Voilà, je reviens avec un nouveau chapitre. Non, non, je ne suis pas morte mais j'ai eu beaucoup de boulot donc, j'ai dû m'absenter de la scène. Je tiens à remercier tous mes courageux lecteurs d'avoir attendu aussi longtemps pour obtenir une suite. Mais cela devrait vous plaire, le voile du mystère commence à se lever… Ou à s'épaissir, ça dépend des points de vue lol

Je voulais aussi ajouter que désormais, je publierai ma fanfic sur mon blog et peut-être que les update seront plus fréquentes car j'y suis plus souvent… Mais c'est pas sûr

Voici l'adresse http://aerith21.unblog.fr

N'hésitez pas à me faire un petit coucou, ça me ferait vraiment plaisir.

Chapitre 10 Où un papillon bleu s'envole avec le bonheur

Howl pénétra dans le salon où régnait une forte odeur de cigare mélangée aux vapeurs éthylique d'un bon brandy.

Un homme à l'apparence austère était confortablement assis dans un fauteuil de style empire. Il tirait de grandes bouffées de son cigare, les yeux fermés, afin de mieux en savourer le goût. Il humait ensuite l'air délicatement pour en apprécier toutes les fragrances.

Il portait un pantalon de smoking noir et une chemise à col amidonné autour duquel était nouée une cravate noire. Sa veste noire reposait délicatement sur le dossier de son siège.

« Vous ne vous refusez jamais un petit plaisir, n'est-ce pas, Sir Nicholas ? »lança Howl sur un ton amusé.

« Mon garçon, quand tu auras mon âge, tu comprendras qu'il n'y a pas de petits plaisirs et que tout ce que la vie te donne, et bien, tu le prends. »

Sir Nicholas tourna la tête vers lui et lui sourit chaleureusement. Sa grande et épaisse moustache poivre et sel lui donnait un air lubrique.

« Je suis heureux de vous revoir, après tout ce temps… » lança Howl en allant vers lui. Sir Nicholas s'extirpa de son siège et serra son ex-élève dans ses bras en lui donnant de grandes tapes amicales dans le dos.

Howl prit place dans le fauteuil en face de lui pendant que Sir Nicholas lui servait un grand verre de brandy.

« Ma sœur n'apprécierait pas que vous tentiez de cette façon son débauché de petit frère, fit remarquer le magicien.

- Comme si tu avais besoin de moi pour ça, se moqua le vieil homme. De toute façon, il est temps que ta soeur cesse de te considérer comme un enfant. Tu es un homme et en tant que tel, tu es responsable de tes actes.

- Allez donc vous entretenir de ça avec elle… Je serais curieux de voir le résultat… »

Sir Nicholas lui tendit le verre et se laissa tomber dans son fauteuil en soupirant.

« Pauvre Gareth. Sa femme est loin d'être une lady…. Mais trêve de plaisanterie. Je suppose que tu ne m'as pas demandé de venir uniquement pour parler du mauvais caractère de ta sœur. J'ai cru comprendre que ça concernait Ingary…

- Entre autre… répondit Howl sur un ton grave.

- Donc, c'est là-bas que tu passes tout ton temps maintenant… Tu es un disciple ingrat. Tu ne me donnes jamais de nouvelles, grogna le vieil homme.

- C'est que c'est toute une histoire être Enchanteur Royal !

- Enchanteur royal, rien que ça ! s'écria Sir Nicholas en manquant de s'étrangler avec son brandy.

- Oui, à mi-temps en fait, Sulliman, enfin je veux dire Ben Sullivan, vous vous souvenez sans doute de lui, a le second mi temps.

- Ils ont aussi inventé le mi-temps à Ingary, lança Sir Nicholas sur un ton amusé.

- Seulement pour les enchanteurs…

- Plus important, maintenant, murmura Sir Nicholas en devenant sérieux. Je constate avec joie que ce pacte infâme qui te liait un démon du feu a été rompu.

- Juste à temps, oui, avoua Howl avec un faible sourire.

- ça t'apprendra à te croire plus malin qu'un autre. Le fait que tu puisses perdre la vie dans cette tentative hasardeuse ne t'a donc jamais traversé l'esprit… Tout ça pour un peu plus de pouvoir. Au moins, les raisons de l'étoile filante qui ne voulait pas mourir étaient plus louables que les tiennes.

- Hé, ne prenez pas la défense de Calcifer aux dépends de votre disciples, geignit Howl. Ce feu-follet ingrat m'a pourri la vie pendant toutes ces années. Et maintenant qu'il a retrouvé sa liberté, il continue à me casse les pieds et ne quitte plus le château… Heureusement en fait, murmura Howl après un bref instant de silence et d'hésitation. Il protège toujours les habitants comme ça.

- Que se passe-t-il ? s'enquit Sir Nicholas, comprenant soudain que quelque chose n'allait pas à Ingary.

- Stan, répondit doucement Howl. »

Cette simple syllabe eut l'effet un tremblement de terre. Sir Nicholas lâcha son verre de brandy qui se brisa sur le sol répandant son continu ambré sur le pavement.

« Il… Il a réapparu, balbutia Sir Nicholas en ramassant les bris de verre.

- Oh que oui et sa soif de vengeance avec lui, lança Howl en se levant pour faire les cent pas de la pièce.

- Je croyais qu'après tout ce temps… Je croyais qu'il serait devenu plus raisonnable… Souffla tristement le vieil homme. Je ne comprends pas pourquoi il s'obstine à t'en vouloir.

- Ce n'est pas moi le problème, Sir Nicholas. Qu'il m'en veuille, ça je peux le comprendre et je ne lui en veux pas… Mais il n'en pas le droit d'impliquer d'autres personnes dans sa quête de vengeance. Cela ne regarde que lui et moi… Lança Howl en serrant les dents et les poings.

- Il s'en est pris à Megan ou aux enfants ? s'empressa de demander Sir Nicholas.

- Non… Ce n'est pas d'eux dont je parle… C'est vrai que ça fait un moment que nous n'avons pas discuté ensemble, Sir Nicholas.

- Howell ?! s'enquit son ancien maître alors qu'il voyait passer une ombre sur le visage de son ex-disciple.

- J'ai aussi une famille à Ingary. Et j'y tiens, tout comme je tiens à ma sœur, Gareth et les enfants. Il y a mon apprenti, Michaël…

- Toi tu as un apprenti ? murmura le vieil homme sur un ton amusé.

- C'est important pour l'image de marque d'un magicien d'avoir un élève… Je trouve que ça le rend plus crédible et plus respectable. Non, je tiens beaucoup à Michaël. Je le considère comme un jeune frère. Le pauvre, je lui en ai déjà fait voir, mais il est toujours resté à mes côtés. Il y a aussi ce parasite de Calcifer. Toujours à se moquer de moi mais au fond je serais bien triste s'il venait à s'en aller. J'ai aussi de nombreux amis.

- Tu as des amis, les choses changent…

- Ah, je vous l'avais dit, ça fait un moment que nous ne nous étions pas vu… Mais si je suis vraiment heureux aujourd'hui, si ce sortilège qui nous consumait Calcifer et moi a été brisé, c'est grâce à Sophie.

- Tiens, je me demandais quand la fille allait arriver dans ton histoire ? Car avec toi, il y a toujours une fille, n'est-ce pas. »

Howl ne put s'empêcher d'éclater de rire. Sir Nicholas le connaissait décidément par cœur.

« Oui, mais ce n'est pas ce que vous pensez…

- Oh… Ce pourrait-il qu'une jeune demoiselle ait enfin eu raison de ton caractère coureur de jupon… Si c'est le cas, je veux absolument la rencontrer.

- Et vous la rencontrerez si c'est ce que vous souhaitez.

- Bonté divine, mais ce que c'est vrai alors. Tu es enfin devenu l'homme d'une seule femme, lança Sir Nicholas, amusé.

- Hé, moi aussi j'ai le droit de changer… »

Howl se tut un moment et fronça les sourcils.

« Il s'en est pris à elle… murmura-t-il.

- Tu veux dire… commença Sir Nicholas.

- Il s'en est pris à elle pour m'atteindre, pour me faire souffrir comme il a souffert. Et si je peux comprendre qu'il m'en veuille et qu'il veuille ma perte, je ne peux pas comprendre qu'il implique des innocents dans cette histoire. C'est uniquement ma faute et je veux bien payer pour ça.

- Non, Howell, ce n'est pas ta faute. Combien de fois faudra-t-il que je te le dise. Tu n'aurais rien pu faire pour Léandra, rien du tout. Ce qu'il lui est arrivé est uniquement de sa faute à elle. Elle n'aurait jamais dû faire ça, tu le sais et je suis convaincu que Stan le sait aussi. Mais il est plus facile d'avoir un coupable sous la main pour faire passer son chagrin et sa colère contre le destin.

- J'aurais dû la protéger, j'aurais dû l'en empêcher. Elle était trop jeune.

- Son âge n'a rien à voir là-dedans, Howell. Mais encore plus jeune, je suis sûr qu'elle l'aurait fait si elle en avait eu l'opportunité. Quand quelqu'un a décidé qu'il voulait plus de pouvoir ce que les autres lui disent ou font pour le raisonner ne sert strictement à rien et tu es bien placé pour le savoir.

- Si je ne lui avais pas parlé de ce foutu livre ça ne serait jamais arrivé… Gémit le magicien en se laissant tomber lourdement sur le fauteuil qu'il occupait précédemment.

- Dans ce cas, nous pouvons dire que c'est moi le fautif, au départ, répliqua Sir Nicholas.

- Mais…

- Non, Howell, si tu t'en veux alors il est juste que tu m'en veuille aussi. C'est moi qui t'ai parlé de ce livre. C'est moi qui t'ai dit ce qu'il permettait d'obtenir. Je t'ai même dit où le trouver…

- Et moi j'ai tout raconté à Léandra et je lui ai montré le livre…

- C'est vrai Howell mais ce que j'essaie de te dire, c'est que la seule coupable est Léandra elle-même. Quand tu lui as montré ce livre, elle aurait très bien pu faire comme toi, et juste l'observer. Mais non, elle a été séduite par ce qu'il pouvait lui apporter et elle a disparu. Ce n'est pas ta faute et Stan n'a pas le droit de lui en vouloir… »

Sir Nicholas soupira et se resservit un Brandy avant de s'asseoir de nouveau dans son fauteuil. « Je n'ai jamais voulu prendre Léandra comme élève, Howell. Si je l'ai fait, c'est par faiblesse car je n'ai pas su dire non à Stan quand il est venu me le demander. Elle… Je savais que ce n'était pas la magie en elle-même qui l'intéressait mais juste le pouvoir qu'elle procurait. Ce n'est pas bon pour un cœur de désirer la magie pour ce qu'elle représente et pas pour ce qu'elle est. Sinon, celle-ci le dévore… Et c'est ce qui est arrivé à Léandra. Personne n'aurait pu la sauver car elle aurait fini tôt ou tard par mal tourner.

- Mais j'ai fui… Gémit Howl en se prenant la tête entre les mains. J'ai fui ce jour là, je ne suis pas resté pour l'aider alors que j'aurais pu…

- Ca suffi maintenant, Howell, tonna Sir Nicholas. Si tu étais resté dans cette pièce, tu aurais disparu toi aussi et de toute façon tu n'aurais rien pu. Que crois-tu qu'un simple apprenti puisse faire contre les Ténèbres. Et tu n'as pas fui, je te rappelle. Tu es venu me chercher, pour aider Léandra mais nous sommes arrivés trop tard… » C'est une bien triste histoire… Soupira le vieil homme en avalant son Brandy d'un trait.

XOXOXOXOXOXOX

Sophie s'était assise près du bar. Elle avait décidé de ne plus consommer que de l'eau pour le reste de la soirée. La tête lui tournait encore.

Elle se demandait comment Howl pouvait faire pour boire tant d'alcool. Comment il pouvait se rendre ivre mort aussi souvent sachant dans quel état lamentable il se trouverait après.

Soudain, elle repensa à leur baiser et rougit.

Pourquoi avait-il absolument fallu qu'il parte juste après ?

« Howell Jenkins, tu n'es qu'un goujat. Comment as-tu pu ma laisser toute seule après ça. » murmura Sophie et avalant son verre et en le claquant sur le bar d'un geste rageur.

C'est alors qu'elle vit un petit papillon bleu électrique se poser sur sa main. Elle écarquilla les yeux de stupeur mais aussi de terreur et recula vivement en agitant sa main pour le faire partir.

« Bonsoir, charmante demoiselle. Il semblerait que votre chevalier servant vous ai abandonnée… »

XOXOXOXOXOXOXOXOXOXOX

Howl et Sir Nicholas étaient restés silencieux depuis. Aucun n'osant brises ce silence pourtant pesant et malsain. Tout à coups, tout deux se redressèrent dans leurs fauteuils. Quelque chose d'étrange venait d'arriver.

Sir Nicholas avait vu le pendule de l'horloge s'arrêter en plein milieu d'un balancement et Howl avait entendu la musique s'arrêter nette. Ils se levèrent d'un bond.

« Quelqu'un a arrêté le temps, lança le vieil homme.

- Stan… » murmura Howl.

Puis, il devint livide et se précipita en dehors de la pièce sous les protestations de son ancien maître.

Arrivé dehors, il constata que tous les invités étaient figés dans leur mouvement. IL n'y avait plus un bruit, plus un mouvement.

Soudain, un cri perça le silence.

« SOPHIIIIIIIIE ! » hurla Howl en se précipitant vers l'origine de la voix.

Quand il arriva sur place, non loin de là où il l'avait laissée plus tôt, il ne trouva que la parure qu'il lui avait offerte l'accompagner à l'anniversaire de Marie.

Sur le collier reposait un petit papillon bleu qui bougeait lentement des ailes.

Howl tomba à genoux en cachant son visage dans ses mains.

Sir Nicholas arriva auprès de lui, tout essoufflé.

« Il me l'a enlevée, gémit le magicien en frappant ses poings serrés sur le sol. Il me l'a enlevée et je n'ai rien pu faire. Je ne suis qu'un incapable. Un bon à rien. A quoi ça me sert d'être un magicien puissant si je ne suis même pas capable de protéger ceux que j'aime ?

-Howell… » murmura Sir Nicholas en posant une main réconfortante sur l'épaule de son ancien élève.

Le magicien serra les dents et observa d'un regard noir le petit papillon qui battait des ailes sur le collier. Il l'attrapa d'un geste rapide et ouvrit la main pour voir l'insecte se tortiller, incapable de voler car Howl lui avait froissé une aile.

« Si c'est la guerre que tu veux, Stan, alors tu l'auras… » Il serra le poing et brisa le corps du papillon le transformant en poussière.

« Et je te briserai… »