Disclaimer : Tout ce que vous ne connaissez pas est à moi. Le reste est à JKR.

Résumé : Sirius a onze ans, et comme tous les enfants de onze ans, il rentre à Poudlard. Et contre l'avis et l'attente de tous, il décide d'aller à Gryffondor. Et il verra que tout choix a ses conséquences. Et pas toujours celles qu'il voudrait. Fic en trois parties.

Note de Wam : Cette histoire est basée sur la théorie de Angelene Hysteria dans l'Archer. Pas besoin d'avoir lu la fic du tout pour comprendre ce qui se passe. Si vous voulez vous y référer, allez lire sa fic dans mes favoris sa fic, c'est plus précisément dans le chapitre 17. Je vous conseille vivement d'aller lire cette fic, elle est tout simplement fantastique. D'ailleurs je remercie Angelene pour tout. Et Karine, pour le soutient. Et l'inventeur des vacances pour me laisser le temps d'écrire comme j'en ai besoin ! Le titre est également celui de la chanson de David Usher, que je vous recommande d'écouter. C'est un chanteur hors pair ! Je n'oublie toujours pas Mc Gonagall, pour ceux que ça intéresse.

BLACK BLACK HEART

Partie 1

Lorsqu'il arriva sur le quai 9 ¾, il n'osa pas trop bouger. Il tenta bien de se tortiller dans sa robe trop serrée, mais y renonça rapidement. De toute façon il sentait bien trop le regard dur et froid de sa mère sur sa nuque. Il détestait quand sa mère le regardait comme ça. Il se sentait mal à l'aise, comme transpercé. Il avait l'impression que son regard pouvait voir en lui comme on lisait dans un livre ouvert. Il posa ses bagages sur le sol dans un bruit sourd et se tourna vers sa mère. Ou plutôt son horrible mère.

Sirius aimait bien ses parents. Il les trouvait parfois un peu étranges, comme s'ils voulaient le incessamment le contrarier, mais il les aimait malgré tout : ils étaient ses parents. Ils lui avaient permis une vie facile dans le luxe, la facilité, et le pouvoir. Et ils faisaient partie d'une grande famille, ses parents étaient très influents, ils devaient faire les bons choix pour lui.

Pourtant, une partie de lui ne pouvait s'empêcher de penser qu'il préfèrerait faire ses propres bêtises, qu'il pourrait au moins essayer de faire ses choix, et qu'il était parfois frustré malgré tout ce qu'il pouvait avoir. Il se sentait comme étroit dans sa vie, comme dans la tenue de Sorcier que sa mère lui avait fait porter en lui donnant le portoloin.

Sirius regarda autour de lui, étonné de voir que tout n'était pas pareil pour tout le monde. Jusqu'à présent, il avait toujours cru que tout le monde était un peu « chien fou » comme disait sa mère, et que tous les petits garçons faisaient mal et qu'il fallait remettre sur le droit chemin. Mais le quai 9 ¾ semblait en fait rempli de petits garçons qui faisaient mal et qu'il fallait remettre sur le droit chemin. Son regard fut d'ailleurs attiré par un garçon brun aux cheveux ébouriffés qui regardait la locomotive rouge avec un regard émerveillé et qui tirait violemment le bras de sa mère en riant alors que son père souriait avec fierté. Son père à lui avait décidé qu'il n'était pas utile de les accompagner.

« VIENS VOIR CA MAMAN ! »

« Je sais mon chéri, je l'ai prise aussi, tu sais… »

« Mais elle est gigantesque ! Tu m'avais pas dit qu'elle était aussi grosse ! Tu crois que Poudlard est pareil ? Non ! Ca doit être encore plus… Magique ! »

Sirius sentit sur eux le regard froid et méprisant de sa mère. Il rougit et sentit son cœur se pincer d'envie. Il se sentait exactement comme le petit garçon aux cheveux ébouriffés qui courait. Lui aussi aurait voulu faire ça. Lui aussi en voyant la grosse locomotive rouge avait eu envie de s'esbaudir et de hurler de joie en sachant qu'il allait à Poudlard. Mais il savait que s'il le faisait, sa mère serait furieuse. Il fallait préserver les apparences. S'il commençait à penser comme cela, c'était déjà un bon début.

La main de sa mère passa froidement le long de ses cheveux lissés par la houille afin de mettre les dernières mèches rebelles dans le droit chemin et retira quelques poils inexistants le long de sa robe. Tout devait toujours être carré, droit, et parfait, chez les Black. C'était ça qui agaçait beaucoup Sirius : il n'était pas carré, pas droit, et loin d'être parfait. Il avait toujours l'impression de tout faire mal.

« Mère, je… »

« Sirius, je compte sur toi. »

« Je sais mère. »

« N'oublie pas ce que ton père et moi avons eu tant de mal à t'enseigner. Fais-nous honneur. Et ne gâche pas tout ce que des générations ont fait pour construire ce que nous sommes et notre pouvoir par quelque pensée irréfléchie. Fais comme nous t'avons dit de faire et tout se passera bien. »

« Bien mère. »

« Va t'installer, maintenant. Et ne te mêle pas aux Sang-de-Bourbe et autres personnes au sang douteux. Sois fier de ce que tu es. »

« Bien mère. »

« Et n'embête pas tes cousines. Laisse-les tranquille si elles ne viennent pas te voir, ne va pas leur parler. »

« Bien mère. »

« Au revoir, Sirius. »

« Au revoir, mère. »

La femme pencha la tête vers son fils, qui embrassa sa joue, empoigna sa valise, et la monta difficilement dans le train ne pouvant s'empêcher de voir à côté de lui le garçon aux cheveux ébouriffés être étouffé par ses parents en riant.

Il se trouva un wagon seul, parce qu'il n'avait bizarrement pas envie de se mélanger aux autres ni déranger ses cousines – qu'il n'aimait pas toutes beaucoup. Sa mère lui avait dit de rester tranquille, et il avait envie de l'être. Il voulait entendre sa mère le vanter auprès de ses amies, voir la fierté dans le regard de son père, l'admiration sur le visage de son frère, le respect dans le comportement de Kreattur. Il voulait faire des efforts. Il en avait déjà fait beaucoup, et à chaque fois malgré tout ce qu'il faisait, il n'y arrivait pas et faisait quelque chose de travers.

Comme si les lois avaient mal été inscrites dans sa tête. Comme si elles n'avaient pas été réellement les siennes.

Sirius s'assit, droit, sur le siège, et attendit. Un sifflement retentit. Il ne bougea pas. Le train s'ébranla. Il ne bougea pas. Il entendit des cris, des rires, des mouvements dans le train. Il ne bougea pas. Il regarda par la fenêtre. Regarda sa valise, en hauteur. Observa sa poche. La tâta. Jeta un regard à droite, à gauche, puis glissa sa main subrepticement dans sa poche, comme s'il craignait que sa mère ne fût dans le wagon à l'espionner. Il en sortit une baguette. Il l'admira. Sourit. Voulut l'essayer. Regarda encore autour de lui, observa son sac, puis sourit encore. Peut-être… ?

« Alohomora ! »

La fermeture de son sac s'ouvrit. Sirius eut envie d'éclater de rire. C'était d'un simple ! Si seulement il pouvait connaître d'autres sorts… ? Eventuellement quelques sorts de Magie Noire qu'utilisait sa mère, mais il ne pouvait pas les faire non seulement par manque de puissance, mais aussi parce que ça ne se faisait pas. Tout le monde savait que les Quatorze Familles faisaient de la Magie Noire, mais personne n'osait l'affirmer en public. Cela devenait mal vu.

Sirius finit par remuer un peu, et se leva. Il fit quelques pas entre les deux banquettes, étonné de ne voir personne entrer dans son compartiment, et finit par se rasseoir. Peut-être ferait-il mieux d'aller voir Rosier ? Ou Wilkes ? Sa mère serait sûrement ravie.

Sirius se décida. Il ferma son sac d'un nouveau sort, et ravi, sortit du wagon.

Il y avait beaucoup de chahut dans le Poudlard Express : des jeunes qui se rencontraient ou se reconnaissaient, des plus âgés qui se racontaient leurs vacances, qui se bécotaient pour fêter leurs retrouvailles, ou quelques rigolos qui s'amusaient à mettre une joyeuse pagaille…

Les Préfets râlaient, ou riaient de bon cœur, cela dépendant de leurs affinités avec leurs camarades ou de leur humeur, et la majorité des Première Année se regardait en chien de faïence, cherchant qui pouvait être digne de son amitié ou d'une première parole.

Son regard fut attiré par un éclat de rire plus gros que les autres. Sirius chercha du regard d'où provenait ce rire qui avait tout d'enfantin, et trouva le garçon qui l'avait fait. Sirius le regarda. C'était le garçon du quai. Il avait son âge environ, peut-être était-il un peu plus âgé que lui. Il était brun, les cheveux en bataille et se baladait dans les divers compartiments en parlant avec tout le monde, leur racontant des bêtises, leur lançant des sorts simples et amusants. Maintenant qu'il le regardait mieux, sa tête lui rappelait quelque chose.

Intrigué, Sirius décida de l'observer.

Il voulut se féliciter intérieurement : sa mère lui avait toujours reproché de toujours agir sans considérer les choses. Très fier, il s'approcha du garçon, et le suivit plus ou moins discrètement. Il remarqua alors dans son sillage un jeune garçon légèrement plus rond que lui, aux cheveux blonds presque aussi bien coiffés que les siens.

« Bonjour les gens ! » s'exclama le garçon aux cheveux bizarres.

« Salut Potter ! Comment vas-tu ! » s'exclama une voix grave.

Potter ! C'était pour ça que sa tête lui disait quelque chose !

« Potter ? » demanda une voix féminine. « Comme Richard Potter ? »

« Tout juste Auguste ! » se vanta Potter en passant la main dans ses cheveux. « Je suis James Potter pour vous servir… »

Il se lança dans une courbette gracile, signe de l'éducation aristocratique qu'on lui avait donnée. Sirius vit le blondinet donner un coup de coude minuscule à Potter qui se retourna vivement et sembla se souvenir qu'il existait.

« Et lui c'est Peter Pettigrow, le fils d'une collègue à Mère. »

Pettigrow hocha la tête pour les saluer, et rougit violemment. Sirius ne s'en préoccupa plus. Potter, lui, repartait dans les couloirs, dans tous les compartiments, dans tous les wagons. Sirius le suivit silencieusement, admiratif devant l'aisance dont il faisait preuve. Il était un peu du même genre, et à dire vrai, si sa mère ne l'avait pas menacé de lui envoyer une beuglante si elle apprenait la moindre mauvaise chose sur lui, il aurait fait exactement la même chose.

Il envia Potter. Il voulut pouvoir faire la même chose que lui, sentir le même regard de la part des autres élèves sur lui, il voulut avoir un Pettigrow. Car au bout d'une demi-heure à le suivre sans vraiment s'en rendre compte, il vit bien que tout le monde l'adorait. Que tout le monde le respectait et le trouvait drôle, génial et fantastique.

Seuls les Serpentard semblaient le mépriser. Sirius le vit se faire rabrouer par quelques Serpentard, et honnêtement il l'avait bien cherché. Si, au début, les grands l'avaient ignoré, il en était presquevenu à les insulter. Heureusement assez matures pour ne pas rentrer dans son stupide jeu puéril, ils l'avaient sorti et, vexé, Potter était reparti faire le tour des compartiments.

Là encore, son ego fut flatté par celui des autres, qui le saluaient et le reconnaissaient. Il leur raconta à tous ses « fabuleuses vacances » et pas une seule fois ne laissa Pettigrow en placer une. De toute façon, personne ne voyait Pettigrow. Et puis, à part les Sang-de-Bourbe, Potter semblait connaître tout le monde.

« Lupin ? » demanda-t-il lorsqu'il rencontra un petit garçon châtain à l'air maladif. « Le fils de Daniel Lupin ? »

Le jeune garçon hocha la tête.

« J'imagine que tu sais qui je suis. » fit Potter en souriant. « Tu es content d'aller à Poudlard ? Moi je suis heureux d'y aller. Evidemment, j'irai à Gryffondor. Tout le monde va à Gryffondor dans ma famille. Imagine si j'allais à Poufsouffle ? Ou pire ! A Serpentard ! Ma mère se tuerait ! Tiens ! Tu es qui toi ? »

Il sembla remarquer pour la première fois une petite fille aux cheveux auburn qui le regardait d'un air mauvais.

« Lily Evans. Et toi ? »

Potter la regarda, interloqué. C'était sûrement la première personne à lui demander qui il était de la journée. Habituellement, les autres se chargeaient de le faire.

« C'est James Potter, Evans. » répondit le dénommé Lupin.

« Je croyais qu'il savait parler tout seul. » fit-elle, étonnée.

« Je sais très bien me présenter seul. »

« J'avais remarqué. » répondit Evans en se tournant et en prenant un livre dans son sac.

« Tu es fille de Moldus, n'est-ce pas ? »

« Ah parce que tous les gens qui ne connaissent pas ton nom sont forcément des enfants de Moldus ? Pourtant il y a trois ou quatre élèves qui se sont lancé des regards bizarres après ton départ. Et ils avaient l'air d'être des enfants de Sorciers. »

« C'est que leurs parents sont nuls. Tout le monde connaît les Potter. »

« Eh ben il faut croire que je ne suis pas tout le monde, à l'instar de quelques autres. Maintenant si tu n'as rien de mieux à faire que nous pomper l'air avec ta vie, tu peux sortir. A moins que Lupin ne veuille que tu restes ? »

Lupin, qui suivait l'échange comme si les deux autres débarquaient de la lune, sursauta presque quand elle s'adressa à lui. Puis, faiblement, il haussa les épaules.

« Evans, c'est ça ? T'inquiète pas, je vais pas rester plus longtemps avec une Harpie Vorace ! »

Sur ce, et particulièrement vexé, Potter tourna les talons et commença à partir. Sirius, qui trouvait aussi que Evans y avait été fort, et était complètement stupide, se décida à l'approcher pour lui témoigner son soutient. Mais lorsqu'il arriva juste en face de lui, le visage de Potter ne fut absolument pas ce qu'il attendait.

Il le regarda fixement d'abord, puis se figea définitivement, et fronça les sourcils.

« Je te reconnais toi, tu es Black ! » cracha-t-il alors.

Puis sans avoir le temps de réagir, ni même d'assimiler totalement les paroles de Potter, il le vit tourner les talons en vitesse et l'éviter comme un pestiféré. Sirius resta figé sans bouger pendant quelques instants. Les mots se répercutèrent dans sa tête, résonnant dans son esprit méchamment, bourdonnant. Une colère sourde l'envahit. Qu'est-ce que ça pouvait bien faire qu'il soit un Black ? Qu'est-ce que ça changeait ? Au contraire ! Il aurait dû être content, non ? Un garçon de son âge, aux mêmes valeurs, du même sang pur ! Pour qui il se prenait pour lui rappeler son nom comme si c'était la pire des insultes ?

Furieux, il tourna les talons et retourna dans son compartiment, qui cette fois-ci était rempli. Il y avait quatre garçons assis sagement, comme s'ils l'attendaient. Lorsqu'il entra, Sirius ne les vit pas tout de suite. Il ne les remarqua que lorsqu'ils se levèrent tous les trois, et se penchèrent légèrement pour le saluer.

« Bonjour Black ! » dit l'un d'eux, un grand garçon aux cheveux brun et à l'air vicieux.

Sirius les dévisagea sans comprendre.

« Nous sommes honorés de te rencontrer. Laisse-nous nous présenter : je suis Evan Rosier. Lui, c'est Severus Rogue, à sa droite c'est Adam Wilkes et l'autre c'est Judius Avery. »

Il indiquait un garçon aux cheveux longs et gras, et au nez bizarre. Il paraissait plus que douteux, et cela se voyait rien qu'à son regard. Sirius fut légèrement écœuré de son apparence. Le deuxième était un grand balèze du genre à faire deux mètres sur deux mètres une fois adulte, et qui n'avait pas grand chose dans la tête. Tête qu'il avait de particulièrement ravagée. « L'autre » était déjà plus regardable, et beaucoup plus banal. Plutôt petit, au regard cruel qu'ont les enfants gâtés, les cheveux jaune paille. Il inspira quelque chose d'étrange à Sirius, qui n'avait rien à voir avec de l'amitié ou de la gentillesse. Etrangement, Sirius trouvait qu'ils puaient le vice à plein nez.

Ils n'avaient pas la classe, la prestance, l'arrogance de James Potter. Eux respiraient l'arrogance vile, l'hypocrisie et la bassesse. Sirius sentit qu'ils n'étaient là que pour faire bien auprès des autres. Sirius n'avait jamais vraiment compris comment un nom aurait pu lui être aussi utile. Après ce que lui avait dit Potter, il avait commencé brièvement à en voir les résultats – du moins les négatifs – mais là il en voyait… Ceux qui auraient dû être positifs. Sentir les autres à ses pieds.

En temps normal, Sirius en aurait été plus que satisfait. Mais il n'y pouvait rien, les mots de Potter résonnaient dans sa tête et lui donnaient un mal de crâne épouvantable, lui donnaient envie de frapper et de hurler. Il voulait lui demander ce qu'il avait fait pour ne pas avoir le droit aux blagues, aux sourires, aux paroles sympathiques. Il voulait savoir pourquoi il lui refusait son amitié alors qu'il ne le connaissait même pas.

« Tu vas bien ? » demanda Rosier.

« Oui. Qu'est-ce que vous voulez ? »

Ils semblèrent décontenancés par sa question, mais finalement Avery haussa les épaules.

« Te prouver notre allégeance ? Tu es un grand, Black, et tu ne l'ignores pas. Nous voulons te dire que nous sommes là, si tu as besoin. »

« Ok, super. »

Les quatre garçons échangèrent des regards étonnés alors que Sirius allait s'asseoir sur la banquette.

« Euh… Tu es sûr que ça va Black ? »

« Oui. »

Les garçons le regardèrent encore quelques instants, sans trop savoir comment réagir. Devaient-ils rester, ou le laisser tranquille ? Rogue trancha et décida de partir, non sans l'avoir de nouveau salué. Sirius ne leva même pas la tête lorsqu'il entendit sa voix lui dire au revoir. Un frisson lui parcourut l'échine. Ils étaient à ses pieds, comme les autres l'étaient devant Potter. Il y avait ce respect dans leurs yeux comme il y en avait dans les yeux des autres devant Potter. Il y avait même de l'admiration dans le regard d'Avery, comme Pettigrow en avait devant Potter.

Alors pourquoi ne ressentait-il pas de plaisir ? Pourquoi ne sentait-il pas la fierté l'envahir ?

« Pourquoi êtes-vous face à moi et pas face à Potter ? » demanda-t-il soudainement.

Les quatre garçons, qui s'apprêtaient à sortir, s'arrêtèrent subitement et se retournèrent.

« Pardon ? »

« Pourquoi vous écrasez-vous à mes pieds et pas à ceux de Potter ? »

« Parce que… Euh… Tu es un Black. » répondit Rosier.

« Je mérite plus de respect que lui d'après vous, non ? »

« Bien sûr ! » répondit Avery.

« Alors pourquoi ne me respecte-t-il pas ? » ragea-t-il en se levant brusquement. « Je mérite du respect. Il ne me connaît même pas ! Je suis un Black ! Tout Black mérite du respect ! »

« Les Potter sont des traîtres à leur sang » répondit Rosier comme si c'était l'évidence. « des amoureux des Moldus comme ce Dumbledore. Et des prétentieux de pères en fils. Ne cherche pas à comprendre, et s'il te méprise, c'est qu'il est irrattrapable. Te bile pas pour ça. »

Sirius hocha la tête, et repartit dans ses pensées, sans se rendre compte que les quatre autres s'installaient à ses côtés. De toute façon, il n'avait pas envie de parler.

Le reste du voyage, il ne s'en souvint plus. Il ne sut plus quel temps il faisait quand il descendit du train, combien de temps il marcha jusqu'aux barques, trop absorbé dans ses sombres pensées, dans ses reproches, dans sa colère. Il retournait le problème dans tous les sens, ne comprenant pas ce qui lui arrivait lorsqu'il vit Poudlard.

Et là, toutes ses pensées s'estompèrent.

Il n'arriva plus à penser, en la voyant. C'était juste incroyable, il n'y avait aucun mot pour la qualifier. Lorsqu'il la vit, il sentit son cœur éclater, sa bouche s'ouvrir, un « woaaaaaawwww » impressionné s'échapper entre ses lèvres, et il oublia le froid, sa colère, son incompréhension.

Et il remarqua presque sans s'en rendre compte que Potter faisait exactement pareil. Lorsqu'ils accostèrent dans une sorte de sous-sol du château, Sirius se retrouva juste en face de Potter. Celui-ci le regarda une seconde, observa ses camarades qui le suivaient, eut un rictus méprisant en secouant la tête avec condescendance, et suivit un géant du nom de Hagrid, talonné par Pettigrow.

Sirius se renfrogna et suivit le groupe en silence, sans se poser d'avantage de questions. Il vit une abominable vieille femme raide comme un balai s'approcher d'eux, leur expliquer brièvement le fonctionnement de Poudlard, mais Sirius n'écouta que d'une oreille distraite. La femme, Mc Gonagall, ne lui apprit rien qu'il ne sût déjà. Alors quand elle leur demanda de la suivre, il le fit d'un pas traînant et légèrement colérique.

Le regard de Potter l'avait encore une fois dérangé. Pourquoi le regardait-il comme ça, bon sang ? Qu'est-ce qu'il avait, le Potter ? Il avait peur qu'on lui fasse de l'ombre ? Il avait peur de lui ? Il voulait savoir ce qu'était un Black !

Il n'entendit même pas la chanson du Choixpeau, trop occupé à fixer le jeune Potter d'un regard mauvais, jaloux et crispé. Puis soudainement, il entendit clairement son nom.

« Sirius Black ! »

Sirius regarda quelques secondes autour de lui, pas bien sûr de ce qu'il fallait faire. Il n'avait rien écouté de ce qu'avait dit Mc Gonagall. Que fallait-il faire ? Il remarqua alors une petite fille descendre du tabouret et aller vers la table des Serdaigle. Du moins le présumait-il.

Improvisant, il se dirigea du pas le plus sûr qu'il put vers le tabouret alors que Rosier et Avery lui tapaient l'épaule avec encouragement. Heureusement, Rosier vit qu'il ne savait pas trop quoi faire, alors il lui souffla subrepticement :

« Mets le chapeau et assieds-toi sur le tabouret. »

Sirius hocha la tête et avança, humilié. Il exécuta ce que lui avait dit Rosier, même s'il avait très peur que ce ne soit qu'une blague, puisqu'il n'était pas rare que ses parents se moquent de lui de cette façon pour qu'il apprenne à bien se conduire. Seulement il n'avait pas le choix. Il fallait qu'il fasse ce que Rosier lui avait dit.

Il remarqua avec bonheur que Rosier ne lui avait pas menti. Et pour la première fois, remercia son nom et sa famille.

'Oh ! Un Black !' s'exclama une petite voix dans sa tête. 'Mmh… Je vois beaucoup de courage. Une envie de faire ses preuves, c'est sûr. Mmh. Tu as un côté Serpentard indéniable, mais je te trouve une impulsivité, un courage et une loyauté qui auraient beaucoup séduit Gryffondor.'

« Gryffondor ? » s'étonna Sirius.

Il sentit son cœur s'accélérer violemment, en imaginant la réaction de sa famille, du qu'en dira-t-on, de la honte, en se souvenant de son nom. Un sueur froide glissa le long de son dos. Aller à Gryffondor ? C'était ce dont sa mère l'avait toujours menacé. Elle l'avait bien prévenu, avec son côté impulsif. Mais il n'était pas un Gryffondor ! Il était un Serpentard, non ?

'Gryffondor, ça te va ?'

Sirius paniqua. Pourquoi ne disait-il pas immédiatement non ? Qu'est-ce qui l'empêchait de refuser d'aller à Gryffondor ! Il s'était toujours imaginé à Serpentard ! Qu'irait-il faire à Gryffondor !

« Je te reconnais toi, tu es Black ! … Evidemment, j'irai à Gryffondor ! »

La même colère que celle qui l'avait pris dans le train l'envahit de nouveau. Être un Black ne voulait pas dire qu'on était méprisable. Et si Potter ne voulait pas le voir, alors il le forcerait à l'accepter. Potter allait l'accepter. Et tant pis pour les conséquences.

« Allons-y pour Gryffondor ! »

Il y eut un moment de flottement dans la salle. Il sentait plus que jamais le regard des autres élèves sur lui, et les premières secondes ne furent qu'un lourd silence. Sirius, toujours en colère, retira le chapeau, et se dirigea vers la table des Gryffondor la tête haute. Il sentit les yeux de tout le monde le suivre, mais ne s'en préoccupa pas, trop énervé pour s'en rendre véritablement compte.

Il s'assit à une place libre, rageur, et regarda Mc Gonagall qui se racla bruyamment la gorge et reprit la lecture du parchemin en bafouillant un peu :

« Carver, Elle. »

Sirius, la tête toujours haute, regarda la petite fille blonde s'avancer d'un pas impérieux vers le tabouret. Il croisa les regards stupéfiés de Rosier, Rogue, Avery et Wilkes, puis chercha Potter des yeux. Sirius sentit une colère sourde l'envahir de nouveau : il l'ignorait royalement. Il n'avait pas le droit de l'ignorer bon sang ! Il n'avait pas le droit ! Il venait de le provoquer, pourquoi ne réagissait-il pas ?

Déçu, Sirius commença à penser qu'il aurait mieux fait de se taire et d'aller à Serpentard au lieu de jouer les stupides petits effrontés. Lorsqu'il jeta un regard à la table des Serpentard, il se glaça. Ses cousines Bellatrix et Narcissa le fixaient méchamment, et si Narcissa paraissait trop sonnée pour réagir, Bellatrix arborait un sourire maléfique en passant son index d'un geste vif sur son cou, mimant la décapitation qui l'attendait sûrement lorsque sa mère apprendrait qu'il était à Gryffondor. Sirius baissa la tête, honteux. Il aurait vraiment dû aller à Serpentard. Mais quel imbécile ! Au milieu de la table, pourtant quelqu'un ne le fixait pas avec étonnement, colère ou mépris. C'était une jeune fille châtain qui lui souriait gentiment. Sirius lui répondit. C'était Andromeda, sa cousine. Il ne fut pas étonné par sa réaction, même il ne passait pas beaucoup de temps avec elle à cause de son âge. Elle avait toujours pris soin de lui.

Mais il croisa de nouveau le regard de Bellatrix et sentit un frisson le parcourir. Par dépit, il regarda le Professeur Dumbledore, celui que sa mère passait son temps à insulter et à mépriser. Il fut étonné de voir que lui aussi le regardait. Et il eut un pincement rassuré au cœur lorsqu'il vit son regard pétiller de malice et un sourire indéfinissable lui être adressé. Il se rassura, et fixa toute son attention sur la Répartition sans penser au reste.

Il nota donc que trois autres garçons et cinq filles furent accueillis, non acclamés, dans la maison de Gryffondor, comme lui : le premier fut Remus Lupin, le jeune garçon à l'air maladif et fatigué qu'il avait croisé dans le train. Il paraissait content d'être accepté à Gryffondor, mais ne semblait pas du genre à se répandre en sentiments. Le genre à être un mur. Et puis le regard fuyant qu'il avait ne plaisait pas beaucoup à Sirius.

Le second fut bien évidemment Potter. Le Choixpeau avait à peine effleuré sa tête qu'il criait immédiatement « Gryffondor » et Potter s'avançait vers la table d'un pas sûr et conquérant sous les applaudissements nourris des élèves plus âgés. Il ignora superbement Sirius et prit soigneusement soin de se trouver une place le plus loin possible de lui. Il s'installa entre deux grands bruns aux cheveux foncés. Sirius les connaissait : ils s'appelaient Gideon et Fabian Prewett.

Le dernier fut Peter Pettigrow, le petit rondouillard aux cheveux blonds qui suivait Potter partout. Il s'assit à côté de lui et commença à s'exciter, fier comme un paon d'avoir été réparti à Gryffondor. Sirius fut extrêmement jaloux du regard las que Potter acceptait de donner à Pettigrow. Pettigrow sembla comprendre rapidement que Potter n'avait pas besoin de lui pour le moment et se tut, plongeant minablement la tête dans sa main en regardant la fin de la Répartition.

Les filles étaient étonnantes car très différentes : la première fut Amalthée Davin, une grande blonde au teint très pâle et à l'air aristocratique. Sirius la connaissait très bien pour avoir passé plusieurs soirées à l'avoir enquiquinée. Elle lui lança un regard mauvais alors qu'elle s'arrangeait pour garder une place à Potter dans le but de lui faire les yeux doux.

La seconde arrivante fut Lily Evans, la jeune fille qui avait été vexé Potter dans le train. Elle avait des cheveux roux foncés coupés au carré et ignorait superbement Potter. Elle alla s'installer à côté de Sirius avec un sourire gentil, et reporta son attention sur la Répartition. Sirius l'ignora. Il n'avait pas envie de lui parler, à elle. Il voulait parler à Potter. Il voulait faire comprendre à Potter que les Black valaient mieux que lui et qu'il pouvait remballer sa superbe.

La troisième fille était une jeune Noire à l'air exotique qui souriait tout le temps et semblait s'amuser comme une petite folle. Elle répondait au nom de Vanessa Pham. Elle s'assit à côté de Pettigrow et lança une conversation enflammée sur la « winner attitude » qu'elle adorait chez Gryffondor. Pettigrow semblait un peu effrayé par cette grande jeune fille vive (tout son contraire) mais ne dit rien.

La dernière était une jeune fille un peu ronde et très brune qui s'appelait Alice Sent et qui alla se coller immédiatement sur le banc d'un mouvement robotique.

Sirius observa avec circonspection ceux qui seraient ses camarades de classe pendant sept ans. Il remarqua avec mauvaise humeur qu'aucun de ses camarade, excepté Amalthée et Lily, n'avait porté sur lui le moindre regard, et il en fut particulièrement vexé. Il prit alors conscience que s'il avait été à Serpentard, tout le monde l'aurait acclamé et respecté comme seul un Black ou un Malefoy l'était.

Dumbledore fit quelques déclarations sur une Forêt Interdite portant son nom pour une bonne raison, et sur quelques objets stupides interdits par une liste tout aussi stupide puis enchaîna sur la chanson de l'hymne de Poudlard. Sirius refusa de le chanter, les yeux fixés sur Potter qui continuait à l'ignorer. Enfin, lorsque la dernière note eut cessé de résonner dans la Grande Salle, vint le festin.

Sirius, à qui la colère avait remplacé la faim, se rappela soudainement l'existence de son estomac et le remplit sans un mot, alors que partout ailleurs les langues se déliaient :

« Je vous préviens, je suis une battante ! » tonnait Vanessa Pham. « Une gagnante ! Pas question de laisser les autres Maisons gagner ! Il paraît que ça fait quatre ans que la Coupe des Quatre Maisons tombe dans la main des Poufsouffle ! Cette année on va la leur faire manger ! »

« Excuse-moi, mais tu es quoi ? » demanda Davin d'un air condescendant à Pham.

« Comment ça, 'quoi' ? » grommela Pham.

« De toute évidence, tu n'es pas une Sang Pur. Tu es Sang-Mêlé ? »

« Oui. Ma mère est Moldue. » grommela Pham avec mauvaise humeur. « Mais qu'est-ce que ça peut faire ? En tout cas, c'est inutile de te demander pour toi… Une Sang Pur, des Quatorze Famille, j'imagine ? »

Davin hocha la tête avec suffisance et se tourna vers Sent, qui piqua un far en grommelant qu'elle était Sang Pur depuis trois générations mais que ça avait peu d'importance. Lorsque le regard bleu glacial de Davin se posa sur Evans, celle-ci l'ignora superbement.

« Y a quoi de si bizarre à ce que tu sois là ? » demanda-t-elle de but en blanc à Sirius.

Les autres tournèrent la tête vers elle. Sirius continua à manger sans quitter Potter des yeux.

« Hé ho ! Je sais bien que l'amour rend aveugle, mais t'as quand même le droit d'être poli ! » se contraria-t-elle. « Black, c'est ça ? Qu'est-ce que tu as de si spécial pour que tout le monde soit étonné de te voir ici ? T'es un extra-terrestre ? »

« Les extra-terrestres n'existent pas, Lily. » murmura Sent.

« Je m'en doute. Mais pourquoi il fixe Potter comme ça ? »

« Je t'expliquerai plus taaaaaaard… » chuchota Sent, cramoisie, voulant à tout prix faire taire Evans.

« Mais non, réponds à la question, Black. » intervint Davin avec un petit sourire ironique.

Sirius ne leur prêta pas la moindre attention. Il continua à manger, mais avec plus de mauvaise humeur, car Potter ne le regardait toujours pas, et ne s'en occupait pas. Il discutait avec Pettigrow et les Prewett.

« Vivement demain, que Lucrecia apprenne la joyeuse nouvelle. Son très cher fils dans la Maison ennemie. Elle t'avait pourtant prévenu, Black, avec ton côté impulsif… »

« Apparemment c'est toi qui t'es trompée de Maison Davin. » s'énerva-t-il. « Les morues, c'est chez les Serpentard, pas ici. »

Davin éclata de rire, mais Sirius vit bien qu'elle était très vexée par sa remarque.

« Tu crois vraiment que tu es un Gryffondor, Black ? » s'énerva-t-elle un peu. « Regarde bien autour de toi. Y vois-tu quelqu'un qui te ressemble ? »

Sirius, qui n'avait détourné les yeux de Potter que pour assener sa réflexion à Davin, avait reporté toute son attention sur Potter qui ne bougeait toujours pas. Pourtant il sentait son regard, non ! Alors pourquoi ne réagissait-il pas ? Pourquoi ne lui répondait-il pas ? Pourquoi ne s'énervait-il pas ?

« Ne rêve pas, Black. » se moqua Davin. « Tu n'as rien d'un Potter. »

A son nom, Potter tourna la tête vers Davin.

« Tu m'as appelé ? » demanda-t-il.

Comment faisait-il pour éviter son regard ? Lâche. Et il était à Gryffondor ? Et il se vantait d'avoir un courage inégalable ? Inégalable en nullité, oui !

« J'expliquais à Black qu'il ne pourrait jamais avoir ta classe. Qu'il ne serait jamais rien qu'un Black. Qu'un Serpentard n'a rien à faire chez Gryffondor. »

« Je suis un Gryffondor. » murmura Sirius d'une voix vibrante. « Le Choixpeau m'a réparti dans cette Maison, ce n'est pas pour rien ! C'est toi qu'il a perdue ! »

« Laisse tomber Amalthée. Mère m'a dit d'ignorer les gens qui n'en valaient pas la peine. »

« Alors selon toi j'en vaux pas la peine, Potter ? » s'énerva Sirius.

Potter l'ignora. Sirius se leva mais une main lui attrapa la manche et le força à se rasseoir. Trop étonné d'avoir été coupé dans son élan, il se laissa faire, mais se tourna vers l'importun. C'était la petite rousse, Evans.

« De quoi tu te mêles, toi ? »

« De ce qui me regarde. T'as qu'à pas étendre ton linge sale en public. » grommela-t-elle.

En face, Pham hochait vivement la tête. Quant à Sent, elle dînait en silence, regardant les autres élèves discrètement, sans bouger. Evans ne lâcha pas la manche de Sirius, mais planta son regard émeraude dans le sien.

« Apparemment t'es pas le bienvenu dans cette Maison, et tout le monde le sait. C'est pas la peine de t'afficher en public par fierté. Tu te disputeras avec l'autre plus tard, quand on sera dans la salle commune ou mieux : dans ton dortoir. »

Sirius ne répondit pas. Il se défit de son emprise et reporta son attention sur Potter, qui lui-même avait repris sa conversation avec Pettigrow et les Prewett, intégrant ensuite Davin dans sa conversation.

« Il ne veut pas te parler et il ne veut rien avoir à faire avec toi. Laisse-lui du temps pour s'habituer, et après tu verras ça ira mieux. Il commencera à te connaître vraiment. Mais tu ne peux pas forcer les gens à bien t'aimer dès le début. »

« Lily a raison, Black. » fit Pham avec un grand sourire. « Allez, oublie-le, et raconte-nous un peu ta vie. Est-ce que tu as la winner attitude ? »

« Laissez-moi tranquille. » grommela Sirius.

Il plongea dans son assiette, mais décida de ne plus regarder Potter.

Décidément, rien ne se passait comme il le voulait.

Il n'avait pas pu parler à Andromeda, dans la cohue. Mais il avait reçu un petit bout de papier dans sa main qui lui donnait rendez-vous dans une des salles de classe du côté des Runes (terrain neutre disait-elle) à l'heure du repas. Sirius ne se sentait pas encore très bien, au milieu de tous ces gens qui le regardaient comme s'il était moins que de la vermine, mais repensa au petit mot d'Andromeda et se calma un petit peu.

« Je m'appelle Peter Pettigrow. » fit Pettigrow en jetant rangeant ses vêtements dans son placard.

« On sait comment tu t'appelles, Peter. » grommela Potter.

« Bah je disais ça pour… euh… C'est quoi ton nom déjà ? » demanda Pettigrow au garçon chétif.

Celui-ci avait déjà rangé rapidement ses affaires, et se mettait déjà en pyjama.

« Lupin. » rappela-t-il. « Remus Lupin. »

Il ouvrit les rideaux de son lit en baldaquin et se coucha immédiatement après les avoir refermés. Sirius haussa les sourcils d'étonnement, et échangea un regard étonné avec Potter. Mais lorsque celui-ci se rendit compte qu'il regardait Black, il durcit le sien et secoua la tête avec mépris, alors que Pettigrow se précipitait vers la salle de bain pour prendre la douche le premier.

Potter tourna le dos à Black et sortit ses affaires de son sac lentement. Sirius n'aimait pas ce comportement.

« Tu comptes te décider quand à m'adresser la parole ? » demanda-t-il clairement.

Potter continua de ranger ses vêtements, comme si Sirius n'avait rien dit.

« Potter, ta chère mère ne t'a pas appris à répondre quand on te parle ? » s'énerva-t-il.

Cela ne changea rien. Sirius en aurait presque douté de son existence physique s'il n'avait pas été si remonté. Ulcéré, il se jeta presque sur Potter et le retourna.

« TU VAS REPONDRE OUI ? »

Il n'y avait plus de Evans pour le retenir, et il n'y avait plus de public pour l'humilier. Sirius s'attendait à ce qu'il s'énerve et le repousse violemment, mais il se contenta de le regarder avec un regard vide.

« Bats-les pattes, Black. Mes vêtements sont déjà assez sales à cause du voyage. » dit-il d'une voix calme.

Si cela était possible, la colère de Sirius augmenta encore. Il leva sa baguette, et s'apprêtait à lui lancer un sort, mais Potter fut plus rapide, et lui dégaina un « Expelliarmus » bien senti. Sirius sentit la porte de la salle de bain contre son dos, et entendit vaguement la voix étouffée de Pettigrow qui marmonnait « Oui oui je me dépêche ça va ! »

Sirius se releva le plus vite possible, et remarqua que Lupin avait ouvert les rideaux et les observait, comme halluciné. Potter, lui, regardait Sirius avec une colère empreinte de mépris.

« Et on dit que les Black sont plus fort que les Potter. Des clous, oui. »

Potter le fixa encore quelques instants, et jeta d'un geste dédaigneux la baguette de Sirius aux pieds du garçon.

« Ne repointe jamais ta baguette sur moi Black. Jamais. »

Et comme pour le narguer, il lui tourna le dos de nouveau. Sirius releva sa baguette vers le jeune garçon, horriblement vexé d'avoir été maîtrisé aussi vite, mais la baissa finalement. Quelle fierté pourrait-il en tirer ? De dos ? Il valait mieux que ça. Sirius se retourna lui aussi, et se coucha immédiatement, fermant ses rideaux avec mauvaise humeur.

Quelques secondes plus tard il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir.

« Au suivaaaaaant ! »

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

Suite vendredi. En attendant … Reviews ?