur collègue, ajoutant une nouvelle terreur en eux.

« Bonjour messieurs » leur dit Patrick d'un posé et presque aimable. « Je suis presque désolé de vous informer de la mort de votre collègue, ainsi que de votre prise d'otage imminente. C'est une simple mesure de sécurité, au cas où les choses se gâteraient, ce qui fort impossible de toute façon. La situation est très simple : si vous voulez vivre un peu plus longtemps, vous posez vos éventuelles armes à vos pieds et vous me les envoyez. »

Les hommes terrorisés et tremblants s'exécutèrent, un pistolet et un canif glissant jusqu'aux pieds de Patrick, qui relâcha le bras de Sara quelques secondes pour les ramasser et les fourrer dans son sac noir, qu'il avait eu en bandoulière depuis le début. Il sorti ensuite plusieurs paires de menottes de ce sac, le pistolet toujours braqué sur les hommes, qui étaient de toute façon trop terrorisés pour oser faire le moindre geste. Il leur lança deux paires, qu'il les ordonna de s'attacher aux poignets. En quelques secondes, il avait poussé Sara vers le guichet d'accueil le plus proche, et dans un geste rapide, l'avait attaché par le poignet gauche à la grille ancienne mode qui était rabattu sur l'ouverture qui permettait habituellement aux gens d'acheter leur ticket.

« Ne fais pas de chose stupide » lui susurra t-il froidement à l'oreille avant de se diriger, pistolet tendu, vers ses otages et de les faire avancer vers le bureau qu'avait désigner Ed quelques minutes plus tôt.

Très vite, Sara se retrouva donc seul dans le hall à peine éclairer. Elle n'entendait que la voix étouffée de Patrick, mais surtout sa respiration bruyante et les battements toujours trop rapides de son cœur. Elle ferma les yeux et entreprit de se calmer. Elle ne pouvait rien faire d'autre. Car même si elle voulait tenter une quelconque action, elle était menotté par son bras valide, et elle ne voulait même pas essayer de bouger son bras droit, ne souhaitant aucunement une douleur supplémentaire. Le seul profit qu'elle pouvait tirer de cet instant de véritable solitude, sans la présence froide et surtout terrifiante de Patrick, c'était d'arriver à reprendre une certaine contenance, de redevenir plus calme et moins émotive. Elle savait que le pire était à venir, et cela n'était pas très apaisant comme réalisation, mais elle savait aussi qu'elle ne voulait pas mourir sans résister.

Quand Patrick sortit du bureau, dont il ne ferma même pas la porte, elle était beaucoup plus calme, et ne pleurait plus. Il se dirigea tout de suite vers elle, rangeant son pistolet.

« Bien, » dit-il d'un ton presque enjoué alors qu'il la libérait de ses menottes. « Prête pour une petite balade sur le toit ? »

Cette simple question fit fuser un nouveau flot d'adrénaline dans ses veines. Elle n'était plus attachée, et la porte de sortie n'était qu'à quelques mètres, c'était tellement tentant !

Mais Patrick s'attendait apparemment à ce genre de réactions, car une seconde après l'avoir détaché, il enserra avec force et dureté son épaule droite, la rendant en un instant complètement nauséeuse et cotonneuse. Mais alors qu'il la forçait à avancer à travers le brouillard de douleur, elle sentit une nouvelle vague de colère la traverser violement. Il se servait de ses faiblesses physiques pour la faire souffrir d'avantage et la rendre presque docile, lui empêchant toute résistance, et cela la rendait folle de rage. Cette colère permit au moins à son esprit de redevenir rapidement clair, mais à présent, quoi qu'elle face, son corps ne serait plus un allier, trop engourdi et douloureux pour ça.

Les employés qu'il avait emprisonnés avaient dû lui dire comment se rendre au toit, car il montèrent plusieurs étages plongés dans un quasi obscurité. Son sens de l'observation avait repris le dessus, malgré la gravité de la situation, et elle avait comprit que l'ancienne patinoire avait dû être au rez-de-chaussée, la piscine au 1er étage (elle pouvait sentir l'odeur forte du chlore même dans le noir), et la cafétéria et autres bureau au 2ème, là où ils se trouvaient actuellement. L'escalier qui menait au toit se rapprochait rapidement, beaucoup trop rapidement, réalisa t-elle, alors qu'une panique instinctive commençait à reprendre le dessus, malgré ses efforts pour rester calme. Il la poussait pour qu'elle avance.

« Allons, Lya, ne fait pas durer le suspense, voyons, tu sais bien que ça va être sympa ! »

L'envie de hurler était forte en elle, hurler de peur, hurler de colère, de frustration. Une marche, deux marches, trois marches, vingt et une marches, une porte grise et froide qui s'ouvre. L'air froid de la nuit qui l'assaillit subitement alors qu'elle arrivait finalement sur le toit. L'air humide, lourd et froid, peut-être pas si froid que ça, mais elle frissonna quand même. Elle pouvait sentir Patrick jubiler à côté d'elle, alors qu'il regardait autour de lui. Son cœur battait trop fort contre ses oreilles, elle n'en pouvait plus. Elle sentit quelque chose d'humide glisser sur sa joue, et elle cru que c'était une nouvelle larme. La deuxième fois qu'elle le sentit, elle le pensa aussi.

« Sincèrement, c'est un des meilleur toit que j'ai vu depuis six mois ! » s'exclama Patrick. Une nouvelle goutte tomba. Elle comprit que ce n'était pas ses larmes, mais seulement celles du ciel. « Je sens que je vais aimé te-»

Il ne finit pas sa phrase. Sara ne comprenait pas pourquoi il s'était arrêter si brusquement. Tout son corps s'était contracté, ainsi que la prise qu'il avait sur son bras. La pluie commença à tomber avec plus de force, et Patrick se raidissait de plus en plus. Soudain

, il la tira violemment par le bras, les ramenant en quelques secondes vers la porte, qu'ils passèrent. Une fois à l'intérieur, Patrick la referma vivement, rendant le bruit de la pluie inaudible.

Il tenait toujours fermement Sara, mais son attitude était étrangement différente, il semblait à la fois en colère, frustré et…paniqué ? Comme si elle s'était posée la question à voix haute, Patrick parla alors, d'une voix blanche et un peu serrée :

« Nous allons attendre que la pluie s'arrête. »

Ce qui ne fit qu'augmenter le trouble de Sara. Soudain, le déclic se fit. Il n'aimait pas la pluie. 'Pourquoi' était une bonne question, mais inutile pour le moment. Il avait commencé à changer au moment où les premières gouttes étaient tombées. C'était même plus que ça, réalisa t-elle alors qu'il la faisait descendre l'escalier, il en avait peur. Patrick avait son point faible, son talon d'Achille, cette eau qui tombait du ciel, et qui actuellement l'empêchant de faire ce qu'il voulait, lui retirait sa confiance en lui et le troublait complètement. Si Patrick détestait la pluie, actuellement Sara l'adorait plus que tout, et elle espéra de toutes ses forces qu'elle durerait encore et encore. Qu'elle ne s'arrêterait jamais.


L'avion se posa sous la pluie.

Le temps était parfait pour accompagner le moral de Grissom, lorsque ce dernier sortit de l'aéroport, la pluie le trempant complètement de la tête au pied durant les quelques minutes interminables qu'il passa à attendre un taxi.

Son humeur avait pourtant remonté récemment, quand il avait trouvé le mot de Sara dans les toilettes de l'avion. Il avait immédiatement appelé Jim, à partir du seul téléphone qui se trouvait à bord de l'appareil, et qui était bien sûr hors de prix mais cela n'avait aucune importance, et lui avait fourni l'adresse laissée par Sara. Celui-ci lui avait promis de faire son maximum pour qu'une équipe soit envoyée le plus vite possible à l'immeuble. Durant les dix minutes de vol qu'il restait, l'espoir commença à reprendre le dessus sur l'impuissance et la culpabilité, et il se permit de penser que tout allait bien se finir.

Bien sûr, il retomba bien trop vite sur terre.

Il venait de récupérer son arme de service, et se dirigeait vers la sortie quand son portable sonna. Il vit le numéro de Jim s'afficher, et son rythme cardiaque s'accéléra à nouveau ; bien qu'il aurait aimé être celui qui retrouverait Sara, il ne pourrait qu'être fou de joie et de soulagement si Jim lui annonçait qu'elle était à présent hors de danger. Agrippé à cette pensée, il décrocha.

« Alors ? » demanda t-il immédiatement.

Le silence qui suivit fut glacial, et fit grandement diminuer ses espérances.

« Je suis désolé, Gil… » dit alors Jim d'une voix tendue et mal à l'aise.

Cette phrase fit littéralement voler en éclat les dernières traces d'optimisme qui subsistaient dans son esprit, et le désespoir l'envahit. C'était fini. Il était arrivé trop tard.
Il n'arrivait pas à y croire, Sara ne pouvait pas être m…

« Des voitures ont été envoyé à l'adresse que tu m'as fourni, mais il n'y plus d'immeuble là-bas, il a été démoli » précisa Jim.

Grissom eut l'impression de respirer à nouveau, quoi que ses poumons lui donnent encore l'impression d'être compressés. Il n'avait pas appelé pour lui dire que c'était le corps sans vie de Sara qui avait été découvert sur le toit de l'immeuble, mais que la piste qu'elle lui avait laissée était inutilisable. Il n'aurait pas pu dire que la nouvelle était vraiment meilleure ; impossible de savoir où elle se trouvait à présent. Surtout qu'elle et Miller étaient à San Francisco depuis trois heures. Il n'osait penser à ce que ce fou pouvait lui faire en trois heures.

« Gil, tu es toujours en ligne ? » demanda Brass d'un ton inquiet.

« Oui, » répondit-il d'une voix presque disante. « Autre chose ? »

« Hum…et bien, les policiers sur place ont entrepris de chercher dans les autres immeubles aux alentours, mais ça risque de prendre des heures… »

Mais le problème était que des heures, Sara n'en avait plus.

Il se contenta de dire qu'il allait lui-même sur place avant de raccrocher. La pluie était un peu moins violente quand il sortit, mais sans parapluie, il était trempé le temps qu'un taxi libre arrive et qu'il monte dedans. Il s'en fichait d'être mouillé, au contraire, l'eau froide revigora son corps et son esprit un peu ralentit depuis l'appel de Jim, et il recommença ç réfléchir à toute vitesse.

En arrivant à l'adresse voulue, il fut forcé de constater par lui-même que l'immeuble était bel et bien détruit. Il paya le chauffeur, et sorti, se retrouvant à nouveau sous la pluie.

Il remarqua immédiatement les voitures de polices, et se dirigea vers un des agents, présentant sa carte. Apparemment, Jim les avait mis au courant de son arrivée.

« Nous essayons de fouiller les immeubles aux alentours, mais pour le moment, la seule chose qui paraissait suspecte, c'était la vitrine brisée de la boutique, en face de-»

« Excusez-moi. » le coupa Grissom en décrochant son portable. « Grissom. »

« Vous ne m'avez pas dit qu'il l'avait enlevé, espèce de connard ! C'est ma meilleure amie ! Vous auriez dû me le dire, au lieu de mentir ! »

« James ? » demanda Grissom, complètement troublé par l'appel.

« Vous saviez que je pourrais vous aidez ! Je suis le seul après Sara à savoir le plus de chose sur nos habitudes d'enfants. Si votre collègue Nick Stokes ne m'avait pas prévenu, je serais encore entrain de réclamer une autre dose d'anti-douleur ! »

« James, » tenta t-il de le calmer. « Si je ne vous ai rien dit à l'hôpital, c'est parce que je ne le savais pas non plus. Elle était censé être avec un policier qualifier. Et j'ai essayé de vous appeler il y a deux heures, mais étiez complètement comateux selon l'infirmière. J'avais effectivement besoin de votre aide pour savoir l'adresse de l'immeuble où vous jouiez. »

« 747 Folsom Street » répondit James du tac au tac.

« Je sais, » répondit Grissom d'une voix presque lasse. « Sara nous a laissé un message dans l'avion. »

« Un mess…Est-ce qu'elle va bien ? Vous avez envoyez des policiers ? Vous avez trouvé d'autres messages ? »

« C'est le dernier et le seul message que nous avons d'elle. Je suis sur place avec des policiers, malheureusement, l'immeuble est détruit. » Il entendit James jurer. « Nous recherchons Sara et Miller, et peut-être même d'autres indices qu'elle aurait pu laisser, mais pour le moment, rien de suspect à-»

Mais il se stoppa, son regard se posant sur la boutique qui se trouvait de l'autre côté de la rue, à travers le fin rideau d'eau. Il n'y avait pas fait attention quand le policier lui avait dit, mais à présent qu'il parlait d'indice et de choses suspectes, son instinct reprenait immédiatement le dessus.

« Vous avez fouiller cette boutique ? » demanda t-il au policier qui se tenait toujours à côté de lui, tenant toujours son portable contre son oreille alors qu'il lui montrait du doigt l'endroit voulu.

« Oui monsieur, mais nous n'avons rien trouvé ; aucune trace de vol ni autre, il y a juste la vitre qui a été brisée, avec une pierre. »

Grissom traversa la rue d'un pas rapide pour en avoir le cœur net, n'étant pas sur de distinguer parfaitement le nom sur l'enseigne.

'Le Secret de Victoria'

(N/A : Attention, je joue avec votre mémoire de fan là hihihi. Quoi que n'ayant vu l'épisode concerné qu'en anglais, tout ce qui vient ensuite est traduit des dialogues originaux, désolé pour la gêne occasionnée héhé)

Un nouveau flot d'excitation fusa dans ses veines. Il se souvenait avoir prononcé ces mots en présence de Sara. Quand et dans quelle situation, c'était encore très indécis dans son esprit, mais ses synapses marchaient à plein régime à présent, et il ne tarda pas à retrouver les bribes de conversations qui étaient liées à cet enseigne.

« Quel est le secret de Victoria, je me le demande ? » avait-il dit.

« La beauté, Grissom, vous vous souvenez ? » avait-elle répondit en souriant, ne cachant pas la taquinerie dans sa voix.

Il se souvenait maintenant. L'enquête sur le joueur de hockey assassiné, Sara lui demandant depuis quand il s'intéressait à la beauté. Lui répondant calmement : « Depuis que je te connais. » Bien sûr, il avait tout de suite fuit, se sentant à la fois heureux et coupable. Heureux parce qu'il le pensait bien sûr, et qu'il savait qu'il lui avait fait plaisir en le disant. Coupable parce qu'il l'avait fait en sachant parfaitement que cela allait la troubler et la toucher. Elle avait faillit les quitter, quelques semaines plus tôt, le quitter. A cause de lui. Il s'était rattrapé de justesse en lui envoyant une plante. La petite révélation était dans le même but que la plante, et ce n'était pas très fair-play, il le savait. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il ne la voulait pas loin de lui. C'était inconcevable.

Il ressentait son absence plus que tout à présent.

Mais, était-ce réellement possible que cette vitre brisée est un rapport avec tout ça ? N'était-ce pas qu'une simple et étonnante coïncidence ? C'était tellement improbable que ce soit Sara qui ait brisée cette vitrine, à son attention. Il avait déjà eu trop de chance en trouvant son mot dans l'avion, c'était presque impossible que la chance lui sourît à nouveau.
Mais il devait tenter le coup.

Il n'avait rien à perdre à essayer.

Les corrélations s'étaient faites dans son esprit, et il retomba dans la réalité, entendant les appels de James dans le téléphone.

« Je suis toujours en ligne, James. Est-ce que vous alliez à la patinoire dans les environs quand vous étiez enfants ? »

« Euh, non, il n'y en avait pas, mais par contre, nous allions souvent à la piscine municipal, au bout de la rue. »

Ce n'était pas exactement la réponse qu'il aurait souhaité entendre, mais c'était déjà mieux que rien.

« Merci. » il raccrocha sans en dire plus, ne se laissant même pas le temps de se sentir coupable, et couru à nouveau vers le policier à qui il avait parlé.

« Il parait qu'il y une piscine à l'autre bout de la rue. Vous l'avez fouillé ? »

« Vous voulez parler de celle du complexe ? Non, pas encore, nous nous concentrons sur les immeubles qui entourent ce coin pour le moment.

« Du complexe ? »

« Oui, ils ont construit un piscine et un patinoire là-bas, mais la patinoire a fermé, je crois. »

Le cœur de Grissom manqua un nouveau battement. Ainsi, Sara avait à nouveau agit intentionnellement, comptant sur lui pour la retrouver. Elle était là-bas.

Après avoir réclamé l'adresse du complexe, il se mit à courir sans réfléchir vers le côté de la rue que lui avait indiqué l'agent. Il regardait frénétiquement les numéros au-dessus des portes. Enfin, il vit celui qu'il cherchait, et la feuille 'PATINOIRE FERMEE À LONG TERME' collée sur la porte vitrée lui confirmait qu'il était arrivé à destination.

Dégoulinant et haletant, il se plaça sous le petit porche et posa ses mains sur la vitre pour tenter de distinguer quelque chose à l'intérieur. Le hall qui entrevoyait était plongé dans une obscurité opaque. Il ne voyait rien. Il essaya donc d'entrer, mais la porte était fermée à clé. Il essaya avec plus de force, et c'est alors que son téléphone sonna à nouveau. Frustré, il décrocha.

« James, je suis désolé d'avoir raccroché, mais ce n'est vraiment pas le-»

« Désolé, Mr Grissom, mais ce n'est pas James à l'appareil. Alors, ça veut dire qu'il est vraiment tiré d'affaire ? Quelle tristesse… »

Le sang de Grissom se glaça instantanément dans ses veines. « Miller. »

« Bonne déduction, vous êtes rapide, mais peut-être pas assez. N'essayez plus d'entrer, Mr Grissom. »

« D'entrer où ? » feignit Grissom, d'un ton glacial.

« Ne me prenez pas pour un idiot, je vois le moindre de vos faits et gestes. »

Immédiatement, Grissom leva les yeux vers le plafond du porche, et vit une caméra de surveillance. Il jura dans sa barbe.

« Allons, allons, restons poli, nous sommes des adultes civilisés, » rigola Miller. « Vous voyez, je vous ai à l'œil ! Une autre tentative d'entrée, et des innocents risques d'en payer le prix. »

« Qu'est-ce qui me prouve que vous n'avez toujours rien fait à Sara ? » demanda t-il d'un ton hargneux.

« Oh, je n'ai pas dit que je faisais allusion à Sara en parlant d'innocent. Ni que je ne lui avais encore rien fait héhé. Mais elle respire encore, si c'est ce que vous vous demandez, hein, Lya ? »

Immédiatement après, un cri étouffé de douleur se fit entendre en arrière voix, et un flot de colère déferla dans ses veines. « Espèce de salaud ! » cria t-il en tapant violement du poing la porte verrouillée.

« Tututu. Restez calme. Et dites aux policiers derrières vous de faire de même. J'ai deux autres personnes en otages.»

Grissom se retourna et vit qu'un groupe de policiers, dont celui à qui il avait parlé, se tenait derrière lui, leurs armes prêtent à être sorties. Grissom leva la main, comme pour les arrêter :

« Sara est juste à côté de lui, et il y a deux autres personnes qu'il retient en otage. N'essayez pas d'entrer.

« Rien ne prouve qu'il dit la vérité. Et désolé de vous le dire, mais vous n'avez aucune autorité sur nous dans cette ville. Notre mission est de mettre Sara Sidle en sécurité et Patrick Miller hors de nuire. »

Grissom sentit sa colère augmentée face à l'insolence de ce jeune policier, qui avait fin d'action surtout apparemment.

« Vous pensez peut-être que je suis là pour faire visiter la ville peut-être ? Il a TROIS personnes en otages, qu'il peut tuer à tous moment s'il est contrarié. Avant d'agir, nous devons réfléchir. »

« Il ment, il vous a dit ça pour vous intimider » s'obstina le policier. « Nous n'avons aucune preuve. »

« Peut-être que cela devrait vous convenir comme preuve » dit alors Miller dans l'appareil, Grissom ayant momentanément oublié qu'il était toujours en ligne. « Regardez le hall. »

Il se retourna à nouveau, et vit qu'une lampe torche était allumée à présent, dans un coin du hall. Le visage de Miller était dans l'ombre, mais ils pouvaient tous voir le visage terrifié d'un homme, le canon d'un pistolet pointé sur lui.

« Alors, convaincu ? »


Repliée sur elle-même, le poignet gauche menotté, le front posé sur ses genoux pliés, Sara essayait de calmer ses tremblements.

Elle n'avait plus de notion du temps. Elle n'était presque plus mouillée, mais ses dents s'entrechoquaient, et son corps était parcouru de frisson. Elle avait mal. Partout. Et ces secousses nerveuses et incontrôlées n'arrangeaient rien. Pourtant, elle faisant son possible pour se calmer. Cela faisait un moment à présent qu'il pleuvait dehors, et qu'il l'avait fait entrer dans le bureau de surveillance du deuxième étage. Il l'avait menotté dans un coin à un tiroir après avoir bien vérifié qu'il était verrouillé, et s'était lui-même installé sur la chaise qui faisait face au bureau, impatient et même nerveux.
Elle avait espérer que durant le court lapse de temps de sursit que lui offrait la pluie, quelque chose surviendrait encore à son avantage, que quelqu'un la découvre enfin et la libère. Mais le temps passait, la pluie diminuait, et elle savait que tôt ou tard, elle finirait par s'arrêter.

Signant son arrêt de mort.

Mais pour le moment, elle tombait toujours dehors. Et cela irritait Patrick de plus en plus.

« Saloperie de pluie ! » s'écria t-il soudainement, se relevant d'un bond et balayant d'un geste brusque et violent tous ce qu'il y avait sur le bureau. Les affaires s'écrasèrent bruyamment au sol.

Sara sursauta vivement à cette brusque et soudaine disparition du silence, et releva la tête.

« Quoi ? » cracha t-il méchamment. « Ne rêve pas trop, tu n'en as plus pour longtemps. »

« Tu sais bien que les pluies de San Francisco peuvent durer des heures. On le voyait bien quand-»

« Oui, je le sais bien ! Pourquoi crois-tu que je déteste cette pluie de merde ! Elle gâchait tous nos après-midi, impossible d'aller sur le toit quand il pleut à torrent ! Impossible d'aller à la piscine, car tous le monde y va ! On se retrouve obliger de rester de cet appartement pourri, à regarder sa salope de mère boire jusqu'au coma ou attendre que son pédophile de beau-père vienne se défouler sur nous. La pluie est vicieuse. Je la hais. »

Sara resta silencieuse. Elle éprouvait presque de la pitié pour lui, ayant elle aussi supporté des horreurs au même âge, mais les nombreux points douloureux de son corps et sa peur de mourir prochainement l'empêchaient tout de même de devenir trop empathique. Ce n'était pas vraiment une surprise d'apprendre pourquoi il détestait la pluie. Patrick était devenu un tueur froid et sans remord à cause de problèmes psychologiques liés à son enfance. Que hantise de la pluie ait surgit de cette période sombre de sa vie semblait presque normal.

« Pourquoi tu les mutiles ? » demanda t-elle soudainement.

Il fixa son regard noir sur elle, les yeux plissés. « Sincèrement, qu'est-ce que ça peut bien te faire ? »

« Je m'ennuie un peu, la télé de surveillance manque un peu de chaîne. »

« Ferme-la. Tu devrais avoir compris pourquoi je leurs faisais ça. »

« Si je pose la question, c'est que non, de toute évidence. Ce n'est pas comme si j'essayais de gagner du temps, la pluie s'en charge déjà. »

Merde. Tais-toi, Sidle, tais-toi. Elle cru à son regard et à ses poings fermés qu'il allait à nouveau la frapper, mais il n'en fit rien.

« Tu es exaspérante. Je l'avais presque oublié, ton sal humour noir. De toute façon, mes raisons n'ont rien d'exceptionnelles. A vrai dire, mon but premier était de tuer des gens à vos effigies, j'en ai rajouté, car tant qu'à devenir tueur en série, autant le faire avec les habitudes du genre. Je trouvais ça amusant, de faire toujours la même chose. Tu sais comment certains m'ont surnommé, à Los Angeles ? Le Sectionneur, marrant tu ne trouves pas ? »

Elle n'aimait pas du tout le ton qu'il prenait, tellement moqueur et calculateur. « Pas vraiment, non. »

« J'en ai profité pour faire dans le…symbolique. C'était pour expliquer ce qu'y m'avait tellement déçu de votre part à l'époque. Je leur coupais les doigts parce que vous ne m'avez jamais écris après notre séparation. Je leur retirais les yeux car vous n'avez jamais cherché à venir me voir. Le reste est dans la même idée, je pense que tu peux déduire toutes seules, grande CSI que tu es. Vous m'avez lâchement abandonné. J'ai compris que vous n'aviez été que deux petits hypocrites durant toutes ces années. C'est pourquoi j'ai réalisé un jour que vous deviez payer. Payer pour m'avoir fait croire que des gens tenaient réellement à moi, qu'ils s'inquiétaient pour moi ! »

« Mais c'était le cas ! Mais nous n'étions que des-»

Sa main atteignit à nouveau son visage, et une exclamation de surprise et de douleur lui échappa, alors que le goût métallique de son sang commençait à nouveau à envahir sa bouche. Son nez saignait à nouveau, et elle ne pouvait même pas l'essuyer.

« La ferme ! Tes excuses bidons, je ne veux pas les entendre, et si tu continus à l'ouvrir, je pourrais ne pas avoir la patience nécessaire. »

Ainsi le silence retomba, et Sara ferma à nouveau les yeux, essayant de ne pas être malade, le goût de son sang additionner à ses douleurs lancinantes rendant son estomac très contrarié. Au bout d'un moment, elle entendit Patrick se lever

« Ne t'avise pas de tenter quelque chose. Je vais piquer un truc à la cafete ; je ne mange jamais le ventre vide. »

Cela n'apaisa en rien son estomac capricieux. Mais elle était assez lucide pour réaliser qu'il l'avait laissé seule à nouveau.

Ses yeux fouillèrent frénétiquement la pièce. Sa main menottée l'empêchait catégoriquement d'atteindre la porte, mais son regard se posa sur le tas d'affaires qui étaient tombés en sol, s'étalant près d'elle. Et là, presque à porté de main, se trouvait le sac en bandoulière de Patrick. Elle l'avait vu y fourrer les clés de ses menottes. Elle s'approcha les plus possible, autant que son bras attaché lui permettait.

Elle prit une profonde respiration, sachant qu'elle allait devoir utilisé son bras droit, et surtout sollicité son épaule plus que démise qui lui donnait l'impression d'être en bouillit. Mais elle n'avait pas le temps de pleurnicher sur son sort. Il pouvait revenir d'une seconde à l'autre.

Alors, sans plus hésiter, elle tendit son bras droit vers le sac, et commença à fouiller à l'intérieur, alors qu'une lumière blanche envahissait sa vision sous le coup de la douleur. Mais elle sa motivation était plus forte, et elle reposait l'évanouissement, serrant les dents de toutes ses forces. Le bout engourdis de ses doigt finit tout de même par sentir le petit bout de métal froid qu'elle cherchait, et elle emprisonna la clé dans son poing, avant de retourner très vite se prostré dans son coin. La tête en arrière reposée contre le mur, la respiration haletante, elle retenait ses haut-le-cœur et tentait de calmer.

Elle eut raison, car moins d'une minute plus tard, Patrick réapparut, mâchant quelque chose d'indéterminé. Il lui accorda à peine un regard, posant immédiatement ses yeux sur l'écran de surveillance qui montrait le porche et un bout de rue. La pluie tombait toujours. Un coup de pied rageur envoya valser la chaise, avant qu'il ne se précipite vers elle, la main levée, prête à la frapper.

Elle rentra immédiatement la tête, tous ses muscles se contractant en attendant le coup, son esprit hurlant qu'elle n'en pouvait plus. Mais la nouvelle douleur ne vint pas.

Relevant la tête, elle vit qu'il tentait de se calmer, les yeux fermés.

Son propre regard fut alors attiré par un mouvement à l'écran, et elle le fixa sur l'image qu'il projetait. Ses yeux s'écarquillèrent immédiatement, un frisson composé de plusieurs émotions puissantes la traversant violemment, alors qu'elle reconnaissait sans hésiter la silhouette de la personne qui cherchait à regarder dans le hall.

Grissom était là.

Elle ne tarda pas à comprendre son erreur. Patrick avait rouvert les yeux, et voyant son expression, les yeux écarquillés et la bouche ouverte, il avait immédiatement suivit son regard. Il vit donc comme elle Grissom entrain d'essayer d'ouvrir la porte.

Patrick sortit son portable. « Son numéro. »

Elle garda la bouche fermée.

Sa main libre leva à nouveau le pistolet et le pointa sur elle : « Son numéro salope, et je n'hésiterais pas ! »

La haine profondément ancrée en elle, elle lui donna. Elle suivit alors la conversation qu'échangeait Patrick et Grissom, n'entendant que les phrases de son bourreau. Elle pouvait voir sur l'écran Grissom marcher nerveusement et d'un pas coléreux sous le porche alors qu'il parlait. Le cœur de Sara battait la chamade.

Il était venu. Il avait trouvé ses indices. Elle pourrait s'en sortir. L'apparition soudaine et presque inespérée de Grissom lui redonnait confiance en elle, et elle se sentit revigorée. Mais elle n'aimait pas du tout la tournure que prenait la conversation, surtout quand Patrick se rapprocha d'elle.

« Oh, je n'ai pas dit que je faisais allusion à Sara en parlant d'innocent. Ni que je ne lui avais encore rien fait héhé. Mais elle respire encore, si c'est ce que vous vous demandez, hein, Lya ? »

Il ponctua sa phrase d'une tape sur l'épaule, qui aurait pu paraître amicale si elle n'avait pas été délibérément faite dans un but malfaisant sur son membre blessé. Elle étouffa tant bien que mal un cri de douleur, alors qu'elle voyait vaguement à l'image Grissom cogner la vitre.

Continuant de parler, Patrick sortit alors de la pièce, la croyant suffisamment assommé de douleur pour pouvoir la laissé un moment seul. Mais c'était sans compter le fait qu'elle tenait plus que tout à s'échapper à présent, et que la clé dans son poing droit lui fournissait une opportunité. Elle ne laisserait pas cette chance lui échapper.

Détachant presque à contre cœur ses yeux de l'écran, elle desserra le poing et laissa la petite clé glisser entre ses doigts, avant de la porter, les dents fermement serrées, vers la serrure. Elle dû s'y prendre à trois fois avant que ses doigts tremblants et imprécis de sa main droite n'arrivent à glisser la clé dans le petit interstice et à la faire pivoter.
Le petit clic libérateur se fit enfin entendre, et elle poussa un profond soupir de soulagement, libérant son poignet. De sa main libre et fonctionnelle, elle essuya presque par automatisme le sang encore frais qui avait coulé sur son visage, et parvint à se redresser, chancelante. La tête lui tourna à nouveau, mais elle se refusa à fléchir. Ce n'était pas du tout le moment.

Elle sortit dans le couloir sombre, et se dirigea d'un pas mal assuré vers l'escalier qui descendait, étant obligé de rester près du mur, son côté gauche s'appuyant régulièrement contre dessus. Son corps était un véritable traître, mais sa volonté était de fer, et assez puissante pour qu'elle parvienne à se déplacer relativement rapidement. Elle descendit donc vers le premier étage, la main gauche agrippé à la rampe.

Alors qu'elle arrivait au palier où l'odeur de chlore devenait omniprésente, elle entendit des pas rapides dans l'escalier qui remontait du hall, et le flux de peur et d'adrénaline qui fusa dans ses veines la fit prendre le plus vite possible le couloir de droite, la faisant pénétrer dans des vestiaires. Ce n'était plus qu'une question de secondes avant que Patrick ne découvre sa fuite, et cela la terrifiait et la grisait en même temps.

Il faisait totalement noir dans les locaux, et elle se dirigeait grâce aux petites lumières toujours allumées au-dessus des portes. Haletante, elle entra dans la pièce des douches. Elle se demanda si elle ne devait pas essayer de se cacher dans un coin.

Mais un cri de rage se fit alors entendre, résonnant dans tout le bâtiment, immédiatement suivit d'un coup de feu. Elle était totalement à découvert ici, elle ne pouvait pas rester là !

Elle accéléra le pas, se dirigeant le plus vite possible vers la porte battante qui devait mener au grand bassin. Elle cru entendre au loin des bruits de pas dévaler l'escalier. Suivit d'un nouveau coup de feu et de verre qui explose.

« Sara, tu vas regretter ça ! Tu ne pourras pas te cacher bien longtemps ! »

Elle poussa les portes presque dans la panique. Elle distingua dans la faible lumière le bassin bleu en face d'elle, et vit des deux côtés de la salle ce qui lui servirait de cachette : des gradins en bois espacés. Elle se dirigea vers ceux de gauche et se glissa sous les planches de bois.

Les bruits étaient de plus en plus proches dans les pièces adjacentes.

Une minute plus tard, les lumières s'allumaient.


La lampe torche s'éteignit, replongeant le hall dans le noir, et la communication se coupa également. La tonalité fut tout ce que Grissom entendit. Patrick Miller était plus que sur de lui.

Grissom se tourna vers les policiers : « Il doit bien y avoir une entrée derrière, chercher la et tenter d'entrée ! Et je m'en fiche de ne pas être votre supérieur, vous vous contentez de faire ce que-»

Un cri puissant de rage se fit alors entendre à l'intérieur du bâtiment, immédiatement suivit d'un coup de feu. Le sang de Grissom ne fit véritablement qu'un tour. Ce n'était plus du tout le moment de réfléchir, seulement d'agir.

« Reculez ! » cria t-il aux policiers, en s'éloignant lui aussi de la porte.

A bonne distance, il leva son arme, chargea, et tira. La vitre vola littéralement en éclat.

« Sara, tu vas regretter ça ! Tu ne pourras pas te cacher bien longtemps ! »

A présent dans le hall, Grissom entendit parfaitement le cri haineux de Miller. Sara s'était enfuie. Cela provoqua en lui une puissante vague de soulagement et de satisfaction. Elle allait assez bien pour se déplacer, et surtout pour réussir à échapper à un tueur fou. Mais pour combien de temps ?

Il fallait faire vite, Miller était dans une rage folle, et il craignait fort que celui n'attendrait plus pour la tuer s'il la retrouvait. Il se tourna tout de suite vers les policiers qui l'avaient suivit.

« Il faut libérer les deux hommes pris en otages. Et allumez moi toutes les lumières ! Fouillez le bâtiment ! »

Il n'attendit même pas leur approbation, et se dirigea en courant vers l'escalier, qu'il monta quatre à quatre.

La torche sortit, il scruta le couloir, mais ne vit rien. Son faisceau éclaira alors le couloir à sa gauche, et il vit une trace de sang sur le mur. L'arme au poing, il entra dans ce qui semblait être des vestiaires, et fut confirmer dans sa destination quand il entendit plus loin la voix de Miller. Les lumières s'allumèrent soudainement, le faisant cligner des yeux, alors qu'il continuait sa progression, allant vers les douches.

C'est alors q'un nouveau coup de feu se fit entendre un peu plus loin, suivit d'un cri terrifié.

Le cri de Sara.


Sara se déplaçait le plus silencieusement possible sous les gradins, essayant de rejoindre l'autre bout, pour sortir par l'autre porte. Mais trente mètres, c'était long à parcourir en rampant, surtout quand on peut à peine bouger.

Elle se glaça quand la porte battante par laquelle elle était entrée grinça. Elle n'osa même pas regarder par-dessus son épaule pour jeter un coup d'œil à travers les lattes.

« Lyyyyyaaaa, » susurra alors Patrick, même pas à quinze mètres d'elle. « Lya, tu as été une vilaine, vilaine fille. »

Elle tenta de calmer sa respiration anarchique, que la peur rendait beaucoup trop bruyante. Elle recommença à ramper, le plus vite et le plus silencieusement possible, mais ses pas se rapprochaient !

« C'était vraiment, vraiment stupide de ta part, Sara. » Sa voix était tellement proche, et de plus en plus froide et haineuse. « Tu as laissé tes traces de sang partout ! Pas très malin pour une CSI de ton niveau. C'est un peu décevant, comme cette idée de se cacher sous les gradins en croyant que je ne te verrais pas entrain de gigoter comme un ver ! »

Immédiatement après, un coup de feu fit exploser le bois un mètre au dessus de sa tête, et elle hurla. Prise de panique, et agissant réellement à l'instinct, elle chercha tout de suite à s'extirper de sous les gradins, se faufilant entre les planches de bois. Mais elle savait parfaitement que c'était fini pour elle.

Il arriva à sa hauteur, et agrippa ses cheveux pour la tirer plus vite hors de sa cachette, la faisant à nouveau crier de douleur.

Elle se retrouva bientôt par terre à ses pieds, et il força à se mettre debout, l'agrippant par les épaules, alors qu'elle gémissait faiblement et que de nouvelles larmes inondaient ses joues. Il planta son regard fou dans le sien. Elle sentait le canon du pistolet sur sa poitrine.

« C'était ta dernière balade, Sara. J'espère qu'elle t'a plu. »

« Lâchez-là, Miller. »

Sara tourna immédiatement la tête, et vit qui avait crié, dans l'embrassure de la porte.

« Grissom ! » cria t-elle. Elle ne savait pas si c'était un cri de soulagement ou de désespoir.

Il était à vingt mètres d'eux, l'arme au poing, l'air plus sombre et enragé que jamais. Patrick ne mit pas longtemps à la retourner et à la plaquer contre lui, le pistolet à présent au niveau de sa tempe.

« C'est une situation digne d'un bon film de thriller, vous ne trouvez pas Mr Grissom ? »


Grissom ne savait pas par quel miracle ses mains réussissaient à ne pas trembler.

Elles le devraient pourtant, de nervosité, surtout de peur. Et ce n'était pas pour lui qu'il avait peur.

Miller tenait Sara fermement plaqué contre lui, son pistolet contre sa tempe.

Son cœur était serré plus douloureusement que jamais à cette image. L'état physique de Sara était plus que pénible à voir. Ses vêtements étaient sales, mais ce n'était pas le pire ; son visage étaient maculés de traces de sang qui n'avaient même pas eu le temps de sécher, et de nombreux hématomes bleuâtres apparaissaient là où il n'y avait pas de sang ; des poches sombres s'étaient également formés sous ses yeux, conséquences de son nez sans aucun doute brisé. Et les très rares endroits intacts laissaient apparaître une peau d'une pâleur mortelle.

Elle pleurait silencieusement, alors que lui se sentait de plus en plus mal, et que l'impuissance réapparaissait brutalement. Il aurait voulu courir vers elle et l'arracher des griffes de ce monstre ! Mais un seul geste de sa part risquer de signer l'arrêt de mort de Sara.

Leurs yeux se rencontrèrent, et il eut l'impression d'être de retour six mois en arrière. C'était un nouveau fou qui l'empoignait aujourd'hui. Il lui avait dit seulement douze heures pus tôt qu'il ne voulait plus jamais la voir dans une telle situation de danger, avec l'impossibilité de la sauver. Il savait qu'elle pouvait lire la peur dans ses yeux, tout comme elle l'avait lu quand Adam l'avait menacé. Mais comme la dernière fois, ce contact sembla la calmer, et ses larmes arrêtèrent de couler.

« Vous allez gentiment poser votre arme au sol et la faire glisser vers moi. »

Sans quitter Sara des yeux, il baissa son arme et commença à s'accroupir.

Au même moment, Sara frappa. Elle utilisa cette fois encore son coude, mais sa posture lui permit d'atteindre un endroit plus sensible de son agresseur.

Cela eut l'effet escompter, il la lâcha.

« Sara, couche-toi ! » lui cria Grissom.


Sara ne se le fit pas répété deux fois.

Elle se jeta au sol, ignorant les protestations violentes de son corps. Grissom tira, mais Patrick, qui se remettait beaucoup trop vite, esquiva la balle. Elle se retourna et vit à sa grande horreur Patrick viser Grissom.

« GRISSOM ! » hurla t-elle.

Mais ses réflexes étaient moins affûtés que ceux de Patrick.

Le coup partit, et Sara vit distinctement du sang gicler et Grissom s'écrouler. Elle hurla à nouveau, et sans réfléchir, elle se remit debout et se jeta sur Patrick, mue par une colère folle et désespérée.

Mais il était beaucoup trop fort pour elle. En quelques secondes, il avait réussi à se libérer de son étreinte, et avant qu'elle n'ait pu vraiment réaliser ce qu'il se passait, il avait la main et l'avait abattu violemment sur le côté de sa tête. Elle fut projetée avec force sur le côté.

Durant une seconde, Sara eut l'impression de voler, suspendu dans les airs. Mais c'est alors que son corps entra en contact avec un liquide glacé. L'eau. Elle était tombée dans le bassin.

Elle se débattit, essayant de remonter sa tête vers la surface, mais le coup de Patrick l'avait bien assommé, et elle n'arrivait plus à distinguer le haut du bas. Elle ne voyait que le liquide sombre et opaque tout autour d'elle, alors qu'elle se débattait, ne sentant même plus ses membres. Elle essaya instinctivement de prendre une bouffée d'air, mais ce fut du liquide froid et chloré qui pénétra dans ses poumons. Elle n'arrivait plus à respirer. Elle ne voyait plus rien, ne sentait plus rien.

Tout devenait totalement noir.

Noir.


Grissom sentit la balle toucher sa cuisse, et il s'écroula sous le choc, entendant Sara hurler. Mais par rapport à la douleur qu'il ressentait, il savait que la balle n'avait touché que le superflu de sa jambe. Il n'empêche qu'en tombant, il avait lâché son arme. Il rattrapa celle-ci au moment où un énorme bruit d'éclaboussure résonnait dans la salle. Se retournant à toute vitesse, il vit le corps de Sara couler dans le bassin :

« NON ! »

Il leva à nouveau son arme et tira. Miller n'avait pas encore eu le temps de se remettre de l'agression de Sara, et la balle pénétra dans son bras gauche ; il cria de douleur, mais ne perdit pas une seconde, menaçant à nouveau Grissom.

Il roula prestement sur lui-même, mais dans la hâte, le pistolet lui glissa à nouveau des doigts.

A plat ventre, il releva à nouveau la tête, pour voir avec horreur Miller le viser à nouveau, un sourire machiavélique aux lèvres.

« Regardez bien comment on fait une pierre deux coups, Mr Gri-»

Un nouveau coup de feu partit, mais ce fut de la poitrine de Mille que le sang fusa.

Ce dernier sembla tomber au ralentit, alors qu'un deuxième coup l'atteignait. Il s'écroula, sous les yeux écarquillés de Grissom, dix mètres plus loin. De l'autre côté de la salle, à la deuxième porte, se tenait le jeune policier qui avait protesté devant les ordres de Grissom, le pistolet lever et fumant.

Grissom n'y prêtait déjà plus attention. Il se remit tout de suite debout et courut vers le bassin, plongeant sans même réfléchir à ce qu'il faisait.

L'eau était glaciale et le chlore brûla sa cuisse blessée, mais il s'en fichait, tout comme il se fichait de ses vêtements trempés et de ses chaussures qui l'alourdissaient considérablement.

Il vit à quelques mètres le corps de Sara qui coulaient vers le fond de l'eau, et nagea le plus rapidement possible vers elle. L'attrapant, il poussa ses pieds avec forces au fond de la piscine pour leur donner de l'élan. Il dû battre puissamment des pieds pour atteindre la surface.

La tête hors de l'eau, il prit une profonde inspiration. Sara n'en prit pas. Elle ne respirait plus.

Nageant de toutes ses forces, il les ramena vers le bord, criant aux policiers qui étaient arrivés sur la scène de l'aider à la sortir de l'eau. Ils la remontèrent rapidement, et l'aidèrent aussi, mais il se dégagea rapidement de leur bras, se penchant immédiatement sur le corps trempé de Sara, étendu sans vie sur le sol.

Cela faisait tellement d'années qu'il ne travaillait qu'en contact avec des gens déjà mort qu'il sentit une sorte de panique l'envahir en réalisant que c'était de réanimation qu'elle avait besoin dans l'immédiat, pas d'autopsie. Elle avait avalé de l'eau, et ne respirait plus. Mais il connaissait les gestes. Il les connaissait, nom de Dieu, il ne devait pas paniquer !

Rapidement, il ramena la tête de Sara en arrière et boucha son nez, amenant sa bouche à la sienne, l'embrassant cette fois pour lui insuffler à nouveau la vie. Il souffla deux fois dans ses poumons. Mains liés sur le sternum. Quinze coups.

« 1, 2, 3, 4, 5…Allez, Sara…10, 11, 12, 13, 14, 15 ! »

Deux souffles. Son cœur à lui battait furieusement contre ses oreilles mais elle, elle ne respirait toujours pas, et bien qu'il exécute les mouvements avec précisions, une panique sans nom l'envahissait à la simple idée qu'elle puisse ne pas se réveiller.

« 1, 2, 3, 4, 5, 6…Allez ma puce, respire, respire, 13, 14, 15 ! »

Il souffla une nouvelle fois. Alors qu'il baissait à nouveau la tête pour souffler une nouvelle fois, Sara fut prise d'un haut le cœur sous lui, et il l'a mit immédiatement sur le côté, alors qu'elle recrachait en hoquetant toute l'eau qu'elle avait avalé, se mettant à tousser bruyamment et violemment. « C'est ça ma puce, respire ! » lui dit-il d'une voix calme et douce.

Puis « Appelez une ambulance ! » cria t-il au groupe de policier qui avait observer la scène.

« Elle est en route, monsieur. » répondit un des agents.

Il reporta immédiatement son attention sur Sara et à son souffle saccadé et anarchique. Ses yeux papillonnèrent, puis s'ouvrirent légèrement.

« Grissom… ? » gémit-elle faiblement.

Il la souleva doucement et la serra contre lui. « Chut…tout va bien…je suis là. » murmura t-il contre son oreille, trop ému, soulagé, heureux et trop plein d'autres émotions pour pouvoir parler plus fort.

Elle commença alors à pleurer violemment contre lui, ses sanglots entrecoupés par des toux irrités, et il l'enveloppa mieux de ses bras, la berçant doucement alors qu'elle pleurait, lui murmurant que tout était fini, qu'elle était en sécurité.

Ils étaient tous deux trempés, effondrés et blessés sur le bord de cette piscine, se cramponnant fortement l'un à l'autre, comme s'ils sombreraient l'un sans l'autre, elle rassurée par ses murmures et son étreintes, lui rassuré par le simple fait de l'entendre pleurer, de la voir respirer, de la sentir vivante et à présent hors de danger contre lui. Il savait que plus jamais il ne la relâcherait.

Plus jamais.


N/A : Est-ce que ça à besoin d'un épilogue ? Hum… Je ne sais pas trop, cela dépendra que de vous chers lecteurs hihiii. Sachez que vous venez de lire pas moins de 20 pages world, et que là, l'auteur est très très fatiguée d'avoir tout tout recopié (je m'excuse des milliers de fautes que vous avez dû voir, ou des mots qui ont sautés, j'ai pas la force de tout relire dsl!). Mais perso, j'addoooooore la fin, je l'aime mon Grissom ! J'espère que j'ai réussi à vous garder jusqu'au bout (et que je vous ai fais peur mouhahaha! ) j'adorais véritablement avoir votre avis (aussi pour l'épilogue, savoir si vous en voulez un ou pas, mais je préviens, j'ai déjà un peu d'idée, ça risque d'être moins sombre et plus Peace and Love mdrr)

Bon allez, merci à tous pour votre lecture !

Elialys