Voici ma seconde fanfic.
Ellese focalise sur l'équipe 8 (Shino, Hinata et Kiba), qui sont finalement très peu dévelopés dans le manga. Bien que je n'ai aucun engouement spécial pour Kiba, c'est de lui que l'idée m'est venu, il a donc l'honneur du premier chapitre. (Ledit chapitre est plutôt violent, mais rassurez vous les suivant sont moins sanglants.)
Au niveau du style, je me suis inspirée de l'excellente novélisation de l'épisode 3 de Star Wars, de M.Stover. Ce qui ont lu comprendront, aux autres je ne peux que conseiller la lecture, c'est un superbe ajout au film, nottament au niveau psychologique. Une perle.
Prochain chapitre, Hinata. :)

Petite note avant de commencer la lecture, la fanfic se passe pendant next generation, après la confrontation contre Akatsuki, mais ne comporte aucun spoiler. Et une dernière chose, que je trouve amusate : "kiba" signifit "croc" en japonais (d'ou un jeu de mot dans la fic).

Un : Kiba

Kiba se tassa un peu plus sur lui-même et adressa au ninja qui se dressait devant lui un regard bouillonnant de colère et d'animosité, assortit d'un grondement menaçant.
" Tu peux aller te faire voir, espèce de fils de pute, tu n'obtiendras rien de moi… »
Le regard du ninja au visage scarifié s'assombrit de contrariété, et sans un mot il s'avança d'un pas et allongea un coup de pied magistral dans le ventre de Kiba, projetant le jeune homme vers le mur.
Quand les pierres anguleuses entrèrent en contact avec son dos, meurtrissant la chair, un râle involontaire s'échappa d'entre les lèvres serrées du jeune ninja. Ignorant la douleur, il ramena tant bien que mal ses jambes sous lui, et appuyant ses avant bras sur le mur derrière lui, il parvint à se stabiliser en position accroupie.
Ses bras étaient attachés dans son dos, tirés vers l'arrière dans une position incroyablement douloureuse, qui lui démettait lentement mais sûrement les épaules, et autours de ses doigts étaient passées les entraves que l'on utilisait pour empêcher les ninja captifs de former des sceaux.
La sensation était pour le moins… désagréable.

Mais malgré cela, le grondement rauque et menaçant était de retour, s'échappant de la gorge du jeune homme. Ses lèvres se retroussèrent dans un mouvement de défit instinctif, révélant des canines anormalement longues et effilées ; et malgré sa position ramassée, il sembla véritablement se hérisser, émettant une aura dangereuse et fluctuante…
Le ninja du son aurait dû écouter ses instincts.
S'il n'avait pas été tellement sûr de sa position de force, s'il s'était autorisé à accorder ne serais-ce qu'une attention machinale au vague malaise qui s'emparait de lui tandis que des instincts bien trop érodés se mettaient en branle, il aurait sans doute pu éviter beaucoup d'ennuis.
Il aurait dû écouter ses instincts…
Mais malheureusement pour lui il ne le fit pas.

Le clan Inuzuka avait signé un pacte de sang avec les chiens.
Mais, contrairement à ce que beaucoup pensaient, cela allait bien plus loin que la simple aide au combat, bien plus loin que se battre, manger, dormir ensemble… Cela allait plus loin que les quelques caractéristiques physiques définitivement animales que les membres du clan partageaient avec leurs chiens…
Cela signifiait qu'ils faisaient partie de la meute.
Et si le ninja du son avait écouté ses instincts, il aurait reconnu la posture de Kiba, et réalisé que, tout comme un loup, c'était acculé qu'il était le plus dangereux.

Avec un cri de guerre rauque et inintelligible, le jeune homme bondit, et referma ses crocs sur la gorge de l'homme, l'entraînant avec lui dans sa chute.
Aussitôt la pièce plongea dans le chaos.

Autour de lui, il pouvait entendre les jurons paniqués et surpris des autres ninjas, et les râles de sa proie qui se débattait, mais tout cela ne lui parvenait qu'en arrière plan, couvert par la détermination farouche qui l'habitait.
Quand un coup de pied dans son visage lui fit exploser la pommette, il ne desserra pas les dents. Il n'avait réussit à atteindre la jugulaire, mais s'il lâchait prise il n'aurait pas d'autre occasion.
Aussi se cramponna-t-il à l'homme, serrant désespérément les dents, ignorant le goût cuivré du sang qui envahissait peu a peu sa bouche, la douleur et les coups de ninjas déterminés à lui faire lâcher prise.
Il ne su pas combien de temps il avait tenu comme ça, uniquement concentré sur l'homme auquel il se raccrochait de toutes ses forces. Mais soudain, un spasme de douleur le traversa et il ne pu retenir un cri, relâchant sa prise de la gorge de sa proie : en désespoir de cause, l'un des ninjas du son venait de lui casser le bras.
Aussitôt des mains ennemies le clouèrent au sol, l'immobilisant et le rouant de coup, tandis que d'autres mains lui arrachaient sa proie, l'aidaient à se relever.
Kiba se débattit en vain, donnant des coups de pieds dans le vide, et tentant de mordre tout ce qui passait à sa portée, se contorsionnant inutilement. L'un des ninjas cala son genou dans son dos, et d'une main tordit le bras cassé tandis que l'autre saisissait sa nuque d'une poigne de fer et aplatissait son visage ensanglanté contre le sol glacial.
Il entendit indistinctement une voix irritée et vaguement hystérique ordonner qu'on lui trouve un bâillon. Il ne se passa que quelques secondes avant qu'il ne sente une main enserrer sa mâchoire, le forçant à ouvrit la bouche tandis qu'on forçait sans cérémonie un tissu rêche et épais entre ses dents.
Un troisième homme s'agenouilla derrière lui, serrant le nœud au maximum et lui coupant presque la respiration…
Et soudain la pression sur son dos et sa nuque disparue alors que les hommes qui l'avaient immobilisé se redressaient et reculaient de quelques pas, le laissant le souffle court et incapable de faire le moindre mouvement, quand bien même sa vie en aurait dépendu.

L'homme que Kiba avait attaqué haletait lourdement, une main crispée une compresse qui rougissait lentement. Le sang avait coulé et noircissait ses vêtements.
Un ninja médical s'approcha et, découvrant la plaie, tenta de masquer une grimace désapprobatrice qui n'échappa cependant pas à Kiba.
" Commandant, il faudrait que vous me suiviez à l'infirmerie… "
Le ninja scarifié fit signe qu'il avait entendu mais se dirigea vers Kiba avec une lenteur délibérée. Le jeune homme lui adressa un regard farouche et tenta de se redresser, mais d'un coup de pied l'homme le retourna sur le dos, lui arrachant un cri de douleur étouffé quand l'angle de son bras se fit un peu plus anormal…
"Je m'occuperait moi-même de… l'interrogation… de ce chien… Il fera moins le fier quand on lui aura limé les crocs…"
Kiba constata avec une vague satisfaction que la voix de 'tête de sillon', comme il avait intérieurement baptisé le ninja, était rauque, et que les gargouillis qui accompagnaient chaque mot signifiaient que le sang coulait dans sa gorge et, avec un peu de chance, dans ses poumons.
Rassemblant ses forces tandis que les ninjas du son quittaient un à un la cellule, il chargea son regard de toutes les promesses de mort violente auxquelles il pouvait songer dans l'instant et les toisa férocement les shinobi, jusqu'à ce que la porte se referme sur le dernier d'entre eux.
Même après cela il continua à fixer farouchement le panneau de bois, comme s'il espérait creuser un trou à travers par la seule intensité de son regard. L'odeur entêtante du sang brouillait peut être son odorat, mais son ouïe lui indiquait clairement que les ninjas ennemis étaient encore derrière la porte.
Puis, peu à peu, les voix se turent et le bruit des pas décru dans les couloirs.
Alors seulement, Kiba autorisa sa tête à retomber sur le sol et ses yeux à se fermer.

Au prix de quelques douloureuses contorsions, il parvint à se basculer sur le flanc, dégageant son bras cassé et cherchant la position dans laquelle il avait le moins de mal à respirer.
Le sol était froid, et il avait mal partout. Avec un gémissement imperceptible, il se roula un peu plus sur lui-même, adoptant une position fœtale réconfortante.
Akamaru lui manquait.
Tout ce qu'il souhaitait en cet instant précis était son meilleur ami.
Akamaru se roulerait en boule contre son ventre, le réchauffant et l'assurant que tout irait bien, poussant de petits grognements quand il rêverait qu'il pourchassait des lapins...
Et tout irait bien.

Tel est Kiba Inuzuka, quinze ans, chuunin du village caché de Konoha : un grand jeune homme brun au visage énergique, aux pupilles noires étrangement fendues et au sourire carnassier, portant fièrement les marquages faciaux de son clan. Un jeune homme ouvert et rieur, un peu fauteur de trouble sur les bords – mais après tout il faut bien assurer l'animation du village, maintenant que Naruto n'est plus là – et farouchement fidèle à ceux qu'il considère comme sa meute. Un jeune homme enthousiaste, prompt à la colère mais aussi à la réconciliation, un jeune homme qui promène dans sa veste son meilleur ami, un petit chien blanc à l'aspect inoffensif.
C'est aussi un excellent ninja.
Peut-être n'a-t-il pas l'efficace précision de Shino, ni la fluidité létale d'Hinata, mais c'est un combattant audacieux et féroce, aux sens aiguisés et à l'esprit vif. Et quand Akamaru est à ses côtés, qu'ils se battent ensemble comme s'ils n'étaient que les deux morceaux d'un même être, il semble inarrêtable.

Quand il était encore enfant et que quelque chose n'allait pas, Kiba se glissait hors de sa chambre par la fenêtre et s'introduisait dans le chenil. Là, il se roulait en boule dans la paille sèche et attendait que les chiens viennent.
C'était d'abord Kala, la vieille chienne boiteuse de sa mère, celle qui l'avait allaité après sa naissance, quand son père avait été porté disparu en mission et que Tsume était partie à sa recherche. Elle lui léchait les oreilles et se couchait contre son dos, le museau posé dans le creux de son cou. Ensuite venait Elsh et ses deux frères, les chiens de sa sœur, qui posaient leurs lourdes têtes sur ses jambes. Puis suivaient tout les autres : les chiens trop vieux ou trop gravement blessés pour se battre, les jeunes non encore dressés, même les chiots. Parfois même, Kuromaru le grand mâle borgne venait s'allonger auprès de Kala, plaçant sa tête contre celle, minuscule en comparaison, du garçonnet…
Et là, enfoui au centre du nid de fourrures douces et chaudes, Kiba parvenait enfin à trouver le repos.

En grandissant il a perdu cette habitude, à peu près à l'époque ou Akamaru est arrivé, né de la dernière portée de Kala, et maintenant c'est lui qui se roule contre la poitrine de Kiba, grognant si un chiot inconscient fait mine de venir squatter sa place…

La première fois qu'il a tué un homme, Kiba est rentré normalement à la maison. Seule sa sœur à remarqué le léger tremblement des ses mains, mais elle n'a rien dit.
Après le repas, couché dans sa chambre, Kiba a essayé de dormir, mais même la chaude présence d'Akamaru n'était pas suffisante. Alors il est descendu jusqu'au chenil, et là il s'est couché parmi les chiens jusqu'à ce que les tremblements cessent. Jusqu'à ce que la chaleur revienne.
C'est sa manière à lui de craquer.

Konoha à trois règles d'or. Elles ne sont écrites nulle part, mais chacun les connaît.
Ne trahis pas ton village.
N'abandonne pas tes camarades.
Ne craque jamais en mission.
Et en silence, sans jamais en parler, les ninjas et les kunoïchi respectent ces trois règles.
Tous craquent à un moment ou à un autre, quand la pression devient trop forte, quand trop d'horreurs s'accumulent, quand la goutte de sang fait déborder le vase.
Certains peuvent tenir des années sans s'effondrer. D'autres – souvent les anbu - craquent régulièrement pour pouvoir continuer sans devenir complètement fous…
Certains l'extériorisent en se noyant dans l'entraînement le plus intensif, jusqu'à l'épuisement. D'autres alignent les conquêtes, espérant effacer dans un lit les cauchemars du champ de bataille. D'autres pleurent toutes les larmes de leur corps dans les bras d'un amant, d'un ami. D'autres encore sont pris de crises de fièvre qui peuvent durer plusieurs jours avant de disparaître aussi brutalement qu'elles sont arrivées…
Et une fois la crise passée, ils retournent en mission, et nul n'en parle. Parce qu'ils sont des ninjas de Konoha.

Et maintenant, couché sur la pierre froide, épuisé et meurtrit, avec pour seule compagnie le sifflement laborieux de sa respiration et sous la langue la saveur d'un sang qui n'est pas le sien, avec la certitude qu'il va être torturé, Kiba sent monter la peur abjecte.
Mais il ne craquera pas.
Ses amis sont peut-être morts. Peut-être Akamaru n'a-t-il pas réussit à s'enfuir... Et peut-être lui-même va-t-il mourir…
Mais il ne craquera pas, car il est un ninja de Konoha, et que s'effondrer serait trahir.

Tel est Kiba Inuzuka.

Que vous ayez aimé ou pas,une petite review me ferait énormément plaisir, au moins je sais que je suis lue comme ça .
Et puis un commentaire entousiaste ou même simplement constructif est toujours une aide pour poursuivre l'écriture :).