Disclaimer: aucun de ces charmants messieurs ne m'appartient. Ils sont la propriété d'une certain JKR. ;; Mais attention, hein, de nouvelles informations concernant cette femme nous serons transmises le 16 juillet, et s'il s'avère qu'elle maltraite ses persos... Je préviens les services de protection des maraudeurs, moi, hein...

Rating : PG pour montrage de mauvais exemple (noooon, boire c'est paaaaas bien...)

Note : s'inspirer de ses amis à la Fête de la Musique pour écrire des fics, c'est paaaaaas bien non plus. ... ... D'un autre côté, si on vous fournit l'inspiration pour un fic, qui irait refuser ? ;;


Sirius lança à Remus un petit regard en coin, manqua sa cible de quelques dizaines de centimètres, et dut se concentrer pour pouvoir se focaliser dignement sur le garçon assis par terre, jambes molles, dos appuyé contre le mur poussiéreux de la Cabane Hurlante.

Remus regardait son verre avec l'air d'un philosophe de la bouteille. Le sourire de Sirius s'agrandit.

-Alors ? Tu trouves ça bon, finalement, pas vrai, Mr le Préfet ?

Remus ne leva pas la tête, resta bien concentré sur son verre, comme s'il venait d'y découvrir la réponse à tous les mystères de l'univers. Après quelques millions de microsecondes, il finit par répondre d'une voix traînante.

-C'est... assez... bon, finalement.

Il prenait son temps pour articuler ses mots, les roulait longtemps dans sa bouche comme s'il avait eu peur de les écorcher en les prononçant.

-Mais au départ... Je veux dire... Le premier verre... C'était... C'était...

Dans un coin de la chambre, derrière le lit plus précisément, James éclata de rire.

-T'aurais dû voir ta tête, Mooooony ! Quand t'as bu la première gorgée... La gueule que tu tirais !

Il partit d'un grand rire goguenard, et manqua de s'étouffer. A sa décharge, rire quand on a la tête à l'envers n'est pas si agréable que ça.

Remus l'ignora et continua de se concentrer sur son énonciation prudente.

-C'était... C'était...

Il marqua un temps d'arrêt.

-Je n'arrive plus à réfléchir.

Deux yeux couleur miel se posèrent sur Sirius, cherchant désespérément de l'aide.

-Mon cerveau est parti.

Le rire de James redémarra de plus belle.

-Sirius ! Sirius... qu'est-ce que je vais faire ?... J'ai besoin... J'ai besoin de mon cerveau pour passer les ASPICs...

Sirius tenta d'arrêter de fixer les yeux inquiets qui le clouaient sur place. Il battit des paupières et essaya de se focaliser sur le problème actuel : le cerveau de Remus était parti.

Il réfléchit un instant. Mais il eut beau tourner et retourner le problème dans sa tête, il ne voyait pas du tout ce qu'il pouvait faire.

Quelque chose gémit à côté du genou de Remus, et un corps lutta pour lever la tête vers eux. Peter semblait un peu traumatisé.

-Je crois que mon cerveau est parti aussi ! Je vais tout rater et maman peindra ma chambre en mauve !

Des petites larmes brillèrent un moment dans ses yeux, puis disparurent, remplacées par un sourire plein d'espoir.

-On pourrait mettre des articles dans le journal ! Et Sherlock Holmes retrouvera Messieurs les Cerveaux !

Sur ces paroles pleines d'espoir, la tête de Peter retrouva sa place première sur le plancher. Pendant un moment, il continua de délirer à voix basse, murmurant des histoires de petites annonces et de types infâmes appelés Moriarty.

Sirius cligna des yeux pour tenter de se concentrer un peu plus. Le monde était flou. Le monde était devenu un brouillard entouré de coton, le monde était une peinture noyée par de l'eau ; non, en fait, la peinture avait surtout été noyée par les bouteilles de Firewhisky que James avait trouvées on ne sait où.

Le monde-nuage retrouva un semblant de consistance quand quelque chose se posa sur son poignet, quelque chose de ferme et de mou à la fois. Sirius leva le bras, et découvrit une main autour de son poignet. La main menait à un bras. Qui était lui-même attaché à un corps. Qui contenait les yeux aimantés de Remus.

Il resta un moment à les regarder sans rien dire, ces deux billes qui luisaient un peu à la lumière des bougies, puis finit par remarquer que les deux yeux étaient emplis d'inquiétude, et que la main agrippée à lui broyait son poignet.

Quand la douleur devint insupportable, Sirius finit par comprendre que Remus était très angoissé par le départ de son cerveau. Et qu'il fallait peut-être faire quelque chose avant de perdre un membre.

Avec peine, il se traîna aux côtés de Remus, leva lentement son bras prisonnier de l'étreinte de Moony, et le passa autour des épaules du garçon.

-T'inquiète pas, Moony... j'suis sûr que le vieux garde des doubles des cerveaux des préfets dans son armoire. Tu sais, la grande, celle du fond. Celle toute noire. Avec des dessins rouges. Dans le même style que le caleçon de James.

A côté de lui, Remus sembla se détendre, se laisser convaincre. Lentement, il relâcha le poignet de Sirius. Les muscles de son corps se détendirent sensiblement. Sa tête vint rouler sur l'épaule de Sirius.

Ils restèrent comme ça un moment, jusqu'à ce que l'angoisse vienne refaire surface dans la voix de Remus, juste un peu, en traître, au milieu de mots à peine murmurés.

-Mais... S'il ne veut pas me le donner... ? Parce que... j'ai été un mauvais préfet... Qu'on a trop bu... Que...

Mais Sirius refusa de sentir la tête lourde quitter son épaule pour partir dans un nouveau voyage pour l'angoisse. Il passa une main sur le front de Remus, l'obligea à rester en place. Il posa même son menton fermement contre la tête pour l'empêcher de partir.

-Chhhht, Moony. S'il veut pas te le rendre... Eh ben... Ca veut dire que c'est un con. Alors... Tu viendras vivre avec moi. On va fonder un royaume anti-cons.

La tête se reposa contre son épaule, et Remus s'apaisa un moment.

Il y eut un grognement, un bruit comme un corps qui se laisse lentement chuter au sol ; une main apparut sur le couvre-lit, se raccrocha aux montants de bois usés par le temps, et tira un corps tant et si bien que James finit par apparaître devant eux, debout, le regard enfiévré.

-Il le rendra, le cerveau de Moony ! Et vous savez pourquoi ? Vous savez pourquoi ?

Pause dramatique. James mit à profit le moment de flottement pour consolider son équilibre en s'agrippant des deux mains au bois du lit.

-Parce que le vieux Dumbie est raide dingue des préfets ! Voilà pourquoi !

Remus et Sirius levèrent simultanément les yeux vers James, mais aucun d'eux ne bougea. James leur jeta un regard incrédule.

-Vous ne me croyez pas ? Vous voulez une preuve ? C'est ça ?

Pas de réponse. James prit ça comme un oui.

-Regardez ! Ce matin !

James devait se sentir particulièrement inspiré, parce que, dans un grand élan de courage, il lâcha soudain le lit pour pouvoir avancer vers eux sans aucun appui.

Sa démarche était coulante, aussi fluide qu'en temps normal, mais il oscillait parfois vers la gauche ou la droite, l'espace d'une demi seconde. ...Et puis d'habitude, il ne roulait pas des hanches comme ça. Ce dernier élément fut expliqué quelques secondes plus tard quand James s'arrêta pour expliquer sur un ton de confidence :

-J'imite Evans, là.

Cette information éclairante fut accueillie par un chœur de 'oooooh', et James trouva que le public était assez chaud pour qu'il puisse continuer sa prestation.

Ce qui consista à faire de petits bonds sur place, en évitant de tomber, tout en poussant de petits cris d'une voix trop aiguë.

-Monsieur, Monsieur ! Monsieur !

Il s'arrêta de sautiller tout à coup, visiblement embêté par quelque chose.

-Sirius ? Faut que tu fasses Dumbie.

-Rêve.

James poussa un soupir, mais ne se laissa pas abattre.

-...Peter ?

Il y eut un temps de silence, puis une bouillie de mots s'éleva dans la chambre, formant quelque chose qui ressemblait fort à :

-Ouimademoisellequepuisjefairepourvousaideeeer ?

James roula une nouvelle fois des hanches.

-Monsieur, quelques « personnes mal intentionnées » viennent « se rincer l'oeil » quand les filles se douchent, est-ce que vous pourriez mettre un ou dix sorts de protection silvousplaitmerciiiiiii !

Il agita un peu les épaules pour exhiber ce qui semblait être une poitrine imaginaire. Remus leva les yeux au ciel.

L'instant d'après, James était occupé à remonter ses manches, tout balancements de hanches oubliés, en demandant :

-Et qu'est-ce que vous croyez qu'il a fait, le vieux, hein, qu'est-ce que vous croyez ?

Sur le bras de James s'étalaient les mots « Je ne dois pas espionner les demoiselles même si elles sont tout à fait charmantes. »

Il exhiba la phrase comme s'il s'agissait d'une blessure de guerre, puis finit par s'arrêter net ; Il se dressa devant eux, droit comme la justice.

-Vous voyez ? Dumbie est raide dingue des préfets !

Puis le monde se mit à tanguer autour de lui, ou peut-être que c'était son corps qui oscillait et pas le monde, et il s'écroula à nouveau sur le lit.

Ils l'observèrent un moment, cachalot échoué sur les draps, et puis Remus finit par demander lentement :

-Il y aura qui... dans ton royaume anti...cons ?

Sirius tenta de réfléchir un moment à la composition d'un royaume anti-con digne de ce nom, mais ses synapses lui faisaient mal en travaillant, alors il décida plutôt d'improviser.

-Il y aura moi. Je serai le roi. Vu que c'est mon idée.

Remus hocha la tête, et Sirius considéra que c'était plutôt bon signe.

-Et puis il y aura toi.

Là, il marqua un temps pour tenter de réfléchir, mais ne réussit pas à aboutir à grand-chose. A part...

-Euh... Tu feras la reine.

Remus se raidit et se dégagea pour le regarder avec quelque chose qui ressemblait presque à l'indignement du mâle insulté dans sa virilité. S'il n'avait pas articulé aussi soigneusement, ça aurait presque pu le faire.

-Pourquoi... Pourquoi je dois faire... la fille ?

Sirius le fixa un moment, tenta lui aussi de répondre à cette question. Quelque chose lui murmurait des réponses qui ressemblaient à « parce que tu es aussi Préfet que les filles », ou « parce que vu le temps que tu passes à discuter avec cette débile d'Evans, si t'es pas déjà devenu une fille, ce sera un miracle », ou encore « parce que j'ai pas envie que quelqu'un d'autre fasse la reine ». Mais Son cerveau était encore assez en forme pour pouvoir lui transmettre qu'à priori, Remus n'allait aimer aucune de ces différentes réponses.

Il décida donc de s'arrêter sur la solution la plus simple :

-Parce que j'ai décidé.

Le côté définitif de la réponse réduisit Remus au silence, et Sirius se félicita mentalement.

Le garçon se cala à nouveau contre lui, et ils se remirent à observer James. Finalement, Remus poussa un petit soupir.

-Tu devrais... Tu devrais choisir une fille... Pour être ta reine.

Il ne s'attendait pas à ce que ces mots lui fassent mal. Mais c'est ce qui se passa. Quelque chose se tordit dans sa gorge. Ca tenait peut-être au ton de Remus. Ou à la phrase en elle-même. En tous cas, ça n'appelait qu'une seule réponse.

-Non. ...D'ailleurs y aura pas de filles dans mon royaume.

Il sentait que Remus allait encore poser une question, alors il préféra prendre les devants.

-Les filles sont chiantes.

James leur dédia un grognement d'approbation, et Sirius eut le sentiment d'avoir énoncé une vérité profonde, jusqu'à ce que la voix de Peter émerge au milieu du silence.

-Les filles font des supers gâteaux.

Ils considérèrent l'information pendant cinq bonnes minutes. ... Peter n'avait pas tort sur ce coup-là, il fallait le reconnaître.

-Bon... Y aura des filles à la cuisine.

Peter devait se sentir en veine en ce moment, parce qu'il décida d'ajouter un autre commentaire.

-Et elles savent bien décorer. Et faire des vêtements. Et nettoyer.

Sirius leva les yeux au ciel.

-D'accord. Y aura des filles pour s'occuper des maisons.

Il y eut une petite inspiration d'air montrant que Peter se préparait à avancer un autre argument, alors Sirius se dépêcha d'ajouter d'un ton catégorique :

-Et c'est tout.

Pendant un moment, personne ne dit plus rien, et Sirius se contenta de rester là, de fermer les yeux et de savourer le vide qui lui emplissait la tête.

Une éternité plus tard, le corps de Remus bougea contre le sien. A contrecoeur, Sirius rouvrit les yeux ; un visage inquiet apparut dans son champ de vision.

-Sirius... Dans ton royaume... Est-ce qu'il y aura... les Beatles ?

Il ne réussit pas à retenir un grommellement excédé. Remus les gonflait avec ses Beatles depuis au moins... au moins... depuis un bout de temps. D'accord, au début, ça avait été drôle de ramener de la musique moldue chez lui et de voir la tête de sa mère. Mais maintenant... Bon sang, Remus pouvait vivre sans les quatre chevelus, non ?

Sirius jeta un autre coup d'oeil à Remus. ... ... Peut-être pas.

Il serra les dents et se força à bouger, prenant appui sur le mur pour réussir à se mettre debout. Remus le suivait des yeux d'un air inquiet. Il ne lui prêta pas attention, continua sa progression vers la porte branlante, l'ouvrit, et disparut dans l'obscurité du couloir.

Trois jurons et deux cris étouffés plus tard, il réapparut dans la petite pièce, une vieille boîte en carton à la main. Il avança vers Remus avec un sourire fier de lui, et se laissa tomber au sol, à côté de l'autre garçon.

-Y aura pas les Beatles, Moony. Y aura mieux que ça.

Il lui tendit la boîte.

-Y aura les meilleurs musiciens de leur génération. Sélectionnés par un expert et soumis à un entraînement rigoureux !

Remus ouvrit la boîte.

Regarda les 4 grillons qui s'y trouvaient.

Referma la boîte.

Regarda Sirius.

Puis il vînt à nouveau s'installer contre Sirius, et son haleine était riche de parfums ambrés. Sirius s'installa confortablement, ferma les yeux. Il sentait battre le coeur de Remus, le sentait sourire. Il sentit chacun des mots sortir des lèvres de Remus et résonner en lui :

-Oui... Ce sera un royaume magnifique...

Les étoiles dansaient.


...Et pendant que tout le monde boit joyeusement, la seconde partie de Louverie n'avance pas. ;;; Mon BA non plus, vous me direz.